10 Histoires érotiques - Mila Leduc - E-Book

10 Histoires érotiques E-Book

Mila Leduc

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Beschreibung

Que se passe-t-il derrière les portes closes ? Voulez-vous voir ce qu'il s'y passe ?

Découvrez les secrets des héros de Mila Leduc... du sexe, des histoires torrides, de l'aventure, de l'action, et... des scènes coquines interdites !

Une compilation de 10 histoires érotiques très chaudes
Attention : Contenu réservé aux adultes

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Veröffentlichungsjahr: 2020

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COMPILATION EROTIQUE

 

10 Histoires Coquines

 

Mila Leduc

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Histoire n°1 : Deux Patrons pour ELLE 

 

 

« T&R Design, bonjour ! Comment puis-je vous aider ? 

 

Bonjour Julia, tu pourrais dire à Thomas que je serai en retard à la réunion de cet après-midi, s’il te plaît ? Je suis encore sur le chantier.

 

Bien sûr Ryan ! Il n’y a pas de souci.

 

Merci beaucoup Julia… parfaite, comme d’habitude… bon, je te laisse : je dois y aller. À plus tard ! »

 

Je raccrochai doucement, le rouge aux joues. Ryan avait toujours eu le don pour à la fois m’intimider et me flatter. Il m’adressait souvent des petites attentions, que ce soit des compliments ou des petits mots laissés au hasard dans les mails.

 

Cela faisait maintenant plus d’un mois que je travaillais pour Ryan et son associé Thomas dans leur entreprise de décoration intérieure. Cet emploi avait été un véritable soulagement pour moi : j’avais rompu avec mon copain il y a peu, je venais d’être diplômée mais étais sans emploi, je ne parlais plus à ma famille et je n’avais pas d’appartement.

 

En bref, il me fallait trouver une solution à cette situation désastreuse. Lors de mon entretien d’embauche avec Thomas, celui-ci m’avait semblé à première vue froid et dur.

Mais il s’était rapidement montré bienveillant lors de notre échange, prenant certainement pitié de mes mains tremblotantes et de mes balbutiements causés par le stress. À peine avais-je franchi le seuil de la porte de son bureau pour repartir, Thomas m’avait rattrapée pour m’annoncer que j’étais tout de suite prise.

 

Il m’avait délesté d’un tel poids que je m’étais toujours sentie reconnaissante envers lui depuis ce moment. Je ne sais pas ce qui serait advenu de moi s’il ne m’avait offert cette opportunité. Et Thomas continuait à prendre soin de moi malgré son apparente froideur.

 

Je me levai de ma chaise et me dirigeai voir Thomas. Je l’aperçus au travers des baies vitrées de son bureau passer une main dans sa chevelure brune, signe de stress que je ne connaissais que trop bien. Je toquai doucement à sa porte. Thomas me fit signe d’entrer sans lever les yeux de l’écran de son ordinateur.

 

Son caractère autoritaire était certes intimidant mais je ne pouvais m’empêcher de me sentir émoustiller par cela. Je l’imaginais tout à fait allongé au-dessus de moi, en train de me dominer et me donner des ordres.

 

À-vrai-dire, c’était un rêve récurrent. Mais Thomas était trop professionnel pour qu’une telle chose se produise.

 

Je poussai la porte et me postai derrière son bureau.

 

« Ryan a appelé : il aura un peu de retard pour votre réunion avec M. Williams. Le chantier HHI prend plus de temps que prévu. », lui expliquai-je.

 

Thomas se tourna vers moi, me transperçant de son regard bleu souligné par son élégant costume bleu. Tout en lui respirait l’élégance. Sa mâchoire carrée et son allure athlétique étaient un reflet de sa rigueur d’esprit. Thomas était le businessman par excellence, l’homme des chiffres qui gérait l’entreprise. Dès que je l’entendais parler à ses clients fortunés, j’étais abasourdie par sa classe et sa capacité à mener une discussion avec aisance.

 

Le voir ainsi assis à son bureau, aussi puissant me provoqua la chair de poule, mais je n’en montrais rien.

 

« En retard, comme d’habitude…, dit-il agacé. Je suppose que j’occuperai M. William pendant ce temps… Merci Julia »

 

Thomas m’adressa un léger sourire puis je repartis. J’étais la seule à qui il souriait.

 

 

Plus tard dans la journée 

 

M. William salua Thomas et Ryan depuis la cage d’ascenseur, les remerciant à nouveau. Mais dès que les portes se refermèrent sur le visage souriant du client, Thomas fit volte-face et marcha vers son bureau, le pas décidé, visiblement contrarié.

 

Cachée derrière l’écran de mon ordinateur, j’observai Ryan le suivre en soufflant. Il referma la porte derrière lui. Je penchai légèrement la tête dans la tentative de voir ce qui se passait.

 

Thomas et Ryan étaient normalement très complémentaires, mais leur relation semblait électrique depuis quelques jours. Ayant des caractères diamétralement opposés, j’avais le pressentiment que leur confrontation serait explosive.

 

Les baies vitrées isolaient totalement le bruit venant du bureau de Thomas, mais je n’avais pas besoin d’entendre ce qui se disait pour comprendre que le ton montait.

 

Thomas fronçait les sourcils et avait déboutonné sa veste de costume, oubliant d’être impeccable comme il en avait pourtant l’habitude. Il commença à faire de grands gestes avec ses bras. Je pouvais entendre ses cris étouffés au travers des vitres.

 

Ryan était dos à moi, les mains appuyées contre le dossier d’une chaise. Il portait encore sa tenue de chantier : un t-shirt gris et un jean troué. Cela me donna l’occasion d’observer ses bras musclés, tatoués et bronzés par le soleil de la Californie. Il n’était pas allé chez le coiffeur depuis longtemps et ses cheveux longs ondulaient gracieusement jusqu’à son cou. Ryan était l’artiste du cabinet : si Thomas détenait les clés de la maison et faisait tout fonctionner, c’était Ryan qui faisait naître les plus belles idées design pour ses clients, il détestait se préoccuper de problèmes de business.

