Jeux entre amants - Charlie B. - E-Book

Jeux entre amants E-Book

Charlie B.

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Beschreibung

Raphaël est au bord du burn-out. Entre son travail, ses nuits d’insomnies et ses mésaventures amoureuses, il est sur le point de craquer.
Heureusement, son meilleur ami, Will, est là pour l’aider à se détendre… de manière un peu particulière.


À PROPOS DE L'AUTEURE 

Depuis toute petite, l’écriture est une passion pour Charlie. Après des années à écrire pour elle-même, elle a eu envie de faire découvrir ses textes à des lecteurs en se lançant un défi : écrire un texte par jour (ou presque) pendant un mois.

UX Designer et maman épanouie le jour, écrivaine passionnée par l’univers du BDSM la nuit, elle aime écrire des romances douces, tendres et emplies de respect mutuel.

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Seitenzahl: 101

Veröffentlichungsjahr: 2023

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Jeux ENTRE AMANTS

 

 

 

 

Charlie B.

 

À mon mari, qui m’a toujours soutenue et m’a poussée à publier les histoires qui vivent dans ma tête.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Partie I - Une séance de relaxation particulière

 

 

Raphaël claqua la porte de son appartement et se laissa glisser jusqu’au sol, la tête entre les genoux, tremblant de tout son corps. La journée avait été un enfer. Depuis plusieurs semaines, il était pris dans une spirale de stress et d’angoisse qui l’empêchait de dormir la nuit et qui lui faisait faire d’énormes erreurs au travail. Cet après-midi, un collègue lui était tombé dessus parce qu’il avait envoyé le mauvais dossier à un client et il n’avait réussi qu’à bafouiller deux ou trois mots d’excuses en baissant la tête. Il avait dû rester des heures au bureau pour réparer la faute et lorsqu’il avait enfin pu prendre le chemin de son appartement, il faisait déjà nuit. Rien ne semblait tourner rond en ce moment et il sentait qu’il était au bord du burn-out.

Alors qu’il peinait à trouver le courage de se lever pour au moins se débarrasser de son manteau, son téléphone sonna, affichant le nom de son meilleur ami.

- Allô, dit-il d’une voix faible en décrochant.
- Hello mon p’tit ange ! Il faut absolument que je te raconte ce qui m’est arrivé aujourd’hui ! Tu vas jamais me…

 

La voix de Will se coupa d’un coup lorsqu’il entendit les sanglots difficilement contenus de son interlocuteur.

- Raphaël tu es chez toi ?
- Je… oui je suis chez moi m…mais ne t’inquiète pas je…
- Ok, tu ne bouges pas. J’arrive immédiatement.

 

Raphaël n’eut pas le temps de protester avant que son meilleur ami ne raccroche. Il ne voulait pas que Will le voie comme ça. Il aurait préféré réussir à lui cacher son mal être et à rester l’ami enjoué qu’il était toujours d’ordinaire. Il n’avait pas beaucoup de temps avant que l’autre garçon n’arrive. Il devait à tout prix lui faire croire que ce n’était rien d’inquiétant. Il devait reprendre le contrôle sur ses émotions et continuer à faire face comme il l’avait toujours fait. Le jeune homme se força à se lever et rangea frénétiquement son appartement. En moins de quinze minutes, tout était fait. Chez Raphaël, tout avait sa place, tout était disposé au millimètre près et dans une harmonie parfaite qu’il avait quelque peu perdu ces dernières semaines. Étrangement, cependant, voir son appartement si bien organisé ne lui apporta aucun réconfort. Il se sentait perdu. Il n’eut pas le temps de s’attarder davantage sur ce sentiment car sa sonnette retentit, annonçant l’arrivée de son meilleur ami. Raphaël souffla un grand coup, arrangea ses cheveux, lissa ses vêtements, se composa un beau sourire et ouvrit enfin la porte.

Will n’attendit pas d’être invité pour rentrer dans l’appartement comme une bombe et prendre le jeune homme dans ses bras. Toute la volonté de Raphaël vola en éclat et il ne put retenir les sanglots plus longtemps. L’autre le laissa pleurer durant de longues minutes, sans jamais tenter de l’interrompre. Il était simplement là. Lorsque les pleurs se furent enfin taris, il fit s’assoir le jeune homme sur son canapé et lui prit doucement les mains.

