Sniff le snuff - Oscar Letho - E-Book

Sniff le snuff E-Book

Oscar Letho

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Beschreibung

Elke, jeune parisienne extravertie et “diva”, s’initie malgré elle à l’univers du X. Ingénue et insupportable, la volubile jeune femme vous embarque et vous en fait voir de toutes les couleurs. Avant de se lancer dans le roman policier avec « les Épines anonymes », Oscar Letho a écrit cette première nouvelle, mélange d’audace crue et d’absurdités comiques, dans un cocktail tonique et revigorant.

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Seitenzahl: 34

Veröffentlichungsjahr: 2014

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Sniff le snuff

Oscar Letho

Quelques clients tournèrent la tête au Véronèse, café situé au carrefour Vavin, quand la porte s’ouvrit à la volée. Énergique hérisson rose-fuchsia, je venais d’entrer.

Je tourne et virevolte dans ma petite jupe aveuglante. Ils m’admirent tous. Je cherche Damien et j’en profite pour sourire à tout le café, mon beau sourire étiré. Un jeune homme me le rend. Mes yeux se posent sur lui puis reprennent leur envol. Hi, hi, hi ! J’avance vers le fond et découvre enfin Damien. Je pousse un glapissement de joie et me jette sur lui, petit bonhomme tout enfoncé dans sa banquette. Une caméra est posée à côté de lui. Je m’assois avec grand bruit pour me relever aussitôt, faisant tomber ma chaise sous le poids du sac que je viens d’y accrocher. Des gens se retournent en sursautant. Je me penche vers lui, le bise et même lui vole un smack qu’il essuie d’un air dégoûté. Redressant ma chaise, je me repose un millième de temps. Mais mes fourmis dans les jambes me relèvent et m’entraînent vers le bar pour passer, attendre et payer ma commande. Là, enfin satisfaite, je reviens ma bière à la main et vais pour me rasseoir sur la chaise, j’hésite et finalement je choisis de me coller à Damien sur la banquette. Au passage, je cogne la caméra qui oscille dangereusement.

– C’est elle ! Elle est belle ! Je peux la prendre ?

– Puisque tu ne l’as pas fait tomber, prends-la !

– Waouh ! Elle est lourde. Oups ! Mon dieu, j’ai failli la lâcher… Tu devrais voir ta tête ! Eh ! Je blague, enfin !

Sérieuse, je repose la caméra et la caresse. Je me redresse avec un soupir et prends mon verre. Je bois goulûment et des moustaches blanches s’impriment sur ma lèvre supérieure. Je souris et crie très discrètement :

– Et comme ça, je te plais mieux ! (puis je chuchote rauque)… Je fais assez viril… Tu aimes les moustachus… (et je dérape dans les aiguës) à la voix de fausset !

J’éclate de mon rire de gorge inimitable, en tapant sur la table du plat de la main. Damien, comme à son habitude, émet un rire crispé.

– Arrête, Elke, tout le monde nous regarde.

– J’aime ça. Tu le sais bien. Allez, rigole !

Il est trognon. Je lui ébouriffe affectueusement les cheveux. Puis je recoiffe les miens, aiguilles de 15 cm, à la punk, en m’admirant dans la glace. Je suis coquette. Je finis ma bière et claque des doigts pour appeler le serveur. Il vient en grimaçant, mécontent de la façon dont je lui ai fait signe. Les gens sont d’un susceptible. Il faut toujours faire attention à eux. Je le déride en imitant sa moue boudeuse et en fronçant les sourcils. Puis, je ris bruyamment (toujours de mon rire rauque inimitable), j’ai réussi, je lui ai arraché un sourire. Il repart en sautillant tout plein et revient prestement avec ma bière (allez ! allez ! j’ai failli attendre). Une fois le garçon reparti, enfin ! (il a tenu à me dire des compliments), je farfouille dans ma super grande sacoche et sors le petit bout de papier découpé ce matin : l’Annonce. Je la brandis triomphalement sous le nez de Damien.

– Tintin ! J’ai trouvé du boulot. « Urgent ! Recherche cameraman expérimenté, aimant les sensations, ouvert d’esprit et disponible de suite. » J’ai rendez-vous à quatre heures… (je louche sur ma montre.) J’ai donc une heure pour maîtriser ta caméra. J’ai de l’expérience, je savais me servir de la super 8 de mon grand-père, c’est la taille au-dessus, voilà tout.

Je sais, je simplifie, mais les gens y croient et me font presque confiance, eux aussi.

– Bon, on s’y met sans perdre de temps, attaque Damien. Essaye de te contenir 3 minutes, s’il te plaît.

Entre les bières, Damien me montre comment la tenir, comment faire les réglages, la mise au point, zoom avant, plan large… Fastoche, mais je dois quand même me concentrer, et pendant un quart d’heure, le café reprend son souffle.

– OK ! J’y suis. Faut que je m’entraîne !