 

Du duo des deux associés, Ryan était connu comme le tempéré et Thomas comme le colérique. Aussi, fus-je surprise lorsque Ryan leva lui aussi les bras au ciel et qu’il se mit à crier tout aussi fort que Thomas.

 

Soudain, Thomas et Ryan se retournèrent vers moi. Je reportai rapidement le regard sur l’écran de mon ordinateur, minant d’être très affairée. J’entendis la porte s’ouvrir et des pas s’approcher vers mon bureau.

 

« Julia, tu pourrais nous rejoindre dans mon bureau, s’il te plaît ? »

 

Je levai le regard et trouvai un Thomas aux cheveux ébouriffés et au souffle court. C’était tellement excitant de le voir ainsi, en colère, les manches de chemises remontées jusqu’aux coudes.

 

« Oui, bien sûr », murmurai-je.

 

Je me levai, tirant un peu sur ma jupe portefeuille. Je saisis un bloc-notes et un stylo, telle une bonne assistante, puis allai jusqu’au bureau de Thomas, mes talons résonnant dans l’open-space désormais vide de tout employé.

 

Une fois dans le bureau, je me postai devant le bureau, ne sachant pas trop où me mettre face à ces deux hommes en colère diablement sexy. Je levai un sourcil, attendant qu’ils m’expliquent ce qu’ils attendaient de moi.

 

« Nous avons un souci Julia, dit Thomas au bout de quelques minutes.

 

Oh ? Qu’est-ce qui se passe ? Un problème avec un dossier… ?, m’inquiétai-je.

 

Non, pas du tout, me coupa Ryan. Tu fais un très bon travail, le problème ne vient pas de toi Julia, tout au contraire… »

 

Je fronçai les sourcils : je ne comprenais pas où il voulait en venir.

 

« La raison de notre mésentente est que vous voudrions chacun avoir plus de ton temps…, m’expliqua Thomas. Nous voulions une assistante pour nous deux, mais nous avons le sentiment que cela ne suffit pas. Nous ne voulons surtout pas que tu en souffres, mais tu vas peut-être devoir faire un choix entre nous… »

 

Je restai interloquée : moi qui croyais que cela se déroulait si bien entre nous trois !

 

« Je ne comprends pas… je… j’essaie pourtant de bien répartir mon temps équitablement entre vous deux !, balbutiai-je. Je suis certaine que nous pouvons trouver une solution afin de nous organiser entre nous trois ! »

 

Ryan et Thomas se jetèrent un coup d’œil hostile. Ryan se tourna vers moi, adoucissant son regard. Il semblait perturber par mon émotion.

 

« Nous devrions écouter Julia, murmura Ryan sans me quitter du regard. Je suis sûre qu’elle trouvera un moyen de nous donner de son temps… nous ne devrions pas embêter Julia avec nos disputes… »

 

Thomas inspira fortement, me scrutant avec ses yeux sombres.

 

Un silence s’installa dans la pièce, reflétant la tension de la discussion. Bien que leur conflit me mette mal à l’aise, je ne pouvais pas m’empêcher de sentir l’excitation grandir en moi. Ils se disputaient certes pour mon travail, mais ils se battaient tout de même pour moi. Et voir ces deux hommes terriblement séduisants vouloir s’accaparer ma présence m’excitait. Les voir me regarder ainsi faisait monter la température de mon corps.

 

« Tu peux rentrer chez toi, Julia », soupira Thomas, visiblement contrarié.

 

Je hochai la tête et leur adressai un dernier sourire avant de m’en aller.

 

 

Le lendemain matin

 

Je portai mon cappuccino aux lèvres, savourant le café couler dans ma gorge. Ma tasse à la main, je faisais défiler les mails sur l’écran de mon ordinateur. J’essayai vainement de me distraire car je ne savais pas comment appréhender cette journée. Après la dispute d’hier soir entre Thomas et Ryan, je me demandais comment je devrais me comporter avec eux, comment pourrais-je les satisfaire ?

 

Je vis du coin de l’œil arriver dans l’open-space et se dirigeant vers son bureau, un plateau de café à la main et sa mallette de travail dans l’autre. Je me mordis la lèvre : son attitude de businessman le rendait terriblement sexy. Il donnait l’impression de dominer le monde.

 

Je baissai les yeux lorsque Thomas arriva devant moi.

 

« Bonjour Julia », me salua-t-il avec sa voix suave.

 

Je levai les yeux vers lui, le rouge aux joues.

 

« Bonjour Thomas, souris-je.

 

Je pourrais te voir dans mon bureau, s’il te plaît ?

 

Oui, bien sûr »

 

Je m’empressai de me lever et le suivis dans son bureau.

 

« Ferme la porte derrière toi, s’il te plaît Julia », m’indiqua Thomas.

 

Je fronçai les sourcils car il n’avait pas pour habitude de s’enfermer dans son bureau, mais j’obéis à sa demande.

 

« Nous avons eu des réponses positives pour les différents devis que nous avons envoyés, commençai-je, lui retraçant les principaux enjeux de la journée comme je le faisais quotidiennement.

 

Assis-toi, Julia, me coupa-t-il.

 

Euh… oui bien sûr… »

 

Je pris place sur une chaise en face lui, quelque peu perturbée.

 

« Je t’ai pris un cappuccino ce matin… avec un supplément chocolat, c’est bien ça ? »

 

Thomas m’adressa un regard interrogateur.

 

« Hum… oui… »

 

Je saisis la tasse que Thomas me tendait. Je me sentais à la fois gênée et flattée par cette attention. Il pouvait parfois être très froid, mais ce geste me faisait fondre. J’avais envie de courir vers lui et d’embrasser toutes les parties de son corps lorsqu’il se comportait ainsi.

 

« J’espère que notre petite dispute d’hier soir ne t’a pas mise mal à l’aise, Julia… je te présente mes excuses si tel est le cas… »

 

Son regard se fit encore plus pénétrant. J’avais l’impression qu’il pouvait voir au travers de mes vêtements et qu’il aimait ce qu’il voyait. J’inspirai fortement, essayant de calmer mes pulsions les plus sauvages.

 

« Il… il n’y a pas de problème, Thomas, balbutiai-je.

