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D'origine malienne et de nationalité française, Fatoumata TOURÉ se passionne pour la découverte de l'Autre, de sa culture et de ses valeurs. En 2016, lors d'un séjour en Jordanie, elle part à la rencontre des femmes du pays afin de leur donner la parole, de mieux comprendre leur réalité et d'écouter leur message. Avec YALLA SABAYAA !, elle nous livre un recueil de conversations émouvantes, enrichi de magnifiques illustrations.
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Seitenzahl: 152
Veröffentlichungsjahr: 2020
À ma mère À mes petites sœurs, mes modèles
« Great stories happen to those who can tell them »Ira Glass, American Writer and Storyteller
Yallah Sabayaa !
Do’aa - « La croyance est dans le cœur »
Farah & Dina – La génération émancipée
Dana - La précieuse
Agnès – « Voyager c’est vivre »
Mama Fateemah
Laila - Le pouvoir des bombes
Isra & Alaa – « Power to women »
Alice - mon alter ego
Ce titre fait référence à ce qu’aimait répéter l’une des coachs du centre de self-défense SHE FIGHTERS. Créé par Lina Khalifeh, championne de taekwondo d’origine jordanienne, ce dernier est un centre exclusivement féminin, dont l’objectif est de valoriser et donner de la force aux femmes. Avant chaque mouvement d’attaque, la coach criait : « Yallah Sabayaa ! » Grâce à l’effet de groupe, nous avions l’impression d’être invulnérables et d’avancer ensemble dans la même direction.
Le recueil se compose de plusieurs histoires de femmes rencontrées lors de mon séjour en Jordanie, en 2016. Je devais y passer six mois. J’étais bien décidée à m’imprégner du pays et, à mon retour, transmettre ce que j’y avais vécu et appris. Je n’avais pas d’idée précise sur la manière de procéder ; elle s’est forgée au fil du temps. Au-delà de simples photos, je voulais faire découvrir la région de l’intérieur, amener les habitants à parler de leur réalité et surtout, donner la parole aux femmes.
Avant d’arriver en Jordanie, je ne savais rien du pays et ne connaissais aucun nom de personnalité célèbre et inspirante que j’aurais pu contacter. J’aurais aimé brosser le portrait de cette coach du centre Lina Khalifeh, qui m’avait marquée. Je l’ai malheureusement rencontrée trop tard. Mais la première difficulté était surtout de définir quelle forme donner à ces portraits : photos, dessins, textes courts sur des sujets précis, assemblage de citations, interviews, j’hésitais vraiment. Au hasard de mes rencontres et de mes voyages dans le pays, j’ai finalement compris que le mieux était de laisser les femmes raconter leur histoire. J’avais par ailleurs une contrainte de taille : le temps. Mon séjour était court et il me fallait rapidement entrer en contact avec plusieurs femmes différentes tout en essayant de faire leur connaissance en profondeur.
J’ai été agréablement surprise devant l’enthousiasme et la motivation dont elles ont fait preuve. Elles désiraient sincèrement participer au projet. C’est donc avec un grand plaisir que je partage aujourd’hui une partie de mon voyage grâce à la parole de ces femmes que j’ai choisies par instinct.
Le recueil de ces témoignages suit une évolution tangible, sur le fond comme sur la forme. Les interviews démarrent un peu timidement car j’ignorais alors jusqu’où mes interlocutrices accepteraient de se dévoiler (sans jeu de mots). Les dernières sont plus approfondies et comportent plus de détails. Comme si j’avais moi-même évolué dans ma démarche. En réalité, ces femmes avaient beaucoup à raconter et l’énorme envie de partager. Peut-être ma différence et ma curiosité ont-elles également joué un rôle ?
J’ai recherché la diversité afin de représenter au mieux la société jordanienne et montrer qu’entre femmes, nous avons quantité de choses en commun. Aucun des propos recueillis n’a été modifié, mais seulement réécrit de manière plus fluide.
