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Deux frères : l'un est serial-killer, l'autre est curé de village...
Un serial-killer cannibale, Joël, trouve refuge dans l'église de son frère, curé de village. Depuis quelques temps, il a des hallucinations, il voit des pingouins un peu partout. Mais il a un problème plus grave, il est tombé amoureux de sa dernière victime...
Plongez dans un thriller palpitant et suivez le parcours plein de rebondissements d'un seria-killer cannibale.
EXTRAIT
Il s’appelle Joël. Son nom n’est pas important. Tout le monde a oublié son nom, y compris et surtout lui. Il est le bedeau de l’église du village, là-haut, plus haut, sur les collines qui surplombent la plaine. De là, il voit tout, domine tout ; les bêtes, les hommes, l’humanité. Tout ce qu’il hait, tout ce qui l’excite, tout ce qui fait ce qu’il est…
Même le printemps, il ne l’aime pas.
Il pense que la terre fait semblant d’être heureuse, tout comme les hommes qui tels des moutons font semblant d’être heureux comme la terre, croyant que tout change, tout revit. Mais non, rien ne change et tout continue lentement, inlassablement, insidieusement, pour mieux mourir à nouveau, depuis des millénaires.
À PROPOS DE L'AUTEUR
Patrice Woolley est né le 5 Février 1962 à Monaco. Graphiste et peintre de formation, il est dessinateur de BD avec deux albums parus : Ténèbres aux éditions ERKO en 2003 et Necronomicon chez Kyméra-comics en 2007. Il est également l'auteur du roman L’ange de Sable, paru en 2010 aux éditions Persée.
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Seitenzahl: 108
Veröffentlichungsjahr: 2017
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Table des matières
Résumé3
Crocs4
Dans la même collection6
Un serial-killer cannibale, Joël, trouve refuge dans l'église de son frère, curé de village.depuis quelque temps, il a des hallucinations, il voit des pingouins un peu partout.mais il a un problème plus grave, il est tombé amoureux de sa dernière victime...
Patrice Woolley
Thriller
Dépôt légal octobre 2012
ISBN : 978-2-35962-332-1
Collection Rouge
ISSN : 2108-6273
©Patrice woolley
© 2012 — Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction intégrale ou partielle, réservés pour tous pays.
Éditions Ex Aequo
6 rue des Sybilles
88370 Plombières les bains
www.editions-exaequo.fr
www.exaequoblog.fr
Du même auteur aux éditions Ex Aequo
en collection Hors Cadre
ANNA – beau livre illustré - oct 2011
en collection Bullissimes
Crocs – BD – nov 2011
en collection Bulles & Co
Jaffar – BD – déc 2011
***
Et chez d’autres éditeurs
-Ténèbres –Erko éditions— 2003 –
préface de Jan Kounen-
-Necronomicon –Kyméra comics éditions -2007-
Roman
L’ange de Sable –Persée éditions— 2010-
L’enfance des tueurs – François Braud – 2010
Du sang sur les docks – Bernard Coat L. — 2010
Crimes à temps perdu – Christine Antheaume — 2010
Résurrection – Cyrille Richard — 2010
Le mouroir aux alouettes – Virginie Lauby – 2011
Le jeu des assassins – David Max Benoliel – 2011
La verticale du fou – Fabio M. Mitchelli — 2011
Le carré des anges – Alexis Blas – 2011
Tueurs au sommet – Fabio M. Mitchelli — 2011
Le pire endroit du monde – Aymeric Laloux – 2011
Le théorème de Roarchack – Johann Etienne – 2011
Enquête sur un crapaud de lune – Monique Debruxelles et Denis Soubieux 2011
Le roman noir d’Anaïs – Bernard Coat L. – 2011
