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Que je le tue ou que je l'épargne...
Il s'agit d'un essai historique situé en Pologne en hiver 1942 mettant en scène un nazi et un juif.
Le nazi est le chef du 3eme Reich, abattu devant l'échec de la campagne de Russie et malade. Coupé du gros de la troupe, il se retrouve dans un village polonais et fait chercher le médecin du village pour être soigné.
Le médecin est juif. Au début, ni l'un ni l'autre ne se connaissent mais au fur et à mesure, ils vont devoir s'accepter et auront besoin l'un de l'autre. Le maître de l'Europe n'est qu'un malade qui a besoin de remèdes et le médecin juif ne pourra plus se cacher ni échapper à son destin.
L'essai historique Ultime dilemme est une confrontation improbable entre deux ennemis qui sont obligés de trouver un terrain d'entente.
EXTRAIT
Après un moment qui semblait interminable, un soldat allemand accompagné d’un civil se présenta à la porte de la chambre de l’hôtel.
- J’ai trouvé un médecin, mon Führer, dit le soldat en esquissant un garde à vous à la porte de la chambre.
H. : Bien, mais ne divulguez pas mon identité aux villageois car pour eux je suis un Feldmarschall de la Wehrmacht. Faites entrer le médecin après l’avoir fouillé, je vais m’allonger, dit Hitler en prenant possession du lit de la pièce. C’était un lit large et haut, aux draps blancs et aux montants en bois de chêne foncé, sans fioritures mais rustique et robuste. Le chef de l’armée hésita à faire relâche en cet endroit inconnu et répugnait même à se poser sur un lit étranger mais il avait compris que l’urgence dictée par la maladie passait avant les réticences symboliques ou idéologiques.
À PROPOS DE L'AUTEUR
Le Dr
Michel Corcilius, diplômé de la faculté de médecine de Strasbourg, s’est installé comme cardiologue libéral d’abord en Alsace puis, depuis 2005, à la Seyne-sur-Mer (Var).
Ancien pigiste au journal d’information médicale
Le Cardiologue, puis correspondant sur les ondes de France Bleu Alsace de 2002 à 2005, il est actuellement président de l’Association de formation médicale varoise Corcicoeur, tout en poursuivant son activité libérale.
Son premier livre
Je vous parle du Cœur a obtenu le prix "Jean Di Mattéo" de l'académie nationale de médecine en décembre 2013, gage de qualité.
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Seitenzahl: 110
Veröffentlichungsjahr: 2018
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Remerciements :
A mes grands-parents :
Louise, Madeleine, Eugène et Jean-Baptiste
et
Mme Jacqueline Burlat
Mme Jacqueline Mennesson
M Jacques Emorine
M Pierre Sanson
Mme Hélène Corcilius
M Robin Corcilius
M Simon Benhamou
M Abdel Bouchama
Mme Hélène Cailloux
Dans quelle mesure pouvait-on imaginer mettre en scène deux personnages qui ont besoin l’un de l’autre durant quelques heures mais qui n’ont pourtant absolument rien de commun. Pire, ils se haïssent au point de vouloir la mort de l’autre. Adolphe Hitler est mis en situation de faiblesse face à un personnage qu’il ne voudrait côtoyer pour rien au monde : un juif. Il va pourtant devoir l’accepter et reconnaître ses compétences presque jusqu’à en souhaiter la réussite puisque sa vie en dépend.
Dans un huis clos, les personnages sont coupés du monde et donc ils ne pensent ni ne se comportent comme dans leur milieu familier parce qu’ils ne sont plus soumis aux codes qui conditionnent les attitudes en société. Deux êtres antagonistes vont devoir se parler alors qu’ils devraient se battre. Ils sont amenés à inventer des moyens pour prendre l’ascendant parce que la violence, qui est la solution de facilité dans des circonstances habituelles, devient impensable dans ce cas sous peine de condamner celui qui décide de l’employer. Chaque avantage pris sur l’autre ne doit pas être définitif puisqu’on risque d’exclure une solution pour soi-même. C’est un jeu subtil et dangereux qui demande de l’habileté pour user de la dissuasion au risque de perdre rapidement la vie, un chantage bilatéral installe un équilibre des forces, le temps pour chaque protagoniste de réfléchir à la manière de s’en sortir.
