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Danielle arrive sur Everis, impatiente de rencontrer son nouveau compagnon. Elle voit ses amies trouver le bonheur alors quelle est hantée par des rêves dun Chasseur Everien qui refuse de la rejoindre dun compagnon qui refuse de la revendiquer. Mais quelque chose ne va pas. Les rêves se font plus sombres. Torturés. Son compagnon souffre, et rien ne pourra empêcher Danielle de le trouver surtout pas le fait quil lui ordonne den choisir un autre, de se faire passer en premier et de donner plus dimportance à sa propre vie quà celle de son compagnon.Gage dEveris est lhéritier dun siège au conseil des Sept, le corps dirigeant composé de familles qui détiennent le pouvoir sur Everis depuis des millénaires. Il est le dernier prince de sa lignée, le dernier héritier survivant, et quelquun ne veut pas le voir accéder au pouvoir. Trahi, torturé et seul, Gage trouve du réconfort en empêchant sa Compagne Marquée de connaître le même destin que lui. Mais sa promise entêtée refuse de se montrer raisonnable.Lorsquelle le trouve, lheure de rendre des comptes est venue. Non seulement Gage est déterminé à retrouver ceux qui lont trahi, mais aussi à conquérir la chasseresse sauvage qui la retrouvé dans le noir et qui sest emparée de son cur.
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Seitenzahl: 276
Veröffentlichungsjahr: 2021
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Sa Princesse Vierge
Copyright © 2020 by Grace Goodwin
Tous Droits Réservés. Aucune partie de ce livre ne peut être reproduite ou transmise sous quelque forme ou par quelque moyen que ce soit, électronique ou mécanique, y compris photocopie, enregistrement, tout autre système de stockage et de récupération de données sans permission écrite expresse de l’auteur.
Publié par Grace Goodwin as KSA Publishing Consultants, Inc.
Goodwin, Grace
Sa Princesse Vierge
Dessin de couverture 2020 par KSA Publishing Consultants, Inc.
Images/Photo Credit: Deposit Photos: diversepixel, MyGoodImages
Note de l’éditeur :
Ce livre s’adresse à un public adulte. Les fessées et toutes autres activités sexuelles citées dans cet ouvrage relèvent de la fiction et sont destinées à un public adulte. Elles ne sont ni cautionnées ni encouragées par l’auteur ou l’éditeur.
Bulletin française
Le test des mariées
Chapitre 1
Chapitre 2
Chapitre 3
Chapitre 4
Chapitre 5
Chapitre 6
Chapitre 7
Chapitre 8
Chapitre 9
Chapitre 10
Chapitre 11
Chapitre 12
Chapitre 13
Chapitre 14
Chapitre 15
Chapitre 16
Chapitre 17
Épilogue
Contenu supplémentaire
Le test des mariées
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Danielle Gunderson Planète Everis, Périphérie de Feris 5
Le froid me glaçait jusqu’aux os, montant de la terre dure sur laquelle je m’étais allongée. Les couvertures thermiques argent et noir m’empêchaient de mourir d’hypothermie. La nourriture que j’étais parvenue à voler avant de quitter la Pierre Angulaire commençait à manquer. Moi ? Je pouvais survivre avec très peu. S’il le fallait, je pourrais poser des pièges et survivre dans la nature. Je l’avais déjà fait. Mais j’ignorais dans quelle condition serait mon compagnon. Il me bloquait, refusait de me laisser pénétrer ses rêves, m’ordonnait de rester à l’écart.
— T’as qu’à croire, soufflai-je.
Je n’osais pas enlever mes bottes, alors je me contentai de les fourrer au fond de mon sac de couchage. Si je les enlevais, je n’arriverais jamais à les remettre, après toute la marche que j’avais faite. Ma cheville blessée était tellement gonflée que je sentais mes orteils devenir bleus. Je surélevai mon pied à l’aide d’une grosse pierre et je poussai un soupir.
— Je te trouverai, Gage, et quand je le ferai, tu auras des comptes à me rendre.
Oui, je parlais toute seule, ce que je faisais souvent dans les bois. Mais si mon compagnon avait appris quoi que ce soit à mon propos, il devrait comprendre que je n’étais pas une princesse qui se satisfaisait de se parer de soieries et de parfum et de rester sur la Pierre Angulaire tandis que Chasseur après Chasseur tentait de la séduire. Même mes amies, Lexie et Katie, me sous-estimaient. D’accord, j’étais plutôt petite. Un mètre cinquante-cinq avec mes chaussures. Non, je ne pesais pas grand-chose. Mais être petite ne voulait pas dire être faible, ou être bonne à rien. C’était mon père qui me l’avait appris. Il ne faisait qu’un mètre soixante-quinze, mais il avait été commando de marine. Lorsqu’il avait pris sa retraite, il m’avait appris à aimer la nature autant que lui. Nous avions passé des heures à explorer les zones humides de la Floride, et nos étés à nous promener dans les montagnes du Montana. Jusqu’à ce qu’il meure, et que mes montagnes bien-aimées se retournent contre moi.
