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Lui est militaire et macho. Elle, ambitieuse et déterminée. Quand les opposés s’attirent, l’étincelle devient inévitable...
Renye est une jeune femme ambitieuse au caractère bien trempé, et Aaron, un militaire de carrière aux principes machos. Rien ne les prédestinait à se rencontrer, mais le destin a décidé de jouer avec eux. Entre attirance explosive, malentendus, jalousies et douleurs du passé, Renye et Aaron devront affronter leurs différences et leurs propres démons. Leur relation, pleine de passion et de conflits, pourrait-elle survivre aux interdits et aux épreuves qui se dressent sur leur chemin ?
Plongez dans cette romance sulfureuse où les opposés s’attirent et se déchirent, là où les interdits attisent un désir irrépressible.
EXTRAIT
Elle me lâche la main pour retourner auprès de ses amis. Moi, je reste planté là avec Taylor, ma main toujours levée. Qu’est-ce qui m’arrive ? Je suis militaire. Je ne m’attache pas. La soirée avance, je la regarde en douce. Quand j’entends Taylor et Leth rigoler, je me retourne pour les regarder. Je les vois me fixer tout en regardant derrière moi. — C’est bon les gars, vous avez assez rigolé. On remballe et on rentre. Demain, c’est le grand jour, leur dis-je. Mes cinq compères me font « oui » de la tête, nous nous dirigeons vers le Colonel pour le remercier ainsi que Mme Cooper. Puis nous avançons vers le 4x4 quand une petite voix m’appelle. — Aaron, dit-elle essoufflée. — Quoi ? lui dis-je sèchement. — Je peux te parler deux secondes ? Je regarde les mecs qui me font signe d’y aller et qu’ils vont m’attendre. Étant sur la réserve, je lui dis : — Dépêche-toi, mes collègues m’attendent. Mais elle ne me parle pas. Elle se précipite vers moi et pose ses lèvres sur les miennes. Sans attendre, je la plaque contre moi pour approfondir ce baiser qui m’électrise sur place. Putain ! Mais, je fais quoi là ? NON ! Je la repousse et me dépêche de retourner à la voiture. Je la démarre sans regarder derrière moi, sinon je ne pourrai plus partir.
À PROPOS DE L'AUTEURE
Tsylia A. est une femme mariée et maman au foyer, anciennement hôtesse de caisse. Après la naissance de son troisième fils, elle a consacré dix années à élever ses quatre garçons. Lectrice passionnée depuis l’âge de 11 ans, elle a décidé de franchir le pas vers l’écriture, encouragée par des amies auteures. Inspirée par la new romance et la bit-lit, Tsylia donne vie à des histoires intenses et captivantes qui reflètent sa passion pour la lecture.
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Seitenzahl: 248
Veröffentlichungsjahr: 2019
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SOULS DESTINY
Tsylia.A
RomanceEditions « Arts En Mots »Illustration graphique : © Val
Prologue
Enfant de militaire, il n’était pas facile de se faire des amis, quand tous les ans, vous déménagiez pour le travail de votre père.
Un jour, maman a voulu de la stabilité pour mes deux frères et moi. Alors, avec son fort caractère, elle a su imposer sa volonté au Colonel Cooper, mon paternel. Lui pouvait partir en déplacement. Mais, nous, il devait nous installer dans une jolie petite maison dans le sud de la France. Comme disait maman : « s'il faut apprendre à vivre sans son âme sœur autant le faire au soleil ». Elle disait qu’il réchaufferait son cœur en l’absence du colonel. Papa a cédé et nous nous sommes installés à Aix-en-Provence. Nous pouvions, enfin, nous poser et qui sait nous faire des amis, des vrais. J'avais beau adorer Dan et Enzo, mes frères, j’avais besoin de voir et de parler à d’autres personnes, surtout de mon âge. J'ai pu reprendre une vie sociale au collège. La première année a été un petit peu difficile pour moi. Quand on est fille de militaire, on se forge un sacré caractère, et encore plus avec deux frères. On apprend à rester l’aînée et à ne pas se faire marcher sur les pieds. Maman a été plusieurs fois convoquée à cause de mes bagarres avec les mecs. Ils se comportaient comme des hommes de Cro-Magnon. Désolée ! Mais, les filles ne sont pas des choses. Du coup, je suis devenue leur garde du corps. Merci colonel ! Cela ne plaisait pas à tout le monde. Surtout aux parents de ces garçons, parce qu’ils avaient honte que leurs enfants se fassent battre par une fille.
