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Jeux entre amants
Raphaël est au bord du burn-out. Entre son travail, ses nuits d’insomnies et ses mésaventures amoureuses, il est sur le point de craquer.
Heureusement, son meilleur ami, Will, est là pour l’aider à se détendre… de manière un peu particulière.
Les chemins de la soumission: Espoir
Alistair a toujours voulu devenir un esclave de plaisir. Dans les rues, il est témoin des attentions des maîtres envers leurs esclaves et il ne peut s’empêcher de s’imaginer à leur place. Lorsque, dans ce but, il cède sa liberté à la maison d’esclaves de Rello, il voit ce rêve lui être arraché par les pratiques violentes de l’homme. Son esprit est sur le point d’être brisé lorsque Théodore le trouve et le ramène chez lui. Entre les bras de son nouveau maître et du magnifique Aimé, Alistair trouve un nouvel espoir. Le duo passionné, déterminé à guérir les cicatrices de son passé, entraîne alors le jeune homme dans leur univers sensuel et décadent. Le rêve d’Alistair pourra-t-il finalement devenir réalité ?
Plongez dans un monde sensuel où les liens du désir transcendent les chaînes de la soumission. Entre amour, abandon et découverte de soi, ce roman explore les nuances de l’érotisme BDSM, offrant une aventure où les cœurs s’ouvrent et les esprits s’entrelacent.
À PROPOS DE L'AUTRICE
Depuis toute petite, l’écriture est une passion pour Charlie B. Après des années à écrire pour elle-même, elle a eu envie de faire découvrir ses textes à des lecteurs en se lançant un défi : écrire un texte par jour (ou presque) pendant un mois.
UX Designer et maman épanouie le jour, écrivaine passionnée par l’univers du BDSM la nuit, elle aime écrire des romances douces, tendres et emplies de respect mutuel.
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Seitenzahl: 361
Veröffentlichungsjahr: 2024
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Jeux ENTRE AMANTS
Charlie B.
À mon mari, qui m’a toujours soutenue et m’a poussée à publier les histoires qui vivent dans ma tête.
Raphaël claqua la porte de son appartement et se laissa glisser jusqu’au sol, la tête entre les genoux, tremblant de tout son corps. La journée avait été un enfer. Depuis plusieurs semaines, il était pris dans une spirale de stress et d’angoisse qui l’empêchait de dormir la nuit et qui lui faisait faire d’énormes erreurs au travail. Cet après-midi, un collègue lui était tombé dessus parce qu’il avait envoyé le mauvais dossier à un client et il n’avait réussi qu’à bafouiller deux ou trois mots d’excuses en baissant la tête. Il avait dû rester des heures au bureau pour réparer la faute et lorsqu’il avait enfin pu prendre le chemin de son appartement, il faisait déjà nuit. Rien ne semblait tourner rond en ce moment et il sentait qu’il était au bord du burn-out.
Alors qu’il peinait à trouver le courage de se lever pour au moins se débarrasser de son manteau, son téléphone sonna, affichant le nom de son meilleur ami.
La voix de Will se coupa d’un coup lorsqu’il entendit les sanglots difficilement contenus de son interlocuteur.
Raphaël n’eut pas le temps de protester avant que son meilleur ami ne raccroche. Il ne voulait pas que Will le voie comme ça. Il aurait préféré réussir à lui cacher son mal être et à rester l’ami enjoué qu’il était toujours d’ordinaire. Il n’avait pas beaucoup de temps avant que l’autre garçon n’arrive. Il devait à tout prix lui faire croire que ce n’était rien d’inquiétant. Il devait reprendre le contrôle sur ses émotions et continuer à faire face comme il l’avait toujours fait. Le jeune homme se força à se lever et rangea frénétiquement son appartement. En moins de quinze minutes, tout était fait. Chez Raphaël, tout avait sa place, tout était disposé au millimètre près et dans une harmonie parfaite qu’il avait quelque peu perdu ces dernières semaines. Étrangement, cependant, voir son appartement si bien organisé ne lui apporta aucun réconfort. Il se sentait perdu. Il n’eut pas le temps de s’attarder davantage sur ce sentiment car sa sonnette retentit, annonçant l’arrivée de son meilleur ami. Raphaël souffla un grand coup, arrangea ses cheveux, lissa ses vêtements, se composa un beau sourire et ouvrit enfin la porte.
