Un Cercle de Craie - Joseph Kern - E-Book

Un Cercle de Craie E-Book

Joseph Kern

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Beschreibung

Harry a pris l avion pour Berlin dans l ultime espoir de revoir son amour perdu et de résoudre cette étrange enquête qu un médecin new-yorkais lui a confié, retrouver un mystérieux voleur qui aurait quitté Détroit, accompagné d une jeune française. C est au cours de ses recherches qu il a rencontré Lolita et qu ils se sont aimés. Mais elle a disparu, sans prévenir un matin. Aujourd hui Harry pressent un danger, il sait qu il doit la sauver, lui dire combien il l a aimé. Il est cet ange tombé du ciel, un accident. Lolita, c est celle par qui tout commence et tout fini, un incendie. Embarquez dans un suspens sans retour ou bien juste un vertige de l amour.

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Seitenzahl: 162

Veröffentlichungsjahr: 2021

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Prélude

1. Le Jour Venu

2. Le Contrat

3. Approche Tes Yeux

Capsule n°1

4. Caché Derrière

5. Le Brasier

6. À Perte De Vue

Capsule n°2

7. La Femme Enchaînée

8. Sur un Fil

9. Pardonne-Moi

10. L’oiseau de feu

Capsule n°3 (part1/part2)

11. Danser Encore

12. Cristal

13. Je t'emmène au vent

14. L’embellie

« C'est l'éclipse totale au dehors

Est-ce qu'elle pense à toi encore

Est-ce que votre amour est mort

Ou n'étais-ce qu'un météore»

CALOGERO - L’ECLIPSE

PRÉLUDE

Parce que tout se mélange comme dans un début ou dans une fin, le taxi file au petit matin sur les routes pluvieuses de banlieue, direction Roissy, Terminal 2B. Je pars te retrouver. J’ai bon espoir cette fois, Lolita, de revoir tes cheveux blonds, ton visage rond et ton regard de chat perdu. Je ne sais pas si tu voudras me suivre ou si la police te gardera dans ses geôles. Tout dépendra de celui qui te retrouvera le premier. Mon informateur a l’air fiable, pour une fois. Je ne pars pas à Berlin pour rien. Quitter Paris était devenu vital de toute façon. Il y a trop de souvenirs ici, trop de toi, trop de nous et surtout toutes les ruines de notre amour qui sont bien trop lourdes à porter.

Tu te souviens ?

Nous attendions les étoiles comme dans un monde en éventail qui s’ouvre et se replie sur lui-même, à l’infini. On était tout là-haut perchés sur un nuage, à flotter sur la vie, enlacés dans des baisers matelassés. Nous vivions dans un quotidien baigné de lumière mais sans que nous ne l’ayons vraiment voulu, nous nous sommes empêchés de briller l’un et l’autre. C’est à ce moment là que les premiers vents se sont mis à souffler, sans que je n’y prête vraiment attention. Nous attendions les étoiles, cela devait suffire à vivre heureux jusqu’à devenir vieux. Mais à la nuit tombée, un ogre s’est échappé du lit, une fois lâché sur notre amour, il était devenu incontrôlable, à semer la peur et les larmes.

Le ciel n’était jamais complètement bleu, il y avait toujours un nuage qui traînait. Tu ne voyais que lui, comme si l’obsession de l’orage était devenu bien plus forte que tout ce qui pouvait être beau. Seul face à ce désastre inattendu, je regardais nos vies se fragmenter. Et quand la bombe a explosé, je n’ai trouvé que le silence pour exprimer ce raz-de- marée. Le monde s’est mis à vaciller comme une faucille, à trancher nos sentiments au jour le jour. C’est là que nous aurions dû unir nos âmes, les transformer en bouclier. Au lieu de ça nos mains tendues se sont transformées en poings serrés, mélange de colère et de peine, l’échec de notre amour, des rêves qui s’effondrent. Je n’aurai jamais cru vivre ça avec toi.

