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Je suis le metteur en scène des derniers moments de tous : je trouve les histoires, les embûches, je filme, j'enregistre, je regarde, j'en jouis, j'en respire.
«...Mon esprit est loin du vôtre, si loin. Je suis détaché de tout, depuis longtemps. Une seule chose comble mon existence : la souffrance des autres, leurs combats pour survivre. Je suis le metteur en scène des derniers moments de tous ici ; je trouve les histoires, les embûches, je filme, j’enregistre, je regarde, j’en jouis, j’en respire. C’est ma plus belle œuvre. La quête de la vie coûte que coûte ; ça, c’est grandiose ! Décider de la vie et de la mort de tout un chacun. Je suis le doigt qui dit oui ou non. C’est mon plaisir et ma destinée, j’en ai le pouvoir et donc, j’en ai le droit…»
Plongez l'univers gore de ce thriller haletant et frissonnez en découvrant le parcours d'un psychopathe.
EXTRAIT
Où suis-je ?
C’est la première question que j’aurais dû me poser. La deuxième étant : qui suis-je ?
Je m’aperçois avec stupeur que je ne sais même pas qui je suis, aucune trace de mon nom, de mon visage, du moindre souvenir.
Je me réveille dans le noir sans savoir qui je suis et où je suis.
Je panique comme un enfant, d’un coup. Je sens venir un cri primal du plus profond de mon corps, comme une délivrance, un sursaut de vie, un appel désordonné et vital, une supplique, un appel de pitié ! Ce n’est pas un cri, c’est un hurlement que je vomis dans le noir, à m’en faire jaillir les tripes, tendant mon corps à l’extrême contre un mur froid, tremblant de peur et de rage.
À PROPOS DE L'AUTEUR
Monégasque, Patrice Woolley naît en plein hiver sous le soleil méditerranéen. Curieux de nature, il s'essaie à l'Art aux arts déco de Nice. Puis il devient décorateur-scénographe, puis régisseur théâtre (lumière, décor, plateau) pour Galabru, Lagerfeld, Gilibert et bien d’autres...Il monte sur les planches et sera comédien au Théâtre du Fou de Nice durant 10 ans. Il a été ensuite décorateur à l'Opéra de Monte Carlo… Un artiste complet, il est tour à tour auteur-compositeur-interprète (pop-rock), peintre, romancier et auteur de bandes-dessinées…
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Seitenzahl: 141
Veröffentlichungsjahr: 2017
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Table des matières
Abominamentum
Du même auteur aux éditions Ex Aequo
Patrice Woolley
Thriller
Dépôt légal avril 2013
ISBN : 978-2-35962-442-7
Collection Rouge
ISSN : 2108-6273
©Couverture Woolley
© 2013 — Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction intégrale ou partielle, réservés pour tous pays.
Toute modification interdite
Éditions Ex Aequo
en collection Hors Cadre
ANNA – beau livre illustré - oct 2011
en collection Bullissimes
Crocs – BD – nov 2011
en collection Bulles & Co
Jaffar – BD – déc 2011
En collection Rouge
Crocs, le thriller
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Et chez d’autres éditeurs
-Ténèbres –Erko éditions— 2003 –
préface de Jan Kounen-
-Necronomicon –Kyméra comics éditions -2007-
La dame des brumes – éditions Imperiali-Tartaro - 2013
www.patrice.woolley.perso.sfr.fr/
Woolley est sur Facebook.