J’ai établi quelques parallèles entre mon expérience dans le pays et mon parcours personnel, et ai tenté d’insérer une partie de mes réflexions dans chaque histoire afin que vous compreniez mon avancée et la manière dont les rencontres se sont produites.
Je n’ai voulu porter aucun jugement sur la culture jordanienne ou sur ces femmes qui se confiaient à moi. Ma ligne directrice : l’objectivité, autant que possible ! J’aimerais que chaque personne lisant ce recueil ait la sensation de se reconnaître dans l’un ou l’autre récit. J’ai été personnellement touchée par chacun d’eux, pour différentes raisons :
Do’aa, libraire et professeure d’arabe, ma première inspiration. Plus nous nous voyions, plus la confiance s’installait. Nous avons échangé sur de nombreux sujets. Elle voulait tant partager ! Ajouter son portrait au recueil était une évidence.
Laila, l’artiste rebelle. Graffeuse au Moyen-Orient, elle s’est fait une place dans un milieu considéré comme masculin. Elle est une grande inspiration pour les femmes arabes parce qu’elle ose. Elle mène un combat permanent pour défendre ce qu’elle aime et ce en quoi elle croit.
Dina & Farah, les musiciennes, rencontrées sur scène. Ces étudiantes représentent la jeune génération qui s’émancipe tout doucement.
Agnès, la photographe. Il m’a suffi de voir une seule de ses œuvres pour comprendre qu’elle a beaucoup à transmettre, via la photo, à travers son expérience, ses voyages, sa volonté. Elle encourage les femmes à faire de même.
Israh & Ala, les « women plumbers » ! Elles font partie des femmes sorties très rapidement du système éducatif mais qui, dès lors qu’on leur donne des outils, se relèvent, découvrent leur force et se transforment en leaders. Elles sont fières de maîtriser un métier d’homme. Rien ne leur fait peur !
Mama Fateemah, la maman adoptive au grand cœur. Elle a demandé à son fils de me raconter son histoire lorsqu’elle a entendu parler de mon projet. Incroyable ! La démarche était inversée. Je ne m’y attendais pas du tout. Il faut parfois dénicher la force là où elle n’existe pas et c’est ce que font toutes les mamans.
Dana, l’étudiante. Elle n’avait que vingt ans au moment de notre rencontre. Cette Française d’origine jordanienne était en échange universitaire dans le pays le temps d’une année. D’une maturité impressionnante à bien des égards, elle m’a beaucoup appris et soutenue pendant mon séjour.
Alice, mon miroir ! Lorsque l’on naît entre deux cultures, on se pose toutes les mêmes questions et l’on se trouve confrontées aux mêmes problématiques.
Je suis à la fois fière de ce recueil et un peu frustrée par le projet. Fière d’avoir rencontré des femmes magnifiques, désireuses de raconter leur histoire sans filtre. Frustrée car j’aurais aimé aller plus loin et en apprendre davantage sur chacune d’elles. Mais il s’agit d’une première expérience qui s’est bâtie d’elle-même, au fil des rencontres. Je saurai l’appréhender d’une manière différente si l’opportunité se présente à nouveau dans un autre pays.
Mes pensées vont à tous ceux et celles qui ont contribué de près ou de loin à la réalisation de cet ouvrage. Je remercie particulièrement Laetitia pour sa bienveillance, son accompagnement et son professionnalisme. Qui a su trouver les mots lorsque je tournais en rond, comme si elle avait fait le voyage à mes côtés. Et Lorène qui a merveilleusement illustré ce que j’imaginais !
Do’aa était ma professeure d’arabe lors de mon séjour en Jordanie. Lorsque je suis arrivée, je ne connaissais aucun mot de vocabulaire dans cette langue, si ce n’est Salam Aleikoum, qui signifie bonjour. Il y a une autre manière de le dire : « Marhabaa ! » Et ce mot, j’ai dû mettre deux semaines à le maîtriser. Donc, à mon arrivée dans sa boutique, je me suis dit : « Comment on va faire ? Je ne parle pas arabe, elle ne parle pas anglais. »
Finalement, au bout d’un mois, avec une heure de cours chaque jour et de la pratique sur le terrain, j’ai fini par acquérir une bonne base de conversation. Je commençais à écrire et lire l’arabe.
