Erhalten Sie Zugang zu diesem und mehr als 300000 Büchern ab EUR 5,99 monatlich.
Cristiana Scandariato nous a habitués à des romances souvent délirantes. Cette romance ci est plus centrée sur la souffrance d'une jeune femme amoureuse enlisée dans une relation toxique. C'est évidemment moins loufoque et plus triste. Mais on ressent bien la plume de l'auteure qui, par ci par là, nous emporte encore un peu dans une petite dérision sympathique. Une histoire dans laquelle l'héroïne essaie de comprendre ce qui la retient alors qu'elle sait que son seul but est de s'en sortir. Seule.
Sie lesen das E-Book in den Legimi-Apps auf:
Seitenzahl: 314
Veröffentlichungsjahr: 2021
Das E-Book (TTS) können Sie hören im Abo „Legimi Premium” in Legimi-Apps auf:
« Un rêve trop ancien finit par rouiller. Et il n’y a pas plus toxique qu’un rêve rouillé. C’est du poison pour le cœur ».
Pour quelques milliards et une roupie de Vikas Swaruo
J’ai vingt quatre ans. Je suis jolie avec mes grands yeux noirs, mes cheveux de la même couleur, bouclés et épais. Même si je passe la plupart du temps à les lisser. Mes origines sont un délicieux mélange. Ma grand-mère est Zaïroise-portugaise. Ma mère congolaise-suisse. Mon père Corse-Italien.
Je suis née à Nice. Je m’appelle Romy.
PROLOGUE
Chapitre 1
Chapitre 2
Chapitre 3
Chapitre 4
Chapitre 5
Chapitre 6
Chapitre 7
Chapitre 8
Chapitre 9
Chapitre 10
Chapitre 11
Chapitre 12
Chapitre 13
Chapitre 14
Chapitre 15
Chapitre 16
Chapitre 17
Chapitre 18
Chapitre 19
Chapitre 20
Chapitre 21
Chapitre 22
C’était pourtant une soirée comme une autre.
J’avais invité mes amis dans mon appartement pour fêter l’anniversaire d’un copain. Depuis que j’avais postulé pour un poste de secrétaire, j’avais réussi à trouver un peu de gratitude envers ce boulot qui venait de m’apporter de nouvelles connaissances. Un groupe d’amis qui, mois après mois, s’est élargi. Ils sont devenus mon roc, ma deuxième famille. Je les aime d’autant plus qu’ils me connaissent par cœur. Nous avons construit, ensemble, un lien puissant, chacun d’entre nous s’intégrant parfaitement dans la bande comme une évidence. Un an après, nous étions tous en train de passer un moment agréable à rire et à se chamailler. Comme d’habitude. Tout semblait à première vue se dérouler comme toutes les autres soirées que nous avions passées ensemble : dans la joie et la bonne humeur. Un seul manquait encore à l’appel pour que le groupe que nous avions formé soit vraiment complet. Je ne le connaissais pas, je ne l’avais encore jamais rencontré. Mais j’avais déjà entendu parler de lui. Son prénom m’échappait encore. Je n’avais retenu que le surnom que mes amis lui attribuaient : Sauvage de Dior. C’était son parfum. Je me souviens encore de ce moment où j’étais insouciante, heureuse, pleine de vie et d’assurance dans un avenir sympa. Pas de prise de tête. Je vivais le moment présent avec légèreté, satisfaite de mon sort. Je me sentais bien auprès de Julien mon petit ami. Et comblée par mes amis. Mon travail s’annonçait bien aussi. Je crois que si je devais trouver un adjectif pour résumer mon existence à ce moment là je dirais : tranquille.
A vingt deux heures, on frappe à la porte.
Avec beaucoup de désinvolture je me lève pour aller ouvrir.
Cet instant, je ne l’oublierai jamais.
Gravé dans ma mémoire, immuable dans son aspect surprenant et intense.
Une fois la porte ouverte, je reçois en pleine face l’odeur de son parfum. Et je croise son regard. Je ressens soudainement les tremblements d’une merveilleuse douleur venir s’incruster dans chaque terminaison nerveuse de mon corps qui se cambre sous l’effet de la surprise. Et du choc. Je me sens attirée. Je suis hypnotisée quand je vois ses lèvres étirer un large sourire et ses yeux pétiller de malice. Je comprends alors que mon destin se joue à cet instant précis. Une nouvelle réalité vient de se créer sous mes yeux : il est là, il existe. Il fait partie du monde dans lequel je suis aussi. Il vient de remettre en cause toute mon existence. Les attaches du passé, ma vie avec Julien, tous mes anciens petits amis… plus rien n’existe. Même le simple fait d’être bien avec Julien dans notre vie de couple ne peut plus me combler. La vision de cet homme vient de tout balayer. L’expérience est déroutante. Pourquoi ? Pourquoi lui ? Comment peut-on éprouver de l’attachement pour un inconnu ? Je me croyais heureuse ? Je prends conscience de la banalité de toutes mes relations amoureuses. Devant ce regard puissant et insistant, ce sourire carnassier, charmeur et envoûtant, c’est comme si ma vie commençait réellement. J’ai la force de lui dire :
– Alors, c’est toi Sauvage de Dior ?
