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Amélia entre dans la vie active. Pour son plus grand bonheur, sa route croise à nouveau celle d'Ethan. Mais leur attirance irrépressible suffira-t-elle a leur faire oublier les blessures laissées par leur rupture ? Arriveront-ils à aller de l'avant ? Un événement tout à fait inattendu vient compromettre leur avenir. Que vont-ils décider ? Affronter cette épreuve ensemble ou encore une fois, fuir devant la difficulté ?
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Seitenzahl: 259
Veröffentlichungsjahr: 2020
- Amour incompatible tome 1
- Amour incandescent tome 3 (en cours d’écriture)
« Elle a dû faire toutes les guerres Pour être si forte aujourd’hui Elle a dû faire toutes les guerres De la vie, et l’amour aussi »
- Francis Cabrel
Chapitre 1
Chapitre 2
Chapitre 3
Chapitre 4
Chapitre 5
Chapitre 6
Chapitre 7
Chapitre 8
Chapitre 9
Chapitre 10
Chapitre 11
Chapitre 12
Chapitre 13
Chapitre 14
Chapitre 15
Chapitre 16
Chapitre 17
Chapitre 18
Chapitre 19
Chapitre 20
Chapitre 21
Chapitre 22
« Les blessures de la vie peuvent nous écraser et nous verrouiller. Elles peuvent aussi nous rendre plus forts et plus ouverts aux autres. Nous n’avons pas choisi de les subir mais nous sommes libres d’en faire des enclumes qui nous enfoncent ou des points d’appui qui nous élèvent. C’est l’un des grands mystères de l’âme humaine. »
- Frédéric Lenoir
- Amélia ! Ton téléphone sonne.
J’accours pour décrocher.
- Allo ? Oui Anna bonjour. Ah bon ? Oui bien sûr, je suis plus que ravie. Ça marche, on se voit demain.
Je raccroche et saute de joie.
Émilie, ma colocataire depuis peu et amie depuis 15 ans, se demande ce qu’il m’arrive.
Je suis folle de joie, c’était Anna au téléphone. Anna, c’est celle qui s’est occupée de moi durant tout mon stage à Desigane. Le stage s’est fini il n’y a même pas un mois et Anna vient de m’appeler pour me proposer un poste. Elle est tellement satisfaite de mon travail qu’elle a réussi à me créer un poste d’assistante marketing.
Ce stage a changé ma vie. J’en suis sortie grandie et j’ai appris à avancer dans ma vie malgré les embûches. Quand je suis arrivée à Desigane 6 mois plus tôt, je n’étais que l’ombre de moi-même. J’ai réussi à me reconstruire, à grandir et j’ai fini mon stage plus forte que jamais.
Je dois beaucoup à Ethan, mon doux Ethan, rien que de penser à lui, je souris.
On a vécu une relation courte mais intense ensemble, malheureusement toutes les bonnes choses ont une fin. Tous les deux nous étions blessés, brisés et chacun a aidé l’autre à se reconstruire. Nos chemins se sont séparés pour le bien de tous les deux.
Je garde ça en tête pour ne pas culpabiliser et regretter.
Maintenant je suis avec Raphaël qui est gentil et attentionné. Notre relation n’est pas comparable à celle que j’ai eue avec Ethan mais je ne me plains pas. Il manque cette petite étincelle, ce petit truc qui fait que je pourrais dire que c’est l'homme de ma vie mais il est agréable et gentil avec moi alors je me dis qu'on ne peut pas tout avoir.
Je suis encore toute excitée de l’annonce d’Anna. J’ai hâte de la retrouver pour parler de mon poste. Je vais enfin me plonger dans le vrai milieu professionnel et gagner convenablement ma vie. Non pas que je me plaigne. Ma vie avec Émilie en colocation se passe très bien mais ma vie va être beaucoup plus confortable avec un vrai salaire.
Je préviens mes parents et Raphaël de cette superbe nouvelle. Tout le monde est ravi pour moi.
Pour fêter ça, on va boire un petit coup avec Raphaël, Émilie et quelques autres amis.
