Sire Concis - Mickael Korvin - E-Book

Sire Concis E-Book

Mickael Korvin

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Beschreibung

Une coupelle messianique venue de la nuit des temps transforme vie d'un brocanteur des Puces de Saint-Ouen en enfer à rallonges.

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Seitenzahl: 139

Veröffentlichungsjahr: 2018

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Du même auteur

Romans

Le Boucher du Vaccarès, et Le Napo

(Éditions Jacqueline Chambon - Actes Sud 1991)

Je, Toro (Éditions Jacqueline Chambon - Actes Sud 1992)

New Age Romance (Les Belles Lettres 1993, Le Serpent à Plumes 2000)

How to Make a Killing on the Internet

(Pegasus Publishers - UK 2001)

Le Jeûne (Parisvibrations.com 2009).

Biorgie (Parisvibrations.com 2010)

Journal d'une cause perdue

(Parisvibrations.com 2012)

L’homme qui se croyait plus beau qu’il n’était (Le Serpent à Plumes 2016) lom qi se croyet plubo qil netet (version en nouvofrancet, langue inventée par l'auteur)

Traductions

Samuel Fuller, Cérébro-Choc, (en collaboration avec Jean-Yves Prate), 1993

Lysander Spooner, Les Vices ne sont pas des crimes, 1993

Tim Winton, Cet oeil, le ciel, [That Eye, The Sky] 1997

Iggy Pop, I Need More, 2000.

Alexandre S. Pouchkine, Journal Secret (1836-1837), 2010

table des matières

prologue:

l’électron originel

un jackpot millénaire

le toast maudit

une excroissance trompeuse

l’amour contrarié

l’alchimiste putréfiante

l'abus de rom

les barbouzes de Dieu

la secte des décirconcis

le yoda israëlien

des enchères d'enfer

le dernier repas

Gardons une place pour notre

inquiétude maintenons quelques îlots

d'angoisse juive

du moins dans la diaspora

comme il y a des parcs protégeant des

espèces

animales ou végétales

menacées par les stupides massacres

des hommes

quelques réserves de féconde et

salutaire angoisse

d'où pourront peut-être jaillir

des explosions prophétiques

dont ce monde a tant besoin.

Friedmann – Fin du peuple juif

prologue

Propulsé par l’explosion du noyau infiniment petit contenant toute chose, l’électron originel traversa le néant à grande vitesse, laissant derrière lui un fil de feu. Cela dura des millions d’années-lumière, au cours desquelles l’univers commença à se former, les astres et les planètes à trouver leur place. Lorsque la particule d’énergie s’écrasa sur une jeune planète sur laquelle existaient des conditions propices à la vie, mu par un désir instinctif de conscience, pendant des millions d’années encore, l’électron originel chercha par tous les moyens à s’ouvrir à son environnement, à en prendre conscience. Après des milliards de tentatives, l’électron originel développa ainsi un pouvoir de télékinésie lui permettant d’interagir avec d’autres électrons, afin de déclencher des reactions chimiques, au début simples, puis en chaîne. Dans le bouillon primordial terrestre, toujours en quête de conscience, il initia ainsi, suite à des milliards d’essais infertiles, l’advenue de la première étincelle de vie cellulaire, et, au bout de millions de tentatives encore, qui donnèrent naissance à autant d'espèces, à une conscience sans limite, qui s’exprima par la bouche du Fils de l’Homme.

L'après-midi du huitième jour, à la troisième heure, l'Enfançon était sur le point d’être circoncis, dans l’étable-même ou il était né. Une coupelle en argent, dans lequel tomberait le prépuce du bébé une fois sectionné, était l’unique objet de valeur ici. Un bon tiers de l'assistance avait un sourire narquois au coin de la bouche et circulaient à voix basse, entrecoupées de ricanements étouffés, des plaisanteries moquant cette naissance soi-disant « miraculeuse », ainsi que la virginité de sa mère, Marie.

- Moi aussi, je suis vierge, chuchota une voix d’homme, provoquant le rire de ses amis.

La lame sénile qui officiait était rouillée, sale, et la main fripée aux ongles noirs qui la tenait tremblait.

Joseph, le père déclaré du nouveau-né observait la scène, d'un oeil inquiet – Puis, d'un geste, le petit bout de peau recouvrant son tout petit gland fut tranché, et tomba dans l’objet rituel. Au contact du sang et de la chair du Verbe Incarné, s’y refléta un rayon de soleil dont l’ombre, sur les manches de deux fourches, forma une croix à la surface d'une meule de paille.