Au delà du défi d’avoir mis en scène une situation aussi improbable que celle de réunir un nazi et un juif dans une même pièce, situation qui toutefois aurait pu se produire, cet essai nous replace dans le contexte historique avec les circonstances de la prise de pouvoir d’Adolphe Hitler, sur l’ambiance antisémite qui régnait dans l’Europe de l’époque, sur l’horreur de la guerre mondiale. Il pose aussi des questions : peut-on parler de la valeur de certains peuples ? Est-ce que la grandeur d’un peuple se mesure dans la guerre ou bien dans la paix ? Existe-t-il une justification historique de l’existence des peuples ou des religions ? Quel était le projet de société du national-socialisme et quelle est la place pour le judaïsme ? Quel sens donner à la quête du progrès ? Peut-on espérer le stimuler par le partage des découvertes scientifiques ou bien à l’inverse par leur conservation et leur exploitation égoïste, comme ce fut le cas dans l’Allemagne des années 40, hâtivement industrialisée à en attraper le vertige voire la folie des grandeurs. Pour échapper à la crise économique et la misère qu’elle avait charriée, la dictature était-elle la seule solution possible ? Aujourd’hui, il est facile de pointer le camp du perdant mais durant la période troublée des années de Guerre totale entre les peuples, ce choix n’était pas évident sous la pression des discours démagogues et du harcèlement psychologique. Qu’auriez-vous fait ? Dans quel camp auriez-vous été ? Êtes-vous sûr que votre réponse actuelle corresponde au choix dicté par votre conscience à cette époque ? A la lecture de cet essai, le lecteur pourrait très bien sentir un malaise aux arguments de l’un comme de l’autre protagoniste parce que la crédibilité de la parole n’est ni l’apanage d’un dictateur ni celle d’une religion, même quand elle est prononcée avec la plus grande sincérité.
La Seconde Guerre mondiale s’est terminée il y a soixante-dix ans, mais pourquoi nous interroge-t-elle autant ? Pourquoi cette tragédie obsède-t-elle encore toutes les générations y compris celles qui, comme la mienne, ne l’ont pas vécue ? La Shoah est bien le drame du XXème siècle, la honte de l’Humanité, le summum de la mise à mort orchestrée par une idéologie mortifère servie par une organisation de destruction massive. Aujourd’hui le nazisme reste un sujet tabou mais bien pire serait de se taire par lâcheté ou par complexe de ne pas trouver des mots pour l’expliquer. Aucun sujet sensible ne devrait échapper au débat parce que sa mise en lumière est source d’espoir dans la lutte contre le fondamentalisme, comme le partage d’une découverte scientifique pourrait être une source de progrès universel. Chacun peut et doit apporter au débat une contribution à sa manière, y compris ceux qui n’ont pas vécu la Guerre ou qui préfèrent se taire par respect des anciens. C’est précisément un devoir de s’exprimer à l’aide de nos mots et de nos sentiments ce que les vétérans voulaient que les jeunes générations conservent sous forme de mémoire, pour le salut de l’Humanité.
En janvier 1942, au cœur de l’hiver, l’armée allemande piétinait dans la campagne de Russie. Pour la première fois depuis le début de la guerre, la Wehrmacht subit un sérieux revers en perdant la bataille de Moscou. Dans l’avion qui le menait à Berlin, accompagné de généraux et d’une escouade de S.S, Adolphe Hitler ne cachait pas son mécontentement. Au-dessus de la Pologne couverte d’un épais manteau neigeux, le Führer fit une mou dédaigneuse en ajustant son col pour se protéger du froid. La tôle du Junker JU 52/3m était glaciale mais ce n’était rien face aux critiques acerbes que le Führer ne cessait de proférer à l’égard de ces officiers, monopolisant la parole par de longues tirades assassines que nul n’osait interrompre, sauf des quintes de toux. Tout à coup, la voix du pilote Hans Baur, prit le dessus :
- Nous devons nous poser rapidement en raison d’une panne.