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L’enfance des tueurs – François Braud – 2010
Crimes à temps perdu – Christine Antheaume — 2010
Résurrection – Cyrille Richard — 2010
Le mouroir aux alouettes – Virginie Lauby – 2011
Le jeu des assassins – David Max Benoliel – 2011
La verticale du fou – Fabio M. Mitchelli — 2011
Le carré des anges – Alexis Blas – 2011
Tueurs au sommet – Fabio M. Mitchelli — 2011
Le pire endroit du monde – Aymeric Laloux – 2011
Le théorème de Roarchack – Johann Etienne – 2011
Enquête sur un crapaud de lune – M. Debruxelles et D. Soubieux 2011
À la verticale des enfers – Fabio M. Mitchelli – 2011
Crime au long Cours – Katy O’Connor – 2011
Remous en eaux troubles –Muriel Mérat/Alain Dedieu—2011
Thérapie en sourdine – Jean-François Thiery — 2011
Le rituel des minotaures – Arnaud Papin – 2011
PK9 -Psycho tueur au Père-Lachaise – Alain Audin- 2012
…et la lune saignait – Jean-Claude Grivel – 2012
La sève du mal – Jean-Marc Dubois - 2012
L’affaire Cirrus – Jean-François Thiery – 2012
La mort en héritage – David Max Benoliel – 2012
Accents Graves – Mary Play-Parlange – 2012
7 morts sans ordonnance – Thierry Dufrenne – 2012
Stabat Mater – Frédéric Coudron –2012
Outrages – René Cyr –2012
Montevideo Hotel – Muriel Mourgue –2012
Séquences meurtres – Muriel Houri –2012
La mort à pleines dents - Mary Play-Parlange – 2012
Engrenages – René Cyr - 2012
Hyckz – Muriel combarnous - 2012
La verticale du mal – Fabio M. Mitchelli – 2012
Prophétie – Johann Etienne – 2012
Crocs – Patrice Woolley – 2012
RIP – Frédéric Coudron – 2012
Ténèbres – Damien Coudier – 2012
Anamorphose – Charlène Mauwls -2012
L’affaire du Croisé-Laroche – Frédéric Coudron – 2012
616 – Frédéric Coudron – 2013
Mauvais sang – David Max Benoliel – 2013
Le cercle du Chaos – Fabio M Mitchelli – 2013
Transferts – Fabio M Mitchelli – 2013
La malédiction du soleil – Mary Play-Parlange – 2013
Leonis Tenebrae – Jean-François Thiery – 2013
La théorie des ombres – Aden V Alastair – 2013
Green Gardenia – Muriel Mourgue – 2013
Les opales du crime – Mary Play Parlange – 2013
Triades sur Seine – Yves Daniel Crouzet - 2013
ABOMINAMENTUM
« Chose abominable »
WOOLLEY
« Il n’est rien qui soit pour un homme
plus infinie torture que ses propres pensées »
— John Webster —
Mal… mal à la tête…
Je me réveille péniblement, très lentement.
Sensation bizarre, étrange, d’avoir dormi longtemps.
Mes tempes cognent à tout rompre, mes yeux me brûlent, comme si j’avais de la fièvre. Ils sont ouverts et il fait noir. Je ne vois rien, je n’entends aucun bruit. Je suis dans l’obscurité la plus totale avec un mal de crâne quasi insoutenable.
Mes mains cherchent à mes côtés, fouillent l’espace de leurs doigts. En dessous, sous mon corps, c’est mou, semblable à un matelas. Je me redresse tant bien que mal, dans ce pénible silence, pesant, effrayant.
Mes pieds touchent terre, je suis assis sur ce qui ressemble à un lit. J’ai beau chercher une trace de lumière, de clarté, je ne me heurte qu’à une enveloppe de noirceur totale, presque épaisse et tangible.
Où suis-je ?
C’est la première question que j’aurais dû me poser. La deuxième étant : qui suis-je ?
Je m’aperçois avec stupeur que je ne sais même pas qui je suis, aucune trace de mon nom, de mon visage, du moindre souvenir.
Je me réveille dans le noir sans savoir qui je suis et où je suis.
Je panique comme un enfant, d’un coup. Je sens venir un cri primal du plus profond de mon corps, comme une délivrance, un sursaut de vie, un appel désordonné et vital, une supplique, un appel de pitié ! Ce n’est pas un cri, c’est un hurlement que je vomis dans le noir, à m’en faire jaillir les tripes, tendant mon corps à l’extrême contre un mur froid, tremblant de peur et de rage.
— Heeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeee…
Mon cri résonne, tape autour de moi, se répercute, et se finit presque en écho. Puis plus rien, le silence à nouveau.
Tête baissée, vidé, presque sans force, je cherche des souvenirs, des images, des sons, des bribes de phrases qui me reviendraient. Rien. J’essaie de me rattraper à quelque chose de vivant dans mon esprit, mais non ; là aussi, le noir.
