As de cœur - Renee Rose - E-Book

As de cœur E-Book

Rose Renee

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Beschreibung

LE JOLI ROSSIGNOL EST DANS MA CAGE MAINTENANT.
Elle détient l’argent de la Famille. Une vraie fortune. Et moi, je suis celui qu’on a envoyé pour faire pression sur elle. Alors, maintenant, elle joue dans mon casino. Elle se pavane sur ma scène dans son micro-short moulant. Cette fille me tue.
Je lui ai promis qu’elle serait traitée avec respect, tant qu’elle fait ce qu’on lui demande. Mais je n’aurais jamais pensé qu’elle déboulerait dans mon bureau pour me tenter, pour réclamer un aperçu de mon autorité.
Je n’aurais jamais pensé qu’elle s’infiltrerait dans ma peau.
Et maintenant, la dernière chose que je souhaite, c’est la voir rembourser sa dette.
Parce qu’alors, je devrais lui rendre sa liberté...

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Veröffentlichungsjahr: 2022

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As de cœur

Renee Rose

Traduction parMiriam Abbas

Traduction parValentin Translation

Renee Rose Romance

Copyright © 2021 by Renee Rose

Tous droits réservés. Cet exemplaire est destiné EXCLUSIVEMENT à l’acheteur d’origine de ce livre électronique. Aucune partie de ce livre électronique ne peut être reproduite, scannée ou distribuée sous quelque forme imprimée ou électronique que ce soit sans l’autorisation écrite préalable des auteures. Veuillez ne pas participer ni encourager le piratage de documents protégés par droits d’auteur en violation des droits des auteures. N’achetez que des éditions autorisées.

Publié aux États-Unis d’Amérique

Renee Rose Romance

Ce livre électronique est une œuvre de fiction. Bien que certaines références puissent être faites à des évènements historiques réels ou à des lieux existants, les noms, personnages, lieux et évènements sont le fruit de l’imagination des auteures ou sont utilisés de manière fictive, et toute ressemblance avec des personnes réelles, vivantes ou décédées, des établissements commerciaux, des évènements ou des lieux est purement fortuite.

Ce livre contient des descriptions de nombreuses pratiques sexuelles et BDSM, mais il s’agit d’une œuvre de fiction et elle ne devrait en aucun cas être utilisée comme un guide. Les auteures et l’éditeur ne sauraient être tenus pour responsables en cas de perte, dommage, blessure ou décès résultant de l’utilisation des informations contenues dans ce livre. En d’autres termes, ne faites pas ça chez vous, les amis !

Réalisé avec Vellum

Table des matières

Livre gratuit de Renee Rose

Chapitre premier

Chapitre deux

Chapitre trois

Chapitre quatre

Chapitre cinq

Chapitre six

Chapitre sept

Chapitre huit

Chapitre neuf

Chapitre dix

Chapitre onze

Chapitre douze

Chapitre treize

Chapitre quatorze

Épilogue

Livre gratuit de Renee Rose

Vouloir plus?

Ouvrages de Renee Rose parus en français

À propos de Renee Rose

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Chapitre premier

Pepper

Vous saviez que votre carrière était tombée bien bas quand vous étiez engagée pour huit semaines à Las Vegas.

Je regardai fixement le fronton au néon géant avec mon nom illuminé alors que la limousine s’arrêtait devant l’hôtel casino Bellissimo. Peu m’importait que le Bellissimo soit le lieu le plus classe et le plus branché de Sin City, ça restait Las Vegas. Le trou à rats où les artistes allaient pour gagner de l’argent facile sans stress. Habituellement après qu’ils avaient fait un burn-out.

Alors pourquoi étais-je ici vingt mois après la sortie d’un album et moins de quatorze heures après la dernière prestation d’une tournée éreintante ?

Parce que Hugh, mon connard de manager, m’avait vendue.

Et maintenant, mes parents, Hugh et moi avions une montagne de problèmes que moi seule pouvais régler.