Mais tout ça, c’était dans une autre vie. Une autre planète. Une vie que j’avais laissée derrière moi, quitte à traverser tout l’univers pour ce faire. Et il était hors de question que je laisse un Chasseur éverien borné me priver de mon avenir heureux. Bon, j’avais peut-être une part de princesse en moi, en fin de compte.
J’étais capable de traquer presque n’importe quoi. Une compétence héritée de mon père. Mais depuis que j’étais arrivée sur Everis, j’avais également découvert que c’était une caractéristique éverienne, que la traque était inhérente à cette planète. Je portais leur marque sur ma main, comme mon père. D’après la Gardienne Égara, du Centre de Test des Épouses Interstellaires, la marque prouvait que nous descendions d’extraterrestres, d’Everiens, pour être exacte. J’avais de l’ADN éverien dans le sang. Dans l’âme, plutôt. Comprendre pourquoi je n’avais jamais réussi à tenir en place en classe, pourquoi j’avais lâché la fac pour retrouver le grand air, avait été un soulagement. Mes amies terriennes n’avaient jamais compris mon besoin de grands espaces. Il avait toujours été en moi. Me poussant à partir. À découvrir. À chasser. Quelque chose. N’importe quoi.
Venir ici avait été comme réaliser un rêve, comme rentrer chez moi.
Jusqu’à ce que mon compagnon décide de ne pas se présenter sur la Pierre Angulaire pour me revendiquer. Il enflammait la marque sur ma main ‒ et mon corps ‒, mais ne se montrait pas. Gros con. Puis j’avais découvert qu’il avait été capturé, kidnappé, ou quelque chose comme ça, et il m’avait dit de ne pas m’en mêler, de ne pas me mettre en danger, de trouver quelqu’un d’autre. Comme si je voulais qu’un autre homme me touche alors que je saurais qu’il n’était pas « le Bon ». Je m’étais réservée pour quelqu’un d’exceptionnel, j’avais voulu que ma première fois représente plus qu’un coup vite fait dans le pick-up d’un type sympa, et mon compagnon comptait me voler tout cela.
Non. J’étais capable de traquer un puma par monts et par vaux. De pister un alligator à travers un marécage. Je pouvais bien trouver mon emmerdeur de compagnon. Et j’approchais du but. Il ne pourrait plus me garder hors de son esprit, à présent. Pendant deux jours, j’avais marché dans sa direction générale, en suivant quelque chose que je ne pouvais pas expliquer, même à moi-même. Ce n’était pas quelque chose de visible, de tangible. Il n’y avait pas de miettes de pain à suivre.
C’était de l’instinct. La part la plus profonde de moi exigeait que je mette un pied devant l’autre dans cette direction. Je me demandais si c’était ce que ressentaient les pigeons, à voler dans une direction sans savoir pourquoi. Sans savoir si quelqu’un les accueillerait à la fin de leur long et pénible voyage.
J’essuyai les larmes qui coulaient sur ma joue droite et me roulai en boule sur le sol. Je tournai le dos aux rochers, protégée du vent, et la couverture thermique me tiendrait assez au chaud pour que je dorme. Si la douleur lancinante dans ma cheville me le permettait, en tout cas. C’était l’aube et j’avais marché toute la nuit. À présent, il fallait que je récupère pendant quelques heures, que je repose ma vieille blessure, que ma cheville dégonfle.
Je regardai l’étrange ciel éverien, dans lequel deux lunes brillaient bas à l’horizon. La petite était argentée et s’appelait Incar. C’était la prison la plus célèbre de la galaxie, d’après ce qu’on m’avait dit. La plus grande, vert pâle, s’appelait Seladon et devait sa couleur à la vie qui se trouvait à sa surface. Elle servait de germe à Everis et à sa planète jumelle dans ce système, Everis 8. Je me trouvais actuellement sur Everis 7, la planète mère, techniquement. Les Everiens appelaient l’autre planète Huit et l’avaient colonisée des siècles plus tôt. J’avais lu que plus d’un milliard de personnes vivaient désormais sur Huit et je me demandai si les humains coloniseraient un jour Mars. Je tentai d’imaginer autant de gens sur la planète rouge, à regarder la Terre sans jamais avoir visité leur monde d’origine.