Il me sourit encore plus largement. Je suis sûre qu’il a remarqué mon adoration et qu’il a bien saisi les trémolos dans ma voix. Son regard me transperce, incisif. Séduisant. Aguicheur.
Après tout, ce n’est pas une soirée comme une autre.
C‘est juste le début d’une nouvelle vie.
Un appel à l’aventure.
Un appel à toutes les audaces.
Je me réveille, un peu dans les vaps. La nuit a été un peu courte et un peu arrosée aussi. Normal que ma tête me lance des signaux de détresse pour m’obliger à me rallonger dans mon lit douillet, fermer les yeux et me laisser repartir dans un sommeil réparateur. Pourtant, dans un coin de ma tête, une autre litanie se fait entendre: Réveille-toi et prépare un bon café! Il est difficile de faire un choix. Alors j’ouvre les yeux de nouveau et je regarde de l’autre côté du lit. Julien dort encore. Je me retourne subitement fâchée à l’idée de voir qu’il ronfle apaisé et que je vais de nouveau jouer à la femme au foyer hyper détendue pour un petit déjeuner dominical. Je ne sais pas ce qui est arrivé à notre couple. Après un an et demi de relation, nous vivons plus comme des colocataires que comme un couple normal. Car il me semble tout de même qu’un an et demi ça fait court pour éteindre la flamme. Est-ce qu’il n’a plus le temps ou plus envie de s’occuper un peu de moi ? Il travaille beaucoup. Cependant, cette excuse est complètement bidon. M’accorder quelques moments d’attention ne devrait pas être au dessus de ses forces. Il y a quelques semaines encore, je faisais quelques pas vers lui. Mais à chaque fois, j’ai eu l’impression désagréable que mes efforts ne servaient à rien. La journée, je ne le vois plus. Et nos nuits sont devenues monotones. Je ne demande pas de vivre une passion effrénée tout le temps : lui, m’arrachant mes vêtements dans un cri sauvage, avec dans les yeux les flammes d’une passion dévorante, électrisé par mes charmes, laissant son corps brûlant d’un désir inassouvi me sauter dessus avec frénésie… tous les jours de notre vie. Mais, de temps en temps, cela me paraît raisonnable. J’ai vingt quatre ans, j’ai le droit de rêver d’amour. Surtout qu’au début tout était parfait. Notre relation était si forte qu’il m’a présentée à tous les membres de sa famille. Sa mère est devenue ma seconde maman. Son père, ses cousins, cousines me considèrent comme faisant partie intégrante de leur vie maintenant. Je suis la belle sœur, la bru, la femme de Julien. Je suis triste en repensant à tous nos bons souvenirs, tous ces moments de bonheur que nous avons vécus ensemble. Complices, émouvants, drôles aussi. Comment a-t-on pu perdre la communication ? Il n’a pas l’air de comprendre que quelque chose ne va plus. Nos liens ne sont plus basés sur cet amour que je croyais inébranlable pour nous deux tant le début a été fort, mais sur une amitié qui au fil des semaines et des mois nous a transformés en simples compagnons de route. Le plus difficile à accepter ce n’est pas le manque de sexe. Le plus traumatisant c’est qu’il ne me désire plus. En tous les cas, plus comme avant. Au début, je voyais dans son regard l’étincelle. Il est toujours bon de se sentir désirée. Maintenant, il ronfle à mes côtés sans se soucier de moi. Il n’a qu’un geste à faire : ouvrir ses yeux. Puis, poser sa main sur moi et me caresser. Il verrait alors que je suis tout à fait disponible. Je pourrais moi-même le réveiller en douceur. Mais je sens que je n’en ai pas envie car je me doute qu’il n’en a pas envie non plus. J’ai même peur qu’il me reproche de ne pas l’avoir laissé dormir en paix. J’ai beau m’être couchée nue hier soir à ses côtés, il n’a même pas levé un sourcil. Je réclame l’attention de mon copain. Et pourtant, je sais que si je lui en fais le reproche, nous allons finir par nous disputer. Et je déteste les conflits. Je n’ai parlé à personne de mon sentiment de frustration. Tout le monde pense que tout va bien entre nous. Quand on est avec sa famille, ou lui dans la mienne, on se comporte normalement. Rien ne ressort de notre vie bancale. Je ne vois vraiment pas comment me sortir de cette situation. Je me vois mal en parler à sa mère avec laquelle j’ai atteint pourtant un degré de complicité très intense. Mais lui avouer que je ne couche plus avec son fils depuis des semaines, lui demander de lui demander s’il m’aime encore me paraît indélicat et puéril. Faire comme si tout allait bien n’est pas non plus la meilleure solution. Je suis fatiguée de ressasser ma peine, alors je me lève et je me prépare un café tout en fixant Julien qui est toujours en train de ronfler. Pourtant la cafetière, sans faire un bruit assourdissant, dérange un peu le silence environnant. Il pourrait ouvrir un œil. Je le regarde dormir et peu à peu je me sens plus lasse qu’irritée. L’évidence est cruelle ; plus aucune passion entre nous deux. Plus de gestes tendres. Peut-être que tout est de ma faute finalement. Car je ne ressens aucune envie de désamorcer la bombe. Je crois que j’ai peur de sa réaction si je lui avoue ce que je ressens en le regardant dormir : une lassitude qui nous ferait passer pour un vieux couple en fin de vie. Il est distant. Je le suis aussi. Tout en sirotant le liquide brûlant et les yeux dans le vague, je me remémore la soirée de la veille.
