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Certains destins sont déjà écrits dans les étoiles, certaines histoires aussi... " Je le regarde, il me donne envie, il me sourit et passe sa main dans les cheveux légèrement grisonnants. Je deviens sexuelle dans son regard, je plonge dans un univers qui m'était inconnu. Grâce à lui, j'ai découvert le chemin du plaisir, encore plus important que le plaisir lui-même. Il s'appelle demain mais je n'en sais rien encore" Une histoire d'amour croustillante aux scénarios sensuels entre deux êtres qui se retrouvent après 37 ans...
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Seitenzahl: 196
Veröffentlichungsjahr: 2021
Dans l’ombre de chaque plume,
Il y a une muse qui se promène
Sur la pointe des pieds avec des
Ongles vernis de rouge…
LE FAUTEUIL N° 1
ACCORD DE MASSAGE
PREMIER MASSAGE
BONJOUR…
LE FAUTEUIL N° 2
LE BAIN
TOI ET MOI
PREMIER RÊVE
LE RESTAURANT
LA PAUSE ÉCRITURE
BONNE NUIT
LA PETITE FOLIE
L’ATTENTE
LA PISCINE
LA PETITE VIDÉO
LA RENCONTRE
Certains destins sont déjà écrits dans les étoiles, certaines histoires aussi…
Et on réalise souvent ce que l’on a lorsqu’on l’a perdu.
Alors il était une fois…
Nous avons toutes un premier amour ou un premier flirt qui ne nous quitte jamais.
C’est le premier contact avec un autre homme juste après notre père quel que soit le degré d’affection et la nature de la relation que nous avons eue, ce premier flirt reste souvent gravé comme une référence.
Le premier baiser ainsi que les premières caresses jusqu’à la découverte du plaisir à deux.
Pour ma part lorsque j’avais 16 ans j’étais en avance sur tout et mon corps parlait tout seul car j’ai été formée très jeune et le regard des garçons sur moi le confirmait. J’ai pris goût très tôt au plaisir solitaire à l’abri dans ma petite chambre et j’ai ensuite appris à me conduire au plaisir très facilement et le plus souvent possible.
Les premiers flirts ne m’apportaient pas grand-chose au début mais c’est en rentrant chez moi que je me libérais.
Puis il y a eu ce jeune garçon, Damien qui était différent, attentionné avec un autre regard. Ses premiers baisers sont restés longtemps gravés dans ma mémoire, dans un petit repli de mon âme, comme pour une raison future que j’ignorais.
Nous avons flirté quelques temps puis nous nous sommes perdus de vue comme ça, tout naturellement.
Mais je crois qu’il est resté comme une petite graine invisible, une petite perle de désir que j’ai souvent retrouvé dans un coin de moi.
Nous ne nous sommes jamais revus ni croisés.
C’était il y a trente-sept ans.
Ce plaisir solitaire ne m’a jamais quitté comme un souvenir délicieux qui refait surface de temps en temps.
Je le regarde, il me donne envie, il me sourit et passe sa main dans ses cheveux légèrement grisonnants. Je deviens sexuelle dans son regard, je plonge dans un univers qui m’était inconnu. Grâce à lui, j’ai découvert le chemin du plaisir, encore plus important que le plaisir lui-même.
Il s’appelle Damien mais je n’en sais encore rien.
Ces échanges virtuels ont libéré la femme qui était en moi. Dévoilé mes profonds désirs, ceux que nous avons toutes enfouis en nous.
Vous voyez de quoi je parle, mesdames bien sûr !!
Alors je vais vous faire partager cette expérience unique que je souhaite à toutes les femmes.
De mon imagination, est né cet homme idéal inspiré peut être du souvenir de Damien mais qui habituellement reste enfermé dans notre esprit.
Nous le cherchons ensuite à travers chaque homme que nous rencontrons.
Eh bien moi je l’ai fait naître, et le fruit de cette imagination est devenu réel.
Je l’ai imaginé, façonné, rêvé, attendu et enfin rencontré… sans m’en douter une seconde.
Je travaille dans une clinique, où je suis infirmière, un endroit propice aux fantasmes et aux rencontres car supposée être nue sous une blouse en sentant le regard des mâles glisser dessus et dessous donne déjà une sensation de plaisir… comme je ne fais pas mon âge, je cultive le désir de chaque prédateur qui trouve en moi son personnage pour chaque période de sa vie.
Je savoure ce pouvoir qui nourrit mon inconscient et m’emmène souvent et régulièrement vers ce chemin tant convoité.
Cet homme se promène dans mon imagination chaque nuit dans ma vie sage et rangée depuis mon dernier divorce. Je l’ai d’abord croisé dans mes rêves, je pense que je l’ai créé de toutes pièces avec mes souvenirs tellement je devais le rencontrer.
Puis un jour je l’ai aperçu de loin dans un coin de mon inconscient, vous savez, les filles, ces rêves que l’on voudrait toutes faire et où tout est parfait dans notre monde.
Quand j’étais adolescente, j’en parlais à mon journal. J’écrivais déjà des scénarios dans lesquels je créais mes amants et mes scènes idéales. Des situations que je vivais dans mon imagination et qui me préparaient à ma vie de femme.
Et depuis je l’imagine, je le dessine, je le façonne à mon goût, je le touche, je le caresse, je le matérialise. Il prend forme et au bout de quelques temps je finis par voir son visage.
