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Et si vous rencontriez la star sur laquelle vous avez fantasmé depuis votre adolescence, mais que vous êtes désormais mariée avec deux enfants. Se pourrait-il que votre star préférée tombe amoureuse de vous ?
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Seitenzahl: 245
Veröffentlichungsjahr: 2021
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Déjà parus :
— La malédiction de l'amour de vacances, 2019
— Enceinte à tout prix !, Creo Éditions, 2020
— Carte blanche, 2021
ROY
RETOUR À LONDRES
MUSIC MACHINE
LONDON BY NIGHT
BLANCHE NUIT
RETOUR À LA RÉALITÉ
SANDRA
PAPARAZZIS
DANS SES BRAS
CULPABILITÉ
CONFRONTATION
L.A.
DE L’AUTRE CÔTÉ
HOLLYWOOD BOULEVARD
UNE VIE NORMALE
— Je ne te remercierai jamais assez de m’avoir emmené voir Roy ! dis-je à Emmanuel.
— De rien ma princesse, me répondit-il.
— Tu sais à quel point j’adore ce type ?
— À force de l’entendre presque tous les soirs à la maison, je me suis dit que ça devait être ton artiste préféré. Et comme il passait le jour de ton anniversaire…
— Je crois que c’est le meilleur de ma vie. Toi, Roy… Et mais... C’est le premier concert de notre bébé aussi !
— Oui, c’est vrai.
— Elle est restée super calme. Pas un seul coup de pied !
— Tu crois qu’elle a apprécié ?
— Peut-être qu’elle dormait. Je me demande ce qu’un bébé perçoit de la musique.
— On lui fera écouter à sa naissance : ça l’endormira sûrement, fit-il en riant.
— On va faire de toi une fan de Roy, dis-je à l’intention de mon ventre rond. Ça t’a plu à toi aussi ? demandai-je à Emmanuel.
— Oui, il a de bons titres. Go with the Flow et Take it easy, babe sont vraiment des classiques. Ça m’a fait plaisir de les entendre en live. Je ne connaissais pas trop les autres titres.
— J’étais un peu déçue qu’il en fasse aussi peu de ses débuts, c’est ma période préférée. J’ai beau être fan, j’aime un peu moins son dernier album. Il est parti dans un délire country pas trop à mon goût.
— Ah, moi j’ai bien aimé la chanson Older.
— Moi aussi, c’est ma préférée sur son dernier album. Mais le reste, bof.
— Dis-donc, tu as l’air d’en connaître un rayon sur Roy.
— Tu vas flipper, mais à l’adolescence je m’habillais en rouge des pieds à la tête, comme lui. Après l’adolescence, j’ai quand-même recommencé à porter d’autres couleurs. Mais encore aujourd'hui j’ai essentiellement du rouge dans ma garde robe.
— Ah, c’est pour ça que tous tes sous-vêtements sont rouges ?
— Non, ça c’est pour te rendre fou de désir !
Il m’embrassa fougueusement et comme d’habitude, chacun des baisers qu’il me donnait me faisait partir dans une autre dimension. Emmanuel avait les lèvres si douces et si agréablement charnues. J’adorais les mordiller en l’embrassant. Mon mari me rendait complètement dingue et ça ne faisait que cinq mois que nous étions ensemble et moins de deux mois que nous étions mariés. Tout était allé si vite. Je n’aurais jamais pensé pouvoir être à ce point sur un petit nuage.
— C’est qui ta personnalité préférée ?
— Sandra Wilson.
— L’actrice ?
— Oui, je crois que j’ai vu l’intégrale de la série What the hell? à cause d’elle.
— Tu veux dire grâce à elle… Je l’ai vue aussi, c’est une super série !
— Parce qu’il y a Sandra dedans !
— Tu exagères, l’histoire est bien quand-même ! Mais, elle est blonde ! Je croyais que tu n’aimais que les brunes…
— Elle est blonde maintenant, mais quand j’étais adolescent elle était brune comme toi Julia.
— Ah bon ? Je ne me souviens pas d’elle en brune. T’as des photos ?
Il fit une recherche sur son téléphone portable et me montra des photos de Sandra Wilson adolescente en brune. C’était troublant, elle me ressemblait. Mon mari avait décidément un type de fille bien précis.
