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Je continue mon exploration des signes dans un minuscule univers : une photo, une plante qui s'obstine à pousser dans un mur, les sons de l'aurore, de la rue... Toutes ces choses et êtres, au destin si discret, qui nous parlent d'une force qui aura raison de tout, sans mot dire, sans action. Illustration de couverture : Simon Hureau
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Seitenzahl: 23
Veröffentlichungsjahr: 2016
Ce livre a été conçu pendant la nuit…
Cependant, il n'aurait pas vu le jour
sans l'aide de messieurs
Simon Hureau
&
Nathanaël Gobenceaux
qu'ils en soient remerciés.
LILAS
LA PHOTO MODIANO
UNE VIE
CLOCHETTE
OFFRANDE
LE SILENCE
PRELUDE ET PASTORALE
REVE D’EAU
ETERNEL PRINTEMPS
LA VIE SIMPLE
CUISINE DE FORTUNE
MUSE DE FEUILLES
LE BERGER
MAITRE LAO
DONG
AUBE
PARADISIER DU DESERT
IL CIRCO BIDONE
LE CHRIST MARIONNETTE
CHRISTE ELEISON
FONDAMENTALES REALITES
LE TEMPS ET L’OUBLI
LE PREMIER HOMME
LE TESTAMENT DU POETE
LE CHEVAL DE VIORNE
CEUX DE LA LUNE CUIVREE…
L’ANGE DE LA BRUME
CRÈME À LA VANILLE
LA MEDAILLE D’HELENE
DESERTINA
CHLOE LA NUIT…
LE DINER CHEZ ZOLA
Où je parle de ceux que je n’ai pas connus
Mais qui sont venus me serrer la main avant ma naissance…
Il mit plusieurs jours à ouvrir les yeux…
A la pension, le moindre déplacement était suspendu
Au souffle du jeune convalescent.
Le premier jour, on eût dit qu’il méditait
Sur les veines du bois,
Laissant son esprit voyager au gré des formes fantastiques
Lovées sur le sol ou les panneaux muraux.
Lorsque la fenêtre fut ouverte, il en fit de même pour les
nuages.
Une légère brise gonflait le rideau de mousseline
Et les senteurs de lilas ravivaient l’air de la chambre.
Il souriait en entendant les jeunes filles
Jouer à la balançoire et se chamailler.
On entendait quelques pas dans les graviers
Puis la cloche du soir,
La cuisinière montait et tentait de faire avaler
Quelques cuillerées de soupe au jeune homme.
De beaux jours encore,
À entrevoir les papillons citron fureter près des volets.
Puis, le temps se mit à la pluie et au froid,
Alors il déclina et rendit son souffle
Avant la lune de mai.
On hésita à poser son uniforme sur le lit
Mais le maître de maison le jeta au feu
Et posa ensuite entre ses doigts,
Son harmonica,
Ainsi qu’une branche de lilas mauve.
Il reste peu de choses,
Quelques lentilles d’eau qui se cherchent
À la surface d’une mare…
Le paquet d’enveloppes,
Cette photo, au dos de laquelle on peut lire :
Fourchambault -1911,
Mariage Emile, ferblantier
Et Anne.
C’est une noce de campagne.
Une trentaine de personnes sur les bancs.
Les visages sont durs,
Les vieux ont la face halée, osseuse,
Les lèvres minces.
La mariée est petite,
Le front ceint d’un voile garni de fleurs…
Le marié ébauche un sourire,
Son pied s’est levé,
