Rhaaacontes tome 2 - z Gom' - E-Book

Rhaaacontes tome 2 E-Book

z Gom'

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Beschreibung

Le même royaume, un prince et une princesse qui n'ont pas pris une ride, deux chevaux toujours désocialisés (Hors PMU). À «la base». Le tout planté au beau milieu d'une forêt sombre, brrrr. C'est rien. Juste le tome 2. Dans ces 6 nouvelles vous pourrez assister à la naissance d'une légende, "Dark Croc" Graou de son état, deuxième volet de "Douuuuce nuit" vécu côté Chaperon. Si vous avez du coeur alors vous compatirez aux affres de Billy, l'élan soudain tricorne, souffrirez à la prime rencontre du Prince et de la Princesse où tout est "Décompté" et subirez l'horreur 100% ensanglantée de ce premier jour de solde remporté haut la main par l'adjointe. Heureusement, Fufute, Troll de son état et vêtu de son plus beau K-wood vous guidera. Donc, cela ne sentira pas la rose bien longtemps.

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Veröffentlichungsjahr: 2017

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Du même auteur

(Chez Bibliographie puis via BoD)

- Rhaaaa… CONTES! (tome I)

Paru tout d’abord sous le titre Espèce de… CONTES! - 2014

- Rhaaaa… CONTES! (tome II) - 2015

- Rhaaaa… CONTES! (tome III) - 2017

(textes / Illustrations : http://www.gom-z.net/)

À Fraise

(de Lyon)

Démon des monts

qu’il monte

et démonte

C’est Fraise

Il est mammouth groseille

et sa danse est…

Framboise.

- 07/01/2015 -

Je ne possède pas

le recul de la «Kalach»

ni ne suis un adepte

du «Body-art» à l’arme à feu

alors simplement…

Une pensée

pour la libre pensée !

À «CHARLIE» donc,

aux «survivants»

et à la joie !

- - - - - - - - -

TABLE DES MATIÈRES

............................................

DANSÉ

DÉCOMPTÉ

PÉRIMÉS

CAFÉINÉ

DOUCE NUIT

(part 2 Le Chaperon)

TACHE

Préliminaires

- - - - - - - - -

Un royaume, un prince et une princesse, deux chevaux.

Un champ, en sortant de la cour du château, juste en face.

Un village d’allumés à proximité.

Un décors idyllique enchâssé dans un écrin de verdure, une immense forêt mystérieuse truffée de bestioles toutes plus déjantées les unes que les autres.

Les cieux, étoilés bien sûr et avec parfois… un météorite ou deux.

La mélodie de cette contrée de légende chante les aventures exceptionnelles et les combats mythiques, sur une partition magique dont est friand le couple princier.

Empruntant son plus beau sourire, il vous invite à partager cette danse de rêves aux éphémères parfums de dérisoire.

Et cela ne va pas sentir la rose très longtemps.

ADN

- - - - - - - - -

Château

- Prince et la Princesse (ou inversement)

- Rathur (ancêtre décédé)

Dans l’écurie : - Baie et Zeph

Champ

- De la terre qui rit à force d’être chatouillée par le paysan et de la gadoue (beaucoup), jeu favori du prince et de la princesse

- Un aviateur (hors du commun et déjà disparu) NEW

Cieux

- Père Noël (Météore) - Blister et Plot (un couple d’extraterrestres collectionneurs, céphalo/gastéro). Une multitude d’univers habités (virtuels, frappadingues…)

Forêt (ça pullule)

- Coin à trucs (coin secret très prisé par la princesse)

- Trucs (mi-fraise mi-machin mais bien rouge et qui défrise)

- Une armoire fermée à clef

- Vampluspire ( Plus pire tu peux pas, leur quasi immortalité frôle l’indécence)

- Graoux (Genre gros loup garous qui font «Graouuuu)

- Troll (Fufute que tout le monde appelle Tutute et son fidèle Toutouffe)

- Un Petit chaperon rouge, mineure killer

- La Mère-Grand (célèbre pour son maniement de la cane) NEW

- Ogre (Gore)

- La Dulac (célèbre pour sa station thermale d’eau chaude) - LA CASCADE

- Un Ermite (excessivement injoignable et le squatteur) L’ERMITAGE

- Nakunoeil (c’est un Gardien et vit dans sa caverne qu’il surveille donc) - LE HAUT PLATEAU

- Dronga (et ses deux lance-flammes volant, une vraie allumeuse) - LE DÉSERT DE PIERRAILLE

- Les deux standardistes enchocolatées - OFFICE DE TOURISME «à la Suisse»

Un lieu de paris clandestins

- Merlin (Ubiquité et intemporalité) et ses stagiaires. (Des nouvelles, à foison) NEW

- Un robot, un inspecteur, un huissier, des fan, des ptérodactyles divers, l’armée…