- C’est super Amélia ! Tu es la première du groupe à être embauchée. Ça ne te fait pas flipper d’entrer dans le monde adulte ? Demande Maxime, un ami que je connais depuis peu.
- Non pas du tout ! Surtout que je connais déjà la boîte. Ce stage a été tellement intéressant et cool que j’ai trop hâte de voir ce qu’on me propose.
- Mais Desigane n’est pas en train de changer de big boss ?
- Je ne sais pas. Je n’écoute pas trop les rumeurs qui y circulent.
- C’est une amie qui m’en parlait car ses parents bossent là-bas. Le PDG est âgé et prend sa retraite, il voudrait que ce soit un jeune de sa famille qui prenne la relève mais apparemment ce serait un vrai con.
- Ah bon ? Merde. Si ça se trouve mon embauche ne va même pas se concrétiser.
- Je ne sais pas mais bon, tu ne côtoieras pas les personnes si haut placées alors à la rigueur tu t’en fous.
- C’est vrai ! Allez, trinquons.
Sur ces paroles, chacun lève son verre et on boit tous en riant et profitant de cette soirée entre amis. La soirée un peu arrosée passe assez rapidement et je rentre avec Émilie. Raphaël nous rejoindra à l’appartement d’ici une petite heure, le temps de chercher quelques affaires pour passer la nuit avec moi. Émilie a légèrement abusé sur les verres mais je suis là pour veiller sur elle.
Pour ma part, je ne bois toujours pas d’alcool, pas depuis cette soirée, il y a déjà quasiment 2 ans, qui a détruit ma vie.
Notre appartement se trouve au centre-ville donc nous n’avons pas besoin de beaucoup marcher. Mais au bout de cinq minutes, j’ai l’impression de me sentir observée. Cela fait longtemps que je n’ai plus ressenti ce sentiment et ça ne me plaît pas.
Émilie manque de tomber, elle explose de rire, ne voyant pas mon malaise s’installer. On marque une petite pause pour qu’elle se rééquilibre et ramasse son sac, tombé à terre.
C’est à ce moment que je croise ce regard.
Un regard que je connais ou plutôt connaissait bien.
Un océan bleu, qui ce soir ressemble plus à une mer déchaînée en plein orage. Un regard sombre que j’ai pu croiser quelque fois malheureusement. Ethan...
Je n’y crois pas, cela fait maintenant plus de trois mois que je ne l’ai pas vu mais ce n’est pas possible, je dois rêver !
J’essaye de mieux regarder mais la personne a tourné les talons et s’est fondue dans la foule. Je ne peux pas y croire, j’ai dû m’imaginer sa présence, pourquoi ? Je n’en sais rien.
Émilie ne remarque rien, bien trop concentrée sur la route pour ne plus tomber.
On rentre à l’appartement et je vais vite dans ma chambre, bouleversée.
Il faut que je me ressaisisse ! Raphaël ne va pas tarder, je n’ai pas envie qu’il remarque quelque chose et qu’il me pose trop de questions.
Il avait déjà rencontré Ethan et ça ne s’était pas très bien passé. Oh et puis je n’ai pas à être troublée ainsi. Je ne pensais juste pas le revoir un jour ou en tout cas, pas aussi vite ou peut-être aussi tard. Je me rends compte à quel point il me manque, mais il faut que j’arrête. Surtout que je n’ai aucune certitude que c’était lui ! Je dois me faire des films.
Ça y est, Raphaël est arrivé. J’ai eu le temps d’aller mettre Émilie au lit, nous sommes tranquilles. Mais je suis ailleurs. Je suis dans cette rue, avec Ethan à quelques mètres de moi.
Raphaël me fait revenir dans mon appartement. Il faut que j’oublie ça et vite !
Il me félicite encore une fois pour mon boulot, il en profite pour venir m’embrasser.
Je le laisse faire, nos baisers sont doux, calmes sans trop de fougue.
