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Maria est une jeune psychologue parisienne d'origine polonaise de trente ans. Son départ de Pologne à quinze ans ne cacherait-il pas un terrible drame ? Entre rire et larmes, amour et haine. Plongez-vous dans un semblant de résilience et suivez Maria dans son tumultueux retour en terre natale. Inclus les nouvelles : "Départ Imminent " et "Captivité"
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Seitenzahl: 139
Veröffentlichungsjahr: 2017
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Mon roman « Un semblant de résilience » s’accompagne de deux nouvelles. À chaque histoire son drame, à chaque personnage ses problèmes. Mes principaux protagonistes peuvent paraître différents, avoir des histoires différentes, avoir un entourage différent, vivre des choses différentes, mais une chose les unis. Cette chose les rassemble mais elle les rassemble aussi avec vous, avec moi, avec le monde entier.
« Tout le monde a un ennemi à
l’intérieur de soi »
A.Nothomb
À ma grand-mère,
Roman :
Un semblant de résilience
Nouvelles :
Départ Imminent
Captivité
Maria ce matin est fatiguée. Elle se lève, la jeune demoiselle se force à ouvrir ses jolis yeux marron, elle ouvre son regard sur le monde, cette jolie jeune femme de trente ans à peine était durant la nuit entière dans un monde idéal, le monde de ses rêves. À quoi peut bien rêver une femme aussi classe et distinguée que l’est cette jolie Polonaise ? Maria, la nuit précédente rêvait de sa mère, sa mère qu’elle a abandonnée en Pologne. Elle pense au regard embué de larmes de celle-ci lorsqu’elle lui a annoncé son départ pour la France. Elle revit en rêve le jour de son départ. Elle transforme ces moments de tristesse en moments de joie. La jeune femme rêve que sa mère l’a suivie et qu’elle est venue s’installer en France avec elle. Maintenant que Maria est en France et qu’elle gagne merveilleusement bien sa vie, elle pourrait faire venir sa mère à Paris, cependant sa mère est malade, elle a un cancer des os, de jour en jour son état se dégrade. Maria dans son rêve de la nuit passée rêvait de revoir sa mère joyeuse, pimpante, souriante comme elle l’avait vue pour la dernière fois à son départ de Varsovie. Malgré les problèmes d’argent, Kaja a toujours éduqué sa fille du mieux qu’elle a pu. Elle lui a donné une vertu inconsidérable, un respect épatant et surtout le goût de travail. Elle lui a surtout inculqué la plus grande liberté selon Rousseau, l’autonomie.
En ouvrant ses petits yeux marron, Maria pense à sa mère, elle lui manque. Elles ne se sont pas vues depuis quinze ans, leur seule communication se résume à Skype. Les câlins de réconfort de sa tendre génitrice lui manquent au plus haut point. Maria chaque mois se rend à la poste pour envoyer des mandats à sa famille polonaise, elle envoie de l’argent à des gens sans visages, des personnes qu’elle ne connaît plus. Kaja a toujours été une mère exemplaire pour celle-ci. Jamais elle n’avait eu à hausser le ton, car Maria était une enfant remarquable puis une adolescente tout aussi studieuse et respectueuse. La séparation entre Maria et sa mère s’est faite très tôt, Maria avait seulement quinze ans lorsqu’elle a quitté sa mère pour aller vivre à Paris et pour pouvoir exercer le métier de ses rêves dans le pays de ses rêves, enfin, c’est ce qu’elle disait.
Maria se lève de son lit pour rejoindre la salle de bains, elle se pèse, comme chaque matin. Maria a l’obsession de la balance malgré le fait qu’elle soit déjà excessivement fine. Elle prend ensuite sa douche, elle se lave, la douche est le moment le plus important de sa journée. Elle ne réfléchit à tout, à rien... En réalité, je ne sais pas trop à quoi elle pense. Les voies de son esprit sont parfois aussi impénétrables que le sont celles du seigneur, même pour la personne qui en est à l’origine. Elle sort de sa douche, s’habille et se coiffe. Elle coiffe ses magnifiques cheveux bruns qu’elle prend soin de légèrement onduler. Maintenant ses cheveux ressemblant à des vagues, de magnifiques vagues. Maria est magnifique. Elle prend rapidement son petit-déjeuner. Le paradoxe avec Maria est son obsession de la balance et son envie de toujours plus manger, manger plus qu’elle ne peut manger, se forcer, elle se force jusqu’à en faire éclater son petit ventre délicat. C’est son petit plaisir. Croissants au chocolat, jus d’orange, tartines au beurre et à la confiture, bacon et œuf. Surtout pas de Nutella, car ça fait grossir. Maria a 31 ans et elle est psychologue. Être psychologue était son rêve, elle a réussi à atteindre l’objet de ses rêves grâce à un travail acharné, la réussite ne peut en être que plus admirable.