Sauvage de Dior…
Un petit sursaut vient de balayer mes pensées un peu noires. L’attirance que j’ai ressentie pour cet homme a été soudaine et violente. Je secoue la tête et j’avale lentement ma première gorgée de café. Je crois cerner le problème : ce petit coup de foudre dérange ma tranquillité. Cependant, je pense sincèrement que la vue de cet homme charmant et physiquement attrayant m’a fait réaliser que c’est cette sorte d’attraction que je veux ressentir tous les jours de ma vie. Je veux redevenir la jeune femme amoureuse de son copain, celle que j’étais avant que notre relation se transforme en copinage papi-mamie, vivant le moment présent seulement bercés par les souvenirs. Je sais bien que je n’ai pas le droit de rêver d’un autre homme alors que le mien dort toujours d’un sommeil calme et profond. Je regarde de nouveau Julien et je m’énerve. Sa vue m’énerve. Je suis réveillée et lui n’a même pas senti qu’il était seul dans le lit. Évidemment, cela fait un certain temps que l’on ne s’endort plus entortillés dans nos corps pour se réveiller bercés par nos bras et nos jambes amoureusement entrelacés. Il y a quelques semaines de ça encore, pour me détacher de son emprise, j’aurais du fournir un effort de concentration digne du plus grand joueur de Mikado pour ne pas le réveiller. Aujourd’hui, c’est à peine s’il sait que je respire. Sous la couette, c’est le calme plat. Je suis toujours en train de fixer Julien les sourcils froncés lorsque soudain il se réveille. Je plisse un peu les yeux tout en avalant une autre gorgée de café et j’attends sa réaction.
— Ah du café ! C’est une bonne idée. Je suis complètement à la ramasse.
Sa voix nasillarde respire l’ennui. Je n’attendais pas qu’il saute du lit à ma vue tant mon corps chaud lui manque. Ni qu’il se rue vers moi dans une course haletante et vienne m’empoigner pour un baiser de folie. J’aimerais juste qu’il me montre tout simplement que j’existe pour lui. Je soupire, résignée. Je suis une incorrigible rêveuse si je pense que ma vie devrait ressembler aux comédies romantiques que je regarde toujours avec beaucoup d’émotion : une déclaration d’amour, un genou au sol, un regard enfiévré, un happy end dans lequel les sentiments tiennent toujours la première place.
— On n’a plus de sucre ?
Si. Il nous en reste. Il n’a qu’à ouvrir le placard. Je ne suis ni sa mère ni sa bonne pour lui préparer son plateau repas. Je me lève pourtant. Sans doute par habitude. Je vais lui apporter le paquet. Je me demande s’il va me solliciter pour que je lui ouvre le sac, récupère une sucrette, déchire le bout de papier et lui verse dans la tasse. Vide d’ailleurs. Il attend peut-être que je lui serve aussi le café. Je ne sais pas pourquoi ces petits détails m’irritent. Je ne me souviens pas d’une once de mécontentement toutes les fois où je lui ai préparé son petit déjeuner. Il me souriait alors. Ses yeux brillaient. C’est sans doute le vide intersidéral que je décrypte ce matin dans son regard qui me rend lasse et nerveuse à la fois. Je m’exécute avec un semblant de nonchalance. Je n’ai vraiment pas envie de me disputer. Pendant que nous buvons notre café, en silence, mon esprit se met à tourner à vive allure. Toutes ces questions qui affluent me donnent le tournis. J’arrive pourtant à ne rien laisser transparaître de mon malaise. Il faut dire que cela fait plusieurs semaines que je pratique un semblant de calme et de pondération devant nos familles respectives pour qu’elles ne se doutent de rien. Julien et moi sommes trop ancrés dans notre quotidien et nos vies routinières. Cela a cassé la magie. Je sais qu’il va aller se laver, s’habiller et sortir de l’appartement après m’avoir dit :
— J’ai du boulot. Je file au garage. Je vais essayer de ne pas rentrer trop tard. Et toi tu vas faire quoi ?