 

Je ne sais pas comment je pourrais me rattraper… peut-être que nous pourrions déjeuner ensemble ce midi, qu’en dirais-tu ? Tu serais mon invitée, bien entendu. »

 

Thomas me fit un clin d’œil coquin et cela m’excita terriblement. J’avais l’impression que tout mon corps était en feu.

 

« Oui… oui… pourquoi pas… cela me ferait très plaisir »

 

Je me sentais perdre totalement mes moyens. Je n’avais pas l’habitude que Thomas soit si chaleureux envers moi ni qu’il me parle d’autre chose que du travail. C’était comme si nous étions en train de prendre un café lors d’un rendez-vous galant. Tout dans son attitude allait dans ce sens.

 

« Je devrais retourner à mon bureau, au cas où quelqu’un appellerait… pour quelque chose d’important. »

 

Je lui adressai un sourire gêné.

 

« Oui, bien sûr, bien sûr ! », s’exclama-t-il.

 

Je hochai la tête et sortit rapidement du bureau. Une fois rassise à mon bureau, j’en profitai pour reprendre mes esprits. Comment pouvais-je être si perturbée par un seul homme ? Je n’avais ressenti rien de pareil.

 

J’allai aux toilettes pour me refaire une beauté et me reconcentrer sur mon travail. Une fois face au miroir, je passai la main dans mes cheveux bruns qui ondulaient doucement jusqu’au milieu de mon dos. Je lissai ma petite robe verte près du corps.

 

Puis je penchai la tête en arrière en fermant les yeux, le regard de Thomas toujours en tête. Je pensais que Thomas et Ryan s’étaient disputés pour mon travail, mais je commençais à en douter. Autrement, pourquoi Thomas m’aurait-il invité à déjeuner ?

 

Je poussai un soupir et quittai les toilettes.

 

 

Quelques heures plus tard

 

Alors que je tapai un énième mail pour un client de l’entreprise, mon téléphone se mit à sonner. Sans prêter attention au numéro de téléphone s’affichant à l’écran, je décrochai rapidement.

 

« Allô ?

 

Hello Julia ! »

 

Mes yeux s’écarquillèrent comme des soucoupes et je me détournai de mon ordinateur.

 

« Ryan ?

 

Qui d’autre ?, rit-il. Tu pourrais descendre et me rejoindre dehors, s’il te plaît ? J’aurais besoin de toi pour… quelque chose…

 

Euh oui tout de suite ! »

 

J’avais peut-être tort après tout : Ryan semblait avoir besoin de ma présence pour le travail et non pas pour ma simple personne. J’enfilai ma veste en cuir et saisis mon sac à main à la volée.

 

Une fois arrivée en bas de l’immeuble, je trouvai Ryan qui m’attendait dehors au soleil, appuyé contre sa voiture. Ses cheveux étaient encore plus blonds ainsi et il me paraissait encore plus beau.

 

Lorsqu’il m’aperçut, Ryan m’adressa un grand sourire et enleva ses lunettes de soleil, révélant ses beaux yeux verts pétillants.

 

« Bonjour Julia !

 

Bonjour Ryan ! Alors, comment je peux t’aider ?

 

Monte dans la voiture, je vais t’expliquer… », dit-il mystérieusement.

 

Je fus un peu surprise mais obéis. Ryan me tint la portière afin de m’aider à m’installer, et je le remerciai en lui souriant. Il s’installa à mes côtés et fit démarrer le moteur. À mon étonnement, nous sortîmes rapidement de la ville.

 

« Où allons-nous ?, m’enquis-je.

 

Tu verras… c’est une surprise », me sourit Ryan.

 

Nous longeâmes l’océan en voiture. Depuis que j’étais arrivée en Californie, j’avais toujours été émerveillée face au paysage.

 

Ryan arrêta la voiture sur le haut d’une colline qui nous donnait une vue plongeant sur l’océan. Nous descendîmes de la voiture, et Ryan s’appuya contre le capot de la voiture, m’invitant à le rejoindre.

 

Nous admirâmes tous les deux la superbe vue en silence, puis je sentis le regard de Ryan se poser sur moi. Mais je n’osai pas me tourner vers lui.

 

« Qu’est-ce que tu en penses ?, me demanda-t-il.

 

C’est superbe ! »

 

Je me levai du capot de la voiture et m’éloignai un peu avant de me retourner vers lui.

 

« Tu comptes construire quelque chose ici ?, demandai-je.

 

Oui… c’est un client qui m’a demandé de tout construire ici, des fondations de la maison jusqu’à la décoration…

 

Oh mais c’est génial !, m’exclamai-je.

 

Oui, rit-il. Je voulais t’emmener ici, parce que je me disais que la vue te plairait…

 

C’est vrai, c’est magnifique… ce client est chanceux… »

 

Je me tournai de nouveau vers la vue et me laissai aller à rêvasser. Puis, je sentis une douce caresse sur mes cheveux. Je hoquetai et regardai Ryan. Il me regardait avec une telle tendresse et un tel désir que j’avais seulement envie de me laisser aller contre lui.

 

Il passa sa main contre ma joue. Ce contacte m’électrifia et mon entre-jambe se réchauffa soudainement. Je me mordis la lèvre, me sentant de plus en plus excitée.

 

Soudainement, la sonnerie de mon téléphone retentit. Nous fronçâmes tous les deux les sourcils.

 

« Je devrais répondre… », murmurai-je.

 

Ryan hocha la tête et s’éloigna légèrement. Je sortis le téléphone de mon sac avec empressement : c’était Thomas.

 

« Oui Thomas ?

 

Julia, où es-tu ? Je t’attends pour notre déjeuner.

 

Oh oui, bien sûr ! »

 

Je me passai une main dans les cheveux, sentant le stress monter en moi.

 

« J’arrive aussi vite que possible, je suis avec Ryan pour faire le tour du nouveau terrain d’un client, expliquai-je.

 

Oh je vois… »

 

La voix de Thomas se fit plus dure.

 

« Eh bien reviens au plus vite, ordonna Thomas.

 

Oui, Thomas, bien sûr… »

 

Puis il raccrocha.

 

« On devrait rentrer », indiquai-je à Ryan.

 

Il inspira et il hocha la tête.