Will n’attendit pas d’être invité pour rentrer dans l’appartement comme une bombe et prendre le jeune homme dans ses bras. Toute la volonté de Raphaël vola en éclat et il ne put retenir les sanglots plus longtemps. L’autre le laissa pleurer durant de longues minutes, sans jamais tenter de l’interrompre. Il était simplement là. Lorsque les pleurs se furent enfin taris, il fit s’assoir le jeune homme sur son canapé et lui prit doucement les mains.
Raphaël lui raconta tout. Ses problèmes au travail, ses angoisses la nuit, sa dernière mésaventure amoureuse qui s’était soldée sur un échec complet et qui l’avait laissé avec un sentiment de vide immense… Raphaël lui raconta surtout ce besoin envahissant d’ordre et la terreur qui le prenait chaque fois qu’il avait l’impression que les choses n’étaient pas parfaitement à leur place. Will écouta sans le couper et, lorsque l’autre eu fini son récit, il prit une grande inspiration avant de prendre la parole.
Lorsque Will vit que son meilleur ami ne le contredisait pas, il considéra qu’il était d’accord et poursuivi.
Will fit une petite grimace qui ne manqua pas d’interloquer son ami. Il sembla hésiter un long moment sur la manière d’aborder la fameuse proposition.
…
Raphaël resta figé lorsqu’il vit son meilleur ami sortir tout un tas d’accessoires étranges du placard de la spacieuse chambre dans laquelle il avait été conduit. Il l’observa, sans comprendre, poser des cordes, du scotch et une sorte de foulard sur la petite commode à côté du lit.
Le susnommé s’approcha lentement de son ami, guettant toute trace de panique dans son attitude. Il lui prit doucement les mains et le fit s’assoir sur le bord du lit.
Il n’eut pas le temps de franchir la porte. Will attrapa son poignet et le força à se retourner pour le regarder dans les yeux.
Raphaël se figea de nouveau. Perdre le contrôle ? Will avait dit plus tôt que c’était ce dont il avait besoin. Plus il y réfléchissait, plus il se rendait compte que son obsession pour l’ordre lui rendait la vie impossible. Mais de là à se laisser attacher ? Même par son meilleur ami ça paraissait un peu extrême.
Le cœur du jeune homme manqua un battement.
Raphaël plongea ses yeux noisette dans ceux turquoise de son vis-à-vis. Il avait rêvé maintes et maintes fois de pouvoir regarder ces yeux et avouer à leur propriétaire combien il les aimait, combien il avait envie de les voir tous les jours au réveil, combien ils faisaient fondre son cœur. Alors, Raphaël prit son courage à deux mains pour faire une déclaration bien différente mais tout aussi significative :
Will lui décocha un immense sourire et le guida de nouveau pour l’asseoir sur le bord du lit. Il prit ensuite les cordes, le foulard et une petite balle en mousse que Raphaël n’avait pas remarqué avant.
Will fit une petite pause dans son explication pour observer la réaction de son ami. Celui-ci semblait quelque peu effrayé à l’idée d’être privé de la parole mais la lueur d’excitation que Will vit dans ses yeux le rassura assez pour continuer.
Raphaël sembla réfléchir de longues minutes. Une question lui brulait les lèvres et il ne savait pas s’il avait le droit de la poser. Et puis son esprit s’attarda sur la partie « parler de tout » et il se décida à se lancer.
Raphaël hocha la tête et se défit rapidement de ses vêtements, gardant simplement son caleçon pour plus de confort. Il avait l’habitude d’être dans cette tenue devant son ami et il n’était pas très pudique donc cette partie-là restait plutôt facile. Il vint ensuite s’assoir au centre du lit comme le lui indiqua Will et le laissa nouer le foulard autour de ses yeux.
