Erhalten Sie Zugang zu diesem und mehr als 300000 Büchern ab EUR 5,99 monatlich.
Une dette, un contrat, un mariage, un héritier et une existence dérobée.
Ma vie se résume à devenir la servante des hommes, de mon père à mon futur époux et sans doute à mon enfant à naître.
Je n’ai que 18 ans, je n’ai pas d’expérience et je vais être projetée dans la vie d’une femme mariée, tout cela pour rembourser la dette de mon cher et tendre père.
À PROPOS DE L'AUTRICE
AJ Zibeline est une jeune écrivaine de 27 ans qui a débuté sa carrière il y a bientôt 1 an avec un premier roman édité et pour ce second roman elle souhaite se faire connaître encore plus et pouvoir en faire son métier.
Elle se fait connaître grâce à l'application wattpad où elle publie plusieurs de ses romans.
Étant femme au foyer, elle partage sa vie entre son mari, ses enfants et sa passion de l'écriture
Sie lesen das E-Book in den Legimi-Apps auf:
Seitenzahl: 212
Veröffentlichungsjahr: 2024
Das E-Book (TTS) können Sie hören im Abo „Legimi Premium” in Legimi-Apps auf:
Je me regarde dans le miroir et je ne vois qu’un corps vide, sans âme ni cœur, vêtu d’une longue robe sirène blanche et d’escarpins ivoire. Mon visage ne reflète aucune émotion, ni joie, ni tristesse, ni peur, juste une résignation cachée derrière un maquillage qui n'est pas le mien et une coiffure sophistiquée.
Un dernier regard sur mon reflet et je m’achemine vers cette porte qui scellera mon destin à un homme inconnu, qui ne me désire sans doute pas comme femme. Mais que puis-je faire lorsque mon père m’a vendu à cet homme pour éponger ses dettes ? Dans l’histoire, ce n’est pas le pire. Je dirai même que c’est une infime chance de quitter ce père qui ne s’est jamais occupé de moi, qui a battu sa femme jusqu’à ce qu’elle rende son dernier souffle et qui a profité de sa propre fille.
J’aimerais en ce jour qui devrait être l’un des plus beaux de ma vie avoir à mes côtés la femme qui m’a mise au monde, ma mère. Elle était une créature forte qui n’a jamais baissé les bras, même lorsqu’elle était frappée par son mari. Un jour, alors que j’avais dix ans, au cours d’une énième dispute, elle a fait une chute de trop et mon cauchemar a commencé.
On frappe à la porte, et j’entends la voix de mon père.
— Tout le monde est prêt, Elena ? demande Ivan.
Je prends une profonde inspiration et lui ouvre.
— Je suis prête.
— Tu es magnifique, ma chérie. Ton futur époux a beaucoup de chance de t’avoir à ses côtés.
Lorsqu’il me surnomme avec des petits surnoms mignons tels que ma chérie, princesse, ma beauté, je n’éprouve pas ce sentiment de bonheur que toutes les petites filles ressentent envers leur père. Moi, j’éprouve uniquement dégoût et honte, or pour mon bien, je lui offre un petit sourire.
— Merci.
Le remercier m’arrache la bouche, mais, comme par crainte de ce qu’il pourrait me faire, j’accepte mon sort d’être la gentille petite fille soumise qu’il désire.
Il me tend son bras que je saisis, tremblante, et me voilà en direction de l’allée qui me mènera à mon futur époux. Quelques pas suffisent pour que je me retrouve entourée d’inconnus. Tous les yeux sont rivés sur mon père et moi. Je peux distinguer quelques bribes de phrases prononcées par les invités qui complimentent ma tenue. Mais ce qui me surprend le plus, ce sont les compliments envers mon visage, ma prétendue beauté et mon élégance. Peu habituée aux compliments, voire même jamais, car seuls les mots « salope », « pétasse » ou encore « pute » me sont toujours parvenus de la part de mon père, je suis surprise des termes des personnes présentes.
Depuis que j’ai aperçu sa photographie, je n’ai cessé de penser à ses magnifiques yeux vert turquoise, ses cheveux d’un roux incandescent et sa peau métissée parfaite, une rareté dans mon pays, le plus vaste au monde, la Russie.
