Temps croisés - Jean Clavilier - E-Book

Temps croisés E-Book

Jean Clavilier

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Beschreibung

Deux époques, deux femmes, un même prénom, une seule adresse et des lettres.

Il suffit parfois d'un évènement inexpliqué pour bouleverser une vie. C'est ce qui arrive à Dori Delgado, une jeune Espagnole installée en France, lorsqu'elle reçoit une lettre rédigée quatre-vingts ans plus tôt. Destiné à son épouse, également nommée Dori, c'est le pli d'un soldat pris dans la tourmente de la Grande Guerre. Deux époques, deux femmes, un même prénom, une seule adresse et des lettres. Lentement, Dori est happée par ce passé qui surgit et la prend à témoin sans lui laisser d'échappatoire.
Dans ce roman, Jean Clavilier mène ses personnages, tels des funambules au-dessus du précipice, vers un dénouement inattendu qui garde sa part de mystère.

Lorsque Dori reçoit une lettre rédigée 80 ans plus tôt par un soldat de la Grande Guerre, le passé surgit et la happe, bouleversant sa vie...

EXTRAIT

Dori découvrait une nouvelle facette du soldat Paul. Elle était bien incapable de juger sur le fond la valeur littéraire de ce poème, mais son cœur lui parlait d’amour, son esprit de vertiges, et son corps de frissons. Comme on le ferait d’un mantra, Dori lut encore et encore les alexandrins de Paul jusqu’à entendre une autre voix les dire en elle.
Elle ferma les yeux pour ne pas pleurer, porta le billet à son visage comme si elle attendait qu’une main caresse sa joue. Le papier glissait sur sa peau, sur ses paupières, sur ses lèvres. Lentement, Dori le déposa sur son sein et resta immobile de longs instants. Le temps était suspendu, sa tête résonnait de vers et d’images. Aucun des bruits qui habitaient son quotidien ne pénétrait plus en elle. Dori n’était plus dans ce monde, mais quelque part entre ciel et terre, à quatre-vingts années de là.
Lentement, comme on sort du sommeil, les sons de la vie s’immisçant en elle, Dori remonta le filin. Il était tard, il faisait chaud, elle était nue, assise dans son salon et avait, en esprit, trompé son mari.

À PROPOS DE L'AUTEUR

Après avoir exercé en tant que consultant en systèmes d’information, Jean Clavilier s’adonne à l’écriture. Temps croisés est son premier roman publié. Jean Clavilier accepte de participer à des salons et à des séances de dédicace. Il habite en Île-de-France.


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EPUB

Seitenzahl: 50

Veröffentlichungsjahr: 2018

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Couverture

Collection

CollectionJASMIN LITTÉRATURE

1.Nouvelles d’Elles

Philippe de Boissy

2.De retour

Marie Geffray

CollectionJASMIN LITTÉRATURE POCHE

1.Temps croisés

Jean Clavilier

2.Une si brève rencontre

Jean Clavilier

3.Chemins de soi

Amel Isyès

4.Semoule de blé dur

Amel Isyès

5.Bonhomme Écriture

Philippe de Boissy

Titre

Copyright

Tous droits de reproduction, de traduction
et d’adaptation réservés pour tous pays

Du même auteur

Jean Clavilier
Après avoir exercé en tant que consultant en systèmes d’information, Jean Clavilier s’adonne à l’écriture.
Il publie ses premiers romans aux Éditions du Jasmin.
DU MÊME AUTEUR
Une si brève rencontre, collection JASMIN LITTÉRATURE POCHE, Éditions du Jasmin, 2012.

