Viens, suis-moi ! - Jean Cassien - E-Book

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Jean Cassien

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Beschreibung

Jean Cassien nous livre ici ce qu’il a vécu et découvert au cours de son expérience de vie monastique auprès des plus célèbres communautés d’Égypte, au IV e siècle. A travers la minutieuse description des rites et coutumes des premières générations de moines, c’est toute une spiritualité qui se dessine, dont le centre et le but se ramènent à un seul idéal : acquérir un cœur pur où le Seigneur pourra demeurer. Le très célèbre « Discours de prise d’habit » est une magnifique illustration de l’attitude intérieure ainsi recherchée. Elle n’a d’autre fondement que l’humilité. La longue description des dix degrés par lesquels, en s’abaissant, on s’élève (Luc 14, 11), ouvre un chemin par lequel le disciple du Christ apprend patiemment à rejoindre son Seigneur jusqu’au cœur même de son mystère pascal. Dans un langage simple, direct et fraternel, Cassien prend son lecteur par la main pour le guider sur les voies parfois déroutantes de toute vie spirituelle authentique. Par de très justes conseils, toujours tirés d’une longue expérience, il nous permet finalement de recueillir ici l’essentiel des leçons de la séculaire tradition monastique sur la vie de prière, une prière dans la vie, une vie qui est prière. Notre existence nous apparaît alors, peu à peu, comme un continuel dialogue avec Dieu. Que l’on soit moine, prêtre ou laïc, il y a là, à n’en pas douter, un héritage à recueillir qui n’a rien à envier aux mystiques orientaux.


À PROPOS DE L'AUTEUR


Jean Cassien est mal connu. On ne sait si le nom de Jean lui fut donné à son baptême ou quand il devint moine, ni s'il naquit en Dobroudja (Roumanie) ou en Provence. Il est certain que, très jeune, il fut moine à Bethléem. Vers 385 il partit pour l'Égypte avec un fidèle compagnon, le prêtre Germain, et il y passa une quinzaine d'années. Vers 400, il se rendit à Constantinople, où Jean Chrysostome l'ordonna diacre. Durant les persécutions que subit ce grand saint, Cassien se montra son disciple fidèle et reçut de son maître une mission à Rome.
Il semble que Cassien revint en Orient et que, vers 415, après une seconde mission à Rome, il s'établit à Marseille où il fonda deux monastères, Saint-Victor pour les hommes et Saint-Sauveur pour les femmes.
Il composa vers 417 les Institutions cénobitiques, puis ses célèbres Conférences ou Collationes et composa un traité sur l'Incarnation, contre Nestorius, patriarche de Constantinople. Il mourut vers 435.

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Seitenzahl: 76

Veröffentlichungsjahr: 2023

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Viens, suis-moi !

La voie monastique

LA COLLECTION LA MANNE DES PÈRES

La collection

La Manne des Pères

Collection dirigée

par Sœur Marie Ricard,

Bénédictine de Martigné-Briand (49)

La liste des ouvrages déjà parusse trouve en fin de volume.

TEXTE SOURCE

Institutions Cénobitiques

éditées par Jean-Claude Guy, s.j.

Sources Chrétiennes N°109 (Paris, Cerf, 1965).

[Est publié ici le Livre 4.]

Mis en français fondamental :

P. Christophe Vuillaume, osb (Mahitsy, Madagascar)

Revu par Sr Marie Ricard, osb

INTRODUCTION ET JALONS

P. Christophe Vuillaume, osb et Sr Marie Ricard, osb

JALONS

Sr Marie Ricard, osb

livret général

Un « Livret général », donnant des repères historiques,est édité à part et offert pour l’achatd’un exemplaire de la collection La Manne des Pères.

À demander à votre libraire.

Il est aussi téléchargeable sur :

saintlegerproductions.fr

dans l’espace La Manne des Pères

CARTE

Égypte monastique

CITATION

Quand les vices sont détruits,

les vertus poussent et portent du fruit.

Quand les vertus se multiplient,

elles donnent la pureté du cœur.

Par la pureté du cœur,

on possède la perfection de la charité.

Livre 4, ch. 43.

CITATION

PORTRAIT CASSIEN

Jean Cassien (ca. 360-435).

INTRODUCTION

Qui est Jean Cassien ?

Sa vie

Né vers 360, dans un pays incertain, mais probablement en Europe centrale1, Jean Cassien est issu d’une famille suffisamment riche pour lui donner une éducation solide selon le programme des études classiques du temps. Il est probable qu’il ait grandi en Gaule provençale, région où l’on parlait le grec et le latin, deux langues qu’il possède bien.

