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Vivez l'aventure de quatre naufragés sur une île perdue au large de Brest. Outre la mer, de nombreux dangers les menacent, un peuple insulaire divisé dans une guerre sans merci, une magie antique aux portes d'un réveil destructeur et d'obscurs étrangers venus de terres lointaines prêts à tout pour s'emparer de reliques ancestrales... Egarés dans des enjeux trop vastes pour un si petit territoire, Estelle, Thomas, Aurélie et Eric parviendront-ils à rentrer chez eux ?
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Seitenzahl: 144
Veröffentlichungsjahr: 2021
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Avant-propos
Chapitre 1
Chapitre 2
Chapitre 3
Chapitre 4
Chapitre 5
Chapitre 6
Chapitre 7
Chapitre 8
Chapitre 9
Après Les fils du crépuscule, un premier roman sombre et intimiste, je voulais offrir une nouvelle facette de cet univers fantastique avec une aventure courte et dynamique. Facile à lire, généreuse en suspens et en personnages, je voulais d’une histoire d’exploration, aussi dépaysante que riche de symboles et d’intrigues.
Cette histoire fut d’abord diffusée au format audio sur Youtube (chaîne mvrazinis). Si l’exercice de l’interprétation, le montage musical et les effets sonores ont confié à l’ensemble une certaine valeur immersive, il restait indispensable de conserver une trace du matériau écrit d’origine. Mais je ne voulais pas d’une version livre qui ne serait qu’une retranscription mot à mot du texte lu au micro.
J’aime à ce que chaque support, chaque création, conserve une part d’originalité. Ainsi, si en lisant ces lignes vous n’avez pas de musique épique ou de bruitages associés, vous aurez le plaisir de découvrir trois chapitres supplémentaires enrichissant votre compréhension de l’univers. Vous profiterez également de quelques rectifications, ajouts et corrections du texte originel, sans modification de l’histoire qui reste authentique.
Merci à tous ceux qui auront soutenu ce projet et sans qui il n’aurait probablement pas vu le jour ; vous vous reconnaîtrez. En vous souhaitant un beau voyage sur l’île d’Hyd en compagnie de nos quatre naufragés…
Matthieu
Des creux de presque dix mètres, des vagues aiguisées comme les canines d’un fauve enragé, l’océan mâchouillait ses victimes sous le regard d’un ciel complice. Les éclairs menaçants demeuraient l’unique lumière braquée sur la débâcle du navire. De longues traces de gouttes immenses perlaient le long de sa coque ; le colosse d’acier pleurait. Il sanglotait même, prit dans le hoquet des flots déchaînés. Lui seul garderait souvenir de cette nuit aux eaux noires. Future épave, il n’aurait que la rouille pour compagne, les profondeurs en guise d’éternité, et tout le loisir de se remémorer son court passage parmi les vivants.
Si fier en quittant la veille le port de Brest, toute estime de lui le quitta sitôt le large atteint. Le roulis incessant n’avait besoin que d’une infime augmentation d’amplitude pour provoquer son renversement. L’océan savourait cet instant, tardant à déglutir son copieux repas.
Lorsque cela finit par arriver, l’Atlantique ressentit avec satisfaction sombrer ces tonnes rondelettes au fond de son estomac tapissé de cadavres ferreux. Cette nuit-là fut une pêche des plus copieuses, outre le cargo faisant office de plat de résistance, il put se délecter de quelques bateaux de plaisance en guise d’apéritif. Mais ce dîner lui laissa un arrière-goût désagréable, un manque de nutriments. Dépourvus d’une partie de leurs équipages, volatilisée on ne sait où, les coques demeuraient dépourvues de saveurs. Où qu’elles aient pu échouer, la gueule de l’Atlantique n’en vit aucune trace sur ses millions de kilomètres carrés.
L’océan, déçu, finit par retrouver un calme relatif pour s’en retourner bouder dans ses abysses…
***
Au lendemain et sur des flots plus calmes, un catamaran sillonnait l’ogre endormit avec à son bord un équipage réduit. Un petit groupe de rescapés ignorants de leur sort s’éveillait doucement sous le regard concentré de leur sauveuse.