— Cette photo est du film Gone are the days. C’est là-dedans que je l’ai découverte. Elle jouait le rôle d’une adolescente qui se retrouve aveugle du jour au lendemain après un accident. Elle est juste géniale dedans. C’est ce qui l’a révélée au monde entier. C’est à ce moment-là que j’en suis tombé amoureux fou.
— Plus que moi ? me récriai-je.
— C’est juste un fantasme d’adolescent. Je collectionnais tous les posters, les photos, les articles. Ma mère pourrait t’en parler, je crois qu’elle a encore au grenier la boîte dans laquelle j’ai fini par tout ranger. Je n’ai pas réussi à m’en séparer.
— Ah quand même...
— Encore aujourd’hui je vais voir tous ses films et je suis toutes ses séries.
— T’es un vrai fan alors !
— Oui, comme toi de Roy…
Il m’embrassa sur le front puis me prit la main.
— Où tu m’emmènes ?
— À la maison.
— Ah ? fis-je déçue.
Je restais sur place, n’osant pas lui parler de ma tradition.
— Qu’est-ce qu’il y a ma princesse, tu ne veux pas rentrer ? D’habitude tu es au lit à cette heure-ci…
Je lui montrai la rue adjacente à la salle.
— Tu vois les filles qui se précipitent dans la rue là ?
— Oui.
— Je les connais, ce sont des fans de la première heure comme moi. On a une tradition après chaque concert.
— Laquelle ?
— On attend Roy.
— Vous l’attendez… Longtemps ?
— Jusqu’à ce qu’il sorte de la salle.
— Tu veux dire que tu l’as déjà rencontré en vrai ?
— Je lui ai même déjà serré la main et j’ai une photo avec lui. C’est Luana qui l’a prise quand j’avais 15 ans et lui 20.
— Et tu veux aller l’attendre, là ?
— Allez...! En général il sort entre trente minutes et une heure après le concert. Une fois, il nous a même fait attendre deux heures.
— Julia, il est déjà 23h30 et je pense qu’on devrait rentrer. Je te signale que tu es enceinte de cinq mois.
— Oui, je sais, soupirai-je. Mais c’est une tradition. Alors ça me fait bizarre de ne pas continuer. Tu sais, je suis fan au point de…
Mince, il ne fallait pas lui dire… Mais qu’avais-je en tête ? Il répéta :
— Au point de ?
— Non, c’est bête.
— Quoi ?
J’hésitai.
— Je croyais qu’on n’avait pas de secrets l’un pour l’autre, affirma-t-il.
— OK, mais tu me promets de ne pas divorcer si je te le dis.
— C’est à ce point ?
— Promets-le !
— Pas avant de savoir. Mais il faudrait vraiment que tu m’annonces un truc super grave pour que j’en arrive là. Tu as tué la femme de Roy ?
— Non, elle est bien vivante.
J’avais failli rajouter « malheureusement ». Toute ma vie j’avais fantasmé de devenir la femme de Roy. Je m’étais toujours dit que le jour où ce mannequin de Tania qui partageait sa vie en aurait marre de lui, je serais là pour prendre sa place. C’était bien sûr un fantasme. Roy ne m’avait jamais reconnu dans la foule quand je l’attendais à la fin des dix-neuf concerts auxquels j’avais assisté jusqu’ici et la seule fois où j’avais réussi à l’approcher pour faire une photo avec lui, j’étais restée bouche bée. Heureusement que ma meilleure amie Luana avait été là pour me ramener les pieds sur terre. D’ailleurs Roy lui avait demandé son numéro à elle ce soir-là. Elle ne lui avait pas donné par respect pour moi, mais je lui en avais voulu un certain temps. C’était un souvenir douloureux.
— Alors c’est quoi ce secret ?
J’étais mariée avec Emmanuel dorénavant et je ne voulais pas compromettre mon bonheur avec lui.
— Disons qu’avec Luana, on a fait un pacte quand nous étions adolescentes. Elle est fan de Troy Delaware et on s’était dit que peu importe si on avait des maris, des petits copains, des enfants ou autre. Si un jour je croisais Roy et elle Troy Delaware pour de vrai et qu’ils nous faisaient des avances, nous aurions carte blanche.
— Comment ça carte blanche ?
— Disons que nous aurions le droit de coucher avec eux une nuit et que ça ne compterait pas comme de la tromperie. Juste l’accomplissement d’un fantasme de longue date.
Emmanuel écarquilla les yeux.
— Et tu comptais me dire ça quand ?
