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« Chers amis, Je tiens à vous remercier chaleureusement pour vos appels, vos messages de soutien, qui font forcément du bien dans ces moments-là. Alice est profondément triste, le plus dur reste à venir me semble-t-il. Les circonstances de la disparition de son père et leur histoire, qui au fil du temps, s'est émoussée pour ne plus exister finalement, rendront la tâche du deuil complexe à mener. Alice saura se défaire de cette épreuve, j'en suis persuadé. Elle a déjà fait preuve de beaucoup de courage, notamment en lisant un texte qu'elle avait écrit, le jour de la cérémonie. Il était à la fois sévère et élogieux, formidablement clairvoyant et juste. J'ai reconnu en ma chère et tendre, toute sa force et sa sensibilité. La vie est très étrange, certains s'y accrochent, d'autres la perdent sans le mériter, quelques-uns se l'ôtent alors qu'entière elle n'aurait pas suffi à expier leurs péchés. Nous voulions grandir puis vieillir pour en profiter davantage, c'est sans doute le prix des pertes qu'elle cause, qui lui donne sa valeur. Pour nous et nos enfants, profitons-en... Je vous aime et vous embrasse. Guillaume »
À PROPOS DE L'AUTRICE
Juliette Feyeux est née en 1983 à Lyon-Bron. Après quelques années dans l’humanitaire et le secteur culturel, elle est aujourd’hui chargée de mission santé au Conseil Départemental de la Creuse. Malgré des vies professionnelle, sociale et familiale bien remplies, discrètement mais sûrement, l’écriture a pris sa place dans la vie de Juliette qui partage son premier roman : "Sans crier gare".
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Seitenzahl: 71
Veröffentlichungsjahr: 2024
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Juliette FEYEUX
SANS CRIER GARE
En criant cinq !
Préface du Docteur Anne DUMONT
Psychiatre « Femme, mère et enfant » – Thérapeute certifiée EMDR Europe
« Oser pénétrer dans ce récit, c’est entrer dans la boîte noire d’un voyage au cœur de la systémie familiale. Faire la rencontre d’un homme, d’un fils, d’un père… Pierre, astre dont l’influence a pu à la fois être dangereuse et destructrice, mais aussi lumineuse et source de vie.
Cet ouvrage rend compte de la complexité que constituent les liens familiaux, et de la potentielle transmission des traumas transgénérationnels.
L’autrice, Juliette Feyeux, réussit, sans se brûler les ailes, à établir l’autopsie psychologique de cette personne si chère qu’est son père, tout en tissant au fil du texte, une introspection sans fausse pudeur, discutant ses propres choix et non-choix.
Elle réussit à effectuer ce voyage au centre de la terre familiale avec détachement et justesse, malgré les enjeux affectifs et émotionnels qui émaillent son chemin de vie.
Ce livre ne déroule pas une autobiographie, mais l’intégration pièce par pièce d’une histoire qui dépasse les générations, histoire qui nous amène à réfléchir sur la résultante des forces des traumas.
Certes ils nous abîment… mais la philosophie qu’on en tire ne constitue-t-elle pas un outil pour la suite ? »
Anne Dumont est médecin psychiatre, psychothérapeute EMDR du psycho trauma et spécialiste de la crise suicidaire depuis 2012.
Elle a officié comme médecin chef de clinique au centre de prévention du suicide de l’hôpital du Vinatier à Lyon-Bron, au côté du Pr Jean-Louis Terra, avec lequel elle a co-écrit de nombreux travaux sur le sujet. Ses travaux de recherche à l’université Lyon-Est ont aussi permis de questionner la pratique de l’utilisation des chambres d’isolement et des contentions en psychiatrie.
Née en 1983 d’un père français et d’une mère d’origine algérienne, elle comprend que les regards multiculturels sont une richesse pour la relation d’aide et elle choisit de se former au Canada régulièrement, pays d’avant-garde dans l’élaboration des techniques de soins de psychothérapie modernes. Elle s’inscrit dans un courant intégratif de la psychiatrie, alliant héritage psychanalytique et cognitivo-comportementaliste. Elle enrichit sa pratique, s’inspirant de la troisième vague de la psychologie, fondée sur la pleine conscience et l’acceptation.
Son activité clinique en cabinet libéral est centrée sur le soin du psychotrauma, au moyen de la méthode EMDR, méthode qui permet de renforcer les ressources de la personne, ses stratégies de résilience et de désensibiliser la part souffrante du sujet, quelle qu’en soit la cause (deuil, agressions…).
Elle a participé aux travaux de rédaction et à la relecture de plusieurs ouvrages scientifiques et littéraires, et donne régulièrement des conférences sur la prise en charge de la crise suicidaire et du psychotrauma.
Dédicace & Remerciements
J’ai écrit ce livre pour mon clan, ces cinq personnes si chères à mon cœur, qui, comme moi, ont subi cette aventure infernale, cette écrasante histoire.
J’ai écrit ce livre pour mes deux merveilleuses filles, qui incarnent le changement, et qui méritent d’être accompagnées par une maman épanouie et joyeuse, détachée et délivrée de son passé toxique.
Je dédicace aussi ce livre à leur papa, qui a vécu ma mutation en direct, et qui a respecté les choix qui en ont découlé.
Je remercie toutes les fées qui m’ont aidée sur le chemin de la guérison et de la résilience, et qui n’ont jamais cessé de croire en moi.