Privé de sa vue, le jeune homme ne pouvait plus que deviner les actions de son ami et il eut un petit sursaut lorsqu’il le sentit prendre doucement ses poignets pour les mettre dans son dos. Sa respiration s’accéléra légèrement mais la voix grave de Will qui lui ordonnait de respirer profondément et son odeur sucrée et masculine parvinrent à juguler sa panique naissante. Il sentit alors des cordes passer sous ses aisselles, sur son torse et dans son dos, semblant dessiner un harnais complexe composé de nœuds et d’entrelacement. Il se demandait à quoi pouvait ressembler ces dessins lorsque Will commença à enrouler les cordes autour de ses bras et de ses poignets pour les immobiliser dans son dos. Au bout d’à peine quelques minutes, il ne pouvait plus du tout bouger le haut de son corps. Il tira légèrement sur ses liens, se rendant soudain compte de son impuissance. Alors qu’un élan de peur menaçait de le submerger, il sentit que Will lui glissait une balle dans la main droite tout en lui caressant doucement le cou. Un souffle chaud effleura son oreille.
Raphaël frissonna à ce surnom, de plaisir cette fois. Ce n’était pas la première fois que Will l’appelait comme ça. D’ordinaire, c’était pour le taquiner. Ce soir, c’était pour lui montrer toute la tendresse et l’affection qu’il y avait entre eux. Raphaël se détendit de nouveau et se concentra sur sa respiration ainsi que sur l’odeur familière et rassurante de son ami. Will en profita pour allonger le jeune homme sur le ventre. Il ramena ensuite son pied droit au niveau des fesses et noua solidement des cordes autour des cuisses et des mollets pour immobiliser la jambe dans cette position. Une fois qu’il eut fait la même chose avec l’autre jambe, il observa quelques instants son travail.
Celui-ci semblait s’être pris au jeu et répondit un faible oui qui ressemblait plus à un gémissement.
Raphaël ne parvint cette fois-ci pas à formuler de mot et se contenta de hocher la tête, trop perdu dans les diverses sensations qu’il commençait à percevoir. Sa respiration s’était ralentie et il ne se rendit compte qu’il ne touchait plus le lit que lorsqu’il gigota doucement dans ses liens et que sa tête retomba lourdement dans le vide. Une nouvelle caresse de Will le fit frissonner et il ne résista pas lorsque celui-ci lui releva délicatement le menton. Ce fut à ce moment précis que Raphaël se rendit compte à quel point il avait besoin que l’autre le touche. Il était complètement à sa merci, abandonné à son bon vouloir mais il n’avait plus peur. Il n’avait pas envie que ça s’arrête. Il voulait que Will pose ses mains fraîches et douces sur lui, partout. Il ne put retenir un petit gémissement à cette pensée. Will eut un petit rire surpris qui fit s’envoler des papillons dans le ventre de Raphaël.
Un nouveau gémissement lui répondit. Raphaël ne semblait plus être capable de grand-chose d’autre de toute manière. Pourtant, il se força à rester en conscience encore quelques instants. Will lui avait dit de lui signaler la moindre petite chose et il fallait absolument qu’il parvienne à prononcer les mots avant d’être bâillonné.
Une main fraîche se posa sur la joue de Raphaël et il se rendit soudain compte que sa peau était brûlante. La fraîcheur du contact lui permit cependant de recouvrer assez ses esprits pour demander à mi-voix :
Le temps parut interminable à Raphaël avant qu’il n’entende de nouveau la voix de son ami. Il avait l’air très perturbé, beaucoup moins sûr de lui que lorsqu’ils avaient commencé le jeu.
Raphaël ne put lui confirmer qu’en gesticulant de nouveau dans ses entraves mais bientôt il cessa tout mouvement. L’odeur de son ami envahit ses narines et ses lèvres goûtèrent au parfum sucré de ses consœurs. Le baiser fut délicat, tendre et chaste mais c’était tout ce que voulait le jeune homme ligoté. Un sourire satisfait se dessina sur son visage et il souffla un « merci » à peine audible. Raphaël entendit ensuite son ami se déplacer dans son dos – probablement vers la commode attenante au lit – puis revenir se poster devant lui.