- Grognon (Ours Bi-polaire insomniaque, le Chaperon le trouve «Trognon») NEW

- Billy l’élan (Tricorne depuis peu) NEW

- Hydromel, (stagiaire bobo bimbo raffolant des différences) NEW

- Féline (la biche copine de Bambi, sans cesse en cavale) NEW

- Un lapin (se prenant trop pour un lièvre, tant pis) NEW

- La Tueuse (se fait surprendre à chaque fois par ses propres ronronnements) NEW

- Dark Crocs (légendaire Graou à la mâchoire d’acier piqué sur un piège à loup) NEW

Village

- Familles de Paysans, le Charlatan (Médecin, sorcier, devin et surtout fabulateur), une infirmière, cumulant plusieurs postes, femme de ménage, secrétaire…

L’Ailleurs (à côté de là-bas)

- L’Adjointe (enquêtrice féroce moulée dans sa jupe assermentée) NEW

Afin de faciliter la compréhension ainsi qu’une visualisation plus précise du domaine, voici les deux seules cartes existantes1 de la région.

Elles ont été réalisées par le Prince himself à des époques différentes.

Road book de prime enfance sur papier :

1 (Une rumeur court qu’il en existerait une autre tracée par les Trolls, ce qui fait douter de sa pertinence.)

Sur cette seconde carte nous sentons poindre une grande maturité chez le Prince. Non seulement il se lance dans la représentation spatiale 3D par la sculpture sur bois mais situe désormais les mouvements.

Il dépasse ainsi le clivage existentiel de la région : Faut-il ou non signaler ce qui bouge sur une carte sachant que dans la minute qui suit c’est ailleurs.

Une révolution dans ce pays… Aussi inachevée que la carte.

Planisphère plate pas ronde en bois :

DANSÉ

- - - - - - - - -

Les étoiles avaient disparu.

«Ben v’là autre chose» se dit-elle en soupirant. Elle ne se rappelait pas s’être endormie, ni même avoir fermé les yeux. Elle n’était pas sous l’effet des Trucs elle s’en souviendrait. Elle tourna la tête et aperçut au loin de vagues colonnes. Floues. Son regard s’accoutumait à l’atmosphère sombre des lieux, elle put discerner un sol marbré. Elle tourna la tête de l’autre côté mais il faisait encore plus noir. Nuit ?

«Bon récapitulons, plus d’étoiles, un temple ou ce qu’il en paraît et je suis seule dans la nuit» réfléchit la Princesse, «mais pourquoi ai-je Merlin en tête ?»

Elle se leva et décida d’aller voir de plus près ce lieu étrange.

Le sol froid et lisse renvoyait le son feutré de ses pas. Rêvait-elle ?

«Non, non», se dit-elle, «ce n’est pas un rêve de ma condition ou alors je rêve à la place de quelqu’un d’autre». Merlin revint à son esprit. Elle leva la tête mais son regard se perdit dans l’immensité des colonnes qui s’élevaient à l’infini.

- Mais qu’est-ce que c’est que cette chanson mince à la fin ?! clama-t-elle à qui voulait l’entendre se surprenant elle-même. Seul un vague écho lui répondit.

Pas une chanson, une danse.

- - - - - - - - -

- Une danse ! Vous allez prendre une danse si vous n’arrêtez pas de bouger dans tous les sens, s’écria la princesse.

- Mais comment vous en êtes-vous tirée alors qu’une escouade entière a été décimée. J’avais choisi les plus aguerris pour vous sortir de ce mauvais pas.

Bouleversé, limite nervous breakdown qu’il était Merlin. Il s’agitait, «surtout les bras» pensa l’élan spectateur et faisait les cent pas devant une Princesse qui sentait arriver tel un train en folie un méchant torticolis. - Mauvais pas dans lequel vous-même m’avez mise, n’oubliez pas Merlin. Pour la dernière fois, pourriez-vous cesser vos va et vient mon cher, ils vont me rendre folle.

L’enchanteur reconnaissait les faits et s’excusa en maugréant quelque peu, surtout devant témoin. Il arrêta alors son manège.

L’élan s’extasiait par avance de cette histoire et ne put s’empêcher de demander tout bavant :

- Merlin ? Vous êtes à l’origine…

- Bon, bon, passons, rétorqua celui-ci.

- Ah mais non, Vous savez bien que je ne supporte pas une histoire sans fin, mais si dès le départ il n’y a pas de début…

La Princesse calma l’élan et lui expliqua l’erreur de potion offerte par le magicien et qui l’avait projetée dans ce monde effrayant. C’est du moins comme cela qu’elle désirait voir les choses.

- Par ses erreurs Merlin retrouve une part d’humanité, ne trouvez-vous pas Billy ?

L’élan regarda l’enchanteur et hocha gravement la tête.

Elle venait de clouer le bec à Merlin.