Devant l’autel, j’attends celle qui va devenir mon épouse dans quelques minutes. Lorsque la musique résonne à travers l’église, tout mon être s’alarme. Je me tourne vers cette grande porte qui s’ouvre sur ma future épouse au bras de son père, père qui l’a offerte pour la modique somme de 100 000 roubles, soit à peine le salaire minimum en France.
Ils s’avancent et je ne peux qu’admirer la femme qui se tient aux côtés de cette brute. Elle porte une robe qui épouse ses formes généreuses à la perfection et son maquillage aux tons foncés ne fait que rehausser la beauté de ses yeux verts et de sa peau hâlée. Ses cheveux roux sont remontés en un chignon, laissant juste deux petites mèches encadrer son doux visage.
À mesure qu’elle s’approchait, mon cœur s’emballe. Je n’ose pas affirmer que je suis tombé éperdument amoureux d’elle, mais lorsque son père m’a montré sa photo et me l’a proposée en échange de sa dette, j’ai su qu’elle serait la femme que je souhaitais avoir à mes côtés pour fonder ma propre famille.
Ainsi, d’un commun accord, je l’ai prise pour épouse et j’ai effacé la dette de son père.
Arrivant à ma hauteur, son père vient embrasser la joue de sa fille et me tend sa main que je serre. Il me donne ensuite la main de ma future épouse que je saisis doucement, remarquant ses mains tremblantes, sans doute par l’appréhension. Son père s’éloigne pour prendre place aux côtés du mien au premier rang, et je reporte mon regard sur celle qui partagera ma vie dans quelques minutes. Ses yeux brillent comme si j’étais intimidant, mais ce qui m’attriste le plus, c’est que son visage reste inexpressif. Je la rapproche légèrement vers moi au moment où le prêtre commence à parler et je sens son corps se tendre et se tenir droit comme un I.
Après quelques phrases, voici le moment venu des échanges du traditionnel, je le veux.
— Mademoiselle Elena Smirnoff, consentez-vous à prendre pour légitime époux Monsieur Vassili Kerensky, ici présent, pour le meilleur et pour le pire, dans la richesse ou la pauvreté, dans la santé comme dans la maladie ?
Je la regarde, pensant qu’elle hésiterait quelques secondes, mais les mots sortent de sa bouche comme si elle les avait répétés pour qu’ils lui viennent naturellement au moment venu.
— Je le veux.
Sa voix est directe et n’exprime rien, tout comme son visage.
—Monsieur Vassili Kerensky, consentez-vous à prendre comme légitime épouse mademoiselle Elena Smirnoff ici présente, pour le meilleur et pour le pire, dans la richesse ou la pauvreté, dans la santé comme dans la maladie ?
Une fois de plus, je la fixe et la vois se crisper et trembler, mais à présent, une lueur d’espoir brille dans ses yeux, comme si elle attendait impatiemment ma réponse. Ce que j’aimerais savoir, c’est si son espoir est de m’avoir à ses côtés ou bien qu’au contraire, je refuse de l’épouser. Mais ce qu’elle ignore, c’est que jamais je ne la laisserai à un autre. Alors, je la regarde droit dans les yeux et réponds à sa question :
— Oui, je le veux.
—Par les pouvoirs qui me sont conférés, je vous déclare maintenant mari et femme. Vous pouvez embrasser la mariée.
Sans attendre une seconde de plus, je l’attire vers moi et l’embrasse.
L’espace d’un instant, j’ai espéré l’entendre dire non. Mais le Oui, je le veux, est sorti et a scellé mon destin. Me voilà donc à peine majeure, mariée à un homme dont je viens seulement de découvrir le prénom.
Quand il m’attire à lui et pose ses lèvres sur les miennes, je ne ressens que du dégoût et un haut-le-cœur me tord l’estomac. Depuis la mort de ma mère et ma vie passée auprès de mon père, je déteste les hommes. Ils sont égoïstes, calculateurs, irrespectueux, imbus de leur personne et, pire que tout, violents. Mon rêve est de partir quand j’aurai atteint ma majorité, loin de mon père et de ce pays, pour construire ma vie, gagner mon propre argent qui me permettra de subvenir à mes besoins et de reprendre mes études. En effet, mon père a refusé que je fasse des études, prétextant que cela ne m’apporterait rien et que des hommes viendraient me tourner autour, ce qu’il ne pouvait tolérer.