Je ne sais pas si Raphaël n’ose pas prendre les devants, s’il attend que je le fasse, ou si tout simplement ça lui convient ainsi mais tous nos baisers se ressemblent, sans réelle passion, un peu ternes et sans grain de folie.
Cela me rassure, avec lui, je maîtrise tout. C’est moi qui décide de quasiment tout et au moins, je me sens en sécurité ainsi, je sais qu’il ne tentera rien qui pourrait me déplaire. Une chose est sûre, c'est que ce n’est pas lui qui va me sortir de ma zone de confort !
Ses mains commencent à se faire baladeuses. Je le laisse faire. Ses baisers se veulent un peu plus pressants mais cela n’a aucun impact sur moi.
Aucun feu ne grandit en moi, comme c’était le cas avec Ethan.
Non non non, Ethan sort de ma tête !
Mais c’est plus fort que moi, mon esprit est ailleurs. Je suis dans les bras d’Ethan, ce sont ses mains qui sont sur moi, qui me caressent et qui font réapparaître de petites flammes en moi. Ce feu s’est éteint depuis presque quatre mois déjà.
Ce soir, son seul regard a su raviver la flamme.
Mon corps s’emballe. Notre baiser se fait plus fougueux et mes mains suivent le baiser. Je suis dans un état second. Je prends les devants et nous nous déshabillons, là dans le salon alors qu’Émilie peut nous surprendre à tout moment.
Mais Raphaël est frileux, il me demande si je suis sûre de moi, qu’on pourrait nous surprendre.
Lorsqu’il me parle, je réalise ce qu’il vient de se passer. J’étais en train de fantasmer sur Ethan en prenant Raphaël en marionnette. J’ai honte. Je rougis mais il pense que c’est le fait qu’on puisse nous surprendre.
Il ne sait pas qu’au contraire, cela m’excite au plus haut point.
Je lui demande de m’excuser et lui dit qu’on peut aller dans ma chambre. Il accepte tout excité par mon excès d’enthousiasme de tout à l’heure. Pour moi, c’est un peu la douche froide. Mais j’essaye de recentrer mon attention, je reprends notre baiser en me forçant à oublier Ethan pour me concentrer sur Raphaël.
Avec lui, en deux mois seulement, une petite routine s’est déjà installée. On s’embrasse, on se déshabille, on se caresse un peu et hop, il vient en moi pour finir son affaire. Je ne dis pas que je ne prends pas mon pied mais ça manque de piment, de spontanéité et de passion.
Je fais mon possible ce soir pour être présente avec Raphaël, pour lui faire l’amour comme il le mérite. J’essaye d’apprécier ses caresses, ses baisers, sa volonté de bien faire et de me faire monter au rideau.
Mais je sais de suite que je n’y arriverai pas. Non pas que je prenne zéro plaisir, mais je n’arriverai pas à déconnecter ma tête, je n’arriverai pas à prendre mon pied. Alors je le laisse mener un peu la danse ce qui l'excite au plus haut point je le sais. Très vite, il jouit en moi et je fais semblant d’avoir frôlé le plaisir ultime.
Raphaël n’y voit que du feu. Je feins une fatigue intense pour vite filer sous la douche.
J’adore sentir l’eau couler sur ma peau.
Je mets l’eau chaude en route mais cette brûlure sur ma peau accentue mon besoin de libérer ce petit feu qui s’est rallumé lorsque j’ai pensé à Ethan.
Ethan, mon doux Ethan mais à la fois aussi, mon Ethan sombre et possessif, je revois ses yeux dans la rue. C’était l’Ethan effrayant qui était de sortie ce soir. Cette lueur dans ses yeux qui m’a toujours apeurée était bel et bien là ce soir.
Mais ça n’a pas suffi à me repousser. Il a quand même réussi à me percuter même avec cette distance entre nous.
Rien qu’en pensant à lui, je sens des papillons dans mon bas ventre. Doucement, ma main se pose sur mon pubis, l’autre sur un de mes seins. Je ferme les yeux et de suite, ce sont les mains d’Ethan qui viennent remplacer les miennes. Son doigt s’insinue lentement entre mes grandes lèvres, puis mes petites lèvres. Je sens son doigt glisser en moi. Son autre main vient s’occuper de mon téton fièrement dressé.