Ses yeux turquoise scrutaient chacun de ses louveteaux repêchés, jaugeant de leurs capacités à émerger de leurs chaos intérieurs. Sa tunique de laine cyan se prolongeait en son dos par une longue cape frémissante au souffle des vents marins. Sa peau lisse, noire, ne semblait pas souffrir de l’air salé et des rides qu’il provoquait chez d’autres. Sérieuse, elle s’appliquait à maintenir un itinéraire précis vers un lieu de sa seule connaissance.
Le plus vif des quatre se releva, fardé d’un uniforme médaillé d’algues et d’oursins, cherchant son équilibre entre le battage des flots et le tangage de ses idées.
— Qui êtes-vous ? Qu’est-ce qui s’est passé ? demanda-t-il en fixant le bleu de ses yeux pour palier son vertige grandissant.
— Hélène, ça fait trois jours que je suis partie en mer, ç’aurait pu durer plus longtemps mais il a fallu que je tombe sur vous. Aucune idée d’où vous pouvez bien venir... Mais ça arrive de temps à autre qu’on retrouve des flotteurs… Vous ne vous souvenez de rien, n’est-ce pas ?
— Des flotteurs ? répondit-il, hésitant à se sentir vexer par ce terme inhabituel, non pas le moindre souvenir… Je sais juste qu’on est intervenu avec mon équipe pour venir en aide à un bâtiment en perdition… Au fait, moi c’est Éric, merci du repêchage…
Hélène regarda avec étrangeté la main qu’il brandit vers elle sans savoir quoi faire avec. Ses doigts restèrent cramponnés à la barre, tenant l’imposante voile sans risquer d’être distraits par cet individu saugrenu. Elle reprit le fil de la conversation, interrompant la gêne suspendue entre deux fracas de vagues.
— Votre équipe ?
— Oui, je suis de la gendarmerie maritime, on intervenait sur une vedette, on partait du port de Brest… Une sacrée tempête s’était levée… C’est là que vous nous ramenez je suppose ?
— Brest ? Non c’est pas là qu’on va…
— Où est-ce qu’on va alors ? intervint une naufragée qui n’avait rien manqué de la conversation.
La jeune femme, approchant la trentaine, essuyait péniblement l’eau de mer de ses lunettes pour mieux observer sa sacoche détrempée remplie de livres moisis par l’humidité.
— Fait chier ! Je devais les rapporter à la BU… souffla-t-elle exaspérée.
Éric et Hélène échangèrent un regard amusé devant le décalage de sa remarque.
— Nous retournons sur l’île d’Hyd chers amis, plus précisément au port de Murme-Crique, expliqua la capitaine, ce serait étonnant que vous ayez déjà entendu parler de l’endroit…
— Aïe…gémit un troisième allongé la tête face à l’eau, luttant pour ne pas dégobiller. Ils ont de l’aspirine à Murme-Crique ?
— Vous ne vous connaissez pas tous les quatre ? demanda Hélène à son équipage de fortune tout en virant de bord.
— Non, j’ai pas la moindre idée de qui vous êtes… intervint la dernière des sinistrées, restée dans un coin. Mais si c’est l’heure de faire un tour de table, je m’appelle Estelle. Tout ce dont je me souviens c’est que j’étais sur un grand bateau, je devais interviewer des personnalités pour un reportage, je suis journaliste, et vous ?
Le jeune homme nauséeux se leva brusquement, bombant son torse recouvert d’une chemise à manches courtes aux motifs improbables.
— Thomas, ingénieur en mécanique, ‘tendez deux secondes je suis pas prêt là, s’écria-t-il faiblard avant d’être saisi à nouveau par un spasme vomitif.