C’était bien toi le plus cadeau de ma vie, toi qui es partie. Ce jour là, c’est un ouragan de catégorie 5 qui s’est soulevé avec la force d’une armée. Je ne l’ai pas vu nous emporter, je n’ai pas su nous protéger. Ce beau navire a vu sa coque se briser et notre couple s’est mis à couler, emporté par des courants si puissants qu’il nous était impossible de lutter. Notre histoire s’est échouée dans le vacarme de tes larmes. Chacun de son côté, en équilibre dans un tango des bas quartiers, nous nous sommes enfuis pour survivre tant bien, rattraper nos lambeaux de peau, protéger ce cristal, ce cœur qui fait mal. On dit qu’après chaque guerre arrive la paix et parfois même que de la haine renaît un sentiment nouveau comme un amour sauvé des eaux. Depuis ton départ, je vis dans une apnée dangereuse. Je cherche dans ma mémoire le souvenir de nos baisers, de ceux qui aident à respirer. Me voilà seul au fond d’un glacier, en joue figé par des archers d’amour blessé.

Je suis comme ce bombardier argenté qui vole dans un ciel de misère, à travers les éclairs et les fards à paupières. Ses réacteurs sont en flammes, sa carlingue tremble de part en part, il file à une vitesse folle. C’est bien plus grand qu’un incendie. Il finira bien par exploser tu sais, mon bel amour. Il m’arrive d’oser fixer mon reflet dans le miroir. Je vois un cœur tout éraflé, ses balafres et sa beauté. Comment fait-il pour battre encore. Je voulais être ce phare capable d’éclairer tes nuits à la flamme de mon amour. Je pensais en être capable, tu sais. Au lieu de ça, tu t’es enfuie comme si tu te sentais prisonnière dans cette vie que nous avions tous les deux. Aujourd’hui je suis la nuit, une pâle copie. Je ne suis plus que l’ombre de moi-même. Mais où donc es-tu partie ?

J’ai gommé les griffures sur mon visage. Mes yeux ont désormais le bleu d’un ciel d’hiver. Mon cœur est desséché, insensible et venimeux. Je vis dans le silence comme un vieux moine cistercien. Je vois des hordes lointaines, des animaux en terre d’adieu, des diablotins, un ange hideux. Je cours derrière cette trace de toi, une ombre volée dans un baiser. Le professeur Forbes a dépêché toute une armée pour te retrouver. Cela ne suffira pas, je le sais déjà. Cela fait maintenant six mois que je suis sans nouvelles de toi. Un jour tu as disparu, c’était un lundi. Où es-tu Lolita, à Berlin ou sur la lune, au crépuscule, dans l’infortune. Tu sais, rien n’est plus beau qu’un premier baiser. C’est comme un tatouage indélébile, l’éternité d’une émotion. Les yeux se ferment comme emportés dans un printemps suspendu. Il y a tous ces papillons dans ton ventre et le battement de leurs ailes qui rythmait les pulsations de nos cœurs. Je nous revois ivres dans un fou rire.

J’aimerais que tu viennes me resservir une vodka black et que nos langues se mélangent dans l’étreinte d’un soir, nos deux corps inondés dans l’éternité de notre histoire. Reviens-moi Lolita. On ne balaie pas l’amour comme une poussière. Je sais qu’il traine au vent, à gauche à droite, dans des bourrasques et des ouragans. Il est revenu cogner à ma porte, le jour où cette infirmière est morte. J’étais resté en contact avec elle depuis cette nuit où elle avait sauvé ma vie. C’était il y a 7 ans déjà. Le cancer l’a emporté en à peine un mois et sa mort m’a ramené vers toi, comme si l’urgence de la vie avait sonné l’alerte en moi. J’ai vu la peine s’engouffrer dans mon cœur et mon âme s’est mise à hurler :

«Lolita... elle a besoin de toi... Lolita... retrouve-là. »

J’ai senti des larmes tomber sur le stroboscope des souvenirs. Il fallait que je te retrouve coûte que coûte, comme si ma vie en dépendait elle aussi. Je savais que Forbes te tuera s’il parvenait à mette la main sur toi, avant moi. Je n’ai pas ce qu’il cherche exactement. Je reviens vers toi Lolita. Je viens combler l’inachevé, te kidnapper et peut-être même te libérer. Tout dépendra de toi.