— Je t’avoue que ça m’était totalement sorti de la tête.
— Julia, tu écoutes Roy presque tous les soirs !
— J’avoue, je n’osais pas t’en parler…
Je regardai mes pieds. Puis je relevai la tête.
— De toute manière, il n’y a aucune chance pour que ça arrive. Roy est marié, il vit aux États-Unis et il n’est plus aussi accessible qu’à ses débuts. Il a toujours de la sécurité autour de lui depuis le troisième concert auquel j’ai assisté. De toute façon, je ne connais personne qui pourrait me le présenter.
— Et là, tu voulais aller tenter ta chance ?
Je rougis, prise en flagrant délit.
— Mais non, je suis amoureuse de toi et enceinte jusqu’au cou, qu’est-ce que tu veux qu’il se passe ? C’est juste une tradition, un vestige de mon adolescence. Avec les années, toutes ces fans sont devenues des copines. On se retrouve, on partage des anecdotes. C’est presque plus pour être avec elles que pour voir Roy que j’y vais. Je ne sais pas pourquoi je m’infligerais ça à chaque fois sinon : Roy ne daigne jamais m’adresser ni un regard ni une parole. Je repars toujours déçue. Mais c’est plus fort que moi, c’est un fantasme. Si tu croisais Sandra Wilson dans la rue, tu ne lui sauterais pas dessus ?
— Sauter dessus, non, mais aller la voir pour lui dire bonjour, oui.
— Et si tu avais carte blanche avec elle ?
Il hésita.
— Je ne pourrais pas te faire ça.
— Sandra Wilson est là et elle te fait les yeux doux, tu résisterais ?
— Je n’en sais rien.
— Je te donne carte blanche avec Sandra Wilson si tu me laisses carte blanche avec Roy.
Emmanuel réfléchit.
— Tu sais qu’elle est célibataire en ce moment ? dit-il.
— Non, je ne savais pas.
— Et que j’ai un ami d’un ami qui la connaît ? renchérit-il.
Je n’en menais pas large.
— Ah bon, qui ?
— Non, je rigole, je voulais juste voir ta réaction. Je suis dans le même cas que toi. Elle vit aux États-Unis et je n’ai aucun moyen d’entrer en contact avec elle. Mais, bon vu qu’il n’y a statistiquement aucune chance pour que ça arrive, j’accepte la carte blanche. Mais uniquement avec Roy, personne d’autre. Et pour une seule nuit !
Je n’en croyais pas mes oreilles.
— OK, alors carte blanche également pour toi avec Sandra Wilson dans les mêmes conditions !
— Marché conclu, fit-il en me serrant la main. On rentre ?
— Je peux y aller juste cinq minutes pour dire bonjour aux filles ? Allez...
— Julia, tu es enceinte et je ne suis pas sûre qu’un mouvement de foule soit très indiqué dans ton état.
Je me mis à bailler.
— Tu as raison, je suis crevée de toute façon. Allons-y.
J’avais fait semblant de bailler. Je voyais bien qu’Emmanuel faisait tout pour que j’évite de tomber nez à nez avec Roy. Vu la concession que je venais d’obtenir, je n’allais pas faire en sorte qu’il revienne dessus. Sait-on jamais… Il y aurait d’autres concerts sans lui où je ne serais pas enceinte. Et Roy n’allait sûrement pas me donner une carte blanche en me voyant dans cet état !
Cela faisait maintenant deux ans que j’étais en congé maternité. J’adorais mes deux enfants Clara et Victor et c’était incroyable de les regarder grandir. Nous passions nos journées à la plage à construire des châteaux de sable, ramasser des coquillages et courir à perdre haleine. Le midi, ils mangeaient avec moi et leurs papas quand ils faisaient du télétravail. Le soir quand ils étaient couchés, je profitais d’Emmanuel, mon mari, dont j’étais toujours aussi éperdument amoureuse. Nous avions eu des hauts et des bas comme tout couple, mais la pire épreuve de notre vie était derrière nous maintenant. Emmanuel adorait maintenant sa fille adoptive Clara. Nous vivions une vie presque idyllique. Mais je savais que la fin de tout cela approchait et qu’il me faudrait retourner à Londres bientôt pour reprendre mon travail.