Je ne me suis pas trompée. C’est exactement ce qu’il me dit. Je vais sans doute lui répondre la même chose, cette éternelle réponse qui revient en boucle de plus en plus souvent:
— Je vais passer voir Maria.
L’une de mes meilleures amies. Si même elle n’arrive pas à décoder mon mal être, je crois que je n’ai pas besoin de cours de théâtre pour devenir une grande actrice.
***
Lorsque j’arrive chez Maria, Sylvie et Benoît sont là aussi. Comme d’habitude, j’essaie de faire bonne figure pour ne pas qu’ils se doutent de mon mal être car je n’ai pas envie de subir une psychanalyse amicale qui se retournerait contre mon couple. Le genre « Tu es encore toute seule aujourd’hui ? » pourrait m’entraîner dans une déprime totale. Leur répéter que Julien travaille beaucoup n’est pas une réponse qui pourrait satisfaire qui que ce soit. Après tout, ce n’est pas comme s’il m’abandonnait pour aller festoyer avec ses potes. Mon homme bosse. Même s’il me laisse seule, c’est pour la bonne cause. Je me suis répétée ce mantra tout le long du chemin et une fois arrivée chez mon amie, cette phrase me semble bien ancrée dans ma pensée racine. J’espère encore un rebondissement, un redémarrage de notre relation. Retrouver la magie et l’enchantement des premiers jours n’est peut-être pas impossible après tout. Je ne dois pas baisser les bras. Même si je n’arrive toujours pas à en parler pour tenter de sauver notre couple. Je ne veux plus traîner mon ennui. J’aimerais reprendre le cours normal de ma vie. Sans doute que je m’y prends très mal. Car si je dois attendre de mon homme qu’il se réveille de sa léthargie sans lui donner un coup de pouce, je risque d’attendre longtemps. Et le cercle vicieux infernal continuera de s’élargir jusqu’à casser. Je le sais. Alors je me demande pourquoi je ne fais rien.
— Romy ! s’exclame Sylvie en me prenant à part. Tu sais que Sauvage de Dior n’a pas arrêté de me parler de toi hier soir.
– Il n’a pas un prénom cet homme ? je lance un peu sur la défensive.
— On a l’habitude de l’appeler comme ça, elle répond en riant.
Rayan. Il s’appelle Rayan. Je secoue la tête, mécontente devant les sensations diffuses que le souvenir de cet homme me procure à l’instant présent : du mystère et de l’enchantement. Je me refuse à penser à lui. Je me bats contre la vision de Rayan, ses grands yeux noirs, son corps musclé, sa bouche, son sourire, son rire. J’ai beau refuser de le croire mais je suis secouée, éblouie et bouleversée. Je dois me ressaisir. Je ne dois pas oublier que je suis fragile en ce moment. Je ne dois pas me laisser entraîner dans cette voie sans issue. Je connais la réputation de cet homme. Mes amis en parlaient souvent lors de nos soirées. Je ne l’avais jamais vu mais je connaissais déjà le personnage : volage, capricieux, ensorceleur. Un homme qui aime plaire aux femmes et qui multiplie les conquêtes. Un Don Juan qui a besoin de plaire à tout prix, entraînant dans son lit celles qui succombent à ses charmes puis qui les oublie et repart à la chasse sexuelle avec toutes les autres femmes disponibles. Hier soir, il a aussi joué avec moi. Mais sans déballer tout son attirail du grand séducteur recherchant sa proie. J’étais avec Julien tout de même ! C’est à moi que j’en veux parce que l’effet de Rayan sur moi, dès le premier regard, m’a fait aussi me sentir minable. Car étant en couple, je n’avais pas le droit de ressentir une telle attirance pour un autre. Je ne me sens toujours pas la force de laisser tomber la famille de Julien que j’aime profondément. Si nous nous séparons, ma blessure sera d’autant plus grande que je romprai avec toutes les personnes que j’aime. Mon leitmotiv est donc le suivant : sauver mon couple. C’est juste une mauvaise passade. On ne peut pas toujours vivre d’amour et d’eau fraiche dans une relation. Il est normal donc d’avoir des hauts et des bas. C’est ça la vie réelle.
— Il a carrément flashé sur toi.
Je tourne la tête vers Sylvie qui vient de me sortir cette énormité.
— Un Casanova qui flashe sur une femme. Je n’en reviens pas. Je trouve ça complètement ahurissant !
Mon intonation est suffisamment moqueuse pour espérer réussir à la faire taire.
— Benoît m’a dit que Rayan t’a trouvé vraiment différente. Rayan est son meilleur ami. Il ne lui mentirait pas.