Après les félicitations de nos invités, mon cher époux me prend la main et m’annonce qu’il va me conduire à notre réception qui se déroule dans les jardins de ma future demeure.
— Allons-y.
Pour toute réponse, je hoche simplement la tête de haut en bas et lui offre mon plus beau faux sourire, que j’ai travaillé pendant tant d’années.
Dans la voiture, assis à côté de lui qui regarde la route en conduisant (ce qui est, il faut le dire, plus prudent), je vois sa tête se tourner vers moi, jetant un coup d’œil de temps à autre.
— Tu sais que je ne vais pas te tuer.
Sa phrase me surprend, mais je ne laisse rien paraître. Il semble vouloir me rassurer.
— Je suis morte il y a bien longtemps, réponds-je.
Il freine brusquement, m’obligeant à poser mes mains sur le tableau de bord pour éviter que mon corps ne s’écrase contre celui-ci. Lorsque la voiture s’arrête, il se tourne pour me regarder, mais je n’ose même pas le regarder.
— Regarde-moi, Elena.
C’est la première fois que mon prénom franchit le seuil de ses lèvres et la première fois que je l’entends prononcé avec autant de douceur depuis la mort de ma mère. Je reste immobile, le regard fixé droit devant moi.
— Elena.
Sa voix me supplie de le regarder, mais je refuse, malgré la peur qui m’envahit à l’idée de sa réaction à cet affront.
— ELENA.
Il se met à hurler, me faisant sursauter. Par réflexe, je m’éloigne légèrement, mais ma portière m’en empêche. Je me retrouve alors face à lui.
Mon recul ne lui échappe pas, et je vois dans ses yeux de la consternation et des regrets.
— Excuse-moi, je ne voulais pas hausser le ton avec toi.
Comme toujours, j’acquiesce sans émettre un son.
— Elena, je ne te ferai pas de mal.
Mais oui, combien de fois ai-je entendu mon père et ses amis prononcer cette phrase lorsqu’ils jouaient au poker et qu’ils étaient complètement ivres à la maison ?
— S’il te plaît Elena, dis quelque chose.
Je reste forte et ne prononce pas un mot. Je suis peut-être mariée à cet homme, mais rien ne m’oblige à lui parler. Il soupire, puis redémarre la voiture. Du coin de l’œil, je l’observe et son visage exprime l’incompréhension. Je me demande bien pourquoi, sachant le pourquoi de ce mariage : une dette. Il ne s’attendait pas à ce que je sois heureuse d’épouser un homme que je ne connaissais même pas il y a trente minutes. D’ailleurs, si cela était le cas, cela voudrait dire que cet homme est aussi fou que mon père.
Cette carapace de fer forgé qui enveloppe entièrement son corps me glace le sang, mais ce qui m’a le plus bouleversé, c’est lorsqu’elle m’a annoncé qu’elle était morte depuis longtemps déjà. Pourquoi éprouve-t-elle une telle animosité envers les hommes ? J’admets que son père n’était pas un modèle paternel exemplaire, constamment ivre, adonné au poker et dilapidant le peu d’argent qu’ils possédaient, mais pourquoi une telle haine à l’égard de tous les hommes ? Soudain, un souvenir m’a frappée : son geste de recul lorsque j’ai haussé le ton, comme si elle craignait que je lui fasse du mal. Certes, en affaires, je peux me montrer intraitable avec mes employés, surtout avec mes adversaires, mais jamais au grand jamais je n’ai levé la main sur une femme. Alors, lorsque je l’ai vue totalement paralysée, collée à la portière, une pointe de culpabilité m’a envahie. J’ignore ce qu’elle a pu traverser par le passé, mais je m’engage qu’à partir de maintenant et jusqu’à mon dernier souffle, personne ne portera la main sur mon épouse sans sa permission et que plus personne n’exercera la moindre pression sur elle.
Le portail s’ouvre et mon majordome vient m’ouvrir la portière. Je le remercie et contourne la voiture par l’arrière pour ouvrir la portière à mon épouse. Lorsque j’ouvre la portière, son corps se raidit légèrement, comme à l’église. Mais d’un geste doux, je lui tends la main et la regarde avec tendresse pour l’inciter à sortir de la voiture. Elle saisit ma main et descend délicatement du véhicule, prenant soin de ne pas marcher sur sa robe. Une fois face à moi, je ne la quitte pas des yeux.