À la verticale des enfers – Fabio M. Mitchelli – 2011
Crime au long Cours – Katy O’Connor – 2011
Remous en eaux troubles –Muriel Mérat/Alain Dedieu—2011
Thérapie en sourdine – Jean-François Thiery — 2011
Le rituel des minotaures – Arnaud Papin – 2011
PK9 -Psycho tueur au Père-Lachaise – Alain Audin- 2012
…et la lune saignait – Jean-Claude Grivel – 2012
La sève du mal – Jean-Marc Dubois - 2012
L’affaire Cirrus – Jean-François Thiery – 2012
Blood on the docks – Bernard Coat traduit par Allison Linde – 2012
La mort en héritage – David Max Benoliel – 2012
Accents Graves – Mary Play-Parlange – 2012
7 morts sans ordonnance – Thierry Dufrenne – 2012
Stabat Mater – Frédéric Coudron –2012
Outrages – René Cyr –2012
Montevideo Hotel – Muriel Mourgue –2012
Séquences meurtres – Muriel Houri –2012
La mort à pleines dents - Mary Play-Parlange – 2012
Engrenages – René Cyr - 2012
Hyckz – Muriel combarnous - 2012
La verticale du mal – Fabio M. Mitchelli – 2012
Prophétie – Johann Etienne – 2012
Léonis Tenebrae – Jean-François Thiery – 2012
Hyckz – Muriel CVombarnous – 2012
IMC – Muriel Houri - 2012
Crocs – Patrice Woolley - 2012
« La cruauté, c’est le premier des attributs de Dieu »
-André Gide-
C’est un matin comme les autres. Un matin de printemps, un de plus, qui se lève sur ce petit village de Provence baigné de cette lumière si particulière, si présente, si palpable.
Une silhouette aux pas lents se faufile par les garrigues, au travers des chemins de terre. Il n’est que dix heures du matin et le soleil est déjà chaud. Tout en marchant, l’homme enlève son petit blouson gris étriqué dans lequel il sue depuis un moment, le tenant à la main, négligemment, comme s’il traînait un corps. Mêlé aux chants des cigales, on l’entend siffloter. Cet homme au teint pâle, au visage doux, aux cheveux gras et noirs ne siffle que lorsqu’il est heureux ; et il siffle rarement. Il revient du village, il a acheté du pain pour son frère et lui ; et surtout, il a vu ce qu’il voulait voir.
Il s’appelle Joël. Son nom n’est pas important. Tout le monde a oublié son nom, y compris et surtout lui. Il est le bedeau de l’église du village, là-haut, plus haut, sur les collines qui surplombent la plaine. De là, il voit tout, domine tout ; les bêtes, les hommes, l’humanité. Tout ce qu’il hait, tout ce qui l’excite, tout ce qui fait ce qu’il est…
Même le printemps, il ne l’aime pas.
Il pense que la terre fait semblant d’être heureuse, tout comme les hommes qui tels des moutons font semblant d’être heureux comme la terre, croyant que tout change, tout revit. Mais non, rien ne change et tout continue lentement, inlassablement, insidieusement, pour mieux mourir à nouveau, depuis des millénaires.
Il hait les hommes et leurs habitudes, leurs certitudes, leurs prétentions. Pour lui, la belle saison n’a qu’un avantage : les gens sortent plus facilement de chez eux ; ça l’arrange, ça lui donne du choix. La terre, la nature, les cycles, les hommes, tous avancent de concert de manière résignée et non, rien ne change… Et à bientôt cinquante ans, personne ne sait, personne ne se doute, que lui non plus, il ne change pas.
Le voilà qui s’arrête, se penche vers le sol, puis s’accroupit. Au bord du chemin, entre deux buissons, devant lui, un lapin, blessé, en sang, est en train d’agoniser, baignant dans son sang.
Joël s’assied à ses côtés, sur une pierre chaude et ronde, comme au spectacle.