Après la crucifixion du Sauveur, les objets ayant touché à son existence en ce bas-monde, dont l’immense majorité étaient des faux, devinrent bien-entendu sujet de ferveur, et se virent attribuer des pouvoirs divins divers et variés. La Sainte Robe, par exemple, revêtait du Saint Esprit celui qui la touchait. La Lance de la Destinée protégeait l’âme du prosternant. La Couronne d’épines prémunissait des pensées impures. La Croix Véritable montrait le chemin de la Rédemption.

Le Saint Suaire ouvrait les portes du Paradis. Ainsi, la croyance populaire attribuait-elle à la coupelle ayant servi à circoncire le Fils de Dieu la faculté de transformer les mécréants en croyants :

il était dit que quiconque entrait en contact avec elle était ressuscité avec le Christ par la foi. Longtemps jalousement gardées par l'Eglise dans un sous-sol de Rome, à la chute de l’Empire, elles furent disséminées et la Sainte Coupelle s’évanouit sans laisser de trace.

Peu avant l’expulsion des juifs de France au 13e siècle, par Philippe le Bel, une trace administrative, récemment retrouvée dans les archives municipales, fait mention d’une coupelle en argent gravée de lettres hébraïques, confisquée à un arracheur de dents israélite de Toulouse, un certain Moshe Landau. Plusieurs de ses patients lui reprochaient de pratiquer la magie noire, car après s’être rincé la bouche avec l’instrument en question, ils disaient tous avoir souffert de contre-effets 'maléfiques', mais le papier de ce rapport avait pris la pluie et était aux trois-quarts illisible, et, hormis le lettrage retranscrit, correspondant précisément à celui gravé sur l'original, aucune description de l’objet incriminé de sorcellerie, ni poinçon, ni forme. Sainte Coupelle ou non. elle disparut de nouveau.

Une autre Sainte Coupelle émergea en Espagne, au 14e siècle, après l’expulsion des juifs de ce pays: la famine y régnant, un jeune prêtre de Valence, le Padre Emilio Gustavo, allait à dos d’âne, de foyer en foyer pour distribuer, à l'insu de ses supérieurs, une partie des maigres réserves en farine de la cathédrale. A chaque arrêt chez les plus démunis, il piochait dans son sac a l’aide d’une coupelle en argent, marquée de lettres hébraïques, une coupelle dont il ne connaissait ni l’origine, ni la signification des gravures en hébreux. Selon le folklore local, quand les reserves ecclésiastiques en vinrent à leur tour à manquer, la coupelle s’était mise à se remplir de farine seule, ainsi qu’en témoigne, sans toutefois y prêter credit, le registre épiscopal, ne faisant que rapporter le mythe qui circulait. Y était aussi présente une description succincte de cette coupelle, similaire à plus d’un titre à celles de Bethléem et de Toulouse.

En Russie, les cosaques n’aimaient pas non plus beaucoup les juifs en ce violent 16e siècle, et les pogroms pullulaient. C’est ainsi qu’une nuit d’été, d’élégants cavaliers en uniforme, coiffés de fourrure, avaient fondu sur la communauté israélite de Perienska, jetant leurs torches sur les toits de chaume, y sabrant sans pitié les habitants surpris dans leur sommeil. Au milieu des corps ensanglantés et maisons détruites fut retrouvée intacte une coupelle circoncision en argent, unique objet de valeur ayant survécu au feu et au pillage, Une stèle de vingt pieds fut érigée dans le temple reconstruit, pour que cette 'nuit de ruines incandescentes de Perienska' ne s’oublie jamais.

Mais au dix-septième siècle, elle redescendit de ce perchoir, lorsque au décès de son prédécesseur, le hameau accueillit un jeune rabbin, Pichta Goldman, tout frais sorti de yeshiva à Moscou. Celui-ci était habitué aux fastes cérémonieux des grandes synagogues de la capitale, où l'on ne faisait pas dans la demie-mesure pour rendre gloire à Dieu, avec foison d'or et de soie au moindre shabbat. Alors, à sa première circoncision, ne voyait pas pourquoi il continuerait d’utiliser la vieille coupelle d'étain usuelle toute abimée, bonne pour la poubelle, il grimpa sur la stèle à mains nues pour récupérer celle tout là-haut, en argent, dont la signification commémorative s’était quelque peu étiolée avec le temps. Il la fit polir et y fit ajouter de nouvelles gravures, dans les espaces vides autour des lettres anciennes d'origine – sur une face un aigle au-dessus du temple de Jérusalem, sur l'autre un sage et un klezmorim, pour qu'ils bénissent les nouveaux-nés de la communauté du goût du savoir et des arts. Hélas, les premieres plaintes de parents concernant ses circoncisions tombèrent vite: les bébés subissaient ce que le rabbin, dans sa lettre de démission au Consistoire, qualifiait de ‘complications’, sans préciser lesquelles.