En quatrième, j'ai enfin eu ma première vraie amie, ma Sophie, de son surnom ma licorne. Elle a su voir en moi autre chose qu'un garçon manqué. Elle a réussi à me sortir un peu de cet univers masculin, même si maman avait essayé désespérément à plusieurs reprises. La pauvre ! Quand j’y repense, elle avait trois garçons à la maison. Ma licorne et moi, nous ne nous sommes plus quittées depuis cette fameuse année. Quelque temps plus tard, après avoir fait les quatre cents coups ensemble, notre petit groupe est passé de deux à quatre. Nanie et Stan, nous ont rejoints en première. Stan était dans ma classe. Je vous laisse deviner la filière que j’ai prise. Une seule fille dans une salle de vingt-neuf élèves du genre masculin. Et, oui ! Vous l'avez compris. J’ai fait un bac de mec, j'ai pris STI génie électrotechnique. Nanie, elle était dans la classe de Sophie. Elles ont pris une filière plus féminine : une première STT comptabilité. Nous nous sommes tous très bien entendus, Stan est rapidement devenu mon meilleur ami. Il avait le béguin pour Nanie. Mais cela lui est vite passé.
Chapitre 1
RENYE
Aujourd’hui, j’ai enfin le bac en poche. Nous décidons d'aller le fêter dans une boîte de nuit « Le Mistral ». Il porte super bien son nom. Sophie veut que, pour une fois, je sois une femme à l’occasion de cette soirée. Et non un maton ! Ma licorne me trouve trop masculine par moments. Alors, dans l’après-midi, elle m'a traînée avec Nanie dans tous les magasins pour me trouver selon ses termes « la robe parfaite ». J’ai réussi à négocier tant bien que mal pour les chaussures. Moi, les talons, non merci ! Elles m’ont choisi une robe moulante, bleu roi, ma couleur préférée. J’ai pris des ballerines à leur grand désespoir.
Arrivées à la maison, je vous le donne en mille. Maman nous attend pour qu’on lui montre « THE trouvaille ». Quand Sophie lui présente la robe, des larmes emplissent ses yeux. Du coup, elle se propose d'aider mes amies avec mon maquillage. La bonne blague ! Trois contre un. C’est perdu d'avance. Bien sûr, mes frères sont pliés en deux, un fou rire à ne plus s’arrêter. Bande de traîtres ! Vous allez me le payer.
— Alors, Mme Cooper que pensez-vous de la robe ? lui demande Sophie.
— Magnifique, ma belle ! Mais, pour le maquillage, c'est un ravalement qu'on va devoir lui faire afin qu'elle soit à la hauteur de cette robe, annonce-t-elle.
— D'abord, elle a besoin d’un masque soin de visage, obligé ! Puis, …, é-pi-la-tion ! dit Nanie en forçant sur chaque syllabe.
— Non, non, non ! Les filles pas d’épilation, ça fait mal ! m’affolé-je.
— Chuuut Sweety ! Tu n'as rien à dire. Regarde-toi ! Ce n’est pas joli, joli, tout ça ! me souffle maman.
— On en a pour au moins trois heures, déclare Sophie tout sourire
— Quoi ? Trois heures. Mais, vous rigolez les filles. Vous voulez ma mort ! C'est bien ça ?
Toutes les trois éclatent de rire et se mettent au travail. La séance n'a pas duré autant qu’elles le dit mais une éternité. Tiens ! Cela me fait penser au livre que je lis en ce moment « une éternité à tes côtés ». Même si les deux histoires ne se ressemblent pas du tout, ris-je. Ce que je n'ai pas compris c'est que la virée shopping n’est pas que pour la soirée en boîte mais aussi, parce que quelqu’un était venu me voir. Quand je descends les escaliers une surprise m’attend en bas. Tant pis pour le maquillage maman le refera après. C'est de sa faute ! me dis-je. Mon père est là, devant moi. Il est rentré de son déplacement spécialement pour moi afin de me féliciter en personne pour l'obtention de mon diplôme. On ne l'a pas vu depuis deux ans et oui, les permes ne sont pas trop accordées, quand ils sont en mission à l’étranger. Il faut de bonnes raisons. Après avoir lâché le colonel, celui-ci essuie mes larmes, me regarde en me disant :
— Qui est cette merveilleuse femme devant moi ? Il ne se peut pas que ce soit ma Sweetheart ? Ma Sweety, à moi ?
