Soumise aux cyborgs - Grace Goodwin - E-Book

Soumise aux cyborgs E-Book

Grace Goodwin

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Beschreibung

La lanceuse d’alerte emprisonnée à tort Rachel Pierce préférerait tenter sa chance lors d’un procès plutôt qu’accepter sa place en tant que première Épouse Interstellaire destinée à la Colonie. Elle est obstinée et déterminée à obtenir justice ‒ et sa liberté ‒ sur Terre... mais ses compagnons ne sont pas prêts à risquer la vie et l’avenir de Rachel pour un système qui pour eux, est primitif et corrompu.
 
Maxime, de Prillon Prime, s’est battu dix ans dans les guerres contre la Ruche. Capturé et torturé avec son second, Ryston, ils se sont enfuis, tout ça pour être rejetés par leur propre peuple et condamnés à passer leur vie sur la Colonie avec les autres guerriers cyborgs « contaminés ». En tant que dirigeant du Secteur 3, le devoir de Maxime est de donner l’exemple à ses guerriers en convoquant une Épouse. Lorsqu’elle refuse de venir, il ne peut pas permettre à ce rejet de démoraliser toute une planète de guerriers endurcis, mais désabusés. Maxime et Ryston se rendent sur Terre, où ils décident que Rachel est à eux et qu’une prison de haute sécurité terrienne ne pourra pas les séparer.
 
Emmener Rachel sur la Colonie n’est que la première difficulté à laquelle ils feront face. Convaincre leur magnifique Épouse de se soumettre à non pas un, mais deux guerriers dominants en est une autre. Même s’ils parviennent à gagner son amour, une nouvelle menace s’élève sur la Colonie, et une personne proche de Maxime en sera la première victime. Maxime sera la deuxième, sauf si l’amour de Rachel et sa recherche continuelle de la vérité s’avèrent assez forts pour le sauver.

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Veröffentlichungsjahr: 2018

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Soumise aux cyborgs

Programme des Épouses Interstellaires: La Colonie - 1

Grace Goodwin

Table des matières

Le test des mariées

Chapitre 1

Chapitre 2

Chapitre 3

Chapitre 4

Chapitre 5

Chapitre 6

Chapitre 7

Chapitre 8

Chapitre 9

Chapitre 10

Chapitre 11

Chapitre 12

Chapitre 13

Chapitre 14

Chapitre 15

Epilogue

Contenu supplémentaire

Le test des mariées

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À propos de Grace

Soumise aux cyborgs : Copyright © 2018 by Grace Goodwin

Tous Droits Réservés. Aucune partie de ce livre ne peut être reproduite ou transmise sous quelque forme ou par quelque moyen que ce soit, électronique ou mécanique, y compris photocopie, enregistrement, tout autre système de stockage et de récupération de données sans permission écrite expresse de l’auteur.

Publié par Grace Goodwin - KSA Publishing Consultants, Inc.

Goodwin, Grace

Surrender To The Cyborgs

Dessin de couverture copyright 2019 par KSA Publishing Consultants, Inc.

Images/ Crédit Photo: Deposit Photos: yuriyzhuravov, Angela_Harburn

Note de l’Editeur :

Ce livre s’adresse exclusivement à un public adulte. Les fessées et autres activités sexuelles citées dans cet ouvrage relèvent de la fiction et sont destinées à un public adulte, elles ne sont ni cautionnées ni encouragées par l’auteur ou l’éditeur.

Bulletin française

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Le test des mariées

Programme des Épouses Interstellaires

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1

Rachel Pierce, Centre de Préparation du Programme des Épouses Interstellaires

 

« Tu ne peux pas nous échapper, » me murmura une voix grave et masculine à l’oreille.

La pièce était sombre, presque plongée dans le noir, et je n’arrivais pas à voir son visage, mais le ton de sa voix m’excitait. J’aurais dû être effrayée, terrifiée, et pourtant, mon corps se cambra d’impatience sur le lit en entendant ses mots. Je mouillais. Pleine de désir.

Je tirai sur les liens qui me maintenaient les poignets, les menottes fixées au-dessus de ma tête. Elles étaient serrées, mais ne me faisaient pas mal. Ils s’étaient assurés que je sois complètement à leur merci, mais sans risquer de me faire souffrir. Les menottes ne me laissaient aucune marche de manœuvre, mais la douceur du lit moelleux sous mon dos était apaisante, tout comme les mains calleuses qui caressaient mes seins en poire ; l’intérieur de mes cuisses écartées, mon pubis nu.