Dans cette contrée forcément magique il n’est pas rare de voir une femme prendre le dessus même si ce n’est qu’à court terme et contre tout bon sens selon certains autochtones. Tout dépend dans quel monde on se trouve et la destination du suivant.

Toute Princesse que l’on soit on a toujours intérêt à regarder de chaque côté quand on traverse.

- - - - - - - - -

C’est ce qu’elle était en train de narrer à ses deux camarades, l’élan et le magicien, sa traversée.

- Sitôt après avoir bu de ce remontant j’ai senti qu’il se passait quelque chose d’étrange. Les sons s’éloignaient, devenaient ouatés, la lumière baissait et je fus prise de vertiges. «Ah ah» rit-elle en mettant la main devant sa bouche votre potion était amère et je me souviens avoir pensé «Merlin pinpin» puis sitôt après m’être dit que c’était «Merlin min min». Ça ne collait pas non plus et au mot «poudre» tout a été plongé dans le noir.

Elle écarta les mains devant sa figure.

- En plus ce n’est pas de la poudre mais une potion, n’est-ce pas Merlin ? Toujours est-il, continua-t-elle sans attendre la réponse que je me suis affalée comme un vulgaire sac à patate «vlouf»2 sur un sol marbré. Immense vide et froid. «Ben ma vieille quelle chiffonnade tu fais ?». Je brossais ma robe à ce moment là.

- Heu… mais l’action… commença l’élan.

- Pardon ?

- L’intrigue…

- Ben quoi, «chiffonnade est toujours meilleur que «sacapatate» non ? Vous ne trouvez pas ?

- Si bien sûr…

- Bon alors cessez de me couper et passons à l’action.

Merlin levait les yeux au ciel, croisa les bras et patiemment attendit la suite.

La Princesse étalée au sol se relevait donc en époussetant sa robe fichue.

«On dirait un fichu, fichu fichu» sourit-elle. Elle s’étonnait elle-même, habituellement elle aurait piqué une crise de nerf, le breuvage de Merlin était-il responsable de cette légère griserie ? «D’ailleurs tout est bien sombre par ici». Elle cligna des yeux à plusieurs reprises et tenta un éclairage. Elle n’arrivait pas à régler la mise au point non plus. Pourtant au loin elle apercevait un mouvement, flou, un mouvement rapidement rouge. Qui approchait.

Vermillon vite.

Elle leva les yeux. Elle eut à peine le temps de se rendre compte de l’impossibilité de voir le plafond, sa hauteur dépassait l’entendement et il était plongé dans l’obscurité, que l’être se tenait déjà devant elle. Le temps d’un battement de paupières. «Non ?» pensa-t-elle incrédule, «carrément non» elle n’avait pas pu aussi mal appréhender l’éloignement de… Elle allait dire «objet», décidément elle n’avait rien calculé du tout, ah si la couleur, rouge, «passons les nuances, chaque jour suffit sa peine».

- Ah ça oui alors, ne put s’empêcher de s’exclamer Billy en agitant furieusement son «triple bois» souvenir de son escapade en satellite3.

- Je vois que je parle à un connaisseur…

- M’en parlez pas !

- Mais justement… Oh la crotte je continue.

Merlin les yeux mi-clos pour cause de paupières lourdes fut surpris par la brièveté de l’échange. Hop, le sourcil droit s’arqua, prit de la hauteur entraînant les pupilles dans leur élévation simultanée.

- Figurez-vous que je ne connais pas très bien la civilisation orientale, Saké mise à part bien entendu, rajouta-t-elle en regardant Merlin car Saké était l’égérie la plus fidèle et la plus redoutable de l’enchanteur. Mais là, nul doute…

Nul doute, la Princesse se trouvait face à une geisha. La tunique de soie ample aux reflets mouvants, les talonnettes et surtout ce col blanc qui faisait resurgir ce visage de «pierrot lunaire». «Carnaval» est ce qui vint de suite à l’esprit de la Princesse mais passé le choc de l’incompréhensible, l’élégance du port de tête, la finesse des pommettes et le grain de peau qui rappelait la porcelaine la médusèrent. De légende.

Àla fixité du masque soyeux répondait la vivacité de ces yeux noirs bridés à l’expression mystérieuse. Elle sentait qu’elle aurait pu, que n’importe qui pouvait s’y noyer.

La Geisha souleva d’un geste harmonieux son bras droit tout en inclinant son corps.

- J’ai fait un bond vous pouvez me croire…

- Pourquoi ? Interrogea l’élan qui ne saisissait pas la réaction.

- Quand son mouvement a atteint son apogée la salle s’est remplie de cliquetis, de sons rauques et brefs, comme des jappements qui m’ont fait me retourner…

- L’escouade, grommela Merlin, tout à fait leur genre.

- Ah oui, mais bon si vous racontez pas dans l’ordre aussi… bouda Billy.

