La malédiction de l'amour de vacances - June Caravel - E-Book

La malédiction de l'amour de vacances E-Book

June Caravel

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Beschreibung

Lorsque Miguel jette un sort à Julia après qu'elle a refusé ses avances, elle n'y croit pas. Mais après des années d'échecs sentimentaux, elle est forcée de se rendre à l'évidence : la malédiction de l'amour de vacances la poursuit. C'est lors d'un voyage sur la terre natale de Miguel que Julia est bien décidée à retrouver son jeteur de sort et à conjurer la malédiction.

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Seitenzahl: 163

Veröffentlichungsjahr: 2020

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DE LA MÊME AUTRICE…

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Déjà parus :

— La malédiction de l'amour de vacances, 2019

— Enceinte à tout prix !, Creo Éditions, 2020

— Carte Blanche, 2021

SOMMAIRE

_____________

LA MALÉDICTION DE L’AMOUR DE VACANCES

LA MALÉDICTION

VACANCES AU MEXIQUE

DANS L’AVION MEXICO PARIS

NOUVELLE EXPLOSIVE

LE JOUR SUIVANT

PARIS

STAR D’UN JOUR

CHAPITRE PREMIER LA MALÉDICTION

Miguel avait tenté de m'arracher un baiser devant tout le monde. Mon sang n’avait fait qu’un tour. Je lui avais pourtant dit « non », en long, en large et en travers durant toute la semaine de vacances, alors pourquoi s’acharnaitil ? Dans un réflexe primaire, je l’avais giflé.

— Non, mais ça va pas ?

Miguel avait porté la main à son visage, incrédule. Le silence s'était fait d'un coup. Tout le monde me regardait médusé. Personne ne s’était attendu à une réaction aussi violente de ma part.

Puis les cousins assis autour de la table avec nous avaient éclaté de rire. Miguel les fusilla d'un regard noir et les rires s’éteignirent aussitôt. Il s'était levé et avait fermé les yeux, concentré sur je ne sais quoi. Tout d’un coup, je le vis parcouru d'un tremblement dans tout le corps : c'était comme s'il était en transe. Etait-ce un début de crise d'épilepsie ? Quand il rouvrit les yeux, il semblait comme possédé. Il tendit les deux bras dans ma direction tout en prononçant ces paroles :

— Tu peux faire une croix sur le fait d'avoir un amour de vacances ! Et si malgré tout tu réussis un jour à en avoir un, alors tu seras punie car une grande catastrophe aura lieu !

On aurait dit qu'une voix surnaturelle avait pris possession de lui. Mon corps fut à son tour traversé de tremblements. C'était plus fort que moi. Il resserra la main comme s'il voulait m'étrangler à distance et je me mis à chercher de l'air. Je n'arrivais plus à respirer. Puis il l’abaissa et s'enfuit dans sa chambre. Les tremblements, la sensation d’être étouffée : tout s'arrêta d'un coup. Je pris une grande inspiration. Je ne pouvais m'expliquer ce qui venait de se passer. C’était comme s’il m’avait jeté un sort.

Luana, ma meilleure amie et la cousine de Miguel, me saisit par le bras et m'entraîna à l'intérieur où le reste de la famille chantait et dansait encore.

— Ne fais pas attention, me dit-elle. Miguel pense qu'il a des pouvoirs parce que son père est chamane et qu'il peut lui aussi jeter des sorts aux gens.

— Pardon, tu peux répéter ? Ton oncle est chamane ?

— Oui, c'est très courant au Mexique…

Je ne savais pas ce que c'était qu'un chamane. Mais au ton avec lequel elle l’avait dit, j’en déduisis que ça devait être une sorte de magicien.

— Ça fait quoi au juste un chamane ? lui demandai-je.

— Ça guérit les âmes et les maladies. Écoute, ne prends pas trop au sérieux les menaces de mon cousin. Il est dingue de toi depuis qu'il t'a vue débarquer ici et il se venge en essayant de te faire peur parce que tu refuses ses avances. Mais vraiment, il est inoffensif.

— Pourtant tu l'as vu toi-même tout à l'heure ! Cette transformation dans son visage et ses tremblements. On aurait dit qu’il était comme... possédé !

