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Extrait : "Oh ! c'était bien le plus joli chapeau du monde, le plus élégant, le plus gracieux, le plus coquet. – C'était une capote de gaze lilas avec des tresses de paille autour de la passe, et puis un bouquet de coquelicots, d'épis et de bluets, parmi des coques de ruban, un peu penché à droite de la forme, sur la passe. – C'était bien aussi l'amour le plus fragile, le moins profond qui se pût trouver ! – C'était un sentiment léger de femme légère, un sentiment de..."
À PROPOS DES ÉDITIONS LIGARAN
Les éditions LIGARAN proposent des versions numériques de qualité de grands livres de la littérature classique mais également des livres rares en partenariat avec la BNF. Beaucoup de soins sont apportés à ces versions ebook pour éviter les fautes que l'on trouve trop souvent dans des versions numériques de ces textes.
LIGARAN propose des grands classiques dans les domaines suivants :
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Seitenzahl: 25
Veröffentlichungsjahr: 2015
Paris, ou le Livre des Cent-et-Un publié en quinze volumes chez Ladvocat de 1831 à 1834, constitue une des premières initiatives éditoriales majeures de la « littérature panoramique », selon l’expression du philosophe Walter Benjamin, très en vogue au XIXe siècle. Cent un contributeurs, célèbres pour certains, moins connus pour d’autres, appartenant tous au paysage littéraire et mondain de l’époque, ont écrit ces textes pour venir en aide à leur éditeur qui faisait face à d'importantes difficultés financières… Ainsi ont-ils constitué une fresque unique qui offre un véritable « Paris kaléidoscopique ».
Le présent ouvrage a été sélectionné parmi les textes publiés dans Paris ou le Livre des Cent-et-Un. De nombreux titres de cette fresque sont disponibles auprès de la majorité des librairies en ligne.
HISTOIRE D’UNE CAPOTE.
Cosa bella mortal passa e non dura.
PÉTRARQUE.
Oh ! c’était bien le plus joli chapeau du monde, le plus élégant, le plus gracieux, le plus coquet. – C’était une capote de gaze lilas avec des tresses de paille autour de la passe, et puis un bouquet de coquelicots, d’épis et de bluets, parmi des coques de ruban, un peu penché à droite de la forme, sur la passe. –
C’était bien aussi l’amour le plus fragile, le moins profond qui se pût trouver ! – C’était un sentiment léger de femme légère, un sentiment de fantaisie, avec des faveurs capricieuses, et des tendresses artificielles. –
Or, voici ce qu’il advint de cette capote de gaze, et de ce sentiment de fantaisie.
Le 7 du mois de juin 18…, j’avais dîné chez madame de Saint-Clair, qui daignait m’honorer depuis trois jours de ses bontés et de son tête-à-tête. Cette révélation me coûte. Elle était cependant indispensable pour l’intelligence de mon récit. – On verra d’ailleurs, par la suite, s’il y a de la fatuité dans mes indiscrétions.
Quoi qu’il en soit, cette dame (je dois le déclarer aussi) occupe l’entresol de l’une des maisons de la rue Vivienne. À l’entresol de la maison située positivement en face, se trouve l’atelier d’une marchande de modes. C’est là qu’aux heures du travail sont rassemblées les demoiselles autour d’une longue table ; c’est là que s’élaborent et se fabriquent les chapeaux. Dès qu’ils sont finis, on les descend dans le magasin au-dessous, formant boutique sur la rue ; puis on les expose alors derrière les glaces des montres, placés au sommet de longues perches d’acajou, qui ne ressemblent vraiment pas mal, ainsi coiffées, à certaines Anglaises de nos comtés, qui nous arrivent à Paris vers le mois d’octobre.
Ce soir-là je devais sortir avec madame de Saint-Clair. Après le dîner, elle passa dans sa chambre à coucher pour s’habiller, et me laissa seul au salon.
