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Pouvons-nous préserver le souvenir d’un univers qui nous reste invisible, bien que nous pressentions son existence ? Sont-ce nos créations fictives ou un instinct subtil qui nous orientent vers cette réalité fugace qui se dévoile progressivement à nos sens ? Chacun peut-il détenir le don de ressentir ou de façonner ce flux qui nous enveloppe tout au long de notre vie ? Au travers de ces interrogations fondamentales, Retour d’outre-monde - Tome I plonge dans les puissances de l’imagination et de l’intuition.
À PROPOS DE L'AUTEUR
L’écriture poétique est l’exercice qui donne un son et un rythme à la parole au cours d’un périple. Pour Xavier Aragau, artiste-musicien, le lyrisme est un élément constitutif du langage et de l’expression humaine.
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Seitenzahl: 46
Veröffentlichungsjahr: 2023
Xavier Aragau
Retour d’outre-monde
Tome I
Recueil
© Lys Bleu Éditions – Xavier Aragau
ISBN : 979-10-422-1030-4
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Les nuages d’ébène,
Invisibles et puissants
Courent comme un souffle
Sur la terre endormie.
L’antique faune
Lance ses plaintes
Courantes comme un souffle
Sur la terre endormie.
Les nuages d’ébène
Invisibles et puissants
Disparaissent à l’aube,
Au son des flûtes.
La mer balance la lune
Et le saule trempe des branches
Dans le ruisseau tiède d’un soir
Et sa feuille tremble au vent.
La vague triste pousse le sable.
Nuit contre un oranger,
Ou dans le ruisseau tiède d’un soir
Dont l’oiseau trouble le calme.
La mer balance la lune
Et le saule trempe ses branches
Dans la ride d’un lac
Que parfume la blanche fleur.
Lune, toi qui quelques nuits,
Refuse d’apparaître,
Enfonce-toi dans la mer puissante
D’où le pâle foyer de ta lueur
Lance des regards d’aveugle
Vers un abîme de pensées flétries.
Mais la nuit qui t’engendre
Pâlit à ton approche,
Tu fais le jour, quand tous les noctambules
Dans leurs faux esprits, par le soir, mettant,
Des rêves d’inconscient :
Pour un abîme de pensées fleuries.
Le poids de ta puissance
A convaincu la chair
De ta triste impuissance.
Par la nuit de juillet,
Quelques cœurs inhumains
Ont terni ton éclat,
Puis, envoyant un long soupir,
Pour que le vent cesse de geindre
Pour que la terre pleure
Tu vendis ta fleur
Comme la vend la pauvre fille,
Pour une poignée d’or.
****
La nuit penche vers un cruel destin,
Le vent prend la tristesse qui vient,
Le fer dévore un oiseau de passage.
Ainsi, le jour tire à sa fin,
Et la lune dans sa rage
Perce le flanc des nuages.
Le sable fuit devant la vague,
La feuille prend son vol,
L’écume s’élevant contre un remous
Au loin, monte sur la vague.
Les fleurs se courbent lentement et leurs pétales fins
Développent pour le soir des parfums doux de couleurs tristes
La vaste plaine à l’ennui déroulé
S’étend comme une feuille amère sur un palais sans sucre.
****
Un jour que la nuit est passée
Le vent a fui dans les feuillages simples.
Une lune molle d’angoisse
Envoie ses rayons de tristesse.
Face à l’ennui écrasé,
Noir désespoir de pensée simple,
Une lune molle d’angoisse
Envoie sa tristesse en rayons.
Un jour que la nuit est passée
Le vent fuit dans les feuillages simples,
Une fleur est morte de parfum
Face à l’automne qui se lève.
Pensant à la douce chanson
D’un maigre fruit de la nuit,
D’un pleur acide du grillon,
Le faune se meurt d’ennui.
Derrière un cerisier, dans la brume
Et contre un cyprès seul,
Monte la lune, dans le pré qui s’allume
Et le lion dans sa vasque, baille sa gueule.
La pointe d’une herbe d’été
Lâche une goutte claire,
Larme d’un chèvre-pied hâlé
D’un œil triste et sans éclair.
Entre deux arbres sans couleur,
Se voit une ombre projetée
Par une lune sans couleur
Plus triste qu’une pluie d’été.
Les jardins orientaux, le soir, bien au-delà des dunes
Abritent sous leurs arbres, des oiseaux fiers et beaux.
Des cailloux exigus, éclairés par la lune,
Et sans forme précise, ont la couleur de l’eau.
****
Un parfum triste et fluide circule entre les fleurs,
Et l’onde sur la rive, chuchote doucement.
Une chimère hideuse murmure ses malheurs
Au dragon insolite à tête de serpent.
****
En haut du firmament, le disque ensommeillé
Médite longuement, répand dans les allées,
Sur les feuilles tombées, des rayons argentés
Et lèche doucement le bouddhiste hébété.
****
D’un nuage qui voyage
Tombe la poésie en lumière.
Du triste rayon lunaire
Tombe le rêve en prières,
De la mer qui enrage
Sortla piteuse colère.
D’un voyage sans nuage
Coule la lumière poétique.
La lune pleure un rayon,
Prie l’image utopique.
Et la démence dans ses flots
Hurle en montrant ses chicots.
****
Devant moi dans une tombe fraîche
Une fleur aux pétales de rosée,
Faisceau de mort fichée en terre
Solitude, la grève, nuages aux lointains
Colline raide et rude
Méchanceté s’élève à l’horizon
La nef au loin s’enfonce au désespoir
****
Un rayon de la lune
Déchire lentement
Chantée de rossignol.
Rayon de vie et de beauté
Éclaire la nuit et le rêve ;
Halo et grillon fiévreux
Plainte d’un oiseau,
Feuillage, lumière étrange :
La nymphe au banc de pierre,
Fond.
Vision d’un gnome à l’odeur de muguet,
Aubépines léchées par le vent,
Halo et chouette vagabonde,
Silence.
Profondeur du jardin sombre,
Cerisier qui dort,
Lueur sporadique de l’étoile.
****
Lune, toi qui quelque nuit
Refuse d’apparaître,
Enfonce-toi dans la mer puissante.
Le pâle foyer de ta lueur