« Notre petite prisonnière. »

La voix me fit marquer un temps d’arrêt. La deuxième voix. Il n’y avait pas qu’un homme au lit avec moi, mais deux. Deux paires de mains.

« Ah ! » m’exclamai-je alors que leurs morsures érotiques provoquaient une vague de douleur au bout de mes tétons.

Deux bouches.

Je ne voyais pas leurs visages, mais je sentais leurs mains, entendais leurs respirations saccadées, sentais leur chaleur, leurs odeurs sombres et épicées.

« Je veux vous toucher, » répondis-je en léchant mes lèvres sèches.

Je tirai une nouvelle fois sur mes liens, mais ils étaient impitoyables. Je n’avais pas besoin de les voir pour savoir qu’ils étaient grands, bien plus grands que moi. Leurs mains étaient énormes, de la largeur de mon ventre, gigantesques à côté de mes seins, qui étaient loin d’être petits, m’agrippant les genoux et les écartant afin que mon corps soit disponible pour leurs moindres envies, leurs moindres désirs.

J’aurais dû ressentir de la panique, mais même si je ne connaissais pas ces hommes, ils m’étaient familiers, je me sentais en sécurité avec eux. Assez en sécurité pour être attachée et à leur merci.

Je n’avais encore jamais été attirée par le bondage ou le BDSM, pas même une petite fessée lors d’une folle nuit. Mes expériences sexuelles allaient du tripotage au lycée aux rapports sexuels empressés.

Ça, ça n’avait rien à voir... et ça me plaisait.

J’aimais sentir le poids des menottes autour de mes poignets. J’aimais la façon dont elles m’immobilisaient. J’aimais la façon dont ces hommes me touchaient, m’excitant plus que jamais. Et ils ne faisaient que me toucher.

Lorsqu’une main plongea entre mes cuisses, je cambrai le dos, ondulant des hanches pour accompagner son contact.

« Elle est trempée. Tu aimes te soumettre. »

Je n’avais jamais pensé que c’était le cas, mais avec ces deux-là, c’était bien la vérité. Oh, que oui !

Je gémis en sentant ses doigts caresser mes replis, faire le tour de mon clitoris, repousser son capuchon pour... Oh, putain. Son souffle chaud.

Lorsque sa bouche se referma sur mon clitoris, je poussai un cri et eus un spasme incontrôlable. Des mains sur mes cuisses s’assurèrent que je reste ouverte, exposée, disponible.

Je ne pouvais rien faire d’autre que de prendre tout ce qu’ils voulaient me faire, me donner.

« D’abord, tu jouis, et ensuite, je te baise »

Ça ne me posait aucun problème.

« D’accord, » répondis-je dans un soupir à l’homme qui me léchait.

L’autre me léchait les tétons, l’un après l’autre. Je sentis la caresse d’une barbe bien taillée, les poils doux chatouillant ma peau tendre et éveillant chacune de mes terminaisons nerveuses.

« Tu le sens, pas vrai ? Notre désir, qui monte et qui monte. Les colliers nous lient, nous font partager le plaisir les uns des autres. »

Je sentis le poids de quelque chose autour de mon cou, sentis l’intensité du désir des hommes, leur domination, ma soumission, qui nous enveloppaient comme une aura rouge vif. J’étais plus chaude, plus mouillée, plus excitée que jamais.

J’allais atteindre l’orgasme. C’était inévitable à présent, car j’étais attachée par des menottes et des cordes, enchantée par l’attention qu’ils me portaient. Mon sexe était douloureux, gonflé, contracté. Mon clitoris me lançait. Mes tétons me picotaient.

« Oui, je vais... Il me faut... Juste là... Rien qu’un petit peu... Non ! »

Les hommes savaient que j’allais jouir et pas seulement à cause de mes bavardages sans queue ni tête ou de la façon dont mon corps tremblait. C’était ces foutus colliers. Ils savaient qu’un coup de langue supplémentaire sur mon clitoris enflé, une morsure décadente de plus sur mon téton suffiraient à me faire succomber à l’orgasme le plus puissant que j’aie jamais eu.

Mais j’étais en sueur, dans l’attente et des larmes s’échappaient de mes yeux. Je les voulais plus que tout. Mon corps était presque électrisé par mon désir pour eux. Un simple contact au bon endroit causerait ma perte.