Cette idée me rendit triste. Mais cela m’arrivait souvent, ces derniers temps. J’étais frustrée. En colère.
Attendre que Gage me rejoigne m’avait laissé beaucoup de temps libre pour lire, mais allongée là alors que les dernières étoiles disparaissaient, j’étais contente. Ce ciel me donnait l’impression que cet endroit était moins inconnu, plus familier. Et j’espérais que quand je trouverais mon compagnon, je ne penserais plus que m’inscrire au Programme des Épouses Interstellaires avait été la plus grosse erreur de ma vie.
J’étais près du but. J’arrivais à le sentir, à présent, même quand j’étais éveillée. Son énergie appelait quelque chose de primitif chez moi, et je savais que je préférerais encore mourir plutôt que de renoncer. Cela ne suivait aucune logique, alors j’avais renoncé à rationaliser ce que je faisais là, à des kilomètres et des kilomètres de la ville la plus proche, seule, glacée, à passer entre les montagnes et les grottes à la recherche d’un homme qui n’existait peut-être même pas.
— Tais-toi, Dani.
Je tirai sur mes couvertures et m’en recouvris la tête, fermant les yeux alors que l’obscurité m’enveloppait.
— Tais-toi et trouve-le.
Il y avait une différence entre le traquer et partager ses rêves. Je pouvais percevoir sa localisation et me sentir aimantée par elle, mais ça avait été la seule chose à laquelle j’avais pu me raccrocher. Cette aimantation. Jusqu’à ce moment, où je me retrouvais de nouveau assez près pour partager des rêves avec lui. Il était mien, que ça lui plaise ou non, ce qui voulait dire qu’il était obligé de me laisser entrer dans sa tête. Il n’avait pas le choix.
J’en avais assez de jouer les petites filles sages. J’ignorais qui il était ou quel était son rôle dans ce monde. Criminel ou saint. Moche et balafré, ou beau comme un dieu. Et cela ne m’importait pas. Il était mien.
Je fermai les yeux et poussai mon corps à se mettre en veille, mon esprit à trouver le sien...
Gage... En Plein Rêve
Elle envahit mon esprit comme une experte, floutant d’abord les contours de ma douleur avec des promesses chaleureuses et sensuelles, avant de m’arracher à la réalité pour m’emmener dans un monde que je n’aurais jamais pu imaginer tout seul.
— Danielle, murmurai-je, debout et entier derrière elle.
Elle portait une drôle de tenue, un pantalon marron foncé et une veste vert forêt. Ses bottes étaient faites pour des treks en montagne, mais ses cheveux dorés étaient lâchés, le soleil jaunâtre de son monde transformant ses mèches en un halo éthéré. Elle se tourna vers moi et me tendit la main, ses yeux bleus chaleureux et hypnotiques.
— Gage. Viens. Regarde comme ma maison est jolie.
Je tendis les bras. Nos mains se touchèrent, et elle me tira pour que je me place à côté d’elle, face à un paysage de montagne, une rivière d’un bleu éclatant déchaînée en contrebas. Le Chasseur en moi fit entrer l’odeur fraîche de la forêt et le parfum féminin de Dani comme si j’étais un homme affamé. Ce qui était le cas.
— Tu ne devrais pas être ici, Dani.
— Où est-on ?
Son sourire était coquin, séduisant, et tout ce que j’avais espéré qu’il soit. Ma compagne était parfaite. Pleine d’impertinence, de vie et de fougue. Tout ce que les femmes de la capitale n’étaient pas.
— Dans ma tête, compagne. Proches l’un de l’autre. C’est trop dangereux. Quelqu’un veut ma mort, et je ne veux pas te faire prendre de risques.
Je m’approchai d’elle et posai le pouce sur sa lèvre inférieure pour en caresser la douceur. Je savais que ce n’était pas réel. Je m’en fichais.
— Partager nos rêves, c’est la seule chose que l’on pourra avoir, ajoutai-je.
— Je ne suis pas d’accord, mais ce n’est pas le moment d’argumenter. C’est le moment de faire ce que je veux.
Son regard passa mon corps au peigne fin. De haut en bas. Plus bas. Dans ce rêve, j’avais retrouvé ma santé, mon corps était puissant. Excité.
— Et tu ne devrais pas être habillé.