Troublé, je mets un moment à réaliser que je vois enfin mes pieds, là, sur un sol grisâtre. Il y a une faible lumière. Quelqu’un a dû m’entendre, allumer.
Je n’ose relever la tête.
Je m’entends respirer, fort, vite. Je suis presque haletant. Il me faut me maîtriser, me ressaisir. Et essayer de regarder.
Je redresse très lentement mon corps, regardant droit devant moi. La pièce est carrée, petite, mais très haute de plafond, de couleur blanche, mais passée, avec çà et là, des briques apparentes sous la peinture. En face, imposante et massive, une porte qui semble blindée. C’est vétuste, sale. Et je suis seul.
Seul.
J’observe, assis sur ce lit au matelas douteux, d’une propreté incertaine. En levant les yeux, je vois au plafond, une vieille ampoule jaunie par les ans. Elle ne doit pas dépasser les 40 watts et éclaire tout juste la pièce d’une lumière blafarde, presque doucereuse.
La lumière m’apaise un peu ; comme un gosse.
Mettez un homme dans le noir, sans repères, et il se retrouve au tout début du monde, effrayé de tout, seul dans sa grotte. Mais quel homme suis-je ? Qui suis-je ? Quel est mon nom ?
Plus je cherche, et plus je semble me perdre. Se perdre dans une pièce qui ne doit pas excéder la taille d’un cachot, c’est improbable, mais c’est pourtant mon impression.
Je n’ose toujours pas bouger.
Le regard fixé sur la porte, je ne sais plus si j’espère que quelqu’un l’ouvre ou au contraire qu’elle reste fermée. Je suis prostré, immobile, mes mains crispées sur le matelas, mes pieds comme vissés au sol.
Et j’ai froid. Mais je sais que c’est un froid de terreur, pas la température ambiante, non ; juste comme si tout mon être se refroidissait de peur, d’angoisse.
Je suis paralysé. C’est comme si mon corps ne réagissait plus, comme si mon cerveau m’interdisait tout mouvement. Je regarde encore et encore les murs, un à un, de haut en bas, lentement, jusqu’au plafond. Et toujours ces deux questions qui me martèlent la tête : qui suis-je et où suis-je ?
Je me dis que si je savais qui j’étais, je saurais peut-être où je me trouve ; cela me semble logique.
Mes maux de crâne sont partis, je ne m’en étais même pas aperçu. Je ne sais si cela a une relation de cause à effet, mais du coup, mon odorat fonctionne ; l’odeur du lieu monte à mes narines ; une odeur de moisi. J’entends mieux aussi, le silence pesant, présent. J’ai beau tendre l’oreille, aucun son, bruit ou craquement. Rien.
Je serais même content d’entendre une mouche, ou de voir un cafard, une araignée. Mais je suis seul, désespérément seul.
Envie de crier à nouveau, d’appeler à l’aide derrière la porte.
D’ailleurs, cette porte, je dois aller la voir, la toucher. Il le faut.
Je me lève un peu hésitant, comme si j’avais des courbatures, comme si j’avais dormi longtemps. Oui, au fait, depuis combien de temps suis-je là ?
Une question après l’autre.
J’ai dû faire quatre pas à tout casser pour me retrouver devant la porte. Je la touche, elle est froide, dure comme l’acier, avec des rivets, et sans poignée. Plus austère, on ne fait pas. Visiblement, cette porte ne s’ouvre que de l’extérieur, et c’est une idée que je n’aime pas. Je sens l’inquiétude du réveil rôder à nouveau en moi, mais il faut l’oublier, la repousser ; ne pas se laisser envahir par la peur, jamais.
Je vais positiver ; je suis au sec, à l’abri, et en vie.
Je fais le tour de la pièce, frôlant, touchant, caressant les murs de mes mains ; cherchant la moindre fissure, aspérité, le moindre trou, indice ou je ne sais quoi. Je note qu’il n’y a aucun interrupteur pour la lampe.
Puis je me rassois.