L’homme qui se trouvait près de ma tête bougea pour s’allonger à côté de moi, son long membre pressé contre mon flanc. Des mains me prirent par la taille et m’installèrent sur lui, mes bras toujours au-dessus de ma tête, au-dessus de la sienne, aussi. Si je me penchais de quelques centimètres, je pourrais sans doute l’embrasser. Je mis mes jambes dans une position plus confortable et le chevauchai. Mes seins frottèrent contre les poils doux de son torse. Ma peau lisse glissa facilement sur la sienne. Mon sexe recouvrit son membre, sur lequel j’étais assise, sa largeur écartant mes plis. Nos souffles se mêlèrent et pourtant, je ne le voyais toujours pas.

« Pitié, » implorai-je en ondulant des hanches pour placer son sexe à mon entrée, pour pouvoir le prendre profondément.

J’avais besoin de le sentir en moi. Je n’avais jamais pensé une telle chose et si ça faisait de moi une obsédée, eh bien tant pis, mais j’avais besoin de sexe.

Une main s’abattit sur mes fesses fermes et la douleur fut une surprise. Même si ça faisait mal, cela se transforma en plaisir et je haletai, puis gémis.

« C’est nous qui décidons de la manière, dit l’homme derrière moi.

— C’est nous qui décidons du moment, » conclut celui qui se trouvait sous mon corps.

Une paume enveloppa ma peau douloureuse et m’écarta les fesses. Un doigt puissant et enrobé d’un liquide froid s’y glissa, trouva mon entrée de derrière, en fit le tour, puis la pénétra.

La morsure de ce doigt qui m’étirait me laissa haletante, immobile. Il me lubrifiait de plus en plus.

« Tu es prête pour nos queues, partenaire ? Prête à être à nous pour toujours ? » dit l’homme derrière moi tout en préparant doucement mes fesses à... Oh bon sang.

Nos queues.Pour toujours.

Oui, j’étais prête ? Plus que prête. Le temps n’existait plus, seulement la sensation de ses doigts qui me travaillaient, qui m’étiraient et le contact de son corps musclé derrière mi. Des mains me caressaient le dos, les flancs, les cheveux.

« Elle est prête. »

Je l’étais depuis un petit moment, mais je ne leur en avais pas fait part, craignant de me reprendre une fessée. C’étaient eux qui étaient aux commandes, alors je me mordis la lèvre.

Je les sentis bouger, entendis leurs mouvements alors que l’on me soulevait pour me pénétrer par devant. Oui ! Je me tortillai, tentant de m’enfoncer sur lui, mais il ne me laissa pas faire. Lorsque je sentis l’autre sexe se poser contre mon entrée de derrière, je réalisai qu’ils allaient me prendre ensemble.

Vraiment ensemble. Pas chacun leur tour. Pas un dans ma chatte et un autre dans ma bouche. Non. Ensemble, un devant, un derrière.

Alors que je paniquais, une vague d’excitation extrême me submergea. Je sentis le désir des hommes se mêler au mien à travers mon collier et cela estompa ma panique et l’apaisa grâce à cette excitation incontrôlable.

« Pitié, » suppliai-je encore en sentant leurs sexes s’enfoncer en moi.

Celui qui se trouvait contre mon vagin glissa avec facilité, le bruit mouillé de mon désir aussi fort que nos soupirs. D’un geste fluide, il s’enfonça profondément, m’emplissant totalement. Il poussa un gémissement. Je poussai un gémissement. Bon sang, il était bien monté. Épais. Dur. Si profond.

« Je vais jouir, » dis-je.

C’était la vérité. Ils m’avaient si bien préparée que j’en tremblais.

« Pas encore. Dès que tu nous appartiendras, quand tu auras pris nos deux sexes, on sera complètement liés. C’est seulement à ce moment que tu seras revendiquée comme partenaire, » dit l’homme derrière moi en se pressant plus fort en moi, le gland de son membre imposant m’ouvrant lentement. Mon corps résistait à peine à ses efforts. C’était peut-être le lubrifiant de son désir, mais j’étais persuadé que c’était grâce aux colliers qui nous liaient, qui me permirent de me détendre, de respirer, de baisser les armes. Ils avaient voulu que je me soumette et cet acte était la soumission ultime.