Très vite, un deuxième doigt vient rejoindre le premier. Je suis tellement excitée que je sens que je vais bientôt jouir. D’un coup, un frisson parcourt mon téton, il vient de le pincer savamment. Il ne m’en faut pas plus pour que l’explosion se produise.
Je me force à ne faire aucun bruit. Je ne veux pas que Raphaël interrompe ces douces retrouvailles.
Cet orgasme est une douce délivrance, un moment unique, rien qu’à Ethan et moi.
Lorsque je reviens à la réalité, je me sens rougir de honte. Mais qu’est-ce que je viens de faire ? Je ne vais pas bien, vraiment !
Raphaël est juste à côté et je me masturbe en pensant à un autre ? Même quand on a fait l’amour, j’ai dû batailler pour ne pas penser à Ethan. Il faut vraiment que je me reprenne. Ce petit écart ne se fera plus. Je vais reprendre le droit chemin avec Raphaël.
Je n’ai rien à lui reprocher, il est doux, gentil, attentionné. Il ferait tout pour moi alors je dois lui rendre la pareille. Sur ces bonnes résolutions, je sors de la douche et viens m’allonger près de lui, il s’est déjà endormi à poings fermés.
Je lui souhaite doucement à l’oreille une bonne nuit et nous dormons ainsi, chacun d’un côté de son lit. Ça aussi, c’est devenu une habitude que je n’apprécie pas forcément mais Raphaël n’aime pas trop qu’on le colle, surtout au lit. Ce n’est rien, il faut respecter les besoins et envies de chacun.
J’ai du mal à trouver le sommeil. Je me concentre sur Desigane et mon nouveau boulot que l’on va me proposer demain et le sommeil vient s’installer doucement.
Le lendemain, je me réveille de bonne heure. Je suis toute excitée de connaître mon nouveau poste, mes nouvelles responsabilités.
Raphaël est affalé à côté de moi. Je me perds dans mes pensées, je le trouve beau mais sans plus, il ne fait pas chavirer mon cœur. Je n’ai pas cette petite étincelle pour lui, celle qui me permet de me dire que je ferais n’importe quoi pour lui, celle qui m’emporte quand le moral est au plus bas.
J’ai réussi à vaincre mes démons, j’ai fait un gros travail sur moi mais Raphaël m’a aussi bien aidée, son côté gros nounours un peu nonchalant, sans trop vouloir prendre les devants et encore moins sortir de sa zone de confort m’a bien réconfortée et aidée.
Je reprends mes esprits, je me lève et je me prépare. Je me sens un peu nauséeuse ce matin. Bizarre, je n’ai rien mangé de spécial pourtant, peut-être la légère pointe de stress qui se fait ressentir ce matin ? Je ne sais pas trop comment m’habiller, est-ce que je ne vais voir qu’Anna ? Ou un supérieur ? Dans le doute, je vais quand même prendre soin de ma tenue, sans en faire trop. Je décide de mettre une jupe noire cintrée et un joli petit haut, un peu décolleté et coloré. Je me regarde dans le miroir. Je n’arrive pas à me dire que je suis belle mais on va dire que je suis plutôt satisfaite.
Encore un petit coup de maquillage et hop, c’est bon. Je mange un petit truc en espérant que ça va faire passer cet état nauséeux et je pars.
Il y a un petit air de printemps dans les rues. Les gens ont troqué les grosses doudounes contre les petites vestes. Ils ont l’air plus paisibles, plus sereins. L’air s’adoucit, en même temps que les gens.
Je ne sens plus trop d’appréhension à sortir seule. Il y a toujours cette petite voix qui s’inquiète mais j’arrive à passer au-dessus et à ne pas trop laisser mes peurs me submerger. Je suis assez fière du chemin parcouru.