— Je suis avec Julien. Je trouve déplacé le fait de me parler d’un autre homme qui aurait soi disant flashé sur moi. La fidélité, tu connais quand même !
— Mais ne m’agresse pas. C’est juste pour discuter que je te dis ça. Je ne suis pas une entremetteuse.
Elle a l’air fâché. C’est vrai que je me suis emportée tellement je me sens nerveuse.
— Et puis, reprend-elle un peu taquine, il a tellement l’habitude de plaire aux femmes, j’étais curieuse de savoir s’il avait réussi son coup avec toi. En tout bien tout honneur, tu peux me dire si tu l’as trouvé séduisant ? Je suis avec Benoît moi et je peux trouver séduisant un mec sans pour autant mettre mon couple en danger. Je trouve d’ailleurs Jake Gyllenhaal complètement craquant.
— C’est un acteur. Tu ne risques pas grand-chose, tu ne le croiseras jamais.
— Et toi, tu risques quoi ? Rayan ne t’a pas plu?
Bien sûr que oui, j’ai envie de lui crier. Normal, il sait jouer de ses atouts pour conquérir qui il veut. Il a joué avec son regard posé sur moi de temps en temps, il m’a écoutée avec intérêt et a répliqué avec humour. Sa fantaisie m’a fait rire. Il a savamment dosé ses gestes tactiles pour faire son effet. Je le revois alors passer sa main dans mon dos, très rapidement, un passage éclair. À ce contact, nous sursautons ensemble suite à une décharge électrique qui me donne l’impression de nous envelopper. On s’est mis à rire, surpris. La résonnance de son rire était très musicale, communicatif et évidemment charmant. Le mien ce fut une toute autre histoire : un rire débile d’une fille complètement sous le charme. Ses yeux m’ont scrutée et son sourire coquin m’a fait réaliser qu’il n’était pas dupe de mon attirance pour lui. De toute façon un conquérant voit ce genre de choses. Mes lèvres se sont desséchées à la vitesse de la lumière pendant qu’il m’observait. Je me revois les mouiller avec ma langue. Et moi pendant ce temps, cet infime minute de laisser aller, j’ai pensé combien j’aimerais que l’empreinte de ses doigts sur mon dos devienne des tatouages sur ma peau. Son regard est resté figé sur moi durant cette minute silencieuse et son sourire était plein de sous-entendus. J’en ai eu la chair de poule. Son corps m’attirait et je réprimais mon envie de lui. C’était trop fou, trop brutal. Julien n’était pas loin. Mon copain, l’homme avec lequel je vis. Je me sentais mal de ce désir brutal pour un homme dont je savais pertinemment qu’il était un vrai pro de la séduction. Je suis en couple. Et je suis quelqu’un de fidèle. C’est pourquoi je m’en suis voulu de cette minute où j’ai failli me perdre dans ses yeux. Aussi courte fut cette envie de lui, je me voyais déjà glisser un doigt sous sa chemise pour en défaire chaque bouton avec la précision d’un gourou en pleine méditation. Puis j’ai détourné mon regard car la magie de l’instant s’est éteinte devant la réalité. Je subis une crise dans mon couple. Je suis fragile car Julien ne fait plus rien pour que mes émotions se dirigent exclusivement vers lui. Je ne suis pas à l’affût du premier mâle qui me portera dans son lit. Ok, j’ai dérapé. Une minute ! Je n’ai rien fait de mal. Il n’y a rien de mal à fantasmer sur un homme, juste une minute.
— Non pas du tout, je réponds à Sylvie. C’est un grand charmeur, il n’est pas mal du tout mais bon… ce n’est pas mon type d’homme. Je préfère les mecs sérieux.
Sylvie se met à rire. Et son rire n’a rien d’agréable. Je crois qu’elle me juge. Je ne comprends pas pourquoi mes amis ne prennent pas au sérieux ma relation avec Julien.