Je ne pouvais rien faire d’autre que d’accepter ce qu’ils voulaient. Quand ils le voulaient. De la façon dont ils le voulaient.

C’est cela qui, plus que le deuxième sexe qui s’enfonçait en moi, me fit pousser un cri de plaisir. J’étais si pleine. Si ouverte, exposée. Vulnérable et pourtant puissante à la fois.

C’était trop, ce plaisir. J’étais véritablement emprisonnée, pas seulement par les liens au-dessus de ma tête, mais par ces membres qui nous liaient. Nous ne faisions plus qu’un.

Lorsque je sentis la semence chaude s’écouler de leurs sexes, je criai encore et encore.

« Mademoiselle Pierce ! » répéta une voix alors qu’une main me secouait l’épaule.

Je me débattis, sentis la façon dont mes mains étaient attachées, sus que c’était réel.

« Rachel ! »

Non, ce n’était pas réel. La voix qui criait était celle d’une femme, pas un grondement viril.

Je clignai des yeux, hébétée. Une lumière vive filtrait par mes paupières fermées, transformant ma vision en une teinte d’un rouge foncé jusqu’à ce que je ne puisse plus ignorer la voix agaçante de cette femme, ni la main bien trop petite sur mon épaule. J’ouvris les yeux.

Merde. Il n’y avait pas d’hommes. Pas de mains, ni de bouches, de sexes. Il y avait bel et bien eu un orgasme, par contre. J’étais en sueur et je pouvais encore en ressentir la chaleur, le plaisir qui me courait toujours dans les veines. Mon sexe se contracta autour de... rien. Mes fesses se serrèrent. J’étais vide. Le résultat mouillé de mon désir me faisait glisser dans un étrange fauteuil d’examen. C’était comme si j’avais été attachée, toute nue, sur un fauteuil de dentiste.

Mes mains étaient liées, mais pas par les menottes des hommes et je n’étais pas dans un lit douillet. Non, j’étais attachée au fauteuil d’examen du Centre de Préparation des Épouses Interstellaires. Les hommes n’étaient qu’un rêve, le fruit de mon imagination en manque de sexe. Je n’avais pas été avec un homme depuis un bon moment. Plus d’un an.

Apparemment, mon corps était passé de rien à l’orgasme en cinq secondes top chrono. Mais ça avait été si bon, si chaud et dur et...

« Mademoiselle Pierce, veuillez me regarder. »

Voilà encore cette voix féminine agaçante qui m’aboyait presque des ordres. Son ton ne me plaisait pas du tout. Ça non.

Je me concentrai sur le visage qui flottait devant moi et attendis que ma vue devienne moins trouble. Lorsque ce fut le cas, je vis que le visage d’une jeune femme se tenait au-dessus de moi. Je me souvenais d’elle, maintenant. Malheureusement, je me souvenais de tout.

« Gardienne Égara.

— Bien. Vous êtes réveillée.

— Vous voulez me tester et maintenant vous m’arrachez mon rêve ? »

Ç’avait été un rêve. Depuis quand la réalité comptait-elle deux hommes virils qui me prenaient en même temps ? Quand avais-je déjà eu un orgasme aussi fort ? Aussi intense ? Quand avais-je eu envie d’être touchée au point d’avoir presque envie de crier rien qu’en y pensant ?

Jamais. Ces amants super canon et dominateurs ne faisaient pas partie de ma réalité.

Ma réalité incluait la prison. Des lumières crues. De la nourriture répugnante. Un air vicié. Des centaines de femmes qui me regardaient comme si j’étais de la viande fraîche. De la solitude. De la trahison.

« Oui, Mademoiselle Pierce. Je suis navrée. Normalement, je n’interromps pas le test aussi tôt, mais je dois admettre que vos cris m’ont légèrement inquiétée. »

Je ne pus m’empêcher de rougir.

« Disons juste que ce rêve était très... réaliste. »

Elle baissa les yeux sur sa tablette, ayant visiblement décidé que je n’étais pas en train de mourir dans sa chaise d’examen. Elle fit le tour de sa table et s’assit. La pièce était clinique, beige. J’aurais pu penser qu’il s’agissait d’une salle de conférence, s’il n’y avait pas eu la chaise d’examen sophistiquée dans laquelle j’étais installée. Non, à laquelle j’étais attachée comme la patiente d’un hôpital psychiatrique. Les menottes autour de mes poignets faisaient au moins dix centimètres de large et deux centimètres d’épaisseur. J’ignorais quel genre de femmes surnaturelles ils menottaient habituellement, mais la seule façon qu’une fille normale aurait de s’en défaire, c’était avec une scie à métaux.