Prologue

Mon nom ne vous dira rien, du moins pour le moment. Mais laissez-moi quelques minutes pour vous raconter une bien étrange affaire, qui, si je ne l’avais moi-même vécue, m’eût paru totalement impossible, voire complètement farfelue.
À vrai dire, je n’en suis pas l’acteur principal, mais un personnage très secondaire et cependant accidentellement indispensable. Cette incroyable aventure est arrivée à une amie, bien avant que je n’en fasse la connaissance. Mais n’allons pas trop vite, ni trop loin.
J’ai rencontré cette femme il y a quelques années, en juillet 2005, à l’occasion d’un mariage assez mémorable. C’était un mariage anglais, il faut une fois dans sa vie assister à un mariage anglais, c’est très exotique.
Je m’étais donc rendu outre-Manche, précisément dans la petite ville de Lewes, East Sussex, au sud de l’Angleterre. J’y étais arrivé un vendredi après-midi, une chambre m’avait été réservée dans un hôtel luxueux. J’en pris les clés, y déposai mes bagages et sortis flâner dans les rues chargées d’histoire de la bourgade. Si l’occasion vous en est donnée, allez visiter les jardins qui jouxtent la maison d’Anne de Clèves. C’est un enchantement d’eau et de fleurs. Comme un petit Généralife du Nord. Surprenant !
Les proches des mariés eurent droit à une soirée peu formelle mais tout à fait raffinée en cette veille de cérémonie. Ce fut précisément au cours de cette soirée que je la vis pour la première fois.
Elle était de taille moyenne, élégante sans ostentation, le port altier, la silhouette fine, son visage n’était pas de cette beauté standardisée qui se consomme et puis qu’on jette. Non, au premier abord, on ne la qualifiait pas de jolie car il y avait du baroque dans ses traits. Les cheveux étaient d’un noir profond, deux yeux vert sombre lui donnaient un regard vif et généreux, et bien que le nez fût fort, il était en harmonie avec un visage plutôt en longueur. Des pommettes saillantes encadrant une bouche parfaitement formée achevaient de vous laisser une impression de beauté. S’il avait fallu dire d’où elle venait, j’eusse affirmé qu’elle était de Sicile, d’Andalousie ou du Portugal.
Je ne fis sa connaissance que le lendemain, jour du mariage ; cependant, quelque chose en elle m’avait déjà frappé, une façon d’être là, parmi nous, et pourtant ailleurs, peut-être autour de nous, au-dessus de nous. C’était très étrange.
Samedi 24 juillet, la troupe se déplaça à quelquesmilesde là, tout près de la petite cité de Newick, dans une magnifique demeure nobiliaire du XVIIe, au cœur d’un parc définitivement anglais. Le paysage était intemporel, calme, immobile sous le soleil.
Légèrement vallonné, un parterre d’herbe rase occupait tout l’espace que mes yeux parcouraient. Sur la gauche, à une centaine de pas du château, trônait un immense chêne trois ou quatre fois centenaire. À ses pieds, un banc, fait de bois tropical, attendant peut-être les mariés, avait déjà dû accueillir bien des amoureux. Plus loin, vers l’ouest, coulait un ru presque sec. Quelques paons, trop peu méfiants, venaient clore le tableau.
Les chambres dont nous disposions étaient des suites au luxe aristocratique qui n’avaient rien à envier au raffinement du parc. Tout concourait donc à un séjour d’exception, grâce en soit rendue à cette nièce qui se mariait ce jour-là.
La cérémonie eut lieu en milieu d’après-midi, dans la plus pure tradition anglaise, la journée passa dans le délice de l’été. Ce ne furent que conversations, souvenirs, photographies, cocktails, rires et rencontres agréables.
Bien avant la nuit, nous fûmes conviés à partager un repas qui ne pouvait qu’être grandiose. Je m’imaginais une sorte de feu d’artifice pour le palais.
Par le hasard du plan de table, l’inconnue de la veille fut placée à ma gauche. Je n’y prêtai alors pas attention. Le repas, qui tenait toutes ses promesses, était déjà bien avancé, les conversations battaient leur plein. Il y avait là une centaine d’invités, le niveau sonore était respectable, nous parlions de choses et d’autres. Je me souviens qu’une « anglaise dame » m’interrogea sur la déception que pouvait avoir le peuple français de savoir Londres choisie pour les Jeux de 2012 face à Paris. Devant sa mine contrite, je la rassurai quant au moral des Français, qui, si je m’en référais à mes propres sentiments…
Les échanges étaient divers et fournis quand je perçus le trouble dont ma voisine était frappée. Ses yeux étaient rivés sur le carton indiquant ma place et qui avait glissé face à elle. Je la voyais figée, littéralement pétrifiée, parfaitement immobile. Avec courtoisie, je m’inquiétai de savoir si tout allait bien. Elle tourna lentement la tête vers moi, son regard était terrible de surprise et d’absence, et me répondit d’une voix blanche mais profonde qui glaça chaque pore de ma peau : « Oui, oui. Excusez-moi ! » Puis elle se leva et sortit sans autre forme de procès.
La surprise passée, je repris le fil des conversations qui n’avaient pas faibli d’un pouce. Nul n’avait paru remarquer quoi que ce fût.
Après une absence de quelques minutes, elle revint, déposa près de moi une enveloppe aux armes du château et reprit sa place parmi les convives.