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Son domaine, John y tient plus que tout. Alors, quand le testament de son père l'oblige à se marier et à fonder une famille pour le récupérer, il met tout en oeuvre pour y arriver. Mais c'est sans compter l'arrivée de son nouveau comptable et de sa fille. John doit faire un choix . Mais lequel... au risque de tout perdre.
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Seitenzahl: 293
Veröffentlichungsjahr: 2020
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Ceci est une œuvre de fiction. Les noms, les personnages, les lieux et les faits décrits ne sont que le produit de l’imagination de l’auteur, ou utilisés de façon fictive. Toute ressemblance avec des personnes ayant réellement existées, vivantes ou décédées, des établissements commerciaux ou des événements ou des lieux ne serait que le fruit d’une coïncidence.
Cet ouvrage contient des scènes sexuellement explicites et homoérotiques, une relation MM et un langage adulte, ce qui peut être considéré comme offensant pour certains lecteurs. Il est destiné à la vente et au divertissement pour des adultes seulement, tels que définis par la loi du pays dans lequel vous avez effectué votre achat. Merci de stocker vos fichiers dans un endroit où ils ne seront pas accessibles à des mineurs.
Prologue
Chapitre 1
Chapitre 2
Chapitre 3
Chapitre 4
Chapitre 5
Chapitre 6
Chapitre 7
Chapitre 8
Chapitre 9
Chapitre 10
Chapitre 11
Chapitre 12
Chapitre 13
Chapitre 14
Chapitre 15
Epilogue
— Allez viens Émile, j’ai peut-être trop bu, mais toi aussi… et puis, c’est l’occasion rêvée… si on le regrette demain, on dira que c’est à cause de l’alcool, me dit-elle avec un petit air boudeur.
— Nathalie, arrête, on ne peut pas faire ça !
— Mais si… m’affirme-t-elle tout en me regardant avec le sourire en coin, je veux le faire avec toi ! Tu es mon meilleur ami, il n’y a que toi avec qui je veux le faire !
— Mais tu sais très bien que je suis…
— Non, ne dis pas ça. C’est juste que tu n’as jamais essayé avec une femme. Je voudrais être ta première fois, que tu découvres enfin une chatte et en l’occurrence… la mienne !
Nathalie se met à pouffer. Je la trouve adorable avec ses joues rouges et son regard brillant. Elle est ma meilleure amie depuis la maternelle. On ne s’est jamais quitté depuis. On a fait les quatre cent coups. Elle connaît tous mes secrets. Mais là, elle me demande une chose particulière.
Nous étions passés à la soirée de fin d’année, nous avions dix-neuf ans et nous avions fini nos examens. L’alcool coulait à flot et toutes les personnes présentes étaient plus ou moins éméchées.
Il était une heure du matin, je commençais à fatiguer et j’avais demandé à Nathalie de rentrer. Je dormais chez elle ce soir-là.
Nous marchons le long du trottoir, sa maison n’étant pas très loin du lieu de fête. Nathalie sautille partout autour de moi et commence à me donner le tournis.
— Émile, s’te plaît, me supplie-t-elle avec son petit regard de chien battu.
Je n’ai jamais pu lui résister quand elle me fait ces yeux là et elle le sait.
— Nathalie, lui dis-je en lui prenant la main, tu es sûre de toi ? Parce que moi, je ne me sens pas prêt à franchir le pas, tu sais très bien que je préfère…
— Non non non, ne dis rien, je sais ce que tu vas me dire et je veux que tu sois ma première fois ! Et puis, ma tante n’est pas là.
— Merde Nathalie, tu es chiante, tu sais ça ?
— Mais tu m’aimes bien quand même.
Elle pose sa tête sur mon épaule et me lance encore son petit regard. Je lui embrasse tendrement le front et me laisse attendrir.
— Nathalie, tu crois vraiment que…
— Oui ! Dis oui !
— Oui d’accord…
Je baisse la tête, je ne devrais pas faire ça, je ne l’ai jamais fait avec une femme, mais là, c’est ma meilleure amie et j’ai peur que cela brise quelque chose entre nous.
Nathalie saute de joie dans mes bras en poussant des petits cris de victoire. Elle se met à courir en me tirant par la main. J’essaie de trainer un maximum, j’essaie de ne pas aller trop vite, je sens que je vais faire une connerie, mais je n’ai jamais pu lui résister longtemps.