Je baissai les yeux sur mon corps, étonnamment soulagée de voir que je portais une blouse d’hôpital grise au lieu du pantalon orange et du tee-shirt blanc de la prison qui avaient constitué mon unique garde-robe au cours des derniers mois. J’étais nue en dessous et la blouse ne m’arrivait qu’aux genoux. Les blouses d’hôpitaux, apparemment, étaient toujours moches, quelle que soit la planète. Et je n’aimais pas trop que mes fesses nues collent à la chaise. Où étaient la culotte et le soutien-gorge de la prison ?

« Le test a donné de bons résultats et on vous a trouvé une compatibilité à quatre-vingt-dix-neuf pour cent. »

Le sourire de la gardienne Égara lui illumina le visage et je réalisai qu’elle devait avoir quelques années de moins que moi. Ses cheveux bruns étaient tirés en arrière dans un chignon sévère, un style qui me rappelait celui des matrones dans les vieux westerns. Ses yeux gris traduisaient une intelligence que je pouvais respecter, mais ses mots m’alarmaient. J’étais venu sur les conseils de mon avocat. Mais je n’avais jamais eu confiance dans cette histoire de compatibilité. Enfin, franchement ? Comment une espèce d’ordinateur extraterrestre pouvait-il sélectionner un homme parfait pour moi ? Je n’y croyais pas. Mais cela n’empêcha pas une pointe d’espoir de naître en moi en me serrant douloureusement la poitrine.

Je fronçai les sourcils pour cacher ma réaction. Les choses n’étaient pas censées se passer comme ça.

« Je suis compatible ?

— Oui, avec un guerrier prillon.

— Un Prillon »

J’ignorais tout des autres planètes de la Coalition. J’avais gardé le nez sur des coupelles et mes yeux sur la lentille de mon microscope ces dix dernières années.

« Je vous avais dit que je n’en voulais pas. D’un compagnon. De ça. Je ne veux pas me rendre sur une... une autre planète, crachai-je comme si les mots me salissaient la langue. Je vous l’ai dit. Je n’ai rien à faire ici, rien à faire en prison. Je n’ai rien fait de mal, à part révéler la vérité au grand jour. Je ne quitterai pas la Terre juste parce que quelqu’un d’autre a enfreint la loi.

La gardienne me regarda avec ses yeux gris pleins de compassion.

« Oui, j’ai entendu parler de votre cas, entendu que vous clamiez votre innocence. Du point de vue du processus, le test ne change pas le fait que vous avez été condamnée pour un crime. Ça ne change pas le fait que vous allez rester en prison ces vingt-cinq prochaines années.

— J’ai fait appel.

— Oui, votre avocat m’en a informée et je vous souhaite bonne chance. »

Ses yeux se firent plus doux et ma colère se dissipa en y voyant tant de pitié. Elle reprit :

« Je suis désolée, Rachel. Mais votre innocence ou culpabilité ne change rien pour moi. Et croyez-moi, votre nouveau compagnon s’en fichera. Vous êtes ici. Vous avez été condamnée. Ils devaient avoir des preuves.

— Elles ont été falsifiées, » rétorquai-je.

Toute trace de mon orgasme avait disparu, remplacée par la colère, la frustration et l’amertume qui m’habitaient depuis cinq mois. Lorsqu’une nouvelle loi concernant les lanceurs d’alertes était entrée en effet, elle ne m’avait pas incluse. Non. J’avais rapidement été embarquée, accusée de crimes que je n’avais pas commis par des gens qui avaient fait bien pire simplement pour protéger leurs arrières.

Oui, j’avais été la directrice de recherche chez GloboPharma. Les essais cliniques se passaient sous ma supervision. Mais j’avais tout arrêté lorsque les choses avaient mal tourné. J’avais suivi les recommandations sanitaires à la lettre. Les données dans les rapports que j’avais faits étaient véridiques et exactes. Oui, j’avais su que des centaines de millions de dollars étaient en jeu pour l’entreprise, qui tentait de développer un traitement contre le cancer. Et ce traitement marchait, sauf qu’il tuait beaucoup trop de cellules saines.

