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Lindsey Walters est prête à tout pour sauver son fils, même à accepter la mission la plus folle de sa vie : se glisser à bord d’un vaisseau à destination de la terrifiante planète prison extraterrestre connue sous le nom de Colonie et découvrir la vérité sur ce qui est arrivé aux braves soldats terriens.
Un Chasseur d’Evéris, Kiel, a été capturé et torturé par la Ruche avant d’être banni sur la Colonie. Lorsqu’il s’avère que la Ruche est présente sur sa nouvelle patrie, l’existence de Kiel se résume à la Chasse, ne laissant aucune place à l’espoir, ou à l’amour. Mais quand sa marque se réveille et qu’il partage des rêves avec une inconnue, tout change. Lorsqu’il découvre qu’elle est offerte comme récompense dans les arènes de combats brutales de la Colonie, il doit se battre pour elle de toutes ses forces, ou risquer de la perdre au profit d’un autre.
Mais Kiel a beau la revendiquer, la séduire et la faire sienne, Lindsey a des secrets, et des liens dans son cœur, encore plus forts que le désir qu’elle lui porte. Lindsey sait qu’elle doit briser le cœur de Kiel si elle ne veut pas mettre la vie de son enfant en danger. Sa décision de partir chamboulera tout ce que Kiel connaît de l’amour et du chagrin, de la famille et de l’éternité.
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Veröffentlichungsjahr: 2019
Séduction Cyborg: Copyright © 2019 by Grace Goodwin
Tous Droits Réservés. Aucune partie de ce livre ne peut être reproduite ou transmise sous quelque forme ou par quelque moyen que ce soit, électronique ou mécanique, y compris photocopie, enregistrement, tout autre système de stockage et de récupération de données sans permission écrite expresse de l’auteur.
Publié par Grace Goodwin as KSA Publishing Consultants, Inc.
Dessin de couverture 2019 par KSA Publishing Consultants, Inc.
Images/Photo Credit: Deposit Photos: fxquadro, Angela_Harburn
Note de l’éditeur :
Ce livre s’adresse à un public adulte. Les fessées et toutes autres activités sexuelles citées dans cet ouvrage relèvent de la fiction et sont destinées à un public adulte. Elles ne sont ni cautionnées ni encouragées par l’auteur ou l’éditeur.
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Chapitre 1
Chapitre 2
Chapitre 3
Chapitre 4
Chapitre 5
Chapitre 6
Chapitre 7
Chapitre 8
Chapitre 9
Épilogue
Contenu supplémentaire
Le test des mariées
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À propos de Grace
Lindsey Walters, Cale du Vaisseau Terrien Jefferson
Mon cauchemar commençait toujours de la même manière. Le soleil me réchauffait le visage et je ne pouvais m’empêcher de sourire. Mon fils, Wyatt, marchait à mes côtés, sa jolie petite bouille enthousiaste alors que je le conduisais vers son endroit préféré, le parc situé près de notre appartement.
Je portais une robe d’été à rayures jaunes et blanches, que ma mère et Wyatt m’avaient choisie pour la fête des Mères. Son col était orné de pâquerettes jaunes avec des tiges vertes. La petite tête blonde de mon fils m’arrivait à peine à la taille et sa main était chaude et potelée, si petite et si douce dans la mienne.
Son père ne faisait plus partie de ma vie depuis longtemps, un petit ami de la fac qui s’était enfui comme un lâche en entendant le mot enceinte. Ça n’avait pas été une grande perte. Avec lui, le sexe était tiédasse. Pas d’étincelles. Aucun homme n’avait jamais réussi à vraiment me faire prendre mon pied. Je n’avais plus jamais entendu parler de lui et j’avais refusé d’inscrire son nom sur l’extrait de naissance de Wyatt. À mes yeux, ce n’était qu’un donneur de sperme incapable de me faire jouir.
Wyatt était à moi et je ferais n’importe quoi pour lui. Mentir, tromper, voler, tuer. C’était mon bébé aux yeux bleu pâle et aux fossettes qui me faisaient craquer.
Les oiseaux chantaient et une petite brise agitait la cime des arbres. Wyatt leva la tête et me fit un sourire... Mon cœur faillit exploser tant je l’aimais, puis tout changea.