Un grand silence s’installa dans la cabine permettant d’entendre un bruit mécanique inhabituel venant de l’aile droite. Le moteur était immobile et l’avion perdait de l’altitude. Le pilote eut droit aux vociférations du Führer mais restait concentré pour préparer un atterrissage de fortune sur un aérodrome de campagne. Malgré la manœuvre improvisée, l'irremplaçable expérience de Bauer permit au Junker de se poser sans heurts. Reprenant leurs esprits, les occupants sortirent de l’avion pour découvrir une journée grise qui se terminait sur un paysage enneigé, un froid cinglant et au loin, la silhouette d’un clocher qui laissait deviner un village.
Tandis que le pilote faisait l’inventaire des dégâts et entreprenait les premières réparations, les militaires accompagnèrent le Führer à pied au village, bravant un vent glacial sur une route gelée. L’état de santé d’Adolphe Hitler se dégradait de minute en minute. Il devenait vital de lui trouver un logement pour la nuit et si possible un docteur. Les officiers installèrent leur chef au rez-de-chaussée d’un hôtel particulier réquisitionné pour l’occasion, discret et situé à l’entrée d’un village polonais au nom imprononçable. Fébrile, pâle, affaibli, le chef du Reich réclama d’urgence un médecin.
Après un moment qui semblait interminable, un soldat allemand accompagné d’un civil se présenta à la porte de la chambre de l’hôtel.
- J’ai trouvé un médecin, mon Führer, dit le soldat en esquissant un garde à vous à la porte de la chambre.
H. : Bien, mais ne divulguez pas mon identité aux villageois car pour eux je suis un Feldmarschall de la Wehrmacht. Faites entrer le médecin après l’avoir fouillé, je vais m’allonger, dit Hitler en prenant possession du lit de la pièce. C’était un lit large et haut, aux draps blancs et aux montants en bois de chêne foncé, sans fioritures mais rustique et robuste. Le chef de l’armée hésita à faire relâche en cet endroit inconnu et répugnait même à se poser sur un lit étranger mais il avait compris que l’urgence dictée par la maladie passait avant les réticences symboliques ou idéologiques.
G : Bonjour Monsieur le Feldmarschall, dit le civil en découvrant un militaire prostré sur le lit.
H : Ah, quelqu’un vient à mon aide, dit le malade en guise d’accueil. Qui êtes-vous ?
G. : Je suis le médecin que vous avez demandé Monsieur le Feldmarschall, répondit un homme d’une cinquantaine d’années, de petite stature, aux cheveux sombres mais grisonnants, aux yeux noirs, à la peau blanche et à la barbe mal rasée. Il était emmitouflé d’une écharpe à motifs géométriques et portait un long manteau de laine gris foncé.
H. : Enfin un médecin qui apporte la civilisation dans ce bout du monde ! Exercez-vous depuis longtemps dans le village ? lança l’homme couché.
G. : Oui.
H. : Quel est votre nom ?
G. : Je suis le docteur Günther Weinberg, répondit l’autre d’une voix un peu hésitante en enlevant doucement son manteau qu’il garda à la main, attendant poliment un signe du Feldmarschall pour le poser sur le dossier d’une chaise. Le médecin approcha la lampe posée sur la table pour mieux voir l’homme qui demandait à être examiné, mais celui-ci semblait fuir la lumière.
H. : Ah mais vous êtes allemand ! Je ne m’attendais pas à trouver un compatriote sur cette terre polonaise et encore moins dans ce village, répondit le militaire un peu surpris.
G. : Oui monsieur l’officier, vous avez de la chance parce que je suis effectivement allemand.
H. : Je suis rassuré de pouvoir être soigné par un concitoyen mais je suis également ravi de constater que les enfants du Reich ont plaisir à coloniser la Pologne conquise afin de l’intégrer à notre espace vital. De quelle région venez-vous ? demanda le Feldmarschall pour engager la conversation.
G. : Du sud de la Bavière et ma famille est originaire de la Suisse alémanique, répondit le médecin assez satisfait de trouver un sujet de discussion commun.
