Vers des cieux plus cléments - Laurent Desmolles - E-Book

Vers des cieux plus cléments E-Book

Laurent Desmolles

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Beschreibung

Au fil de ces quelques poèmes et nouvelles diverses, l'auteur nous emmène dans un voyage ou l'absurde se mêle à la mélancolie, le comique au tragique, de l'enfance à la mort.

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Seitenzahl: 53

Veröffentlichungsjahr: 2015

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TABLE

Dans la nuit

Sunset boulevard

Dieu et l’enfant

Les lacets

Et même si…

Donne-moi la main

Le pays

Vers des cieux plus cléments

Faire les courses

Avec moi

Le charme

Presbytère

Sous le phare

Aimer

Rideau

A l’étage

Les mains

Sans toi

Chuchotements

Plus rien

Pure

Seul

Tendresse de gosse

Sur la terrasse

Les marches de l’hôtel

Le bateau en papier

Rosée

K.O

L’ennemi

Le lien

Gravité

700 nuits blanchespour une perle noire

Du temps

Chambre avec vue sur la mort

L’oiseau et le vent

Le mur

A vot’bon cœur

L’aimée

Incursion

Vos désirs sont des ordres

Le progrès

Boulouris

Quelque part

Au croissant chaud

Un conte de fait

Le puits

Tatiana

Sous la lune

Le carreau sans cœur

Commérages

Dans mon dos

Thalassa

L’accord des instruments

En un tour demain

Le courrier

Vieille peau

Les bottes

Dernier souffle

Mollusques

Bobby

L’espoir

Le baiser

357 magnum

Gouffre

Out

Un soir de mai

DANS LA NUIT

Le visage de l’amour

Est venu cette nuit.

Il s’est penché

Au-dessus de mon lit.

Il m’a dit :

« Ouvre les yeux

Et embrasse-moi ! »

Je me suis réveillé

Mais il n’y avait que moi.

SUNSET BOULEVARD

Je venais au cinéma.

Pas pour voir un film.

Pour voir Sandra ;

Sandra l’ouvreuse,

Sandra la caissière

Qui me souriait

Derrière sa glace en verre.

Je venais au cinéma.

Pas pour voir un film.

Pour voir Nadia ;

L’hôtesse,

Pop-corn, glaces, chocolats.

Je venais au cinéma.

Pas pour voir un film.

Pour voir Sandra ou Nadia.

Les plus belles filles,

Encore mieux qu’au cinéma.

DIEU ET L’ENFANT

Sous le trait de sa plume,

Son trait de génie,

Une lumière s’allume ;

Un enfant gémit.

LES LACETS

J’étais assis sous le préau pendant la récréation. Et j’essayais de faire mes lacets. Finalement, on ne m’avait jamais appris ? Et mes lacets, les salops, ils s’étaient défaits. Et ils pendaient tristement, mollement et me toisaient dans un air de défi, plantés là au- dessus de mes godasses en daim .Et j’essayais de les nouer ensemble, de leur donner une allure sans en avoir l’air.

Et puis une fille qui m’épiait s’est écrié :

« Y sait pas faire ses lacets, y sait pas faire ses lacets !! »

Et son cri, repris dans un souffle par une flopée de mes petits camarades devint une rumeur et elle explosa au grand jour sous le nez du ciel. Une marée humaine forma un cercle autour de moi et ils chantèrent à tuetête, reprenant leur litanie de plus belle :

« Y sait pas faire ses lacets, y sait pas faire ses lacets !!! »

Ainsi je découvris ce qu’était la honte.

ET MEME SI…

Et même si,

Même si la vie est un peu toujours

La même,

Même si personne

Ne m’aime,

Je continuerais quand même

A attendre je ne sais qui,

Je ne sais quoi,

A écouter la pluie

Tomber sur les toits.

DONNE-MOI LA MAIN

Comme j’aimerais te sentir près de moi.

Enlacer ton corps souple qui m’enivrait

Du vin le plus doux qu’on n’ait jamais créé.

Donne-moi la main

Et ensemble nous cueillerons

Le fruit idyllique

Que fut notre passion.

LE PAYS

Il existe ce pays

Où le soleil ne meurt pas ?

Ce pays où l’on peut marcher des

jours entiers

Sans jamais se fatiguer ?

Ce pays où les sentiers

Ne vous mènent nulle part

Sauf à l’être aimé.

Je sais qu’il existe

Car nous y sommes allés.

Nous l’avons traversé

Sans nous y attarder.

VERS DES CIEUX PLUS CLEMENTS

Les chiens sont lâchés. Le pauvre homme court comme un forcené, se démène, s’accroche de toutes parts, se coupe, s’entaille profondément ; des milliers d’obstacles naturels entravent sa fuite éperdue.

L’aboiement des limiers à ses trousses le motive davantage et lui donne une nouvelle vigueur qui le pousse à aller de l’avant. Il se tord la cheville sous une racine, trébuche et s’étale de tout son long, mordant la poussière. Bien qu’à bout de souffle et physiquement diminué, il se redresse et avance, le visage tuméfié.

Quelle direction prendre ?

Serait-il encerclé ?

Peut-être est-il désormais perdu ?

Au loin, le bruit d’une chute d’eau vient troubler ses tympans. Plein d’espoir, l’homme s’élance. Il sent l’haleine chaude et le souffle rauque de ses poursuivants sur ses pas, sur sa nuque. Du sourd murmure de la cataracte naît un grondement qui menace de l’assourdir. En boitillant, il s’approche au bord d’une immense falaise, glisse et fait danser quelques cailloux qui dévalent la pente à toute allure et finissent par se perdre dans le tumulte des flots. Un coup de feu est tiré si proche de lui qu’il croit sentir l’odeur de la poudre. Sans réfléchir, il se jette dans l’abîme et lorsque les hommes qui le traquaient impitoyablement apparaissent sur le sentier humide, le fuyard a disparu.

Tous se concertent et s’accordent sur le fait qu’on ne peut survivre à un tel plongeon. Bredouilles et grandement frustrés, les chasseurs rebroussent chemin en poussant des jurons de dépit.

Quelques centaines de mètres en aval, un visage émerge de la surface. Péniblement, l’homme se traîne sur la berge et vient s’abriter sous l’ombre d’un imposant rocher.

L’homme éternue. Et ses lèvres esquissent un sourire.

Il a réussi.

FAIRE LES COURSES

Et la vieille elle avance.

En tirant son caddie.

En tirant sur la laisse de son chien.

Et dans son caddie

Il y a

Du beurre,

Des patates,

Des poireaux,

De l’agneau.

Et son chien lui,

Il flaire.

La mort.

AVEC MOI

Dans mon sommeil

Et au réveil.

Dans mes heures perdues.

Dans le métro,

L’ascenseur,

Les toilettes,

Dans les cafés,

Lorsque je marche,

Dans les bouquins,

Au cinéma,

Dans la musique.

Tu es là.

LE CHARME

Mais comment fait-il ?

Il a des boutons sur le visage,

Une brune se retourne sur son passage.

Il a une vilaine cicatrice sur la joue,

Une blonde s’assoit sur ses genoux.

Mais comment fait-il ?

Il a les cheveux pleins de poux,

Une rousse s’enroule autour de son cou.

Il lui manque les dents de devant,

Une américaine lui fait des compliments.

Mais comment fait-il ?