CHAPITRE 1

LE JOUR VENU

Le rendez-vous est fixé au Monkey bar, Rooftop d’un hôtel branché, temple de l’électro berlinoise, ambiance décalée, impression de voler au-dessus de la vie, se sentir libre, exister. J’ai à dû atterrir il y a deux heures à peine. La transition est rude entre mon petit bureau parisien et cet univers décalé. Berlin c’est l’ombre et la lumière de ce XXème siècle. Et aujourd’hui même si le mur est tombé, j’ai toujours le sentiment quand je suis ici, d’être dans cette dualité, comme si cette ville était restée l’épicentre du monde, à jamais. Je finis par récupérer un Berlin Buck auprès d’un barman à moitié déchiré. Ce cocktail à base Gin, de citron vert, d’une limonade épicée, de citron et de Pijökel 55, sera parfait pour me remettre les idées en place et me synchroniser comme il se doit à l’endroit. Je trouve une petite place le long de la baie vitrée avec une vue imprenable sur l’église du souvenir. La lumière de la ville d’une noirceur profonde, à la nuit tombée, comme si des ombres restaient cachées du soleil en attendant la nuit pour exister. Je souffle la bougie posée sur la table. Je ne veux pas qu’on puisse distinguer mon visage avec précision. Je veux rester obscur et discret, transparent s’il le faut, suffisamment en tous les cas pour capter les émotions qui planent autour de moi. Cet endroit était le nôtre. On s’y est aimé bien plus d’une fois.

On a même failli s’y battre la dernière fois qu’on y est allé. Le «Goodbye» d’Apparat me transporte comme le S-Bahn dans les méandres de ma mémoire. J’ai tant besoin de toi, tout à côté de moi. Berlin nous a happés, comme deux extraterrestres téléportés sur leur planète. Ici nous étions libres d’être nous-mêmes, de nous aimer au rythme de nos sentiments, les vrais, sans filtres et sans limite. Nous étions juste nous et c’était déjà beaucoup. Je n’ai ressenti ce sentiment qu’ici et à Montreux, lors de cette dernière nuit (si belle et si triste) où cachés dans cet igloo, j’ai rêvé qu’une nouvelle chance nous serait donnée. Mais rêver ne suffit pas toujours à inverser la destinée.

– Désolé pour le retard, je me suis tapé un vieux braquage dans une salle de jeux dans Marzahn. Encore une sale histoire, je ne vous raconte pas. Je ne comprends pas ce qui se passe en ce moment. Les gens sont en train de devenir complètement fous, vous ne trouvez pas ?

L’homme jette sur la table une paire de clés avec le logo Mercedes et un paquet de cigarillos Montecristo. Il laisse tomber sa masse osseuse sur le petit canapé en face de moi. La cinquantaine, il a cet air bourru des flics de nuit. Sa peau est boursouflée, comme vérolée. Son regard noir tranche avec ses cheveux blonds. D’apparence l’homme me semble bon, d’apparence seulement.

– Commissaire Schumann, enchanté. C’est moi qui vous ai contacté.

Je sers sa main comme si j’attrapais la perche d’un sauveteur lancée en pleine mer, de celle qu’il ne faut surtout pas lâcher pour continuer à respirer, à espérer.

– Si j’ai bien compris votre message, vous auriez des informations à me vendre concernant une de mes clientes, c’est bien ça ?

– Tout au plus à négocier. N’employons pas ce terme entre nous, s’il vous plaît. Un ami commun m’a parlé de sa disparition, d’une récompense qui serait offerte…

– Ce n’est pas moi qui paie. Vous seriez déçu sinon.

Un serveur lui dépose un demi-litre de bière blanche aussi mousseuse que ces ronds de jambe. Je n’ai pas confiance en lui mais c’est ma seule piste pour te retrouver.

– Excusez ma curiosité mais comment avez-vous fait pour me trouver ? Il y a quelques articles sur le net qui parlent de moi et un pseudo-profil Facebook, mais rien de plus.