Raphaël entendit distinctement le bruit de scotch que l’on étire avant que la matière collante ne scelle sa bouche. De nouveau, il ne put retenir un gémissement à l’idée de ne plus pouvoir parler et de s’abandonner encore plus à son ami. Très vite, ce dernier lui enfila les bouchons d’oreilles et ce fut le noir total. Plus aucun son hormis celui de sa respiration ne lui parvenait, il ne pouvait rien voir, il ne pouvait pas bouger, pas parler. Écoutant les consignes de son ami, Raphaël approfondi encore son souffle et se laissa bercer par le calme environnant. A présent qu’il ne contrôlait plus rien, il sentait tout son stress et ses angoisses disparaître lentement, comme aspirés par celui qui le tenait maintenant complètement en son pouvoir. Dans sa situation, il lui semblait que plus rien n’avait d’importance puisque ce n’était plus lui qui décidait. La télécommande décalée d’un centimètre sur la commode de son salon, le regard réprobateur de ses collègues lorsqu’il se trompait d’une syllabe dans le nom compliqué d’un client, le métro bondé avec ses sièges cassés qu’il était forcé de prendre pour se rendre au travail, plus rien ne semblait avoir d’importance parce que sa vie n’était plus entre ses mains à cet instant. Pour le moment, son corps entier n’était focalisé que sur une seule chose : Will. C’était Will qui avait le pouvoir de le libérer ou de le laisser là, suspendu dans le silence et dans le noir autant de temps qu’il le voudrait. C’était Will qui pouvait choisir de lui redonner le sens du toucher lorsqu’il tirait doucement sur les cordes, qu’il lui caressait le dos, la joue ou lui passait tendrement la main dans les cheveux comme en cet instant. Et c’était tout ce qui importait. Raphaël comprenait maintenant ce que Will voulait dire lorsqu’il parlait de perdre le contrôle. S’il avait su que ce serait aussi apaisant, il ne serait même pas repassé par son appartement après son horrible journée. Non, il aurait foncé droit chez Will pour le supplier de lui ôter le contrôle de cette manière. La dernière chose dont il se souvint ensuite fut son envie irrésistible d’avouer tous ses sentiments à Will et de le ramener dans son appartement pour lui faire l’amour dans chaque pièce, si possible en y mettant un maximum de bazar. Il laissa son esprit vagabonder dans ces pensées agréables, ne sentant plus rien d’autre que les cordes et les mains fraîches qui le caressait doucement.
…
Raphaël se réveilla l’esprit embrumé. Il se rendit compte qu’on l’avait détaché et allongé sur un lit et que quelqu’un lui massait les jambes avec attention. Il crut distinguer une voix grave qui lui parlait mais il ne comprenait pas ce qu’elle disait. Il dû fournir un effort considérable pour réussir à se concentrer mais il reconnut bientôt la voix de Will.
Le jeune homme se força à se concentrer encore d’avantage sur la voix de son ami. Au bout d’un moment, il reprit le contrôle sur son corps et parvint à bouger légèrement les doigts. Puis, il papillonna des yeux et sa vision, d’abord floue, se focalisa sur les yeux turquoise qui le dévisageaient avec malice.
Quelques minutes plus tard, et avec l’aide de Will, Raphaël parvint à se redresser pour appuyer son dos contre la tête de lit. Il se sentait extrêmement détendu, comme si ces dernières semaines de cauchemar n’avaient jamais eu lieu. Il se doutait que le temps viendrait très vite où ses problèmes reviendraient à la charge mais, pour l’instant, il pouvait profiter d’un moment de détente dont il avait grandement besoin. Will lui décocha un immense sourire et son cœur manqua un battement. Il se souvint de sa dernière envie avant de sombrer et ne put s’empêcher de rougir violemment et de détourner les yeux.
Will sourit de plus belle, l’air soulagé.
Le jeune homme rougit encore d’avantage à ces mots et il lui fallut faire de gros efforts pour ne pas dire à Will tout ce qu’il avait ressenti durant la séance. Ces efforts furent réduits à néant seulement quelques secondes plus tard lorsque Will demanda :
Raphaël releva la tête d’un coup et scruta le visage de son ami. Il se souvenait parfaitement de ce qu’il avait demandé. Il se souvenait parfaitement que Will le lui avait accordé et il se souvenait encore plus distinctement du bien-être qu’il avait ressenti à ce moment-là. Maintenant, il avait peur. Il était terrifié à l’idée que ce qu’il s’était passé ne signifie pas autant pour Will que pour lui. Mais lorsqu’il observa son ami, il remarqua que lui aussi avait les joues rouges et les yeux baissés, comme un miroir de lui-même. Alors, il se lança.
