Ces dames de Lesbos - Renée Dunan - E-Book

Ces dames de Lesbos E-Book

Renée Dunan

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Beschreibung

« L’amour unisexuel fut de tous temps et son attente accompagnait déjà le premier frisson humain de volupté. Nous allons donc tenter de donner idée des formes curieuses prises par lui à travers le temps. » – Renée Dunan

POUR UN PUBLIC AVERTI. Ce recueil de onze textes érotiques présente un panorama du saphisme à travers les âges, de Babylone au Paris du XXe siècle en passant par la Rome antique et les amazones. En guise d'introduction, l'auteure emprunte quelques vers de Lesbos de Baudelaire pour illustrer le propos du recueil. S'enchainent ensuite les récits voluptueux au dénouement plaisant.

Un recueil classique de l'érotisme français du XXe siècle.

EXTRAIT

Lesbos, terre des nuits chaudes et langoureuses,
Qui font qu’à leur miroir, stérile volupté,
Les femmes aux yeux creux, de leur corps amoureuses,
Caressent les fruits mûrs de leur nubilité…

Ainsi s’exprimait, parlant de l’île illustre où florissait jadis l’amour féminin, le poète Charles Baudelaire, dans ses Fleurs du Mal.
Lesbos ! A ce nom s’élèvent et tournoient dans l’air les blanches colombes d’Aphrodite. Les jeunes filles sentent un frisson courir sur leurs membres, et les historiens vieillis dans les souvenirs d’un passé lointain et bien aboli croient voir reparaître, suivant le cortège des vierges sacrées, l’image de Psappha, l’admirable poétesse aimée des adolescentes.
Dans les sentes de l’île fameuse, peuplée de beaux arbres, de demeures agrestes et de pâturages harmonieux, voilà encore que se devinent les belles filles rêveuses, deux à deux enlacées, car la tradition et le souvenir toujours vivants des humains attribuent à Lesbos comme une parure et une gloire cette passion étrange des femmes entre elles.

À PROPOS DE L'AUTEUR

Renée Dunan (Avignon, 1892-1936) est une femme de lettres et poétesse française, anarchiste et assurément féministe. Appartenant au mouvement intellectuel et littéraire du dadaïsme, elle a publié dans la revue anarchiste de L'En-dehors « Le nudisme, revendication révolutionnaire ? » et « Le nudisme et la moralité ». Ses romans s'inscrivent dans des genres variés mais elle s'illustre principalement dans l'érotisme féminin.

À PROPOS DE LA COLLECTION

Retrouvez les plus grands noms de la littérature érotique dans notre collection Grands classiques érotiques.
Autrefois poussés à la clandestinité et relégués dans « l'Enfer des bibliothèques », les auteurs de ces œuvres incontournables du genre sont aujourd'hui reconnus mondialement.
Du Marquis de Sade à Alphonse Momas et ses multiples pseudonymes, en passant par le lyrique Alfred de Musset ou la féministe Renée Dunan, les Grands classiques érotiques proposent un catalogue complet et varié qui contentera tant les novices que les connaisseurs.

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Seitenzahl: 34

Veröffentlichungsjahr: 2018

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LESBOS

Lesbos, terre des nuits chaudes et langoureuses,Qui font qu’à leur miroir, stérile volupté,Les femmes aux yeux creux, de leur corps amoureuses,Caressent les fruits mûrs de leur nubilité…

Ainsi s’exprimait, parlant de l’île illustre où florissait jadis l’amour féminin, le poète Charles Baudelaire, dans ses Fleurs du Mal.

Lesbos ! A ce nom s’élèvent et tournoient dans l’air les blanches colombes d’Aphrodite. Les jeunes filles sentent un frisson courir sur leurs membres, et les historiens vieillis dans les souvenirs d’un passé lointain et bien aboli croient voir reparaître, suivant le cortège des vierges sacrées, l’image de Psappha, l’admirable poétesse aimée des adolescentes.

Dans les sentes de l’île fameuse, peuplée de beaux arbres, de demeures agrestes et de pâturages harmonieux, voilà encore que se devinent les belles filles rêveuses, deux à deux enlacées, car la tradition et le souvenir toujours vivants des humains attribuent à Lesbos comme une parure et une gloire cette passion étrange des femmes entre elles.

Mais avant la poétesse qui devait pousser immortellement le cri de l’amour stérile et interdit – celle qu’on apprit à nommer Sapho – les habitantes de Lesbos avaient déjà le goût des caresses féminines, et, sans chasser les mâles, les tenaient hors de leurs amours.

Aussi les Grecs nommaient-ils l’amour sans hommes d’un nom qui le situe dans l’espace. Ils disaient Lesbiadzein. Plus tard, on a semblablement dit l’amour saphique. Pourtant, ne faut-il point croire que les demoiselles et dames dites de Lesbos aient exclusivement vécu autour de Mithylène, les villes de l’île Lesbienne, sise près de la côte asiatique, à deux pas de l’entrée des Dardanelles ?

L’amour unisexuel fut de tous temps et son attente accompagnait déjà le premier frisson humain de volupté. Nous allons donc tenter de donner idée des formes curieuses prises par lui à travers le temps.

PREMIÈRE PARTIELES LÉGENDES

1Aux temps primitifs

C’est il y a trente mille ans. Près d’une forêt dense et sombre, la tribu des filles de la Louve se tient dans une vaste caverne aux grottes et souterrains innombrables. Voilà des siècles et des siècles que les filles de la Louve, femmes groupées en un clan rigide, vivent à l’écart des hommes qu’elles ne rejoignent qu’une fois l’an, lorsque les nouvelles pousses viennent aux arbres. Elles s’enfuient ensuite vers leur demeure inexpugnable, portant dans leurs seins les fruits d’unions brutales et sans volupté. Des enfants qui viennent, elles tuent les mâles et éduquent les femelles selon leurs règles dures.

Elles en font des chasseresses audacieuses comme elles-mêmes, des guerrières qui se mesurent sans crainte avec les grands fauves, et qui apportent sur leur dos robuste la bête quotidiennement tuée, pour nourrir les vieilles et les enfants. Dans la tribu, il en est pourtant que la faiblesse retient constamment près des feux du gîte. Celles-là ont d’autres soucis.

On leur a transmis, en effet, un art de la volupté. C’est que les filles de la Louve n’éprouvent point d’émotion avec l’homme, mais vibrent, comme des feuilles sous le vent, aux caresses délicates de celles de leurs sœurs qui sont, en cette tribu, chargées de l’amour et de ses joies.

Or, ce matin-là, Doa la rousse, avant de partir pour la chasse, essayait distraitement l’épieu qu’elle projetait à l’accoutumée, comme une force de la nature, au thorax des bêtes hargneuses, les mettant toujours à mort d’un seul coup. Elle pensait aux joies que lui avait offertes la veille la douce Adir, la plus habile des donneuses de délices. Et Doa regrettait de partir se battre avec l’ours ou l’auroch, quand il eût été si charmant de reposer, avec Adir à la peau blanche et douce, dans la grotte mystérieuse, tapissée de mousses sèches, où l’amour était si émouvant.

Mais la règle était de ne pas recourir aux porteuses de caresses qu’après avoir enrichi le clan de trois quartiers de venaison. Là était d’abord le devoir. Et Doa partit.