Sauf que cela impliquait bien plus que pour une famille normale... J’avais eu mon premier enfant en faisant l’amour avec mon meilleur ami gay un soir où j’étais complètement faite, à tel point que j’avais tout oublié. J’avais rencontré mon futur mari, Emmanuel, le lendemain de ce moment d’égarement et j’avais cru porter son enfant tout du long.
C’est à la naissance de Clara que nous nous étions rendu compte du pot aux roses et qu’Emmanuel avait failli divorcer. Nous nous étions remis ensemble à la faveur d’un deuxième moment d’égarement avec mon mari cette fois-ci où j’étais tombée enceinte de notre fils Victor. J’étais consciente que sans cet enfant miracle, nous aurions probablement divorcé à l’heure actuelle.
Après sa naissance, Emmanuel avait suivi une thérapie et mis beaucoup d’eau dans son vin pour réussir à accepter Clara. Nous avions décidé de vivre au Tréport. Emmanuel et Jean, le père de ma fille travaillaient dans la même entreprise. Ils avaient réussi à négocier de travailler à distance, mais devaient retourner à Paris de temps en temps.
Durant ces deux années je n’avais pas voulu penser au retour à Londres. Mais à quelques jours de l’échéance, je stressais. J’avais bien essayé de trouver quelque chose près du Tréport, mais il n’y avait rien à mon niveau de compétences. Jean, Emmanuel et moi avions maintes fois discuté de si nous devions séparer les enfants ou les garder ensemble. Il aurait été normal que Victor s’en aille avec nous à Londres, mais Clara était la fille de Jean autant que la mienne. Même s’ils étaient demi-frères et soeurs, ces deux-là s’entendaient à merveille tant qu’on leur donnait à chacun la même chose. Nous n’avions pas le coeur de les séparer.
Mettre nos enfants à la garderie en Angleterre allait nous coûter une fortune et nous ne voulions pas les couper de cet environnement côtier extraordinaire. J’aurais pu aussi décider de ne pas retravailler, mais nous ne pouvions plus vraiment nous le permettre et puis j’avais aussi besoin de recommencer une activité professionnelle. Je voyais bien que mes enfants s’autonomisaient de plus en plus et que je ne pourrais pas rester toute ma vie à les garder pour me retrouver dix ou vingt ans plus tard incapable de retravailler parce que jugée inemployable.
Nous avions fait un compromis qui pour moi était douloureux, mais je n’avais pas vraiment le choix. Cinq jours sur sept, j’irais travailler à Londres et je rentrerais tous les week-ends au Tréport. Emmanuel et Jean passeraient chacun une journée différente par semaine sur Paris afin qu’il y ait tout le temps l’un des deux présent à la fin de la journée et les parents d’Emmanuel prendraient le relais quand il y aurait un souci.
Vu le prix des logements à Londres, j’avais opté pour vivre en colocation tout près de mon bureau. Ma petite famille me manquait et c’était très bizarre de m’endormir toute seule les soirs de semaine. Je ne savais pas combien de temps j’allais tenir comme cela tant la situation me déprimait. Malgré tout, il y avait quelques avantages : j’en profitai pour me remettre au sport. Après deux grossesses, on ne pouvait pas dire que mon corps soit resté particulièrement ferme ou tonique. Par ailleurs, je ne connaissais pas grand monde à Londres à part mes collègues de bureau et ma colocataire. J’étais donc fourrée presque tous les soirs à la gym et ça commençait à porter ses fruits. Surtout, je ne devais me lever la nuit pour mes enfants que le week-end et j’en profitais pour me reposer la semaine.
Ma colocataire Lena était une suédoise d’origine grecque qui travaillait dans une agence de talents. Elle manageait les intérêts de stars. Le jour où j’avais emménagé dans l’appartement, nous avions dîné ensemble et quand je lui avais demandé de quelles stars elle s’occupait, elle m’avait avoué qu’un de ses clients n’était autre que mon chanteur préféré : Roy.
À cette révélation, mon coeur avait cessé de battre un instant. J’avais tous ses albums. Je connaissais toutes ses chansons par coeur et j’avais été à tous ses concerts en France depuis l’âge de quatorze ans. Je fantasmais sur lui depuis le moment où ma meilleure amie Luana m’avait fait écouter son CD à la récré et qu’elle m’avait montré sa photo sur la pochette d’album. J’étais tombée instantanément en pâmoison devant lui.
— Mais tu l’as rencontré en vrai ?