Anton, mon garde du corps, sortit le premier, puis m’offrit une main pour m’aider. Je l’ignorai, parce que, ouais… j’avais vingt-trois ans, alors j’étais tout à fait capable de sortir d’une voiture toute seule, et pas assez capricieuse pour vouloir de l’aide, même si j’appréciais le geste. Je descendis et secouai le bas de ma robe « baby doll » à bretelles, que j’avais associée à une paire de Doc Martens rouge brique usée, et retirai mes écouteurs, l’album de Radiohead continuant à tourner.

Une femme dans la quarantaine avec une robe bleue et des talons aiguilles sortit à pas décidés, se dirigeant droit vers Hugh. Derrière elle, un homme imposant aux larges épaules se tenait juste devant la porte dorée, à regarder.

À me regarder.

Ce n’était pas inhabituel. J’étais une pop star, après tout, mais c’était la manière dont il me regardait qui me figea le sang dans les veines, comme une menace. Son observation silencieuse et peu impressionnée ainsi que son beau costume italien le trahissaient.

C’était Tony Brando, l’homme qui maintenant me possédait.

Je le reconnaissais. Il s’était pointé à mon concert à Vancouver, puis de nouveau à Denver.

Il était la raison pour laquelle nous étions ici, bien que je sois à trois heures d’un effondrement total, sur le point de perdre ma voix et avec un besoin désespéré de pouvoir me retrouver un peu seule.

Bien sûr, même si la pègre n’en avait pas eu après moi pour près d’un million de dollars, Hugh m’aurait probablement engagée jusqu’au siècle prochain. Mon bien-être n’avait jamais été pris en compte dans ses plans ni ceux de mes parents pour ma carrière.

J’avais dit à Hugh deux ans auparavant que j’avais besoin d’une pause. Il était temps de retrouver ma muse et de faire la musique qui m’avait catapultée dans le monde des stars. Je voulais m’enfermer dans un studio pour enregistrer mon prochain album, ce qui résoudrait le problème de liquidités dans lequel mes parents se trouvaient après quelques mauvais investissements l’année précédente.

Mais Hugh avait un plan infaillible.

Un plan idiot et dangereux pour lequel mes parents et moi lui avions fait aveuglément confiance.

— Bienvenue, mademoiselle Heart. Je suis Angela Torrino, directrice événementielle. Le Bellissimo est ravi de vous avoir, comme vous pouvez le voir.

Elle fit un geste vers le panneau de trente mètres de haut où le néon affichait mon nom en lettres lumineuses sur le Strip.

Je lui serrai la main en essayant de me forcer à sourire. Je fis mon possible pour ne pas jeter un coup d’œil à l’homme au costume à fines rayures qui rôdait derrière elle.

Hugh fit le tour en trottinant et prit le relais, comme toujours.

— Merci d’avoir pris les dispositions nécessaires, madame Torrino, dit-il en lui serrant la main. Maintenant, si vous pouvez nous donner accès à la scène, nous allons commencer à installer pour que Pepper puisse répéter avant sa prestation de ce soir.

C’est ça. Répéter… maintenant. Parce que Dieu sait que c’était un sacrilège de prendre un jour de repos après avoir voyagé avant que je ne me produise. Ou même une heure.

Je suivis Hugh et Mme Torrino vers les portes de l’hôtel casino. Anton juste derrière moi et légèrement sur ma gauche.

Mme Torrino s’arrêta pour présenter Hugh à l’homme imposant dans l’entrée. Brando l’ignora et s’avança. Ses mouvements étaient gracieux pour un homme d’au moins un mètre quatre-vingt-quinze. Son regard était clairement posé sur mon visage, et pas de la manière qui disait waouh je rencontre la jeune et célèbre rock star Pepper Heart. Non, c’était plutôt un gros méchant loup qui étudiait sa proie.