À peine la porte refermée derrière moi que je me retrouve plaqué contre cette dernière par Nathalie. Elle passe ses bras autour de mon cou et me regarde droit dans les yeux. J’y vois de l’excitation, elle veut perdre sa virginité ce soir… et c’est à moi qu’elle l’a demandé. Elle m’a dit qu’elle était certaine qu’avec moi cela se passerait mieux, que je ferais attention à elle, car je l’aimais. Oh pas d’une façon amoureuse, mais de l’amour sincère qu’est notre amitié. Elle a peur qu’un autre gars soit trop brusque avec elle.
— Qu’est-ce qu’on fait maintenant ? Lui dis-je en lui caressant la joue.
— On s’embrasse peut-être ?
Elle pose ses lèvres sur les miennes. Sa bouche est douce et me caresse doucement. Je n’ai pas l’habitude de ce genre de baiser. Ce que je connais est plus brutal, plus dur et plus empressé. Sa bouche s’ouvre et laisse passer sa langue qui lèche doucement mes lèvres, essayant de passer au travers. Je la laisse faire. Son baiser devient plus intense et ses mains passent sous mon t-shirt pour me caresser le torse. Ses petits doigts volent sur ma peau.
Je ne sais pas comment me comporter. Mes bras restent le long de mon corps. Je la laisse m’embrasser. Je ne sais pas vraiment ce que je ressens, ce n’est pas moi tout ça et pourtant je la laisse faire, parce que c’est Nathalie.
Elle recule légèrement, le son qui sort de sa bouche est tremblant.
— Émile, s’il te plait, participe… caresse-moi, fais comme si j’étais…
Je lui pose un doigt sur la bouche pour la faire taire.
— Tu ne seras jamais ce que tu allais dire, tu le sais Nath… Mais je vais essayer… pour toi, je dois t’avouer que j’ai peur, peur que tu le regrettes après et que tu m’en veuilles.
— Non… tu es tout pour moi et je ne regretterai jamais.
Je prends une grande inspiration, je lève la main vers sa joue, la caresse doucement en la fixant droit dans les yeux. Elle est tellement sûre d’elle. Je peux y arriver. Ma main passe derrière sa tête et se pose sur sa nuque. Je l’approche de moi et commence à l’embrasser. Je ferme les yeux, je ne veux pas voir ce que je fais et surtout avec qui je le fais de peur de faire marche arrière.
Notre baiser s’intensifie et je l’entends gémir contre ma bouche. Ses mains passent sous mon t-shirt et le relèvent pour me l’enlever. J’entrouvre les yeux et je la vois me mater avec un petit sourire.
— Nath ?
Elle relève la tête, elle a dû sentir que j’étais encore hésitant, car elle enlève prestement son top et son soutien-gorge. Ses petits seins pointent vers moi comme pour me dire : « occupe-toi bien de nous ». Elle prend ma main et la pose sur sa poitrine. Je me retrouve avec sa rondeur dans le creux de ma paume. Machinalement, je passe le pouce sur son téton qui se durcit rapidement. Nathalie rejette la tête en arrière me laissant accès à son cou. Je referme les yeux et me rapproche d’elle. Mes doigts commencent à jouer avec ce petit pic tout dur et un râle sort de sa bouche. Je pose mes lèvres dans le creux de son cou et commence à l’embrasser, à lui lécher la peau et à la mordiller. Elle se tortille de plus en plus dans mes bras. Son entrejambe se frotte contre le mien pour essayer de m’exciter. Je m’imagine dans un autre lieu avec une autre personne. Je m’imagine que c’est cette personne qui est entre mes bras et que je m’apprête à baiser. Enfin, je commence à durcir. Nathalie le sent. Elle ouvre mon jeans rapidement et passe sa main à l’intérieur de mon boxer. Elle attrape ma queue et commence à me masturber lentement. Si elle continue comme ça, je ne pourrais pas, il faut que…
— Va plus vite, plus durement.
Elle exécute ce que je lui dis.
— Comme ça ?
Un soupir sort de ma bouche.
— Oh putain oui, continue comme ça…
— Toi aussi, touche-moi.
Je déboutonne sa jupe qui tombe à ses pieds, sa petite culotte la suit rapidement et je me retrouve comme un con à ne pas savoir quoi faire. Elle prend de nouveau ma main et la pose sur son sexe. Elle m’entraine dans un mouvement me permettant de la caresser. Elle retire sa main et je continue. Mes doigts glissent entre ses lèvres humides. Un gémissement sort de sa gorge me permettant de comprendre que je ne m’y prends pas trop mal.