— Bah, si ! C'est moi, papa ! Déguisée en fille, beurk ! lui dis-je avec un petit sourire gêné.
— Ne dis pas ça, Sweety, tu es magnifique. Alors, tu vas en boîte de nuit avec tes amis et tes deux frères ? J’espère que tu t'amuseras bien.
Venant de mon père, il se pourrait qu’il y ait un sous-entendu étant donné qu’il sait que j’aime me bagarrer. Mais, en robe, cela ne sera pas facile.
— Non mais je ne vais pas y aller tout de suite. Je vais te tenir un peu compagnie, papa. Tu viens tout juste d’arriver, lui dis-je. Alors comment s’est passée ta mission ? Tu étais à Tahiti ?
— Oui, ma puce, dit mon père. On a aidé à reconstruire un orphelinat après les catastrophes naturelles qui leur sont tombées dessus.
J’adore quand mon père me parle de son travail. Pour l’instant, ce ne sont que des missions humanitaires. Parfais, on lit dans ses yeux la misère qu’il y voit là-bas. Cela me fait mal, c’est la raison pour laquelle j’aime le rendre heureux et fier de moi, quand il rentre à la maison. Savoir qu’il a demandé spécialement une perme pour moi représente beaucoup à mes yeux. Je le serre dans mes bras. J’ai beau avoir dix-huit ans, un câlin, quand on n'a pas vu son père depuis longtemps, ça fait du bien.
Quand tout à coup j’entends :
— Bon, dit Sophie, ce n’est pas que je m’ennuie mais on doit y aller. On a Stan à récupérer.
Je la regarde et lui fais « oui » de la tête.
— Colonel, contente de vous avoir revu. Mme Cooper, je vous vole Renye et vous la ramène demain matin. En un seul morceau, j’espère. Bonne soirée ! dit-elle.
Mes parents lui sourient et m’embrassent en me disant qu’ils sont fiers de moi. Nous voilà donc répartis dans deux voitures : dans la première, Nanie, Enzo et Stan y seront quand on l'aura récupéré, dans la deuxième Sophie, Dan et moi y sont installés. Connaissant bien le patron de la boîte de nuit, nous passons devant tout le monde. Encore une fois, merci au Colonel ! Monsieur Carter a travaillé avec mon père avant sa retraite forcée. Il a racheté la discothèque et a créé sa propre société de vigiles. Le côté militaire est toujours présent et cela se voit avec ses employés. Plusieurs fois, il m'a dit que le jour où j'aurai mon diplôme, il me prendrait sous son aile et me garderait une place parmi ses vigiles. C’est gentil de sa part. Cependant, le coté militaire n’est pas pour moi et je n'ai pas la carrure pour. Je veux suivre ma propre voix. Je ne me vois pas pour l’instant suivre les traces de mon père. Mon but maintenant est d’y arriver par moi-même.
Arrivés à l’intérieur du Mistral, monsieur Carter nous accueille avec un grand sourire en nous disant :
— Ah ! mes bacheliers préférés, vous êtes arrivés ! J’espère que vous allez bien ? nous demande-t-il. Alors, Renye, ça y est ! Tu es venue me déposer ta candidature ?
— Bonsoir, Mr Carter. Désolée, ma réponse est toujours non. Nous venons juste faire la fête. Mais, merci quand même. Si rien ne m’intéresse, je reviendrai vers vous, lui réponds-je avec un grand sourire.
— Amusez-vous bien les jeunes ! Pas trop de bêtises. Nous conseille-t-il avec un clin d'œil. La première tournée est pour moi, Sweety.
