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Commentaire sur les grands mystères de la relation de Maître à disciple
La Sri Guru Gîta fait partie du Skanda Purana écrit par Veda Vyasa. Le Skanda Purana - l’un des 18 Puranas - contient les louanges qui nous montrent comment ouvrir notre cœur pour recevoir la Grâce. La Guru Gîta regroupe 400 versets, nous ne traiterons que les principaux, soit 182.
La Sri Guru Gîta relate l’échange entre le Seigneur Shankar et Parvati, durant lequel la déesse Parvati demande à Shiva,
« Qui considères-tu comme le plus grand sur Terre ? » Alors, le Dieu Shiva Lui-même, sous la forme de Dakshinamurti, explique à Maha Devi que la plus grande forme sur Terre est celle du Maître.
Krishna Lui-même a déclaré dans la Bhagavad Gîta, « Je suis l’incarnation du Maître. C’est par Ma Grâce que le Maître apparaît sur Terre et c’est par Ma Grâce que les disciples sont guidés vers ce à quoi ils appartiennent. Le Christ Lui-même
a également dit, « Je suis venu pour mes brebis. Je suis venu pour mon troupeau. » Ainsi, où que le disciple se trouve, le Maître le cherche et l’attire.
La Sri Guru Gîta est l’un des plus beaux chants, car tout ce que nous faisons ici [Swami fait référence aux fêtes de Navaratri de 2014], pour honorer la Mère, se fait aussi par la Grâce du Maître.
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Seitenzahl: 297
Veröffentlichungsjahr: 2021
Bhakti Marga
Copyright © Bhakti Event GmbH, 2016. Tous droits réservés.
PREMIERE EDITION Imprimé en France ISBN 979-10-95951-00-1
www.bhaktimarga.org
Sri Swami Vishwananda
Sri Guru Gita
Commentaire sur les grands mystères de la relation de Maître à disciple
oṁ premāvatārāya vidmahe sadgurudevāya dhīmahi tanno vishwananda prachodayāt
Nous méditons sur le Premavatar, Nous fixons notre attention sur le Satguru.
Jagadguru Sri Mahavatar Babaji
Satguru Sri Swami Vishwananda
La Sri Guru Gîta fait partie du Skanda Purana écrit par Veda Vyasa. Le Skanda Purana – l’un des 18 Puranas – contient les louanges qui nous montrent comment ouvrir notre cœur pour recevoir la Grâce. La Guru Gîta regroupe 400 versets, nous ne traiterons que les principaux, soit 182.
La Sri Guru Gîta relate l’échange entre le Seigneur Shankar et Parvati, durant lequel la déesse Parvati demande à Shiva, « Qui considères-tu comme le plus grand sur Terre ? » Alors, le Dieu Shiva Lui-même, sous la forme de Dakshinamurti, explique à Maha Devi que la plus grande forme sur Terre est celle du Maître.
Krishna Lui-même a déclaré dans la Bhagavad Gîta, « Je suis l’incarnation du Maître. C’est par Ma Grâce que le Maître apparaît sur Terre et c’est par Ma Grâce que les disciples sont guidés vers ce à quoi ils appartiennent. Le Christ Lui-même a également dit, « Je suis venu pour mes brebis. Je suis venu pour mon troupeau. » Ainsi, où que le disciple se trouve, le Maître le cherche et l’attire.
La Sri Guru Gîta est l’un des plus beaux chants, car tout ce que nous faisons ici [Swami fait référence aux fêtes de Navaratri de 2014], pour honorer la Mère, se fait aussi par la Grâce du Maître.
Athā Śrī Guru Gītā prarāmbhaḥ
La Guru Gîta commence ainsi.
Oṁ asya śrī gurugītā stotra mantrasya Bhagavān sadāśiva ṛṣiḥ
OM. Le Seigneur Shiva est le Rishi, le sage, le prophète des mantras dans cet hymne connu en tant que Guru Gîta.
Nānāvidhāni chandāṁsi śrī guruparamātmā devatā
Les rythmes de cet hymne sont divers. Sa déité en est le Maître, le Soi Suprême.
Haṁ bījam saḥ śaktiḥ kroṁ kīlakam Śrī guru prasāda siddhyarthe jape viniyogaḥ
« Ham » est son bij mantra, « Sah » est sa Shakti. « Krom » est son mystère, sa magie. Chantez et répétez cet hymne pour atteindre la Grâce du Maître.
Athā dhyānam
Commençons à méditer.
Haṁsābhyāṁ parivṛtta patra kamalair divyair jagat kāraṇair Viśvotkīrṇam aneka dehanilayaiḥ svacchandam ātmecchayā
Taddyotaṁ padaśāmbhavaṁ tu caraṇaṁ dīpāṅkura grāhiṇaṁ Pratyakṣākṣara vigrahaṁ gurupadaṁ dhyāyed vibhuṁ śāśvatam
« Ham » et « Sa » représentent les yeux de lotus du Maître. Il est la divine origine de l’univers. De Sa propre volonté, Il se manifeste sous diverses formes pour élever le monde. Il est toujours libre ; Sa forme est impérissable, éternelle et omniprésente. Méditons sur Ses Pieds de Lotus.
Mama catur vidha puruṣārtha siddhyarthe jape viniyogaḥ
Je chante cette Guru Gîta pour la réalisation des quatre buts de la vie : Dharma (la conduite juste), Artha (la richesse), Kama (le désir) et Moksha (le salut).