— Oui… comme ça… continue…
Sa main astique de plus en plus rapidement ma queue, le plaisir monte peu à peu en moi. Mes doigts touchent son clitoris et un frisson parcourt son corps.
Je comprends que je ne peux plus reculer. Je l’attrape dans mes bras et me dirige vers sa chambre. Je la pose délicatement sur son lit. Je la regarde, nue et étendue à attendre que je la rejoigne. J’enlève rapidement mon pantalon et mon boxer puis grimpe à ses côtés. Ses doigts parcourent mon torse laissant derrière eux une caresse douce à sentir.
— Tu es magnifique, me dit-elle.
— Pourtant, tu m’as déjà vu torse nu plus d’une fois.
— Oui, mais jamais je ne t’ai touché, ta peau est si douce… embrasse-moi…
Je respire un bon coup, ferme les yeux et pose mes lèvres sur les siennes. J’essaie en même temps de me souvenir des paroles de mes potes, de ce qu’ils font avec leur copine… ah oui, lécher la chatte, cela ne doit pas être bien plus compliqué que de… enfin bref…Je descends ma bouche le long de son cou, mordillant cet endroit sensible dont j’ai tant entendu parler et le résultat se fait de suite sentir. Nathalie gémit sous mon butinement, je souris, bingo, cela fonctionne. Je continue ma descente et attrape entre mes lèvres un de ses tétons, je le mordille, le tète. Elle me place une main derrière la tête pour me garder à cet endroit plus longtemps. Elle se cambre plus, levant sa petite poitrine contre ma bouche. J’en profite pour replacer ma main sur sa chatte et retrouve son clitoris. Je le masse délicatement, l’entoure, profite de son humidité pour glisser entre ses replis et enfoncer un doigt délicatement dans son vagin.
J’ai l’air de ne pas me débrouiller trop mal vu la façon dont elle réagit. Ma bouche continue la descente et je me retrouve entre ses cuisses. J’entame lentement un mouvement avec mon doigt pour ne pas lui faire mal et pose enfin ma bouche sur sa virginité. Ma langue la goûte, joue avec sa petite boule de nerf et revient sur ses lèvres. Son goût n’est pas si mauvais, différent de ce que je connais mais… oui, complètement différent. Je m’y attaque plus fermement. Nathalie pousse des gémissements de plus en plus forts, m’incitant à continuer, me disant que c’est bon.
— Oui Émile, oui, comme ça… je sens que cela vient, n’arrête pas, je… Emiileee…
Son corps se met à trembler et sa jouissance s’étale sur mes doigts. Je redresse la tête et la regarde. Elle est belle dans ce moment post orgasmique avec ses joues rouges et les yeux qui brillent. Je remonte à ses côtés et dépose un léger baiser sur ses lèvres. Je replace une mèche de cheveux derrière son oreille la regardant revenir peu à peu à la réalité. Je me sens assez fier de moi sur ce coup-là, je lui ai fait découvrir son premier orgasme. Elle me sourit et me saute dessus.
— À ton tour…
— Hein ? Quoi ? Nath, qu’est-ce que tu fais ?
— Allez, laisse-moi faire et profite !
Je repose ma tête sur l’oreiller lorsque je sens sa bouche descendre le long de mon cou, s’attardant sur mes tétons et que des doigts entourent ma queue. Je ferme les yeux et essaie de profiter de l’instant. Je me refais mon film dans ma tête et commence à prendre du plaisir de ses attouchements. Nathalie n’oublie rien, sa langue et ses dents me procurent des sensations agréables et je sursaute lorsqu’elle pose sa bouche sur mon gland. Sa main descend sur mes bourses et les malaxe. Elle suçote délicatement le bout de ma queue comme pour la gouter et l’enfonce dans sa bouche d’un coup. Je pousse un « oui » de contentement et me laisse aller à ses nouvelles expériences. En cet instant, je ne regrette nullement de lui servir de cobaye. Elle s’applique à me procurer de délicieuses sensations. Elle relève la tête pour me regarder tandis que sa main reprend le relais.
— Émile… je m’y prends bien ?
— Oh que oui, continue, sans problème…
Mais au lieu d’y retourner, elle revient à ma hauteur, ses doigts toujours au même endroit. Je ne comprends pas, je la regarde en ayant l’air de dire qu’elle ne doit pas s’arrêter là.