Question parfaitement idiote, vu qu’elle travaillait pour lui, mais mon cerveau s’était comme arrêté. Il y a une théorie comme quoi on est toujours à six personnes de n’importe qui. Là il n’y avait plus qu’elle entre Roy et moi.
— Oui, plusieurs fois, me répondit-elle.
— Tu as son téléphone personnel ? fis-je aussi surexcitée que si j’avais quatorze ans.
— Oui, mais je ne peux pas te le donner.
Mon adolescente intérieure fit la moue.
— Tu sais que je suis fan de ce type depuis toute jeune ?
— Ah bon ? fit-elle surprise.
— Oui. Dis-moi tout ! Il est comment dans la vraie vie ?
— Encore plus charmant que sur les photos. Très gentil, en train de divorcer de sa femme.
— C’est pas vrai ?
— Si, mais chut je ne t’ai rien dit, ça n’est pas encore officiel. Tu gardes ça pour toi.
— Motus et bouche cousue.
Mon adolescente intérieure était ravie, j’avais un scoop !
— Tu veux le rencontrer ?
Je n’en croyais pas mes oreilles. Cette star qui avait accompagné ma vie et qui était pour moi complètement inaccessible connaissait ma colocataire... Et elle me proposait de le rencontrer en chair et en os !
— Quand ? Comment ?
— Il doit présenter le titre de son nouvel album sur l’émission Music Machine la semaine prochaine.
— Quoi ? Il sort un nouvel album ?
Et je n’étais pas au courant !!! Avec deux enfants, je n’avais plus vraiment été dans le coup ces derniers temps. Entre Promenons-nous dans les bois et Ainsi font, font, font, je me rendais compte que ça faisait deux ans que je n’avais pas vraiment écouté du Roy.
— Oui, dans deux mois. On enregistre l’émission à l’avance, elle ne sera diffusée qu’en décembre…
— Comment comptes-tu me le présenter ?
— Eh bien, tu m’arrangerais grandement si tu pouvais t’occuper de lui ce soir-là. Je vais être sur le plateau jusqu’à 18h30, mais après j’ai le concert d’un de mes autres artistes et je ne voulais justement pas le laisser seul car il est en début de carrière et il a plus besoin de moi que Roy. Tu sais les stars sont comme des bébés, leur manager doit être aux petits soins. Ça devrait te parler à toi, la mère de famille. Je peux lui envoyer mon assistante, mais je préférerais qu’elle vienne avec moi au concert de notre autre artiste pour la former. Et puis entre toi et moi, je suis plus fan de mon nouveau poulain que de Roy. Tu serais libre ?
— Si je suis libre ? Mais bien sûr ! Je ne manquerais ça pour rien au monde ! C’est quand ?
— Mardi soir.
À part aller à mon cours de gym, je n’avais rien de prévu et pour Roy, autant dire qu’il pouvait sauter.
— Ok. Qu’est ce que je dois faire exactement ? Et surtout comment vais-je faire pour ne pas perdre tous mes moyens devant lui ?
— Bah, dis-toi que les stars sont des gens comme les autres et ça ira très bien. Désacralise-le. Imagine-le sur des toilettes, tu verras, ça t’aidera tout de suite à le faire descendre de son piédestal.
— Mais c’est de Roy dont tu parles ! Roy ne chie pas !
— Oh si, il chie, je peux même te dire qu’il nous a repeint les chiottes l’autre jour au bureau.
Je la regardai choquée.
— Oui, poursuivit-elle, il revenait d’Inde où il avait fait un concert et il avait une tourista carabinée.
— Mais c’est de mon fantasme d’adolescente dont tu parles ! Un peu de respect !
— Rien que de repenser à l’odeur, j’en ai la nausée. Ça a mis deux heures avec les fenêtres grandes ouvertes pour qu’elle s’en aille… Tu verras, les stars sont moins glamour qu’elles n’y paraissent. D’ailleurs méfie-toi, c’est un séducteur. C’est d’ailleurs pour ça que sa femme le quitte.
— Ah, c’est drôle, dans les médias il donne l’impression d’être un mec super stable et fidèle.
— C’est parce que je veille au grain. Si tu savais comme il est facile de manipuler les journalistes. Un petit communiqué de presse bien ciblé et voilà le travail. Surtout, c’est un mec très discret. Il porte toujours un chapeau et des lunettes dans la rue ou une capuche et il a un style de fringues complètement différent en dehors des représentations. Du coup, souvent les gens ne le reconnaissent pas.