Son regard passa sur mes lèvres, puis plus bas, sur mes seins sans soutien-gorge, puis sur mes jambes nues. Puis remonta à un rythme plus paisible, se posant finalement sur mes yeux.

J’étais presque sûre que ce qu’il voyait lui plaisait, mais il ne me souriait pas d’un air lubrique. Le sourire sur ses lèvres était davantage de la satisfaction, comme si j’étais un grand vin qui venait de lui être livré et dont il savourait le bouquet.

Mon estomac se noua.

— Mademoiselle Heart, voici Antonio Brando, un des directeurs des opérations du Bellissimo, présenta gaiement Mme Torrino qui se tenait derrière lui.

J’aurais aimé dire que son grand visage effrayant le rendait laid, mais cela aurait été un mensonge. Même avec les marques légères de cicatrices marquant sa mâchoire robuste, son front et sa joue gauche, il était magnifique. Comme une sorte de demi-dieu romain envoyé sur terre pour mettre des hommes en charpie et conquérir des femmes jusqu’à ce que les humbles humains aient tous été domptés.

Il ne me tendit pas sa main. Je ne le fis pas non plus. En fait, je lui lançai mon meilleur regard disant va te faire voir : celui que je réservais habituellement à Hugh.

— J’attends avec impatience votre spectacle de ce soir.

Sa voix de baryton me traversa, allant vibrer directement entre mes cuisses.

J’aurais bien aimé que mon corps n’ait pas cette réaction à proximité de cet homme, parce que j’aurais vraiment préféré le détester que d’être excitée à cause de lui. Mais il incarnait la puissance masculine massive. De lui irradiaient discrètement l’assurance et la domination.

Et la menace.

Oui, il y avait une violence sous-jacente en lui qui m’envoya des frissons le long de l’échine.

Je serrai les lèvres, ne trouvant rien à dire, parce que je ne voulais pas avoir les rotules brisées. Et j’étais presque sûre que ça arrivait, ici. La famille criminelle Tacone possédait et dirigeait le Bellissimo. De plus, ce qui était plus important, je ne voulais pas qu’il entende l’état de ma voix. Elle était presque éteinte. J’étais malade depuis des semaines, et honnêtement, je ne savais pas si je pourrais tenir pendant cette dernière période à Las Vegas.

Hugh s’approcha précipitamment et m’attrapa le coude, sa manière de chercher à me contrôler.

— Viens, allons sur cette scène pour que tu puisses répéter. Je ne veux pas de bourde ce soir.

Je baissai la tête et le suivis, pas parce que j’étais d’accord avec lui sur le besoin de répéter, mais parce qu’il fallait que je m’éloigne du regard brûlant de Brando.

Aussi vite que possible.

La main de Hugh se resserra sur mon coude alors que nous nous déplacions à travers le casino.

— Tu veux tous nous faire tuer ? chuchota-t-il rageusement à mon oreille, son haleine puant le café aigre.

— Je croyais que tu t’étais déjà occupé de ça, répondis-je d’une voix rauque et de mon ton le plus pince-sans-rire et ennuyé, celui qui le mettait en rage.

Puis je fis la sourde oreille à son sermon alors que les clients du Bellissimo appelaient mon nom et commençaient à prendre des photos. Je souriais et leur lançais le symbole de la paix alors que nous traversions le casino en une longue parade depuis la porte d’entrée jusqu’à la salle de concert à l’arrière de laquelle mon bus de tournée était garé. Bien sûr, nous aurions pu nous garer là dès le début, mais c’était la stratégie de Hugh pour s’assurer que tout le monde saurait qu’il y avait quelqu’un de célèbre dans le bâtiment : un effet d’annonce pour le spectacle. Les membres de mon groupe et les roadies avaient le luxe de pouvoir passer à l’arrière paisiblement.

Mais honnêtement, ça ne me dérangeait pas. J’adorais mes fans. C’était la raison pour laquelle j’écrivais de la musique. La raison pour laquelle je chantais.

