Sauver S. - Inga Rose - E-Book

Sauver S. E-Book

Inga Rose

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Beschreibung

Ils sont trois enfants du même village : Solange, Jacques et Frédéric, frères jumeaux. Les garçons sont épris de la fille, qui vit seule avec sa mère alcoolique. Jacques la demande en mariage, même si elle est enceinte de Maurice, son fiancé qu'elle a quitté pour maltraitance. Solange souffre d'une image négative de soi et ne réussit pas à évoluer, malgré l'amour que son mari témoigne envers elle et son enfant. Il en suit des conflits qui les rendent malheureux. Est-ce qu'ils seront capables de renverser le courant ou est-ce que la situation deviendra irréversible ?

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Seitenzahl: 79

Veröffentlichungsjahr: 2022

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Sommaire

Imprimer 2

Chapitre 1 3

Chapitre 2 6

Chapitre 3 8

Chapitre 4 19

Chapitre 5 32

Chapitre 6 46

Chapitre 7 47

Épilogue 48

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Tous droits pour la distribution sont réservés: par voie de cinéma, de radio ou de télévision, de reproduction photomécanique, de tout support de son, de reproduction même partielle et de supports informatiques.

© 2021 novum maison d’édition

ISBN Version imprimée: 978-3-99107-720-6

ISBN e-book: 978-3-99107-721-3

Relecture: Sébastien Pansart

Photographie de couverture: Punnarong Lotulit | Dreamstime.com

Création de la jaquette: novum maison d’édition

www.novumpublishing.fr

Chapitre 1

Nous étions quatre garçons à la maison. Nous habitions dans le Morbihan, dans une petite commune pas loin de Vannes.

Mon père travaillait à la commune. Ma mère restait à la maison.

Pierre était un homme jovial, bien vu par ses collègues, même si lui, il n’était pas breton. Mes parents avaient construit une des premières maisons dans le nouveau lotissement qui n’était pas habité par les anciens, pour la plus grande partie marins et enfants de marins. Mon père était entré à l’administration après des années de travail sur le terrain. La commune était en plein développement et la mairie avait besoin de dessinateurs et de géomètres pour déterminer les nouvelles implantations. Il devait analyser le terrain, examiner les possibilités pour creuser, faire installer le tout-à-l’égout. Les lots étaient offerts à petit prix.

Il connaissait tout le monde. Il n’était pas exceptionnel qu’il rentre tard avec un sourire un peu bête, parce qu’on lui avait offert l’apéro, à gauche ou à droite. Mon père n’était pas autoritaire, c’était ma mère la chef à la maison. Ce n’était pas rien d’avoir quatre garçons qui n’avaient que quelques années d’écart. Elle lui reprochait souvent de ne pas être assez strict.

« Adrienne, ce ne sont que des enfantillages. Je vais les amener à la pêche samedi. Mon copain va sortir. Il fera beau. Comme ça tu seras tranquille pour la journée. Et dimanche, j’ai prévu d’aller au foot avec eux. »

L’aîné, Alain, était un garçon assez calme, qui se sentait responsable de ses petits frères. Le deuxième, François, était un cancre, il inventait des coups à l’école, qui faisaient rire toute la classe.

Et puis il y avait les jumeaux, Frédéric et moi, Jacques.

C’est François qui fatiguait particulièrement ma mère. Il revenait souvent à la maison avec des notes dans son carnet de correspondance. À la maison, il laissait traîner ses affaires, rentrait avec un pantalon déchiré, perdait ses crayons. À table, il avait la bougeotte, rigolait et faisait rigoler pendant qu’il mâchait la bouche ouverte. Il fallait le pourchasser dans la salle de bains pour qu’il se lave les dents ou prenne une douche. Elle avait beau le réprimander, le priver de dessert, rien n’y faisait. Vers ses 13 ans s’ajoutèrent ses frasques pubères. Un jour, ma mère ramena un martinet à la maison. Tout le monde croyait que c’était pour notre chienne, un jeune Labrador, qui aimait s’évader.

Mon père réagit tout de suite :

« Si tu la tapes quand elle revient, elle va avoir peur de rentrer.

– Pierre, c’est pour ton fils, il me met hors de moi. Que je le réprimande, que je le punisse, il continue sous mon nez.

– Alors je vais m’en occuper, mais je ne veux plus voir cet engin. Il est exclu que tu l’utilises pour corriger les gamins.

– Ben, ma mère, elle avait un martinet pour les garçons, dit-elle d’une voix incertaine.

– Peut-être, mais pas chez moi. »

Nous avions tous assisté à la discussion. Quand il s’en aperçut, mon père nous envoya dans nos chambres.

« Et François, tu viens avec moi. »

Pierre était persuadé que François n’était pas comme les autres gosses. Il en parla au médecin qui lui conseilla de le faire tester. Ceci révéla un TDA : un trouble déficitaire de l’attention.

François devint le jeune le plus attachant et le plus attaché à ses parents. 

Quand nous avions 17 ans, Frédéric mourra dans un accident.

La joie quitta la maison. Ma mère mit le couvert pour lui jusqu’à trois ans après sa mort. Mon père en souffra en silence. Il regardait sans voir. La vie s’arrêta à la maison Mayer.