— Nos invités nous attendent.
En guise de réponse, elle hoche la tête de haut en bas et me sourit légèrement. Je passe mon bras sous le sien et nous nous dirigeons vers une allée bordée de magnifiques saules avant d’arriver dans les jardins somptueusement décorés pour l’occasion, avec des tables et une magnifique piste de danse recouvertes d’une dalle rouge spécialement installée pour aujourd’hui.
Je reporte mon regard sur ma femme qui contemple ce qui l'entoure. Ses yeux s’écarquillent largement à la vue de ma demeure qui se trouve juste en face de nous.
— Voici ta future maison. Tu pourras y faire ce que tu souhaites.
Espérant un semblant de réponse de sa part, rien ne vient une fois encore.
Quand nous arrivons au centre de la piste, nos invités hurlent demandant une première danse. Alors, d’un regard au DJ, la musique Perfect d’Ed Sheeran retentit. Je fais tournoyer ma femme sur elle-même avant de la prendre dans mes bras et de la serrer contre moi. Je mène la danse sans jamais cesser de la regarder et d’admirer la jeune femme qui se trouve en face de moi.
Sans trop y penser, je suis ses pas, ne sachant pas danser, mais désireuse de ne pas humilier mon époux, je danse dans ses bras, suivant le rythme de son corps.
— Tu es magnifique, Elena.
Son compliment semble sincère, mais par réflexe dû à tous les mensonges que j’ai entendus, je souris faussement et réponds pour une fois :
— Merci.
Ses yeux s’illuminent à ma réponse, sûrement dus à l’intonation de ma voix, mais très vite, je retombe dans le silence et la peur me vient lorsque mon père arrive à nos côtés et demande à danser avec sa fille. Au moment où Vassili va se détacher de moi pour me donner à mon père, je presse sa main et le regarde en le suppliant de m’aider, espérant qu’il me comprenne. Vassili me regarde et je pousse un soupir de soulagement lorsqu’il répond à mon père.
— La journée a été longue et ma femme n’a rien mangé depuis ce matin. Nous devrions aller à table.
Au fond de moi, un soulagement se fait sentir, car je sais que je ne danserai pas au bras de mon géniteur.
— Vous avez raison, mon cher beau-fils, allons manger.
Mon mari prend ma main dans la sienne, entremêlant nos doigts, et nous dirige vers notre table. Mais très vite, mon soulagement est de courte durée quand je vois que mon père est assis à ma droite. Vassili m’indique une chaise et m’invite à m’asseoir. Je m’exécute par crainte de l’homme assis à ma droite, qui n’a cessé de me répéter que je devais être la soumise docile qu’il appréciait auprès de mon mari. Une fois assise, mon mari me tend une coupe de champagne et me propose de porter un toast à notre mariage.
— À nous et à notre avenir.
Je trinque avec lui, puis prends une petite gorgée de ce liquide pétillant, bien que je ne consomme jamais d’alcool. Le repas est servi et tout le monde s’attable. Devant mon assiette, mon estomac se noue à la vue de la nourriture. Pourtant, au vu du menu, tout le monde salive : entrée : canapés blinis de foie gras sur un lit de caviar ; plat : bœuf Stroganoff, spécialité russe ; plateau de fromages ; pièce montée pralinée, venant de notre culture bien connue, à base d’amandes et de noisettes, le tout mélangé dans une génoise fondante. Les yeux rivés sur mon assiette, je n’arrive pas à saisir ma fourchette pour goûter. Pourquoi ? Tout simplement parce qu’au fil des ans, j’ai appris à me priver de nourriture grâce à mon père qui ne me nourrissait que de pain tous les deux jours. Ainsi, lorsque je vois ou sens de la nourriture, mon estomac se rétracte et m’intime par habitude à m’abstenir. Mon mari me regarde et constate que mon assiette n’a pas bougé.
— Tu n’aimes pas ?
Pour ne pas éveiller les soupçons, je réponds rapidement.
— Si, si, c’est juste que je n’ai pas très faim.