Verset 1
Sūta uvāca : Kailāsa śikare ramye bhakti sandhāna nāyakam Praṇamya pārvatī bhaktyā śaṅkaraṁ paryapṛcchata
Suta dit : Jadis, alors que le Seigneur Shiva, Celui qui connaît le secret de la dévotion, était assis sur le magnifique Mont Kailash, Parvati s’inclina devant Lui avec révérence et Lui demanda.
« Seigneur Shiva, qui connait le secret de la dévotion. » Nous devons noter que le secret de la dévotion est révélé par la sadhana, la pratique spirituelle. Et le Seigneur Shiva est considéré comme le plus grand des sadhaks, des pratiquants spirituels, car Il est en constante méditation sur Narayana d’où tout est issu. Voici pourquoi dans ce verset, Seigneur Shiva est estimé comme celui « qui connaît le secret de la dévotion » parce qu’Il en est empli et qu’Il est immergé dans Sa sadhana.
La dévotion n’est pas superficielle, elle est profonde. Même si elle apparait très simple – parfois vous avez de la dévotion mais vous ne la ressentez pas ; vous priez et vous dites, « Ma prière est mécanique. » Mais en réalité elle ne l’est pas ! Car l’expression même, la récitation des noms divins n’est pas la répétition d’une phrase superficielle, elle comporte une grande profondeur. Et cette profondeur assainit les impuretés gardées depuis plusieurs vies.
Bhagavan Shankar [autre nom de Shiva] dit qu’Il est celui qui connaît cette profondeur, ce secret de la dévotion, parce qu’Il est entièrement immergé dans cette bhakti. Il est pleinement absorbé dans cette dévotion, ce qui dénote l’amour qu’Il lui porte ! Parce que si l’on n’est pas absorbé dans notre dévotion, on s’ennuie. Mais si vous connaissez le secret qui sous-tend ce que vous êtes en train de faire, alors vous aimerez le faire. C’est pourquoi lorsque vous aimez faire quelque chose, les fruits de votre action sont différents de ceux d’une action qui vous déplaît. Dans chaque chose que vous faites, il y a un secret ! Et en perçant ce secret, vous apprécierez tout ce que vous ferez.
Bhagavan Shankar aime Sa dévotion pour le Seigneur Narayana, parce qu’Il en connait le secret. C’est pourquoi nous pouvons dire qu’Il est l’incarnation même de la sadhana.
Suta poursuit la description de la scène tandis que le Seigneur Shiva « était assis sur le magnifique Mont Kailash, Parvati s’inclina devant Lui avec révérence ». Vous devez comprendre que le mont Kailash représente le niveau spirituel le plus élevé. Ce n’est pas seulement un lieu, une montagne mais c’est le Sri Guru Gîta. C’est le sens même du plus haut niveau de la spiritualité.
Bhagavan Shankar est assis avec Parvati. Vous êtes en présence des deux qualités, Shiva-Shakti, la forme et le sans forme. Shiva est considéré comme le sans forme et Shakti comme le manifesté. Les deux vont de paire, Purusha et Shakti. Parvati, la manifestation de Shakti, a demandé, avec vénération et humilité, au Seigneur Shiva, d’éclaircir la profondeur de celui sur lequel le Seigneur Shiva médite et quel est son aspect.
Verset 2
Śrī devī uvāca : Oṁ namo devadeveśa parātpara jagadguro Sadāśiva mahādeva gurudīkṣāṁ pradehi me
La déesse dit : Ô Dieu des Dieux ! Ô suprême précepteur de l’univers ! Ô inoffensif et bienveillant Mahadev, Dieu par excellence ! Démêle et explique-moi les mystères du Maître.
La déesse dit, « Ô Dieu des Dieux ! Ô suprême précepteur de l’univers ! Ô inoffensif et bienveillant Mahadev. » La déesse Parvati, en tant que Shakti, pose des questions au Purusha. Elle s’adresse au Seigneur Shiva en tant que Dieu des Dieux – Narayana est le Seigneur suprême éternel, Dieu suprême Lui-même. Il s’est manifesté ensuite dans Brahma, dans Vishnu et dans Shiva. Brahma représente la création, Mahavishnu la préservation et Shiva la dissolution. Dans cette trinité, Mahavishnu est la manifestation directe de Narayana ; c’est pourquoi Il soutient tout, Brahma et Shiva en sont aussi une manifestation, mais ils sont ses co-créateurs.
Peu de chose arrive avec Brahma parce qu’Il crée seulement. Le plus grand travail est de maintenir la création. Il est facile de créer quelque chose, mais son maintien, faire en sorte que la chose fonctionne est plus difficile, n’est-ce pas ? C’est l’œuvre de Mahavishnu. Ensuite, bien sûr, le Seigneur Shiva représente la dissolution. Il supprime chaque chose de sorte qu’une nouvelle réalité voit le jour. Par conséquent la destruction ne fait pas que détruire et achever. La destruction signifie aussi le renouveau. C’est pourquoi Devi parle de Lui en tant que Précepteur Suprême de l’Univers, parce qu’à travers la destruction, Il permet aussi à la création de voir le jour.
La déesse poursuit en disant, « Dieu par excellence ! Démêle les mystères du Maître et explique-les-moi ! » Puis elle demande, « Tu es le Seigneur ! Tu loues le Maître ! Toi qui es le plus grand – le Deva des dévas – les demi-dieux, te prient tous ! Toi qui es le plus cher à Narayana, le plus cher à Mahavishnu ! De grâce explique-moi : quel est le secret que détient un Maître ? Pourquoi le Maître est-il différent de toute autre personne ? » La déesse elle-même a besoin de savoir et de comprendre cela.