- Je recommence ? demanda la Princesse.

Sous les dénégations silencieuses des ses partenaires elle décrivit sa peur et son incrédulité face à ce qui semblait bien être des hommes, lourdement harnachés, tout de vert kakis et qui de leur troisième oeil balayaient l’espace de petites lumières. Du plafond invisible descendait tout un chapelet de saucisses «moutarde» en rappel.

- Je ne connaissais pas cette mode verte Merlin, mais j’ai instantanément pensé à des soldats. Enfin non, à des saucisses aux herbes d’abord, mon côté culinaire. Ça cliquetait de partout, brrrrr, j’en ai encore la chair de poule.

La Princesse s’était vivement reculée alors que la troupe se positionnait en demi-cercle. Elle se retourna et vit la geisha se relever par à coup, les minuscules lumières ne cessant de tourbillonner sur et autour d’elle. Puis les lampes se stabilisèrent et l’effet stroboscopique cessa. Éclaboussée d’un blanc éclatant la costumée orientale perdit tout relief. Du speedpaint de mangaka mal payé qui finit zombie sa journée de quinze heures. Légume. À cette heure là l’imperméabilité aux compliments et autres promesses est tout ce qu’il y a de plus réel. Comme son inverse, l’accusation de lenteur. La feignasse de mangaka ricane alors car à cette heure là il est zombie en k-way en manque de cawet’ et comme tout zombie sait, le monde n’appartient pas à ceux qui se lèvent tôt mais à ceux qui ne se couchent pas. C’est un moment propice au «Deus ex machina» sous forme de budget supplémentaire. Qui tombe.

De la manche de soie surgit alors un éventail noir aux reflets métalliques, le bras se leva et, conséquence d’un budget/prod’ bien ajusté, finit son geste en dépliant l’objet au-dessus de sa tête telle une visière.

Cela n’empêcha pas le réalisme économique de retrouver la raison et de piller allègrement la banque de données à des fins de gratuités pour les effets sonores.

- J’ai même entendu le son de millier de gouttelettes d’eau quand telle une poupée elle s’est très légèrement affaissée sur elle-même… mais c’est impossible il ne pleuvait4 pas, décrivit la Princesse.

- Oh ben ça alors, s’exclama Billy, extraordinaire ! L’élan adorait ce genre de situation où le mystère plane. Il allait pouvoir gamberger des heures dessus, pensez de la pluie invisible…

- Si extraordinaire et incroyable que je peux aussi vous dire avoir surpris une musique entêtante, vous savez comme le feraient des tubes de roseaux qui s’entrechoquent mais en métal…

- Wow en métal ??? ne put se retenir l’élan. Carrément fou !

- Aussi absurde et irréel qu’un carillon inexistant mais qui tinte pourtant encore à mes oreilles. Il n’y avait qu’elle et elle seule…

- Pas d’instruments ni d’orchestre ? demanda Billy suspicieux.

- Rien ni personne. La geisha était seule puis elle a abaissé l’éventail devant ses yeux, un tempo sourd et lancinant a ébranlé tout mon corps, des vibrations profondes, j’avais l’impression de sautiller à chacune des pulsations…

Cette fois-ci s’en était trop pour Billy qui regardait fixement la conteuse, mâchoire affaissée, immobile. Merlin ne bougea pas non plus. Surtout pas.

Expliquer la propagation des sons dans l’air passe encore, mais les systèmes wifi n’auraient servi qu’à embrouiller un peu plus l’élan, il aurait du revenir pour cela à la représentation de l’électricité, au magnétisme et j’en passe des cuivrées et à la masse, le magicien préférait laisser l’élan se dépêtrer comme un grand c’est à dire seul. De plus il était enchanteur ce qui est tout de même plus proche d’embobineur que de spécialisations telles que scientifique, physicien ou électricien. Et tandis que la Princesse décidément très volubile face à cet auditoire tout ouïe s’entretenait de l’invisible bruyant des clochettes à bas prix, Merlin se prit à penser que la première personne à qui l’élan poserait l’énigme du son issu du vide serait certainement Fufute le Troll détective.

Délaissant pour un court moment les histoires de vibrations il imagina l’échange entre ces deux champions du para-bizarre.

- T’y crois toi à cette histoire de son surgi de nulle part ?

- Non, déclara catégoriquement Fufute devant l’élan dont la troisième corne commençait à clignoter en vert comme à chaque période de stress.

- Oh, mais c’est la Princesse tout de même…

- Hum, oui… Et tu connais le Prince…

- Oui mais…

- Pourquoi le Prince pique-t-il parfois des colères, contenues je te l’accorde, pourquoi ?

- Heu… je savais pas… t’es sûr ?

- Si j’te l’dis. Les personnes ne le connaissant pas pensent qu’il est grognon ou boudeur mais il s’agit en fait de colère contenue. Sauf que ça ne pète jamais, à part dans son bain bien sûr, il adore5 ça parait-il. Alors pourquoi ?