À l’instant où ces mots quittèrent ses lèvres roses et pulpeuses, je me retrouvai nu, et je réalisai mon erreur. Ce n’était pas elle qui était dans ma tête, c’était moi qui étais dans la sienne, et j’étais trop faible pour refuser ce qu’elle me proposait. Un répit. Après deux jours de torture et de douleur dans cette grotte sombre, je n’étais pas prêt à y retourner. Seule la mort m’y attendait. Et ce que je voulais en cet instant, c’était Dani. Ma Compagne Marquée.
Ses lèvres tracèrent un chemin brûlant de ma poitrine à mon abdomen. Plus bas, jusqu’à ce qu’elle passe les mains autour de mon érection et me sourit. Je remarquai un oreiller moelleux et blanc sous ses genoux, et elle me regarda.
— C’est mon rêve, beau gosse.
— Je ne pense pas, dis-je en lui caressant la joue du bout des doigts. C’est clairement mon rêve, pas le tien.
— Alors, dis-moi ce que tu désires, Gage.
Pas Seigneur Gage, ou Seigneur des Sept, ou même Seigneur tout cours. Seulement mon nom.
— Je veux ce qui m’appartient.
Elle se lécha les lèvres et plaça le pouce au bout de mon sexe alors que de l’autre main, elle caressait mes bourses sensibles.
— Et qu’est-ce que c’est ?
Je poussai un soupir face à cette sensation délicieuse.
— Ta bouche, Dani. La première des trois virginités sacrées à devoir être revendiquée par ton compagnon.
— Et c’est ce que tu es, Gage ? me demanda-t-elle en me regardant à travers ses cils pâles, l’air hautain, alors que sa position face à mon membre affamé me faisait penser à une tentatrice. Es-tu mon compagnon ? Es-tu vraiment mien ?
Je l’avais repoussée si longtemps, pour la protéger, mais elle m’avait désobéi. Elle était venue me chercher quand même, malgré mes avertissements et mes refus. Elle devait être proche, assez proche pour pénétrer à nouveau dans ma tête. Je n’avais d’autre choix que de trouver un moyen de survivre, de la trouver. C’était peut-être parce qu’elle me tenait par les bourses, ou à cause de la brûlure de ma marque, mais je ne pouvais plus lui dire non.
— Oui. Je suis tien, Dani. Et tu es mienne.
— Il était temps, gros con.
Avant que je puisse lui reprocher son impolitesse, sa bouche se retrouva autour de mon membre, à me sucer pour me faire entrer dans un paradis chaud et mouillé. Je gémis, la douce succion de ses lèvres m’aspirant en elle. Elle me caressait avec sa langue, m’avalant comme si j’étais sa friandise préférée. Cette vision était addictive. Puissante. Elle me rendait humble.
Comment pouvais-je aimer une femme que je n’avais jamais rencontrée ? Que je n’avais jamais touchée ? Jamais pris dans mes bras ?
C’était le pouvoir des Compagnons Marqués, du lien que nous partagions. C’était mon cadeau de la part des dieux, et j’avais désespérément envie d’elle. Mon sexe, mais surtout, mon cœur, avaient envie d’elle.
Mon orgasme monta très vite, me traversant comme un éclair sans prévenir. Je ne luttai pas, car c’était à présent mon tour de me repaître de la chatte délicieuse de ma compagne. Même en rêve, je pourrais la dominer. La déshabiller et lui faire crier mon nom. Seulement mon nom.
La soulever dans mes bras fut aisé, tant elle était menue. Tellement plus petite que moi. Il fallait que je me souvienne que la tentatrice qui s’était mise à genoux devant moi était fragile. Je la plaquai contre un tronc d’arbre et l’embrassai comme l’homme en pleine noyade que j’étais, lui enlevant ses vêtements alors qu’elle m’aidait à la mettre à nu dans ce monde sauvage qu’elle avait un jour eu pour foyer. Son amour pour la montagne résonnait dans son esprit, les oiseaux qui chantaient, l’eau qui glougloutait, et les hurlements d’une meute de bêtes sauvages me poussèrent à marquer une pause et à tendre l’oreille. Leur chant était beau et fascinant, tout comme ma compagne.
— Des loups, dit-elle. Ça s’appelle des loups.
— Est-ce qu’ils sont beaux ?
— Très.
Je la regardai dans les yeux, la pressai contre moi, toute nue.
— J’ai envie de voir cet endroit. Et tes loups.
— Alors tu les verras.
La conviction dans ses yeux me serra le cœur, et je posai mes lèvres sur les siennes pour la conquérir de nouveau. Pour la goûter. Mienne. Elle était mienne.