 

 

Une heure plus tard

 

Ryan et moi arrivâmes à l’étage du bureau de Thomas. Celui-ci nous attendait dans l’open-space, les bras croisés et le regard sombre. Lorsque nous fûmes à son niveau, Thomas murmura :

 

« Nous devrions aller au septième étage »

 

Et il entama la marche vers l’ascenseur. Ryan ne titilla pas et je les suivis tous les deux. Une fois dans l’ascenseur, je sentis la tension monter entre nous trois et mon cœur battait de plus en plus fort.

 

J’appréhendais cette discussion entre nous trois, j’avais peur de souffrir de leur conflit. Mais voir ces deux hommes se battre pour moi m’excitait. Je ne voulais ni Ryan, ni Thomas, je les voulais tous les deux. Je voulais leur offrir mon corps, les sentir contre et en moi. Mais cela ne se ferait même pas dans mes rêves les plus fous.

 

Nous descendîmes de la cage d’ascenseur, et traversâmes l’open-space vide que nous n’avions pas encore eu le temps d’aménager pour les employés. Thomas nous invita à entrer dans une salle de réunion habitée par une gigantesque table ovale en bois noir.

 

« Il me semble que Julia suscite une mésentente entre nous Ryan… »

 

Thomas s’appuya sur une des chaises qui encadraient la table.

 

« Je pense savoir ce qui résoudrait le problème », sourit Ryan.

 

Mon souffle s’accéléra alors que les deux hommes me regardaient intensément.

 

« Je crois que nous voulons tous les deux la même chose de notre Julia... et je pense que Julia le sait aussi »

 

Ryan s’approcha de moi et passa une main sur mon visage, avant de descendre vers ma poitrine et de saisir mes seins dans ses mains d’artiste. Mon souffle se fit de plus en plus court et les battements de mon cœur s’accélèrent. Je sentis ma petite culotte devenir de plus en plus mouillée.

 

Ryan saisit mon sac et le posa sur la table, alors que Thomas se dirigea vers nous, se postant derrière moi. Ses mains se posèrent sur mes épaules et il fit glisser ma veste le long de mes bras afin de me l’enlever.

 

« Je suis vraiment…, commençai-je.

 

Shh shh shh, me coupa Thomas. Je ne veux pas t’entendre. Tu es à nous maintenant. Et tu vas nous obéir. Compris Julia ? » 

 

Je hochai la tête docilement.

 

« C’est bien… tu as toujours été une gentille fille, à obéir au doigt et à l’œil. Comme j’aime… Découvrons ce que tu portes sous cette robe terriblement coquine »

 

Thomas dézippa rapidement ma robe dans mon dos, et la fit glisser jusqu’en bas de mes jambes puis la jeta au travers de la salle. Je me retrouvai ainsi à moitié nue face à eux.

 

« Du satin blanc et de la dentelle. Un choix si innocent pour une femme si sensuelle… Tu devrais porter de la lingerie noire, ou même rouge… je suis sûr que cela conviendrait davantage à tes petites rêveries coquines…

 

Quelles rêveries ?, demandai-je, essoufflée.

 

Voyons Julia, tu crois qu’on ne te voit pas en train de nous observer en te mordant les lèvres ?, répondit Ryan, en penchant la tête sur le côté.

 

Je suis sûr que tu rêves, que tu as besoins, de te faire baiser comme une petite salope… », fit Thomas.

 

Je ne savais pas si les deux hommes s’étaient mis d’accord sur ce qui était en train de se passer, mais j’étais sûre que je ne voulais pas que cela s’arrête. Même si cela ne devait se produire qu’une fois, je voulais m’en souvenir pour toujours.

 

J’étais tentée de cacher mon corps nue, mais un seul regard dans les yeux de Thomas et Ryan remplis de luxure et de désir m’invita à suivre mes fantasmes les plus sauvages.

 

Aussi, je me laissai faire lorsque Thomas m’allongea au travers de la table. Alors qu’il se disposait entre mes cuisses, Ryan était au niveau de ma tête.

 

« De quoi as-tu envie, Julia ?, demanda Thomas. Tu n’aurais pas envie de prendre Ryan dans ta bouche, alors que je m’occuperais de ta petite chatte mouillée. »

 

Thomas passa la main le long de mon sexe sur ma culotte de satin, ce qui me fit sursauter. Puis il arracha brusquement mon bas alors que Ryan me libéra de mon soutien-gorge. Mes tétons se durcirent au contact de l’air froid de la ventilation mais aussi à cause à la vue des sexes durs de Thomas et Ryan.

 

Ryan se débarrassa de son pantalon et de son caleçon, m’imposant son pénis gorgé de désir.  

 

« Ne sois pas douce Julia, m’indiqua Ryan. J’aime quand on me suce avec force »

 

Je sentais le regard de Thomas sur moi alors que je prenais le sexe de Ryan dans ma bouche, l’enfonçant jusqu’au fond de sa gorge. Alors que Ryan entamait des aller-retours dans ma bouche en grognant, Thomas enfonça soudainement deux doigts dans ma chatte trempée.

 

Je gémis de plaisir, alors que les sensations me submergeaient. Thomas avait des doigts de magicien et mon sexe se resserrait autour lui alors que le plaisir ne faisait que grandir.

 

« Ta chatte est si mouillée et serrée, j’ai envie de te baiser Julia… mais je vais devoir la partager avec Ryan… mais c’est ce que tu veux non ? Depuis le début, je sais que tu nous veux tous les deux… tu n’as jamais voulu choisir… tu es si coquine. Cela me donne envie de te baiser encore plus fort… »

 

Je geins à l’entente de ces mots. J’étais si impatiente de les sentir en moi.

 

Je resserrai mes lèvres autour de la bite de Ryan, qui gémis en retour à la sensation de mes lèvres. Les aller-retours du sexe de Ryan dans ma bouche et des doigts de Thomas dans ma chatte accélérèrent et s’accordèrent. Mon sexe était de plus en plus sensible et j’en voulais encore plus, mais les deux hommes faisaient pour me garder au bord de l’orgasme.

 

Mes seins se balançaient avec leurs mouvements. Ryan les saisit et me pinça les tétons.