— Aurélie, reprit la trentenaire à lunettes, grimaçante de dégoût à l’entente des sons de régurgitations, je suis en fac d’ethnologie, je suis simplement partie en croisière sur ce bateau au départ de Brest avec ma famille… qui d’ailleurs…
— Tout pareil… compléta Thomas, toujours vacillant, interrompant l’expression mélancolique de sa collègue.
— C’est donc votre bateau qu’on essayait de sauver cette nuit… commenta le gendarme.
— Plutôt brillant comme sauvetage, lâcha Aurélie, sarcastique.
Éric leva les yeux au ciel devant tant d’ingratitude.
— Attendez une minute, on peut pas être les seuls survivants c’est pas possible ! s’écria Estelle en pleine révélation. Hélène, faites demi-tour il doit y avoir…
— Rien, assena-t-elle, il n’y a rien là où je vous ai trouvé, pas de débris, pas de bateau, rien. C’est normal, ne vous inquiétez pas…
— Parce que vous trouvez pas ça inquiétant ? rétorqua Éric, outré par la nonchalance de leur secouriste de fortune.
Un semblant de panique gagna peu à peu les quatre rescapés, qui réclamèrent à Hélène de plus amples explications quant aux circonstances de leur sauvetage et au lieu de leur destination. Encore sonnés par la tempête, ils n’avaient guère la capacité de la moindre colère, mais leur sérénité restait soumise à lourde épreuve.
Une paix relative finit par s’installer tant bien que mal lorsque l’ébauche d’un rivage se dessina à l’horizon. La seule perspective d’une terre ferme redonnait des couleurs au visage de Thomas et l’espoir aux autres. La promesse d’une ville quelle qu’elle soit rendait possible une multitude de scenarii. Peut-être demeuraient-ils les seuls disparus ? Auquel cas tous avaient dû être secourus avant eux, ils seraient alors le dernier lot de naufragés. Une thèse peu probable comme l’attestait la simple présence d’Éric, indiquant que même la police avait échoué. Plus encore que les sursauts du catamaran, les oscillations de leurs esprits avaient fini par les rendre hagards, stupéfiés par la situation.
Au moins dénicheraient-ils dans cette fameuse Murme-Crique un éventuel téléphone pour appeler les secours ou a minima rassurer leurs familles. Ils ne pensaient qu’à cela.
***
L’île d’Hyd, éclairée par la grâce sobre d’un soleil hivernal, se dévoilait sous un jour magnifié. Ses falaises de granite, encerclant la quasi-totalité des côtes, constituaient une muraille protectrice, isolant davantage cette terre du reste du monde. Un phare gigantesque d’une centaine de mètres de haut toisait silencieusement l’embarcation qui s’engouffrait dans une baie au relief plus apaisé. Là, Hélène réduisit sa vitesse et entama les dernières manœuvres pour s’arrimer au port qui leur faisait face.
Pontons et planches jonchaient ce lieu préservé des récifs, idéal pour y bâtir un lieu d’arrimage. La senteur iodée des prises du jour vint saisir les nez de l’équipage de fortune, achevant de les réveiller. Tout comme l’éclair précède le tonnerre, l’odeur précède le poisson. Les filets ne tardèrent pas à s’inviter à leur champ de vision, déversant en tas cabillauds, sardines et crustacés.
De petites habitations en pierre sortaient de terre, comme une myriade de cahutes peuplées par un peuple curieux, prospérant à l’abri de toute nuisance continentale. L’équipage de Brestois fut perturbé par l’allure vestimentaire des insulaires. Certains hommes portaient des robes, d’autres des tuniques incrustées d’étranges symboles, comme les membres d’une secte ou d’une obscure communauté autarcique.
— Ça doit être des témoins de Jéhovah, chuchota Aurélie à l’oreille de Thomas qui acquiesça.
— Eh beh Hélène, tu nous as ramené quoi là ? Une poignée d’anchois ? s’empressa de plaisanter l’un des dockers en l’assistant à l’amarrage.
L’homme reluquait les quatre naufragés comme s’il eut s’agit d’un butin de pêche moribond. Ventripotent, d’une imposante stature, une longue barbe blanche parachevait son visage rubicond.