Nous partons vers notre table et, avant de m’asseoir, j’envoie un baiser de la main à Mr Carter. Une fois assis, un seau à champagne et six flûtes nous sont déposés. Il y va fort ce soir. Je le cherche du regard et lui articule un « merci » auquel il me répond par un « de rien » que je lis sur ses lèvres. J’adore ce mec. À vrai dire, je le considère comme l'oncle que je n’ai jamais eu.
La fête bat son plein, la salle est remplie, les jeux de lumière sont magnifiques. Le clou de la soirée c’est la mousse. Quand le DJ a lancé la machine, tout le monde était aux anges. Le patron nous gâte ce soir. Sophie et moi décidons d'aller danser, mes frères ont disparu. Je suis sûre qu'ils sont dans un coin avec leurs conquêtes de la soirée. Stan et Nanie, eux, attendent selon leurs termes de la « vraie musique ». Qu’est-ce qu’ils entendent par ces termes ? Je ne crois pas avoir vu à la télévision ou entendu que ce soit de mauvais sur David Guetta. Si lui ne met pas de vrais musiques alors qu’est-ce que c’est.
Dégoulinante de sueur et fatiguée, je dis au groupe qui s’est reformé que je vais m'asseoir. J'ai trop chaud avec cette robe, qui me sert de seconde peau et la mousse n’aide pas non plus. De retour à notre table, je prends du Champagne pour me rafraîchir. Puis, je commence à regarder autour de moi. Presque tous les bacheliers sont présents, ce soir. Heureux que l’année scolaire soit finie. Une nouvelle vie commence pour nous. Mais, avant tout, on laisse place à la fête car nous sommes diplômés.
Plus tard dans la soirée, une sensation bizarre m’incite à regarder de nouveau autour de moi. Un frisson désagréable monte le long de ma colonne vertébrale. En général, c'est mauvais signe. Le colonel dit toujours que c’est signe de bagarre. Quand, soudain, mon regarde se pose sur un groupe de six mecs, enfin, hommes. Ils n'ont pas le même âge que nous, beaucoup plus vieux. On dirait des sextuplés, tous grands, environ un mètre quatre-vingts, un mètre quatre-vingt-dix, de vraies armoires à glaces. Même les vigiles de Carter à côté ressemblent à des chatons. Ils ne passent pas inaperçus. D'un même mouvement, ils repèrent une table vide et s’y dirigent. Je suis complètement envoutée, médusée par leurs carrures. Avec leur allure, on ne peut pas les confondre avec des étudiants. Je dirai plutôt que ce sont des EOR (officiers de réserve). Mais vu leur musculature, je pense qu’ils sont plus vieux donc des militaires en permissions qui eux aussi veulent se changer les idées. Après tout ce qu’ils vivent, c'est normal. Les pauvres, la boîte est remplie de midinettes. Une fois sortie de ma rêverie, il faut dire qu’ils ont de quoi nous faire rêver avec leurs gueules d’ange dans un corps de diable bien monté. Oh !!! Renye, on se calme là ! Tu n'es pas une de ces nanas qui sautent sur n'importe quoi. Je m’aperçois que l'un d'entre eux me fixe à son tour, un regard bestial qui pourrait vous tuer sur place, une soif de quelque chose mais aussi de la rage. Pourquoi me regarde-t-il comme ça ? On se connait ? Non, je ne crois pas. Cela ne s'oublie pas un mec comme lui. Il veut quoi ? Que je lui dise ma façon de penser. À moins qu’il veuille que je la lui montre. Non, non, non Renye ! Tu deviens bizarre là. S’il croit m'impressionner avec sa carrure à la Rambo, son mètre quatre-vingt-dix et ses cent kilos de muscles, c'est loupé ! Il m'en faut plus. À moins, qu’il pense que je suis une proie qui a peur. Là aussi, c'est raté mon gars ! Je suis fille de militaire, rien ne me fait peur. Je commence à me lever pour aller dire à Mister gonflette le fond de ma pensée, quand Sophie surgit devant moi me stoppant dans mon élan pour me dire :
— Tu le connais ce super mâle ? On dirait qu’il veut te dévorer. Le pauvre, s’il savait qu’il ne faut surtout pas te voir comme une proie pour avoir sa chance. Il aurait peut-être fait autrement. Tu n'es pas un jouet, tu serais plutôt le joueur. Enfin, la joueuse ! Mais, du coup, te regarderait-il comme il le fait ? Femme fatale ! rigola-t-elle.