 

« Tu aimes ça, ma petite salope ? », me demanda Ryan alors qu’il me pinçait les tétons plus durement et que Thomas titillait mon clitoris avec génie.

 

C’était une question rhétorique bien sûr, car j’étais incapable de répondre avec le sexe de Ryan dans la bouche. Ce pénis que je dégustais avec plaisir. Son sexe ne cessait de grossir avec ces aller-retours dans ma bouche. Je rêvais d’avaler sa substance, de le sentir exploser dans ma bouche.

 

« Je pense qu’il est temps de te sentir autour de moi… de mettre mon sexe dur dans cette petite si serrée, murmura Thomas.

 

Oh moi aussi… j’ai toujours rêvé de pénétrer ce petit cul depuis que je l’ai vu le premier jour », dit Ryan

 

Je vis les deux hommes se sourirent. Ryan retira son sexe de ma bouche et Thomas ses doigts de ma chatte. Ryan m’aida à me relever et me stabilisa lorsque je perdis l’équilibre sur mes talons. Thomas se posta face à moi et se déshabilla lentement.

 

« J’espère que tu es prête pour nous », susurra Ryan à mon oreille.

 

Il passa la main contre mon sexe et glissa un doigt entre mes lèvres.

 

« Tu es si mouillée…, murmura-t-il. Je vais pouvoir te prendre si fort… »

 

Ryan appuya son sexe contre mes fesses. Puis, il passa son doigt humide entre mes fesses, et l’inséra dans mon anus. Je hoquetai de surprise.

 

Même dans mes rêves les plus fous, je ne me serais jamais imaginée participant dans un plan à trois, surtout pas avec les deux hommes les plus sexy que j’ai jamais vus.

 

Thomas s’approcha de moi, frottant son sexe dur contre ma chatte.

 

« Tu es si coquine Julia… encore mieux que dans mes fantasmes… », me dit-il. Je gémis en réponse.

 

Thomas saisit une de mes jambes et la mit autour de ses hanches, m’offrant à la fois à lui et Ryan.

 

« Tu ne sais pas ce qui t’attends… », murmura Thomas.

 

Puis il me pénétra soudainement, allant au plus profond de ma chatte. Je grognai de plaisir alors que l’orgasme s’approchait. Je me laissai aller contre Ryan alors que Thomas accélérait ses coups de reins. Mais il se retira de moi.

 

« Il faut que je te prépare, ma Julia… », me dit Ryan.

 

Il frotta deux doigts contre mon sexe et les inséra en moi un instant. Puis il glissa à nouveau ses doigts dans mon anus, l’humidifiant afin que je sois prête pour lui. J’étais impatiente de les sentir tous les deux en moi en même temps.

 

« Nous allons te prendre Julia… en même temps, et tu vas jouir comme jamais »

 

Thomas ponctua ses mots en me pénétrant de nouveau. Puis il m’attira vers lui, m’offrant totalement à Ryan. Ce dernier posa les mains sur mes hanches, fit glisser son sexe contre mon anus puis s’enfonça en moi doucement.

 

Puis Thomas me stabilisa entre eux deux. Ils sortirent tous deux de moi, puis me pénétrèrent en même temps. Je gémis fortement, alors que leurs deux sexes me remplissaient totalement.

 

Thomas et Ryan accordèrent leur rythme, et ils me pénétraient de plus en plus fort, de plus en plus violemment. Tous les sens de mon corps étaient sollicités, et ma chatte ne cessait de se contracter de plaisir.

 

« Oh oui, c’est si bon !, m’exclamai-je alors que je sentais l’orgasme monter en moi.

 

Tu aimes ça, n’est-ce pas ?, me dit Thomas. Tu aimes te faire prendre comme une petite salope…

 

Tu sens ma bite dans ton petit cul, Julia ? dit Ryan. C’est si bon… j’ai envie de jouir en toi… j’ai envie de te prendre encore plus fort… »

Tous ces mots ne faisaient que m’exciter encore plus.

 

« Je veux jouir…, geignis-je.

 

Oh on va te faire jouir… », dit Thomas.

 

Ils accélérèrent alors tous deux le rythme, ce qui me fit crier de plaisir. Je pouvais presque sentir leurs sexes se cogner l’un contre l’autre contra la paroi de mon sexe.

 

« Elle est si serrée… je vais jouir… », gémis Ryan.

 

Le rythme accéléra encore. Ryan s’agrippa à mes hanches et Thomas leva ma jambe, m’ouvrant encore plus. Cela rendit la pénétration encore plus profonde.

 

Je criai de plaisir alors que l’orgasme montait, plus j’explosai de jouissance, m’accrochant à Thomas et Ryan pour ne pas perdre mon équilibre alors que je convulsai entre eux deux

 

Ils donnèrent leurs derniers coups de rein puis jouirent tous deux, criant mon nom violemment alors que leurs jets de sperme me remplissaient.

 

Je n’avais jamais expérimenté un tel orgasme. Même lorsque celui-ci fut passé, j’avais l’impression d’être un fil électrique sous tension. N’importe quel touché de la part de Thomas ou Ryan pouvait me rallumer.

 

Je ressentis comme un vide lorsqu’ils sortirent leurs sexes de moi. Ryan me prit dans ses bras, appuyé contre la table de réunion, et je me laissai aller contre lui. Un silence s’installa dans la pièce, seulement perturbé par les froissements de vêtements que ramassait Thomas.

 

Je me redressai et me vêtis des habits que me tendit Thomas. Mais je restai interloquée face à ma petite culotte déchirée.

 

« Je me rattraperai ma Julia… »

 

Thomas m’adressa un clin d’œil. Je ris doucement et rougis.

 

« Je devrais redescendre pour accueillir vos clients de la réunion de 14h… »

 

Je leur adressai un dernier regard, alors qu’ils ne me quittaient pas des yeux, puis repartis travailler.

 

Mais au fond de moi, je rêvais seulement de retourner dans cette salle de réunion.

 

 

 

 

 

 

 

 

Histoire n°2 : Le prisonnier en manque 

 

Je respire l’air de dehors à pleins poumons, je sens chaque molécule d’oxygène entrer dans mes alvéoles pulmonaires pour ensuite cheminer vers mon sang afin d’oxygéner toutes les cellules de mon corps.