C’est un lapin blanc. Le genre de lapin que les enfants adorent. Il est éventré, sans doute par un grillage, un morceau de bois, qu’importe, l’homme s’en fiche. Lui, ce qu’il aime, c’est voir l’animal trembler, se vider de son sang, les yeux affolés par l’approche de la mort. Il le regarde, un léger sourire émaillant sa face burinée d’éternel adolescent. Il a ce sourire qu’ont les enfants à Noël devant les vitrines de jouets, à la fois naïf et innocent.
Mais lui, il est tout, sauf innocent.
Il penche sa tête sur le côté, pour mieux voir le regard du lapin que quelques soubresauts animent encore. Il tend sa main, enfonce son index lentement dans la plaie béante, parmi les boyaux, l’agite, et s’amuse de le voir tressaillir, souffrir…
Le regard rouge du lapin se fige, les yeux largement ouverts sur la mort qui est venue. Joël retire son doigt, le porte à sa vue, devant son visage, le regarde, observe le sang qui coule, puis le porte à sa bouche et le lèche.
Il se lève tranquillement, regarde autour de lui et sourit.
— Quelle belle journée ! s’esclaffe-t-il, avant de reprendre son chemin.
Un léger rire continu s’élève dans la lavande. Il est presque honteux de s’entendre ; cela le fait trop ressembler aux autres, aux humains… Or, il a toujours été différent. Pour lui, ressembler aux autres, c’est mourir un peu.
C’est pour ça qu’il coupe à travers champs, pour ne rien faire comme eux, pour arriver au plus vite à son refuge, son antre, sa grotte, sa maison ; à l’église du Père Mathieu, son frère.
On la voit qui se découpe au sommet d’une colline entourée d’oliviers, belle, majestueuse, vaisseau de pierre dans la lumière. Quand on voit le clocher, sublime phallus chrétien, se détacher dans l’azur, on se demande pourquoi une telle église est si isolée du village. Trois kilomètres les séparent. C’est long trois kilomètres de garrigues, même pour se confesser. Qu’importe, quelques mètres encore et il sera en sécurité.
Joël sait que Dieu n’existe pas, mais il est respecté, craint de la plupart des hommes. Parfois, il l’envie. On le respecte comme on respecte sa maison et ses serviteurs…
Il voit sa vie comme un jeu. Ici, l’église, c’est son île imprenable, et tout autour, c’est les méchants. Dix ans, déjà dix ans qu’il est là. C’est qu’il a eu du mal à le retrouver son curé de frère. Des années d’errances, de cache-cache, de fuite, de peur… De joie aussi.
Et arrivé ici, il lui a offert la paix, et une planque formidable.
Il a été accueilli, écouté, et accepté, sans jugement. C’est aussi ça, la famille.
Le temps passe, mais il a toujours autant de mal à accepter les dérives de Joël. Celui-ci ne désespère pas de le faire passer un jour de la lumière à l’obscur. Mais a-t-il le droit de faire cela ? Une malédiction ne suffit-elle pas ? Il connaît trop le fardeau d’une telle infamie. Lui, s’en repaît, en jouit, en exulte… Mais un autre ne deviendrait-il pas fou ?...
Et puis, ce doute terrible ; si Mathieu venait à lui ressembler, à l’imiter, deviendrait-il meilleur que lui ? Ou pire peut-être… Cela lui serait insupportable. Il ne l’accepterait pas. Il doit rester unique. Son plaisir est à ce prix.
D’une main souple, il pousse le petit portail de bois blanc, entre, prend le temps de le fermer, se retourne et pose ses yeux sur un vitrail coincé entre deux vieux pans de mur perclus de lézardes.
On l’attend. Père Matthieu l’attend.
Son long visage aux traits émaciés se dessine derrière les couleurs des pièces de verre.
Joël s’approche des lourdes portes de chêne, les ouvre, faisant grincer les vieux gonds de fer et nimbant la nef d’un rai de lumière chaude. Restant sur le pas de la porte, il observe un instant son ombre au sol à l’intérieur de l’église, acclimatant ses yeux à la soudaine obscurité.