— Tu es mienne, Dani. Ta petite chatte est à moi, rien qu’à moi. Je la revendique. Tout de suite. Est-ce que tu te donnes à moi ?
Elle hocha la tête, et ses longs cheveux lui glissèrent sur les épaules.
— Oui.
Je la posai par terre, surpris de trouver une épaisse couverture étalée sous nos pieds. Le tissu était rayé, doux et chaud au toucher malgré l’air frais.
— Qu’est-ce que c’est ? demandai-je.
— De la flanelle garnie de plumes. Elle vient de mon lit. C’est mon rêve, tu te rappelles ?
Je l’allongeai sur la couverture bleu et rouge.
— C’est là que tu te trouves en ce moment, compagne ? Dans ton lit ?
Son regard se fit sombre et grave.
— Tu sais bien que non.
— Alors où es-tu ?
J’aurais dû m’abstenir de poser la question. Je savais que la réponse me rendrait furieux, me donnerait l’impression d’être impuissant. Si nous partagions un rêve, cela signifiait qu’elle ne se trouvait pas sur la Pierre Angulaire. Elle était proche.
— Je suis en sécurité. C’est tout ce que tu as besoin de savoir.
Ses mots me rassurèrent, et mon regard revint se poser sur ses formes, sur sa silhouette fine et sa poitrine menue. Elle n’était pas voluptueuse, mais mince. Forte. Superbe. L’odeur de son centre mouillé s’élevait depuis son corps, me faisant saliver. Je lui passai une main sur les seins. Sur la taille. Les hanches. Plus bas.
— Gage.
Elle se cambra sur le sol alors que je posais ma bouche sur son clitoris, que j’aspirais son essence afin de ne jamais oublier sa saveur. Son odeur. Je glissai précautionneusement un doigt dans son vagin serré et poussai un gémissement alors que son corps se contractait dessus comme un poing.
— Mienne, soufflai-je contre sa chair sensible.
— Oui.
Je lui écartai les petites lèvres et savourai cette vision, la goûtant et la suçant, caressant son clitoris sensible avec ma langue alors que j’allais et venais avec mon doigt dans sa chaleur mouillée, frottant contre les parois internes de son sexe tout en la poussant de plus en plus vers le précipice.
Elle enfouit les doigts dans mes cheveux et poussa un cri qui résonna dans le canyon sous nos pieds alors qu’elle jouissait, son vagin resserré sur mon doigt comme pour le traire, en manque de mon érection.
J’étais dur, même si je venais de lui jouir dans la gorge. J’étais excité, mon membre si lourd que j’avais l’impression d’y avoir suspendu des poids. J’avais envie d’elle. Besoin d’elle.
Ses cheveux étaient étalés autour de sa tête comme un halo. Ses lèvres étaient pleines et rougies par mes baisers. Sa peau pâle était rose, ses yeux brillaient de passion, de désir et d’un plaisir sans bornes. Elle ressemblait à une déesse. Ma déesse.
— J’ai envie de toi, Dani. Envie d’être en toi. De te baiser. De te faire mienne.
Avec un sourire, elle écarta les jambes, exposant son sexe rose et mouillé. Elle avait beau être vierge, elle était d’un naturel passionné et ne s’en cachait pas.
— Oui, dit-elle en s’appuyant sur ses pieds pour lever les hanches dans une invitation impatiente.
Mais elle poussa un cri de douleur et se tint la cheville.
— Eh merde.
Je la pris dans mes bras et la berçai, en inspectant chaque centimètre de son corps.
— Tu es blessée ? C’est moi qui t’ai fait mal ?
— Non. C’est seulement une vieille blessure... Merde. Ce n’était pas censé arriver. Je suis en train de me réveiller. Je suis désolée. C’est trop douloureux.
— Quoi ? Dani ?
La montagne s’évanouit. Dani disparut, et je me réveillai, enchaîné. En sang. Mourant. Glacé. Laissé pour mort dans une grotte de montagne si lointaine que personne n’arriverait à me retrouver à temps. Mon sexe était dur comme du bois, mais mon cœur était brisé, le goût imaginaire de Dani s’attardant sur ma langue.
Dani, Planète Everis, localisation exacte inconnue
Il était là. Après des heures de marches suivant mon réveil, après mon corps en manque suite à notre rêve passionné, je l’avais enfin trouvé. J’avais suivi mon instinct de descendante de Chasseur, mon cœur de Compagne Marquée à la recherche de sa moitié d’âme. Mon cœur battait la chamade dans ma poitrine. Je vis la chaîne rouillée fixée au mur, qui serpentait sur le sol et sous son corps. À des années-lumière de la Terre, j’avais trouvé l’homme qui me correspondait parfaitement. La Gardienne Égara et le Test l’avaient su. Je le savais. J’étais en sueur à cause de mon trek, mais dans la grotte, je frissonnais.
