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Au fil de ces quelques poèmes et nouvelles diverses, l'auteur nous emmène dans un voyage ou l'absurde se mêle à la mélancolie, le comique au tragique, de l'enfance à la mort.
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Seitenzahl: 53
Veröffentlichungsjahr: 2015
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Dans la nuit
Sunset boulevard
Dieu et l’enfant
Les lacets
Et même si…
Donne-moi la main
Le pays
Vers des cieux plus cléments
Faire les courses
Avec moi
Le charme
Presbytère
Sous le phare
Aimer
Rideau
A l’étage
Les mains
Sans toi
Chuchotements
Plus rien
Pure
Seul
Tendresse de gosse
Sur la terrasse
Les marches de l’hôtel
Le bateau en papier
Rosée
K.O
L’ennemi
Le lien
Gravité
700 nuits blanchespour une perle noire
Du temps
Chambre avec vue sur la mort
L’oiseau et le vent
Le mur
A vot’bon cœur
L’aimée
Incursion
Vos désirs sont des ordres
Le progrès
Boulouris
Quelque part
Au croissant chaud
Un conte de fait
Le puits
Tatiana
Sous la lune
Le carreau sans cœur
Commérages
Dans mon dos
Thalassa
L’accord des instruments
En un tour demain
Le courrier
Vieille peau
Les bottes
Dernier souffle
Mollusques
Bobby
L’espoir
Le baiser
357 magnum
Gouffre
Out
Un soir de mai
Le visage de l’amour
Est venu cette nuit.
Il s’est penché
Au-dessus de mon lit.
Il m’a dit :
« Ouvre les yeux
Et embrasse-moi ! »
Je me suis réveillé
Mais il n’y avait que moi.
Je venais au cinéma.
Pas pour voir un film.
Pour voir Sandra ;
Sandra l’ouvreuse,
Sandra la caissière
Qui me souriait
Derrière sa glace en verre.
Je venais au cinéma.
Pas pour voir un film.
Pour voir Nadia ;
L’hôtesse,
Pop-corn, glaces, chocolats.
Je venais au cinéma.
Pas pour voir un film.
Pour voir Sandra ou Nadia.
Les plus belles filles,
Encore mieux qu’au cinéma.
Sous le trait de sa plume,
Son trait de génie,
Une lumière s’allume ;
Un enfant gémit.
J’étais assis sous le préau pendant la récréation. Et j’essayais de faire mes lacets. Finalement, on ne m’avait jamais appris ? Et mes lacets, les salops, ils s’étaient défaits. Et ils pendaient tristement, mollement et me toisaient dans un air de défi, plantés là au- dessus de mes godasses en daim .Et j’essayais de les nouer ensemble, de leur donner une allure sans en avoir l’air.
Et puis une fille qui m’épiait s’est écrié :
« Y sait pas faire ses lacets, y sait pas faire ses lacets !! »
Et son cri, repris dans un souffle par une flopée de mes petits camarades devint une rumeur et elle explosa au grand jour sous le nez du ciel. Une marée humaine forma un cercle autour de moi et ils chantèrent à tuetête, reprenant leur litanie de plus belle :
« Y sait pas faire ses lacets, y sait pas faire ses lacets !!! »
Ainsi je découvris ce qu’était la honte.
Et même si,
Même si la vie est un peu toujours
La même,
Même si personne
Ne m’aime,
Je continuerais quand même
A attendre je ne sais qui,
Je ne sais quoi,
A écouter la pluie
Tomber sur les toits.
Comme j’aimerais te sentir près de moi.
Enlacer ton corps souple qui m’enivrait
Du vin le plus doux qu’on n’ait jamais créé.
Donne-moi la main
Et ensemble nous cueillerons
Le fruit idyllique
Que fut notre passion.
Il existe ce pays
Où le soleil ne meurt pas ?
Ce pays où l’on peut marcher des
jours entiers
Sans jamais se fatiguer ?
Ce pays où les sentiers
Ne vous mènent nulle part
Sauf à l’être aimé.
Je sais qu’il existe
Car nous y sommes allés.
Nous l’avons traversé
Sans nous y attarder.
Les chiens sont lâchés. Le pauvre homme court comme un forcené, se démène, s’accroche de toutes parts, se coupe, s’entaille profondément ; des milliers d’obstacles naturels entravent sa fuite éperdue.
L’aboiement des limiers à ses trousses le motive davantage et lui donne une nouvelle vigueur qui le pousse à aller de l’avant. Il se tord la cheville sous une racine, trébuche et s’étale de tout son long, mordant la poussière. Bien qu’à bout de souffle et physiquement diminué, il se redresse et avance, le visage tuméfié.
Quelle direction prendre ?
Serait-il encerclé ?
Peut-être est-il désormais perdu ?
Au loin, le bruit d’une chute d’eau vient troubler ses tympans. Plein d’espoir, l’homme s’élance. Il sent l’haleine chaude et le souffle rauque de ses poursuivants sur ses pas, sur sa nuque. Du sourd murmure de la cataracte naît un grondement qui menace de l’assourdir. En boitillant, il s’approche au bord d’une immense falaise, glisse et fait danser quelques cailloux qui dévalent la pente à toute allure et finissent par se perdre dans le tumulte des flots. Un coup de feu est tiré si proche de lui qu’il croit sentir l’odeur de la poudre. Sans réfléchir, il se jette dans l’abîme et lorsque les hommes qui le traquaient impitoyablement apparaissent sur le sentier humide, le fuyard a disparu.
Tous se concertent et s’accordent sur le fait qu’on ne peut survivre à un tel plongeon. Bredouilles et grandement frustrés, les chasseurs rebroussent chemin en poussant des jurons de dépit.
Quelques centaines de mètres en aval, un visage émerge de la surface. Péniblement, l’homme se traîne sur la berge et vient s’abriter sous l’ombre d’un imposant rocher.
L’homme éternue. Et ses lèvres esquissent un sourire.
Il a réussi.
Et la vieille elle avance.
En tirant son caddie.
En tirant sur la laisse de son chien.
Et dans son caddie
Il y a
Du beurre,
Des patates,
Des poireaux,
De l’agneau.
Et son chien lui,
Il flaire.
La mort.
Dans mon sommeil
Et au réveil.
Dans mes heures perdues.
Dans le métro,
L’ascenseur,
Les toilettes,
Dans les cafés,
Lorsque je marche,
Dans les bouquins,
Au cinéma,
Dans la musique.
Tu es là.
Mais comment fait-il ?
Il a des boutons sur le visage,
Une brune se retourne sur son passage.
Il a une vilaine cicatrice sur la joue,
Une blonde s’assoit sur ses genoux.
Mais comment fait-il ?
Il a les cheveux pleins de poux,
Une rousse s’enroule autour de son cou.
Il lui manque les dents de devant,
Une américaine lui fait des compliments.
Mais comment fait-il ?
