Erhalten Sie Zugang zu diesem und mehr als 300000 Büchern ab EUR 5,99 monatlich.
"De 7 à 77 ans", comme on dit. Ce recueil de textes courts s'adresse à tous, et surtout au plus grands dont le regard n'a pas perdu la fraîcheur de l'innocence. Les Nours s'étant retrouvés dans la douceur de leur Tanière, revisitent le monde. "Quand je vous parle de moi, je vous parle de vous", disent-ils aux plus grands, comme aux plus petits. La plume au coin du feu couche sur le papier, jour après jour, la myriade d'histoire courtes dans lesquelles le quotidien de chacun, vu autrement, devient intemporel et universel, faisant du monde ancien un monde nouveau. Dans ce qui semble anodin se trouve bien souvent l'Essentiel avec de surprenants acteurs dont la vie nous échappe. C'est ainsi que l'indispensable Insecte à quatre pattes rondes rencontra la Chenille aux lignes de fer ... Sachez ouvrir les yeux !
Sie lesen das E-Book in den Legimi-Apps auf:
Seitenzahl: 60
Veröffentlichungsjahr: 2018
Das E-Book (TTS) können Sie hören im Abo „Legimi Premium” in Legimi-Apps auf:
LE BONHEUR EST SIMPLICITÉ
DAULOVY
PAÏOLIVE
LA QUÊTE
BALADE GORGES
BISTROT GASTONOMIQUE
FOURMIS
NOURS QUI GROMELLENT
BERNARD
LE SERPENT
COLOMBIER
AMOUR PARTAGÉ
SOUVENIRS D'ENFANCE
CHENILLE AUX LIGNES DE FER
LES GARANTS
LA HAGUE
ELYES
PRIMAIRE OU PRIMITIVE JUNGLE PRIMALE
BIENTÔT NOËL
COLIBRI
Nours se sent si bien.
Moment agréable.
Rien n'était prévu.
Ils cheminaient, un peu au hasard, dans l’Insecte à quatre pattes rondes sur les lignes noires de la nouvelle roche quand, soudain :
Arrêt ici !, et c'était là.
Les Nours savent profiter des instants présents tels qu'ils sont, sans aller chercher plus loin, sans se dire : « Cela pourrait être mieux si … »
Nours sentait que ce devait être dans le secteur. Ils se sont arrêtés sans raison effective, ni même de raison particulière, sur le bord de la ligne noire tout en sachant que ce c’était là, et effectivement, c'était là, l'endroit parfait.
Le repas est simple, des restes de la veille qu’ils ont mis dans le sac à pique-nique, agrémenté de petits desserts, opportunistes, deux bricoles prises à une boulangerie devant laquelle ils sont passés sans l’avoir prévu.
Le Bonheur est simple.
Quand on le veut bien, quand on sait, quand on est prêt à le recevoir, à le respecter, il est partout, ou presque.
Oui, il est en chacun de nous, et pas dans ce que l'on nous dicte.
L'emballage tue ce Bonheur.
Les Nours ne sont pas dans un restaurant cinq étoiles, mais qui pourrait déguster ces desserts anodins comme ils l’on fait, dans un tel endroit ?
Ce restaurant merveilleux dans une clairière au milieu de la forêt montagnarde est composé de plusieurs tables en épicéa massif, pourries, mais oh combien confortables, émergeant d'une prairie naturelle maculée, ponctuée de gentianes et bouses de vaches.
Ils semblent avoir privatisé, cet endroit.
Il n'y a qu’eux.
L’espace est sans barrière, sans mur, sans occultant, sans protection du regard d’autrui, libre, tout simplement.
Ils auraient pu faire l'amour sur place, l'envie ne leur en manquait pas.
Le silence.
A peine quelques bruits de la nature.
La vue porte au loin sur une barrière rocheuse et quelques sommets qui ne sont plus enneigés à cette époque.
Au-dessus de leurs têtes passent quelques planeurs, totalement silencieux.
Le soleil est fort et ils se sont assis à l'abri du vent.
Leurs partages, leur partage, est intense, silencieux.
Les gestes, les regards, …, sentir ta langue sur ma poitrine lécher la mousse au chocolat, …, lécher les lèvres pour récupérer la mousse aux myrtilles …
Que de beaux moments.
N'être qu'un au milieu de rien, du moins rien d’artificiel, de construit, répondant aux normes, respectant les règles.
N’être rien de factice.