Nous nous trouvions dans la voiture. Un crissement de pneu. Des bris de verre. Mon bébé qui criait, puis pleurait... puis le silence.
Du sang. Partout.
L’hôpital, des murs blancs et des infirmières aux yeux remplis de pitié.
Le petit corps brisé de Wyatt, inconscient dans la salle de réveil, le docteur qui m’expliquait qu’il risquait de perdre sa jambe. De ne plus jamais pouvoir remarcher sans souffrir. De ne jamais courir. De ne jamais rejouer dans le bac à sable qu’il aimait tant.
Mon cœur battait la chamade, comme toujours, mais je connaissais bien ce rêve. Lorsque je regardai alentour, je m’attendais à voir ma mère endormie sur la chaise dans un coin de la chambre d’hôpital de Wyatt, avec des vêtements froissés et des rides marquées autour de ses yeux bleus perçants. Les yeux de Wyatt. Il les tenait d’elle.
Au lieu de la chambre d’hôpital et du regard inquiet de ma mère, c’était un homme qui se tenait derrière moi, ses yeux sombres aussi perdus que les miens.
Ma main se mettait à me brûler et ma drôle de tache de naissance se mit à me gratter comme si j’avais été piquée par une guêpe. Ça faisait mal, mais pas trop. C’était surtout... surprenant.
« Qui es-tu ? » demanda-t-il dans mon rêve, sa voix grave.
Je clignai lentement des yeux et la chambre d’hôpital s’évanouit. Wyatt disparut et il ne resta plus que moi... et lui. Et nom de Dieu, il était canon. Super sexy et j’avais envie de le lécher partout.
Ce rêve-là était beaucoup mieux que celui de l’hôpital, celui que je faisais presque toutes les nuits. Je savais que dans le monde réel, Wyatt était en sécurité dans son lit, que l’accident de voiture avait eu lieu trois mois plus tôt, que ma mère le surveillait en attendant que je puisse rentrer de cette mission dangereuse. Wyatt n’était pas là. Ce n’était pas réel. Rien de tout ça n’était réel.
Mais l’homme se tenait là, immobile, tel un prédateur qui regardait sa proie alors qu’il attendait ma réponse.
« Je suis Lindsey, » dis-je.
Il marcha vers moi dans cet endroit qui n’existait pas. Il n’y avait ni murs, ni sol. C’était comme se tenir dans un épais brouillard, à se regarder. Je restai à ma place alors qu’il se rapprochait, impatiente qu’il me touche, que ce fantasme mis en place par mon esprit stressé suive son cours. J’avais bien besoin d’une pause. Et si j’avais un peu trop regardé Superman et que mon corps voulait m’offrir une version plus sombre et plus sexy de mon superhéros préféré... Eh bien, j’allais en profiter.
Alors qu’il avançait, je dus pencher la tête en arrière et je réalisai qu’il faisait au moins deux mètres, peut-être plus, et qu’il était bâti comme un joueur de football américain. Ses cheveux étaient si bruns qu’ils étaient presque noirs, ses yeux d’un marron profond et séducteurs aussi foncés que mon café préféré, mais avec des paillettes d’or autour des pupilles. Sa peau était olivâtre, lisse et parfaite, un vrai Adonis. Il avait une barbe de trois jours qui, je le savais, me laisserait des marques sur les seins s’il m’y embrassait. Mes tétons durcirent lorsque j’imaginai ses lèvres pleines les sucer. Il portait des bottes noires, un pantalon noir et un tee-shirt noir qui auraient pu venir de n’importe où. Passe-partout, mais je me fichais des détails. Je me fichais de savoir d’où il venait, parce que d’où qu’il soit, il se trouvait dans mon rêve, à présent. Le mien.
Avec lenteur, il me passa une main dans les cheveux, joua avec mes mèches blondes d’un air fasciné. Je m’étais attendu à ce qu’il soit brusque, sa taille trop grande pour autant d’hésitation, mais je m’étais trompée. Il était extrêmement doux. Il était tendre, et sa voix aussi.
« Lindsey. Tu ne peux pas être réelle. »
Je ne pus contenir mon sourire. Pas réelle ? Évidemment. Rien de tout cela n’était réel. Impossible. Mais je sentais la chaleur de sa paume sur mon crâne, qui me picotait presque.
« Quel est ton nom ? demandai-je.