Un groupe de fêtards turbulents se bouscula d’un peu trop près, s’imposant à mes côtés pour pouvoir prendre des selfies avec moi. Anton leur aboya de reculer, me protégeant de son corps, puis soudain la sécurité du casino se regroupa en masse, formant une bulle protectrice autour de nous.

— Je ne sais pas, elle n’a qu’un seul garde du corps, dit l’un d’eux dans son talkie, puis : Compris, Tony. Nous resterons avec elle en permanence.

Tony.

Je me tournais pour voir mon immense gardien. Il marchait tranquillement derrière nous alors qu’il donnait des ordres à son personnel. Nos regards se croisèrent et se soudèrent, le sien était sombre et prometteur.

Mon cœur s’accéléra.

Je voulais retourner vers lui et lui dire toutes les choses que j’avais retenues quand nous nous étions rencontrés dehors, mais c’était comme si la terre grondait sous mes pieds. Les plaques tectoniques remuaient et se déplaçaient, se réarrangeant.

J’avais peut-être pensé que je pourrais gérer Las Vegas. Gérer mes obligations vis-à-vis du Bellissimo. Entrer, sortir. Retenir ma dépression jusqu’à ce que ce soit terminé. Mais maintenant que j’avais rencontré Tony Brando, je savais que j’étais dépassée.

Il était difficile d’imaginer que je survivrais à ce boulot en gardant mon âme intacte.

Tony

Merda. Pepper Heart n’était pas du tout ce à quoi je m’étais attendu. J’avais pensé qu’elle était une fêtarde, une jeune rock star gâtée qui avait gaspillé son argent. Soit ça, soit une gamine qui avait besoin de grandir, dont les parents ou le manager avaient peut-être terriblement mal géré la carrière et les finances. Et cette dernière hypothèse était peut-être vraie, mais Pepper n’était ni une enfant ni une starlette insipide.

Elle avait tout d’une femme.

Une femme superbe aux jambes fines et musclées comme une ballerine. Des nichons jeunes et sans soutien-gorge – putain, sans soutien-gorge – qui se déplaçaient sous sa jolie petite robe « baby doll » comme s’ils suppliaient qu’on les lèche. Ses épais cheveux couleur platine sur un balayage rose étaient coupés au carré et ses yeux étaient maquillés d’un lourd eye-liner noir. Ces yeux étaient ce qui m’avait fait réviser mon jugement sur elle. Grands, profonds, de la couleur du caramel chaud : ils étaient emplis de douleur.

Et si je revoyais son connard de manager de nouveau l’attraper comme ça par le coude, j’allais tirer sur sa cravate si fort que ses yeux sortiraient de leurs orbites.

Je le jurais devant la Madonna.

J’ordonnai à mes gars de garder un œil sur elle en permanence, parce que je n’aimais pas qu’elle n’ait qu’un seul garde du corps et que les fans veuillent approcher de près son petit corps épanoui.

Je suivis à distance son escorte, me disant que je m’assurais simplement qu’ils remplissaient leurs obligations envers moi. Envers Nico. Et Junior.

Pepper Heart devait un paquet d’argent aux Tacone, et c’était mon travail de m’assurer qu’elle le rembourserait. Je pourrais dire qu’elle avait de la chance d’avoir le talent et le suivi pour que je les lui soutire, mais ce n’était pas de la chance. Junior Tacone savait ce qu’il faisait quand il l’avait laissée emprunter  neuf cent mille dollars pour produire et sortir son dernier album en plus de sa tournée mondiale – qui s’était vendu mollement. Il savait que nous pourrions la faire travailler au Bellissimo. Pour toujours, si nécessaire.

Le mignon petit oiseau chanteur était dans ma cage désormais.

Et bon sang, j’aurais voulu qu’elle soit une starlette gâtée qui passait son temps à boire et à faire la fête pendant sa tournée. Parce que je n’aimais pas mettre la pression à une femme.