Ce trou à rat. Dans lequel on l’avait laissé souffrir. Mourir.
Personne ne l’aurait trouvé. Jamais. Seulement moi, seulement sa Compagne Marquée, à cause de notre lien. La marque sur ma paume se mit à brûler, et je poussai un sifflement. Un gémissement s’éleva de sa silhouette blessée, et je sus qu’il ressentait la même chose. Qu’il ressentait ma présence.
Je parcourus la distance qui nous séparait, et j’ouvris l’énorme verrou de la cage en métal rouillé qui le maintenait prisonnier. Je jetai le lourd morceau de métal le plus loin possible et ouvris la porte, avant de me laisser tomber à genoux devant lui. Ma cheville protesta, mais je n’y prêtai pas attention. Je survivrais, mais Gage ? Je ne connaissais pas la gravité de ses blessures.
Il était assis sur le sol dur, adossé à la pierre nue derrière lui. Des chaînes pendaient au-dessus de sa tête en dehors de la cage, hors de portée, les liens de métal sombre accrochés aux menottes qu’il avait aux poignets. Il dormait, ou il était inconscient. Je l’ignorais. Son corps et ses bras étaient tous mous, ses mains posées sur ses genoux. Son visage, Seigneur, son magnifique visage était plein d’ecchymoses, ses lèvres tuméfiées, ses cheveux trempés de sang qui lui coulait sur la tempe. Je tendis la main et la lui posai sur l’épaule. Il était froid, son torse nu couvert de sang et de brûlures, sa peau glacée. On lui avait laissé son pantalon, mais ses pieds étaient nus. Une veste épaisse était posée par terre, hors de sa portée. Elle ressemblait à celle portée par les Chasseurs sur la Pierre Angulaire, sauf qu’elle était sale.
— Gage.
Quand il ne répondit pas, je le secouai.
— Gage !
Je savais qu’il était vivant, grâce à ma marque, et à sa réaction face à notre proximité.
— Dani ?
— Je suis là. Allez, réveille-toi.
Je le sentis se crisper, car il venait peut-être de réaliser qu’il ne rêvait pas, que j’étais vraiment devant lui, à l’encourager à bouger.
— Dani ? demanda-t-il encore, cette fois avec des yeux écarquillés, conscient de ce qui se passait.
Il poussa un grognement, les dents serrées. Son pantalon noir était en lambeaux, le tissu visiblement imprégné de sang en plusieurs endroits. Je regardai son torse plus attentivement, ses muscles couverts d’entailles, de brûlures et de sang. Il semblait avoir vécu un enfer, mais j’ignorais si ses blessures étaient uniquement superficielles, ou s’il souffrait également d’hémorragies internes. Des côtes cassées ? Un rein perforé ? Il était dans un sale état, et le voir blessé faisait hurler toutes mes cellules.
Il était mien. Je ne pouvais pas le permettre.
— Tu es dans un sale état.
— Que fais-tu ici ? rétorqua-t-il en serrant les genoux contre la poitrine.
Nous nous observâmes, nos regards baladeurs. Il était grand. Gigantesque, même avec ses jambes repliées. Ses cheveux noirs étaient un peu longs et ses boucles lui retombaient sur les oreilles. Ils étaient épais, et j’eus envie d’enfouir mes doigts dedans, de découvrir leur texture. Une barbe recouvrait sa mâchoire carrée. Même dans la lumière tamisée provenant de l’entrée de la grotte, je voyais qu’elle avait des reflets roux, contrairement à ses cheveux. Ses lèvres étaient gonflées, mais aussi ouvertes et ensanglantées. Son visage était plus fin que dans mes rêves, comme s’il n’avait pas mangé à sa faim depuis quelques jours, mais ses yeux me transperçaient, me clouaient sur place. Des yeux de prédateur. Complètement concentrés sur moi, repérant chaque détail, ne ratant rien. Il s’attarda sur ma cheville, sur ma hanche relevée pour ne pas m’appuyer sur mon pied. On aurait dit qu’il pouvait lire dans mes pensées, qu’il connaissait déjà mon corps, que nous étions en symbiose.
Ses yeux étaient presque noirs, perçants par leur intensité. Je le reconnaissais, pas seulement grâce aux rêves que nous avions partagés, mais dans mon cœur, dans mon ADN lui-même.