J’avais fait un rapport et je m’étais attendue à ce que mes superviseurs fassent ce qu’il fallait.

Le jour où j’avais entendu que la commission sanitaire avait approuvé le traitement, j’avais failli vomir mon sandwich salami-moutarde au bureau. J’avais appelé le directeur de l’entreprise et lorsqu’il avait refusé de m’écouter, j’avais appelé le PDG.

Ils m’avaient tous ignorée et avaient envoyé des hommes tout détruire chez moi et me faire taire. Ils m’avaient virée, discréditée et, sans que je le sache, avaient gardé mes données afin que je sois jugée responsable si tout était révélé.

Et les choses avaient très mal tourné. Au moins quatre cents personnes étaient mortes avant que la commission sanitaire ne comprenne que c’était la faute du nouveau médicament. Lorsqu’ils avaient cherché un coupable, GloboPharma leur avait donné ma tête sur un plateau d’argent.

Bande d’enfoirés. Je refusais de me laisser faire. Je n’avais pas l’intention de fuir comme un chiot effrayé et vivre sur une autre planète pour le restant de mes jours. Il fallait que je fasse le nécessaire. Il fallait que je me batte. Si je ne le faisais pas, les connards qui avaient fait ça aux patients recommenceraient. Encore. Et encore. J’avais passé mon master et avais obtenu un doctorat en biochimie un an plus tôt. Lors de mes premières années d’étude, j’avais étudié la physiologie pour pouvoir changer le monde, pour pouvoir aider les gens. Je n’avais jamais voulu avoir à me battre comme ça. Mais maintenant que j’étais dans cette situation, je ne pouvais pas tourner le dos à tout ça. Je n’avais pas le choix. Soit, je luttais, soit, je pourrissais en prison. Et si je les laissais m’abattre, ils recommenceraient, ils commettraient d’autres erreurs. Ils tueraient des gens. Ils mentiraient.

« Je ne peux pas partir. Il faut que j’aille à mon procès. S’il vous plaît, il faut que vous compreniez.

— Votre procès en appel a lieu dans deux mois, » répondit-elle, sans faire de commentaire sur mon discours.

Elle savait ce qui s’était passé, de quoi j’avais été accusée, ma condamnation. Tout était dans mon dossier, sur sa tablette. Toute ma vie était sous ses yeux, y compris ce que j’avais mangé au déjeuner trois mois plus tôt et ma taille de soutien-gorge.

« Votre avocat a recommandé de vous faire passer un test pour le Programme des Épouses Interstellaires, au cas où. »

Mon avocat était un homme sympathique, très bon dans son travail, mais il devait affronter toute une armée d’avocats accomplis à la solde de la commission sanitaire et de GloboPharma. Il m’avait dit que le combat serait difficile, mais je m’en fichais. Je n’avais rien fait de mal. J’avais découvert ce que d’autres avaient fait à des dizaines de milliers de gens effrayés, désespérés de trouver un remède à leur maladie. Ils avaient profité de personnes malades et effrayées. Ils avaient falsifié des documents, menti, comploté et avaient mis mon nom partout. L’entreprise avait payé une simple amende et s’en était tiré. C’était moi qui étais en prison pour contrefaçon, fraude et complot. Et encore, la liste était plus longue que ça. Je me fichais de ce qu’on disait de moi. Je n’abandonnerais pas.

« Oui, dans deux mois. La vérité éclatera au grand jour et je serai libre.

Elle ne semblait pas aussi optimiste.

« Être accouplée à un Prillon n’est pas la fin du monde, Rachel.

— Si, ça l’est. Littéralement. Je ne serais plus sur Terre.

— J’y suis allée. Sur Prillon, dit-elle en penchant la tête vers moi. J’ai été accouplée à un guerrier prillon il y a six ans. C’est la meilleure chose qui me soit arrivée.

— Et pourtant, vous êtes là, » rétorquai-je.

Elle pinça les lèvres et une ombre passa dans ses yeux gris. Je l’avais blessée.

« Je suis désolée, ajoutai-je. Je ne connais pas votre histoire, votre vie. Je suis juste... »

Je tirai sur mes liens.

« … prise au piège. »

Lorsqu’elle ne répondit pas, j’examinai son expression stoïque. Oui. Elle était jeune, sans doute quatre ans de moins que mes trente-deux ans. Mais la douleur dans ses yeux était mûre. Son cœur était ceint d’une vieille armure.