— Kiel. Je suis un Chasseur. »
Un Chasseur ? Eh bien, n’était-ce pas carrément compatible avec mon fantasme de superhéros sexy ? Miam.
« C’est moi que tu viens chasser ? »
Pitié, dis oui. Pitié, pitié, dis oui.
Il pouvait me chasser, me déshabiller, me plaquer contre le mur et me baiser jusqu’à ce que je hurle. Je n’avais jamais eu d’orgasme sans l’aide de mon meilleur ami à piles. Aucun homme ne m’avait touché depuis cinq ans.
Pas depuis Wyatt. Pas depuis le donneur de sperme. Être mère célibataire compliquait ma vie sentimentale. Dès que j’avais un rencard, j’avais l’impression de faire passer des auditions pour un père de substitution et, jusqu’à présent, aucun homme ne s’était montré à la hauteur de Wyatt. Et si j’en avais trouvé un ? Aucun homme n’aurait voulu se retrouver d’un coup avec une famille sur les bras. J’étais trop jeune, vingt-quatre ans seulement, et les types de mon âge s’intéressaient plus au nombre de bières qu’ils pourraient boire le vendredi soir qu’au fait d’emmener un enfant de quatre ans à la maternelle et de lui préparer son déjeuner. J’avais un passé, ce qui me condamnait à dormir toute seule.
Sauf qu’à présent, Kiel me touchait, et j’en voulais plus. J’en mourais d’envie.
Je n’avais pas fait de rêve aussi délicieux depuis... Eh bien, depuis toujours.
Il me dévisageait, ses doigts toujours dans mes cheveux, à caresser mes mèches entre le pouce et l’index comme s’il pouvait me goûter à travers sa peau. Il ferma les yeux, et je dus me faire violence pour ne pas lui toucher le visage, passer la paume sur sa barbe de trois jours. Ses lèvres étaient larges et pulpeuses, et j’avais envie de les toucher, elles aussi.
« Je n’arrive pas à te sentir, » dit-il.
Bizarre. Mais bon, pas grave. Je pris une grande inspiration et goûtai l’air de ce drôle de paysage irréel. Rien. Étrange.
« Moi non plus, je n’arrive pas à te sentir. »
Il ouvrit les yeux et les pointa sur mes lèvres, comme des lasers.
« J’ai envie de t’embrasser. »
Bon sang. Cet homme parfait allait-il me sauter dessus, oui ou non ? Pour un rêve érotique, c’était n’importe quoi. J’avais envie de lui. Tout de suite. Je n’avais pas envie de parler. Il n’avait pas besoin de me dire de quoi il avait envie. Il pouvait prendre ce qu’il voulait, tout simplement. Oh, pitié, il pouvait prendre tout ce qu’il voulait.
S’il ne se mettait pas à me dévorer, j’allais me réveiller avant d’arriver au bon moment. Je voulais qu’il me déshabille. Qu’il m’emplisse de son membre énorme. Que mon corps soit parcouru par des vagues de plaisir alors qu’il enchaînerait les coups de reins plus vite que n’importe quel autre homme.
Mon sexe se contracta et j’eus le souffle coupé. Et puis merde. C’était mon rêve. Je n’avais jamais autant désiré un homme. Jamais. Pas une seule fois. Je n’allais pas gâcher ma chance.
Je levai les mains, les enfouis dans ses cheveux soyeux et le tirai vers moi.
« Arrête de parler et déshabille-toi. »
Bon sang, j’étais une dévergondée, mais j’avais envie de lui. À fond. L’homme du rêve se fichait que je sois célibataire ou mariée, mère ou vierge. Il ne pèserait pas le pour et le contre avant de décider s’il était prêt à prendre en charge un enfant de quatre ans. Avec un peu de chance, il me prendrait bien comme il faut et me laisserait un bon souvenir.
J’écrasai ses lèvres avec les miennes, puis lui sautai dessus et lui passai les jambes autour des hanches. Son érection frottait pile au bon endroit et je poussai un grognement en ondulant contre son pantalon noir et fin. Je savais que j’étais mouillée.
Il se figea sous mon assaut et j’interrompis notre baiser, frustrée. J’allais pleurer. Était-ce encore un cauchemar ? Un nouveau genre de torture mis au point par mon cerveau ? Était-ce ma culpabilité de mère qui atteignait de nouveaux sommets ? De la culpabilité parce que j’avais abandonné mon enfant ? De la culpabilité parce que j’avais pris ce risque. ? De la culpabilité parce que mon fils souffrait, alors que je m’étais sortie de l’accident avec seulement quelques égratignures ?