Après ce frugal petit-déjeuner… (c’est ce que chaque matin, elle se répète pour ne pas trop culpabiliser). Elle se met en route. Elle prend ses clefs de voiture et s’en va.
Arrivée dans son magnifique Range Rover flambant neuf, la jeune femme roule vers mille et une destinées qui n’attendent qu’elle pour briller. Elle se rend à son cabinet. Elle fait durant son trajet un travail sur elle-même pour oublier ses problèmes personnels. Sa priorité est de ne jamais mélanger vie privée et vie professionnelle. Elle exerce le métier de psychologue pour essayer, au plus possible d’aider les gens à résoudre leurs problèmes, mais pas pour résoudre les siens.
Elle gare le Range Rover devant son cabinet. Elle sort de sa voiture et laisse à l’intérieur sa personnalité, ses sentiments, sa vie, pour rentrer dans son rôle de psychologue.
Martine, sa secrétaire, lui donne une petite liste avec les noms de ses patients, elle la lit attentivement pour se préparer à encaisser les horribles problèmes de ceux-ci. Elle remercie avec un grand sourire sa fidèle secrétaire et part s’enfermer dans son cabinet des horreurs. Aujourd’hui, elle ne se sent pas bien, la raison lui demeure inconnue, elle a un pressentiment. La jeune expatriée se pose au fond de son siège en attendant son premier client.
Maria est une femme pleine de ressources et passionnée par son métier. Lorsqu’elle est arrivée à quinze ans en France, elle était déjà une jeune femme pleine d’ambition, rêveuse et une fan inconditionnelle de littérature. Flaubert, Maupassant, Baudelaire en passant par Hugo et sans oublier Molière, aucun classique de la littérature française n’était oublié. Elle aimait écouter les autres, les conseiller, les réconforter, elle était et est toujours une femme très douée pour apporter du réconfort à ses patients, les aider, leur dire que ce n’est pas grave, leur trouver des solutions, mais pour elle, elle en est incapable. Elle ne s’aimait pas et encore aujourd’hui malgré une beauté intérieure et extérieure majestueuse, la jeune femme n’arrive toujours pas à s’aimer comme elle est. Ce problème n’est pas seulement celui de Maria, mais celui de millier voir de millions de jeunes femmes et de jeunes hommes à travers le monde. La faute à qui ? Au monde, à la société, aux gens, à la stupidité.
À son arrivée en France, sa vie fut difficile, elle n’était pas tout à fait bilingue malgré une implication sans faille pour apprendre la langue française qu’elle chérit tant. Maintenant, Maria maîtrise parfaitement bien la langue de Molière. Elle a eu également beaucoup de difficultés pour vivre, la vie est chère à Paris, mais elle a travaillé en plus de faire ses études, elle a travaillé sans relâche et la voilà aujourd’hui assise dans un magnifique siège en cuir blanc dans son propre cabinet à attendre son premier client de la journée. Au fond Maria n’a jamais vraiment changé, elle reste l’enfant puis l’adolescente tourmentée et désorientée qu’elle était.
Monsieur Bonja est l’un des clients favoris de Maria, premièrement par ce qu’il est Polonais puis dans un second temps, car son histoire la touche profondément. C’est d’autant plus difficile pour Maria d’écouter un homme qu’elle admire parler de ses souffrances. Mais c’est ce métier que Maria a choisi et elle ne le regrette pas le moins du monde.