Verset 3
Kena mārgeṇa bho svāmin dehi brahmamayo bhavet Tvam kṛpāṁ kuru me svāmin namāmi caraṇau tava
La Déesse dit : Ô Seigneur ! Mes salutations à Tes Pieds de Lotus. Dis-moi quel chemin doit prendre un être humain pour ne faire plus qu’un avec l’absolu ? Ô Dieu grand et bienfaisant !
La déesse poursuit ses questions, « Ô Seigneur ! Mes salutations à Tes Pieds de Lotus. Dis-moi par quel chemin un être humain peut-il devenir – peut-il atteindre le Seigneur, le Suprême Narayana ? Ô miséricordieux ! Ô Deva, Seigneur des demi-dieux ! Explique-moi le secret du Maître et par quel chemin un être humain peut être sauvé.
Bhagavati sait que le mental de l’homme crée constamment du karma. Chaque souffle est créateur de karma. Chaque action, chaque pensée crée du karma, ainsi la Mère se sent très concernée. Elle se sent concernée par chaque être. C’est pourquoi Elle demande à l’absolu comment il est possible d’atteindre les Pieds de Lotus du Seigneur ? Comment est-il possible d’atteindre la grâce du Seigneur ?
Face à une telle dévotion et une telle sollicitude en tant que Mère de Ses enfants, Il répond :
Verset 4
Īśvara uvāca : Mamarūpāsi devi tvaṁ tvat prītyarthaṁ vadāmyaham Lokopakārakaḥ praśno na kenāpi kṛtaḥ purā
Isvara a dit : Ô déesse, tu es ma forme même et mon soi ! Je réponds et explique ceci par amour pour toi. Jamais personne ne m’a posé cette question dans l’intérêt de tous les lokas (mondes.)
Bhagavan Shankar dit, « Ô déesse, tu es ma forme même et mon soi ! », le Seigneur Shankar-Shiva exprime ainsi à Parvati qu’il n’y a aucune différence entre lui et elle. Même s’ils sont séparés en deux formes distinctes, en vérité ils ne font qu’un ! Elle est sa forme même, et pas seulement dans la représentation mais aussi dans le Soi, Shiva et Shakti sont Un. Il en est de même avec Radha et Krishna lorsque nous disons qu’ils sont Un.
Le Seigneur Shiva dit qu’Il expliquera ce mystère. Il éclaircira ce qui se cache derrière ce secret de la dévotion, le secret du Maître. Ce n’est pas parce qu’elle le Lui demande, mais en raison de l’amour qu’elle a pour lui. C’est donc par cet amour qu’Il lui porte, qu’Il expliquera le secret de la dévotion à Parvati
Puis Il lui dit, « Personne ne m’a jamais posé cette question. » Elle fut la première à la Lui poser, et cette réponse émanant de Lui sera bénéfique à tous les univers, à tous les mondes. Le mot sanscrit est Lokopakārakah, ce qui signifie que ce qu’expliquera Shiva à Parvati n’est pas réservé à ses seules oreilles. Mais par sa compréhension, tous les lokas, tous les univers recevront le bénéfice de cette bénédiction.
Verset 5
Durlabhaṁ triṣu lokeṣu tacchṛṇuṣva vadāmyaham Guruṁ vinā brahma nānyat satyaṁ satyaṃ varānane
Je vous révèle le mystère impénétrable des trois mondes. Ô beauté ! Écoute ! L’absolu n’est pas différent du Maître. C’est la vérité, la pure vérité.
Le Seigneur Shiva dit à Parvati, « Je te révèle le mystère impénétrable des trois mondes. Le plus grand et le plus profond secret » des trois mondes. « Ô beauté ! Écoute ! » Bhagavan Shankar s’adresse à Parvati en tant que beauté ! Il dit qu’elle, la création, la Mère, est la plus belle. Il s’agit non seulement de la beauté extérieure mais aussi de la beauté intérieure. Par conséquent, la beauté ici représente ce qu’il y a de plus concerné, de plus affectueux, de plus joyeux.
Bhagavan Shankar poursuit, Guruṁ vinā brahma nānyat, ce qui signifie « le Maître n’est pas différent de l’absolu ». Ainsi, la première chose que déclare le Seigneur Shiva à Parvati est qu’il n’y a absolument aucune distinction entre le Maître et l’absolu. C’est ce que Krishna dit dans la Gîta, « Je suis sous la forme du Maître ». Si les gens perçoivent une différence, alors ils se trompent complètement. Mais s’ils décèlent le Maître en cet état suprême, s’ils perçoivent le Seigneur assis en Son cœur, s’ils ne distinguent aucune dissemblance entre le Maître et Lui, ils atteindront alors Bhagavan Lui-même.
Bhagavan Shankar affirme, « L’absolu n’est pas différent du Maître. C’est la vérité ». Et c’est la réalité ! Satyaṁ satyaṃ varānane ! Celui qui perçoit une distinction entre le Maître et la déité se trouve dans l’illusion. Mais celui qui perçoit le Maître en tant que déité, est dans le vrai.
Verset 6
Veda śāstra purāṇāni iti hāsādikāni ca Mantra yantrādi vidyāś ca smṛtir ruccāṭanādikam
Voici la Vérité non révélée par les Védas, ni par d’autres écritures, épopées, mantras et yantras, formules magiques, etc… ou traditions orales et autres sources.