Vers 17-18 ans, il part avec son ami Germain pour la Palestine (actuel Israël) pour « se former à la milice spirituelle », c’est-à-dire à la vie monastique. Ils séjournent pour cela dans un monastère cénobitique à Bethléem pendant environ deux ans. Ils reçoivent là une première formation à la doctrine chrétienne et à la vie spirituelle.

Séjour en Égypte

Très vite attirés par la solitude et une vie monastique plus exigeante, les deux amis obtiennent la permission, contre une promesse de retour qu’ils ne tiendront pas2, d’aller s’instruire dans les monastères d’Égypte, alors réputés pour leur excellence. La rencontre avec Abba Pinuphe, venu se cacher dans leur monastère pour fuir la célébrité, a incité les deux jeunes moines à tenter cette expérience. La célébrité des moines du Désert* d’Égypte, la rigueur de leur discipline et l’élévation de leur vie spirituelle expliquent aussi l’attirance qu’ils exercent sur Cassien et Germain, comme sur bien d’autres.

Les deux jeunes frères habitent quelque temps dans plusieurs monastères égyptiens au bord de la Méditerranée et y reçoivent un premier enseignement, en particulier d’Abba Jean et d’Abba Pinuphe, probablement à Panéphysis3. Mais, entendant parler des solitudes du Sud de l’Égypte, nos deux pèlerins se rendent à Nitrie et à Scété, deux grandes et célèbres colonies monastiques. Là ils reçoivent l’enseignement de Pafnuce, l’abbé d’une des fondations de Macaire l’Égyptien et d’Abba Moïse, supérieur à « tous, par le parfum plus suave de son ascèse et de sa contemplation »4. À Nitrie, Cassien a sans doute fréquenté Évagre le Pontique dont il a retenu un grand nombre de principes spirituels. Il est probable que les deux jeunes moines soient enfin descendus jusqu’en Thébaïde dont Cassien décrit précisément les coutumes5.

Marseille

Commence alors une période troublée pour Cassien et Germain. En effet, le patriarche d’Alexandrie, Théophyle, dénonce (vers 399) les représentations trop humaines de Dieu que défendent les moines d’Égypte avant de les chasser du pays. Beaucoup de moines partent d’eux-mêmes pour la Palestine toute proche. Cassien et Germain se rendent quant à eux à Constantinople (l’actuelle Istanbul, en Turquie) où ils sont reçus par Jean Chrysostome. Remarquant leurs qualités et leur savoir, l’évêque ordonne prêtre Germain et diacre, Cassien. Mais, obligés de nouveau de quitter la ville, par le Décret d’Arcadius en 404, ils sont chargés d’aller défendre Jean Chrysostome devant le pape Innocent, à Rome. Ordonné prêtre dans la Ville sainte, Cassien reste sans doute dans l’entourage du pape pendant une dizaine d’années. Après la mort de Germain (415), il se rend à Marseille.

À Marseille, Cassien fonde deux monastères, l’un de moines, l’autre de vierges (ou moniales). Grâce à l’expérience qu’il a acquise en Palestine et surtout en Égypte, Cassien enseigne un genre de vie monastique encore nouveau en Gaule. Il meurt en 435.

La qualité de la vie monastique menée à Marseille par les disciples de Cassien montre assez de quel maître ils avaient reçu leur formation. Plusieurs évêques, comme saint Prosper d’Aquitaine, et papes, comme saint Grégoire le Grand, parlent avec admiration de Cassien et reconnaissent son mérite d’avoir apporté en Gaule une autre forme de vie monastique. Son influence a été considérable surtout parce que saint Benoît lui reconnaît, dans sa Règle, une grande autorité. À travers le Moyen Âge, en passant par le xviie siècle français et jusqu’à nos jours, Cassien a suscité un vif intérêt pour sa synthèse ascétique et spirituelle inspirée de l’Orient monastique.

Les institutions

Cassien a écrit plusieurs livres. Les plus connus sont les Institutions cénobitiques (rédigées vers 420-424) et les Conférences spirituelles (426). Le but des Institutions est d’enseigner comment vivre dans les communautés monastiques. C’est donc un texte plutôt pratique, alors que les Conférences expliquent longuement le développement de la vie spirituelle sous sa forme intérieure. On pourrait dire que les Institutions représentent la « vie pratique » (l’ascèse), première étape de la vie spirituelle selon le schéma d’Évagre et de Cassien, tandis que les Conférences enseignent les voies de la « vie théorique » (theôria ou contemplation), étape supérieure de l’itinéraire spirituel6.