On nous appelait les inséparables. À l’école, nous faisions tourner l’instit’ en bourrique. Nous nous amusions à faire les clowns.

Ma mère n’aimait pas ces histoires. Mon père avait du mal à rester sérieux. 

Plus tard nous nous partagions les devoirs, Frédéric était fort en langues et faisait deux compositions d’affilée, moi, j’étais plus fort en mathématiques et résolvais tous les exercices. En perdant Frédéric, je dus m’habituer à être seul. Pendant longtemps je vivais des nuits perturbées, et des rêves désagréables. Le fait d’être jeune ne résout pas tout, contrairement à ce qu’on peut penser. La douleur de la séparation m’avait soudain envahi et influençait souvent mes choix.

Alain entama des études techniques. François, l’ingérable, travaillait dans le vert : il entretenait des plantes et des arbres dans la commune. Moi, je fis de la médecine.

Chapitre 2

Petit garçon que j’étais, à 7 ans j’avais une copine, Solange, que je partageais avec mon frère. L’école finie, nous faisions une partie de la route ensemble. C’était une fille taciturne. Elle était jolie, assez petite pour son âge. Elle disait que son père était mort et qu’elle vivait seule avec sa mère.

Dans le quartier où nous habitions, personne n’était riche. Mais chez Solange, il n’y avait même plus de pain à se mettre sous la dent à la fin du mois. Gamins, nous ne pouvions pas imaginer de ne pas pouvoir manger à notre faim. Elle habitait une petite maison de marin dans le vieux village.

Il fallut longtemps avant qu’on sache que la situation était si grave. Un jour, elle nous raconta qu’elle avait faim, et qu’il n’y avait plus un sou dans la boîte. Dès le matin suivant, nous lui avons préparé tous les deux un bout de baguette avant de partir à l’école. Pour 10 heures, disait-on à maman, qui nous regardait faire, étonnée de cet appétit croissant. Solange en mangeait un à la récréation et rangeait soigneusement l’autre pour le repas le soir.

Avec le temps, nous avons réalisé à quel point la mère et la fille avaient du mal à vivre d’une petite pension du gouvernement. Pour des gamins qui n’avaient aucune idée des besoins financiers nécessaires pour se loger, manger, se vêtir, c’était surréaliste. Elle nous confia un jour que sa mère était très régulièrement ivre, que dès l’arrivée de l’allocation, elle allait chercher sa provision de vin rouge. Ce n’était pas exceptionnel qu’elle doive l’aider à se coucher. Sa mère avait arrêté depuis longtemps de faire à manger le soir ; passé cinq heures de l’après-midi, elle n’en était plus capable.

Le moment où il n’y avait plus de sous dans la boîte arrivait toujours trop tôt.

Solange était déléguée aux courses, et comprenait vite qu’elle devait cacher une petite partie chaque fois pour pouvoir finir le mois. Elle n’avait plus vu l’intérieur de la boucherie depuis quelque temps. La viande était trop chère pour son budget. De temps en temps, elle pouvait aller chercher du poisson chez les voisins. Le père était marin, et son fils Maurice allait à l’école du village, comme nous. Maurice se vantait de ne pas avoir besoin de faire ses devoirs, que de toute façon, il serait marin plus tard. Quand le père était en mer, la mère de Maurice invitait parfois Solange à table. Elle mangeait et restait muette, assise entre les cinq garçons. Maurice essayait toujours de faire le mariole. La mère l’arrêtait net avec une gifle.

Solange nous fit jurer de ne rien dire à personne. Ce fut Frédéric qui eut l’idée d’un « serment sacré ». Il dévorait livre après livre et avait lu que les héros se coupaient la main pour mélanger leur sang. C’est Solange qui ramena un petit couteau. Mais quelqu’un nous épia pendant le petit déjeuner et maman vit notre manège.

Après l’école, nous nous cachâmes pour nous couper dans le doigt. Frédéric changea de couleur en voyant le sang et s’évanouit. Quand il reprit ses esprits, nous lui jurâmes que son sang était mélangé aux nôtres. Nous étions liés par le secret.

Après l’école primaire, nous sommes allés au même collège.

Notre amitié a perduré. Nous sommes entrés ensuite au lycée. Solange a arrêté l’école à la fin du collège et a commencé à travailler chez le boulanger. Elle servait les clients. Nous étions toujours d’accord pour aller chercher le pain, ce que ma mère trouvait étonnant.

Nous essayions de la voir régulièrement. Entre nous, il n’y avait aucune jalousie. En dernière année de lycée, Frédéric a eu son accident mortel.

Contre toute attente, j’ai eu mon bac. Et en septembre, j’ai entamé mes études de médecine.

Chapitre 3

Solange est sortie de ma vie pendant six ans. J’étais en fac de médecine à Rennes et je ne rentrais que sporadiquement. L’ambiance à la maison était sombre. Je voulais obtenir mon diplôme le plus vite possible. Je travaillais comme un diable.

Je suis rentré pour la fête du village. Et c’est là que je l’ai revue.

Elle n’avait pas perdu ses jolis traits. Son regard était grave.