Bhagavatan Shankar continue son explication sur cette vérité qui n’est pas révélée par les Védas, ni par d’autres écritures, épopées, sciences, ni par les mantras et les yantras. Elle n’est pas non plus révélée par les tantras ni par une autre source quelconque. Bhagavan Shankar Lui-même dit que les Védas ne parlent pas de cette vérité. Elle sera donnée partiellement, mais sa révélation complète n’est faite qu’à ceux qui s’abandonnent aux Pieds du Maître. C’est l’unique moyen d’obtenir la révélation. Parce que sans cet abandon aux Pieds de Lotus du Maître, il ne s’agit que de mots qu’on lit ou de paroles que l’on dit. Cela n’a aucun sens.
Verset 7
Śaiva śāktāgamādīni anyāni vividhāni ca Apabhraṁśa karāṇīha jīvānāṁ bhrānta cetasām
Les traités Saivites et Shaktas et les différentes sectes et dogmes induisent seulement un peu plus en erreur les individus déjà dupés.
Shiva dit qu’il existe plusieurs chemins : les Saivites, les Shaktas, les Vaishnavas, les Ganapatyas, les Kaumaras, les Brahmanas et bien d’autres encore. Il y a différents groupes, différents dogmes, différents chemins, différentes sectes, qui énoncent très souvent des choses différentes dans le monde extérieur ; mais en profondeur, pour celui qui s’abandonne, qui atteint les Pieds de Lotus du Maître qui traverse l’illusion des dogmes et l’illusion du monde extérieur, la réalité révèle le Soi intérieur absolu.
Bhagavan Shankar explique qu’il existe des chemins distincts, différentes façons de penser, mais que toutes ces approches proviennent du Maître.
Verset 8
Yajño vrataṁ tapo dānaṁ japastīrthaṁ tathaiva ca Guru tattvam avijñāya mūḍhāste carate janāḥ
Ceux qui accomplissent des rituels sacrificiels, prononcent des vœux, font des pénitences, réalisent des offrandes, pratiquent le japa et vont en pèlerinage sans connaître la vérité du Maître sont ignorants.
Bhagavan Shankar poursuit son explication, « Ceux qui accomplissent des rituels sacrificiels, prononcent des vœux, font pénitence, offrent des dons, pratiquent leur japa et partent en pèlerinage » – Il dit que tout cela est très important. Il est important d’accomplir des rituels sacrificiels. Il est important de prononcer certains vœux dans la vie, de faire pénitence, d’offrir la dakshina, de donner des offrandes, de faire ses pratiques spirituelles. Mūdhāste carate janāh signifie que tout cela est très bien, mais devient inutile pour qui ne connaît pas la vérité du Maître. Le Seigneur Shiva exprime dans ce verset que celui qui fait tout ceci sans connaître la vérité sur le Maître, est ignorant.
Verset 9
Gurur buddhyātmano nānyat satyaṁ satyaṁ na saṁśayaḥ Tallābhārthaṁ prayatnastu kartavyo hi manīṣibhiḥ
Le Maître n’est pas différent du Soi, de la conscience. C’est sans le moindre doute, la vérité, la Vérité absolue. Par conséquent un homme sage doit sentir qu’il est de son devoir de chercher et de trouver le Maître.
Bhagavan Shankar poursuit son explication sur la vérité, il précise que vous devriez connaître la vérité profonde du Maître avant d’aller en pèlerinage, avant de faire toute pratique spirituelle. Vous devriez savoir que le Maître n’est pas distinct du vrai Soi, de la conscience. Il n’y a aucune différence. Parce que le Maître est le Soi absolu du bhakta lui-même.
Satyaṁ satyaṁ na saṁśayaḥ ; c’est sans aucun doute la vérité, l’absolue vérité. Il explique que vous ne devez pas voir le Maître seulement de l’extérieur, mais que vous devez reconnaître que le Maître est le Soi en vous.
Tallābhārthaṁ prayatnastu kartavyo hi manīṣibhiḥ. Il dit également que si vous avez la sagesse, vous devriez savoir que le devoir de votre âme est de chercher et de trouver Le Maître.
Verset 10
Gūḍha vidyā jaganmāyā dehe cājñāna sambhavā Udayo yatprakāśena guruśabdena kathyate
À cause de son ignorance, l’être incarné pense que la Mère Universelle réside dans le corps en tant que connaissance secrète. Mais Elle se révèle dans Sa propre lumière, avec la Grâce et à travers les paroles du Maître.
Bhagavan Shankar dit qu’en raison de leur ignorance, ceux qui n’ont pas la connaissance, les êtres incarnés, pensent « que la Mère Universelle réside dans le corps en tant que connaissance secrète. » Bhagavan Shankar précise que si vous regardez simplement en vous sans vous abandonner au Maître, pensant que tout est en vous et que vous n’avez besoin de personne, alors vous êtes complètement dans l’ignorance ! Vous êtes complètement dans l’illusion ! Vous êtes complètement dans le mirage !
Udayo yatprakāśena guruśabdena kathyate ; parce que vous êtes en quête de réalité, de connaissance, « Elle se révèle dans sa propre Lumière. » Mais Elle dévoile cette Lumière par « la Grâce et les paroles du Maître ». En raison de l’enthousiasme que vous mettez dans votre quête – vous allez en pèlerinage, vous récitez le japa, vous faites votre sadhana, votre pratique – alors automatiquement Elle vous conduit aux Pieds du Maître.
Verset 11
Sarva pāpa viśuddhātmā śrī guroḥ pādasevanāt Dehī brahma bhavedyasmāt tvatkṛpāthaṁ vadāmi te
Par le service aux Pieds du Maître l’âme incarnée se trouve purifiée et lavée de tout péché. Je vous divulgue ceci avec toute la faveur de ma Grâce.
