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Destin? Concours de circonstances? Phénomène paranormal? Conspiration gouvernementale? Intervention divine? Diabolique? Extraterrestre? Fruit du hasard? Fruit de la passion? Pistache? Cacahouète? Esquimau glacé? Allez savoir ce qui vous a conduit vers ce livre... Après tout peu importe: vous y êtes. Vous qui cherchiez justement un peu de lecture. Et maintenant, vous aimeriez bien savoir ''de quoi il parle''. C'est bien légitime. Et croyez-moi, je voudrais sincèrement pouvoir vous aider. Mais comment résumer en quelques lignes ces histoires qui n'ont ni queue ni tête? De toute façon, sincèrement, je crois qu'il vaut mieux que vous renonciez à la lecture de cet ouvrage rocambolesque: c'est plus prudent. En tout cas, je vous aurai prévenu! Âme trop confiante; esprit trop curieux... Infortuné lecteur.
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Seitenzahl: 119
Veröffentlichungsjahr: 2018
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Au chien de Philippe
« La meilleure preuve qu'il existe de l'intelligence ailleurs dans l’univers, c'est qu'ils n'ont jamais cherché à entrer en contact avec nous »
Bill Watterson
Introduction
Pandémie
Grives aux pruneaux
Anesthésie
Araignée au plafond
Nos amis extraterrestres
Excuse my French
Mon cul sur la commode
Aventures de Coincoin
Émancipation passagère
Chef-d’œuvre en péril
Grenouille Nobel
Sauvons la planète
Le feu aux fesses
L’affaire de la fourchette à escargots
Un canard dans les WC
Télescopage lunaire
Madame, Mademoiselle, Monsieur, chers Amis, Parents et Alliés, Voisins, Concitoyens, Compatriotes, Enfants de tous pays, Hommes de bonne volonté, Femmes des années 80, Humains, Humanoïdes, Extraterrestres, Citoyens britanniques, Plantes vertes, Eléphants roses, Rosiers grimpants, Lapins de six semaines, Académiciens lubriques, Plombiers pyromanes, Grenouilles à grande gueule, petits Scarabées, Mollusques, Gallinacés, Veaux, Vaches, Cochons, Couvées, Homo-sapiens, Hé-téro-erectus, Artistes Pétomanes, Portugaises ensablées, Cosmonautes syndiqués, Electrons libres, Atomes crochus, Aristocrates à la lanterne, bons Acariens, joyeux Noëls, distingués Confrères, vous qui entamez cette lecture, j’espère sincèrement que vous avez du temps à perdre.
… Mettons que ce soit le cas, puisque vous semblez décidés à poursuivre. N’ayez aucune honte, j’ai moi-même un temps à perdre considérable, comme en témoigne ce qui suit. Quelques précisions cependant, à titre liminaire, puisque j’ai voulu faire le malin avec mon « Introduction » et que maintenant il faut bien que j’y mette quelque chose.
Premièrement, soyez prévenus que ce qui suit n’a ni queue ni tête : amateurs de logique, de rhétorique et de dialectique, abandonnez ici tout nom en "ique". Le seul objet des textes qui suivent est de jouer avec les mots, et de voir jusqu’à quel point il est possible de rendre un texte inepte sans être complètement illisible. Pour ce qui est du jeu, le but est atteint en ce qui me concerne : en les écrivant je me suis bien amusé. Vous amuserez-vous à les lire, cela, Mesdames, Messieurs, Gallinacés de tous pays (non, quand même pas 2 fois dans la même page), cela, donc, est une toute autre affaire. Et je n’entends vous donner aucune garantie sur ce point (pour les réclamations, adressez-vous à mon avocat). Quant au degré d’ineptie atteint, je vous laisse en juger par vous-mêmes…
Deuxièmement (eh oui ne perdons pas le fil), je profite de cette petite introduction pour anticiper la question ressortant le plus fréquemment à la lecture de ces textes : quitte à écrire quelque chose, pourquoi faut-il que ce soit des couillonnades ? J’admets bien volontiers la pertinence indéniable de cette question, et je reconnais bien là votre subtil esprit d’analyse (et votre franc-parler si revigorant). Néanmoins je n’entendais la mentionner ici que pour vous éviter de me la poser, dans la mesure où je n’ai aucune réponse sensée à y apporter.