- Ben émettre un vent soulage…

- Nooon, mais tu suis ou bien ? Pourquoi se met-il en rogne ?

- Ah oui… Ah mais c’est toi qui sait moi non, faut pas me poser la question.

- Billy, des fois j’ai l’impression de parler à un Graou, sans déc.

- T’a déjà vu des Graou sachant lire toi ? rétorqua l’élan qui même s’il s’était fait moucher ne manquait pas de réparties.

Le Troll renifla.

- Bon on en était où ?

- Heu, alors le bain… Le pet… Heu, le pet le pet…

- Justement non. Jamais. Le Prince se contient.

- Beh pourquoi ?

Fufute souffla.

- Tu lui demanderas, répondit-il dégoûté devant si peu de mémoire vive. Le fait est qu’il se contient, prends cela comme un fait établi.

- D’accord.

- Pourquoi donc contient-il sa colère et on s’en fout si tu ne l’as jamais vu ou que tu ne le savais pas ?

- T’énerves pas Fufute t’es détective toi. En fait je ne sais pas. Il n’a pas envie que cela se voie c’est tout.

- Heu… oui, oui mince j’ai perdu le fil du coup. Ah non, la colère. Pourquoi ?

- Sans dec je ne l’ai jam… heu vas-y dis-moi Fufute.

- Le coin à truc ! Tel le symbole éclatant de «l’évidence même» Fufute paradait devant l’élan anéanti. Une évidence et il ne la percevait pas.

- Le coiiinn… Le coin à Truuuuc, merde alors, la Princesse en raffole.

- Je ne te suis pas, franchement t’es trop loin là. Même le Prince en mange parfois alors ?

- Oui, exact, je suis étonné que tu sois au courant mais c’est le jardin de la Princesse, SON jardin secret, c’est connu de tous.

- Hum oui. D’accord.

- Ah, ben tu vois.

- Je vois quoi ? Le Prince n’a pas de jardin. Aaaaah c’est pour ça qu’il est en rogne ?

- Tu sais quoi, Billy ? Je crois sincèrement que dans cette fusée6 si t’as gagné une troisième corne qui picote les yeux tellement elle clignote, t’as dû devoir la troquer contre quelque chose. Je ne serai pas étonné que tu sois devenu monocéphale.

- Hé ho, pas d’insulte quand même ! On peut pas dire que ta famille de Troll soit un monument d’intelligence, je n’émets là rien d’autre qu’une «Lapalissade». De plus je trouve que ton rapport entre la colère rentrée du Prince sans jardin et l’émission d’un son issu de nulle part, même pas d’un bain, complètement tarabiscoté. Ça tient pas la route.

- Les Trucs… l’effet des Trucs… murmura excédé le Troll.

- Oui. Et alors, ils sont dans le jardin de la Princesse pas du Prince !

Devant le refus évident de son interlocuteur d’accepter son explication de l’incompréhensible par l’exemple de la princière colère7 Fufute vit rouge.

Il leva le bras… le leva…

- - - - - - - - -

Le son très concret d’une claque ramena Merlin au présent à son grand soulagement, comprendre un Troll et un élan c’est trop de boulot. La conteuse venait de frapper dans ses mains et s’exclamait :

- Incroyable hein ? Et pourtant ce son je l’ai bien entendu et ressenti, pourrait-il s’agir d’un effet de votre potion Merlin ? Cela expliquerait aussi bien des choses invraisemblables que je vis par la suite. Cela vous fait rire ?

- Non non pas du tout, continuez je vous en prie, répondit l’enchanteur qui avait encore le sourire aux lèvres en repensant à l’échange imaginaire et incompréhensible entre l’élan et le Troll et donc d’autant plus crédible.

- Tandis que la Geisha effectuait une rotation sur elle-même et modifiait la position de ses mains, une ombre faisant papillonner les lumières m’avertit de l’avancée d’un soldat.

- Brrrr, rajouta-t-elle.

En effet le soldat la dépassa sans la regarder pour se diriger droit vers la danseuse nippone qui tenait maintenant un éventail noir dans chaque main8.

Les pourparlers étaient en cours. L’homme, du moins le pensait-elle ainsi car même les yeux étaient cachées derrière d’épais verres fumés mais sa corpulence frôlait tout de même plus le «pavé» que l’idée de carrure, l’homme donc leva la main en signe de paix. Sans doute. La Princesse découvrit alors que l’être surréel ne comprenait pas du tout ce genre de symbolique. Il mit les éventails de chaque côté de son visage, code «lézard à collerette» en colère, s’éleva dans les airs et tournoya sur lui-même déployant ses bras au-devant. Rapide, bref.

Puis reprit sa position initiale, jambes écartées au sol et les éventail protégeant son corps comme l’auraient fait deux boucliers.