Je marche et je me retrouve vite devant Desigane, je suis toujours admirative devant cette devanture moderne et imposante. Je me dirige vers le bureau d’Anna. Mais les locaux ont changé.
Cela ne fait même pas un mois que je suis partie et Anna a déjà changé de bureau ?
Je me dirige vers l’accueil et demande à l’hôtesse où se trouve son bureau.
A priori, Anna a pris un peu de grade car elle se trouve à l’étage et de ce que j’ai compris pendant mon stage, c’est un peu comme une pyramide, tout en haut, le boss, 1er étage, ceux qui travaillent en collaboration avec lui et le rez-de-chaussée, c’est pour les personnes qui n’auront jamais de contact avec lui.
Je me dirige donc vers l’ascenseur pour rejoindre Anna. Les regards se tournent vers moi et ça chuchote. J’ai l’impression de faire un bond en arrière, comme lorsque je sortais avec Ethan. Ethan... Est-ce bien lui que j’ai croisé hier soir ? Qu’est-il devenu ?
Non non je ne dois pas penser à lui, je dois me concentrer sur mon nouveau boulot, sur ce qu’Anna va me raconter.
Je suis devant le bureau d’Anna, la pression monte en moi. Mais pourquoi ? Je connais Anna mais est-ce que le poste va me plaire ? Anna a pris du grade en plus, peut-être que ce qu’elle a à me proposer ne va pas du tout me convenir...
Il faut que j’arrête de me poser trop de questions.
Vas-y Amélia ! Fonce !
Je frappe, elle me dit d’entrer.
Anna est ravie de me voir. Elle me serre même dans ses bras. J’essaye de me détendre pendant ce contact. Je fais mes petits exercices mentaux afin de ne pas me mettre dans tous mes états comme à l’époque.
- Amélia, je suis hyper contente de te revoir. J’ai l’impression que ça fait des mois que tu es partie tellement je croule sous le boulot.
- Assieds-toi si tu veux, j’ai énormément de choses à te raconter ! Beaucoup de choses ont changé en peu de temps.
- Ah bon ? Comment ça se fait ?
- Nouveau patron...
- Quoi ?
- Oui, un nouveau PDG est arrivé, quasiment en même temps que la fin de ton stage. La rumeur courait depuis un moment mais ça s’est concrétisé il y a deux semaines. Et depuis, en seulement deux semaines, il a changé beaucoup de choses, entre autres il a tout réorganisé, voilà pourquoi je me retrouve ici. Mais ce n’est pas plus mal, car du coup, j’ai réussi à t’ouvrir un poste d’assistante pour moi. Je n’ai pas encore vu le boss. J’ai réussi à négocier ton poste avec l’ancien directeur, juste avant qu’il ne parte. Maintenant parlons de ton poste.
Anna part dans un long monologue décrivant mon poste. Ça m’a l’air plutôt pas mal. En tout cas, c’est une opportunité en or pour une première expérience. Je vais pouvoir toucher un peu à tout et faire valoir mes qualités en étude marketing.
Elle ajoute à la fin :
- Par contre, on a eu un mail, le boss veut tous nous voir. Sans aucune exception. Il veut nous connaître un minimum, même si apparemment, il connaît déjà pas mal d’entre nous. Mais comment il nous connaît, c’est un mystère. Une rumeur court qu’il aurait été en stage ici mais ça me semble complètement dingue, je n’aime pas écouter ces histoires sans queue ni tête !
- Moi non plus !
Je suis ravie de cette discussion avec Anna. Malgré cette petite interrogation sur ce nouveau dirigeant, je ne vois pas ce qui pourrait ternir ce poste de rêve !
Lorsque je sors de son bureau, elle précise que mon bureau sera aussi à cet étage, juste à côté du sien vu qu’on va devoir travailler la plupart du temps ensemble. Cela me fait bizarre de commencer tout de suite à cet étage. Anna doit voir mon changement d’attitude car elle me précise que le nouveau boss a changé ça aussi, plus de distinction « hiérarchique » selon l’étage. Il a voulu mettre tout le monde sur un pied d’égalité et qu’il y ait plus de travail de groupe. Même si lui garde son bureau à l’étage supérieur.