— Ne t'inquiète pas je te dis, tu l'as giflé devant ses cousins et il a probablement voulu se venger en te faisant peur. Je crois que c'est la première fois qu'une fille lui résiste.

Luana m'avait emmenée au milieu du salon et nous nous étions mises à danser. Miguel n'était pas reparu de la soirée et nous étions reparties avec les parents de Luana le lendemain à l'aube pour éviter les bouchons. Je ne l'avais jamais revu depuis.

CHAPITRE 2 VACANCES AU MEXIQUE

Force m'était de constater qu'à chaque fois que je partais en vacances depuis cet incident, tout le monde ou presque se trouvait un amour de vacances sauf moi. Dans mon for intérieur, j’avais commencé à appeler cela « la malédiction de l'amour de vacances ».

Quoi que je fasse, – et j'avais tout essayé : les robes sexy, de danser collé-serré, de parler jusqu'à des heures indues sur la plage avec un mec – il se passait toujours quelque chose au moment où je devais conclure. Une fois, j'avais eu une tourista carabinée qui s’était déclarée le dernier soir où j'aurais dû finaliser les choses avec le type que j'avais dragué toute la semaine en classe de nature. Il avait fini avec une rivale de la seconde B.

À Malte, en vacances avec des copines, j'avais eu tout d'un coup un haut-le-cœur et avais vomi tout mon repas sur le type que je m'apprêtais à embrasser. Autant dire, qu'il était rentré en courant prendre une douche et qu'il ne m'avait plus jamais adressé la parole jusqu'à la fin du séjour. Il se moquait même de moi en faisant semblant de vomir dès qu'il me voyait.

Une autre fois, de nouveau en vacances avec Luana, alors que nous étions étudiantes, j'étais en train de me baigner seule avec un de ses amis, Mathieu, qui habitait aux Sables d'Olonne et qui m'attirait depuis le début du séjour. Au moment où il me prit dans ses bras pour m’embrasser, une méduse me piqua. Je ne sais comment elle fit son coup puisqu'elle le laissa indemne. Moi par contre, je n’eus d'autre choix que de sortir de l'eau à toute vitesse pour courir au poste de sauvetage de la plage. Mathieu m’avait suivi, puis avait prétexté en voyant l'heure qu'il devait partir. Je n'avais pas encore de portable à l'époque et inexplicablement, je ne l'avais plus croisé les jours suivants alors qu'avant, nous nous retrouvions tous les jours au même endroit. J'avais finalement découvert qu'il s'était trouvé une autre petite copine entre temps.

Quand donc j’avais accepté de partir en vacances au Mexique avec Luana l'année de mes vingt-huit ans pour trois semaines, j’espérais qu’enfin la malédiction s’arrêterait. C'était peut-être le fait d'aller dans la patrie du cousin de Luana, qui me faisait penser que je bouclerais la boucle : peut-être cette malédiction s’arrêterait-elle enfin en terre chamanique ? Et puis c’était ridicule : ça faisait quatorze ans que ça durait !

À chaque fois que j'étais partie en vacances avec Luana, elle me soutenait mordicus que ma soi-disant malédiction n’existait pas, que Miguel n'avait aucun pouvoir. Mais quand je lui avais demandé si on allait lui rendre visite au Mexique, elle m'avait dit qu'elle ne savait pas s'il serait là.

Luana était partie au Mexique plusieurs fois durant toutes ces années et elle avait revu son cousin Miguel. Elle m’avait même dit qu’il était devenu chamane comme son père et qu’elle avait assisté par hasard à l’une des cérémonies chamaniques où son cousin officiait.

Elle était arrivée chez lui alors qu’il soignait une jeune fille allongée sur une natte au sol. Miguel était désormais marié et sa femme, qui exécutait un rythme régulier au tambour, lui avait fait signe de de se taire et de s’asseoir. Miguel faisait comme s’il absorbait le mal par la bouche dans plusieurs parties du corps de sa patiente. Ensuite il avait craché dans un bol et jeté le contenu dehors. Pendant toute la cérémonie, Miguel n’avait pas une seule seconde pris acte de la présence de Luana. Ce n’est que lorsque la jeune fille avait rouvert les yeux et que le tambour avait cessé de battre qu’il lui avait sourit, en lui intimant d’attendre jusqu’à ce qu’il en ait fini avec sa patiente.