Je me penchai en avant et posai le front contre sa joue, en ravalant mes larmes. Pourquoi ne bougeait-il pas ? C’était mon rêve, bon sang ! Et dans mon rêve, cet homme sublime me baiserait de toutes ses forces, me ferait crier. Il aurait tellement envie de moi que rien ne pourrait l’arrêter, rien ne se mettrait en travers de son chemin. Il trouverait que j’étais la femme la plus belle et la plus désirable qu’il n’ait jamais vue.
Je gémis, puis poussai un soupir.
« Allez, homme de mes rêves. S’il te plaît. »
Je lui embrassai la joue, puis la mâchoire, et sentis sa barbe drue sur mes lèvres. La frustration s’empara de moi, car je ne pouvais pas le goûter. Pas vraiment. Il était chaud, mais il n’était pas... réel. Je m’en fichais. Ses mains qui se refermaient dans le creux de mes reins paraissaient réelles. Son érection qui frottait contre ma culotte aussi.
« Tu n’es pas réelle, insista-t-il, mais ses mains descendirent pour se refermer sur mes fesses et je gémis alors qu’une vague de chaleur me parcourait le corps.
— C’est important ? » demandai-je en remontant mes lèvres sur son menton, puis sur sa bouche, avant de répondre pour lui. Ce n’est pas important.
À la seconde où je gagnai la lutte, je sentis quelque chose changer en lui. Tout son corps bougea, plein d’une puissance pure. Ses muscles roulèrent sous son tee-shirt et il écrasa ses lèvres sur les miennes, prenant ce que j’avais tant voulu lui donner. Je m’ouvris à son baiser, et sa langue trouva la mienne, pillant ma bouche avec une faim aussi désespérée que la mienne.
Oui. Oui. Oui !
Il me retira ma robe et je ris lorsqu’il déchira ma fine culotte. Je ne portais pas de soutien-gorge, car mes seins menus n’en avaient pas besoin. Avec les autres hommes, je paniquais toujours au moment de me déshabiller. J’étais bizarrement proportionnée, mes hanches et mes fesses larges et rondes, ma taille fine, mais je ne faisais qu’un bonnet A depuis que j’avais mis mon fils au monde. Encore un secret que personne ne vous révélait sur les joies de la maternité : les seins qui rétrécissent.
Mais avec lui, je m’en fichais. Je penchai la tête en arrière et le laissai m’admirer alors que je déchirais son tee-shirt. Quelques instants plus tard, le bout de tissu disparut, tout comme le reste de ses vêtements et je remerciai le dieu des rêves de l’avoir mis à nu. De gros muscles fermes, un physique puissant, des cheveux bruns. Mon Superman. Et puis il y avait son sexe...
Comme je l’avais voulu, il me fit reculer et, soudain, une surface dure et lisse se matérialisa derrière mes épaules, solide, froide et incassable. Une pièce se forma autour de nous et je clignai lentement des yeux, remarquant à peine ce qui nous entourait. Un lit. Une chaise. Très spartiate. Militaire. Pas de coussins ou de tapis au sol. Pas de couleurs, de fleurs ou de tableaux, pas même des motifs sur les draps.
Noir. Gris. Marron.
J’allais faire un commentaire, mais Kiel pencha la tête sur mon sein et je fermai les yeux, lui tirant les cheveux pour qu’il s’approche, qu’il m’en donne plus. Sa main se balada sur mes fesses pour trouver mon antre mouillé et il me pénétra avec deux doigts sans prévenir. Je me cambrai, et je poussai un sifflement face à cette intrusion délicieuse. J’étais serrée, et ses doigts étaient épais. Je sentais tout, chaque mouvement de ses doigts agiles.
Je faillis jouir sur le champ et mon sexe se referma sur lui comme un poing.
« Vas-y, soufflai-je. Baise-moi, nom de Dieu. Baise-moi. »
En quoi m’étais-je transformée ?
Comme s’il s’était retenu tout ce temps et que ses liens s’étaient enfin rompus, il enleva ses doigts, m’agrippa par les hanches pour me placer au-dessus de son sexe et s’immobilisa.