- Je suis là si tu as besoin de parler de ce qu’il t’arrive, Raphaël, murmura Will avec un petit sourire.

 

Raphaël lui raconta tout. Ses problèmes au travail, ses angoisses la nuit, sa dernière mésaventure amoureuse qui s’était soldée sur un échec complet et qui l’avait laissé avec un sentiment de vide immense… Raphaël lui raconta surtout ce besoin envahissant d’ordre et la terreur qui le prenait chaque fois qu’il avait l’impression que les choses n’étaient pas parfaitement à leur place. Will écouta sans le couper et, lorsque l’autre eu fini son récit, il prit une grande inspiration avant de prendre la parole.

- Écoutes Raph’, je ne suis pas psychologue et peut-être que je me trompe lourdement. Mais j’ai vraiment l’impression que tu as une tendance à vouloir tout contrôler qui te pourri la vie en ce moment.

 

Lorsque Will vit que son meilleur ami ne le contredisait pas, il considéra qu’il était d’accord et poursuivi.

- Il y a quelque chose que je veux te proposer depuis longtemps parce que je pense que ça peut te faire le plus grand bien. Honnêtement je pensais ne jamais t’en parler mais là j’ai le sentiment que ça pourrait vraiment t’aider. Par contre, il va falloir que tu m’accordes une immense confiance.
- Je… Qu’est-ce que tu veux me proposer ?

 

Will fit une petite grimace qui ne manqua pas d’interloquer son ami. Il sembla hésiter un long moment sur la manière d’aborder la fameuse proposition.

- J’aimerais que tu viennes avec moi ce soir, dans mon appartement. Une fois là-bas, je t’expliquerais tout, je te montrerais ce que je veux faire avec toi et tu pourras prendre ta décision. Si jamais tu refuses, je te ramènerais immédiatement chez toi et on pourra essayer de trouver une autre solution ensemble. Ça te convient ?
- Ben… je t’avoue que tu me fais un peu peur mais je suis trop curieux pour ne pas au moins découvrir de quoi tu parles.
- Cool ! Alors prépares tes affaires pour dormir à la maison si jamais tu acceptes et on y va d’accord ?
- D’accord…

 

 

Raphaël resta figé lorsqu’il vit son meilleur ami sortir tout un tas d’accessoires étranges du placard de la spacieuse chambre dans laquelle il avait été conduit. Il l’observa, sans comprendre, poser des cordes, du scotch et une sorte de foulard sur la petite commode à côté du lit.

- Mais qu’est-ce que tu comptes faire avec ça Will ? demanda Raphaël d’un ton méfiant.

 

Le susnommé s’approcha lentement de son ami, guettant toute trace de panique dans son attitude. Il lui prit doucement les mains et le fit s’assoir sur le bord du lit.

- Est-ce que tu connais le shibari Raphaël ?
- Hein ? Tu vas faire venir des chiens pour me distraire c’est ça ?
- Mais non pas shiba, idiot, rétorqua Will en étouffant un petit rire. Le shibari. C’est… c’est une technique de ligotage japonais et qui peut aussi servir de méthode de relaxation et de méditation.
- Attends, t’es en train de me proposer de m’attacher ou je rêve là, dit Raphaël en ouvrant des yeux ronds.
- Je… Oui, c’est exactement ce que je te propose, avoua Will dans un souffle à peine audible.
- Mais t’es devenu complètement fou ?! s’emporta son ami en se précipitant vers la sortie.

 

Il n’eut pas le temps de franchir la porte. Will attrapa son poignet et le força à se retourner pour le regarder dans les yeux.

- Raph’ s’il te plait, laisses moi t’expliquer… Je te jure que c’est une vraie technique de relaxation, tu peux vérifier sur internet. C’est vraiment efficace pour se détendre et… pour apprendre à perdre le contrôle aussi…

 

Raphaël se figea de nouveau. Perdre le contrôle ? Will avait dit plus tôt que c’était ce dont il avait besoin. Plus il y réfléchissait, plus il se rendait compte que son obsession pour l’ordre lui rendait la vie impossible. Mais de là à se laisser attacher ? Même par son meilleur ami ça paraissait un peu extrême.

- Raphaël, tu as confiance en moi ?

 

Le cœur du jeune homme manqua un battement.