De belles valeurs je trouve. Du coup, me voilà rassurée, sereine et excitée de commencer.
Je repars de son bureau, plus sûre de moi que jamais. Je reprends l’ascenseur. Quand les portes se referment, j’appuie fermement sur le bouton pour descendre. J’entends quelqu’un bloquer au dernier moment les portes. Je me retourne…
« On a toujours le choix. C’est une évidence. On n’a pas tous les choix, mais on a toujours le choix. »
- Stéphanie Houle
Ethan se trouve devant moi, plus beau que jamais, mais aussi plus froid que jamais.
Je ne sais pas où me mettre. Je suis sous le choc, je ne m’attendais pas du tout à le voir ici. Je n’ose rien dire tellement il est beau et sexy dans son costume sombre et sa chemise noire. Je suis à nouveau complètement subjuguée par son charisme et sa beauté.
Je ne sais pas quoi dire ni que faire.
J’ose briser le silence pesant :
- Salut, je ne savais pas que tu étais dans le coin.
- Bonjour.
Je ne m’attendais pas à ça. Quel accueil ! Son ton est aussi glacial que ses paroles. Et je ne parle même pas de son regard. Je ne reconnais pas Ethan.
Déjà physiquement, il a l’air plus mature, encore plus sûr de lui et encore plus musclé. Je n’ose pas trop le détailler, je regarde vers le sol, confuse, gênée et vraiment mal à l’aise. Juste avant que la porte ne s’ouvre, je l’entends dire sur un ton glacial qui me donne la chair de poule « j’espère que tu as apprécié les chocolats à Noël ».
Je le vois s’éloigner. Ces paroles me percutent, je ne comprends rien. De quoi parle-t-il ?
Je suis sous le choc. Je sors de Desigane
complètement désorientée.
Je ne sais pas ce qui m’a le plus bouleversée, avoir rencontré Ethan ou son histoire de chocolats ? De quoi parle-t-il ? J’ai bien une petite idée mais ce n’est pas possible, ça ne doit pas être ça.
Je suis dans la rue mais je marche sans trop savoir où je vais. Je suis plongée dans mes pensées. Ethan m’a fait froid dans le dos, c’est cette facette que j’ai fuie. Rien que son regard m’a fait frissonner.
Mais que faisait-il à Desigane ? Je me souviens des rumeurs et ragots, mais non, je n’y crois pas, il m’en aurait parlé ! Ok il était très flou sur son passé et sur son parcours professionnel mais quand même, il n’aurait pas omis de me raconter ça. C’est trop énorme !
Pour cette histoire de chocolats, il faut que j’en ai le cœur net. J’envoie un message à Raphaël pour lui demander où est-ce qu’il avait trouvé cette boîte de chocolats en forme de cœur qu’il m’avait offerte à Noël, car j’aimerais offrir la même à Émilie. Sa réponse ne se fait pas attendre, il ne sait pas de quoi je parle. Pourtant lorsque je l’avais remercié, il n’avait pas nié.
Je suis déçue, c’était cette petite attention qui avait fait pencher la balance en sa faveur. Ce furent ces chocolats qui avaient fini par me faire changer d’avis sur Raphaël, je me disais qu’il valait la peine que j’ouvre un petit peu mon cœur pour lui. Je me suis trompée sur toute la ligne.
C’est la douche froide.
Il n’y a qu’Ethan pour avoir une telle attention envers moi, il n’y a que lui qui sait ce qui me touche. Enfin qui savait... C’est le passé ! Il faut que je me le sorte de la tête.
Mais je me sens un peu perdue. Je me suis trompée sur Raphaël et ça me fait mal. Je me rends compte de cette réalité enfouie au fond de moi, cette évidence que je ne voulais pas admettre. Je dois le quitter. La vérité est que je ne ressens pas grand-chose pour lui, c’est malsain de rester avec lui. C’est mieux pour nous de nous séparer.