Will fut coupé par l’index de son ami qui s’était posé délicatement sur sa bouche. Il plongea ses beaux yeux turquoise dans ceux de Raphaël et parut se détendre. Raphaël sourit et caressa doucement la lèvre de son ami du pouce avant de se rapprocher lentement. Il laissa tout le temps à Will de se rétracter, de fuir ou de refuser ce qu’il lui proposait mais lorsque le garçon aux yeux bleus ne bougea pas, Raphaël se décida et fondit sur ses lèvres dans un baiser tendre et passionné. Il fut parcouru de frissons de satisfaction lorsque l’autre répondit à son baiser, entremêlant leurs langues dans un ballet qui devint vite endiablé. Au bout de quelques minutes, à bout de souffle, ils se séparèrent dans un petit gémissement frustré, les lèvres gonflées et rougies.
Aucun autre mot ne fut échangé ce soir-là. Ils étaient tous les deux épuisés et il n’y avait rien de plus à dire pour le moment. Raphaël se blottit dans le cou de son ami et ils entrelacèrent leurs jambes et leurs doigts, laissant un sommeil réparateur les emporter.
La première chose que Raphaël avait fait lorsqu’il avait emménagé chez Will avait été de vider les placards pour tout réorganiser. Will l’avait laissé faire à une seule condition : Raphaël avait l’interdiction formelle de déranger quoi que ce soit dans le petit placard noir de la chambre. Pour être certain d’obéir, le jeune homme avait préféré ne pas ouvrir ce meuble-ci, de peur de ne pas parvenir à se retenir de tout ranger – Will pouvait être quelqu’un de relativement bordélique.
Cela faisait maintenant un mois que Raphaël vivait avec son meilleur ami – devenu son petit-ami trois mois plutôt après une séance de « relaxation » mémorable – et la curiosité commençait à être plus forte que lui. Raphaël n’avait jamais vu Will ouvrir ce placard et n’avait donc aucune idée de ce qu’il pouvait contenir. Alors que Will était sorti faire quelques courses depuis déjà plus d’un quart d’heure, Raphaël s’était retrouvé figé devant le meuble, luttant contre l’envie de découvrir ce qui y était caché. Un petit coup d’œil à la pendule lui indiqua qu’il lui restait une bonne demi-heure avant le retour de son petit-ami et le jeune homme céda. Il entrouvrit doucement, presque religieusement, le premier tiroir. Là où Raphaël était persuadé de trouver des babioles sans intérêt éparpillées çà et là, il découvrit une collection soigneusement rangée d’objets aux formes toutes plus étranges les unes que les autres.
Raphaël sursauta et poussa un cri de surprise en entendant la voix de son amant. L’air amusé, Will se tenait dans l’encadrement de la porte, les bras croisés sur la poitrine. Raphaël ne l’avait pas entendu entrer.
Depuis qu’ils étaient ensemble, Raphaël et Will étaient restés très classiques lors de leurs ébats. Très « vanilles » comme disait Will. Le jeune homme aux yeux turquoise n’avait pas voulu brusquer Raphaël en lui proposant des jeux trop osés. Il n’avait plus ressorti son matériel depuis la séance chaste qui les avaient menés à sortir ensemble. Cependant, Will avait très envie d’initier son amant à son univers. Peut-être que commencer par quelques sex-toys n’était pas une si mauvaise idée. Il se rapprocha du placard et fouilla dedans pour en sortir un petit plug en forme d’œuf, relié par un fil à une télécommande, ainsi qu’un anneau. Il les posa sur le meuble puis prit doucement Raphaël dans ses bras et l’embrassa tendrement.
Le regard intense que lança Will à Raphaël fit frissonner ce dernier. Dans ces moment-là, Will lui inspirait une confiance absolue et il aurait pu le laisser lui faire n’importe quoi. Raphaël hocha la tête.
Will eut un petit rire.
Sans un mot, Raphaël s’exécuta. Une fois nu et allongé sur le dos, il observa Will se rapprocher lentement, comme un prédateur guettant sa proie. Une vague d’excitation remonta le long de son échine. Les mains fraîches de Will vinrent doucement caresser le torse de Raphaël et celui-ci ne put retenir un gémissement qui fut rapidement étouffé d’un baiser. Will continua pendant un long moment ses caresses, sans jamais toucher le sexe de son partenaire, qui gonflait pourtant lentement.