Bras ballants entre mes genoux, le regard dans le vague, je scrute le sol de béton presque lisse. J’essaie de réfléchir, mais mon esprit semble à l’arrêt, comme court-circuité. Plus je cherche des réponses à mes questions, et plus il me semble que les réponses s’éloignent.
Pour la première fois, je regarde comment je suis habillé. Un simple sweet-shirt bleu, un jeans, des baskets ; une tenue simple, passe-partout, commune. Je fouille mes poches, rien.
Je ne connais même pas mon visage. Au toucher, je sens une barbe naissante ; je suis ici depuis quelques jours ou je suis comme ça tout le temps ?
Même mes questions les plus simples, basiques, restent sans réponse.
Le silence, toujours cette absence de sons, de bruits.
Le silence appelle le silence. J’évite de faire du bruit, ma respiration est ténue, légère, mes gestes sont discrets, comme si je voulais qu’on ne m’entende pas. Et pourtant…
Mes yeux s’accrochent au moindre centimètre de surface sur les murs, j’en fais le tour, encore et encore, cherchant quelque chose, n’importe quoi qui calme ma curiosité, mon angoisse. Mais je ne trouve rien ; les murs sont vieux, abîmés, mais pleins, sans trou ni orifice quelconque. Je me sens perdu, vidé, hors de tout. Et je me sens fatigué, comme si j’avais un cruel manque de sommeil.
Je n’ai pas envie de me rendormir, mais je sens mon corps qui faiblit, une lassitude physique entière me gagne.
Je me rallonge, dos vers la porte, visage contre le mur. L’odeur de moisi du matelas sur lequel s’écrase mon visage me rassure presque, c’est une odeur réelle, connue, humaine.
C’est peut-être un cauchemar, un mauvais rêve.
Je vais m’endormir, puis me réveiller ailleurs, tranquille.
Oui, c’est ça ; c’est sûrement ça.
***
Un claquement de porte, presque sourd.
Je viens de l’entendre, derrière moi. Quelqu’un est entré, sorti ? Il est encore là, dans mon dos ?
Mes yeux sont grand ouverts sur le mur blanchâtre, j’en suis si près que je devine les vieux coups de rouleaux passés à la va-vite sur le ciment, et je n’ose bouger.
Mes oreilles essayent de capter le moindre mouvement, le moindre bruissement d’air.
Savoir s’il y a quelqu’un. Le claquement de porte était net ; discret, mais net, sec. Je n’entends que ma respiration, et si je la bloque, je n’entends rien d’autre.
Suis-je seul ?
Savoir, me retourner d’un coup, sans prévenir !
Rien. La pièce est vide ; ou presque.
Là-bas, devant la porte fermée, posé au sol, il y a une sorte de gobelet blanc, si propre, si neuf, qu’il paraît illuminer la pièce.
Quelqu’un est donc entré et sorti. Et moi, je ne rêve pas, je suis bien enfermé. Merde.
Je me lève, me dirige vers le gobelet, le prends d’une main, le porte à mes narines, je sens. Aucune odeur, visiblement c’est de l’eau ; ça tombe bien, j’ai soif.
Je bois à petites gorgées, goûtant d’abord, puis goulûment ; appréciant l’eau presque fraîche qui s’écoule dans ma gorge. Je sais maintenant qu’il y a ici quelqu’un d’autre que moi.
Et une question se rajoute, toute simple, pourquoi suis-je enfermé ?
L’eau me fait un bien fou, mon cerveau semble fonctionner à nouveau à plein régime, plus clair.
J’essaie de résumer ma situation. Je ne sais pas qui je suis, je suis bouclé ici, et visiblement en bonne santé. Je me dis que si quelqu’un est entré pour me donner à boire, il va revenir, peut-être pour me donner à manger, ou pour me parler, me dire enfin ce que je fais ici, et comment je m’appelle.
Je n’ai pas peur. Je devrais mais je n’ai pour l’instant aucune crainte, juste une grande curiosité. Je sais que si je me laisse aller, si je cède à mes émotions, je ne ferai rien de bon. Quelque chose me dit qu’il faut que je reste d’une grande froideur.