– C’est une longue histoire mais pour faire court, nous avons reçu une fiche Interpol concernant votre amie. Tenez je vous l’ai imprimée. Il y est question d’un vol d’un nouveau genre qui devrait avoir lieu ici à Berlin. Son nom y est mentionné en bas à droite, regardez. Nous avons fait pas mal de recherches sur elle et nous avons découvert que vous aviez été en couple pendant quelques temps. Après c’est du travail de flic. Un vieil ami à moi qui travaille à l’OCRVP (1), m’a dit que vous l’aviez questionné à son sujet, il y a déjà quelques années. Il m’a dit que vous pourriez m’aider.

– De quel type de vol s’agit-il ?

– Je comptais un peu sur vous pour m’en dire plus, parce que ce n’est pas précisé ? J’ai essayé d’interroger Interpol mais leur source est classifiée secret défense et j’ai vite compris que je n’en tirerais rien.

Je fais mine de réfléchir en buvant une longue gorgée de mon cocktail. Je sais parfaitement pourquoi tu es là, Lolita. Je tourne la tête vers l’église du souvenir et je revois notre première nuit à Berlin, à marcher main dans la main au milieu des marchés de Noël, à découvrir notre histoire, à se rêver d’inventer une nouvelle façon d’aimer. Nous étions coupés de tout ce qui faisait nos vies à Paris. Nous étions juste Toi + Moi, ce grand Nous. C’est ici que le Mur est tombé, tu n’as pas oublié.

– Vous l’avez déjà retrouvée je suppose, sinon je ne serai pas là aujourd’hui. Mais il vous manque une pièce du puzzle avant de l’arrêter, c’est bien ça ?

– C’est un peu plus compliqué que ça. Elle est arrivée toute seule il y a dix jours depuis Paris. Nous avons sa réservation d’avion et une photo d’elle à son arrivée. Vous me confirmez qu’il s’agit bien de la même personne ?

Je fais un signe d’approbation en caressant du bout des doigts la photo qu’il me tend. Tu es en vie, mon bel amour. Tu as l’air souriante et heureuse. Je vois que tu n’as plus le poids de moi sur tes épaules, tout ce qui pouvait t’encombrer et t’étouffer.

– Elle a séjourné dans trois hôtels différents, qu’elle a payé à chaque fois avec sa carte de crédit, à l’exception du dernier, le Michelberger, c’est un hôtel dans Friedrichshain, vous connaissez ?

– Oui, nous y avons déjà séjourné. C’est bizarre qu’elle ait choisi cet hôtel. Ce côté usine industrielle ne l’avait pas vraiment emballé.

– La chambre a été réglée par une inconnue dans la nuit de mardi à 5h33 du matin, pour être précis. 7 minutes plus tard, cette femme est morte assassinée dans une autre chambre de l’hôtel située pile face aux fenêtres de Mademoiselle Lolita Camwell. Regardez bien le visage de cette femme, Caproni, vous avez sûrement dû la rencontrer.

Sur la photographie qu’il dépose sur la table, je distingue une femme brune, le visage rond, le contour des yeux noircis, ses lèvres charnues sont maquillées grossièrement d’un rouge à lèvre couleur fuchsia.

– Désolé Commissaire je ne l’ai jamais vu. Vous n’avez pas pu l’identifier ?

– Non pas encore. Pour l’instant, nous pensons qu’il s’agit d’une femme russe, d’une trentaine d’année, peut-être une prostituée. On a retrouvé des notes écrites en cyrillique dans sa table de chevet. Elle était plutôt bien habillée, du « All Saints » de la tête aux pieds. Vous connaissez cette marque de vêtements, moi j’y connais rien, c’est ma femme qui m’habille, alors vous imaginez ?

Lolita avait fait un essayage dans une boutique de cette marque, un jour à Paris, elle était juste merveilleusement belle dans ces vêtements. Mais ces fringues-là sont hors de prix et nous étions repartis sans un sac. Avec le recul, je me dis, que j’aurai dû lui offrir ce petit ensemble, la transporter dans un autre univers, encore et toujours, nous échapper. C’est peut-être le résumé de notre vie, tu sais, comme si on ne pouvait être heureux que loin de ce monde, seuls sur un bateau à naviguer, à traverser les détroits et les océans.