Ils avaient déjà fait ça plusieurs fois, Raphaël savait qu’il n’avait pas le droit de bouger. Chaque fois qu’ils faisaient l’amour, le jeune homme laissait toujours Will tout contrôler. Il avait besoin de perdre le contrôle autant que Will avait besoin de le prendre. Aujourd’hui n’était pas différent et Raphaël se laissait guider avec délectation dans la découverte de ces jouets inconnus.
Une fois les mains de Raphaël correctement positionnées, Will se plaça entre ses jambes. Il enduisit soigneusement ses doigts de lubrifiant et commença à préparer son amant. Lorsqu’il estima qu’il était assez ouvert, Will attrapa le petit œuf et le positionna devant l’entrée gonflée de désir de Raphaël.
Raphaël hocha la tête et ferma les yeux. Lorsque l’œuf fut poussé en lui, il ne sentit d’abord qu’un léger tiraillement. Puis, Will alluma l’appareil et les hanches de Raphaël se soulevèrent d’elles-mêmes alors qu’un cri passait la barrière de ses lèvres.
Dans un geste tendre, Will caressa doucement la joue de son partenaire et Raphaël se détendit. Des gémissements obscènes sortaient de sa bouche sans qu’il puisse s’en empêcher mais au moins il avait réussi à cesser les mouvements de son corps. Ce fut ce moment que choisit Will pour attraper l’anneau.
Raphaël poussa un gémissement de frustration mais finit tout de même par hocher la tête. Will passa alors l’anneau autour du pénis de son partenaire avec un petit sourire satisfait.
Will reprit ses caresses sur la joue de Raphaël. Puis, il se pencha à l’oreille de son partenaire et chuchota de sa voix grave et autoritaire :
Raphaël gémit de plus belle et ne put que hocher la tête. Il souffla un grand coup pour se calmer et fit appel à toute sa résolution pour ne pas bouger lorsque Will augmenta l’intensité des deux sex-toys en même temps.
Durant de longues minutes, Will joua avec les différentes intensités des deux jouets, ne laissant jamais à Raphaël le temps de s’habituer à l’un ou à l’autre. Le jeune homme ne savait plus où donner de la tête et n’était plus que gémissements. Pourtant, il ne bougeait toujours pas. Ce ne fut qu’au bout de dix minutes, qui parurent des heures à Raphaël, que Will retira enfin l’anneau. Il se pencha alors à l’oreille de son amant.
Raphaël obéit avant même d’avoir compris l’ordre consciemment. Tout son corps s’arqua et ses jointures blanchirent là où il avait saisi la tête de lit. Il retomba ensuite lourdement sur le matelas, secoué de tremblements.
Will éteignit le petit œuf et le retira lentement avant de le poser quelque part pour le nettoyer plus tard. Il prit ensuite Raphaël dans ses bras et le couvrit de baisers.
Will eut un petit rire.
Satisfait, Raphaël s’endormit en quelques secondes, bercé par les caresses et les compliments de son amant.
Un sourire satisfait se dessina sur le visage de Will lorsqu’un gémissement étouffé se fit entendre depuis le lit. Le jeune homme se doutait que son petit-ami ne s’était pas préparé à ça lorsqu’il lui avait demandé de lui montrer ce qu’était vraiment une séance de bondage. Avec un petit sourire presque cruel, Will avait sorti une balle en caoutchouc de son placard avant de la glisser dans la main de Raphaël.
Raphaël savait parfaitement ce que cela signifiait. Si Will lui donnait cette balle pour s’exprimer, c’est qu’il ne serait bientôt plus capable de parler. Un frisson avait remonté la colonne de Raphaël et il s’était abandonné aux bons soins de son amant.
Ce dernier s’était empressé de sortir un grand sac noir de son placard et avait ordonné à Raphaël de s’allonger sur le lit, où le sac avait été disposé. Rapidement, le jeune homme avait disparu à l’intérieur du sac qui épousait parfaitement sa forme, l’empêchant presque totalement de bouger. Le matériel remontait jusqu’au cou du soumis et il n’avait rien pu faire lorsque Will avait pressé un bâillon contre sa bouche avant de le sécuriser derrière sa tête. Il n’avait rien pu faire non plus lorsque son dominant avait apporté une cagoule de la même matière que le sac et l’avait enfilé sur la tête de Raphaël, le privant ainsi de la vue.