 

Le premier mot qui me vient à l’esprit c’est bonheur. Bonheur d’être là parmi les arbres, la nature, le soleil qui réchauffe la peau de mon visage de ses doux rayons.

 

Qu’est-ce que j’ai pu en rêver de cette inspiration de liberté durant ces quatre dernières années.

 

Et rien de tel que d’entendre les oiseaux piailler dehors entre eux, annonçant la venue du printemps, le temps du renouveau, de la vie qui redémarre, où tout paraît possible après l’ardeur du froid de l’hiver, du mordant glacial qui a trop longtemps figé la nature.

 

Je regardais tout autours de moi, trouvant beau les moindres détails qui entouraient les murs de la prison de ma ville, entre lesquels j’étais resté enfermé trop longtemps à mon goût pour un simple braquage sans arme.

 

Ça avait été un concours de circonstances en ma défaveur. J’avais attendu un ami dans ma voiture, les vitres ouvertes, il m’avait dit qu’il n’en avait pas pour longtemps. Je pensais qu’il allait juste retirer de l’argent au guichet ou que sais-je d’autre, mais en réalité il n’en était rien. Il était ressorti en trombe, je refusais d’admettre ce qui venait de se produire alors que ça sautait aux yeux.

 

Il m’avait hurlé : «Vite ! Ouvre cette putain de portière ! », tout en tenant fermement contre lui un sac de toile d’où s’étaient échappés quelques billets d’un montant important. Des billets violets qui virevoltaient comme des feuilles qui tombent en automne. J’avais bêtement obéis et je l’avais fait rentrer dans la voiture, puis j’avais redémarré en trombe. À ce moment-là je ne pensais à rien d’autre que de fuir, fuir le plus loin possible.

 

Mes mains posées sur le volant et mes pieds sur les pédales n’obéissaient qu’à l’adrénaline qui déferlait dans mes veines ayant court-circuité ma raison. Une sorte d’instinct de survie avait pris le dessus sur toute forme de réflexion. Le juge n’y avait pas cru un mot et avait retenu la complicité.

 

 

J’avais été agréablement surpris que personne ne nous ai poursuivis sur la route, aucun employé de la banque, ni même la police. Je pensais que l’on passerait entre les mailles du filet, que l’on ne serait jamais poursuivis.

 

Grave erreur, c’était sans compter sur les nouvelles technologies que je ne connaissais pas suffisamment pour pouvoir les prendre en compte.

 

Il nous avait suffit d’utiliser un seul de ces billets volés pour que la police remonte jusqu’au commerçant chez qui on l’avait dépensé et qu’elle regarde les bandes des caméras de vidéosurveillance pour nous identifier comme les deux braqueurs recherchés.

 

Le procès avait eu lieu assez rapidement et j’avais été inculpé pour complicité de braquage sans arme à feu, et j’en avais pris pour quatre ans de prison ferme.

 

Ça avait été les quatre plus longues années de ma vie, mais je préférais à l’heure actuelle refouler loin dans mon esprit les pensées désagréables qui rejaillissaient dans ma tête. Je me forçais à regarder le beau ciel bleu pour me focaliser sur le moment présent, sur ce moment où je retrouvais enfin ma liberté.

 

 

Je savais où je devais aller désormais, j’avais eu le temps de me préparer mille fois à ma sortie de prison, à écrire et réécrire le scénario dans ma tête, à en imaginer les moindres détails, je pense que c’est ce qui m’avait permis de tenir quand j’avais l’impression que j’allais devenir fou.

 

Pas un épisode de détresse passagère, non, une vrai mélancolie, une angoisse profonde, celle qui vous prend aux tripes, qui vous emprisonne dans ses recoins les plus sombres, celle qui fait douter, celle qui donne l’impression que l’on ne pourra jamais s’en sortir.

 

 

Alors j’avais espéré, espérer de pouvoir reprendre un jour une vie normale, surtout que j’avais un sentiment de totale incompréhension, tant de la part de la justice que de la part de mes proches.

 

Et je pense que c’est ça au final qui est le plus dur, quand personne ne vous croit, que tout le monde pense que vous êtes coupable alors qu’au fond de vous vous savez qu’il n’en est rien.

 

Je n’avais pas non plus eu l’impression de payer à la place de mon ancien ami puisque lui aussi avait été arrêté et mis en prison, mais je n’avais pu m’empêcher pendant quatre ans de ressentir ce sentiment d’injustice.  

 

Mes pensées se stoppèrent lorsque mon cerveau reconnu l’odeur de la cigarette.

 

« Excusez-moi, mais est-ce que vous pouvez m’en donner une ? », demandais-je d’une voix polie à une femme qui fumait en étant adossée contre un mur.

 

Elle me toisa de haut en bas comme si elle évaluait le risque qu’elle encourait si elle me disait non, puis sans un mot elle fouilla dans son sac et me sortit une cigarette.

 

« Merci », articulais-je, « Et est-ce que vous aurez aussi du feu ? », rajoutais-je.

 

« Toi t’es relou jusqu’au bout », bougonna-t-elle en allumant elle-même la cigarette qu’elle venait de me donner, comme si elle avait peur que j’embarque son briquet.

 

Je me demandais si ça se voyait tant que ça que je venais de faire de la prison. Je ne pensais pourtant pas avoir le look de taulard. Certes j’étais un peu le cliché du grand gars musclé et tatoué, brun aux yeux bleus.

 

Mais elle ne pouvait pas savoir qu’avant d’être coincé en taule j’avais fait cinq ans de MMA, vous savez la sorte de boxe en cage où tout les coups sont permis.

 

Je tirais sur ma clope en savourant chaque bouffée comme si c’était mon caviar, ma jouissance psychologique après tant de restriction des petits plaisirs de la vie. Je laissais derrière moi cette inconnue en continuant ma route.

 

Mes pieds semblaient retrouver tout seuls le chemin qui mène à chez mon frère Ludo. On se ressemblait pas mal, sauf que lui au lieu d’être en jean et en T-shirt, il était en costume, moins musclé et plus rangé que moi.