L’histoire de Monsieur Bonja est tout simplement horrible. Il y a deux années de cela, il avait rendez-vous avec sa chérie dans un dîner mondain, invités par le patron de sa petite amie, l’invitation n’appelait pas de refus. Il neigeait ce jour-là. Monsieur Bonja était terriblement fatigué. Le dîner passa, il se passa d’ailleurs excessivement bien. Sa petite amie avait même reçu une offre pour avoir une promotion pour devenir sa secrétaire personnelle, elle remplacerait Anne Dupuis, celle qui est devenue la femme de son patron prendrait dans les mois à venir une retraite bien méritée. Le patron, tout en joie qu’elle eut accepté cette formidable promotion et étant bien que plus très jeune un brin fêtard sur les bords profita de cette soirée, pour inviter toutes les personnes présentes à la fête de promotion de son employée qui allait devenir, sans la fatalité, sa secrétaire personnelle. La soirée se terminant, monsieur Bonja que toutes ces mondanités énervent au plus haut point, demanda à sa petite amie de repartir. Elle opina du chef. Le patron insista lourdement pour que les deux jeunes tourtereaux restent pour passer la nuit, prétextant qu’il y avait plein de chambres dans cet endroit et qu’au prix où il l’avait loué, il serait heureux de voir chaque pièce occupée. Monsieur Bonja déclina l’offre. La réalité est que le patron étant conscient que tous deux avaient bu et qu’ il aurait été préférable de passer la nuit sur place.
Une fois devant la voiture, Monsieur Bonja étant excessivement fatigué se résigna à laisser le volant à sa jolie tourterelle. Elle accepta.
Deux kilomètres plus tard, la voiture a fait une sortie de route, monsieur Bonja est gravement blessé.
Il n’a rien dit de plus à Maria seulement cela, cependant elle sait que son problème se situe plus loin dans l’histoire, il y a autre chose. Autre chose qu’elle soupçonne d’être bien pire pour monsieur Bonja puisqu’il ne daigne pas en parler. Aujourd’hui, Maria va tenter de libérer son patient, le libérer des maux qui le rongent.
— Monsieur Bonja, ne me faites-vous pas confiance ? Je suis là pour vous aider, je suis là pour vous écouter, pour comprendre le problème si vous ne me racontez pas tout, je ne pourrai jamais vous aider, allez Monsieur Bonja laissez-moi vous aider. Nous n’y arriverons uniquement si nous sommes ensembles, seule, je n’y arriverai pas et vous non plus.
Monsieur Bonja ne daigne répondre. Maria tente le tout pour le tout en lui parlant de sa petite amie.
— Ne voulez-vous vraiment pas que je sache ce qui ne va pas ? Ne voulez-vous vraiment pas que votre petite amie, peu importe où elle est maintenant, soit fière de vous ? Je suis là pour vous aider, si vous aimez votre petite amie parlez, ne laissez pas le silence vous tuer de l’intérieur.
Monsieur Bonja tombe en sanglots. Maria a réussi à le faire réagir, il prend la parole, la voix masquée par de chaudes larmes.
— Après cette sortie de route, elle ne me répondait plus. J’étais blessé, j’étais couvert de sang, elle aussi, elle n’était plus consciente. Quelques minutes après l’accident des personnes sont venues nous voir et ont appelé les pompiers. Nous avons tous deux, grâce à de courageuses personnes qui contrairement à nous ont été sérieuses et ont respecté leur devoir de citoyens, été admis à l’hôpital très rapidement. Après trois jours à l’hôpital sans possibilité de voir la femme de ma vie, on me libère enfin. C’est à ce moment que j’ai pu revoir la femme que j’aime tant.
Il pleure, il n’arrive plus à continuer son récit. Maria le prend dans ses bras pour l’encourager à parler et se rassit.
Avec peine, il reprend son récit.
— En la voyant sur son lit d’hôpital, j’ai pleuré de tout mon cœur, je la voyais face à moi branchée à une machine, elle ne pouvait pas vivre sans avoir cette machine pour l’y aider. Elle ne mangeait plus, c’est une machine qui lui faisait ingurgiter ce que le personnel hospitalier appelait de la nourriture. Elle restait en vie par procuration, par devoir. Et moi, je la voyais souffrir, en souffrant davantage. Cette femme est la femme de ma vie et elle le sera à jamais, je l’aime. Ce que j’ai fait ensuite, je l’ai fait par amour, elle le souhaitait. Personne ne me croit pourtant, c’est la vérité.
Maria essaie de cacher son regard inquiet, elle se demande ce qu’il va lui raconter. L’inquiétude se lit sur son visage.