J’aurais tellement aimé disparaître avec toi sur un grand voilier blanc et revenir à la vie dans un baiser ou dans un rire sur un vieux port ou dans une crique abandonnée. La liberté ma Lolita, c’est bien elle que nous sommes venus chercher ici à Berlin.

– On sait qui a réservé la chambre où on a retrouvé le corps de cette femme ?

– Un certain Markus Muller né le 18 août 1987 à Brême. Il est totalement inconnu de nos services. On fait des recherches pour essayer de le localiser. L’adresse qui est inscrite sur sa fiche client correspond à un entrepôt abandonné en périphérie de Munich.

– C’est plutôt curieux, je vous l’accorde. Vous savez ce que Lolita a fait pendant son séjour ?

– Son compte N26 montre un paiement important dans un restaurant de Prenzlauer Berg, le Kanaan. Peut-être pour 5 ou 6 personnes, vu le montant de l’addition. Elle a visité le Musée de l’Holocauste, fait quelques retraits d’espèces. Et sa dernière nuit, elle l’a passée au Berghain. Je peux même vous dire qu’elle a pris son dernier cocktail à 3h53.

– Son dernier vous dites ?

– J’ai 8 consommations sur sa carte de crédit cette nuit-là. Elle tient sacrément bien l’alcool votre copine.

– Elle a peut-être payé des coups à boire, c’est bien son style aussi.

– En tous les cas, elle est rentrée seule à l’hôtel, ce soir là,. Un taxi l’a raccompagnée à 4h21. Muller et la fille sont arrivés ensemble à 5h30, nos ne savons pas d’où précisément. La fille s’est arrêtée payer la chambre 354, celle de votre amie. Elle aurait déclaré à la réceptionniste vouloir lui faire une surprise. Ensuite, elle est montée dans l’ascenseur, et après, c’est l’inconnu.

– À quelle heure mademoiselle Camwell a-t-elle quitté l’hôtel ?

– Nous n’avons retrouvé aucune image de son départ, nous n’avons pas retrouvé non plus la carte magnétique de sa chambre. C’est comme si elle était toujours dans cet hôtel.

– Comme votre tueur, peut-être.

– Nous avons fait vider toutes les chambres, interrogé toutes les personnes présentes dans l’hôtel à l’heure des faits mais ça n’a rien donné. Nous n’avons trouvé aucune trace de votre amie, ou de ce Muller. Ils ont dû s’enfuir par les issues de service avant qu’on arrive, je ne vois que cette hypothèse.

Mon regard se bloque soudain sur une ombre derrière la vitre de la terrasse, je sens son regard sur nous. Quelqu’un nous surveille, j’en suis certain. Il y a deux hommes qui nous observent avec insistance, à trois tables derrière nous. J’ai vu leurs regards se baisser quand je les ai fixés. Ils avaient l’air plutôt surpris et gênés. Ce ne sont pas des policiers mais plutôt des hommes de main, du style mafieux albanais.

– Je vais devoir vous laisser Commissaire. L’endroit commence à être un peu trop dangereux pour moi.

– Qu’est-ce que vous racontez Caproni.

– Tenez votre enveloppe, il y a de quoi arrondir vos fins de mois pendant quelques temps. À l’intérieur je vous ai laissé mon numéro de téléphone. Appelez-moi demain en fin de matinée pour faire le point, si vous voulez bien.

– Vous allez faire pouvoir m’aider, vous pensez ? Tenez, prenez ma carte de visite. Il faut absolument qu’on la retrouve, j’ai un mauvais pressentiment.

– Je ne peux rien vous promettre commissaire. Je ne suis qu’un petit détective de quartier vous savez.

Je profite du passage d’un groupe de touristes belges pour m’éclipser. La foule est tellement dense qu’elle me rend invisible. Je pars te chercher Lolita avant qu’il ne vienne te tuer. Le risque est pris. Et si tu ne veux pas de moi alors tant pis, je partirais, comme quand on souffle une allumette, en une fraction de seconde, comme ça, comme une vie qu’on efface.

(1) Office Central pour la Répression des Violences aux Personnes

CHAPITRE 2

LE CONTRAT

A