Deux siècles encore s’écoulèrent avant qu’une Sainte Coupelle ne refasse surface. Il est conté dans le journal de la famille Orsag, scrupuleusement tenu par Madame, que son mari, le garde-champêtre du village transylvanien de Huyavarod, Bundi Orsag, après que les nazis aient raflé et emmené tous les juifs, en avait ‘trouvé’ une : une coupelle en argent gravée de lettres hébraïques et de dessins, de la taille d'une grosse main. A l'arrivée de l'armée rouge, le couple Orsag fut arrêté et condamné pour collaboration. Dans l’inventaire du butin subtilisé aux victimes de la Shoah qui fut récupéré chez eux, ne figurait aucune coupelle.

Vingt ans après la chute du régime soviétique, fut révélée l’existence d’un centre d’expérimentation secret, dans la banlieue de Saint Pétersbourg, où une centaine de scientifiques avaient travaillé au développement d'une technologie militaire nouvelle, ambitionnant de permettre aux camarades-soldats de ‘marcher sur l’eau’, afin de pouvoir prendre par surprise n'importe quel ennemi. Leurs pistes de recherche incluaient des études sur la flottabilité du corps humain, l’hydro-propulsion, le lavage de cerveau, l’hypnose, les psychotropes, la privation de sommeil... et, en partant de la supposition que Jésus ait vraiment marché sur l'eau, de l’utilisation d’objets réputés lui avoir appartenu : un menu morceau de la Croix Véritable et une coupelle de circoncision en argent gravée de lettres hébraïques. Ne produisant pas les résultats escomptés, ces recherches furent abandonnées, le centre démantelé et son contenu dispersé.

1 Un jackpot millénaire

Donc, un matin, le chineur, espérant, comme toujours, la pêche miraculeuse, s'était levé avant le soleil et, sous le périph', en bordure de la plus grande offre de brocante et d'antiquités du monde - acarien aveugle perdu un tourbillon de poussière – est entré en choc frontal avec ce qui lui était destiné.

Et même si cela lui aura valu d'être «handicapé» à vie, avec le recul, il ne regrette rien.

Lui, c'est moi, Christian Kravitz. 'Kravitz le broc' on m'appelait.

J'avais choisi ce métier et pris cette boutique parce que j'idéalisais – bêtement – les Puces, et également pour y bazarder mes jouets anciens – une collection de toujours, plus tout ce que j'avais ramené de mon emplacement précédent Porte de Vanves. Malgré mon réel intérêt pour les jouets anciens, c'était au départ comme à l'arrivée un domaine dans lequel j'étais relativement néophyte, en expertise des marques, des modèles, des dates de fabrication et des prix.

Alors dans ma boutique régnait le grand n'importe quoi.

Malheureusement, l'époque où j'avais débuté aux Puces, plus personne ne voulait gaspiller son bon argent sur les vieilleries, et sur les jouets anciens encore moins.

Dans le temps, radotaient les vieux de la vieille, on pouvait mettre sa belle-mère sur le trottoir et dans l'heure un touriste américain ou japonais vous l'achetait rubis sur l'ongle. Epoque révolue. Rien à faire, chez moi ne passaient que des pingres, et au goutte-à-goutte en plus... Sauf pour leur jeter un regard distrait, tous se fichaient royalement de mes château-forts, de mes vaisseaux spatiaux, de mes souris sauteuses, et du reste.

Il n'y manquait plus que les cactus et les boules de broussailles poussées par le vent pour que ce qui fût autrefois la cinquième attraction touristique de France, ressemblât à une ville-fantôme du Far-West sauvage... Allais-je me jeter sous les roues de la benne à ordures qui passait ? Non.

Les premières semaines d'automne de la première année, juste après avoir acheté le bail à prix d'or, il y avait bien eu quelques week-ends ensoleillés, avec du monde aux terrasses et dans les allées, au cours desquelles j'avais réussi à refourguer suffisamment de babioles pour payer le loyer, mais cela ne dura guère. Très vite, mes caisses se vidant à vitesse Grand V, je fus conscient de l'erreur monumentale que j'avais faite avec l'acquisition de ce maudit 3-6-9, lequel, en un court semestre, perdit la totalité de sa valeur de revente. Mes innombrables curiosités, aussi extraordinaires fussent-elles, ne faisaient qu'accumuler la poussière, et tout ce bric-à-brac, sans cesse nourri de nouvelles arrivées de marchandise, s'était progressivement transformé en capharnaüm inouï.

J'étais coincé aux Puces, bidonville surchargé, sale et hostile de l'objet de seconde main et de la sous-qualité...