Le récit de cet épisode m’avait fait froid dans le dos. J’avais beau être cartésienne, cette malédiction qui s’acharnait sur moi avait tout de surnaturel. Il fallait que j’en comprenne les mécanismes. Surtout, j’espérais que l’eau aurait coulé sous les ponts et que peut-être j’aurais pu demander à Miguel de la lever. Luana n’arrêtait pas de me dire que peut-être mon inconscient s’efforçait d’autoréaliser cette soi-disant malédiction. Je trouvais ça quand-même fort de café ! Jamais je n’avais voulu avoir la tourista ou des hauts le cœur pile au moment d’embrasser un homme. Et puis le coup de la méduse me laissait de gros doutes : cela restait inexplicable qu’elle s’en soit prise à moi et pas à Mathieu et encore plus inexplicable qu'elle soit présente dans l'Océan Atlantique, en général pas aussi réputé pour la présence de méduses que la Méditerranée.

Durant le séjour, nous avions été voir la famille de Luana que je n'avais pas revue depuis nos quatorze ans. J'avais appris que Miguel vivait à une centaine de kilomètres de là où nous séjournions. Désormais chamane, Miguel devait avoir bien plus de pouvoirs que Luana ne voulait l’admettre. Je lui demandai si nous pouvions aller le voir. Ses cousins présents se renfrognèrent à cette idée.

— Je ne crois pas que ce soit une bonne idée, Julia, me dit l’un d’entre eux.

— Pourquoi ? lui demandai-je.

— Il t'en veut toujours pour la gifle que tu lui as donné. Je ne crois pas qu'il serait content de te voir débarquer.

— Et si j'allais m'excuser ? dis-je en me tournant vers Luana. Ça fait quand-même quatorze années…

Je joignis mes mains en un geste de supplication. Il fallait que je voie le cousin de Luana et que je comprenne ce qui s'était passé. Et surtout que je sache s'il m'avait vraiment jeté un sort et s'il y avait un moyen pour changer la donne. Luana décrocha le téléphone.

— C'est quoi son numéro ? demanda-t-elle. Je vais l'appeler, moi.

Sa grand-mère se leva et composa le numéro pour Luana. Je ne compris pas tout de la conversation qui suivit car mon espagnol était plus que sommaire. Luana raccrocha.

— On y va demain.

— Tu lui as bien dit que j'étais là ?

— Oui.

— Il m'en veut encore ?

— Je ne sais pas. Il a dit qu'on était les bienvenues.

J'avais fait un cauchemar cette nuit-là. Je voyais un bras s'allonger doucement vers moi pendant que j'essayais de courir pour lui échapper. Je me retournais pour essayer de discerner à qui il appartenait, mais je ne pouvais distinguer qu'un bras qui s'allongeait, s'allongeait… et qui finit par me rattraper. La main s'arrima à mon cou et serra puissamment. Je suffoquais. La main continuait de serrer toujours plus fort... Je m'étais réveillée en sursaut en essayant de reprendre de l'air désespérément. La sensation d'étranglement était encore présente, comme si elle avait véritablement eu lieu. Cela n'augurait rien de bon. Je n'étais plus si sûre de vouloir revoir Miguel.

Après ça, je n'avais pas réussi à me rendormir de toute la nuit. J’arrivais les traits tirés dans sa maison et un peu angoissée à l’idée de revoir celui dont la malédiction me poursuivait depuis toutes ces années…

Une femme portant un bébé et avec dans ses jupes un petit garçon de trois ans nous accueillit. Elle ne parlait pas français. Luana me dit que c'était la femme de Miguel. Au moins, il n'essaierait pas de me draguer cette fois-ci !

Sa femme était très gentille avec moi. Elle me proposa à boire, puis se mit à dialoguer en espagnol avec Luana qui me traduisit que Miguel n'allait pas tarder. Les enfants de Miguel étaient adorables, mais le joli petit bébé de Miguel se mit à hurler dès que sa mère le mit dans mes bras. Je lui rendis bien prestement. Enfin Miguel arriva.