— Mais que devrais-je faire ?
— Juste rester dans la loge avec lui. L’amener sur le plateau quand on l’appelle et le ramener dans sa loge après. Si ça se trouve, il aura déjà fait son interview quand tu arriveras, mais ces choses peuvent prendre du retard... Et si tu pouvais le raccompagner à son hôtel après, ce serait super. Et carrément dîner avec lui s’il n’a personne à voir. Qu’en dis-tu ?
Je la pris dans mes bras.
— Tu sais que tu réalises un fantasme de très longue date, là ? Tu es vraiment sûre que tu ne préfères pas que ton assistante s’en charge ?
— Oui, je préfère que tu en profites, ça te fait tellement plaisir.
— Je te revaudrai ça.
Je passais les jours suivants à rêver de ma rencontre avec Roy. Je me demandais ce que je pourrais porter, ce que j’allais dire, ce qu’il allait penser de moi. Bref, j’étais de nouveau une adolescente de quatorze ans. Il fallait que je prévoie d’aller chez le coiffeur, à la manucure et surtout que je fasse encore plus de sport pour perdre les derniers kilos superflus. J’avais refusé tous les pots avec mes collègues pour ne pas boire d’alcool et je n’avais mis que de la nourriture saine dans le frigo.
Qu’est-ce que je m’imaginais ? Je réagissais comme si j’avais oublié que j’avais un mari que j’aimais et deux enfants qui m’attendaient au Tréport en Normandie tous les week-ends depuis bientôt trois mois.
C’était une drôle de vie d’être célibataire la semaine et en famille le week-end. J’appelai avec anxiété Emmanuel mon mari pour lui annoncer la nouvelle. On lisait comme un livre ouvert en moi et ce serait difficile de le lui cacher.
— Tu ne devineras jamais qui je vais rencontrer la semaine prochaine, lui dis-je.
— Je ne sais pas moi, quelqu’un de connu ?
— Oui de très connu... Mon artiste préféré…
— Roy ?
— Exactement !
— Mais comment est-ce possible ?
— Tu sais que ma colocataire est agent d’artistes. C’est son client !
Silence au bout du fil.
— Emmanuel tu es toujours là ?
— Oui. Je repensais à la conversation que nous avions eu quand je t’avais emmené voir Roy pour tes trente-quatre ans.
— Oui, j’y ai pensé aussi. La carte blanche tient toujours ?
— NON !
Je n’étais pas surprise que la voyant se concrétiser, il fasse machine arrière.
— Mon amour, une promesse est une promesse.
— Je te l’ai promis parce que ça restait de l’ordre de l’impossible.
— Emmanuel, moi quand je fais une promesse c’est du sérieux. Tu sais que ma coloc connaît l’agent de Sandra Wilson en Angleterre ?
— C’est vrai ?
— Ah... Tout d’un coup, ça devient concret pour toi aussi, hein ? Alors cette carte blanche tient toujours ? Je ne ferais rien que tu ne veuilles pas.
Tiens, c’était exactement la phrase qu’Emmanuel m’avait dite avant de me déshabiller pour notre première nuit d’amour.
— Si tu me fais rencontrer Sandra Wilson, alors oui.
— Elle est mariée maintenant, tu sais.
Il soupira.
— Oui, je sais.
— Ah tu vois, tu en parles comme moi de Roy ! De toute manière il est marié.
Je n’allais pas lui dire qu’il était sur le point de divorcer et à priori libre comme l’air, ni que Chrissie m’avait confié que c’était un séducteur.
— Ne t’inquiète pas, le rassurai-je, il ne se passera rien. Je t’aime plus que tout au monde et je ne mettrais jamais en danger notre couple. Je rêve de le rencontrer, c’est une chance unique dans ma vie. Il repart de toute manière le lendemain aux États-Unis. Il est juste en promo à Londres pour quelques jours pour son nouvel album. Je vais voir avec Lena si je peux obtenir que tu rencontres Sandra. Comme ça on sera à égalité. Mais je ne te promets rien. Je vais juste essayer.
— OK.