— Sophie, arrête de dire n'importe quoi ! Il ne me dévore pas des yeux, là. Il me cherche. Quand t’es arrivée, je partais lui dire ma façon de penser. J'éclate de rire car cela fait longtemps que je n’ai pas eu cette envie de tarter un mec.
Ma licorne éclate de rire en me disant que je ne connais vraiment rien aux mec. Mais, bon, elle réussit à me changer les idées. Une fois calmée, je regarde de nouveau dans sa direction. Il n’est plus là. Dommage, j'aurai bien joué son jeu pour voir qui de nous deux aurait baissé les yeux. Même le colonel perd à ce jeu avec moi, j'ai appris avec un super professeur.
Sophie tape dans ses mains pour me sortir de mes rêves et me dit :
— Renye, tu m’écoutes nom d'un chien ? Ou es-tu partie ? Avec ce beau et ténébreux mâle ?
J’éclate de rire. Si elle savait tout ce qui se passe dans ma tête, elle ne dirait pas cela deux fois. Des questions tournent dans ma cabosse. Qui est-il ? Pourquoi me fixait-il comme ça ? Quelle est cette sensation qui me perturbe ? Pourquoi ai-je ces images de lui dans ma tête ? Merde ! Je suis perdue, vu qu’il me hante déjà. Allez, Renye ! Ce mec, tu ne le reverras pas ! Ne fais pas une fixette dessus. Il avait quelque chose d’attractif, de dangereux. Jamais quelqu’un n’avait réussi à me faire sortir de ma bulle. Mais, lui, il m’intrigue. Il me donne envie d’en savoir plus, d’explorer cette part d'ombre en lui
Chapitre 2
Aaron
Putain ! On a une perme de trois jours grâce au Colonel COOPER qui voulait voir sa fille pour l’obtention de son bac et la féliciter en personne. Elle doit être digne pour qu’il fasse le déplacement. C’est un trait que je respecte chez le Colonel. S’il est avec elle comme avec nous, elle doit avoir du caractère. C'est une qualité appréciable chez une femme. Cette pause va faire du bien au régiment. Du coup, on a décidé, les potes et moi, d'aller au Mistral pour tirer de la femelle. On revient aux racines avant de repartir pour trois ans en Afrique, mission humanitaire.
Pfft ! Le Mistral est blindé ce soir. Que se passe-t-il ? Nous rentrons tous les six d'un même pas. L'armée nous a formés ainsi, changer les habitudes est dur, même les jours de repos. Nous trouvons une table vide avec assez d'espace pour six cents kilos de muscles. Une serveuse arrive et nous demande ce que nous voulons commander. Anton commence à draguer la jeune demoiselle tout en lui disant ce que nous prendrons. Elle prend note et se dirige vers le bar. À son retour avec nos boissons, nous lui demandons ce qui se passe ce soir pour que le Mistral soit aussi plein. Elle nous fait son plus beau sourire et un seul mot sort de sa bouche : « BACHELIERS ».
— Merde, me dis-je, des étudiants… des Mômes quoi. Je ne fais pas dans le dépucelage. Ça ne sera pas pour moi, ce soir. Je ne les prends pas aux berceaux. Ok c’est bon, vous allez me dire qu’à dix-huit ans ce sont plus des nourrissons. Pour moi c’est pareil. Ils sortent tout juste de l’école, ne connaissent rien de la vie mais veulent se la peter.
Voilà comment je passe ma première soirée de perme, assis à regarder autour de moi. Quand soudain, mon regard s’arrête sur cette nana, elle vient de s’asseoir. On sent bien qu’elle n’est pas à sa place ici. Elle a l’air mal à l’aise dans sa robe. Mais pourquoi ? Elle lui va pourtant magnifiquement bien, en plus avec les formes qu’elle essaye de cacher avec ses bras, ça la rend plus attirante, je ne dis pas sexy mais intéressante. Une image me passe dans la tête, lui enlever sa robe. La libérer de cet enfer serait pour moi un paradis. Mais qu’est-ce qui m’arrive de penser ça ?