« Par le service aux Pieds du Maître l’âme incarnée est purifiée et lavée de tout péché. » De ce fait, Bhagavan Shankar dit que le chemin le plus facile afin de se délivrer de ses péchés et de se purifier est l’abandon aux Pieds du Maître. C’est la voie la plus simple. Vous le constatez dans la vie de nombreux saints.
Pendant le cours sur la Gîta, nous avons parlé de Dukhi Krishna. Il n’avait aucun mantra, rien ! Il ne demandait rien à son Maître, il s’était seulement abandonné aux Pieds du Maître. À l’âge de quatorze ans, il s’est abandonné aux Pieds du Maître et a écouté attentivement ce que lui demandait son Maître. Le Maître ne lui a pas donné une grande pratique à faire, Il lui a demandé tout simplement d’arroser les plantes. Simplement en appliquant les paroles du Maître et en arrosant les plantes, il reçut la Grâce de Srimati Radharani.
Bhagavan Shankar dit, śrīguroḥ pādasevanāt, ce qui signifie que seul le service aux Pieds du Maître permet d’effacer ses propres péchés et d’être purifié, d’atteindre le Seigneur Suprême en devenant comme Shiva ; en atteignant cet état de Shivoham. Vous devenez alors le grand bhakta et le Seigneur Lui-même se révèle en vous.
Bhagavan Shankar précise que ceci n’est possible qu’à travers le service aux Pieds du Maître ! Ceci n’arrivera pas par pure coïncidence ! Ni parce que Dieu dira, « D’accord aujourd’hui j’ai décidé de vous mettre sur le chemin spirituel, juste comme cela. » Non. Cela fait suite à votre volonté de vous abandonner. Parce que le service aux Pieds du Maître ne se fait ni par la crainte ni par l’obligation. Non. Cela se fait par l’amour. Car la relation entre le disciple et le Maître est une relation de cet Amour. C’est par cet empressement à servir le Maître que la Grâce et la purification s’obtiennent.
Tvatkṛpāthaṁ vadāmi te, Bhagavan Shankar déclare à Parvati qu’Il Lui révèle cette réalité à la faveur de toute Sa Grâce, empli de Kripa. En fait ici, Il ne Lui parle pas en tant que Shakti ; Il s’adresse à Elle en tant que création, en tant qu’être individuel. C’est pourquoi Il a utilisé le terme « Grâce » ; « Je vous divulgue ceci avec toute ma Grâce ». La Grâce est très importante ; Bhagavan Shankar souligne que sans la Grâce, quoi que vous fassiez, cela ne vous conduira nulle part. Mais par la Grâce, vous serez porté ; la Grâce est semblable à la Mère qui porte son enfant.
Verset 12
Guru pādāmbujaṁ smṛtvā jalaṁ śirasi dhārayet Sarva tīrthāvagāhasya samprāpnoti phalaṁ naraḥ
Si un homme arrose sa tête d’eau aux Pieds du Maître tout en se souvenant des Pieds de Lotus de son Maître, il reçoit le punya, le mérite de se baigner dans toutes les eaux sacrées.
Bhagavan Shankar dit, « Si un homme arrose sa tête d’eau aux Pieds du Maître, tout en se souvenant des Pieds de Lotus de son Maître, il reçoit le punya ou mérite de se baigner dans toutes les eaux sacrées. » Prélever le Charanamrita – l’eau qui a lavé les Pieds du Maître – et s’en asperger, c’est comme se baigner dans les eaux du Gange.
Dans la tradition hindoue, nous croyons qu’en nous baignant dans les eaux du Gange, nous sommes lavés de beaucoup de vies de péchés, de souillures, et que beaucoup de karmas sont ainsi purifiés. Le Gange prend sa source aux Pieds de Lotus de Narayana Lui-même. Puis, des Pieds de Lotus de Narayana, la rivière Gange pénètre le kamandalu de Brahma. Elle fut envoyée sur la Terre quand le Sage Bhagirath faisait pénitence. Pourquoi le Sage Bhagirath faisait-il pénitence ? C’était pour libérer ses ancêtres, pas lui-même mais ses ancêtres. Bhagavan Shankar explique qu’en prenant l’eau qui a lavé les Pieds du Maître et en s’en aspergeant, cet acte équivaut à prendre un bain dans la rivière Gange. Cela signifie qu’en plus de se purifier soi-même, les générations précédentes sont également purifiées. Cela produit le même effet sur elles.
Verset 13
Śoṣaṇaṁ pāpa paṅkasya dīpanaṁ jñāna tejasām Guru pādodakaṁ samyak saṁsārārṇavatārakam
L’eau bénite (celle qui a lavé les Pieds du Maître) sèche la fange des péchés, éclaire la lampe de la connaissance et aide à traverser l’océan de la vie terrestre.
La Charanamrita, l’eau sacrée qui a lavé les Pieds du Maître, assèche la puissance du péché ; elle retire le pouvoir du péché sur le bhakta et éclaire la lumière de la connaissance. C’est le pouvoir de la charanamrita. Elle donne la connaissance divine, la connaissance du vrai Soi et permet de se libérer. Elle fait franchir l’océan d’illusion et atteindre l’objectif de la vie, le but de l’incarnation.
Verset 14
Ajñāna mūla haraṇaṁ janma karma nivāraṇam Jñāna vairāgya siddhyarthaṁ guru pādodakaṁ pibet
Elle déracine l’ignorance, qui est la conséquence de avidya, « la non-connaissance », elle met un terme aux renaissances et(leurs causes) karmas. Il faut boire par petites gorgées l’eau sacrée des Pieds du Maître pour accéder à l’Illumination, la résignation et le non-attachement, vairaagya.