Cela faisait maintenant presque une heure que Raphaël était immobilisé dans ce sac et les vibrations infligées par le plug anal que Will lui avait inséré avant de le restreindre le rendaient fou. Il ne pouvait s’empêcher de gémir et de se tortiller pour échapper, en vain, aux vagues de plaisir qui le submergeaient régulièrement.
Will faisait très attention à toujours arrêter les stimulations avant que Raphaël ne bascule, récoltant un grognement frustré de son soumis à chaque fois. Lorsque Will estima que Raphaël en avait eu assez, il le fit délicatement tourner sur lui-même pour qu’il se retrouve sur le ventre.
La respiration de Raphaël devint erratique lorsqu’il sentit que l’on ouvrait une petite fermeture éclair au niveau de ses fesses, l’exposant à la vue de son dominant. Il poussa un soupir et un gémissement mi-frustré, mi-soulagé lorsque Will lui retira le plug. Comprenant ce que comptait faire son dominant, Raphaël se tortilla du mieux qu’il put pour exposer encore davantage son postérieur.
Will eu un petit rire amusé.
Prends-moi, maintenant, pensa Raphaël – ce qui sortit dans un balbutiement inintelligible et étouffé avec succès par le bâillon.
Évidemment, Will n’avait pas besoin de comprendre les mots pour savoir ce que voulait vraiment son amant. Il était plus que ravi de le lui donner. Il malaxa longuement les fesses offertes avant de s’aligner et de pousser d’un coup dans l’entrée de Raphaël.
Ce dernier poussa un cri, tremblant de tous ses membres, avant de se détendre. Will fit plusieurs allers-retours en grognant de satisfaction. Lorsqu’il fut sur le point de jouir, il ouvrit la petite fermeture éclair qui se trouvait sur le devant du sac et entreprit de caresser la verge gonflée de désir de Raphaël.
Will se pencha jusqu’à être complètement allongé sur le corps immobilisé de son amant. Il enleva délicatement la cagoule pour déposer des baisers tout le long du cou de son soumis. Ce dernier tremblait sans pouvoir se contrôler mais il se laissa faire le plus docilement possible. Des larmes de plaisir coulaient le long de ses joues. Will s’empressa de les faire disparaître d’un coup de langue.
Après quelques nouveaux coups de boutoir, Will ne put plus se retenir. L’orgasme le faucha sans qu’il y soit vraiment préparé et Raphaël le suivit rapidement.
Durant quelques minutes, les deux amants restèrent immobiles, savourant la chaleur de l’autre. Puis, Will se retira doucement et entreprit de délivrer son amant.
Dès qu’il fut de nouveau libre de ses mouvement, Raphaël vint se blottir dans le cou de Will, un grand sourire aux lèvres. Décidément, plus Raphaël en découvrait sur le monde de son amant, plus il était ravi de lui avoir demandé de lui apprendre.
Avec un petit soupir soulagé, Raphaël déposa ses clés dans le vide-poches de la petite table dans l’entrée. Sa journée avait été fatigante et il n’aspirait plus qu’à un moment de détente bien mérité. Il enleva ses chaussures, les rangeant avec soin dans le placard après y avoir suspendu son manteau.
Une demi-heure et une douche relaxante plus tard, Raphaël était prêt à se prélasser dans le canapé. Mais quelqu’un avait visiblement d’autres projets. Un frisson parcourut le corps de Raphaël lorsqu’une main puissante recouvrit sa bouche tandis qu’on lui tordait le bras dans le dos. Le jeune homme se débattit comme il put, en vain. Son agresseur le plaqua contre le canapé et ramena son autre bras dans son dos avant de les lier avec une corde.
Sa supplique fut étouffée par le morceau de tissu que le mystérieux agresseur venait de lui enfoncer dans la bouche. Raphaël voulut le dégager avec sa langue mais le tissu fut rapidement sécurisé par un autre linge noué derrière sa tête. Le kidnappeur glissa ensuite une balle dans la main de sa victime avant de le faire s’assoir sur une chaise. Là, il restreignit encore davantage le pauvre garçon qui fut bientôt saucissonné des pieds à la tête contre la chaise.