Mais étais-je si sûre de vouloir qu’il rencontre son actrice préférée ? En vérité, depuis que je savais que j’allais rencontrer Roy, je ne pensais plus qu’à ça. Je revivais constamment tous mes fantasmes enfouis d’adolescente. Donc j’imaginais l’excitation que ressentirait Emmanuel en voyant Sandra Wilson, sa comédienne fétiche. Mon mari était beau comme un dieu. Je devais déjà affronter les femmes dans la rue qui le déshabillaient du regard. Si Sandra Wilson tombait sur lui et qu’elle apprenait qu’il avait carte blanche avec elle, elle lui sauterait dessus sans aucun doute, toute mariée qu’elle était. Mais Emmanuel ayant été élevé dans la tradition catholique, je savais aussi que tromper était une sacrée entorse à son code de déontologie. Sauf que nous nous étions donné carte blanche...
Je déviai la conversation sur nos enfants. Emmanuel était rentré de Paris et avait récupéré Victor avec un mauvais rhume à la crèche. Quant à Clara, elle n’avait pas de symptômes. Il les avait quand-même emmenés chez le médecin pour être sûr, puis avait amené Clara chez Jean. Nos deux enfants ne dormaient pas sous le même toit à part le week-end quand j’étais là. C’était l’accord que nous avions trouvé pour que Jean puisse voir grandir sa fille tout autant que moi. Et cela fonctionnait plutôt bien. D’autant que Paul, le frère d’Emmanuel vivait désormais avec Jean. Il avait repris le cabinet d’avocats de son père, Barthélémy, qui était maintenant à la retraite et en profitait pour s’occuper de Clara et Victor souvent.
Ma fille s’était accommodée d’avoir trois papas et une maman. Et Victor ne posait pas encore trop de questions concernant cette situation bizarre. Mais nous savions que ça n’allait pas tarder : nous nous étions préparés comme des dingues pour pouvoir expliquer le tout à nos deux enfants de manière simple et claire.
Nous nous appelions tous les jours en visioconférence quand je sortais du travail vers 17h30 et j’en profitais pour parler aux enfants en anglais. Emmanuel adorait son fils et je crois que même si c’était beaucoup de travail de s’en occuper tout seul la semaine, il adorait ces moments privilégiés avec lui. Il avait toujours rêvé d’avoir un garçon et il me demandait depuis quelques temps si je ne voulais pas faire un autre enfant. Je considérais que j’avais fait ma part du travail, mais c’était vrai que lui n’en avait fait qu’un avec moi.
J’avais fait poser un stérilet par ma gynéco après la naissance de Victor. Vu la facilité avec laquelle j’étais tombée enceinte, je me méfiais. La gynéco m’avait dit qu’il y avait quand-même une infime chance pour qu’un bébé se développe malgré tout, mais que c’était rarissime. Je touchais du bois. Jusqu’ici, je n’étais pas retombée enceinte. Pour l’instant j’avais su dire non au désir d’enfant d’Emmanuel qui aurait voulu une autre petite fille bien à lui. Mais je ne savais jamais lui résister bien longtemps.
Depuis trois mois, je faisais du sport intensément à Londres et j’avais enfin retrouvé une ligne digne de ce nom. L’allaitement, le fait de me dépenser tout le temps avec les enfants en plein air ainsi que l’entretien de la maison durant ces deux années de congé maternité m’avait fait perdre assez rapidement les kilos des deux grossesses, mais je n’avais pas pris le temps de me remuscler et là je revoyais enfin mes abdos que je pensais disparus à jamais. Je me sentais de nouveau bien dans mon corps et je me réjouissais que cette rencontre avec mon idole tombe alors que j’étais presque redevenue comme avant à quelques vergetures près…
Il fallait absolument que j’appelle ma meilleure amie Luana pour lui annoncer la nouvelle !
— Julia ! répondit-elle. Ça fait trop longtemps !
On s’envoyait des photos et des messages, mais avec deux enfants chacune, on ne prenait plus le temps de s’appeler comme avant.
— Oui, je suis désolée, mais avec le retour à Londres, le boulot et la nouvelle organisation, je n’ai pas eu trop le temps de prendre des nouvelles.
— Oh t’inquiète, ici c’est pareil. Pablo m’a fait deux otites coup sur coup et Francisco a du se faire opérer de l’appendicite !
— C’est pas vrai ? Mais il est si jeune !
— Il se tordait de douleur à la maternelle, il n’arrivait plus à bouger. Sa maîtresse a appelé les secours. J’ai dû foncer à l’hôpital, ce fut une journée charmante !
— J’imagine. Il va mieux ?
— Oui, tout va bien maintenant, mais on a eu peur. Et