Silence.

«C’est bien d’une femme ça, quelle élégance» se dit la princesse dont le regard fut attiré par une minuscule goutte de sang qui s’écoulait d’un des panaches de l’éventail9. Elle sembla hésiter à la pointe, se retint, enfla, et finit par abandonner le bord. Quand elle explosa au sol, le corps du soldat s’affaissa lentement de biais, la tête casquée déséquilibrée roula aux pieds de la Princesse.

Gonglonglongonglonglong… Poc.

- Vous voyez, Merlin ? Elle était si rapide que les lames qui tranchaient le soldat figé dans sa pose donnaient consistance à l’air lui-même. Elle le ciselait de myriade de gouttelettes de sang, un véritable dripping10. Non ? Vous ne voyez pas ? Imaginez Merlin, c’est le temps même qu’elle découpait et avec ça bien plus vite que pour une préparation d’un hachis d’oignon…

- Ah oui oui…

- Sauf que l’oignon il était toujours debout, comme s’il cherchait à se rappeler quelque chose d’important qu’il aurait oublié. Sa vie peut-être… Puis il s’est effondré en implosant. Comment vous dire, là l’exemple de l’oignon ne convient pas, j’avoue.

- Heu, pas grave, continuez… coupa Merlin qui se frottait nerveusement les mains.

Devant les hochements de tête mécaniques de l’élan maintenant trempé de la tête aux pieds et risquant le court-jus à chaque clignotement vert de corne elle reprit alors le fil de l’histoire.

- J’ai vraiment cru un instant que la tête à mes pieds me faisait un clin d’oeil, mais cela aussi est impossible, ensuite la fusillade a commencé.

Les balles pleuvaient se souvenaient elle. Les militaires exerçaient un tir de barrage sur un pantin qui s’élevait dans les airs et avançait vers eux en virevoltant. La Geisha entourée de toiles sombre et diaphanes surplomba la Princesse d’un bond. L’étoffe s’enroula autour d’elle et telle une mante religieuse pivota vers le lieu des combats. Le tissus frôla la Princesse puis la relâcha d’un frisson. Elle put bénéficier à loisir de l’ampleur de la scène. Un festin. Les rares balles à même de toucher l’insecte offert étaient renvoyées sur un son métallique par les éventails. Refus du coït. Elle tournoya sur elle-même, dépliant ses armes élégantes. Les deux éventails se séparèrent en autant de flèches qui fit taire quatre mitraillettes simultanément, dont l’une se retourna contre ses auteurs et hacha un des militaires au préalable. Malgré le bruit infernal des armes la Princesse perçut un cliquetis quand la Geisha retomba au sol.

- Des lames remplaçaient ses membres aussi incroyable que cela paraisse !

- Beuuu, grimaça l’élan.

- Comment ça des lames ? interrogea Merlin.

- Et bien des lames quoi, vous voyez l’épée de la Table ronde. Plate, brillante, je pouvais voir comme dans un miroir à la surface… et bien quatre !

- Mais quelle est cette monstruosité ? On dirait du Nishimura11 craché.

- Elle ne m’a pas décliné son nom Merlin, mais je peux vous affirmer que cela lui allait finalement assez bien. Elle m’a tout de suite fait penser à une mante religieuse, haute sur patte, toujours en déséquilibre et… en deuil. Excusez pour le truisme, gloussa la Princesse.

- C’est fou, murmura Billy.

- De toute manière, continua la Princesse, à partir de ce moment là je vous préviens que je cesse de croire en ce que je vous raconte.

La Princesse mima alors le ballet de la danseuse exécutant avec finesse et courtoisie l’ensemble de ses ennemis. Mais au deux-tiers de sa rotation inachevée elle ripa et tomba sur le dos les quatre fer en l’air.

- Russ Meyeeeeer, hurla le tricorne tout excité, la scène dans la baignoire…

- Pfff fit la Princesse en se relevant. J’ai dérapé c’est tout! Je recommence.

Cette fois-ci elle ne quitta pas le sol et tourna sur elle-même en écartant les bras. Puis fit mine de se baisser, décolla pour entamer une seconde révolution.

- Je vois pas, réfléchit à voix haute l’élan en regardant Merlin, au début j’aurai dit «hélicoptère» mais non en fait.

- Tu sais ce qu’est un hélico Billy ? s’étonna Merlin.

- Ben vous m’avez montré les esquisses de Michel-Ange non ? On sait bien que ça vole pas.

Durant ce court échange la Princesse tenait quelque chose en bouche et faisait mine de le cisailler. La coupe effectuée elle recracha un morceau, «mais de quoi» se demandait bien le Tricorne et se passa la langue sur les lèvres avec délectation. Elle regardait les deux spectateurs par en dessous comme de nouvelles proies. Cela fit frémir Billy qui ne savait plus si la Princesse simulait ou avait été maraboutée pour finalement s’en prendre à eux. Son regard fou, sombre, ses gestes brutaux et doux à la fois ne correspondaient en rien à ce qu’il connaissait d’elle.