J’ai le gobelet de plastique dans ma main ; il est blanc, dur, sans trace de quoi que ce soit ; juste un gobelet comme on peut en trouver dans des centaines de cantines scolaires ; et maintenant vide. J’ai encore soif. J’ai faim aussi. Mon corps semble retrouver ses marques, et je pense de plus en plus que j’ai dû être drogué ; je le vois à mes gestes, plus amples, rapides, rien à voir avec ceux de mon réveil. Et si je suis prisonnier, il doit y avoir une raison, il y a une raison à tout. Toujours.
***
Je me suis à nouveau assis sur le matelas, je regarde ma « chambre », ma cellule, l’endroit ; et toujours aucun bruit, aucune notion de jour ou de nuit, d’heure. Je suis isolé de tout.
Je me sens tellement bien, que je décide d’agir, enfin.
Je me dirige vers la porte en fer, me cale bien devant puis je tape de toutes mes forces dessus, plusieurs fois, rageusement !
Le bruit de tôles résonne dans toute la pièce, vrillant mes tympans, et on doit l’entendre aussi de l’autre côté ; impossible de ne pas l’entendre. Je continue, jusqu’à ce que quelqu’un daigne venir. Et à mon tambourinage, je mêle ma voix, mes cris.
— Oh ! Il y a quelqu’un ? Répondez ! Hé, de l’autre côté, montrez-vous !
Je frappe, je hurle et je me surprends à sourire, comme un gamin qui fait une mauvaise farce.
Toujours personne, je cogne de plus en plus fort, de mes pieds, de mes poings, le vacarme s’intensifie et se fait écho, et moi je jubile ! Je les emmerde !
La porte s’ouvre violemment, avec force et brutalité ! Je la prends en pleine face et je valdingue au sol, près du matelas, sonné.
J’ai mal à la tête et au nez, je crois que je saigne… devant moi, deux silhouettes blanches avancent vers moi ; pas le temps de me lever.
Un coup de pied…
Visage…
Douleur…
Noir.
Mal.
Mal au nez, à la figure, sur le côté droit. J’ai un œil mi-clos.
Je suis au sol, froid. Je me lève difficilement, la tête me lance. Le coup de pied a été violent ; salopards.
Je touche mon nez douloureux, j’ai un sparadrap, un pansement sur l’arête du nez. On m’a soigné. J’arrête de toucher, trop mal, peut-être cassé. Connards !
Mon œil doit être dans le même état, j’imagine un coquard monstrueux tellement je vois mal du côté droit.
Je suis habillé d’une simple chemise, ou plutôt de ce que l’on trouve dans les hôpitaux, ces chemises légères à manches courtes, ouvertes derrière. Je n’ai que ça. Aucune trace de mes vêtements. Là, je suis inquiet, je n’aime pas être manipulé dans mon sommeil.
J’arrive à m’asseoir péniblement sur le lit. Je reprends un peu mes esprits.
Je réalise maintenant que je suis dans la merde. Je n’ai pas eu le temps de leur demander quoi que ce soit que j’étais déjà dans le cirage.
Par contre, ils m’ont laissé un « cadeau ». Je n’avais pas vu, trop occupé à me relever ; au pied de la porte, une assiette, une gamelle, qui semble pleine.
Je me lève, fais cinq pénibles petits pas, me penche, prends l’assiette et retourne m’asseoir. Il n’y a pas de couverts, ça ressemble à de la pâtée pour chat, une sorte de brouet de couleur mastic, de consistance épaisse et compacte. J’y trempe mes doigts et je commence à mastiquer une bouchée. C’est pas ce que j’ai mangé de mieux dans ma vie, mais j’ai faim. Entre la viande et la purée, très salé.
Même si on me latte la gueule dès que je fais du bruit, on tient à me garder en vie. À manger, à boire… mais pourquoi, bordel ?
Je n’arrive pas à finir cette bouillie, vraiment trop salée. J’ai la bouche en feu et je n’ai plus d’eau. On va peut-être m’en amener. Je l’espère.
J’avais tellement faim que je n’ai pas pensé que je n’avais plus d’eau. Et maintenant, j’ai soif. Et envie de pisser…
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