Troisièmement, et dernièrement (j’abrège les préliminaires, compte tenu de ce qu’il vous reste à endurer) : pour ceux que les préceptes du bouddhisme intéressent, puisqu’il paraît qu’ils sont de plus en plus nombreux, je précise qu’aucun animal n’a été maltraité durant les prises de notes. La souris de mon ordinateur a bénéficié d’un épais tapis en néoprène et d’une alimentation basse-tension équilibrée, aucune puce n’a grillé (à ma connaissance) pendant les séances, et les situations décrites relèvent de la pure fiction (pour les simples d’esprit qui pourraient en douter) (heureux soient-ils, le royaume des cieux leur est ouvert) (mais il ferme à 19h il ne faudrait pas trop tarder). Dans le pire des cas j’ai peut-être écrasé un acarien ou deux par mégarde en pianotant sur les touches de mon clavier, mais là, je n’y suis vraiment pour rien. Ceci dit, autant être honnête, c’est bon pour le karma : pour ce qui est des moustiques et autres insectes indésirables, si je n’ai pas utilisé de bombe insecticide, c’est uniquement parce que celle dont je dispose est périmée depuis 2 ans.
Voilà, pour résumer je vous aurai prévenus, alors maintenant asseyez-vous et taisez-vous ça commence.
***
Un nombre croissant de nos contemporains (à commencer par moi) ont une propension elle aussi croissante à développer une peur phobique des microbes et des virus. Lavez-vous les mains, relavez vous les mains, il restera toujours quelque chose…
Pour l’anecdote, nous noterons que ce genre de phobie est particulièrement navrante en ce qu’elle conduit la personne qui en est atteinte à alterner les périodes où elle est effectivement malade (comme tout un chacun), avec les périodes où elle vit dans la crainte maladive de le devenir, ce qui aboutit finalement à n’être jamais tout à fait d’aplomb ou en d’autres termes, pour reprendre une expression méridionale sympathiquement imagée, à avoir toujours un pet de travers. Mais vous me direz qu’on n’est pas là pour faire des anecdotes, et vous aurez parfaitement raison, comme toujours.
Or donc, compte tenu de cette peur phobique, c’est avec une appréhension toute particulière que beaucoup d’entre nous ont vu s’annoncer la menace très médiatisée d’une pandémie de grippe aviaire en provenance de lointaines contrées extrême-orientales, par un beau matin d’octobre de l’an de grâce 2005 après notre bien-aimé seigneur Jésus Christ (je sais tout ça est un peu grandiloquent mais l’heure est grave), puis régulièrement ensuite au gré des diaboliques mutations de ce virus mystérieux.
Tout d’abord, chers amis, qu’est-ce qu’une pandémie ? La pandémie court plus vite, va plus loin et fait plus de dégâts que la simple épidémie : on pourrait dire, si on voulait frapper les esprits (ce qui n’est pas mon cas, étant adepte de l’écriture non-violente), que la pandémie est à l’épidémie, ce que la bombe atomique est à la bougie d’anniversaire, le tsunami au gargouillis intestinal, ou l’ouragan tropical au vortex de lavabo. Sur un champ de bataille, une pandémie décimerait sans efforts un peloton entier d’épidémies sur-entraînées gavées de stéroïdes anabolisants, et sur un ring de boxe en combat singulier, la pauvre épidémie ne tiendrait pas trois rounds. Bref vous l’aurez compris, une pandémie n’est pas une sinécure, alors croisez les doigts et serrez les fesses où que vous soyez en lisant ces lignes, car personne n’est à l’abri (si vous êtes aux toilettes contentez-vous de croiser les doigts) (ceci dit si vous lisez ma prose aux toilettes je préfère ne pas le savoir) (c’est inadmissible) (en tout cas n’oubliez pas de vous laver les mains).