- Du «dead suchi» puissance «Machine girl» applaudit Merlin, Noboru Iguchi sans effet spéciaux, tout simplement géniale, je ne vous connaissais pas ce talent Princesse.

- Mais de quoi parlez-vous tous les deux ?

- On essaie de trouver ce que vous mimez, répondit l’élan rassuré d’avoir retrouvé la Princesse et non une espèce de zombie complètement chtarbé. Merlin a-t-il bon ?

- Mais, mais… Je vous décris un massacre, une danse morbide, et vous, vous jouez ? Si c’est ça je rentre au château me faire une tisane !

- Une tisane de Trucs ? Je peux venir ? interrogea aussitôt l’élan.

- Billy, cesse donc, gronda gentiment Merlin, laisse la dame raconter.

La Princesse fit signe à Merlin que «ce n’était pas trop tôt quand même» et que le morbide sanguinolent, cela devait s’écouter avec un minimum de sérieux. Enfin quoi, pas étonnant que les enfants fassent n’importe quoi de nos jours et n’aient aucun sens des valeurs. Tiens, et pi des mômes est-ce qu’ils en ont ces deux là, ce serait étonnant, quoique Merlin avec toutes les époques traversées… d’un autre côté c’est pas avec son team de greluches virtuelles et clonées qu’il risquait de procréer.

Tout cela bien sûr exprimé d’un seul regard !

On est Princesse ou on ne l’est pas.

Les choses remises au clair, elle reprit son récit.

- Je vous préviens que maintenant j’arrête de mimer pour des raisons de pudeur.

La fille voltigeait le kimono ouvert présentant un corps blanc et nu au groupe de soldats comme si elle désirait s’offrir à eux. Il lui semblait entendre la pluie mais celle-ci était rouge et poisseuse. Nul abris dans ce cercle de cadavres encore chauds dont certains remuaient encore. Seule la Geisha au centre se trouvait épargnée par les gouttes. Elle sourit majestueusement, carnassière, remit en place son vêtement puis laissa doucement retomber ses lames près du corps.

- Kill Bi… Ooops, pardon, s’excusa l’élan sous le regard courroucé de Merlin.

Courroucé mais indulgent. Merlin aimait bien cette bestiole. Elle n’aurait fait de mal à personne et il était bien content qu’elle ait été recueillie par ce couple, Hydromel et Grognon. Il ne comprenait pas vraiment la symbiose du machin mais l’ensemble fonctionnait, du moins à entendre les bruissements de la rumeur. De la magie. Il n’aurait pas misé gagnant sur cette combinaison mais c’est aussi pour cela qu’il était enchanteur et pas joueur.

Son estime de l’élan oscillait entre admiration et affliction. Sans cesse. Que l’élan connaisse Tarentino ne l’étonnait pas, il en avait vu bien d’autre dans cette contrée, mais qu’il le connaisse alors qu’il n’entravait rien aux comportements sociaux les plus simples, ça, ça le laissait coi. Mais rien de rien. Naïf comme, comme… Il n’y a pas de mot. Impossible qu’il puisse saisir dans toutes leurs profondeurs la complexité de certains enjeux ou situations. Quoique… chez Quentin peut-être. Et pourtant Billy par moment pouvait se montrer subtil, léger… bref l’élan intriguait Merlin comme pas deux. Qu’il soit adulte et en vie dans cette région prouvait que Billy n’était cependant pas sans ressources.

Le dialogue fictif entre Billy et Fufute mis en place par Merlin précédemment, même s’il lui semblait juste ne l’aidait guère dans son analyse.

Le Troll comme toute la tribu avait une légère tendance à l’indifférence du psychopathe. Une scène telle que la décrivait la Princesse n’aurait pas ému un Fufute. Il y aurait même peut-être trouvé un plaisir et une signification propre à son mode de pensée. Sa curiosité exacerbée et son jugement hors de la plaque mais toujours concret faisaient de lui un être d’exception parmi les autres Troll.

«Flûte, j’aurai voulu voir ça» voilà le genre de remarques qu’il aurait pu faire. C’est pour cette raison que ce Troll gardait un self-contrôle à toute épreuve. En ce sens les réactions de La Princesse et du Troll se ressemblaient car elle-même était d’un calme étonnant dans ce genre de situation extrême. Mais les raisons en étaient toute autre. Humour, relativisme extrême et touche d’insouciance, un sniff de sidération plus la prise de quelques Trucs, devaient aussi aider.

Des cas, les uns comme les autres voilà ce qu’ils étaient mais c’est l’élan qui l’intriguait le plus.

Ses réflexions cessèrent car la Princesse toute à son récit venait d’élever la voix.