Pourquoi la situation économique avait-elle tellement changé à Saint-Ouen ? Pourquoi ne venaient-ils plus, les oligarques russes, les dignitaires chinois et les files indiennes d'épouses saoudiennes? La crise n'expliquait pas tout. était-ce parce que le quartier avait une réputation de coupe-gorge, où sévissaient pickpockets, braqueurs, arracheurs de sacs et de colliers, et autres bras cassés de la cité HLM et du campement rom, tout proches? Il y avait sans doute un peu de cela.

Cependant certains affirmaient que la fuite en masse du client avait plutôt lien avec la qualité de la marchandise, et que c'était de la faute des antiquaires, devenus trop paresseux pour, comme leurs prédécesseurs, se fatiguer à chasser la trouvaille rare et dénicher la pièce unique. Eh bien moi, après trente-neuf mois à fuir la misère, un matin, comme les anciens autrefois, je l'ai déterré, le trésor valant une fortune !

Nous étions dimanche, il faisait beau et, pour une fois, ça sentait le jour d'affluence. J'étais dans un état d'esprit relativement positif, même si la recette de la veille ne s’était élevé qu’à quarante-deux euros – de plus en plus ruiné, je faisais l'autruche, en me racontant qu'une affaire ne se révèle viable qu'au bout de plusieurs années d'exercice et que la clientèle finirait bien par me trouver.

Mais en vérité, pour m'en sortir, il me fallait un miracle. Oui, un miracle de brocanteur.

Car le but et l’obsession de bon nombre des professionnels qui quadrillaient le périmètre n’était pas de faire un petit bénéfice avec la culbute d'un objet peu onéreux, mais de trouver LE trésor : dénicher la cassette à double-fond cachant moult napoléons, ou le bronze de Giacometti repêché dans la Seine, ou l’assiette de la dynastie Ming, ou la Rolex Oyster au cadran si sale qu’on n’y lit que 'ole Oy', ou l’édition originale du premier album de Tintin avec une gribouille au stylo signée Hergé en troisième de couverture, ou pourquoi pas le Picasso mépris pour une étude de lycéen.

Eh bien, je n’allais pas tarder à le toucher, moi, le gros lot que tous recherchaient ! Chaque matin, après avoir garé ma voiture, en faisant le trajet vers la boutique, je passais donc par le marché gitan, le fameux marché aux voleurs, sous le périphérique, où tout était soit de la cambriole, soit direct sorti de la poubelle, et où tout se vendait pour une bouchée de pain - - parfois même de vraies antiquités, plus ou moins précieuses, cachées parmi les ordinateurs qui ne marchaient plus, les produits sanitaires éventés, (souvent estampillés Secours populaire) ; les copies bon marché de lunettes de soleil, de sacs-à-main, et de chaussures de sport de marques. J'y dépensais vingt à quarante euros, au marché-aux-voleurs, avant même de gagner mon premier centime de la journée.

Près des pentes herbues, parsemées de papiers gras et infestées de rats, avait lieu ma visite obligatoire à la bande étroite des déballeurs, sous le pont de périphérique et dans les vastes squares arborés alentour, les sans-dents, les sans domicile fixe, les sans éducation, les sans pays, après avoir éventré les sacs-poubelle d’île de France entière pendant la semaine, revendaient tout ce qu'il y avait d'à-peu-près potable ici-même, le week-end.

Des roms, des maghrébins, des africains, des asiatiques et toute la misère des pays sous-développés du monde ; des hommes aux visages sales et fatigués, en guenilles. Ils étaient tous là, aux marché-aux-voleurs, avec leurs femmes usées par les grossesses à répétition et leurs ribambelles d'enfants.

Tout la France de la diversité dans sa version la moins sexy, encerclée de gros requins blancs, tournoyant un peu partout dans ce Monopoly du pauvre, avec l'appétit d'obèses dans un buffet illimité. Ca gueulait, ça s'engueulait, ça ramenait sa gueule. Les crasseux gamins aux pieds nus, pour une petite pièce, leur faisaient partager à chaque tentative de vente leur désolation et infortune, proposant leurs trouvailles de poubelles sur des draps souillés, étalés parterre, lesquels composaient, vus de loin, un patchwork géant de la détresse et du recyclage.

Je déambulais à toute vitesse parmi les îlots de fripes arc-en-ciel et d'objets en fin de vie, mon oeil hyper-entraîné de chineur de classe internationale aux aguets, quand soudain, alors que j'étais en train de jauger le Camerounais qui essayait de me refiler un dessin d'Ornithorynque supposément début 19ème, un bref reflet étincelant attira mon attention. Je me retournai, non pas à la vitesse du prédateur affamé, mais plutôt avec la lenteur calculée de l'Ornithorynque ayant humé le plat préféré des Ornithorynque, et sachant instinctivement que c'est à portée de bec.