***
J’ai toujours été très festive. Toujours en train de courir après les soirées, me préparer, me pomponner, choisir la tenue chic la plus branchée, les talons aiguilles au top de la cool attitude, me maquiller, retrouver mes potes, faire de nouvelles connaissances, rire. Sortir de mon quotidien, de ma routine et profiter de la vie pour voir du monde. Faire la fête avec mes amis améliore mon humeur. D’ailleurs cela devrait améliorer l’humeur de n’importe qui. À moins de posséder la capacité de méditer sans se soucier du reste du monde dans son petit coin personnel solitaire, sortir avec ses amis apporte une dose de bien être et nous détend. Julien est tout mon contraire. Au début, forcément, je me suis calmée. Une fois en couple, être avec lui me comblait. Je ne ressentais plus le besoin de m’aérer puisqu’au départ il était mon oxygène. Cependant, le fait que je ne sois plus sa priorité tant son boulot l’accapare a fini peu à peu à engendrer de l’ennui et de la lassitude. Son indifférence m’accable. Je sens bien que notre relation est morte. Même si je me dis et le répète à qui veut l’entendre que tout va bien. Cela dit, mes nouvelles connaissances au boulot m’ont donné l’occasion de revivre un peu ce que j’ai abandonné pour lui. Ce soir je sors. Boire un verre. Avec des amis. Franchement, il n’y a rien de mal. Julien peut venir s’il le veut mais il vient de me répondre qu’il est fatigué et que bon… il préfère se coucher tôt. Et que de toute façon il doit voir un pote à lui, ce soir justement. Mais il ne rentrera pas trop tard. Je sais ce que je devrais lui dire pour lui donner matière à réflexion :
— Si on sort chacun de notre côté, si chacun se crée son petit univers personnel, comment veux-tu que notre couple en sorte grandi ? L’évidence est qu’on finit par s’éloigner l’un de l’autre.
Il aurait réfléchi, s’il avait peur de me perdre.
Mais je me suis contentée d’un hochement de tête banal et je suis allée me changer. Lors de ce fameux anniversaire, quand le charmeur de service est arrivé, j’ai subi un choc dès son apparition. Parce que je le trouvais très beau, très… tout ce que j’aime en fait. J’ai préféré ne plus penser à lui et je persiste ce soir à ne pas y penser. Mais dans un coin de ma tête, je ne peux m’empêcher de les comparer tous les deux : Rayan est gentil, très attachant. Il m’a fait un léger rentre dedans. Mais comme n’importe quel mec.
Je suis avec Julien. Je suis fidèle. Je ne dois pas oublier que Julien est mon copain.
Et que si je dois tout quitter, lui et sa famille, sur un coup de tête parce que je me sens malheureuse et mal aimée à ses côtés, je ne me sentirai pas vraiment adulte. Je sais que tout est beau au début. Lorsque la crise survient, on ne doit pas tout lâcher. Se comporter en adulte responsable, c’est tenter de trouver une solution pour que tout redevienne comme avant. Je me regarde dans la glace. Mes sourcils sont relevés dans une interrogation muette. Je sens bien que mon corps parle pour moi.
Allons, me disent les deux sourcils intrigués, regarde plutôt la vérité en face au lieu de chercher des excuses et de te mentir.
Durant la semaine, Sylvie m’a montré les textos que Rayan lui envoyait :
* Elle est trop belle Romy
* J’ai trop envie d’être avec elle
* Quand c’est qu’elle est plus avec son mec ?
Je suis en train de passer mon eyeliner et je sens ma main qui tremble. Je peux soupirer autant que je veux, cela ne changera rien : Rayan est du genre papillon, je le sais ! Il faut que cela s’incruste dans mon crâne avec des incisions faites au granit pour que ce fait reste indélébile. Je me demande comment un mec comme ça peut s’intéresser à moi. Je ne comprends pas trop. Je suis jolie d’accord. Mais est ce que je mérite autant d’envolées lyriques ? Est-ce que, par hasard, je lui aurais vraiment fait de l’effet ? Ou alors tout cela n’est rien qu’un jeu pour lui. Sylvie et Benoît n’ont fait que me parler de lui toute la semaine. Alors, au fur et à mesure d’entendre tout le temps parler de lui, forcément je commence à y penser un peu. Puis un peu plus. Cela faisait marrer Benoît de voir son meilleur pote soi disant transi d’amour pour moi. Pour arrêter toutes mes pensées absurdes sur un homme pour lequel je ne dois représenter qu’un caprice, je secoue la tête. Mais ça ne marche pas comme ça, je ne suis pas dans un dessin animé et mon crâne n’est pas une ardoise qui efface tout si on le secoue un peu : l’image de Rayan est toujours là.
— Stop maintenant ! je me dis avec rage. Je sors ce soir, je vais respirer un bon coup et me détendre. Rayan doit sûrement être en train d’harponner une belle blonde qui passe. Puis la suivante. Et toutes les autres. Sors, va boire un verre, et oublie ton comportement de midinette devant un apollon dragueur à la petite semaine.
Je suis prête. Sylvie passe me prendre en voiture. Faudrait que je me décide à passer le permis. J’ai vingt quatre ans et je suis tributaire de mon copain et de mes amis. Faudrait sans doute que je m’inscrive au code. Devoir apprendre et entraîner ma tête à penser à autre chose n’est pas une mauvaise idée.
— T’es craquante Romy, comme toujours, me dit Sylvie en souriant.