Préambule
J’ai écrit ce livre à la fois pour me libérer d’une histoire sombre, d’un traumatisme mais aussi parce que je désire profondément que la résilience dont j’ai pu faire preuve, soit utile : la mettre à profit pour qu’elle encourage les personnes qui sont confrontées à la souffrance, à trouver la force et à dépasser l’angoisse.
Transmettre un message lumineux : il y a une solution à tout, même quand l’horreur est à son comble.
Je devais répondre à un besoin aussi ou j’avais besoin de répondre à un devoir : celui de rendre hommage à mon papa.
Comme tous les bourreaux, il était également une victime. J’ai compris la victime. Et j’ai voulu sortir du triangle de Karpman. Cet ouvrage est salvateur en ce sens.
Ce livre, c’est une manière noble de pardonner et de respecter mes plus profondes valeurs : la Paix et l’Amour.
Sans ce livre, je ne saurais être libre et sans liberté, sans lâcher-prise, Paix et Amour sont impossibles.
Contexte
Vendredi 27 février 2015
5 h 15.
Il s’est garé sur le bas-côté de l’autoroute. Une aire où se trouvait une borne d’arrêt d’urgence. Il a mis ses warnings. Il a laissé les clés sur le contact et ses affaires à l’intérieur de la Volvo. Téléphone, ordinateur, portefeuille, chéquier, liquide et sa pochette contenant les documents sur lesquels il travaillait et dont il avait besoin pour le rendez-vous où il se rendait. À Montpellier.
Il devait y être à 8 h 30. Partant de Dijon à 5 heures il ne serait pas en retard. Il a passé le péage de Gevrey-Chambertin et il s’est garé là. Assurément.
Il est sorti de la voiture. Il était très tôt. Le jour n’est pas encore levé à 5 h 15 du matin un 27 février. Il a regardé à gauche, se tenant debout devant la portière de la voiture. Deux camions arrivaient. Un sur la file du milieu. Un sur la file de droite. Le camion de la file du milieu a ralenti, voyant les feux de la voiture allumés, et ce par vigilance pour le piéton qui devait se trouver là. Le camion de la file de droite est passé.
Et Pierre a couru, de toutes ses forces, pour taper celui qui arrivait juste après. Le film a défilé très vite. Tous les échecs. Cuisants. L’ambition d’en finir.
Le coup de frein n’a pas suffi. Projeté dix mètres plus loin, tombé sur la tête. Le crâne cassé. Le cerveau mort. Il râlait.
C’est ce que Pierre voulait. Il n’en pouvait plus. Cinq minutes avant, il s’était dit : Game Over.
Pierre, c’était mon père.
6 h 30.
La gendarmerie a appelé le père de Dominique, la compagne de Pierre. Et s’est fait un peu rabrouer. Un suicide violent ne devrait pas gêner le sommeil des seigneurs.
7 heures.
Dominique a appelé la gendarmerie pour l’enguirlander. Il ne fallait pas réveiller son père pour ça. Elle a répété plusieurs fois qu’il n’y avait pourtant rien à signaler de particulier. Ils avaient trouvé un équilibre. Dans leur vie de couple, tout allait bien.
Cependant, elle n’a pas manqué de préciser que Pierre n’avait plus de famille. Puis elle a passé quelques heures à refaire le scénario. Celui qu’elle connaissait par cœur mais qu’elle n’avouerait jamais.
14 heures.
Dominique a enfin pris la peine de prévenir le frère de Pierre, David. Confuse, elle a d’abord expliqué qu’il avait été retrouvé mort sur le bord de la route. Happé par un camion, il aurait eu un accident de la route sur une aire où il devait avoir eu besoin d’une borne d’arrêt d’urgence.
L’enquête montrera ensuite que la voiture était luxueuse et neuve, pleine d’essence, que la borne n’avait pas plus été utilisée que le téléphone portable de Pierre. Aucun problème identifié qui justifiait de s’arrêter de si bon matin, alors qu’il faisait encore nuit et que c’était dangereux.
14 h 30.
David a appelé Alice, la deuxième fille de Pierre. Il ne lui avait pas parlé depuis longtemps. C’était d’autant plus gênant de la recontacter dans ces circonstances. David, troublé, a dit à Alice que son père avait été retrouvé agonisant très tôt sur l’autoroute et qu’il ne connaissait pas encore le contexte précis de son décès. Alice a acquiescé, répétant plusieurs fois « d’accord », compte tenu des relations distendues avec son oncle et de sa propre gêne à elle, de ne pas lui avoir donné de nouvelles plus récemment. Et puis, parce qu’au départ, pour se protéger, elle préférait se dire que l’affaire était donc classée. Enfin.
14 h 32.
Alice a appelé sa mère, Jeanne, première épouse de Pierre, mère de 4 de ses enfants. Pour savoir si David l’avait déjà contactée. Elle a dit non et a immédiatement compris qu’il s’agissait de quelque chose de grave. Alice ne se sentait pas à l’aise du tout, à l’idée de transmettre ces informations-là à l’ensemble de la famille. Jeanne a bien sûr pris le relais. Courageusement. Cheffe de clan qu’elle est.
Alice a quand même tenu à appeler Carole, sa grande sœur. Elle avait l’impression qu’elle se devait de le lui apprendre. Carole a pleuré tout de suite. Fort. Disant que ça ne pouvait pas être vrai. Pas ça.
15 heures.
Guillaume, le père des filles d’Alice, est parti à Saint-Étienne pour récupérer son diplôme. Il venait de se réorienter vers un nouveau métier et validait son année d’études à ce moment-là. Alice s’est retrouvée seule, avec sa fille Coquelicot (5 mois) et sa fille