— De la bleusaille encore un peu sous le choc, faut leur laisser le temps de s’acclimater, répondit-elle en apposant un regard rassurant sur sa prise encore quelque peu hagarde.
— Z’ont pas l’air très frais… feriez mieux de vous faire vite à l’ambiance c’est pas la joie qui nous submerge par les temps qui courent…
— Ils auront tout le temps de le constater eux-mêmes. Des nouvelles de ma sœur ?
— Pourquoi tu voudrais qu’j’en prenne ? Pas foutu les pieds ailleurs que dans la baie, et c’est pour tout le monde pareil.
— Quoi ? Vous bougez pas de Murme-Crique ?
— Ça fait trop longtemps que t’es en mer toi hein ? Y a pu d’courant, plus rien. On reçoit de l’eau douce d’puis le Val, mais c’est tout, pas d’son pas d’image du reste de l’île. On reste confinés ici.
— L’écume… soupira-t-elle, songeuse. Et vous avez envoyé personne ?
— ‘Sûr qu’on en a envoyé, droit sur la centrale ! Mais sont jamais r’venu… Hélène, c’est la panique ici, c’est le bide encore bien rempli qui empêche les gens de s’entretuer… mais ils sont redoutables tu sais ?
Le groupe abasourdi assistait à l’étrange dialogue sans en comprendre la moindre ligne, l’esprit accaparé par leur condition. Ils laissaient traîner leurs yeux rougis par le sel dans la foule insulaire à la recherche de visages familiers, de la moindre trace de France à laquelle raccrocher leurs espoirs.
— J’irai alors, ils oseront pas s’en prendre à moi ! lança Hélène, farouche.
— T’as l’air bien sûre ! Méfie-toi, ils changent leurs habitudes.
— Eh bah je vais faire de même Vik ! Il serait peut-être temps de bousculer nous aussi nos habitudes et de ne plus céder à la passivité. Eh vous quatre ! Si vous voulez rester ici va falloir mériter votre couvert ! Rassemblez vos affaires ou ce qu’il en reste, on part en balade.
— Ah ouais, le temps de s’acclimater pas vrai ? rétorqua Vik de son accent graveleux. Prenez au moins une ‘tite chicorée, et toi aussi Hélène, pose toi deux secondes, qu’ils sachent dans quel merdier on les envoie.
Vik servit d’éclaireur jusqu’à la porte massive de la taverne du port où sa silhouette épaisse disparue. Le groupe lui emboîta le pas, toujours aussi nerveux et décontenancé, suivit d’Hélène qui ne put s’empêcher de jeter un œil à ses arrières, craignant d’être suivie.
***
L’auberge vétuste regorgeait de denrées locales aussi appétissantes qu’odorantes. Un pain brioché, du beurre tartiné en abondance, des confitures sucrées à foison, de quoi revigorer des ventres évidés par la traversée de la veille. Chauffée à la casserole, la chicorée embaumait la pièce à en faire oublier les senteurs de poisson. Une ambiance chaleureuse parvenait à s’engouffrer dans la fraîcheur de novembre, imbibant le bois jusqu’à le faire craqueler au rythme du crépitement du feu de cuisson. Hélène servit chacun des naufragés avec une délicatesse mêlée de hâte, l’esprit préoccupé par l’agitation au-dehors. Tous dévorèrent littéralement cette nourriture inespérée. Si l’inquiétude avait su camoufler la faim quelques heures durant, la simple vision de toutes ces victuailles su la réveiller efficacement.
— Ça vous plaît mes p’tis anchois ? ‘Trouvez pas ça là d’où vous v’nez hein ? Ça s’cultive dans les prairies, juste à l’est ! Et ça nous vient de Falbourg.
— Vik, commence pas avec la gastronomie locale… rétorqua Hélène, le sourire en coin.
— C’est histoire de causer quoi, dites d’où est-ce que vous v’nez au juste ?
— De Brest ! s’écrièrent-ils en chœur, pressés d’avoir un début d’explication.