Elle est une bonne amie. C’est vrai que j’ai pris soin de moi. Je suis déjà grande et les talons vertigineux que je porte accentuent encore ma taille. Une façon tout à fait innocente de faire fuir ceux assez téméraires pour me draguer ce soir. Devant moi, ils auront l’impression d’être des nains. Aucun ne m’approchera. C’est le prix à payer pour qu’on me laisse tranquille au lieu d’aboyer que je suis en couple. Une fois assise à l’arrière de la voiture, je sens une petite joie de vivre m’envahir. C’est fou comme ça fait du bien de se faire belle et de sortir de chez soi, de temps en temps. J’ai perdu un peu trop l’habitude d’être heureuse. Cette soirée va m’être profitable. Je me sens sereine, confiante et prête à entamer une vraie discussion avec Julien dès mon retour. Je ne sais pas si c’est le compliment de Sylvie qui m’a redonné la pêche mais je suis dans de bonnes dispositions. Je suis jolie, je suis jeune et ce soir tout particulièrement je suis à tomber à la renverse. Si Julien veut rester avec moi, il verra qu’il aura tout intérêt à se réveiller de sa torpeur. Ce n’est pas à mon âge que je dois devenir une vieille fille aigrie. Il m’a voulue ? Il m’a eue. Il me veut encore ? Il le peut s’il me le démontre cette nuit. Fatigué ou pas.
— On va où ? je demande en souriant.
— On va à Cannes, dans un bar très côté où tous les jeunes se réunissent.
Pas mal, je pense en souriant. Je vais me remettre dans le bain de la jeunesse. Exactement ce qu’il me faut.
— On connait le barman. Et tu le connais aussi.
Je cale mon dos contre le dossier après avoir attaché ma ceinture. La voiture démarre et Sylvie poursuit :
— C’est Rayan.
Est-ce que je risque ma vie si je saute d’une voiture en marche ?
***
Il est là, derrière le comptoir. Son rire parvient jusqu’à moi, comme de mini secousses sur mon épiderme. J’en ai la chair de poule. Il est si beau, si enjoué, si sûr de lui. Sa façon naturelle de rire avec les femmes agglutinées au bar et qui lui lancent des œillades taquines me force à réaliser toute la réputation du séducteur en puissance dont on m’a tant parlé. Je sais qui il est et cependant je ne peux qu’accepter ce fait : il est vraiment fascinant. A-t-il appris à le devenir, s’est-il perfectionné ou est-ce tout simplement inné chez lui ? Il prépare les cocktails tout en flirtant avec ces jeunes femmes déjà conquises. Il n’a qu’à faire son choix pour passer une nuit de folie avec l’une d’entre elles. Il a l’air totalement à l’aise et sa confiance en lui est presque palpable. L’assurance chez un homme est toujours désirable. Il donne une impression de force et c’est forcément craquant. Combinée à sa drôlerie, à son port de tête élégant et fier dans le sens le plus noble du terme, à ses pectoraux et ses abdos développés que son tee-shirt souligne avec précision, il est un conquérant. Sûr de lui, facétieux, frétillant, il ne peut laisser les femmes indifférentes. Je me laisse entraîner par mes amis vers le bar sans leur opposer la moindre résistance. En même temps je me rebelle contre cette sensation qui se diffuse dans mes pensées et dans mon corps et qui pourrait me rendre vulnérable à son magnétisme puissant. Je résiste à l’appel sensuel en me répétant que je ne suis pas du genre à tromper mon copain. Même en pensée. Même en fantasme. Je suis fidèle à ma parole. Je ne suis pas du genre à coucher pour une nuit d’extase. Je veux toutes les nuits. Les tombeurs ne sont pas pour moi.
— Oh, Romy !
Il est absolument irrésistible. Même sa voix est délicieuse tandis qu’il me regarde droit dans les yeux. Quand il dit mon prénom, j’ai l’impression qu’il me goûte. Comment peut-on être aussi envoûtant ? Cet homme est magique. Son air étonné et ravi devant mon apparition est joué avec une perfection maîtrisée. Il a réussi à me donner l’impression qu’il est réellement ravi de me revoir. Heureusement que je ne vis pas sur un petit nuage de candeur, naïve et insouciante, croyant aux miracles de la vie dans ma petite bulle rose. Je sais à quel point il est capable de transformer un simple Oh Romy ! cordial en une phrase d’accroche sensuelle. Heureusement que mes amis m’ont prévenue. Ils m’ont tous dit à quel point Rayan était extraordinaire. Ils ont raison de le penser. Mais ils m’ont prévenue aussi à quel point il sait embobiner les filles. Tomber dans ses griffes c’est ne plus jamais se relever. Je lui lance un sourire un peu sympathique et un peu neutre. Puis je me faufile parmi mes amis, discutant avec les uns et les autres. J’essaie d’oublier l’attraction située vers le bar. Alors je parle et je parle encore avec Sylvie, Maria et tous mes autres amis. J’ai besoin d’explorer le sentiment confiant d’une parfaite maîtrise de mon sang froid. Après tout, je ne fais rien de mal. Alors, pourquoi je me sens mal ?