— Où es-tu ?
Hébétée, je me tortillai pour tenter de m’enfoncer sur son membre dur. Pourquoi s’interrompait-il maintenant ? Pourquoi parlait-il ?
« Quoi ? »
Je me tortillai à nouveau, mais il me cloua au mur, son beau torse musclé et ses bras me maintenant en place. Je sentais la chaleur de mon excitation qui enduisait ses doigts sur ma hanche.
« Où es-tu, Lindsey ? » répéta-t-il.
Mon cerveau embrumé n’arrivait pas à comprendre ses mots.
« Je suis en train de rêver. »
Sans déconner. Je penchai la tête en arrière et elle cogna contre le mur alors que je gémissais son nom.
« Kiel, je t’en prie. Vas-y. J’ai envie de toi. Pitié. »
Je le suppliais. Vraiment. Mais je n’avais encore jamais ressenti une chose pareille. Jamais. La marque sur ma main me brûla et il me leva les poignets au-dessus de la tête alors que je m’empalais sur son énorme sexe. J’étais trempée, mais il était si imposant que je poussai une exclamation. Je pleurnichai. J’ondulais des hanches pour le prendre plus en profondeur. Il m’ouvrait, m’emplissait, de plus en plus.
Il poussa un grognement alors qu’il me pénétrait et je levai la tête pour l’embrasser. Mais ce n’était pas moi qu’il regardait, c’était ma main. Il me serra les poignets et passa le doigt sur ma marque de naissance, son contact envoyant des morsures de plaisir droit à mon clitoris, jusqu’à ce que je me cambre en poussant un cri.
Il me donna des coups de boutoir, le visage enfoui dans mon cou comme s’il voulait me renifler, me sentir, emplir ses poumons de mon odeur. Mais il n’en était pas capable. Pas ici. Il n’y avait rien à sentir. Rien à goûter. Je me sentais chérie et trompée, tout à la fois. J’arrivais à sentir l’odeur de mon shampooing préféré, l’odeur de mon sexe humide alors que je le chevauchais. Mais c’est tout. Je ne pouvais pas le sentir lui. Le rêve ne me laissait pas le goûter. Le sentir. Bon sang, j’avais envie de le lécher de la tête aux pieds, de frotter ma joue contre son torse et de me baigner dans son odeur.
Je me demandais comment il sentait. Pins et bois ? Musc ? L’odeur de mon parfum préféré, au gingembre et au teck ?
Il entrelaça nos doigts, un geste étonnant, romantique et si étrange que j’eus peur de me réveiller. Pas maintenant. Pitié, pas maintenant.
« Lindsey. »
Il dit mon nom encore et encore en me mordillant la base du cou. Cette sensation eut raison de moi et je me brisai, le prenant plus profondément, me contractant autour de lui alors qu’il perdait le contrôle et qu’il m’emplissait, sa semence chaude se répandant en moi comme de la lave.
Je parvenais à sentir la chaleur qui enduisait mes parois. Et j’en voulais plus. Ce rêve ne me suffisait pas.
Quelque chose me secoua, et je bougeai, tout mon corps poussé sur le côté.
« Non ! » s’écria Kiel.
Mais il était trop tard. L’heure du rêve était terminée. Quelque chose était en train de m’arriver et il fallait que je me réveille dare-dare.
Je tentai de l’embrasser, de lui dire au revoir, mais il s’évanouit bien trop vite.
J’ouvris lentement les yeux et luttai contre les larmes. Il avait disparu et ça me faisait plus mal que je ne l’aurais pensé. J’étais de nouveau seule. Pas seule dans le sens où je n’avais pas de mari ou de compagnon avec qui partager ma vie. Non, seule, dans le sens où je voyageais dans l’espace, à des années-lumière de mon enfant souffrant. Je m’éloignais davantage de lui à chaque seconde.
Bien sûr, je n’étais pas très stable, émotionnellement parlant. J’étais terrorisée et je devais rassembler tout mon courage pour faire ce que j’avais à faire. Il fallait que j’aide mon fils. Il fallait que j’accomplisse ma mission et que je rentre sur Terre. J’avais eu deux boulots et sacrifié mes études de journalisme pour lui. Et voilà ce que ça m’avait valu. J’étais fauchée. Prête à tout pour aider mon fils. Coincée dans un container à destination d’une planète extraterrestre peuplée par des guerriers sauvages et des tueurs.
