Retour d'outre-monde - Tome I - Xavier Aragau - E-Book

Retour d'outre-monde - Tome I E-Book

Xavier Aragau

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Beschreibung

Pouvons-nous préserver le souvenir d’un univers qui nous reste invisible, bien que nous pressentions son existence ? Sont-ce nos créations fictives ou un instinct subtil qui nous orientent vers cette réalité fugace qui se dévoile progressivement à nos sens ? Chacun peut-il détenir le don de ressentir ou de façonner ce flux qui nous enveloppe tout au long de notre vie ? Au travers de ces interrogations fondamentales, Retour d’outre-monde - Tome I plonge dans les puissances de l’imagination et de l’intuition.




À PROPOS DE L'AUTEUR




L’écriture poétique est l’exercice qui donne un son et un rythme à la parole au cours d’un périple. Pour Xavier Aragau, artiste-musicien, le lyrisme est un élément constitutif du langage et de l’expression humaine.

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Seitenzahl: 46

Veröffentlichungsjahr: 2023

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Xavier Aragau

Retour d’outre-monde

Tome I

Recueil

© Lys Bleu Éditions – Xavier Aragau

ISBN : 979-10-422-1030-4

Le code de la propriété intellectuelle n’autorisant aux termes des paragraphes 2 et 3 de l’article L.122-5, d’une part, que les copies ou reproductions strictement réservées à l’usage privé du copiste et non destinées à une utilisation collective et, d’autre part, sous réserve du nom de l’auteur et de la source, que les analyses et les courtes citations justifiées par le caractère critique, polémique, pédagogique, scientifique ou d’information, toute représentation ou reproduction intégrale ou partielle, faite sans le consentement de l’auteur ou de ses ayants droit ou ayants cause, est illicite (article L.122-4). Cette représentation ou reproduction, par quelque procédé que ce soit, constituerait donc une contrefaçon sanctionnée par les articles L.335-2 et suivants du Code de la propriété intellectuelle.

Cinq poèmes pour la nuit et la fleur

Le mois de Noctembre

Les nuages d’ébène,

Invisibles et puissants

Courent comme un souffle

Sur la terre endormie.

L’antique faune

Lance ses plaintes

Courantes comme un souffle

Sur la terre endormie.

Les nuages d’ébène

Invisibles et puissants

Disparaissent à l’aube,

Au son des flûtes.

Le mois de Florenuit

La mer balance la lune

Et le saule trempe des branches

Dans le ruisseau tiède d’un soir

Et sa feuille tremble au vent.

La vague triste pousse le sable.

Nuit contre un oranger,

Ou dans le ruisseau tiède d’un soir

Dont l’oiseau trouble le calme.

La mer balance la lune

Et le saule trempe ses branches

Dans la ride d’un lac

Que parfume la blanche fleur.

Défloration

Lune, toi qui quelques nuits,

Refuse d’apparaître,

Enfonce-toi dans la mer puissante

D’où le pâle foyer de ta lueur

Lance des regards d’aveugle

Vers un abîme de pensées flétries.

Mais la nuit qui t’engendre

Pâlit à ton approche,

Tu fais le jour, quand tous les noctambules

Dans leurs faux esprits, par le soir, mettant,

Des rêves d’inconscient :

Pour un abîme de pensées fleuries.

Le poids de ta puissance

A convaincu la chair

De ta triste impuissance.

Par la nuit de juillet,

Quelques cœurs inhumains

Ont terni ton éclat,

Puis, envoyant un long soupir,

Pour que le vent cesse de geindre

Pour que la terre pleure

Tu vendis ta fleur

Comme la vend la pauvre fille,

Pour une poignée d’or.

****

Désespoir d’un soir

La nuit penche vers un cruel destin,

Le vent prend la tristesse qui vient,

Le fer dévore un oiseau de passage.

Ainsi, le jour tire à sa fin,

Et la lune dans sa rage

Perce le flanc des nuages.

Le sable fuit devant la vague,

La feuille prend son vol,

L’écume s’élevant contre un remous

Au loin, monte sur la vague.

Les fleurs se courbent lentement et leurs pétales fins

Développent pour le soir des parfums doux de couleurs tristes

La vaste plaine à l’ennui déroulé

S’étend comme une feuille amère sur un palais sans sucre.

****

Sans titre

Un jour que la nuit est passée

Le vent a fui dans les feuillages simples.

Une lune molle d’angoisse

Envoie ses rayons de tristesse.

Face à l’ennui écrasé,

Noir désespoir de pensée simple,

Une lune molle d’angoisse

Envoie sa tristesse en rayons.

Un jour que la nuit est passée

Le vent fuit dans les feuillages simples,

Une fleur est morte de parfum

Face à l’automne qui se lève.

La nuit d’un faune

Pensant à la douce chanson

D’un maigre fruit de la nuit,

D’un pleur acide du grillon,

Le faune se meurt d’ennui.

Derrière un cerisier, dans la brume

Et contre un cyprès seul,

Monte la lune, dans le pré qui s’allume

Et le lion dans sa vasque, baille sa gueule.

La pointe d’une herbe d’été

Lâche une goutte claire,

Larme d’un chèvre-pied hâlé

D’un œil triste et sans éclair.

Entre deux arbres sans couleur,

Se voit une ombre projetée

Par une lune sans couleur

Plus triste qu’une pluie d’été.

Les jardins de l’encens

Les jardins orientaux, le soir, bien au-delà des dunes

Abritent sous leurs arbres, des oiseaux fiers et beaux.

Des cailloux exigus, éclairés par la lune,

Et sans forme précise, ont la couleur de l’eau.

****

Un parfum triste et fluide circule entre les fleurs,

Et l’onde sur la rive, chuchote doucement.

Une chimère hideuse murmure ses malheurs

Au dragon insolite à tête de serpent.

****

En haut du firmament, le disque ensommeillé

Médite longuement, répand dans les allées,

Sur les feuilles tombées, des rayons argentés

Et lèche doucement le bouddhiste hébété.

****

D’un nuage qui voyage

Tombe la poésie en lumière.

Du triste rayon lunaire

Tombe le rêve en prières,

De la mer qui enrage

Sortla piteuse colère.

D’un voyage sans nuage

Coule la lumière poétique.

La lune pleure un rayon,

Prie l’image utopique.

Et la démence dans ses flots

Hurle en montrant ses chicots.

****

Devant moi dans une tombe fraîche

Une fleur aux pétales de rosée,

Faisceau de mort fichée en terre

Solitude, la grève, nuages aux lointains

Colline raide et rude

Méchanceté s’élève à l’horizon

La nef au loin s’enfonce au désespoir

****

Aube nocturne

Un rayon de la lune

Déchire lentement

Chantée de rossignol.

Rayon de vie et de beauté

Éclaire la nuit et le rêve ;

Halo et grillon fiévreux

Plainte d’un oiseau,

Feuillage, lumière étrange :

La nymphe au banc de pierre,

Fond.

Vision d’un gnome à l’odeur de muguet,

Aubépines léchées par le vent,

Halo et chouette vagabonde,

Silence.

Profondeur du jardin sombre,

Cerisier qui dort,

Lueur sporadique de l’étoile.

****

Lune, toi qui quelque nuit

Refuse d’apparaître,

Enfonce-toi dans la mer puissante.

Le pâle foyer de ta lueur