Do’aa n’a pas de formation en tant qu’enseignante mais elle aime tellement transmettre qu’elle le fait de manière très professionnelle. Quelquefois, pendant les cours, elle me racontait, avec le peu d’anglais qu’elle avait et le peu d’arabe que je comprenais, ses petits soucis, son humeur du moment, ses sentiments, ses envies, etc. Toujours avec beaucoup de douceur. J’avais envie d’en savoir plus. J’ai alors compris qu’elle était la première femme dont je devais écrire l’histoire.
Je n’avais pas encore d’idée précise de ce que je voulais faire dans le projet, mais ma rencontre avec Do’aa, m’a permis de savoir exactement quel profil de femmes mettre en valeur dans cette démarche. Je reste frustrée néanmoins de ne pas avoir pu approfondir mes interrogations. C’était ma première interview. J’étais un peu stressée à force de vouloir bien faire. Par ailleurs, le fait que l’échange ait été traduit par un homme nous a sans doute poussées à la réserve, chacune de notre côté. Pour ma part, j’avais peur de froisser Do’aa, je ne savais pas jusqu’où je pouvais aller dans mes propos. En réalité, cette interview lui a permis d’être encore plus à l’aise avec moi. C’est au fil de nos heures de cours qu’elle se révélait et que j’ai appris à la connaître davantage. Je faisais des progrès fulgurants et nos conversations étaient très variées. Je me surprenais moi-même !
Quand on entre dans la boutique de Do’aa, située dans la rue de l’Université à Irbid, on sait tout de suite que la journée va être bonne. En arrivant au milieu de la rue, il faut descendre les escaliers comme pour accéder à une cave. On atterrit dans un sous-sol aménagé avec plusieurs boutiques tenues par des entrepreneurs. Sur le pas de la porte, Do’aa nous reçoit par son magnifique sourire, la douceur de sa voix et les bras ouverts pour un câlin.
Sa librairie est un endroit spécial. Depuis octobre 2015, elle y donne des cours d’arabe. L'espace n'est pas très grand mais bien aménagé. Chaque mur est couvert d'étagères chargées de livres. Près de la porte, un petit bureau dans lequel Do'aa gère ses affaires. Dans le fond, un grand tableau blanc et deux petits bancs, comme à l'école primaire. La majorité de ses élèves sont des étudiants malaisiens, présents en Jordanie pour étudier l’arabe ou l’histoire de l’Islam. Au tout début de son activité, Do’aa leur donnait rendez-vous chez eux, dans certains restaurants de la ville ou encore à la bibliothèque de l’université. Puis l’ambassade de Malaisie lui a ouvert ses locaux, les élèves ayant transmis sa demande d’hébergement. Deux mois plus tard, elle inaugurait finalement sa boutique et pouvait y organiser ses cours comme elle l’entendait.
Les étudiants sont devenus plus que des amis, c’est une nouvelle famille pour elle. Plus tard, elle aimerait se rendre en Malaisie et poursuivre ses études en littérature arabe, afin de continuer à diffuser la langue et mieux connaître la culture du pays. Elle aime partager et répète souvent : « Enseigner l’arabe n’est pas seulement mon travail, c’est ma mission. »
Do’aa est d’origine palestinienne. Elle a vécu treize ans en Syrie. Elle a passé son bac en Jordanie puis a effectué sa licence à l’Université de Yarmouk, à Irbid. Elle a ouvert sa librairie en août 2015. Lorsqu’elle a décidé de se lancer dans ce projet, elle a reçu de nombreux d’encouragements, ainsi qu’elle en témoigne : « ma famille et mes amis m’ont envoyé beaucoup de mots gentils et positifs dès le début de cette aventure. » Elle a surtout obtenu une aide financière de la part de son père. Dans un pays musulman comme la Jordanie, les familles attendent des femmes qu’elles fondent un foyer plutôt que de dépenser leur énergie à développer une activité professionnelle. C’est dire à quel point l’aide de son père l’a encouragée à aller au bout de son projet.