J’ai l’impression de me retrouver quelques mois en arrière. Je vais devoir rompre avec lui pour notre bien, je vais à nouveau faire du mal à un homme.
Rien que cette idée me brise le cœur. Mais en même temps, je ne peux pas faire semblant.
Ma balade improvisée en ville, prenant des rues au hasard, m’a menée à un endroit auquel je ne m’attendais pas du tout. Je suis devant un immeuble plutôt moderne, notre ancien immeuble à Ethan et moi.
La dernière fois que je suis sortie d’ici, je venais de rompre avec lui, il venait de me dire des paroles qui m’ont fait froid dans le dos et son regard était tout sauf amical.
« Dégage et ne remets plus jamais les pieds ici, tu t’es servie de moi. Je crois que c’est ce que je mérite, finalement j’ai fait la même chose avec Lisbeth. Mes sentiments étaient sincères Amélia et tu me jettes à la moindre difficulté, c’est sûr que ce n’est pas de l’Amour ça. Tu as raison on n’a plus rien à se dire. »
Ces paroles reviennent me frapper de plein fouet. Lorsqu’Ethan a prononcé ces mots, c’est tout mon monde qui s’est écroulé. Tout casser pour mieux reconstruire. Mais c’était aussi pour nous, Ethan était aussi une âme brisée, il nous fallait du temps. Depuis tout ce temps, je me demandais si nos chemins allaient se recroiser ou pas.
Maintenant j’ai ma réponse. Mais j’aimais à penser qu’on allait se retrouver comme avant, qu’on allait retrouver notre complicité et notre intimité rapidement et sans difficulté. Je me suis trompée sur toute la ligne.
Le Ethan que j’ai croisé dans l’ascenseur ne me plaît absolument pas. Il était tellement froid, glacial même, son regard était d’une noirceur extrême et il y avait cette aura sombre autour de lui, pas aussi sombre que lorsqu’il avait failli tuer l’homme qui m’a violée mais quand même, il me fait froid dans le dos quand il est ainsi.
Malgré tout, il ne sort pas de mon esprit. Je suis devant cet immeuble et tous nos bons souvenirs me reviennent. Nos footings, nos soirées séries-apéro, nos fous rires, nos conversations, les nuits passées dans ses bras après un cauchemar, nos nuits...
Je le revois m’embrasser comme personne ne l’a fait, ses mains habiles sur mon corps qui le réclamait constamment, nos corps qui se sont aimés comme si nos vies en dépendaient, son regard qui m’a toujours fait me sentir belle.
Il faut que je me reprenne. C’est le passé, c’est moi qui ai rompu et notre rencontre me confirme qu’il n’a pas pu retenir son côté sombre bien longtemps. Et ça, je n’aurais pas pu le supporter. Je ne peux pas être avec quelqu’un qui aime dominer, aime cette relation de supériorité.
Je repense à notre dernière soirée, nos derniers ébats. Ethan a été plus entreprenant, nos baisers ont été encore plus passionnels que jamais mais je n’avais pas peur, au contraire. Je me souviens du baiser à la lumière du frigo, un baiser plus dur, plus puissant, plus possessif mais tellement bon. Je crois que j’aurais pu jouir rien qu’avec ce baiser.
Mais à quoi pense-je ?
Il faut que je me change les idées ! Que j’arrête de penser à lui et nos ébats amoureux.
Je vais rentrer et aller faire un petit footing. Ça fait bien longtemps que je n’ai plus couru, depuis ma séparation avec Ethan en fait. Un bon décrassage va me faire penser à autre chose et va me faire du bien.
Je rentre à l’appartement en sueur et vidée.
- Tu es allée courir ?
Je m’effraie, je croyais être seule. Émilie est étonnée de me voir en tenue de sport, moi la sportive du dimanche.
- Oui, j’en avais envie et besoin. J’avoue que ça m’a fait du bien.
- Pourquoi ? J’ai loupé un épisode ? Depuis quand tu vas courir ?
- Amélia ?
- J’ai croisé Ethan...
- Hein ? Quoi ? C’est une blague ?