C'est à peine si je le reconnus. Il portait une chemise traditionnelle mexicaine et était tout simplement devenu un homme. Plutôt mignon d'ailleurs. Je regrettais presque d'avoir refusé ses avances plus jeune. Il nous accueillit avec un grand sourire, ce qui me fit chaud au cœur étant donné les circonstances de notre dernière entrevue. Il embrassa Luana puis me prit dans ses bras.

— Bonjour Julia, je n'aurais jamais pensé te revoir un jour.

— Moi non plus. Je suis venue car je voulais m'excuser.

Il m'accorda un sourire bienveillant.

— C'est de l'histoire ancienne. Ne t'inquiète pas. C'est oublié.

— Tu es sûr ?

— Mais oui.

— Alors pourquoi ta malédiction me poursuit-elle encore ?

Il me fixa étonné. Je continuai :

— Depuis que tu as prononcé ces mots, je n'ai jamais pu avoir d'amour de vacances. À chaque fois que je pars, il se passe toujours quelque chose au dernier moment qui empêche toute relation avec des mecs…

Luana intervint :

— Ça fait des années que je lui dis d’arrêter de croire à cette malédiction, mais elle n’en démord pas. Tu ne lui as pas vraiment jeté un sort, Miguel, quand-même ?

Miguel regarda ses pieds et murmura :

— Disons que... Je ne pensais pas que ça marcherait.

Luana toisa Miguel incrédule :

— Comment ça ? demanda-t-elle.

Miguel parut gêné :

— Mon père m'avait bien dit de ne jamais utiliser le pouvoir des esprits à des fins de vengeance. Je ne l'ai plus jamais refait depuis. Ça m'a servi de leçon.

— Tu veux dire que toutes ces années ?

Je sentis l'air me manquer à nouveau. Je m'assis. Luana renchérit :

— J'ai toujours cru que c'étaient des cracks. Comment est-ce possible ? T'es un vrai magicien alors ?

— Non, ça n'est pas comme ça que ça marche. Moi, je n'ai aucun pouvoir, je suis juste un canal. Ce sont les esprits qui font le boulot.

— Mais alors ça veut dire que tu peux arrêter la malédiction ? demandai-je.

Miguel me regarda d'un air désolé.

— Malheureusement non. Je ne peux défaire ce qui a été fait. Et crois-moi Julia, je m'en veux depuis tout ce temps d'avoir réagi de la sorte. Je me suis senti la risée de tous ce soir-là. Je ne sais pas ce qui m'a pris, ça a été plus fort que moi. Je n'ai pas réfléchi.

— Mais pourquoi on ne peut pas revenir sur la malédiction ? Tu ne peux pas l’annuler ?

— Non, c’est impossible. Je pourrais à la rigueur essayer de leur demander de la modifier, mais qui sait ce qui se passerait ? Cela pourrait être pire. Les esprits sont parfois malins et veulent autre chose en échange de ce qu'ils ont accordé. Crois-moi, c'est mieux de laisser les choses ainsi. Et puis, ça n'est pas si horrible, tu peux quand-même te passer d'amours de vacances, non ?

— Euh… Disons que ça n’impacte pas que mes amours de vacances puisqu’à chaque fois que je pars, si je suis avec quelqu’un, cette personne me quitte comme par hasard juste avant mon départ. Donc je suis condamnée à ne plus jamais partir en vacances si je veux garder l’homme avec qui je suis ou alors à braver la malédiction. Mais tu as dit qu'il se passerait une grande catastrophe si je le faisais.

— Effectivement.

— De quel genre ?

— Ah ça, seuls les esprits le savent. Ça pourrait être n'importe quoi : une tempête, un tsunami, un incendie, un accident. Je n'ai pas été très précis quand j'ai demandé une catastrophe.

Luana n'en revenait pas :

— Non, mais on nage en plein délire, là. T'es sérieux ? Alors c'est pas des conneries ce truc de famille ? Ces choses bizarres qui se passent ? Genre je sais toujours quand ma grand-mère va m'appeler ou bien mes rêves prémonitoires ?