- Hein ? s’entendît-il répondre.
- Tu as confiance en moi ? répéta Will en caressant tendrement la main de son ami toujours dans la sienne.

 

Raphaël plongea ses yeux noisette dans ceux turquoise de son vis-à-vis. Il avait rêvé maintes et maintes fois de pouvoir regarder ces yeux et avouer à leur propriétaire combien il les aimait, combien il avait envie de les voir tous les jours au réveil, combien ils faisaient fondre son cœur. Alors, Raphaël prit son courage à deux mains pour faire une déclaration bien différente mais tout aussi significative :

- J’ai une confiance aveugle en toi Will…
- Alors tu vas me laisser te faire du bien ?
- Oui… Mais je veux savoir avant ce que tu comptes faire exactement, d’accord ? murmura Raphaël, comme hypnotisé par le moment.
- Bien sûr, je vais tout t’expliquer. S’il y a la moindre chose que tu ne veux pas faire, je ne le ferais pas d’accord ?
- D’accord…

 

Will lui décocha un immense sourire et le guida de nouveau pour l’asseoir sur le bord du lit. Il prit ensuite les cordes, le foulard et une petite balle en mousse que Raphaël n’avait pas remarqué avant.

- Je vais d’abord te demander de te mettre en caleçon, ou nu si tu es à l’aise mais comme c’est ta première fois le caleçon suffira. Ensuite, je te banderais les yeux et je te ferais t’installer au milieu du lit. Puis, je commencerais par t’attacher les jambes et les bras pour pouvoir te suspendre au crochet que tu vois au plafond. Ne t’en fais pas, c’est très solide et tu ne seras pas très haut par rapport au lit donc tu ne risques rien. Si tu as le moindre problème ou si tu veux tout arrêter, tu auras simplement à lâcher cette balle et je te détacherais.
- Je ne pourrais pas juste te dire si ça va pas ? s’étonna Raphaël.
- Au début, si. Mais ce que je viens de te décrire n’est que la première étape. Elle peut être suffisante pour te détendre un peu mais je pense que tu peux aller encore un peu plus loin dans la méditation avec la deuxième partie. Tu veux que je t’en parle ou on s’en tient à la première ?
- Non vas-y, si tu penses que ça peut le faire je veux au moins essayer.
- Super ! La deuxième partie va consister en une privation sensorielle. Tu n’auras déjà plus le sens de la vue avec le foulard sur les yeux et tu ne pourras plus bouger avec les cordes mais je vais te retirer encore deux autres sens. D’abord, je vais te mettre ce scotch sur la bouche, d’où la balle. Si ça ne va pas, il faudra que tu la lâches et je te détacherais pour qu’on puisse en parler.

 

Will fit une petite pause dans son explication pour observer la réaction de son ami. Celui-ci semblait quelque peu effrayé à l’idée d’être privé de la parole mais la lueur d’excitation que Will vit dans ses yeux le rassura assez pour continuer.

- Ensuite, je vais te mettre des bouchons dans les oreilles pour te priver de ton ouïe. Durant toute la séance, je veux que tu te concentres uniquement sur tes sensations et que tu fasses des respirations longues et profondes. Il faut aussi que tu me fasses totalement confiance et que tu t’abandonnes à ce que je te ferais mais s’il y a le moindre souci tu devras soit m’en parler si tu le peux, soit me faire signe avec la balle que tu veux arrêter. Est-ce que ça te va ?

 

Raphaël sembla réfléchir de longues minutes. Une question lui brulait les lèvres et il ne savait pas s’il avait le droit de la poser. Et puis son esprit s’attarda sur la partie « parler de tout » et il se décida à se lancer.

- Will… je… Je sais que c’est souvent dans le cadre d’une pratique sexuelle qu’on fait ce genre de chose mais tu ne vas pas…
- Non Raphaël, il n’y aura rien de sexuel dans le jeu d’aujourd’hui. Le shibari et la privation sensorielle vont simplement t’aider à plonger au fond de toi-même et à atteindre un espace de méditation proche de celui que peuvent atteindre les moines Bouddhistes par exemple. Je te promets que je ne te toucherais pas de cette manière-là. Tu me fais confiance ?
- Oui, je te fais confiance.
- Alors déshabille-toi et laisse-toi guider d’accord ?