Il m’examinait avec tout autant d’attention et il leva la main vers moi, avant de la laisser retomber.
— Tu es réelle ? demanda-t-il d’une voix rocailleuse sèche. Est-ce que je rêve ?
Je pris mon sac à dos et en sortis une gourde. J’enlevai le bouchon et la tendis à Gage.
— Je suis réelle. Bois.
Il prit la gourde et avala l’eau à grandes gorgées. Depuis combien de temps se trouvait-il dans cette grotte ? Avait-il été privé d’eau et de nourriture pendant des jours. Alors qu’il buvait, je regardai autour de moi. On l’avait laissé dans une grotte abandonnée, assez grande pour que quatre ou cinq hommes la traversent en marchant de front. Je parvenais largement à me tenir debout à son entrée. Si je levais les bras, je ne parviendrais pas à en toucher le plafond. Le sol était fait de pierre. De la terre et des feuilles mortes couvraient la roche grise et froide comme un tapis pourrissant. Nous étions à cinq mètres de l’entrée environ, la lumière du jour étouffée par les épaisses parois. J’entendais de l’eau couler au loin, un petit plop, plop. Les chaînes qui maintenaient Gage étaient épaisses et lourdes, mais vieilles et rouillées, tachées par l’âge. Les anneaux et les verrous de métal fixés aux murs étaient là depuis longtemps, comme si Gage n’était pas le premier à avoir été emmené ici. À avoir été torturé et négligé jusqu’à ce qu’il en meure presque.
Une cage au milieu de nulle part ? Pourquoi ?
— Quel genre de monstre créerait un endroit comme ça ? me demandai-je à voix haute.
— Mon arrière-grand-père, répondit-il.
Je tournai immédiatement le regard vers lui. Il souriait, mais sans joie.
— C’est ma grotte, Dani. Amusant, n’est-ce pas ?
— Non. Pas du tout, dis-je en ramassant sa veste et en la lui passant autour des pieds. Il va falloir qu’on te sorte de là.
Du dos de la main, il s’essuya la bouche.
— Je te repose la question. Que fais-tu là ?
Je fronçai les sourcils.
— Je te sauve.
Il secoua lentement la tête.
— Tu n’aurais pas dû. Trop risqué.
— Tu allais mourir.
Il croisa mon regard. Une veine battait à sa tempe.
— Je sais.
— Alors...
Il leva une main, mais elle retomba sur ses genoux, comme s’il était trop affaibli. Je fouillai de nouveau dans mon sac à dos et lui tendis une espèce de barre protéinée parmi les rations militaires que j’avais volées dans le garde-manger de la Pierre Angulaire.
— Mange lentement, dis-je.
Il en cassa un morceau, qu’il mit dans sa bouche et mâcha. Je regardai cet acte simple, le mouvement de sa gorge alors qu’il avalait. Je pris sa main libre et la retournai.
Juste là.
La marque.
Je plaçai ma main dessus, paume contre paume pour la première fois.
La sensation m’arracha une exclamation, et la brûlure dévorante me traversa tout le corps. Un désir s’épanouit en moi, mais ce n’était pas le moment. Je me sentais complète, toutefois. Comme si une part de moi m’avait toujours manquée. Je me demandais comment j’avais fait pour vivre ma vie, pour supporter mon existence. C’était peut-être parce que je n’avais pas su que j’étais incomplète.
Mais à présent... il n’y avait plus de retour en arrière possible. Gage était mien et il pourrait me crier dessus autant qu’il voudrait, je m’en fichais.
— Quelqu’un veut ma mort, dit-il avant de fourrer un autre morceau de barre protéinée dans sa bouche. Je ne veux pas qu’on s’en prenne à toi.
— Je sais prendre soin de moi. Et je refuse de te laisser mourir.
Il bougea son poignet menotté, et la chaîne tinta.
— Comme tu peux le voir, dit-il, je n’irai nulle part. Ça fait des jours que j’essaye de trouver un moyen de sortir d’ici.
Je fouillai de nouveau dans mon sac.
— J’ai récupéré des choses qui pourraient nous être utiles sur la Pierre Angulaire. Un appareil de communication.
Je plaçai le petit objet sur le sol, mais il le ramassa immédiatement.
— Récupéré ?
Je lui jetai un rapide regard, puis repris ma tâche. Je n’allais pas lui dire que je les avais volés. Mon intention était de les emprunter et de les rendre une fois que j’aurais sauvé Gage et que je serais rentrée avec lui. Mieux valait demander pardon que de demander la permission, surtout que ces hommes des cavernes ne m’auraient jamais laissée les accompagner. Et ils n’auraient pas réussi à le trouver, pas sans moi. Sans la marque qui m’appelait comme un phare dans le brouillard.