La Charanamrita déracine l’ignorance au sein du bhakta ; ignorance qui est la cause, la racine et la conséquence de avidya (folie, ignorance). Lorsque celle-ci se trouve supprimée, le chemin de la libération s’ouvre. Mais celui qui reste dans cette ignorance, demeure toujours dans le cycle de la mort et de la renaissance. Il reste toujours dans ce cycle pour renaître encore et encore, et ce pour de nombreuses vies. Mais celui qui a la connaissance achève le karma et ses cycles de renaissances.
Bhagavan Shankar dit, « Vous devez siroter à petites gorgées l’eau sacrée des Pieds du Maître afin d’accéder à l’illumination, à la résignation et au non attachement, vairāgya ». Ici siroter l’eau n’a pas le sens littéral de boire l’eau, mais d’absorber aadesh, l’instruction du Maître. L’instruction, que le Maître donne, recevez-la, dégustez-la ! Vous devez la méditer ! Vous devez vous absorber dans la parole du Maître.
Verset 15
Guroḥ pādodakaṁ pītvā guror ucchiṣṭa bhojanam Guru mūrteḥ sadā dhyanaṁ guru mantraṁ sadā japet
Buvez l’eau sacrée des Pieds du Maître, mangez les restes de la nourriture offerte en premier au Maître. Méditez constamment sur Lui et répétez continuellement le mantra donné par le Maître.
Il dit, « Buvez l’eau sacrée des Pieds du Maître ; mangez les restes de la nourriture offerte en premier au Maître.» Gurorucchiṣṭa bhojanam – le Prasad du Maître doit être mangé, car le prasad que le Maître a mangé, est imprégné de Sa bénédiction.
« Méditez constamment sur Lui et répétez continuellement le mantra donné par le Maître. » Gurumūrteḥ sadā dhynaṁ – Il dit que votre dhyanam doit être en permanence sur la forme du Maître.
Gurumantraṁ sadā japet – le japa que vous devez pratiquer est celui que le Maître vous a donné, ce n’est pas simplement réciter des centaines de mantras. Quand vous recevez le mantra du Maître récitez uniquement ce mantra – ce sera la cause de votre purification, ce sera la cause de votre libération.
Verset 16
Kāsī kṣetraṁ tannivāso jāhnavī caraṇodakam Gurur viśveśvaraḥ sākṣāt tārakaṁ brahma niścitam
Le vrai lieu où le Maître réside est Kashi. L’eau sacrée de Ses Pieds est le Gange. Le Maître est le Seigneur de l’univers, Shiva Lui-même. En vérité Il est le Sauveur, Brahma.
Kāsī kṣetraṁ tannivāso signifie que la demeure du Maître devient Kashi elle-même. L’endroit où le Maître se trouve est Vrindavan, le Tirtha sacré lui-même. Tous les lieux sacrés de pèlerinage sont la résidence même du Maître.
Jāhnavī caraṇodakam, Bhagavan Shankar veut dire que l’eau sacrée de Ses Pieds est le Gange même.
Gurur viśveāśvaraḥ sākṣāt tārakaṁ brahma niścitam ; le Maître est le Seigneur de l’univers, la Trimurti elle-même est personnifiée sous la forme du Maître. En vérité Il est le sauveur, Brahma. Le Maître est la personnification de Brahma, Vishnu et Shiva. Il se manifeste pour sauver l’humanité. Il s’est incarné pour conduire chacun de nous vers l’état suprême, pour nous porter aux Pieds de Lotus du Maître.
Verset 17
Guroḥ pādodakaṁ yattu gayā ’sau so ’kṣayo vaṭaḥ Tīrtha rājaḥ prayāgaś ca gurumūrtyai namo namaḥ
L’eau sacrée des Pieds du Maître est Gaya, le banyan Akshaya (impérissable), Le Prayag le plus sacré. Salutations encore et toujours au Maître !
Guroḥ pādodakaṁ yattu gayā’sau so’kṣayo vaṭaḥ, Il déclare que l’eau sacrée des Pieds du Maître est Gaya. Elle représente également un banyan impérissable.
Tīrtha rājaḥ prayāgaṣca gurumūrtyai namo namaḥ, le Prayag le plus sacré se trouve à la confluence des trois rivières : le Gange, la Yamuna et la Saraswati – ce lieu de jonction s’appelle Prayag. Il dit, « Salutations encore et toujours au Maître. » Bhagavan Shankar Lui-même loue le Maître lorsqu’il dit que les Pieds du Maître sont le Prayag même. Pour celui qui s’abandonne aux Pieds du Maître, il n’est plus nécessaire de se rendre à Prayag.
Pour qui s’abandonne aux Pieds du Maître, le Maître devient l’arbre à souhaits, le kalpaturu et Gaya se trouve où le Padam de Narayana est présent. Dans la tradition hindoue, on se rend à Gaya afin d’y accomplir les derniers rituels avant de mourir. Il est dit que lorsque vous accomplissez vos derniers rituels avant de mourir à Gaya, vous êtes libéré. Bhagavan Shankar explique que les Pieds du Maître sont Gaya même. Si vous vous abandonnez aux Pieds du Maître, vous êtes à Gaya. Ainsi la libération est aux Pieds du Maître.