— C’est maintenant Émile !
Je sais de quoi elle veut parler, je dois m’occuper de sa virginité.
— Je n’ai pas de capote Nath !
— Je prends la pilule, ne t’inquiète pas pour ça et de ton côté, tu te protèges non ?
— Oui, mais… je… tu es sûre de toi ?
— Oui, plus que sûre, allez… s’il te plait…
Ah ! je suis trop faible avec elle, elle me mène par le bout du nez… ou de la queue à cet instant, j’ai trop besoin d’évacuer le trop plein de plaisir qu’elle m’a déjà procuré.
Je me place entre ses jambes écartées et lui caresse tendrement la joue, je lui embrasse gentiment le bout du nez et commence à m’insérer en elle.
Putain, qu’est-ce qu’elle est étroite, je me retiens de peur de lui faire mal et m’enfonce doucement. Un halètement sort de sa bouche lorsque je sens son hymen. Je m’arrête le temps qu’elle s’habitue.
— Nath ?
— Vas-y maintenant !
Je mets un bon coup de rein et je passe au travers de cette dernière barrière. Je la vois grimacer. Je me bloque, j’attends de peur qu’elle ne me dise d’arrêter. Je suis tellement serré à l’intérieur d’elle que j’ai du mal à me retenir.
— Bouge, me dit-elle, cela va mieux.
Je commence doucement mon va et vient. Le plaisir monte au creux de mes reins. Pour moi aussi, c’est une première, les sensations procurées sont différentes et appréciables. J’accélère peu à peu lorsque je la sens se détendre et que ses hanches suivent mes mouvements. Elle entoure ses jambes autour de ma taille m’incitant à la prendre encore plus profondément.
Ses mains parcourent mon corps laissant derrière elle d’agréables frissons. Je prends un de ses seins entre mes lèvres et mes coups de butoir deviennent plus forts. Nous arrivons tous les deux sur le point de non-retour. Je sens ma jouissance arriver et je tente de me retirer, mais ses jambes m’en empêchent. Nos halètements, nos gémissements se répondent mutuellement et nous partons tous les deux surfer sur la vague du plaisir. Je me déverse en elle, ne pouvant me retenir.
Nos corps frissonnant et luisant de sueur, nous reprenons lentement notre souffle. Je pose mon front contre le sien.
— Ça va ma puce ? Je ne t’ai pas fait trop mal ?
Elle me regarde avec un grand sourire.
— Parfaitement bien… merci…et toi ?
— Aussi…
Je me retire d’elle, de son antre si chaud et humide et me place à ses côtés. Elle se blottit contre moi et je la prends dans mes bras. Nous restons silencieux un petit moment. Je lui caresse tendrement le bras du bout des doigts.
— Tu ne regrettes pas ?
— Non, me dit-elle, je savais qu’avec toi, je ne risquais rien. Et toi, tu regrettes ?
— Je ne regrette pas si pour toi, ça va.
Elle se redresse et dépose un baiser sur ma joue.
— Merci Émile.
Je la serre dans mes bras et nous nous endormons.
TROIS MOIS PLUS TARD
Je cours chez Nathalie. Cela fait un petit moment qu’elle est malade, qu’elle vomit tous les matins, que je ne la vois pratiquement plus. Je suis tellement inquiet que je rentre chez elle sans même frapper. Elle devait aller voir le médecin ce matin et j’aimerais savoir le résultat.
— Nathalie ? Tu es où ?
— Dans ma chambre.
Sa voix est faible. Je rentre dans la chambre et la trouve en boule sur son lit. Quelque chose ne va pas, elle n’est pas du genre à se laisser aller comme ça. Elle a toujours été forte jusqu’à présent.
Je m’approche et m’assois sur son lit à ses côtés. Je lui mets la main sur la cuisse pour lui dire que je suis là.
— Ma puce, dis-moi, qu’est-ce que tu as ?
Je l’entends me dire dans un sanglot.
— Je suis enceinte.
EMILE
Me voilà parti pour un nouveau job, une nouvelle vie.
J’ai trouvé un poste de comptable dans une petite entreprise familiale connue dans cette région pour leur dévouement et surtout leur bon sens des affaires.
