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L'amour, tel l'horizon, on le découvre souvent trop tard, bien en avance, ou en cette seconde, et toujours à contre-temps. Dans cette alchimie, la fuite du temps devient l'unique repère. Ce recueil de poèmes Au futur du passée met en branle cet univers étrange dans lequel nous voyageons. Tantôt gais, tantôt tristes, inquiets ou incrédules, mais jamais indifférents. Avec pour ultime destination : l'amour et sa conquête.
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Seitenzahl: 31
Veröffentlichungsjahr: 2021
CATHERINE ZERINI
Ce matin m'indiffère,
Les rêves pris dans les fers,
L'espoir s'est envolé,
Telle l'hirondelle
Dans le froid de l'hiver,
Consumée,
Brûlée à terre
Par les spasmes
Incendiaires.
Les songes
Ont perdu leurs assises,
Fini par chauffer
L'imagination,
Pétales éternelles
Du temps,
Quand,
L'oiseau
Prenait feu.
A t-il fallu
Que d'un battement d'aile,
L'air saturé de plaisir
Ait fini par divaguer ?
Et carboniser,
Comme boa à l'agonie
Sa chair surannée ?
Englouti
Par le vautour,
Un coup de bec,
Fatal,
Et,
La charogne
Encore fraîche.
Ce matin m'indiffère
Lesté de l'ancre,
Largué par le large,
Le présent a fini sa course
Loin,
Dans le catafalque,
D'ors et de soie.
Dans ce brasier maudit,
Mon corps calciné,
A percé
Le repos éternel.
Ce repos
Qui n'existe
Que dans
Ce matin même.
À l'envers des campagnes,
La terre étale son ombre,
Et la pauvre arche lunaire
N'en finit pas de jeter
Sa lueur altière.
Partons égarés
Tous les deux,
Foulons les chemins,
Grimpons le mont Chauve,
Humons les nappes chaudes de midi,
Et pénétrons dans les vapeurs d'alcool
Si chères à Moussorgski.
Comme ces Tableaux d'une exposition,
Mon cœur ne voit du globe,
Que la vaste immensité fébrile
Derrière le rideau filé du monde.
Du haut de mon piédestal,
Ma tête se penche,
Mes yeux se grisent,
Et mon cœur m'abandonne.
Et comme la bouteille à la mer
Prise dans le ressac sans issue
Jette son dernier souffle,
Je chante ma partition,
Portée saccadée
D'un râle définitif.
La seule promesse
Aura été de ne pas en être.
Et puis,
Comme un mirage,
Une aube nouvelle.
Je tangue,
Accroché à l'abordage.
Le monde recommence à vivre,
Les feuilles à bouger,
Les enfants à jouer,
Et ton sourire,
Apparaît
Au visage magique
De ma conscience....
Ressuscitée....
Au lointain rivage,
Loin des vertes prairies,
S'égosillent encore,
Les goélands du Nord
Venus chercher leur pâture.
Dans le froid glacial de l'hiver,
Le large a rendu l'âme,
Et à la marée montante,
Encore,
Quelques cargos,
Et autres mâts à l'abordage.
Les pluies ont décimés les cales
Servant d'appuis à la mégère,
Et d'une patte amputée,
S'accroche encore sans ambages
Au canot tombé à terre.
Le vent a gagné.
Avec la force d’une massue,
Emporté,
Le dernier cormoran,
Sur le pont,
Croasse encore.
Et, d'un regard distrait,
Cherche, en vain,
Les petits à apprivoiser.
La lune a donné
Une pâleur extrême
À cet étrange cimetière
Dont l'ultime épitaphe
Aura été un mot
À ce marin perdu.
Et moi,
Dans une brume amère,
Les yeux embués de larmes,
Je contemple