— Père Mathieu, vous êtes là ? dit-il d’une voix ironique.
— Oui, je suis là, Joël… Où étais-tu ? La voix résonne dans le noir de la bâtisse, ferme, grave, presque paternelle.
Joël s’avance un peu, en silence, puis pénètre complètement dans l’église, fermant les portes derrière lui.
— Je… J’étais… Joël répond d’une voix faible, presque comme un enfant surpris en plein chapardage de confitures.
— Je répète : où étais-tu ? Parle sans crainte, nous sommes seuls… La voix résonne plus forte encore, et le visage du Père Mathieu apparaît en pleine lumière. Son crâne chauve d’abord, puis un visage ovale, aux sourcils fournis, aux lèvres charnues et aux yeux d’une grande douceur.
Il se tient droit devant Joël, impassible, attendant une réponse qui ne vient pas. Joël s’approche doucement, le visage baissé, yeux au sol, muet.
— Je croyais que nous avions passé un marché. Tu ne dois pas désobéir, Joël.
La voix est de plus en plus douce. Il sait que son frère risque de se braquer s’il hausse le ton. Il pose une main sur son épaule, apaisante, réconfortante.
— Je devais sortir mon Père ! Il… Il le fallait. C’était important… Je suis désolé… La voix de Joël est claire, mais faible, comme s’il ne voulait pas qu’on l’entende. Il lève enfin le visage et regarde le Père Mathieu.
— Tu es désolé… Et moi donc ! Mais pour quoi faire ? Tu as tout ce que tu veux ici ! Tout !... Rappelle-toi : une fois par mois ! Et pour une chose bien précise !... Le curé parle fort, tournant lentement autour de son frère immobile, comme attendant une sentence. Il plante son regard dans celui de Joël qui rebaisse la tête vers le sol.
— C’est différent. Cette fois, c’est pas pareil mon Père. Je… Je voulais vous en parler. J’ai besoin de votre aide…
— Ho, Joël… Comment puis-je t’aider plus ? Comment ? Lui répond le Père Mathieu, secouant la tête, l’air presque désemparé. Et arrête de me vouvoyer, c’est ridicule…
Il marque un temps, regarde un vitrail, puis s’assied, face à Joël, toujours tête baissée. Un long silence s’installe. Puis dans un souffle, sa voix se fait entendre.
— Je me souviens du jour où tu es arrivé. Tôt le matin. Tu tapais comme un fou à la porte. Une bête sauvage n’aurait pas fait plus de bruit. Je suis venu, j’ai ouvert, un peu effrayé, je l’avoue. Et je t’ai vu… Les yeux hagards, cheveux sales et hirsutes, ta chemise pleine de sang séché, de taches diverses. Tu étais devant moi, incapable de prononcer une parole, d’articuler. Je t’ai à peine reconnu ce jour-là. T’en souviens-tu ?...
— Oui…
— Je t’ai pris la main et je t’ai emmené à l’office. Tu t’es assis, semblant fatigué, regardant toujours autour de toi, comme méfiant. J’ai dû mettre plusieurs heures à te calmer. C’est à ce moment-là que tu as réussi à articuler quelques mots… des mots qui résonnent encore à mes oreilles comme autant de péchés monstrueux ! Tu m’as raconté ta vie, ce que tu étais devenu… et moi j’ai pensé à l’apocalypse de saint Jean en t’entendant…
— Oui…
— On a passé la nuit ainsi. Attablés tous deux à une table. Toi parlant sans discontinuer, avide de te vider de tes crimes, presque heureux que quelqu’un puisse enfin les entendre. Et moi, plus je t’entendais, plus je perdais mon humanité, plus je me réfugiais dans la prière ! Tu parlais et je priais, en silence. Le frère que j’avais connu était devenu ce que je combats ; le mal absolu. Comprends-tu seulement ce que j’ai ressenti cette nuit-là ?...
— Oui, je crois…