— Une unité de communication ? Comment ça se fait qu’ils ne t’aient pas retrouvée avant que tu te sois éloignée à plus d’un kilomètre de la Pierre Angulaire ?
— Elle n’est pas allumée. Évidemment. J’ai retiré la batterie. Je ne voulais pas qu’on puisse me suivre, parce que connaissant mes amies, une fois qu’elles auraient impliqué leurs compagnons, ils se seraient lancés sur mes traces. M’auraient arrêtée.
— Qui sont ces compagnons dont tu parles ?
— Des Chasseurs de la Pierre Angulaire.
— Ils auraient dû t’arrêter. Je parlerai de cet échec avec eux.
Je fronçai les sourcils, les lèvres pincées. Il aurait dû me remercier, pas m’énerver, mais je lui laissais le bénéfice du doute pour l’instant. Il devait délirer. Et comme nous nous trouvions dans une grotte... pas étonnant qu’il se prenne pour un homme des cavernes.
— Eh bien, je suis là. Avec une unité de communication. Et ça.
— Bon sang ! Un pistolet à ions ? s’écria-t-il en m’arrachant l’arme des mains et en vérifiant quelque chose, sûrement que la sécurité était enclenchée. Tu aurais pu te tirer dessus.
Je poussai un soupir.
— Tu n’es pas accouplé à une idiote. Je sais me servir d’un flingue. Je sais tirer. Je connais les mesures de sécurité à respecter pour ne pas me blesser. Si tu n’avais pas encore remarqué, je t’ai pisté. Je ne suis pas une citadine, Gage.
Il plissa les yeux, mais garda le silence.
— Personne d’autre ne t’a trouvé, si ? ajoutai-je.
Il expira et me regarda presque à contrecœur, réalisant que j’avais raison. J’étais là, à lui sauver les miches. Il replaça le pistolet dans son holster et se leva lentement, avant de pointer l’arme vers le mur au-dessus de nos têtes, là où la chaîne était fixée, non loin de la cage.
— Place-toi derrière moi.
J’obéis, mais son bras me poussa quasiment encore plus loin.
Le tir résonna sur les parois de la grotte, tout comme le cliquètement de la chaîne lorsqu’elle heurta le sol. Je regardai autour du corps de Gage et constatai qu’il n’était plus attaché à la caverne.
— Encore, dit-il en visant son poignet, trois anneaux au-dessus de sa menotte. Je voulais d’abord faire un test. Voir ce qui se passerait. J’aimerais éviter de me faire exploser la main.
Il tira une nouvelle fois, et une grande longueur de chaîne tomba au sol comme un serpent mort. L’autre était toujours fixée à la menotte de son autre poignet, et je réalisai qu’on l’avait attaché à une sorte de poulie. Il prit le pistolet dans son autre main et tira une troisième fois. Je poussai un soupir de soulagement quand la chaîne tout entière cliqueta contre la paroi de la grotte comme si elle était morte. En tout cas, j’aimais voir les choses ainsi. Il avait toujours une menotte autour de chaque poignet, mais il était libre de ses mouvements. Un problème à la fois.
Gage se tourna vers moi et me souleva le menton.
— Tirons-nous d’ici.
Il enfila sa veste, profitant du peu de chaleur qu’il pouvait trouver. Il se dirigea vers l’entrée de la grotte, et je le suivis. Lentement. En réfléchissant à voix haute.
— On ne peut pas regagner la Pierre Angulaire à pied. C’est trop loin. On n’aura pas assez d’eau ou de nourriture. Je pourrais cueillir des fruits et chasser s’il le faut, mais tu es affaibli. Blessé. On n’a pas le temps.
— Toi aussi, tu es blessée.
Il regarda ma cheville, comme s’il arrivait à voir qu’elle était gonflée à l’intérieur de ma botte. À la lumière du jour, je voyais son teint olivâtre sous tout ce sang, ses lèvres légèrement plus foncées et pulpeuses, le jeu d’ombres sur son torse et son dos très musclés. Nom de Dieu. Quel beau gosse. J’étais gâtée. Sa grosse voix rauque me donnait des frissons, et pas de froid.
— Tu as apporté une baguette ReGen ?
Je fronçai les sourcils. Une quoi ?
— Je ne sais pas ce que c’est.
Il poussa un soupir, puis me sourit pour la première fois.
— Ce n’est pas grave. Tu as fait du bon travail. Merci.
Je lui rendis son sourire.