Quant à la grippe aviaire elle-même, ou « peste du poulet », cet épouvantable et mystérieux virus nous plonge dans des visions de cauchemar, dignes des pires moments des films de série Z américains des années cinquante, dans lesquelles des hordes de poules hirsutes et édentées, l’écume au bec, en proie à la rage et au délire, envahissent les rues au crépuscule pour répandre le terrible fléau et mettre à sac la ville endormie. Vous me direz qu’elle n’avait qu’à pas se coucher si tôt. Bon eh bien arrêtez de me couper sans arrêt, surtout pour dire des inepties, j’aimerais bien avoir cinq minutes pour écrire tranquillement. Donc, la grippe aviaire, contagieuse, virulente et dangereuse comme la peste de sinistre mémoire, dont elle reprend d’ailleurs la dénomination, n’est pas un virus à mettre entre toutes les mains. Et il a fallu qu’elle tombe entre celles de l’animal le plus stupide de la création. Non que j’aie quelque grief que ce soit contre nos amies les poules. Mais il faut bien reconnaître, et cela sans vouloir vexer personne, qu’elles ne risquent pas d’inventer l’imprégnateur positronique à eau gazeuse, ni de remporter la coupe du monde de mots fléchés inter-espèces.
Voilà donc un virus mutant, hautement pathogène, aux mains d’un animal parfaitement stupide, et qui a, de surcroît, toutes les raisons d’être animé des pires intentions à notre égard. Car il ne faudrait tout de même pas oublier quel traitement nous faisons subir à longueur d’années à ces pauvres poules. Retenues en cages depuis leur plus tendre enfance, dans des conditions de détention lamentables, sans eau courante ni électricité, victimes de la surpopulation carcérale et de la promiscuité propices aux épidémies, aux violences et aux pires sévices sexuels, avec pour seule perspective une exécution sommaire pour finir dans un hamburger, une soupe chinoise ou, pour les meilleures d’entre elles, dans la sauteuse en cuivre d’un grand restaurant… Et ne parlons même pas des affreux sacrifices rituels encore en pratique dans nombre d’offices religieux à travers le monde. Bref, nous menons depuis bien trop longtemps la vie dure à ces bestioles, qui ne sont certes pas responsables de leur niveau de Q.I. proche de la courgette, et qui nous rendent cependant quotidiennement bien des services.
C’est pourquoi il est grand temps, à mon sens, que nous engagions une vaste et profonde réflexion sur leurs conditions de détention, et qu’une manifestation claire de repentance, ainsi qu’un travail de mémoire collective, nous permettent de dépasser ensemble les exactions passées, et d’ouvrir une nouvelle ère, une ère de cohabitation pacifique, mutuellement respectueuse, une ère dans laquelle nos amies les poules, nos fidèles compagnons alimentaires, nos camarades de basse-cour, nos « alter-ergots », quasiment nos semblables, pourront nous pardonner nos errements et renoncer à faire usage de leur nouvelle et redoutable arme biologique.
Car j’ai bon espoir, chers lecteurs, chers amis, devrais-je dire chers condisciples ? Espoir qu’un jour toutes les espèces animales et végétales, sur notre bonne vieille terre comme dans l’insondable immensité des mondes restant à découvrir par-delà notre système solaire (à ce propos il serait temps de s’y mettre), apprendront à cohabiter pacifiquement, respectueusement, dans un esprit de collaboration constructive, nonobstant la question sempiternelle, inéluctable, fatidique, essentielle, quasi-mystique, et néanmoins trivialement consubstantielle à notre condition d’organismes vivants et incarnés, de savoir qui va manger qui pour le dîner.