 

Il avait tracé sa vie, s’était marié à 23 ans, avait eu deux garçons, et avait rapidement trouvé sa voie dans le secteur bancaire. Je m’étais toujours demandé à partir de quand nos vies s’étaient à ce point différenciées, alors qu’avant elles semblaient si similaires.

 

 

Je sonna à la porte de cette jolie maison de banlieue, sûr de moi, sûr que l’on me ferait un bon accueil. Après tout je me disais qu’entre frères on avait le devoir de toujours s’ouvrir la porte, même quand l’un des deux venait de sortir de prison.

 

C’est Karen, la femme de Ludo, qui m’ouvrit, elle était encore plus belle que dans mes souvenirs. La peau un peu hâlée, grande, fine mais avec de belles formes. Les cheveux châtains qui descendaient jusqu’au milieu de son dos et qui bouclaient vers la mi longueur.

 

Et puis cette douceur qui émanait d’elle, on avait envie de ne pas la quitter lorsque l’on était en sa présence, comme si notre inconscient voulait bénéficier le plus longtemps possible de son aura angélique.

 

« Oh Luka ?! Ça fait tellement longtemps ! », dit-elle stupéfaite en me voyant. Elle avait porté une main à sa bouche et ses grands yeux écarquillés renforçaient encore plus son charme.

 

Alors sans réfléchir un instant de plus je la serrai dans mes bras. Je respirais son parfum à pleins poumons, c’était comme saisir une poignée qui me permettait de me raccrocher à la vie dans ce moment où je retrouvais enfin ma seule famille.

 

Puisque mes parents s’étaient noyés dans leur voiture qui avait percuté un poids lourd sur un pont, et qui avait terminée au fond d’une rivière. Les secours étaient arrivés trop tardivement pour pouvoir les sauver.

 

C’était il y a 10 ans, je venais d’avoir 17 ans, et je crois que c’est là que j’ai commencé à vraiment me différencier de mon frère. Je ne savais pas qu’être orphelin en étant presque adulte me ferait autant de mal, ni autant souffrir.

 

Le sport avait été mon défouloir et mon corps avait commencé à se transformer, mes fréquentations avaient également changées. Avec le recul je savais que j’étais tombé sur les mauvaises personnes qui m’avaient tirées vers le fond, mais maintenant j’étais prêt à retrouver le droit chemin.

 

Ce moment de tendresse fut vite interrompu par les deux enfants de Karen qui déboulèrent dans le couloir où nous nous trouvions : Sacha et Andrew, ils avaient bien changés depuis la dernière fois que je les avais vu.

 

« Oncle Luka ! », s’écrièrent-ils en cœur en me voyant, et ils se précipitèrent entre mes jambes pour les enlacer. Je leur ébouriffais les cheveux en signe d’affection, ils secouèrent la tête pour que j’arrête.

 

« Ça leur fait quel âge maintenant ? », demandais-je à Karen.

 

«Sacha a eu 5 ans le mois dernier et Andrew 3 ans en février », me précisa-t-elle. « Viens, ne reste pas dans couloir ».

 

 

Elle emboîta le pas en bonne maîtresse de maison, je la suivis, puis elle me dit de m’assoir dans le canapé et de faire comme chez moi. Elle me laissa quelques instants pour aller chercher deux verres de vin blanc dans la cuisine.

 

Elle revint et s’assit sur un fauteuil en face de moi, elle déposa mon verre sur la table basse juste devant mes mains. Le vin était frais, fleuri et sec, j’appréciais chaque gorgé, ce vin me paraissait être la meilleure des choses après quatre ans d’eau du robinet.

 

Je regardais ses longues jambes fuselées protégées d’une paire de collants noir clairs, presque transparents. Elle les avait croisées élégamment, presque pudiquement face à un homme qui n’était pas le sien.

 

Je me forçais à détacher mon regard de ses jambes car mon esprit commençait à partir à la dérive dans un flot de pensées pas très catholiques que je m’en voulais d’avoir envers la femme de mon frère.

 

Je me concentrais sur la conversation afin de me reprendre, mais je ne savais pas que c’était déjà trop tard, que j’avais permis à mon inconscient de me dire que c’était possible avec Karen. Je faisais comme si de rien n’était, mais en réalité c’était me mentir.

 

 

Je ne vis pas le temps passer tellement on s’entendait bien. Notre longue conversation fut interrompue par un appel de Ludo, ce dernier prévenait qu’il avait une réunion du groupe Réseau entreprendre pour voter un projet de financement qui soutenait des entrepreneurs si leurs projets avaient été validés en amont sur le plan prévisionnel.  

 

Il précisa qu’il ne serait pas rentré avant minuit, voir plus, et il conseilla à sa femme de ne pas l’attendre pour aller se coucher et d’embrasser les enfants de sa part. Karen avait laissé la conversation en haut parleur afin que les enfants puissent entendre leur père, mais j’avais un doute si ce n’était pas pour que moi aussi j’entende ce qui se disait.

 

Je fis comme si de rien n’était et je partis me doucher, après tout elle m’avait dit de faire comme chez moi.

 

Je sortis de la douche dans une pièce saturée de vapeur en me rendant compte que je n’avais pas prévu de tenue de rechange car le seul bagage que j’avais ramené de la prison était rempli de linge sale. Tant pis, j’entourais ma taille d’une serviette de douche.

 

Le blanc de celle-ci faisait ressortir mon bronzage ainsi que les tatouages que j’avais sur les bras et sur le devant du cou : un lion rugissant la gueule grande ouverte.

 

C’était mon préféré, pour moi il avait une symbolique importante : que même si l’on essayait de me faire taire, le lion en moi rugirait toujours.

 

Je frottais  la buée sur le miroir avec mon avant bras et je pus distinguer Karen qui était dans l’encadrement de la porte, nos regard se croisèrent via le miroir, aucun de nous ne chercha à fuir le regard de l’autre.

 

Elle me dit de me servir dans le dressing de son mari et que je pouvais occuper la chambre d’ami.

 

Je savais où elle se trouvait, j’y avais déjà dormi. Elle m’indiqua qu’elle allait mettre les enfants au lit et qu’elle ne tarderait pas à se coucher mais que je pouvais regarder des séries ou des films sur la télé en bas si je le voulais.