- Oh non, c’était bel et bien lui ! En chair et en os.
- Merde !!! Vous vous êtes vus où ?
- Dans un ascenseur à Desigane.
- Il foutait quoi là-bas ?
- Je n’en sais rien, on n’a pas trop parlé. Et pour le peu qu’il a dit, j’en ai eu la chair de poule.
- D’excitation ou de peur ?
- Deuxième réponse, il m’a fait froid dans le dos tellement il a été glacial et méprisant.
- Ah, à ce point. Bon au moins, ça te rassure sur ton choix non ?
- Mouais.
Et là je lui déballe l’histoire des chocolats, pas sûre que je lui en avais parlé. Elle tombe des nues, un peu comme moi il y a quelques heures.
- Tu vas faire quoi maintenant Amélia ? Bon j’avoue que Raphaël et toi ne respirez pas l’amour fou mais je pensais que tu étais heureuse avec lui.
- En apparence oui. Mais j’en ai marre de faire semblant. J’ai envie d’être moi et d’arrêter de faire des choses juste pour faire plaisir aux autres ou juste parce que c’est ce qu’il faudrait faire. Il manque cette petite étincelle avec lui.
- Tu as bien raison, mais Raphaël ne s’y attend pas du tout je crois.
- Je sais et je suis déjà triste rien que d’y penser mais je n’ai pas trop le choix.
- Mais oui, tu as raison ! Tiens, en parlant du loup...
Raphaël frappe à la porte. Mince, j’aurais aimé avoir du temps devant moi pour me préparer mais je crois que c’est loupé.
Il passe la porte et j’évite son baiser. Il me demande si tout va bien. Émilie prétexte une sortie et nous laisse tous les deux.
Je lui demande s’il veut boire quelque chose mais il décline et veut savoir ce qu’il se passe.
- Ok, je vais être franche et direct, je veux qu’on se sépare.
Aucune réponse, il reste bouche bée. Alors je continue :
- Je sais que tu ne t’y attendais pas mais j’ai tout essayé, il me manque cette petite étincelle avec toi qui me fait me dire que tu es l’homme de ma vie.
- Non mais attends, ça c’est dans les films, on est dans la vraie vie, ça ne marche pas comme ça.
- Je suis désolée Raphaël. Mais je ne m’épanouie pas dans notre couple, je ne suis pas vraiment moi. Tu n’as pas vraiment quelque-chose à te reprocher, c’est juste que nos chemins se séparent petit à petit et je n’ai pas envie de continuer ainsi.
- Donc ta décision est déjà prise ? Tu m’annonces ça comme ça et tu ne me laisses même pas le temps d’essayer d’arranger les choses ?
- Il n’y a rien à arranger, tu es ainsi et je ne te demande pas de changer pour moi.
- Et si j’ai envie de changer et m’améliorer pour toi ?
J’ai l’impression d’être dans une boucle spatio-temporelle, ce n’est pas possible. J’ai l’impression de me retrouver devant Ethan il y a quelques mois de ça.
Raphaël me prend la main et me demande « laisse-moi un mois Amélia, s’il te plaît. Un mois pour te reconquérir et si ça ne va pas mieux, je te laisserai tranquille. »
Je revois la tristesse d’Ethan, je n’ai pas envie de revivre ça. En même temps, c’est quoi un mois dans une vie ? Je peux bien prendre sur moi un petit mois.
J’accepte mais je ne me doute absolument pas que ça va être plus compliqué que ce que je pense.
Raphaël est heureux, il me demande ce que ça a donné à Desigane. Je le lui raconte et il me dit « ok on va fêter ça alors ? »
Je crois que c’est une des rares fois où il a réussi à me surprendre. D’habitude il suit les autres ou me suit moi, il ne prend pas les choses en mains. Alors avec une pointe de surprise, j’accepte.
Rendez-vous dans deux heures dans un bar avec Émilie et nos autres copains.
J’ai décidé ce soir de faire attention à moi. Je me suis maquillée un peu plus que d’habitude, les yeux un