N’importe quel rêve valait mieux que ma réalité. Mais Kiel, le Chasseur, m’avait laissé le cœur serré, le sexe en manque. Il m’avait fait ressentir autre chose que de la peur, que du désespoir. Avec lui, je m’étais sentie en sécurité, chérie. Aimée. Il était puissant, assez fort pour que je me repose sur lui, pour qu’il accepte mes besoins et sans m’en vouloir. Pourquoi mon esprit était-il aussi cruel ?
J’examinai l’écran de mon armure de la Flotte de la Coalition. Les conspirateurs terriens m’avaient donné tout ce dont j’aurais besoin, selon eux. Même ma drôle de technologie qui me soulageait de mes besoins pour que je n’aie plus jamais besoin d’aller aux toilettes, tant que je restais à proximité de leurs stations technologiques. Ça, ça avait été l’un des pires « examens » de ma vie. Comme aller chez le gynécologue, mais avec des gadgets aliens insérés dans mon corps. Un frisson glacé me parcourut lorsque je me souvins du regard froid et clinique du médecin alors qu’elle m’enfonçait ce truc pour me préparer à mon voyage.
Allez, il fallait que j’arrête de penser à ça.
Avec un soupir tremblant, je fermai les yeux et tentai de penser à Kiel, tentai de retenir le plaisir qui s’était emparé de mon corps. Mon sexe était chaud et gonflé, les contractions de mon orgasme m’envoyant des secousses dans tout le corps. Ma main me brûlait et je la frottai à travers les gants que je portais, en me demandant si la marque que j’avais sur la peau serait vraiment rouge, ou s’il s’agissait d’une étrange illusion créée par mon esprit pour me torturer.
L’homme de mon rêve avait disparu. Le cauchemar à propos du corps brisé de mon fils avait disparu. Et la réalité ? La réalité, c’était les murs du container de la Flotte de la Coalition. Non, le noir n’était pas complet. Non, je ne suffoquais pas. Je m’étais habituée à l’odeur de terre et d’arbres dans mon coin, où j’avais un fauteuil confortable, fixé au sol. J’avais de la nourriture et de l’eau, de la lumière.
Ce n’était pas l’idéal, mais ils m’avaient donné un médicament pour m’aider à dormir. J’étais calme ‒ trop calme ‒ et quelque chose me disait que ce médicament marchait un peu trop bien. J’avais toujours été très sensible aux médicaments. Ils voulaient sans doute éviter que je pète les plombs en plein milieu du voyage et j’étais d’accord avec eux.
Si je pensais à l’endroit où je me rendais ‒ à ce que j’avais à faire ‒ trop longtemps, je risquais de perdre la tête. Je restais calme, je dormais, je me divertissais avec ma tablette et des films. Ça aurait pu être un parfait week-end glandouille, si je n’avais pas été à bord d’un vaisseau spatial lancé à pleine vitesse.
J’étais enfermée dans ce cube depuis quarante-huit heures. Oui, je portais une armure de camouflage et un casque de la Coalition. Le médecin aux yeux plissés du centre de Préparation de Miami m’avait promis que je pouvais survivre deux semaines avec les réserves d’air et d’énergie de mon armure. Bien plus longtemps que les deux ou trois jours que prenait le voyage.
Mais je n’étais pas sûre de lui faire confiance, à cette garce. J’avais toujours mal à la tête après qu’elle m’avait enfoncé un implant dans le crâne, une Unité de Préparation Neurale, un gadget censé me permettre de comprendre toutes les langues extraterrestres que j’étais susceptible de croiser là où je me rendais. La planète prison connue sous le nom de Colonie.
La Colonie était une sorte de petit secret honteux que personne n’était censé connaître. Certains soldats terriens étaient censés s’y trouver, jetés comme des ordures par notre propre gouvernement. Quelques mois plus tôt, le sénateur Brooks, du Massachusetts, avait été averti que son neveu, un Navy SEAL qui s’était engagé dans la Flotte de la Coalition, était mort dans des circonstances mystérieuses sur cette planète lointaine. Apparemment, le capitaine Brooks avait un frère, qui se battait quelque part.