J’avais un gros problème avec ça, en fait.

Ça avait toujours été mon point sensible.

Le Don avait averti son fils Nico quand il nous avait envoyés à Las Vegas ensemble, des années auparavant. Quand Nico avait décidé de se faire un nom loin de Chicago, Don Tacone avait dit :

— Fais confiance à Tony. Il sera ton soldat le plus loyal. Mais ne lui demande jamais de faire du mal à une femme. Et ne fais jamais de mal à une femme. Ou tout tombera à l’eau.

Le Don avait su. Il avait fermé les yeux pendant que j’œuvrais pour réparer les torts de mon enfance, que je me salissais les mains et l’âme, à la manière d’un justicier.

Alors j’espérais du fond du cœur que toutes les places de concert de Pepper se vendraient, que sa dette serait payée et que nous la renverrions d’ici indemne.

Parce que je ne voulais pas qu’elle sache le genre de violence dont j’étais capable. Ce que j’avais fait depuis que j’avais vendu mon âme au diable Don Tacone.

J’arrêtai une des serveuses.

— Déposez une bouteille de notre meilleur champagne dans la loge de Mlle Heart avec mes compliments.

Ce n’était pas parce que je me sentais coupable.

C’était simplement pour arranger les choses entre nous. Un geste de bienvenue, pour lui montrer qu’elle serait traitée avec respect, du moment qu’elle faisait ce qu’on lui disait.

Absolument pas parce que j’en avais quoi que ce soit à faire de ce qu’elle pensait de moi. Ni parce que ce petit regard noir et sexy qu’elle m’avait lancé quand nous avions été présentés m’avait donné une érection plus dure que de la pierre.

Je n’aurais pas dû célébrer le fait qu’elle n’avait pas peur.

La mettre à l’aise ne faisait certainement pas partie de ce boulot.

Chapitre deux

Pepper

J’allais vers ma loge, essuyant la sueur avec le petit essuie-main qu’Izzy, notre régisseuse aux cheveux bleus qui portait des bottes militaires, me tendit. Elle me tapota sans conviction l’épaule, comme pour dire : Ouais, ça craint.

Elle était du genre soucieux et silencieux, mais dernièrement je pensais avoir remarqué des ondes de compassion de sa part. Comme si elle savait que ce navire coulait.

Hugh m’avait fait endurer toutes les chorégraphies, même si nous avions fait ça soixante-quatre fois au cours des trois derniers mois. Oui, des chorégraphies.

C’était humiliant et triste. J’avais peut-être commencé comme chanteuse emo alternative, mais les producteurs m’avaient depuis longtemps poussée dans le rôle de pop star. Ce qui signifiait que j’étais accompagnée de danseurs. Et que je devais danser avec eux.

Il ne me faisait pas chanter. C’était parce que je ne pouvais pas. Je veux dire littéralement : si j’avais essayé de chanter à ce moment-là, la laryngite me laisserait muette d’ici que le concert commence. Et je devais au moins parler à mes fans.

Parce que si je ne pouvais pas, nous ne pourrions pas réussir le numéro de play-back gênant que j’avais été forcée de faire au cours des trois nuits précédentes.

Mon ventre se tordit de honte.

Si ça se savait, ce serait la fin de ma carrière.

Nous aurions dû annuler le reste de cette tournée trois semaines avant, quand j’étais tombée malade et que je m’étais écroulée en sortant de scène. Mais nous ne pouvions pas.

Pas avec Tony Brando sur notre dos.

The show must go on.

J’ouvris la porte de ma loge et trouvai un seau à champagne avec une bouteille de Moët au frais. La carte à côté annonçait : « Avec les compliments de Tony Brando. »

Je serrai les poings. Peut-être que j’étais folle. Peut-être que j’avais atteint mes limites, mais ce geste envoya une onde de colère brûlante à travers moi. C’était une chose de me forcer à me rabaisser en jouant dans ton fichu casino. C’en était une autre de jubiler. Ou de prétendre que j’étais une invitée d’honneur, quand en fait j’étais ta fichue esclave.