— Qu’est-ce qui t’arrive Romy ? Tu as l’air d’être un peu soucieuse.
Maria vient de s’asseoir à côté de moi tandis que tous les autres se sont soit rués sur la piste de danse soit vers le bar pour rire encore avec Rayan.
— Je ne sais pas ce qui m’arrive, je réponds un peu tristement. Enfin si je sais mais… tout ça me dépasse.
— Tout ça quoi ?
Je sais que je peux lui faire confiance. Elle ne trahira pas mes confidences. Avec Sylvie, même sans malice, elle serait capable de se moquer ouvertement de mes sensations. Avec Maria, je peux tout dire, il n’y aura aucun jugement de sa part. Et peutêtre même que j’arriverai à comprendre si je suis une garce de penser à un autre homme que Julien.
— Rayan me fait beaucoup d’effet et ce sentiment me fait peur. Je sais qu’il n’est pas pour moi. Et je suis avec Julien. Même si ce n’est pas tout rose entre nous depuis quelque temps je me dis que trouver un autre homme attirant, même sans vouloir concrétiser, est-ce tromper ?
Maria se met à rire gentiment.
— Ok il t’attire. Tu sais qu’il attire pas mal de filles. C’est un aimant à lui tout seul qui catalyse les filles un peu désespérées, celles qui se posent des questions sur leur vie de couple et les célibataires qui rêvent du grand amour. Qu’il te fasse de l’effet c’est normal, accepte le. Cela ne veut pas dire pour autant que c’est le début de la fin de ta relation avec Julien. Le problème c’est que tu ne gères pas tes émotions.
— Pourquoi, tu les gères toi ?
— Je veux dire que tu es en train de culpabiliser sur un truc pas grave du tout. Tu es une femme et tu es attirée par un homme. Et alors ? C’est normal, ça fait partie de la vie.
— Mais je vis avec Julien, j’ai l’impression de le tromper, ça me tourmente.
— C’est quand tu commences à t’interdire de ressentir des émotions normales d’une femme trouvant un homme à son goût que cette réaction de défense devient totalement inefficace. Résister devant l’interdiction de rêver un peu, c’est le début des emmerdes. Bon sang Romy, dis toi que ta libido est en bon état de marche tout simplement ! Je trouverai étrange que tu ne ressentes rien devant Rayan. Il est croustillant, on a envie de le croquer. Cela prouve que ta santé sexuelle est à son niveau normal. Tu comprends ce que je dis ?
— Tu me dis qu’être excitée par un autre homme est une attitude saine.
— Tout à fait. Les problèmes commencent quand tu refuses de voir le bon côté des choses : ce soir tu rentres et tu laisses ta libido s’exprimer totalement avec… Julien ! Tu ne vas pas me faire croire que lui il ne trouve aucune autre femme attirante. Etre tenté par quelqu’un d’autre, c’est rien. Franchir le pas, ça c’est carrément dégoutant.
Est-ce que Julien m’a déjà trompée ? Cette question est venue sans crier gare. Il a une meilleure amie à qui il parle souvent. Ils se textotent tous les deux avec une frénésie presque incroyable. Je lui en ai déjà fait le reproche et il l’a très mal pris. Son leitmotiv était de me dire :
— Mais enfin Romy, elle est ma meilleure amie. Il n’y a rien de sexuel entre nous. Tu es ridicule.
J’avais surpris un message, juste avant de m’endormir. Il lui avait envoyé un texto en réponse à son Je t’aime. Il avait répondu Je t’aime aussi, bonne nuit.
— Mais tu es gonflé quand même ! C’est ça que tu lui envoies avant de t’endormir ?
— Quoi qu’est ce qu’il y a encore ? Ce n’est pas un « je t’aime » amoureux, réfléchis deux secondes Romy ! C’est juste amical.
Tu dis bien je t’aime à tes parents, ta famille et à tes amies non ?
Toi tu peux le faire et pas moi ?
— Je ne trouve pas ça très sain. L’amour en amitié, les sentiments se mélangent. Que vous soyez proche d’accord mais à ce point !
— Tu ne comprends vraiment rien. Tu cherches la dispute ce soir ou quoi ? Quel est ton problème ?
— À moi tu ne me l’as jamais dit, je murmure en lui tournant le dos.
Je suis sûre qu’il n’a pas entendu ma dernière réponse. Le chuchotis était discret. Il aurait du être pourvu d’un sonotone ou posséder le pouvoir extraordinaire d’attraper les sons à basse fréquence pour entendre mon ressenti. J’aurais aussi bien pu lui crier ma réplique. Ou lui parler calmement. Mais ma tristesse a toujours du mal à s’exprimer. Je me suis endormie ce soir là complètement abattue devant son incompréhension et toute la décharge émotionnelle d’un crève-cœur.