H. : Ah, la Bavière est ma région préférée ! Mes meilleurs souvenirs sont à Munich et j’y ai beaucoup d’amis. C’est vraiment une chance inouïe que nous ayons pu nous rencontrer, se confia le malade.
G. : Je vous remercie monsieur le Feldmarschall, je vais faire de mon mieux si vous voulez bien me raconter les raisons de votre peine ? s’informa le docteur Weinberg.
H. : Et bien depuis hier, en revenant de Moscou où les Bolcheviques opposent une farouche résistance aux assauts de notre armée, je suis épuisé et ma respiration est devenue très pénible.
G. : Avez-vous des frissons et des courbatures ? questionna le médecin.
H. : Oui exactement mais le plus pénible sont les contrariétés parce que l’offensive militaire ne se déroule pas comme prévu, se confia l’officier, et cela me fait énormément tousser.
G. : C’est une infection pulmonaire qui provoque la toux, répliqua le soignant.
H. : Certes mais vous comprenez que je dois reprendre au plus vite la direction des opérations militaires sans quoi notre victoire serait compromise.
G. : Oui mais vous n’êtes pas le seul Feldmarschall de la Wehrmacht responsable du front russe ? Vous pouvez compter sur la présence de vos collègues et cela vous permettra de prendre du repos, suggéra le docteur Weinberg.
H. : Au contraire, je suis indispensable parce que toute l’offensive dépend de ma seule et unique réflexion, répliqua l’autre, il est vital que je sois opérationnel le plus rapidement possible.
G. : Quel honneur de parler au plus important Feldmarschall de l’armée allemande même si c’est par malheur en tombant malade vous avez du vous arrêter dans mon village. J’ai la chance de soigner le stratège qui a élaboré l’offensive sur le front russe, répondit le civil.
H. : Et moi j’ai la satisfaction d’être soigné par un médecin bavarois à défaut de pouvoir joindre le médecin de la Wehrmacht.
G. : Oui mais si c’est l’infection pulmonaire qui est responsable de votre état de faiblesse comme je le soupçonne, les choses seront plus compliquées que vous ne le pensez. Reprendre votre poste sera compromis dans les prochains jours, rétorqua le docteur Weinberg, même si l’offensive est arrivée à un moment crucial.
H. : Il faut me soigner au plus vite car l’armée à vraiment besoin de moi, s’obligea d’insister le militaire en se redressant sur son séant et en essuyant des gouttes de sueurs témoignant de l’importance de la fièvre.
G. : J’entends monsieur le Feldmarschall mais même avec un excellent traitement, il ne serait pas raisonnable de quitter le repos, annonça très honnêtement le médecin en secouant la tête. On prévoit de la neige, du vent et du gel pour cette nuit.
H. : A force de tousser j’ai mal à la tête et j’ai des courbatures qui réduisent mon activité, compléta le malade qui ne pouvait pas se mettre debout.
Pendant que le médecin sortait des affaires de soin de sa mallette, le militaire restait prostré dans la pénombre du lit mais cette faiblesse ne l’empêchait pas de poursuivre la conversation
H. : Comment sont les rapports entre Allemands et Polonais dans ce village ? questionna le Feldmarschall.
G. : Les Polonais se sont faits à l’idée de l’occupation de leur territoire par nos troupes, je pense que nos relations auraient pu être pires mais les villageois sont principalement des paysans raisonnables qui ont un grand sens pratique.
H. : Et dans quelles conditions exercez-vous votre métier ?
G. : Je suis plutôt bien accepté, répondit le docteur Günther, je soigne aussi bien les Allemands qui assurent l’administration que les fermiers polonais.
H. : N’y a-t-il pas de médecin polonais ? reprit le militaire.
G. : Il a été déporté, répondit l’autre d’un ton sec.
H. : Etait-il juif ? demanda le militaire.
G. : Oui.
H. : Restent-ils des juifs dans le village et aux alentours ?
G. : Oh sûrement pas monsieur le Feldmarschall, ils ont été réquisitionnés pour aller dans les camps de travail.
H. : Comment le village a-t-il pris cela ?