Arrête tes conneries Aaron me dit ma conscience, c’est qu’une enfant. Elle doit avoir quoi, seize ou dix-sept ans et, toi pauvre fou, tu en as vingt-six. Sérieusement, là c’est plus qu’au berceau. Ressaisis-toi mon gars. Quand je prends conscience de ce que me dit cette petite voix, c’est le moment où elle décide de se retourner. Comme si elle savait que je la fixais. Quoi que moi aussi, je pense que je le sentirais. Mon dieu, ses yeux sont si pénétrants, elle pourrait tuer d’un regard. Je la fixe plus en profondeur, pour lire en elle, comme en beaucoup de nanas. Plus intensément pour qu’elle tourne le regard et se sente gênée mais pourquoi elle me regarde comme ça. Ok tu veux jouer, c’est parti ! Je la fixe à mon tour avec mon regard mauvais. Elle m’intrigue, me fascine. En plus, son visage ne m’est pas inconnu. Mais où l’ai-je vue ? Ma mémoire me fait-elle défaut ? D’un coup, je la vois se lever. Son amie la coupe dans son élan. Que partait-elle faire ? Venir me parler, m’engueuler parce que je la fixais ? Non je ne pense pas, je dois bouger prendre l’air. J’étouffe ici. Quelque chose cloche mais je ne sais pas quoi et je sens les nerfs monter. J’appelle Leth lui disant que je vais faire un tour dehors pendant un petit moment. Il faut que je remette mes esprits en place. Une fois à l’extérieur, le vent de juillet me fait du bien. Ni écrasant, ni trop chaud avec une brise légère pas comme en Afrique ou ils ne connaissent pas les ventilos. Je marche un peu mais rien n’y fait. Je n’arrive pas à me la sortir de la tête. Peut-être devrais-je aller lui parler ? Voir qu’elle est insignifiante et, du coup tout reviendra à la normale. Qu’est-ce qui se serait passé si son amie n’était pas arrivée ? Pourquoi j’ai l’impression de la connaître ? Je suis dehors depuis trente minutes à regarder le paysage pour me détendre et me changer les idées. Quand soudain, j’entends une bagarre éclater, des gens crier à l’intérieur. Je rentre en vitesse percutant une personne au passage.
— Veuillez m’excuser, je ne vous avais pas vu. Je suis désolé, dis-je a la personne que je viens de percuter.
Les yeux me sortent de la tête, je me dis que je n’avais vraiment pas de chance ce soir. J’aurai dû aller me coucher directement quand on a déposé le Colonel chez lui.
— Allez-vous amuser ? nous avait-il dit. Le mistral est très bien. Mais oui c’est ça.
Mais, oui, c’est ça. Miss révolver est devant moi se tenant l’épaule, pauvre petite chose fragile. Je te casserais en deux si je m’occupais de toi. Une rage passa dans ses yeux et elle me hurla au visage :
— Mais ce n’est pas vrai ! Rien dans la tête, tout dans les muscles. Sérieux, vous ne pouvez pas faire attention Mister Gonflette.
Puis elle repart vers la porte de sortie avec ses amis qui eux aussi me regardent de travers sans un mot de plus. C’est moi qui suis fou ou la nouvelle génération est devenue bagarreuse. Au moins, elle a du caractère pour une femme aussi petite. C’est bien le problème. Moi j’aime les femmes comme ça, un nouveau mauvais point pour me la sortir de la tête. Heureusement que nous repartons lundi, je ne la reverrai jamais.
Quand j’arrive à notre table, je vois Taylor avec un mouchoir ensanglanté sur le nez. Je rigole et lui dis :
— Alors Tay, je pars cinq minutes et déjà tu fais des conneries. Qu’est-ce qui s’est passé ? Un petit ami jaloux ? Trop d’alcool ? Dis-moi ou est cet enfoiré, tu l’as mis ko au moins ?
Je regarde les gars qui sont tous pliés en deux pendant que Taylor lui, ne rigole pas. On peut même dire qu’il est fou de rage. Je ne l’ai jamais vu comme ça.
— Les gars, c’est bon arrêtez de vous foutre de sa gueule. Ça arrive à tout le monde de se prendre une raclée par un autre mec. On n’est pas des machines non plus.