Il est clair que rien de tout cela n’eut été possible au milieu du commun, au sein de ce monde fabriqué, préfabriqué, normalisé, formaté, où tant ne se reconnaisse qu'à travers les codes qu'on leur a inculqués, prisonniers d'un système matériel où la valeur et l'importance sont chiffrées.
Oui, rien n'est plus simple que le bonheur car il est ce vers quoi chacun tend naturellement, ce en quoi chacun aspire au fond de lui, sans cesse perturbé, limité, empêché par les soi-disant devoirs de la pression sociale.
Oui, rien n'est plus simple que le Bonheur !
On ne s'y rend pas au hasard.
Petites lignes noires de la nouvelle roche, des pins, des mimosas, et … personne.
Au détour d'un virage, voici FRIGOLET, petit hameau fort isolé dans la nappe arbustive qui couvre uniformément le paysage.
Quelques maisons très anciennes sont réunies le long d’une courte rue étroite qui mène à un semblant de place, si petite qu’elle n’est peut-être qu’un élargissement de la ruelle.
Nous débouchons alors directement sur un chemin de terre accédant à quelques jardins potagers, et un lavoir, LE lavoir !
Il est la source de vie dans cette immensité sauvage où l’eau est rare.
Encore quelques pas et nous découvrons une vue panoramique sur la vallée, jusqu'aux montagnes d'en face, totalement couvertes, elles aussi, de pins, héritage des anciennes mines de charbon.
A l’époque on exploitait les pins pour leur bois qui étayait les galeries.
Très résineux, il résistait au temps et aux intempéries.
Puis, on a arrêté l'exploitation des mines, délaissé les plantations de pins, alors gérées et maîtrisées, et ils ont tout envahi, étouffé les châtaigniers dont les cultures ont, elles aussi, été abandonnées.
L’ouvrage, l’objectif de cette escapade, apparait comme un minuscule point au milieu de l’immensité verte.
Nous reprenons l’Insecte à quatre pates rondes, la ligne noire de la nouvelle roche, passons sur un petit pont au dessus d’un vallat, sec car il n’a presque pas plu depuis assez longtemps.
Fin de la nouvelle roche.
Les pates de l’Insecte s'appuient sur une terre beige, molle, collante.
Nids de poules, ornières, rus où rien ne coule, pierres.
Que ne sommes-nous pas venus en Insecte tout-terrain ?
Réponse simple : Nous n'en avons pas !
Les virages en lacets se succèdent durant toute la descente, au moins un kilomètre, deux sans doute.
Nous apercevons enfin l'ouvrage qui se rapproche, de plus en plus imposant.
L’Insecte posé près du muret en pierres sèches qui borde le chemin et soutient depuis si longtemps une faïsse qui a dû, lorsqu’elle était cultivée, recevoir tant d’efforts et nourrir les habitants du lieu, nous abordons l’ouvrage à pied.
Nous nous engageons alors sur ce témoin du passé qui a supporté si longtemps les Chenilles aux lignes de fer qui transportaient le précieux combustible, concentré d'énergie, de soleil, extrait par la sueur de tant de mineurs de fond au bout des sombres galeries qui parcourent, aujourd'hui encore, le sous-sol.
La Chenille ne passe plus, les lignes de fer ont disparu.
La voie est parfaitement droite et plane, d'un bout à l'autre.
Il n'y a sur le sol plus que de la terre, un peu d'herbe et des flaques d'eau que, main dans la main, nous évitons sans problème.
Autour et devant nous s’ouvre un paysage magnifique, grandiose, tandis que la grisaille du ciel s'éclaircit en laissant toujours plus la chaleur et la lumière nous atteindre.
Que c'est beau, que c’est bon !
C'est notre vie.
Au bout de la voie, revoici le chemin fait d’un mélange de pierres et de terre.
Après le premier virage dans la descente, la construction se présente par son coté ouest.
Nous serpentons en descendant entre les arbres.
Le chemin semble taillé dans la roche sous-jacente à une mince pellicule de sol faite d’humus et sur laquelle l'eau qui quitte les entrailles de la terre par de fins écoulements semblant glisser sur les plaques de pierre qui parsèment, écaillent le flan de la colline.
Lauze, c'est son nom. Cette pierre est la lauze.
Comme l'ardoise, elle se détache en plaques planes de quelques centimètres d’épaisseur et, toujours comme l'ardoise ailleurs, elle servait dans la région à réaliser les couvertures des habitats, les toitures.
On trouve encore de ces très anciennes réalisations, intactes sur de vieilles bâtisses.
Typiques et témoins d'un savoir-faire avec les ressources du lieu, elles nous interpellent sur une question :