Je pris la bouteille par le goulot et sortis d’un pas décidé, toujours habillée de mon crop top trempé de sueur et de mon shorty moulant. Je descendis par l’avant de la scène.

— Où tu vas, Pepper ? lança Farley, mon guitariste de dix-huit ans.

Son jumeau, Scott, se plaça derrière lui. Engager les Wonder Twins scolarisés à domicile quelques années auparavant avait été une des meilleures idées de Hugh. C’était un plan fantaisiste, effectué uniquement dans le but de profiter des articles de presse, mais ils étaient en fait géniaux. Il était facile de travailler avec eux, ils étaient follement talentueux et, globalement, de bons gars.

— Tout va bien ? lança Izzy.

— Je vais avoir une discussion avec la direction.

Je repris ma marche d’un pas lourd dans la salle vide puis sortis.

— Excusez-moi ? Pouvez-vous me dire où trouver Tony Brando ? demandai-je à un type de la sécurité à la porte.

Ses yeux sortirent de leurs orbites, probablement surpris de me voir sans escorte, et il cafouilla avec son oreillette.

— Euh, ouais. Je vais vous mener à lui, mademoiselle Heart. Par ici.

Il me fit traverser le casino.

Et ouais. J’aurais dû m’arrêter pour me changer. Parce que je ne passais vraiment pas inaperçue. Tout le monde me regardait, bouche bée, alors que je passais. Le gars de la sécurité faisait de son mieux avec son corps pour les empêcher de me voir, ce qui était mignon, vraiment. Nous arrivâmes dans un couloir où il y avait des bureaux, il frappa à une porte, puis l’ouvrit quand un grognement se fit entendre de l’intérieur.

Il inclina la tête et tendit une main d’un geste d’excuse.

— Vous y voilà, mademoiselle Heart. Voici monsieur Brando.

Le corps gigantesque de Tony se redressa derrière son bureau, ses yeux passant sur moi avec la même attention satisfaite qu’il m’avait accordée dehors, seulement cette fois, il y avait une trace de surprise. De curiosité.

La porte se referma derrière l’agent de sécurité. Brando souleva simplement un sourcil sans rien dire.

Mon estomac avait fait un bond, se glissant sous mes côtes, empêchant mes poumons de se gonfler. Je haletai, soudain intensément consciente de la manière dont mon haut trempé de sueur moulait mes seins, du picotement de mes mamelons contre le soutien-gorge intégré et du fait que mon short de danse était à peine plus grand qu’une culotte.

Et à en juger par la manière dont Brando desserra sa cravate, je dirais qu’il trouvait ma tenue aussi provocante qu’elle était censée l’être… quand j’étais en sécurité sur la scène. Pas tout près dans le bureau chic d’un homme de main de la mafia.

J’agrippai plus étroitement la bouteille de champagne et la soulevai.

— Vraiment ? Du champagne ? demandai-je d’un ton cassant.

Je n’aurais pas dû être aussi imprudente avec mes cordes vocales, mais heureusement, mes mots sortirent clairement, avec seulement un très léger grincement.

Il pencha la tête sur le côté, comme s’il essayait de décoder mes paroles.

J’avançai et posai la bouteille de champagne avec un bruit sourd et bruyant.

— Vous et moi savons que vous me possédez, monsieur Brando.

Je croisai son regard aux cils sombres avec audace.

— Pepper Heart Inc. vous est redevable, et vous allez avoir votre part de toutes les manières possibles. Alors vous pouvez sauter l’invitation à dîner. Si vous exigez un paiement de ma part, continuai-je en enserrant brusquement mes seins, mettez du lubrifiant et allez-y. Autrement, fichez-moi la paix.