Alors, non seulement nos amies les poules nous tendront la patte sans ressentiment, mais aussi, nos amis les virus accepteront de renoncer à leur guérilla sanguinaire, et il est fort probable qu’en fin de compte, le monde pourra enfin vivre heureux et apaisé. En attendant ce jour de grâce lavez-vous les mains mes amis, de grâce lavez-vous les mains.
***
Pourquoi ne pas profiter de votre dimanche oisif et pour l’instant parfaitement improductif, pour préparer quelques grives aux pruneaux « à la Karloff », ce fameux plat si typique de la Russie éternelle.
Pour les amateurs d’histoire, il faut savoir qu’Igor Karloff, grand-père du fameux Boris, et garde-chasse personnel du tzar Nicolas II, est resté célèbre dans l’histoire de son pays pour avoir abattu le premier zeppelin espion allemand en 1912, qu’il avait pris pour une pintade au cours d’une partie de chasse bien arrosée à Saint Petersburg. Il faut dire que le penchant du vieil Igor pour la vodka, combiné à une myopie sévère et non diagnostiquée, ne lui permettait pas de distinguer un ours polaire à plus de quelques mètres (et encore, par temps clair). Heureusement, vivant dans le centre de Moscou, il n’avait que peu de chances de croiser des ours polaires. Malheureusement, le seul qu’il croisa lui fut fatal. Mais heureusement pour la postérité, il avait pris soin de rédiger sa fameuse recette de grives aux pruneaux la veille de sa rencontre avec Dimitri, l’ours bipolaire échappé du cirque de Moscou.
Bref. La préparation des grives aux pruneaux est assez délicate, mais au final il s’agit d’un plat succulent s’il est bien exécuté. Pour des convives de corpulence et d’appétit moyens, elle requiert deux belles grives par personne. Il est évident que ce que l’on entend par « belle grive » repose sur des considérations esthétiques très subjectives, puisque propres aux canons culturels et aux goûts personnels de chacun. Tel trappeur sibérien trouvera à son goût une grive au plumage blond cendré et à la cuisse alerte, quand tel mineur ukrainien lui préférera des teintes châtain foncé et une croupe étroite et bien dessinée, et tel plombier polonais succombera plutôt aux charmes d’une poitrine opulente et d’un parfum patchouli bon marché. Mais une fois énoncées ces élucubrations de zoophiles, il faut bien revenir à un peu de sens pratique, car n’oublions pas que nous avons une recette à préparer, que les invités arrivent dans une demi-heure et que la table n’est toujours pas mise. Donc nous prendrons des grives blond vénitien aux yeux bleus, bien en chair mais pas grasses, et ceux qui y trouveront à redire seront cordialement invités à aller dîner chez Flunch.
Les pruneaux seront dénoyautés, assez mûrs, pas trop gros, et si possible issus de l’agriculture biologique, car il faut bien reconnaître que ceux issus de l’industrie pétrochimique ont souvent un goût de térébenthine un peu désagréable. L’armagnac nécessaire à la préparation n’aura quant à lui pas plus de dix ans d’âge, ce serait vraiment du gaspillage. Mais ne prenez pas non plus de la piquette, un peu de classe si ça ne vous fait rien. Un V.S.O.P. conviendra très bien. Quant aux légumes d’accompagnement, vous ferez ce que vous voudrez, de toute façon personne n’aime les légumes, et ceux qui prétendent le contraire sont des menteurs pathologiques ou des orthorexiques obsessionnels, qui ne méritent en aucun cas de s’asseoir à votre table. Et entre nous, vous avez déjà assez à faire avec vos problèmes culinaires sans avoir en plus à vous occuper des déséquilibrés.
Bref on bavarde, l’heure tourne et il est temps de fourrer les grives Messieurs-Dames. Considérant la taille respective d’un pruneau et d’un anus de grive, il est fortement recommandé de faire boire un doigt d’armagnac à la pauvre bête avant de