Et là ils se mettent à rire de plus belle et Taylor lui enrage de plus en plus.
— Quelqu’un peut m’expliquer ce que j’ai loupé, interrompé-je.
Leth prend la parole, sans manquer de rire après chaque mots. Si j’ai bien compris les dires de mon ami, Taylor a voulu faire du rentre dedans à une gamine mais sa façon de faire n’avait pas plu à son ami qui, du coup, a pris sa défense. Mais, en écoutant le principal concerné, j’apprends que le fameux ami n’était pas un mais une.
Eh oui, Taylor s’est fait casser le nez par une gonzesse. C’est sûr qu’à mon tour, je me mets à rire, je suis plié en deux. Comment un mec de cent kilos a pu être touché par une nana ? Il faut qu’elle soit balaise.
Quand soudain, Leth vint vers moi et me dit en rigolant :
— Fais gaffe, le prochain, c’est toi.
— Pourquoi tu dis ça ? Je n’ai rien fait, lui demandé-je.
— Pourquoi ? dit-il mort de rire. Car la nana qui lui a cassé le pif, c’est la petite brune que tu as bousculée en rentrant.
— Quoi, comment ça ? C’est Miss Révolver qui a fait ça ?
— Miss quoi ? me dit-il.
— Miss Révolver ! répliqué-je en rigolant. Car tout à l’heure, elle me fixait comme si elle voulait me tuer.
Quel tempérament ! Cette nana, elle me plait de plus en plus. Mais comment une fille aussi petite peut-elle avoir autant de force ? Est-elle un agent secret ? Intérieurement j’en rigole puis je regarde Leth.
Il m’observe et se mets à rire de plus belle. Eh oui, les deux plus durs du groupe se sont fait mater par cette nana d’un mètre soixante à tout casser. Wou-Hou son mec ne doit pas s’ennuyer avec elle. Dommage qu’on reparte bientôt, j’aurais bien aimé en apprendre un peu plus sur elle.
Chapitre 3
Renye
Nous voilà dans les voitures, j’essaie de me calmer. Mais ce soir, j’ai rencontré deux cons entre ducon et Mister Gonflette c’était trop. Au moins, il y en a un qui se souviendra de moi.
On avait décidé de tous dormir chez moi après la soirée : Sophie, Nanie et moi dans ma chambre Stan Dan et Enzo dans le salon, car ils voulaient finir leur soirée sur la PS4 à jouer aux jeux de guerre et zombies. C’était génial pour finir une fête. Mais moi, interdiction. Sophie veut que je sois une femme jusqu’au bout. Du coup ce sera papotage sur les mecs et, bien sûr, je vous laisse deviner lesquels.
— Alors ! me dit Sophie. T’a passé une bonne soirée avec ton super mâle ?
— De quoi tu parles ma licorne ? Lui demandé-je.
— Ben de super muscles, me répond Nanie.
— Qui ? fais-je avec innocence.
— Arrête de faire celle qui ne voit pas de qui je parle. Je t’ai vu le dévorer du regard, le chercher quand il a disparu, me dit Sophie.
— Je ne vois pas de qui tu parles ? mens-je en tirant la langue.
Quelques fois, je me fais peur toute seule, une vraie gamine. Pui elle reprend :
— Sur tout le groupe, il y avait de beaux spécimens. Le blond aux yeux dorés mon dieu. L’Apollon de l’année ce mec, il était quand même plié en deux quand tu as cassé le nez de son pote. Je ne pense pas qu’il s’attendait à que ça soit toi qui réagisse. L’autre, cependant il avait la rage. Si ses yeux avaient été des révolvers, tu serais morte sur place. Il n’est pas prêt de t’oublier. J’espère qu’on ne retombera pas sur eux pendant les vacances. D’ailleurs, je ne les ai jamais vus Ils ne sont pas d’ici, les mecs on les connait tous. Des beaux mecs comme ça, ça ne passe pas inaperçu.
— D’ailleurs, Renye, me dit Nanie, merci beaucoup pour ce que tu as fait pour moi ce soir.
— Ce n’est rien ma puce, c’est ça les amies, lui dis-je.