Lorsque je regarde Do’aa, je me demande ce qui se cache au fond d’elle. Elle dégage tellement de sagesse. A vingt-quatre ans, elle me donne l’impression d’avoir une expérience de vie beaucoup plus riche que la mienne à vingt-neuf ans. Qu’est-ce qui peut bien l’animer, la pousser à continuer cette aventure difficile, qu’elle a commencée seule, au lieu de faire comme les autres femmes ? Je ne sais pas si elle a bien saisi ma question car elle répond de manière spontanée et hoche la tête en guise de désapprobation : « Ce qui me contient c’est le livre ! » Je comprends qu’elle écoute simplement son cœur pour suivre sa passion.
Notre libraire aime lire et partager. Elle cite Alfred de Musset : « L’homme est un apprenti, la douleur est son maître, et nul ne se connaît tant qu'il n'a pas souffert. » Sa douleur, c’est à la fois son passé (ses années vécues en Syrie) et son présent, le conflit Israélo-Palestinien la touchant directement du fait de ses origines. C’est finalement, cette douleur qui la motive pour aller de l’avant et qui fait d’elle, notamment, la personne qu’elle est aujourd’hui. C’est une âme tolérante et ouverte d’esprit. La librairie est à son image ; il y en a pour tout le monde en matière de choix de livres, de la littérature arabe à la littérature anglaise. Sans compter les livres écrits par de jeunes apprentis écrivains, encore à l’université.
Do’aa est également très créative et manuelle : elle crée des cahiers, des miroirs, des cadres, elle réalise aussi toute la tapisserie avec du papier journal ou des extraits de pages de livres. Lorsqu’elle a trouvé son local, elle a décidé de décorer les lieux elle-même. Cela donne une idée de la richesse exposée dans cette librairie appelée Khabaya Alketab. Ce qui signifie « l'ambiguïté du livre » en arabe. « Ce qu’il faut comprendre, c’est que dans le livre, m’explique Do’aa, on découvre parfois des choses inattendues ou révélatrices, qui nous parlent personnellement. » Sa boutique est donc tout entière dédiée aux livres, jusque dans les moindres détails ! Ahlan Wa Sahlan1.
Do’aa aime Allah. Elle adore formuler des invocations. Lorsque je lui pose la question gênante du hijab (depuis quand le porte-t-elle ?), elle me répond qu’en arrivant en Jordanie, sa famille et elle pensaient que la liberté y était plus grande car le port du voile n’était pas imposé. Puis elle s’en est revêtue pour éviter les commentaires désagréables des hommes dans la rue. Il s’avère que c’était aussi le bon moment pour elle de suivre ce qui est dicté dans Le Coran (Sourate 33, Verset 59 : Ô Prophète ! Dis à tes épouses, à tes filles et aux femmes des croyants de ramener sur elles leurs grands voiles : elles en seront plus vite reconnues et éviteront d'être offensées. Allah est Pardonneur et Miséricordieux.) En Jordanie, la majorité des femmes le porte mais c’est surtout culturel. Ma question est un peu embarrassante pour elle : elle me demande de ne pas la mentionner dans mes écrits, parce qu’à ses yeux, ce n’est pas essentiel. Je lui rappelle alors que c’est important car cela fait partie de son histoire. L’interview est traduite par un ami. Toutes ses réponses lui sont adressées jusqu’à ce moment, où elle se redresse vers moi, me prend les mains et, souriante, me dit en me regardant droit dans les yeux : « Fatou, la croyance est dans le cœur ! Pas dans tes vêtements ou ton activité professionnelle ! » Et je comprends que tout ce qu’elle m’a dit sur son rapport à la religion a en effet « peu d’importance », ce qui compte c’est ce qu’il y a dans le cœur de chacun de nous.