Une main sur ma cuisse droite me fait sursauter et je vois mon père me lancer un regard que je connais que trop bien.
Je vois que ma femme n’a pas touché à son assiette, ce qui m’inquiète un peu, sachant qu’elle a eu une journée chargée pour notre mariage. Je lui demande donc si elle n’apprécie pas le repas, mais elle me répond rapidement, pour la première fois, qu’elle n’a pas très faim. Cela me surprend, car d’après mon père, elle n’avait rien mangé de la journée. Mais tout d’un coup, je la vois prendre sa fourchette et saisir un morceau de bœuf qu’elle avale goulûment.
Je regarde à ses côtés et je vois son père la regarder d’une manière qui ne me plaît pas. Mais ce qui me déplaît surtout, ce sont ses doigts plantés dans la cuisse de ma femme. Au moment où j’allais ouvrir la bouche pour protester, Elena se recule avec sa chaise, manquant de la renverser, et se lève avant de courir vers la maison. Je m’excuse auprès de mon père, qui comprend mon inquiétude pour ma femme, et je la rejoins aussitôt.
À l’entrée, mon majordome m’informe que mon épouse se trouve dans les toilettes du rez-de-chaussée et qu’elle ne semble pas aller bien. Je le remercie et lui demande de m’apporter un gant de toilette humide et chaud. Je me précipite vers les toilettes et au moment d’ouvrir la porte, le bruit de vomissements me retourne l’estomac, non pas par dégoût, mais surtout parce qu’il s’agit de mon épouse. Serait-elle malade ? Alors j’ouvre la porte et je trouve Elena penchée au-dessus des toilettes, en train de vomir. Je m’approche derrière elle et m’accroupis à sa hauteur. Je lui caresse doucement le dos. Quelques minutes plus tard, mon majordome arrive et me tend un gant. Je le prends et le glisse dans la nuque de ma femme. Au bout d’un moment, les vomissements cessent et je vois Elena essayer de se relever, mais elle titube, alors je la prends dans mes bras et la soulève comme une princesse. J’ordonne à Pavel, mon majordome, de présenter mes excuses à mon père et à mes invités en leur expliquant que mon épouse ne se sent pas très bien et que je dois l’accompagner se coucher pour veiller sur elle.
Je monte au premier étage et me dirige vers ma chambre. Arrivé à mon lit, j'aide mon épouse à s’y installer et constate qu’elle s’est endormie. Je m’installe à ses côtés et lui caresse le visage encore couvert de sueur. Je l’essuie avec le gant puis je viens la border dans ma couette. La voir dans un tel état me rend malade, mais ce qui me rend malade, c’est la façon dont son père la regarde et la touche. Pourrait-il avoir abusé d’elle ? Cette idée me traverse l’esprit et je sens ma colère monter. Si j’apprenais que ma femme a été abusée par son père, je ne sais pas si j’arriverais à rester de marbre face à cette révélation.
Le bruit d’un ronflement dans mon dos me fait ouvrir les yeux et c’est à ce moment-là que je me rends compte que je suis couchée dans un lit recouvert d’une couette d’une extrême douceur. Je me redresse rapidement et regarde ce qui m’entoure. Je vois que je me trouve dans une chambre assez sombre avec des murs noirs habillés de meubles en bois foncé et quand j’abaisse mon regard sur la couette, je la vois d’un rouge vif en parfaite opposition avec la couleur des murs.
Un mouvement sur ma droite se fait m’obligeant à poser mon regard sur ce qui se trouve à mes côtés et j’hurle de surprise en voyant mon époux endormi à mes côtés. Par réflexe, je sors du lit en hurlant, réveillant au passage mon mari, mais ce que je ne savais pas, c’est que j’allais me retrouver vêtue seulement de mes sous-vêtements en dentelle bleue sous le regard de Vassili.
Il me regarde sans détourner ses yeux de moi, ce qui me trouble. Ses yeux brillent d’un je ne sais quoi et par honte qu’il voit mon corps, je me retourne dos à lui, chose que je n’aurais pas dû faire encore une fois, sachant les marques qui habillent mon dos. J’allais me retourner à nouveau pour cacher mes marques de son regard, mais en quelques secondes à peine, je sens deux mains se poser sur mes épaules, m’empêchant de faire le moindre mouvement.
— Qui t’a fait ça ?