Il parut choqué, puis ses sourcils s’abaissèrent brusquement. Il fit le tour du bureau à pas raides vers moi, comme un lion géant, gracieux et terrifiant. Il me fallut toutes mes ressources pour camper sur mes positions, garder le menton levé, le défiant de mon regard.

Il me coinça contre le bureau jusqu’à ce que mes fesses soient perchées sur le rebord et qu’une de ses cuisses se retrouve entre les miennes. Il était si près de moi que je sentais sa chaleur partout, et pourtant, étrangement, il réussissait à ne pas me toucher. Ma respiration se coinça dans ma gorge.

— Oh, trésor.

Sa voix était si profonde et grondante, ses yeux étincelaient sombrement d’un air colérique. Je saisis une bouffée de son odeur : pas de cigare et de cuir, comme j’aurais pu m’y attendre. Non, c’était grains de café et épice.

— Je n’ai pas à payer pour du sexe. Et je ne force certainement jamais personne, dit-il, un muscle tiquant dans sa mâchoire. Quiconque te dira le contraire est un menteur.

Mes mamelons étaient tellement durs qu’ils me brûlaient. J’aurais pu jurer que je sentais la chaleur de sa cuisse juste entre mes jambes. Si je me balançais vers le bas, je pourrais peut-être soulager cette tension.

Comme s’il lisait dans mes exactes pensées, il baissa le regard entre nous, sur les extrémités de mes tétons érigés, puis sur mes jambes écartées autour de la sienne.

— Mais si ça t’excite de te sentir possédée…

Il souleva la main, posa le dos d’une de ses phalanges sur mon mamelon gauche, le frôla très légèrement, comme s’il testait pour voir si j’allais m’éloigner.

— Je pourrais peut-être jouer le jeu.

Sa voix était plus profonde, plus douce.

Cette idée était absurde, mais que Dieu me vienne en aide, j’avançais le bassin, frottant mon petit clitoris désireux contre son pantalon.

Il prit une inspiration tremblante, un muscle tiqua le long de sa mâchoire marquée de cicatrices. S’il avait montré plus d’arrogance, s’il s’était moqué de moi, je lui aurais donné un coup de genou dans les parties… j’étais en parfaite position pour le faire. Mais voir l’effet que j’avais sur lui me calma. M’enhardit. Je me frottai encore un peu contre lui.

Il posa une main près de mon postérieur et inspira, comme s’il respirait mon odeur. Quand il pinça mon mamelon entre deux phalanges, mon intimité se resserra.

Mais malheureusement, mon cerveau se réveilla. C’était un homme qui avait menacé Hugh physiquement. Il représentait une menace mortelle pour moi et ma famille. Juste parce qu’il était un étalon sexy de plus de quatre-vingt-dix kilos, juste parce qu’il semblait en savoir plus sur ce qui m’excitait que moi, ce n’était pas une raison pour que je m’offre à lui.

Je descendis de son bureau, contre son corps dur et musclé, poussant son torse de mes mains.

Heureusement, il recula immédiatement.

Après la manière dont il s’était hérissé devant mon accusation tout à l’heure, je n’étais pas surprise. Apparemment Tony Brando opérait selon un code éthique qui impliquait de traiter les femmes avec respect.

Tant mieux pour lui.

Ça ne signifiait pas que je souhaitais me frotter à sa virilité italienne et sexy.

Tony

Pepper ouvrit la porte de mon bureau, et le conflit entre cacher ma verge dure et la laisser sortir sans garde du corps devint réel. Je marmonnai un juron et la suivis.

— Attends, lançai-je vers son petit cul musclé.

Parce que, ouais, c’était là que mon attention ne pouvait s’empêcher de rester collée. Elle portait ce petit short – ce satané short minuscule – qui était en Lycra et laissait la moitié de ses fesses exposée.

Et elle avait un cul super sexy. Musclé, galbé. Mignon.

— Je ne vais pas te laisser sortir sans un garde.

Elle m’ignora et continua à se déhancher dans le couloir. Balançant ses hanches exprès.