— Bon, maintenant au lit les filles. Demain, c’est paintball. Papa a invité son régiment. On va bien s’amuser, de la chair fraîche. Bonne nuit ma licorne, bonne nuit ma Nanie leur dis-je. Je dois profiter un max de mon père avant son départ.
Les filles me répondent bonne nuit en cœur, puis s’endorment rapidement. Personnellement, dès que je ferme les yeux, je vois le visage de Mister Gonflette. Comment dormir ? Impossible, je revois son corps si ferme son odeur envoûtante de cannelle me submerge. Mais qu’est-ce qui me prend ? Renye ressaisis-toi, ma fille. Ce mec tu ne le reverras jamais, pense à autre chose et surtout dors.
Aujourd’hui c’est dimanche, papa est encore là pour la journée. Et que fait un militaire pendant une journée de repos ? Il se fait une partie de paintball. Bien sûr les copains sont invités. Et le Colonel nous confirme que son régiment sera de la partie. Six au dire de mon père, des gamins de la région apparemment.
Maman décide avec Nanie qu’elles ne seraient que spectatrices aujourd’hui. Bande de lâcheuses.
Arrivant sur les lieux où la guerre sera déclarée, un groupe de six balaises nous attend dos à nous. En nous entendant arriver, ils se sont tous retournés d’un même mouvement et là j’en reste bouche bée. Mon père me referme la bouche et me dit :
— Tu baves Sweety, ferme-la ou les mouches vont rentrer.
C’est ce que je fais. Devant moi se tient Mister Gonflette, Ducon et ses quatre potes. Bien sûr Sophie est aux anges, son blondinet est de la partie. D’ailleurs, entre ces deux-là quelque chose s’est passé dès qu’ils se sont regardés. Je pense que je vais en entendre parler pendant longtemps.
Le colonel sort de la voiture et va les saluer. En revenant vers nous, il se mets à nous les présenter. Mister Gonflette n’en revient pas, à ce que je vois dans ses yeux. Merde deux fois en deux jours. Le destin est contre moi. Mais le pire, c’est le regard de Ducon. Moi qui espérais ne jamais croiser de nouveau son chemin, c’est foutu.
Alors comme ça, ils ont des prénoms. Mince alors ! J’aime bien leur surnom. Papa me prend par les épaules et me dit :
— Renye, Sweetheart, je te présente Aaron Fisher, mon lieutenant. Tu as aussi Taylor, Leth, Grégoire, Anton et Chris. Les gars, je vous présente ma fille Renye, leur dit mon père.
Et, là, un silence de plomb s’installe. Mais en bon petit toutou, Aaron s’avance me tend la main puis me dit :
— Enchanté de vous connaitre Melle Cooper, je suis Aaron.
Puis c’est au tour des cinq autres de me saluer. Ducon reste le même que cette nuit avec son regard rageux et les autres ont toujours autant envie de rire, même Mister Gonflette. Je serais lui, je ne rigolerais pas de trop. Je vais lui mettre une tôlée.
Franchement mon groupe et moi avons, nous aussi envie de rire de la situation. Même si ce n’est pas pour des raisons identiques. La raclée de Ducon ainsi que la tête qu’il a fait après reste mémorable pour nous.
Mon père regarde Ducon et lui demande :
— Dis-moi, Taylor tu t’es battu cette nuit ? J’espère que tu l’as envoyé à l’hosto ? ajoute-t-il en souriant.
Et là tout le monde éclate de rire, mais Taylor, lui, ne rigole pas. Mon père nous regarde tous, les uns après les autres et je lui fais non de la tête. Lui faisant comprendre qu’il n’y a rien de grave. Une fois remise de ses présentations, mon père décide qu’au vu de la situation, chacune de nous devrait être avec un groupe différent et je vous donne en mille dans quelle équipe je suis.
Mon père me met donc avec Aaron, Greg, Anton, Chris et mon frère Dan. Au moins, j’ai un allié dans cette équipe. Je me sens moins seule.
Lui, a Ducon, Enzo, Stan et Leth, au plus grand bonheur de Sophie, qui du coup, reste aux anges d’avoir son Apollon. Ducon a un petit sourire me faisant comprendre qu’il va avoir sa revanche. Ça ce n’est pas sûr mon pote, tu ne connais pas la famille Cooper toi.
Chapitre 4
Aaron