« Comment avez-vous pu aller sur Prillon il y a six ans ? Le Programme des Épouses Interstellaires n’a commencé qu’il y a deux ans. »

Deux ans depuis que les extraterrestres avaient débarqué. Deux ans depuis que tout était parti en vrille sur Terre et que nous avions appris que nous n’étions pas seuls.

Deux ans et nos gouvernements se battaient toujours les uns contre les autres comme des brutes dans un bac à sable dans des luttes territoriales. Rien n’avait changé. Rien ne changerait jamais. La nature humaine était... Eh bien, trop humaine.

Elle eut un sourire maîtrisé qui n’atteignit pas ses yeux.

« Eh bien, je n’étais pas dans la même situation que vous, dit-elle. Je me suis simplement retrouvée au mauvais endroit au mauvais moment. Mes compagnons m’ont trouvée avant que la Terre ne soit officiellement intégrée à la Coalition. Je n’ai pas eu le choix, Rachel. Pas comme vous. Je n’ai été avec eux qu’un court moment avant que la Ruche ne les tue, mais je les ai aimés et je ne regrette pas le moins du monde d’avoir été leur partenaire. Je comprends que vous ayez peur d’aller sur une autre planète. Mais vous êtes compatible avec un commandant prillon décoré. Je suis sûre que vous finirez par l’aimer. Son second sera tout aussi impressionnant, j’en suis certaine.

« Son second ? »

Elle hocha la tête.

« Oui, tous les guerriers prillons partagent leur partenaire avec un autre. C’est la coutume. Si l’un de vos compagnons était tué au combat, vous, et vos enfants potentiels, vous auriez son second pour vous protéger et prendre soin de vous.

—Deux hommes ? Un ménage à trois ? »

Elle était folle, ou quoi ? Je ne voulais pas de ça. Je ne voulais déjà pas d’un extraterrestre, alors deux...

Mon corps se souvint des deux hommes qui m’avaient remplie avec leurs sexes quelques minutes plus tôt, dans ce fichu rêve, et l’excitation monta immédiatement en moi. Non.

Non. Non. Non. Hors de question de rater mon procès en appel rien que pour du sexe torride avec des aliens. Pas moyen.

« Hors de question, » dis-je.

Si j’avais pu faire un geste dédaigneux de la main, je l’aurais fait. Mais vue la situation, je dus me contenter de faire tinter les menottes que j’avais aux poignets contre la chaise. Je la regardai dans les yeux et secouai de nouveau la tête pour m’assurer qu’elle comprenne parfaitement ce que je disais.

« Non, merci. Je sais que John a dit que je devrais venir ici, mais non. Je ne peux pas partir. Je refuse cet accouplement.

— Alors vous regagnerez votre prison de haute sécurité en attendant votre procès en appel. »

La perspective de me retrouver à nouveau en isolement m’était insupportable. Une cellule de prison ou l’espace. Mes options étaient sinistres. Mais savoir que j’étais innocente me donnait la conviction nécessaire.

« Merci de votre sollicitude, Gardienne. Mais je suis innocente. Je dois y croire si je veux gagner. Je ne peux pas les laisser s’en tirer comme ça, et je dois penser à ces pauvres patients et à leurs familles. Je ne quitterai pas la planète, je ne gâcherai pas ma carrière. Si je m’enfuis, tout le monde croira ce qu’on dit à mon propos, que j’ai menti sur les risques, que j’ai menti pour protéger l’entreprise. C’est faux. Je n’ai rien fait de ce genre. Je leur ai donné les vraies données et je peux le prouver. Je ne veux pas changer de planète. Celle-ci me convient très bien. J’avais une vie agréable. Je veux la récupérer ! »

Des larmes m’emplirent les yeux, mais je les chassai. Ma maison me manquait, ma voiture de sport me manquait, mon satané chat me manquait. Je n’avais jamais eu aussi envie de m’endormir dans mon lit. Mais j’avais assez pleuré comme ça. C’était même la seule chose que j’avais faite pendant mes premiers mois en prison. Ça suffit. J’étais innocente, et j’allais le prouver. Je retrouverais ma liberté et ma vie au laboratoire. Je continuerais mes recherches et je sauverais des vies. C’était la seule chose que j’avais toujours désirée. Je ne voulais pas abandonner.