— Je l’ai tuée, oui, je l’ai tuée ! Elle m’avait demandé d’abréger ses souffrances si un jour elle venait à se retrouver dans un état semblable à celui-ci. Elle souhaite que je la laisse partir, que je l’aide à rejoindre son grand-père qu’elle aimait tant. Je l’ai fait, je l’ai débranchée et j’ai coupé les derniers tubes qui constituaient son unique et dernier rapport à la vie. Je suis au regard de la société un monstre. Ses parents n’ont pas compris mon geste, ils ne savent pas que si j’ai fait cela, c’est parce que je l’aime et qu’elle me l’avait demandé au préalable. Je vais être jugé, dans un mois, je vais être jugé pour homicide, je n’ai pas voulu la tuer, j’ai juste voulu respecter ce qu’elle voulait, car je l’aime.
Maria, face à ce problème ne sait pas quoi répondre, elle reste muette. Je sais pourquoi elle reste muette, elle est contre l’euthanasie, elle ne veut pas que l’on enlève la vie à quelqu’un, et là, elle se trouve dans une impasse. Elle doit lutter contre ses propres convictions pour aider un client et qu’elle affectionne de surcroît beaucoup. Elle commence à parler et a déblatérer des choses qui n’ont ni queue ni tête, mais elle se devait de le rassurer et combler le besoin de son patient qui devait être rasséréné.
Elle tente de rester la plus professionnelle possible, mais cela se révèle compliqué, elle est tétanisée. La seule chose qu’elle eut pu dire à son client après avoir déblatéré des choses toutes plus niaises les unes que les autres est :
— Au revoir, Monsieur Bonja, on en parlera la prochaine fois.
Ce qu’elle ignore à cet instant précis, c’est qu’il n’y aura pas de prochaine fois.
Monsieur Bonja est sorti du bureau de Maria encore plus déprimé que quand il y est entré. C’est la première fois que Maria a l’impression d’avoir échoué, de n’être qu’une incapable qui n’a pas été foutue d’aider une personne qui a besoin de son aide. Maria se demande alors si finalement, elle est vraiment faite pour être psychologue. Elle n’a pas réussi à écarter ses propres sentiments au profit d’offrir son aide à un client qui en avait somme toute un besoin indéniable.
La prochaine cliente est arrivée, Maria s’efforce de ne rien laisser paraître, elle se force à oublier. Madame Sapin est une excellente cliente de la psychologue, elles sont devenues avec le temps presque des amies. Cette cliente repart heureuse de sa séance avec Maria et le lui fait bien savoir. Cependant, cela ne suffit pas à redonner du baume au Cœur à la jeune femme. Le troisième et dernier client du jour pour Maria est Monsieur Stralor, c’est un jeune homme, il doit avoir la vingtaine, mais pense déjà au suicide. Maria met un point d’honneur à guérir ce jeune homme. Maria est une femme merveilleuse, elle aime aider les autres, cependant parfois, elle ne se rend pas compte qu’elle aussi a besoin d’aide. Maria après avoir longuement discuté avec le jeune homme est fière d’elle. Il sort avec un sourire et cela n’a aucun prix pour la trentenaire. Elle est heureuse, heureuse que son client reparte avec un sourire, un simple sourire.
Matthéo Straflor n’a pas eu une vie facile, battu par ses parents depuis son plus jeune âge ensuite placé dans un foyer et pour finir harcelé au collège. Maria comprend parfaitement comment il peut vouloir en arriver au suicide, mais ne veut pas que cela arrive, elle ne veut pas que ce jeune homme perde la vie pour toutes ces personnes néfastes à la vie. Ce qui énerve et inquiète le plus Maria est que ces jeunes personnes qui harcèlent les autres plus tard seront des parents. « Comment voulez-vous que des parents qui se sont dévoués à faire vivre l’enfer à d’autres puissent inculquer une quelconque valeur à leurs enfants ». Cette phrase est celle que Maria rabâche à longueur de journée. Elle sait de quoi elle parle quand elle parle du harcèlement scolaire. Elle a fait partie d’un programme lancé par un petit comité parisien qui a pour but d’intervenir dans les collèges et lycées pour combattre le harcèlement. Maria est très fière d’avoir pu participer bénévolement à ce