 

Je lui souhaitais donc une bonne nuit en lui disant de ne pas s’en faire pour moi, je ponctuai ma phrase sur un clin d’œil qui l’a fit rire.

 

Elle leva les yeux au ciel en réponse afin de me taquiner, et elle quitta la pièce, elle me manqua aussitôt, car autant c’était une femme charmante, qu’elle était adorable avec tout le monde. Je me dis que mon frère avait vraiment de la chance d’avoir une épouse comme elle.

 

Je regardais quelques épisodes de Lost, puis je partis également me coucher, je n’entendis même pas mon frère rentrer et le lendemain lorsque je me levais, il était déjà parti au travail.

 

Je me demandais si c’était juste un concours de circonstances ou s’il était vraiment une présence fantôme au sein de son foyer. Je plaignais sa femme et ses enfants. Heureusement que Karen n’avait pas repris son travail de prothésiste ongulaire après la naissance d’Andrew.

 

Je bus deux verres d’eau et j’enfilais un jogging et un t-shirt pour aller faire un footing matinal, à mon retours j’enchainais avec quelques séries de pompes dans le salon. J’avais rapidement ôté mon t-shirt car je transpirais et il me gênait dans mes mouvements.

 

Karen rentra au moment le plus dur de ma séance : la fin là où on a envie de lâcher mais que l’on puise dans notre mental pour finir la série et se sentir fier.

 

Elle venait de conduire les enfants à l’école, elle serait sûrement libre pour la matinée. Lorsque je lui demandais ce qu’elle avait prévu, elle me répondit qu’elle allait faire un peu de jardinage puis le repas pour les enfants qui revenaient manger le midi. Je lui proposais mon aide et elle accepta volontiers.

 

Je dus donc tondre toute la pelouse de leur vaste jardin, cela me prit deux heures au bas mot, sachant que j’avais déjà pas mal donné niveau énergie lors de la séance de sport matinale, autant dire que j’étais déjà bien fatigué alors que la journée était à peine entamée.

 

Mais bon, j’étais hébergé gratuitement, il fallait bien que je donne mon aide et que je participe aux tâches de la maison, c’était la moindre des choses.  

 

Vers 11h elle m’apporta un verre de smothie, fraise banane, juste excellent. Je partis me doucher pendant qu’elle retournait à l’école chercher ses enfants. Son repas de purée de carotte avec du blanc de poulet revenu aux champions de Paris fit l’unamité.

 

Je lui reconnus de vrais talents de cuisinière, elle avait le don de rendre des choses simples excellentes. L’après-midi fut plus calme, on regarda ensemble « The lord of war » sur Netflix, le film nous toucha et après la fin on resta un moment sur le canapé pour en discuter. À un moment elle partit nous chercher deux verres de cocktail assez basique : vodka, passoa, jus d’orange et sirop de grenadine. « Sex on the beatch » m’indiqua-t-elle à son retours lorsque je l’interrogeai sur l’identité de ce breuvage.

 

J’éclatais de rire en lui disant que ce n’était pas très viril de donner ça à boire à un homme. Elle sourit, et me dit que c’était vrai, que c’était sûr que je ne manquais pas de virilité. J’arquais un sourcil en signe d’interrogation afin qu’elle m’en dise d’avantage. Alors elle se lança dans ses explications.

 

« C’est un ensemble, un peu de tout : tes muscles, tes tatouages, ta force, ta voix... », dit-elle tout à fait sérieusement. Puis elle s’arrêta net, comme si elle venait de prendre conscience du sens des mots qu’elle venait de prononcer tout haut.

 

« Tu sais Luka, je voulais te dire que je suis vraiment contente que tu sois là, ta présence me fait vraiment du bien, ça me change de mon quotidien que je trouve trop monotone même si d’habitude je garde ce genre de réflexion pour moi, car je sais que je suis chanceuse d’avoir un mari aimant comme Ludo et de beaux enfants en bonne santé.

 

Si tu savais à quel point  m’en veux de dire que je m’ennuie à la maison pendant que mon mari se tue au travail et que c’est pour cela que je le vois à peine  », m’avoua-t-elle.

 

Alors que je ne m’y attendais pas elle se mit à pleurer. « Ah les femmes, elles sont si sensibles », me dis-je. Non pas pour me moquer, mais juste que c’est quelque chose auquel on est jamais prêt en tant qu’homme. Heureusement que là ce n’était que des petites larmes, car je n’aurais pas su quoi dire face à de gros sanglots.

 

Sans prévenir elle se jeta dans mes bras et me serra contre elle, elle enfouissait son visage dans mon cou puis elle se mit à arrêter de pleurer au bout de quelques minutes. Je le savais car mes bras qui enserraient sa cage thoracique sentaient sa respiration reprendre un rythme normal.

 

Son corps paraissait si fragile face au mien qui paraissait de ce fait encore plus imposant. Sa détresse me toucha, je percevais le côté humain sous sa carapace de femme forte. J’eus envie de lui redonner le sourire, de la rendre heureuse. Alors tout doucement je me détachais d’elle, et lorsqu’elle fut de nouveau en face de moi je pris son visage entre mes mains et je plantai mes yeux dans ses yeux rougis par le sel de ses larmes.

 

« Ça va aller, ça va aller », lui murmurais-je pour l’apaiser en lui caressant le dos, comme on dirait à un enfant blessé que la douleur c’est dans la tête et que la blessure va vite guérir. Une plaie finit toujours par se refermer même quand elle semble profonde.

 

Je frottai le reste de ses larmes avec mes pouces pour éviter qu’elles ne sèchent sur ses joues, je voulais effacer aussi ses traces de chagrin. Je fermais ses paupières toujours avec mes pouces et je déposais un tendre baiser sur ses yeux clos.

 

Comme on bénirait une icône. Elle se laissait faire, je la sentais qui s’abandonnait à moi, à ma douceur, loin de la brute que j’étais en apparence. Je voulais prendre soin d’elle. Je remarquais alors sa robe violette à manches longues, fluide, qui tombait avec grâce sur son corps de déesse. Je ne pus m’empêcher de la retrousser légèrement et je constatais avec une agréable surprise qu’elle portait des bas noirs.