Verset 18
Guru mūrtim smarennityaṁ gurunāma sadā japet Gurorājñāṁ prakurvīta guroranyanna bhāvayet
Méditez continuellement sur la forme du Maître. Répétez toujours Son nom, accomplissez Ses ordres et ne pensez à rien d’autre si ce n’est au Maître.
Guroḥ mūrtim smarennityaṁ gurunāma sadā japet, exprime qu’il est nécessaire de méditer constamment et toujours, avec profonde dévotion et amour, sur la forme du Maître. Non seulement de méditer mais aussi de chanter continuellement, de répéter, de pratiquer le japa avec le nom du Maître.
Gurorājñāṁ prakurvīta guroranyanna bhāvayet signifie : accomplir Ses ordres. Faire ce qu’Il dit sans se poser de questions, et le faire avec amour et humilité. Ne pas penser à autre chose qu’au Maître.
Verset 19
Guru vaktra sthitaṁ brahma prāpyate tat prasādataḥ Guror dhyānaṁ sadā kuryāt kulastrī svapateryathā
La Connaissance Suprême qui habite les lèvres du Maître ne peut être réalisée qu’à travers Sa Grâce. Méditez toujours sur le Maître, comme une femme fidèle qui pense inlassablement à son époux.
Guruvaktra sthitaṁ brahma signifie que Brahma Lui-même habite les lèvres du Maître. Et qui reçoit la grâce des lèvres du Maître, est réalisé.
Guror dhyānaṁ sadā kuryāt kulastrī svapateryathā ; « La connaissance suprême qui vit sur les lèvres du Maître, ne peut être réalisée que par sa Grâce ». Bhagavan Shankar explique que les paroles du Maître comportent plusieurs significations et plusieurs niveaux de compréhension. Comme vous le savez très bien, il est possible d’interpréter le Sanskrit de 24 façons différentes. Comment savoir l’interpréter ? C’est très difficile ! S’il y a 24 façons de l’interpréter, ce sera très difficile. Il dit que nous ne pouvons comprendre ce que dit le Maître que par la Grâce du Maître Lui-même. Cela signifie que recevoir cette Grâce est fondamental. Mais pour cela, il est nécessaire de s’abandonner.
Bhagavan Shankar poursuit, « Méditez toujours sur le Maître comme une femme fidèle qui pense inlassablement à son époux. » Combien d’épouses pensent constamment à leur mari ? Dans les temps anciens, savez-vous que les épouses accomplissaient le Sati ? Elles étaient toujours aux Pieds de leurs conjoints. De nos jours les femmes pensent, « Où est mon mari, que fait-il ? Avec qui est-il ? ». Ce n’est pas méditer, c’est douter ! Il nous rappelle que lorsque nous aimons quelqu’un, qu’avons-nous à l’esprit ? Cette personne est en permanence présente à notre esprit, n’est-ce pas ? Où que nous allions, quoi que nous fassions, cette personne nous est chère, elle est très importante à nos yeux. Cette personne est très près de notre cœur. C’est ce que cela signifie, penchons-nous sur le passé, lorsque les gens étaient très dévoués. De nos jours il en est de même après une rencontre toute nouvelle. Je dis « toute nouvelle » parce que c’est comme cela au début, mais ensuite cela change et après…. n’en parlons plus ! Mais quand votre amour est tout nouveau, vous pensez constamment à cet amour, à celui ou celle que vous avez rencontré(e). Il n’y a pas une seconde où vous ne guettiez votre téléphone espérant un sms, un message via la technologie actuelle. Et lorsque vous le recevez vous êtes heureux parce que c’est important pour vous. Bhagavan Shankar rappelle que l’on devrait méditer constamment sur la forme du Maître. Rien d’autre ne devrait occuper l’esprit en dehors du Maître.
Verset 20
Svāśramaṁ ca svajātim ca svakīrti puṣṭi vardhanam Etat sarvaṁ parityajya guror anyanna bhāvayet
Mettez de côté votre situation sociale et votre position, caste, réputation, richesse ou moyens pour obtenir le succès terrestre. Ne pensez à rien si ce n’est au Maître.
Bhagavan Shankar explique que lorsque vous méditez sur les Pieds du Maître, sur Sa forme, vous devriez laisser tout le reste de côté. Quelle que soit la position que vous occupez dans la vie, quelle que soit la caste à laquelle vous appartenez, quel que soit le but que vous souhaitez accomplir dans la vie, la réputation, la richesse, le nom, les succès mondains – quand vous vous concentrez sur le Maître, quand vous méditez sur le Maître, votre mental ne doit pas être distrait. Vos pensées ne doivent pas s’égarer. Guror anyanna bhāvvayet signifie que vos pensées doivent se focaliser uniquement sur le Maître. Aucune autre pensée ne devrait subsister en dehors du Maître. Par conséquent lorsque vous méditez sur la forme du Maître, toutes les choses extérieures doivent rester à l’extérieur et vous devez voir le Maître dans votre cœur.
Verset 21
Ananyāś cintayanto māṁ sulabhaṁ paramaṁ padam Tasmāt sarva prayatnena guror ārādhanaṁ kuru
L’état suprême est facilement accessible à celui qui médite sur son Maître avec une ferme dévotion. Efforcez-vous, par tous les moyens, d’adorer et de rechercher la conciliation avec le Maître.