- Pliki pliki pliki…

La japonaise louvoie entre les douze corps et approche de la Princesse sur un léger cliquetis métallique discret qui tintait comme le feraient des aiguilles à tricoter sur un carrelage. Comme si la tisseuse voulait qu’on l’excuse. Désolé «hi hi» pour le désordre semblait exprimer l’attitude de cette araignée si polie, attitude sitôt contredite par les éclats renvoyés des lames esquissant des arabesques de lumière dans l’espace.

Et… «Woooosh» bondit la Princesse.

«BONK»

Billy en tomba à la renverse, évanoui, ce qui fit lever les yeux au ciel à Merlin.

- …Elle fut sur moi, je pensais voir ma dernière heure arrivée. Même pas eu le temps de voir ma vie défiler tellement elle est passée rapidement. Ça se fait pas…

- Il n’existe pas encore de «zapette» pour ce cas de figure, informa Merlin.

- Par moment Merlin je ne comprends rien, mais rien du tout à ce que vous racontez.

- Pardon, ce n’est pas grave…

- Oui, d’accord mais quand même à force c’est vexant. Je n’entends rien à vos explications ou à vos jeux et de plus je dois vous narrer mon aventure à laquelle je suis incrédule. Vous pensez que cela m’enchante Merlin ?!

- Je ne vous interrompt plus Princesse, veuillez m’excuser, je suis tout ouïe. Elle s’est donc approchée de vous ?

La Princesse regarda le magicien un moment sans rien dire mi-figue mi-raisin puis décida qu’il était sérieux et sinon tant pis. Elle continua donc.

La Geisha colla son visage contre le sien, respiration rapide. Elle était tout de même essoufflée, humaine peut-être songea la Princesse immobile. Elle referma doucement les yeux sous le regard de la femme mais s’empressa de les rouvrir. Le son des giclées d’hémoglobine se répandant sur le sol par saccade devenait trop prégnant, presque plus concret que leur seule vision. Une moue de dégoût se dessina malgré elle sur son visage, est-ce cela qui la sauva ou simplement son statut de femme ? Aussi fine qu’une lame de rasoir, la ligne sanguinolente de la bouche s’étira imperceptiblement. La prédatrice semblait sous le charme.

Puis, sur un tempo lent et grave elle recula de trois pas grinçant d’un air satisfait. Peut-être était-ce le fait qu’elle ne soit pas armée, hormis ses atours. En tout cas l’examen semblait prendre une tournure positive concernant la santé de la Princesse.

- Et alors ? s’exclama Merlin en se frottant les mains tandis que Billy reprenait connaissance tout étonné de resurgir dans ce monde agité de vivants.

- Merlin, rabroua gentiment la Princesse, vous connaissez les femmes…

- Heu… Merlin n’en dit pas plus, l’enchanteur connaissait l’art de l’esquive.

- Elles n’ont pas leur pareil en ce qui concerne les parures et possèdent alors un sens de l’observation que jalouserait n’importe quel psychopathe.

- Oui, oui, peut-être…

- Et bien j’ai remarqué un fil.

- Un fil ? Mais, un fil ? Mais pourquoi ne vous a-t-elle pas découpée…

- Ah beh merci, je ne suis pas un vulgaire saucisson tout de même. Peut-être est-ce parce que j’ai levé le doigt, comme à l’école et qu’elle a vu que je voulais poser une question. Reconnaissance de politesse, d’éducation, de respect entre femmes. Enfin bref toujours est-il qu’elle m’a regardée en inclinant la tête ses bras exécutant toujours des moulinets puis qu’elle a quasiment collé son visage de lune sur le mien encore une fois. Était-elle myope je ne saurais vous répondre, anticipa la Princesse qui commençait à en avoir assez d’être interrompue par les questions saugrenues du magicien.

Ce fil expliqua-t-elle dépassait de sa manche, du doigt elle l’a donc indiqué à la danseuse et dans le même temps, nul besoin d’être couturier12 pour connaître cette tentation, tira dessus sans même y penser.

La Geisha recula alors d’un bond de trois mètres et agita ses lames dans un mouvement anarchique. La guerrière aérienne ressemblait à un pantin désarticulé agité de soubresauts compulsifs et désordonnés.

Le sifflement des lames remplaça la musique. Puis devint grincement, acier contre acier.

C’est ainsi que les lames tombèrent une à une au sol dans un jaillissement de sang. La geisha venait de se trancher les membres et se vidait de son sang.

Le sourire n’était plus qu’une ombre et dans son regard pouvait se lire la volonté d’en finir. Ce qui ne tarderait pas. La Princesse approcha du corps démembré couché au sol en évitant tout de même les jets d’hémoglobine.

Si le corps de la Geisha avait tourné sur lui-même, cela aurait évoqué les tourniquets des arrosages automatiques. Mais cela la Princesse ne pouvait connaître.