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L'enfance hante toujours l'adulte que nous sommes. À travers l'empreinte éphémère, le premier pas creuse le germe de l'étoile qui nous guide au long des jours. Une petite révolution infinie en marche; voilà la promesse de l'avenir sans lendemain.
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Seitenzahl: 24
Veröffentlichungsjahr: 2021
POÈMES I-XLIV
L'enfance est passée amère
Un peu lente sur son char déployé,
A coupé court à l'abri d'un catafalque doré,
La mise en demeure future du réprouvé.
Ces années sont passées bien vite,
Le temps d'une adolescence agitée,
Promesse infinie d'un été effacé,
Longueur invisible de l'éclair.
De ce promontoire rêvé,
Où s'échappent des rêves invincibles,
Je regardais toujours la plaine épaisse
Signe de grandeur, avenir de l'horizon
Hélas, il faut bien dire qu'aujourd'hui
L'effroi est là sans surprise, sans retard
Et dans l'effronterie de mon âge
Cela ne résonnait jamais en moi
L'avenir est ce cœur arraché,
Aucune pierre trop luisante
Pour cette vérité brillante
La neige comme autel
A gelé les plus belles clameurs
Une voix endeuillée et telle
Voilà la destinée.
Essayez de fuir le bourreau intérieur,
L'échafaud n'y sert à rien,
Pendu dans la salle des pas perdus,
L'égaré de la mémoire, à l'affût.
Il vous attend comme au premier jour,
Pour le premier service et sans fin,
Toujours pour l'ultime, pareil,
Que la veille et le lendemain .
Ce hoquet du souvenir,
Attrape votre cou ,
Comme le clou vrillé de la fortune,
La Fatalité futile et importune.
Inventaires falsifiés,
Vertige d'une corde qu'on tire,
La débâcle, puis la vengeance,
Voilà mystère de la sentence.
Que les jours étaient longs
Cet été ci,
Que les rires étaient larges,
À cette heure-là
Dans le petit parc
Derrière la plage,
La petite fille
Balançait et chevauchait
Le petit cheval de fer,
Comme un arc
Tel l'assaut de Jeanne d'Arc
Que savants et amoureux de l'enfance
Avaient fixé là sur ressorts
Près du gros bac à sable
Que son frère foulait avec malice
S'adonnant à de drôles de jets
Avec ses compères
Avide de grand air,
Debout sur un pneu,
Elle s'envoyait en l'air,
Loin, très haut,
De plus en plus haut,
Souriait avec bonheur
Au parterre de fleurs,