Le sénateur aimait sa sœur et elle aimait ses fils. La famille Brooks était riche et nombre de ses membres étaient de fiers guerriers et ce, depuis la guerre civile. La mère Brooks avait été furieuse d’apprendre que ses fils s’étaient engagés dans la Flotte de la Coalition. Et à présent, alors que l’un de ses fils se trouvait Dieu sait où dans l’espace et que l’autre était mort dans de drôles de circonstances... Eh bien, elle voulait obtenir des réponses.
Et elle était prête à payer pour ça. À payer. À menacer. À amadouer. À exiger. Elle était prête à faire du mal à mon fils pour découvrir ce qui était arrivé aux siens. Je comprenais la puissance de l’amour maternel. J’avais accepté cette mission pas parce que j’en avais envie, mais parce que refuser causerait d’autres souffrances à Wyatt. Mais si je réussissais, les Brooks paieraient les meilleurs médecins pour opérer mon fils.
Et ils en avaient les moyens.
Tout ce que j’avais à faire, c’était leur apprendre la vérité sur la colonie-prison. Sur la chair contaminée de nos guerriers. Sur ce qui arrivait à nos soldats.
Le capitaine Brooks avait bien servi son pays, puis s’était porté volontaire afin de rejoindre la Coalition et combattre un ennemi mystérieux que personne n’avait jamais vu. La Ruche. Les rumeurs et les suspicions de complots étaient partout. Mais ces créatures étaient censées être des êtres terrifiants tout droit sortis de Star Trek. Des monstres si effrayants que les gouvernements de la Terre avaient accepté d’envoyer des soldats et des épouses à la Coalition pour qu’elle nous protège d’une invasion.
Beaucoup de gens ne croyaient pas en l’existence de la Ruche. Ils pensaient que c’était un complot du gouvernement, une façon de sacrifier des gens à une entité extraterrestre inconnue sans éveiller les soupçons. D’autres pensaient que nos soldats n’étaient rien de plus que de la chair à canon. Les informations qui passaient à la télé étaient vagues. Aucune photo des membres de la Ruche ne fut jamais dévoilée. Il s’agissait simplement de méchants de l’espace, très loin d’ici, des créatures mythiques qui ne pourraient jamais nous faire de mal. Mais le gouvernement ne voulait pas que nous en sachions plus. Les puissants pensaient que si la vérité sur l’ennemi était dévoilée, ce serait la panique. Qu’il y aurait des émeutes. L’anarchie.
Ils voulaient cacher la vérité, pour notre propre bien, semblerait-il.
Je me fichais de tout ça. Tout ce qui m’intéressait, c’était Wyatt et ma mère. Si quelqu’un était prêt à me donner de l’argent pour découvrir la vérité, alors j’irais. La vérité ne m’intéressait pas. Les complots et les théories ne m’intéressaient pas. Ce qui m’intéressait, c’était l’argent que m’apporterait cette mission. L’opération que Wyatt pourrait avoir avec cet argent. Ce qui m’intéressait, c’était de soigner mon fils.
Et si j’échouais ? Eh bien, j’en paierais aussi le prix. Ils lui feraient du mal. Ils tueraient ma mère et tortureraient mon fils. Ils avaient choisi de me cacher les détails jusqu’au moment fatidique.
Mais je les croyais capables de mettre leurs menaces à exécution. Quelque chose dans le regard fanatique de Mme Brooks m’avait donné des frissons. Elle avait perdu ses fils et apparemment, son esprit avait perdu toute morale. Mais il était trop tard pour reculer, à présent. La seule chose sur laquelle il fallait que je me concentre, c’était de rentrer retrouver Wyatt, qui était sans doute en train de dormir sous sa couette Power Rangers avec Ronron, son Tigre en peluche, coincé sous le menton.
Les extraterrestres n’étaient pas ma plus grande peur. Mais le fait que Wyatt ne puisse plus marcher normalement, qu’il soit obligé de regarder les autres petits garçons courir et jouer, sans pouvoir les rejoindre ? Ça lui briserait le cœur et je refusais que mon bébé souffre.
Et les menaces que les Brooks avaient proférées contre lui ? Je ne pouvais même pas y penser ? Je ne pouvais pas me permettre d’échouer.
Je sursautai quand le container bougea et fut soulevé dans les airs par une grue.
Tout se passait exactement comme on me l’avait dit.