Lorsque j’ai postulé à ce travail, j’ai rencontré la personne que je devais remplacer, Monsieur Beaumont. Une retraite bien méritée comme il le disait si bien après quarante ans de bons et loyaux services. Le courant est bien passé entre nous, mon CV et mes compétences l’ont convaincu que j’étais celui qu’il lui fallait. Lorsque je lui ai demandé quand est-ce que j’allais rencontrer les responsables, il m’a simplement dit que Madame Richard était veuve et lui faisait confiance. Je la rencontrerai d’ailleurs lors de mon premier jour. Sa société reviendrait ensuite à son fils quand elle sera décidée à lui laisser les rênes. Cela m’a un peu surpris que cela ne soit pas déjà lui, mais il m’a précisé qu’il me donnera plus d’explications le jour de mon arrivée.
Concernant le logement, je n’ai pas eu à m’en inquiéter, il m’a assuré que la famille Richard dispose d’appartements dans une aile de leur propriété ou les employés qui le désirent pouvaient avoir un logement meublé pour un loyer très attractif. Ce qui est le cas, ne connaissant pas la région, cela m’évitera de faire des recherches. Je vais pouvoir m’installer avec ma fille convenablement et c’est déjà un grand soulagement.
Je devais retrouver Monsieur Beaumont ce jour pour une visite des lieux, me faire signer le contrat de travail ainsi que celui de location et m’expliquer ce que je devais savoir. J’ai amené le maximum de choses que ma voiture pouvait supporter surtout pour Chloé. À huit ans, c’est un grand changement pour elle, surtout s’éloigner de ma mère qui était sa référence maternelle pour son épanouissement personnel.
Ma mère a pleuré quand je lui ai dit que je partais à cinq cent kilomètres avec Chloé, se séparer de sa petite fille a été un véritable drame. Il était devenu important pour moi, de tourner la page et de construire une nouvelle vie.
Non que je ne sois pas heureux dans celle-ci, c’est peut-être sur un coup de tête ou un coup de folie, mais j’avais envie de partir, de recommencer autre chose. Le fait que ma boite fasse faillite et de me retrouver sans emploi m’a fait comprendre qu’il était temps d’en profiter.
J’arrive devant l’adresse indiquée et je reste ébahi devant le paysage qui s’étend devant moi, je ne m’attendais pas à me retrouver dans un lieu pareil. Ce n’est pas une maison, c’est un petit manoir en plein milieu des champs de lavande.
Je roule dans l’allée bordée d’arbres magnifiques et majestueux. J’entre dans une vaste cour. La maison principale est en face. Elle est faite de vieilles pierres et du lierre recouvre une partie des murs. La porte d’entrée et ses fenêtres en arrondi lui donnent un joli genre. Sur la partie gauche se trouve une autre dépendance avec le nom de la famille inscrit dessus « Richard et Fils ». J’en déduis que ce doit être les locaux de l’entreprise familiale et sur la droite, je devine au fond d’une autre allée, un autre bâtiment.
Je descends de voiture et ouvre la porte à Chloé. Ma fille ouvre de grands yeux admiratifs en tournant sur elle-même pour contempler le paysage autour de nous. Cet endroit est magnifique, je suis sûre que nous allons nous y plaire.
— Papa … c’est dans le château de princesse que nous allons vivre ?
— Oui ma puce, c’est dans ce château de princesse que nous allons nous installer, lui dis-je en souriant. Je m’accroupis devant elle et la regarde. C’est ici que nous allons vivre maintenant. J’espère que tu vas t’y plaire et dès demain, nous irons t’inscrire à l’école. Tu vas pouvoir te faire de nouveaux amis. Maintenant, sois sage, Papa va rencontrer sa nouvelle patronne.
Je lui attrape la main et m’avance vers l’entrée en regardant à gauche et à droite, le sourire aux lèvres. Je me sens bien dans ce nouvel environnement, une sensation que je n’avais pas ressentie depuis longtemps. Ce sentiment qu’une nouvelle vie va commencer ici me procure un bien être que je ne pensais plus retrouver.
J’entends des éclats de voix et une porte s’ouvre brusquement. Chloé, dans un sursaut, se cache derrière moi.
— John … reviens ici immédiatement !