C’est bientôt la fin de notre entretien et je lui demande un dernier mot d’encouragement pour les jeunes femmes qui souhaitent s’engager dans une aventure comme la sienne. Voici ce qu’elle me répond : « Soyez têtues, accrochez-vous à votre idée, et soyez certaines d’être bien entourées ! ».
1 « Alors, bienvenue ! » en arabe, ndla
Chaque fin de journée ou presque, j’avais coutume de retrouver mes amis jordaniens et mes collègues de mission à « Cannoli ». C’était un café branché d’Irbid où se réunissaient nombre d’étudiants et de volontaires européens. Le jeudi soir était habituellement une soirée « scène ouverte » : Toutes les personnes qui le souhaitaient et s’en sentaient le courage pouvaient s’y produire le temps d’une chanson, ou simplement s’exprimer à travers un instrument de musique.
Cet événement a éveillé ma curiosité car assister à ce genre de soirées à thème, en public, était plutôt surprenant à Irbid. Rappelons que c’est une ville à la population majoritairement conservatrice, où priment pudeur, discrétion et « bon comportement ». Impossible d’y trouver un bar ou une boîte de nuit. Tout au plus quelques cafés pour se divertir et passer du temps entre amis. Pour tout dire, je me suis demandé si la police n’allait pas débarquer pour interdire le rassemblement, même s’il ne s’agissait pas d’un concert de zénith…
Un jeudi soir, je suis entrée au moment où Farah et Dina se trouvaient sur scène. Elles chantaient et Dina accompagnait la mélodie de sa guitare. On sentait à leur regard qu’elles étaient très complices. Elles devaient se connaître depuis longtemps. Pendant un instant, je les ai imaginées à Lille, sur les planches du Women of Soul, un concert que j’organise pour célébrer les talents féminins lors de la Journée Internationale des Droits des Femmes.
C’était un joli duo dans un lieu atypique. Farah était voilée. Dina ne l’était pas. Il fallait que je leur parle. Ce n’était que ma deuxième interview et je manquais d’expérience, c’est certain. Je les ai interrogées sans vraiment savoir ce que je pouvais mettre en relief dans leur parcours. Aujourd’hui je reste désappointée de ne pas avoir approfondi l’échange. Mais j’apprends au fil des rencontres…
Lorsque je suis entrée, j'ai eu la sensation que vous étiez les meilleures amies du monde. Depuis quand jouez-vous de la musique ensemble ?
Dina : nous nous connaissons depuis cinq ans, depuis notre première année à l’université. Mais nous ne nous produisons que depuis peu. L’été dernier, je me trouvais chez Farah, avec ma sœur, et je voulais faire quelques gammes à la guitare. Nous étions sur le balcon. Farah s’est mise à chanter et ma sœur nous a enregistrées. Ç’a été une révélation. Waouh ! Nous faisions un très bon duo ! Tout a commencé lors de cette soirée providentielle.
Votre anglais est parfait ! Je suis étonnée ; c’est assez rare, à Irbid, de rencontrer des étudiants avec un niveau aussi élevé !
Dina : Mon père a étudié la littérature anglaise et quand nous étions jeunes, il nous parlait toujours dans cette langue. Avec mes frères et sœurs, nous avons travaillé pour améliorer notre accent. Il faut être réaliste ! Aujourd’hui, si tu as de l’ambition, si tu veux voyager ou même travailler, tu te dois d’avoir un bon niveau d’anglais. Dans les pays du Golfe, c’est une obligation, sous peine d’être considéré comme un loser.
Farah : J’ai appris l’anglais moi-même, sans compter les cours à l’école. J’ai progressé également grâce aux chansons, ça permet de développer son accent et son vocabulaire.
Alors dites-moi, qui êtes-vous et que faites-vous à Irbid ?
Farah :