— Eh oui ! On est chamanes de père en fils et même de mère en fille qu'on le veuille ou non. Toi aussi Luana, tu l'es. Par contre, tu n'es pas obligée de développer ton don. C'est à toi de décider.

— Non merci, très peu pour moi Miguel, je deviendrais folle. Et puis je n'ai pas envie de passer mon temps à guérir les gens comme toi. C'est pas mon truc.

— Tu verras. Tu seras toujours la bienvenue ici pour que je t'apprenne si tu changes d'avis.

J'avais enfoui mon visage dans mes mains. J'étais condamnée. Je le savais. Tout ce que j'avais ressenti était vrai. La sensation d'étouffement notamment. La malédiction était bien réelle et je n'avais pas le choix. Si je voulais m'en débarrasser, il me faudrait l'affronter, au prix d'une catastrophe inconnue et potentiellement mortelle pour moi ou bien que je ne parte plus en vacances sous peine d'être sûre de n'avoir jamais de vie amoureuse.

Forcément au bout d'un moment, mon mec me demanderait de partir en vacances et... ce serait reparti pour un tour ! Cela faisait quatorze ans que cette malédiction me pourrissait la vie ! Et s’il n'y avait pas d'autre issue comme le disait Miguel, alors j'étais décidée à affronter mon destin ! Au moment de dire au revoir à Miguel je lui posai tout de même une question qui me taraudait :

— Et si je t'embrassais, là, ça ne l'annulerait pas ?

— Bon, déjà, je crois que ma femme n'apprécierait pas tellement, mais non, ça n'inverserait pas les choses. Une malédiction est une malédiction, tu dois l'affronter ou la supporter toute ta vie. Je suis vraiment désolé, Julia. Je te souhaite bon courage.

Il me prit dans ses bras musclés et je sentis qu'il n'avait jamais vraiment perdu le béguin pour moi à sa manière de me serrer.

— Au revoir, Julia.

Et dire que j'aurais pu mettre fin là tout de suite à cette malédiction s'il avait été célibataire ! Dans sa maison qu’est-ce qui aurait pu se passer ? En plus, en tant que chamane, il aurait bien trouvé un truc pour nous protéger.

Luana n'en revenait pas de ces révélations. Elle se mit à me raconter toutes les choses bizarres qui s'étaient passées dans sa famille et il y en avait des tonnes. Ça me faisait froid dans le dos.

— Dans tes rêves prémonitoires, tu as déjà vu une catastrophe avec moi ? lui demandai-je.

— Non. Par contre, j’ai vu un chat noir dans mon rêve cette nuit.

— Ne dis pas ça. Maintenant je suis devenue ultra superstitieuse !

Le reste de ces vacances au Mexique me fit un bien fou. J’avais besoin de changer d’air après les scènes de jalousie de mon ex, Charlie, qui continuait à me supplier de me remettre avec lui, même si je l’avais quitté depuis plus d'un mois en prévision de ces vacances. Il ne me lâchait pas.

J’en prenais plein la vue durant ce road trip. Nous avions loué une voiture et nous conduisions sans vraiment respecter les limites de vitesse sur des routes très montagneuses. Moi surtout, comme pour me préparer à cette catastrophe : je jouai avec la mort. Les paysages étaient à couper le souffle : les sites sacrés mayas, les plongeurs musclés qui sautaient des falaises à Acapulco, les voladores qui tournoyaient dans le vide pour faire venir la pluie...

Mais la malédiction perdura tout le reste du séjour : il fallait trouver un mec à mon goût, ce qui n’était déjà pas facile. Comme toujours, Luana avait trouvé un petit copain, Gabriel, et moi j’étais restée seule.

Le dernier soir, un mec s'était avancé vers moi au bar de la plage où nous logions Luana, Gabriel et moi à Puerto Escondido. Il avait le look surfer. Très musclé, bronzé et une mâchoire un peu trop carrée à mon goût, mais il était plutôt mignon avec ses yeux bleu azur et ses cheveux bruns.

Quand je le vis s’approcher de moi, je me dis que ce serait peut-être l’occasion de mettre fin à tant d’années d’amours de vacances frustrées et de relations longues avortées ainsi qu’à cette fichue malédiction !