— Non Maman, j’en ai assez entendu pour aujourd’hui. Tu veux que je me marie, OK, mais cela sera à ma façon…
J’ai à peine le temps de réagir, l’homme me fonce dessus. Il me retient de justesse dans ses bras. Mon nez est collé à son torse bien que je sois grand. Je me retrouve entouré de ses membres qui me paraissent imposants et qui me font sentir petit dans leur étreinte. Un courant électrique me traverse, son odeur, cette petite odeur de lavande, est un vrai délice et émoustille mes sens. Je redresse la tête et je suis hypnotisé par des iris chocolat aux reflets dorés. Cet homme dégage un charisme énigmatique. Ses yeux me sondent, un sourire relève ses lèvres pleines et généreuses. L’intensité de son regard me procure des milliers de fourmillements sur ma peau.
Putain, qu’est ce qui se passe !
— Pardon, qui êtes-vous ?
— Je suis le nouveau comptable !
J’essaie de me retirer de ses bras, mais il me tient fermement.
— Le nouveau comptable ? Émile Duval ?
— Oui, c’est cela.
— Émile … je pensais rencontrer une personne beaucoup plus âgée que vous … je suis agréablement surpris.
— Pardon ?
— Monsieur Duval ? Cela fait longtemps que vous êtes arrivé ?
Je me tourne vers la personne qui vient de prononcer mon nom. J’essaie de reprendre contenance pour lui répondre de façon cohérente.
— Monsieur Beaumont, je suis content de vous revoir ! Non, je suis là depuis quinze minutes à peu près.
Il regarde l’homme à mes côtés puis revient vers moi. Celui-ci est toujours très proche et je me sens d’un seul coup mal à l’aise.
— Je vois que vous venez de faire connaissance avec Monsieur John Richard, le fils de votre employeur, fait-il avec un petit sourire.
Je me retourne vivement vers le fameux John. Quoi ! Le fils de mon employeur ? Eh bien, je pense qu’il faut que je l’évite un maximum, il a une aura qui me déstabilise complètement et qui chamboule mes sens.
Je m’éloigne de lui et lui tend la main afin de me présenter.
— Enchanté de vous connaître Monsieur.
Il enserre ma main dans une chaude étreinte, ses yeux me fixent comme s’il essayait de lire en moi. Un sentiment que je n’avais pas ressenti depuis longtemps s’empare de mon corps faisant accélérer mon rythme cardiaque. Oui, il faut vraiment que je me tienne éloigné de lui.
— John, je vous présente Émile Duval, le futur comptable de l’entreprise. Il va me remplacer pour mon départ à la retraite. C’est-à-dire très rapidement. Et je pense que la jeune fille qui se cache derrière lui doit être sa fille, Chloé ?
Ses yeux qui me fixaient si chaleureusement un instant plus tôt se teintent d’incompréhension lorsqu’ils se baissent vers elle.
— Votre fille ?
Je la prends par la main pour la présenter.
— Je vous présente Chloé, ma fille.
— Bonjour Monsieur, lui fait-elle en lui tendant la main.
John la regarde un moment et lui sourit en lui prenant sa main.
— Bienvenue jeune fille, je suis sûre que tu vas te plaire ici.
— John, lui fait Monsieur Beaumont, votre mère souhaiterait terminer votre discussion…
— Hors de question, je lui ai dit tout ce que j’avais à lui dire !
Il part d’un pas rageur vers la maison.
— Monsieur Beaumont ? Pouvez-vous m’expliquer ce qu’il se passe ?
— Venez Émile, nous avons plusieurs choses à voir et je vais vous expliquer tout ce que vous avez besoin de savoir.
Je le suis à l’intérieur. Nous entrons dans une grande pièce qui fait office de bureau et de salle de réunion. Une dame d’une soixantaine d’année se trouve devant une fenêtre, une tasse de café à la main et fixe l’étendue des champs.
— Charles, vous avez pu rattraper John ?
— Non Madame Anna, mais je vous présente Émile Duval qui va prendre ma relève et sa fille Chloé. Émile, je vous présente Anna Richard, votre patronne.
Madame Richard porte son attention sur moi et me détaille de la tête aux pieds. Un léger sourire apparait sur son visage lorsqu’elle voit ma fille, adoucissant ses traits.
— Bonjour Monsieur Duval, bonjour Chloé, bienvenus parmi nous. Charles m’a dit beaucoup de bien sur vous.
— Merci, appelez-moi Émile, je vous en prie.
— Émile a croisé John en arrivant…
— Oh … j’espère qu’il ne vous a pas effrayé. Ne faites pas attention à son comportement, depuis la mort de mon mari… John le vit très mal et se retrouve dans une situation… délicate. Enfin, n’en parlons plus pour le moment, Charles vous expliquera plus tard.