Le ravisseur fit glisser un petit tabouret devant Raphaël et vint s’assoir devant lui, révélant enfin son visage à la lumière. Bien sûr, Raphaël avait compris depuis le début que son agresseur n’en était pas vraiment un puisqu’il s’agissait de son petit-ami, Will. Le week-end dernier, Will avait émis l’idée de tester le jeu de rôle avec Raphaël et ce dernier avait accepté avec enthousiasme. Ils s’étaient mis d’accord sur un scénario de kidnapping.
Les jours où Raphaël était d’accord pour se faire « kidnapper », il devait passer un petit bracelet rouge à son poignet pour signifier à Will qu’il était consentant. Raphaël avait porté le bracelet toute la semaine sans que jamais son amant n’en fasse rien. Il commençait à croire que Will avait oublié – ce qui était exactement le but du dominant. Ce soir, lorsque Will avait vu Raphaël sortir de la douche avec son joli pyjama en soie et son bijou rouge fièrement affiché au poignet, il n’avait pas pu résister plus longtemps. Tout le matériel était déjà prêt et il n’avait eu qu’à se cacher dans un coin en attendant que Raphaël baisse sa garde.
A présent, Will regardait son amant se débattre avec un air désespéré sur le visage. Raphaël était vraiment un trop bon acteur pour son propre bien. L’excitation de Will monta d’un cran. Il se rapprocha doucement de sa « victime » et posa une main sur sa cuisse. Raphaël s’immobilisa aussitôt et poussa un petit gémissement qui pouvait faire croire aisément qu’il était terrifié.
Raphaël hocha vigoureusement de la tête et cessa de se débattre. Son souffle était toujours erratique et affolé mais il ne cherchait plus à se libérer. Will eut un sourire satisfait.
Cette fois, Raphaël prit un air confus et secoua légèrement la tête. Il sursauta et se recula du mieux qu’il put lorsque Will se pencha à son oreille – oui, vraiment un très bon acteur.
Un sanglot fit trembler les épaules de Raphaël qui secouait frénétiquement la tête. Will aurait presque pu en être inquiet si la petite balle ne se trouvait pas toujours dans la main de son amant, prête à être utilisée au moindre problème réel. Rassuré, il continua son jeu. Il prit le menton de sa « victime » et le força à lever la tête. Raphaël émit un nouveau gémissement apeuré et reprit sa lutte contre les cordes qui l’entravaient.
Will lâcha sa victime et disparu dans la chambre. Pendant ce temps, Raphaël tenta de reprendre ses esprits. Il n’avait jamais été aussi excité de sa vie. Les cordes pressaient délicieusement contre sa peau et il pouvait presque sentir l’adrénaline courir dans ses veines. Le bâillon asséchait sa bouche et la maintenait ouverte, rendant difficile le fait de retenir ses gémissements qu’il tentait de masquer en sanglots apeurés.
Raphaël se demandait ce que Will avait prévu pour lui lorsque ce dernier revint avec des pinces à la main. Cette fois, Raphaël ne put retenir un gémissement de plaisir.
Le « kidnappeur » entreprit alors de défaire lentement les boutons du haut de pyjama de sa victime. Lorsque Will installa la première pince sur le téton déjà dressé de Raphaël, ce dernier se débattit pour de vrai. Il jeta un regard implorant à son dominant et poussa un petit cri désespéré lorsqu’il fut ignoré et que la deuxième pince fut posée. La chaîne qui reliait les deux pinces était lourde et pesait sur les tétons malmenés de Raphaël. Will tira doucement dessus, arrachant un nouveau cri de douleur mêlé de plaisir à sa victime.
Raphaël tremblait réellement de tous ses membres à présent. Will lui reprit le menton et força son amant à le regarder dans les yeux.
Un air de défi passa dans le regard de Raphaël. Derrière son bâillon, le jeune homme sourit. Il se redressa fièrement et fit lentement non de la tête. Will rigola à la manière d’un méchant de dessin animé, ce qui poussa Raphaël à lever affectueusement les yeux au ciel. Cependant, lorsque Will reposa ses yeux sur son prisonnier, ce dernier perdit de son assurance et déglutit bruyamment. Ce regard espiègle de Will ne disait rien de bon.
Oh non