Les Institutions cénobitiques

Les Institutions se composent de douze livres qu’on peut diviser en deux grandes parties :

1. Les livres 1 à 4 qui parlent des pratiques extérieures (habit, office divin), conclus par le « discours de prise d’habit ».

2. Les livres 5 à 12 qui parlent des huit vices principaux que le moine doit vaincre pour parvenir à la pureté du cœur, but de l’ascèse : gourmandise, impureté, avarice, colère, tristesse, acédie, vaine gloire et orgueil. Un texte inspiré du Traité des huit vices (ou « Le moine ») d’Évagre le Pontique.

Le Livre 4

Nous publions ici le Livre 4, véritable résumé de la pensée monastique de Cassien. Il y explique comment former un jeune moine d’après les traditions monastiques d’Égypte selon lesquelles il a vécu et qu’il a étudiées. À la fin du livre, il parle de quelques grands moines, mais surtout de Pinuphe, qui représente la figure parfaite de l’Ancien*.

Pinuphe a été le supérieur d’un grand monastère d’Égypte, près de Panéphysis, dans le Delta du Nil. Mais il est trop connu pour cultiver l’humilité qu’il désire tant. Alors il part pour la Thébaïde, dans le sud du pays. Il entre comme postulant à Tabennèse, le monastère où Pacôme a vécu7. Il y reste caché pendant trois ans. Mais les frères de son monastère le retrouvent et le ramènent à Panéphysis.

Il s’enfuit de nouveau et se réfugie cette fois en Palestine. Il entre au monastère de Bethléem où Jean Cassien est novice avec Germain : c’est là, on l’a vu, que les deux jeunes moines le rencontrent. Mais de nouveau, des moines d’Égypte le reconnaissent et le ramènent dans son monastère. Lorsque Jean et Germain obtiennent la permission de se rendre en Égypte, ils se mettent à la recherche d’Abba Pinuphe.

Le discours de prise d’habit

Ce texte célèbre, évidemment travaillé soigneusement par Cassien, est un des plus beaux résumés de la spiritualité monastique ancienne. Cassien le met dans la bouche de Pinuphe lors de la prise d’habit monastique d’un jeune frère. Quel est le chemin que devra suivre le moine pendant toute sa vie, s’il veut être fidèle au Christ ?

Dès le début, Abba Pinuphe montre que la croix est la seule voie qui s’ouvre devant le moine. C’est aussi ce que dit saint Benoît à la fin du prologue de sa Règle. Mais que veut dire prendre sa croix ?

La croix

Pourquoi la Croix, et le renoncement qu’elle implique, occupe-t-elle une place si importante dans la Tradition monastique ? Il vaudrait mieux dire : dans la perspective évangélique. Car il faut commencer par rappeler que c’est une demande que Jésus adresse à toute personne :

« Si quelqu’un veut venir à ma suite, qu’il renonce à lui-même » (Matthieu 16, 24).

Rude exigence qu’il ne faudrait pas prendre pour du dolorisme. L’Évangile ne prêche pas le culte de la souffrance. Souffrir est un mal que précisément le Christ est venu soigner. Pour le dire très fermement : ce n’est pas la souffrance qui sauve. La Croix sauve, parce que Jésus l’a prise par amour.

Un petit détour théologique

Nous ne pouvons éviter ce détour si nous voulons bien comprendre ce qui est en jeu.

Dieu a tout créé par amour et cette œuvre est belle ; notre nature humaine, dès l’origine, est belle, ne l’oublions pas. De plus, le Créateur n’est pas un lointain solitaire qui, de loin, contemplerait son œuvre : il veut faire de sa Création le partenaire de cet amour. L’Incarnation est le couronnement de ce chef-d’œuvre : le Créateur vient partager la condition de sa créature. Surgit bien sûr la question : pourquoi ? Et la réponse, généralement, arrive comme automatiquement : pour la « sauver ». Oui, mais qu’entendons-nous par sauver ?

Il est plus que nécessaire aujourd’hui de revisiter ce terme que l’on malmène et, finalement, évacue. Avant même d’être sauvés-de (du péché, du mal…), nous sommes sauvés : promis à la joie, autrement dit aimés