Elle me fait signe de m’asseoir autour d’une table ovale en bois rustique. J’installe Chloé à mes côtés et sors de son sac son livre de coloriage et ses crayons afin qu’elle s’occupe le temps de mon entretien. Madame Richard prend le siège en face de moi, Monsieur Beaumont à ses côtés.
— Alors Émile, Charles m’a beaucoup parlé de vos compétences. Je dois avouer, et ce dernier est de mon avis, que notre comptabilité est un peu vieillotte. Conflit de génération avec mon défunt mari, je suppose. Nous sommes prêts à investir dans les moyens informatiques nécessaires afin de mettre toute notre comptabilité à jour.
J’ouvre des yeux ébahis. De nos jours, ils sont encore à faire la comptabilité sur papier. J’ai l’impression que le travail qui m’attend va être plus conséquent que celui qui m’avait été décrit. Celui-ci se tourne vers moi d’un air contrit.
— Je crois que j’ai omis de vous faire part de ce point-là. J’espère que cela ne vous rebute pas ?
J’ai ma place à faire et je sais que je peux y arriver. Cela prendra du temps, mais j’y arriverai. J’ai envie de tenter l’aventure, et puis je veux que Chloé se plaise ici. Je reviens à la réalité en entendant mon prénom.
— Émile ?
— Oui … excusez-moi.
— Non, je comprends que c’est une tâche délicate et si vous ne vous sentez pas de …
— Oh non pas du tout Madame Richard. Je suis partant, c’est un vrai défi et j’aime les relever.
— J’avoue qu’entendre ça me soulage. Notre comptabilité faite sur des livres ne convient plus du tout aux administrations et celles-ci nous tannent pour tout leur transmettre par le biais d’internet. On doit se moderniser, on n’a pas le choix. De toute façon, John avait décidé d’informatiser toute cette partie dès qu’il pourrait s’y pencher. Il dirige déjà l’entreprise familiale sans en avoir le titre, mais je lui en suis reconnaissante, c’est une lourde tâche et j’avoue que je n’ai plus l’énergie de mes vingt ans. Jusqu’à présent, il n’a pas eu le temps de se plonger dans la comptabilité, faisant entièrement confiance à Charles pour le tenir informé du moindre problème financier. Au moins, quand il pourra tenir les rênes, cela sera une charge en moins pour lui.
Je viens de comprendre que John sera mon futur patron, me tenir éloigné de lui me parait difficile.
Madame Richard se lève.
— Je suis désolée Émile, je dois m’absenter. Charles va vous faire signer votre contrat et vous montrer le lieu où vous allez pouvoir vous installer avec Chloé. Elle se penche vers cette dernière et lui dit : je suis sûre que tu vas te plaire ici ma puce, il y a aussi des chevaux dans la grange et je pense que si tu demandes gentiment à Éric, notre homme à tout faire, il pourra te faire monter sur l’un d’eux. Cela te plairait ? Éric a une fille de ton âge qui vit ici. Lui et sa femme vivent au dernier étage de la maison. Je suis sûre que tu vas devenir amie avec elle. Sa maman, Caroline, est notre cuisinière et elle fait d’excellents gâteaux.
— Oh oui ! dit-elle avec un grand sourire. C’est vrai que l’on va vivre dans le château de princesse ?
— Oui ma puce, lui dit-elle amusée. Charles vous expliquera tout, dit-elle à mon intention. Je dois y aller, à plus tard.
Elle quitte la pièce et je me tourne vers Monsieur Beaumont.
— Et quand John doit-il reprendre la tête de l’entreprise ?
— C’est là tout le problème … quand il sera marié et aura un enfant.
JOHN
Je rentre dans la maison en claquant la porte. Je vais vers le bar me servir un verre, je crois que là, j’en ai vraiment besoin. Ce n’est pas dans mon habitude de boire en pleine journée, mais les propos de ma mère me mettent hors de moi. J’avale d’une traite mon verre et m’en ressers un autre. La brûlure de l’alcool me fait grimacer. Je fais ce que je veux de ma vie. Notre discussion m’a vraiment mis en colère, rien ne peut déroger au testament de mon père. Si je veux récupérer l’entreprise familiale, je dois me marier et donner un enfant à ma future femme. Ce n’était pas prévu, je n’avais aucunement l’intention de me marier, quant à avoir un enfant...