Sans réponse de ma part et sentant ses mains se resserrer sur mes épaules, et à en juger sa respiration qui se fait de plus en plus forte, je vais sûrement me faire punir pour mon mutisme.
— Je t’ai posé une question Elena. Qui a osé te faire ça ?
Ne voulant pas lui répondre et sûre que je vais être punie pour mon affront, je tombe à genoux toujours dos à lui, posant mes mains sur mes cuisses paumes vers le haut, baisse la tête et attends que les coups tombent, mais les minutes s’écoulent et rien ne vient sauf une main qui vient relever mon visage pour que je tombe nez à nez sur le visage de Vassili. Ses yeux expriment une colère monstrueuse, mais je n’ai pas l’impression qu’elle soit dirigée à mon égard.
—Ne refais plus jamais ça Elena et je veux que tu me dises qui t’a fait ces marques dans le dos.
Jamais je ne dois dévoiler ce qui m’est arrivé au risque d’être à nouveau pris pour cible par les personnes qui m’ont infligé ces sévices alors avec un peu de courage j’ose lui tenir tête au risque de l’énerver encore plus.
— Je ne dirai rien.
Il me regarde surpris, mais se reprend vite.
— Je suis ton mari Elena. Je suis en droit de connaître qui a osé lever la main sur ma femme.
Cette fois et depuis longtemps je ressens de la colère.
— Seulement sur le papier.
— Comment ça ? Explique-toi.
Quand j’ai vu toutes les marques qui jonchent son dos, je suis entré dans une rage folle, mais le pire, c’est quand je l’ai vu se mettre dans cette position de soumission absolue comme si elle attendait que je la punisse à mon tour.
—Tu n’es mon mari que sur ce fichu contrat. Contrat que j’ai signé par obligation et non par plaisir et donc je suis en droit de refuser de te parler de ma vie privée ou bien même d’être présente à tes côtés à chaque seconde.
C’est la première fois qu’elle me parle autant et l’entendre me dire ces choses me rend triste même si je sais qu’elle dit vrai, mais avec tout ce que j’ai vu hier, je ne peux réfréner ma colère et invoque moi aussi ce contrat.
— Je n’ai pas signé ce contrat par plaisir moi non plus. Je l’ai fait, car j’avais besoin d’une femme à mes côtés pour mettre au monde mon héritier, chose que tu as acceptée quand tu as signé et en échange j’ai épongé les dettes de ton père.
— Et je respecterai cette clause de partager ton lit quand tu auras besoin de te vider. Je te donnerai un héritier et c’est tout ce qu’il se passera entre nous. Je ne veux rien de toi, ni ton argent, ni ta protection, ni ta gentillesse, rien.
Comment peut-elle parler d’elle comme si elle n’était qu’un objet sexuel ? Bon d’accord, cette clause fait partie de notre contrat, mais jamais je ne profiterai d’elle. Je veux apprendre à la connaître et je me suis dit que peut-être avec le temps elle apprécierait d’être à mes côtés et qu’elle se verrait vraiment être ma femme et la mère de mes enfants. Par colère envers elle et contre moi à cause de ce fichu contrat, ma main vient claquer contre sa joue sans que je n’aie le temps de m’arrêter. Sa tête pivote sous la puissance et elle s’écroule au sol.
— Jamais je ne profiterai de toi sans que tu sois d’accord et je ne parle pas de cette foutue clause sur notre contrat. Je veux que tu acceptes de te donner à moi de ta propre volonté et non par ta putain de signature.
Je la regarde couchée au sol, face contre terre, mais quand elle relève la tête et que ses magnifiques yeux verts sont remplis de larmes et que sa lèvre du bas est fendue en deux laissant apparaître du sang, je regrette immédiatement mon geste et je me rends compte de la violence que j’ai eue envers cette femme qui a déjà trop été marquée. D’un geste, je m’approche d’elle, mais elle recule loin de moi en allant se coller dos à mon lit.
— Ne t’approche pas.
Je pensais que sa voix serait mêlée à ses pleurs, mais il n’en est rien. Elle ne pleure pas, juste ses yeux sont baignés de larmes. Elle pose son pouce doucement sur sa lèvre fendue et vient essuyer le sang qui en découle.
— Putain, ça fait mal.