L’état suprême, le niveau le plus élevé est facilement accessible à celui qui médite sur le Maître avec une dévotion ferme et résolue, avec une profonde concentration, avec un mental stable, qui ne vagabonde pas. Lorsque l’attention est dirigée sur les Pieds du Maître avec une profonde dévotion, tout devient plus facile. Tasmāt sarva prayatnena guror ārādhanaṁ kuru, pour qu’il en soit ainsi, vous devez faire de votre mieux pour adorer le Maître et vous le concilier. Il ne suffit pas de dire simplement, « Oh, j’accepte ce Maître en tant que Maître, et c’est bon ! » Le Seigneur Shankar Lui-même explique que, même si le mental erre, il doit toujours être ramené sur la forme du Maître par tous les moyens, par tous les efforts possibles. Et une fois que vous avez réussi, tout devient plus facile ; ceci n’arrive pas d’un seul coup mais demande beaucoup d’efforts de votre part ; sans ces efforts ce serait vain. Qui vous confierait quelque chose en sachant que vous n’êtes pas capable de le gérer ? Personne ! Mais si quelqu’un sait que vous pouvez gérer, alors il vous confiera cette chose. Par exemple, vous avez une entreprise, vous allez à la banque demander un crédit. Cependant le responsable vous regarde et pense, « Cet homme ne me rendra jamais l’argent ! Il ne remboursera jamais le crédit. » Pensez-vous qu’il vous accordera ce crédit ? Il ne vous l’accordera jamais. Mais si vous avez certaines qualités, certaines facultés, alors simplement en vous regardant, le responsable dira, « Cette personne est prête ! » Donc il vous accordera le crédit. Il en est de même pour le Maître : aussi longtemps que vous n’êtes pas prêt, vous devez essayer par tous les moyens de vous préparer à recevoir sa Grâce.
Verset 22
Trailokye sphuṭavaktāro devādyasura pannagāḥ Guruvaktra sthitā vidyā guru bhaktyā tu labhyate
Les dieux, les démons, ou les cobras des trois mondes énoncent clairement que la connaissance permanente du Maître ne peut s’acquérir qu’à travers une totale dévotion envers Lui.
Les dieux, les démons, toutes les espèces inférieures des trois mondes, tous ceux qui ont la connaissance réelle de la grandeur du Maître, énoncent tous clairement la grandeur de l’abandon aux Pieds du Maître avec dévotion. Ils savent tous que seuls une dévotion et un dévouement complet permettent d’atteindre les Pieds de Lotus du Maître. Il n’y a pas de hasard et rien n’arrive simplement par coïncidence. Comme l’affirme le Seigneur Krishna dans la Gîta, « Tout arrive par Sa volonté. » Il place chacun à l’endroit où il doit se trouver. Chaque âme est installée en fonction de son karma, et selon l’importance de sa dévotion. Il place chaque âme dans telle ou telle matrice et Il trace le chemin qui la conduira à la libération.
Trailokye sphuṭa vaktāro devādyasura pannagāḥ – Il annonce que toutes les espèces, les demi-dieux, les asuras, les démons et les espèces inférieures, tous savent qu’il est impossible d’atteindre la libération sans s’abandonner au Maître. C’est pourquoi vous pouvez observer dans la tradition hindoue que même les asuras ont leur Maître pour les guider. En dépit de leur orgueil, ils savent que la hiérarchie existe. Le démon Shukracharya incarne le Maître des daytas et Il leur donne de bons conseils. Lorsque l’orgueil du Seigneur Shiva se manifesta sous la forme de Jalandhar, Shukracharya dit aux démons, « N’allez pas Le combattre, Il est le Seigneur Shiva Lui-même. » Mais qu’ont-ils fait ? Et comme Jalandhar lui était très cher, Il lui demanda, « Jalandhar, tu fais aussi partie du Seigneur Shiva, pourquoi vas-tu Le combattre ? Tu ne peux pas ! Parce que tu représentes l’une de Ses qualités très basses, et l’une de Ses manifestations inférieures, tu ne gagneras jamais. Ce faisant Shukracharya l’avertissait, « Tu seras tué. Ne sois pas ridicule ! » Vous pouvez constater qu’il leur donnait de bons conseils : ne pas aller combattre quelqu’un de plus grand qu’ils ne pouvaient manipuler. Les démons mêmes connaissent la grandeur du Maître. Si vous avez cette connaissance, alors la vraie Connaissance vous sera accordée.
Verset 23
Gukāras tvandhakāraś ca rukāras teja ucyate Ajñāna grāsakaṁ brahma gurur eva na saṁśayaḥ
La première syllabe « Gu » signifie obscurité et la seconde, « Ru » lumière. Le Maître est sans aucun doute Brahma, celui qui dissipe toutes les ténèbres.
La première syllabe « Gu » signifie obscurité et la seconde « Ru » signifie lumière. Ainsi Parabrahman, l’Ultime, réside dans le cœur du Maître en tant que destructeur de ténèbres. Vous constatez que le mot « Guru » contient simultanément l’obscurité et la Lumière. Le Maître maîtrise les ténèbres, les transcende, pour apporter la lumière au bhakta. Si le maître n’avait pas transcendé les ténèbres, comment pourrait-il les maîtriser ? Cela signifie que le Maître maîtrise les deux ; Il est le Maître des ténèbres et le Maître de la lumière. Et en même temps, Ajñāna grāsakaṁ brahma gurur eva na saṁayaḥ, cela signifie qu’Il est au-dessus. Il maîtrise les ténèbres, Il maîtrise la lumière, mais Il réside au-dessus des ténèbres et de la lumière. C’est pourquoi le Maître dissipe les ténèbres de celui qui s’abandonne à Lui. Parce que si un Maître ne peut pas guider quelqu’un vers l’état de conscience divine, alors il n’est pas un Maître. C’est un enseignant mais pas un Maître !