Mon père se serait retourné dans sa tombe si j’avais fui ce combat. Il avait vu ma mère mourir quand je n’avais que cinq ans. Je me souvenais à peine d’elle, mais je me souvenais de la sensation de son crâne chauve lorsque je la prenais dans mes bras. Je me souvenais de l’odeur de maladie dans la maison.

Après sa mort, mon père avait fait de son mieux pour s’accrocher. Il y était parvenu, jusqu’à mon départ pour l’université. Ensuite, il s’était mis à boire et ça l’avait tué.

Culpabilité. Le mot était faible pour les émotions qui surgissaient en moi lorsque je pensais à mon père. Je n’aurais jamais dû le laisser seul. Je savais que ma mère lui manquait toujours. Je savais qu’il luttait contre ses propres démons. Mais j’avais dix-huit ans ; et j’avais hâte de découvrir le monde et d’entamer une nouvelle vie. J’avais déménagé à plus de mille kilomètres pour aller à la fac et je ne rentrais que deux fois par an. J’étais partie et il s’était éteint. Grosse erreur. Terrible.

Non. Je ne fuirais pas, cette fois-ci.

La gardienne Égara soupira et je n’aimai pas du tout la déception et la résignation que je vis dans ses yeux, comme si j’avais fait le mauvais choix.

« Très bien. Sachez que cette compatibilité a été enregistrée dans votre dossier. Si vous changez d’avis, la loi vous autorise à me contacter. Si vous choisissez de devenir une Épouse, votre condamnation sera annulée, votre casier judiciaire redeviendra vierge » et vous serez envoyée à vos compagnons immédiatement. »

Alors qu’elle parlait, elle plaça une étrange machine portable près de ma tête et je poussai un cri aigu lorsqu’une vive douleur me frappa à la tempe.

« Aïe ! m’exclamai-je en me débattant, tirant sur mes menottes avec une détermination toute retrouvée. Qu’est-ce que c’était ?

— Je suis désolée, Rachel, mais c’était nécessaire. »

Elle s’éloigna et alla placer le drôle d’objet cylindrique sur la table avant de revenir vers moi avec sa tablette dans les mains, les sourcils froncés.

« Et je suis désolée pour le mal de tête que vous allez ressentir pendant ces prochaines heures, reprit-elle. Normalement, vous seriez dans le transporteur pendant que votre cerveau s’habituerait à l’UPN, mais vous n’aurez pas cette chance.

— L’UPN ? Qu’est-ce que c’est que ça ? »

J’avais envie de me poser la main sur la tempe pour la frotter. Qu’est-ce qu’elle venait de me faire ?

« Qu’est-ce que vous m’avez fait ? »

Les menottes autour de mes poignets se détachèrent alors que la gardienne appuyait sur sa tablette. Elle leva les yeux vers les miens, et je n’y lus aucune compassion, seulement de la pitié.

« L’UPN est une unité de préparation neurale, nécessaire pour quitter la planète. Sa technologie neurale se fondra à votre centre du langage, vous permettant de comprendre et de parler toutes les langues de la Coalition. Vous ne pourrez pas devenir une Épouse si vous n’en avez pas.

— Mais je ne veux pas devenir une Épouse. »

Alors que je me levais, un garde entra dans la pièce avec les longues chaînes familières qui cliquetaient entre deux menottes. Je savais qu’il allait me ramener en prison, à l’isolement, où les gardiens me traitaient comme si j’étais invisible, tel un rat dans une cage qui avait besoin de nourriture et d’eau, mais rien d’autre. C’était tout de même mieux que l’alternative. Je ne voulais pas être autre chose qu’une simple détenue à leurs yeux, une autre bouche à nourrir. Je ne voulais pas qu’ils me remarquent.

Mais j’étais innocente. Mon avocat et les amis que j’avais en dehors de la prison découvriraient forcément la vérité. Il fallait que je croie que le juge qui s’occupait de mon affaire percerait à jour les mensonges du procureur.

« Si vous ne voulez pas devenir une Épouse, alors pourquoi avoir suivi le conseil de votre avocat en venant vous faire tester ? »

Sa question touchait un point sensible, mais je refusais de me laisser intimider. Je refusais de croire que le système judiciaire puisse me décevoir à ce point-là.

« Juste au cas où, « dis-je.

Elle hocha la tête d’un mouvement bref et précis.

« Exactement ? Et maintenant, vous avez l’UPN, juste au cas où. »