Fait chier ! Pourquoi a-t-il fallu que mon père inscrive cette clause dans son testament ? Si je ne me marie pas et si ma mère meurt à son tour, l’entreprise sera vendue à notre pire concurrent, Nathan Lacausse.
C’est mon entreprise, mon père l’a créée pour moi. Alors pourquoi cette putain de clause ?
Ma mère m’a expliqué que c’était pour que l’entreprise reste dans notre famille, que je pense à avoir des enfants pour la leur léguer ensuite. Mon cul oui ! Elle n’en savait rien avant la lecture du testament. Elle a été aussi surprise que moi. Mon père a encore voulu me faire une entourloupe supplémentaire. Pour quoi déjà ? Ah oui, d’après les dires de ma mère, sûrement pour tester ma volonté et être sûr que je sois capable de tenir les rênes, pour forger mon tempérament comme il disait souvent et avoir un esprit de famille.
Il veut que je me marie, eh bien, ce mariage, je vais le faire à ma façon. Je ne connais aucune femme ici pour faire un mariage de convenance, donner naissance à un enfant et ensuite bien vouloir divorcer. Alors je me suis inscrit sur un site. Il recherche des candidates pour moi, selon mes critères et je dois les héberger pendant quelques temps afin de les connaître et voir si potentiellement l’une d’entre elles pourraient être ma future femme. D’une façon ou d’une autre, elle ne le restera pas longtemps, une femme dans ma vie n’est pas prévue.
Bien sûr, quand je l’ai annoncé à ma mère, cela ne lui a pas du tout plu. Elle qui pensait que je ferais un mariage heureux.
Mais merde … les femmes ne m’attirent pas, seulement ça, je ne peux pas lui dire. Je ne suis pas encore sorti du placard pour ma famille. Cela va être une véritable torture de faire croire à tout le monde que je suis tombé amoureux d’une femme.
Et ce comptable qui vient d’arriver, Émile. Lorsqu’il m’est tombé dans les bras, j’ai cru à un rêve. Un homme comme je les aime. Assez grand, bien foutu, enfin de ce que j’ai pu ressentir et ses petites lunettes lui donnent ce côté sexy qui me fait monter la libido. Néanmoins, il n’est pas pour moi, il a une fille donc, il est forcément hétéro.
Je n’ai vraiment pas de bol, de toute façon, il ne faut pas que je me dirige de ce côté-là. Pour le moment, je me dois de trouver une femme pour récupérer mon entreprise. Il hantera mes rêves ce qui me permettra peut-être de baiser une nana.
Je regarde par la fenêtre le champ de lavande pour essayer de me calmer. Nous sommes en pleine saison et tout le terrain est d’un magnifique mauve. Ce n’est pas une grande parcelle, elle permet tout de même de faire vivre quelques familles du village. Nous essayons de créer plusieurs produits dérivés et notre petite entreprise fonctionne plutôt bien.
J’avais réussi à convaincre mon père de travailler avec l’office du tourisme afin d’attirer les personnes en vacances dans la région, leur faire visiter le champ, leur expliquer comment nous cultivons la lavande et ensuite la fabrication de savons, huiles essentielles, sachets… et nous avons aussi un coin avec des poneys pour les petits. Cela attire pas mal de monde et le chiffre d’affaires s’est bien développé.
J’ai eu du mal à le convaincre. Lorsqu’il m’a donné son accord, il m’a bien précisé que j’allais entrainer la perte de notre entreprise, que je n’avais pas intérêt de me louper. J’ai réussi et il ne l’a jamais admis. Ce vieux bouc espérait que je me planterais, eh bien, il avait tout faux. J’ai même fait apporter des bénéfices au bout de deux ans. J’étais plutôt fier, mais cela a creusé l’écart entre mon père et moi. Il n’a jamais été pour l’innovation et moi, j’avais plein d’idées en tête à la sortie de mes études pour faire évoluer notre entreprise. J’adore cet endroit et pour rien au monde, je ne le laisserai.
Mon père m’a vraiment bien eu avec son foutu testament.
Je vois sortir Charles avec le nouveau comptable et sa fille. J’espère pouvoir avancer avec lui, il va falloir tout revoir à zéro. Voilà encore une chose que mon père ne voulait pas toucher. Quelle entreprise peut vivre sans ordinateur de nos jours ? Aucune. Il y a du potentiel avec internet, on pourrait développer un site avec la vente de nos produits. Il va falloir que j’aie une discussion avec cet Émile, voir en profondeur ses compétences.