— Ah ! s’écria-t-il en attisant les regards des protagonistes. Non, connais pas c’bled ! conclut-il devant l’exaspération du quatuor.
— Hélène, merci encore de nous avoir sorti de la flotte et merci m’sieur Vik, aborda Éric qui reposa son bol, préoccupé.
— Pouvez m’appeler Vik fiston, z’avez l’âge du fils que je pourrais avoir si j’avais trouvé la mère au lieu que la mer me trouve mouhaha !
— Hein ? réagit Thomas en déglutissant sa chicorée.
— Bref merci... à vous deux, mais vous nous devez une explication, où sont tous les autres ? Qu’est-ce que c’est que cette île et pourquoi tout est bizarre ? interrogea le gendarme.
— C’est parce que ce sont des témoins de Jéhovah ou des scientologues ! s’écria Aurélie, sûre dans son diagnostic, l’index fièrement dressé, fouettant l’air de hochet accusateur.
— Ils boivent de la chicorée les témoins ? lâcha Estelle dubitative.
— Je sais pas si la boisson compte… on aurait bu du rhum elle aurait pas dit qu’il s’agissait de pirates… songea Thomas, l’air ailleurs.
— Bon taisez-vous deux minutes, ordonna Hélène, c’est pas le genre de chose qu’on peut vous expliquer comme ça surtout en ce moment. Écoutez, y a quelques mois on vous aurait réservé un accueil digne de ce nom, mais la situation est préoccupante. Gardez en tête que ce que je vais vous révéler risque de vous secouer un peu… il faut que vous ayez les tripes bien accrochées !
Tous tournèrent leurs regards en direction de Thomas qui finissait sa tartine.
— Humpf, quoi ? gémit-il avant que leurs yeux ne reviennent vers Hélène.
— Déjà, commençons par une bonne nouvelle, vous êtes en vie, ce n’est pas un rêve ni un cauchemar, et votre situation est bien réelle.
— Ah… c’est marrant j’aurais juré que c’était LA mauvaise nouvelle ça, réagit Estelle, dépitée.
— L’île d’Hyd n’est pas sur vos cartes, et Brest ne figure pas sur les nôtres non plus. Rassurez-vous, nous sommes bien du même monde… simplement… pas sur le même plan… énonça-t-elle avec délicatesse sachant que ces notions pouvaient la faire passer pour folle.
— Heureusement que vous avez dit simplement… déclara Éric, perdu.
— Cette île est un sanctuaire, une sorte d’infrastructure antique protégeant un artefact millénaire. Son énergie parcourt la terre, les plantes, les animaux, nous, vous, l’océan tout autour de nous, et permet de maintenir tout ceci réel.
— Aurélie, Thomas, est-ce que ceci a un sens pour vous ? leur demanda Éric pour qui ces explications ressemblaient de plus en plus aux discours d’une secte, donnant du crédit à l’hypothèse de l’érudite.
— Mmh rétorqua Thomas en marquant un temps, non ça ne veut rien dire… on peut rentrer chez nous ou vous allez nous pondre toute une trilogie de votre histoire ? répondit-il avec une certaine condescendance, pensant détourner le sujet vers un moyen simple de quitter l’endroit.
— Vous ne pouvez pas. Nos plans ne sont pas supposés communiquer, mais il arrive que des tempêtes exceptionnelles, à côté de chez vous, fassent office de portails et nous transfèrent quelques personnes.
— Donc on n’est pas les premiers Brestois ici ! sourit Estelle, voyant cela comme une bonne nouvelle, où sont les autres ?
— Si ça peut vous rassurer nous avons connu des gens des quatre coins de ce pays, toute la population de cette île s’est d’ailleurs bâtie comme ça, il y a eu des enfants depuis… mais globalement on a un arrivage de deux trois personnes tous les quatre, cinq ans… Nous sommes une communauté d’éternels naufragés… sauf en ce moment…
— Ça explique pourquoi ils parlent tous français susurra Estelle à Thomas d’un air narquois.