C’est drôle, c’est ce qui m’est venu en dernier comme si c’était le moins important et encore au début je n’ai vu que ses yeux et ce regard pénétrant qui ne me quitte plus.
Je vois un regard vert clair, une couleur froide pourtant, mais qui se plante en moi en me brûlant.
Chaque matin est un moment extraordinaire, quand je sors de chez moi et que je m’en vais boire mon café au coin de la rue.
Je le cherche comme dans mes rêves et il m’obsède, je le connais tellement maintenant que je n’aurai aucun mal à le reconnaitre dès que je le verrai.
Je cours vers cet inconnu qui nourrit mes journées. Chaque matin comme une adolescente, je me prépare, je change cent fois de vêtements, de coiffure, de chaussures, instants magiques qui font la grande différence entre aimer et être amoureuse.
Et lorsque je sors dans la rue, je suis une autre femme, une femme sublimée par cette rencontre future et magique, amoureuse de quelqu’un que je ne connais pas car l’imagination est le jardin de Dieu, là où tout est permis et protégé.
Je sais que je vais le rencontrer un jour, un jour où je serai en feu à l’intérieur et lui ne comprendra pas, bien sûr.
On est lundi. Il fait beau, le printemps commence à s’impatienter et toute la nature frémit de bonheur.
Les premières fleurs dévoilent leurs couleurs et commencent leur séduction printanière.
Je mets une petite robe noire à pois blancs et de petits escarpins à talons fins.
Que ce chemin est délicieux, je suis si légère que j’ai la sensation de planer au-dessus du sol.
Je sais qu’il est là, en moi, qu’il peut être n’importe où et que sans le savoir, lui aussi se prépare chaque matin avec ce rituel de plaisir enivrant.
J’imagine une rencontre étourdissante, tourbillonnante de désir, prête à plonger dans son regard, happée par son magnétisme brûlant.
Alors je visualise sa silhouette de loin, je la reconnaitrais entre mille, debout, solide, sensuel et puissant.
Plus j’avance, plus mes sens s’ouvrent en grand, une chaleur brûlante m’envahit le ventre. Je pourrais jouir de plaisir en marchant parfois, tellement cette attente est intense et délicieuse.
Ce que je dégage doit être torride car les regards de tous les hommes sont sauvages, ils me lèchent de loin comme des prédateurs.
Mon regard se transforme en féline, plus rien n’existe autour, mon corps frissonne, c’est bon comme rien d’autre au monde.
Ma journée peut commencer. Elle est légère et merveilleuse mais je ne pense qu’à une seule chose : Rentrer ce soir et assouvir ce plaisir solitairement.
Chaque jour mon imagination me transporte de mon désir à mon plaisir avec force et intensité.
À l’hôpital, je cultive ce désir auprès des médecins en mal de sensations. J’apprends de leurs regards, je décode leur testostérone et le pouvoir qu’ils ont sur nous lorsque nous sommes prêtes.
Quand ils nous emmènent à cette explosion d’endorphine bénéfique au moment de l’orgasme.
Je peux tout imaginer puisque je ne le connais pas et c’est ça qui est merveilleux car même ce que je n’oserais pas faire est possible et permis.
Je maîtrise et contrôle mon plaisir, c’est fabuleux.
Lorsque je rentre le soir, je prépare tout comme un rituel car depuis le matin le désir a fait son chemin en moi et je dois le libérer.
Je me fais couler un bain que j’orne de bougies parfumées à l’opium, je me sers un verre de Saint Émilion et je plonge dans mon univers égoïste où personne ne peut entrer.
Mon corps se détend de cette journée, il retrouve un peu de calme dans ce bain chaud, je ferme les yeux, je me relaxe et je sens mon désir qui arrive par vagues successives. Je le sens circuler à travers ma peau. Je le retiens, je le contiens, je retiens ma main… Encore un peu… Et j’enclenche le film de mon désir.
J’imagine mon inconnu qui glisse sur mon corps nu, puissant comme un serpent, il m’enroule de son corps entre mes cuisses, entoure mes hanches de ses bras musclés et je sens ses mains envelopper mes fesses pour me plaquer contre lui, contre son visage pour me respirer. Je me cambre pour m’ouvrir à lui, je suis prête.
Il relève la tête pour planter son regard comme un sexe dans le mien, j’entrouvre les lèvres et je passe ma langue pour l’affoler mais je suis déjà folle de désir, bien plus que lui…
En me regardant il glisse sa langue dure entre mes lèvres, c’est un supplice délicieux qui me cambre d’un seul coup mais je suis prisonnière entre ses bras et sa bouche, alors je m’abandonne, je laisse aller ma tête en arrière, cambrée, offerte…
Sa langue commence alors une danse inouïe, mes lèvres sont gonflées, mon petit bouton rose sort comme une fleur, il est dur et provoquant.
Je n’en peux plus, ma main s’engouffre entre mes cuisses pour libérer ce désir quotidien. Mes doigts savent où aller, ils savent où se situe mon plaisir, je le maîtrise parfaitement. Je le contrôle et je m’envole dans un orgasme puissant qui fait un raz de marée dans mon bain, un autre orgasme le suit de très près… C’est merveilleux ce plaisir-là.
Que la nature est bien faite de nous avoir doté de ce pouvoir pour un plaisir sur commande quand nous le souhaitons.
Chaque jour me rapproche de mon précieux amant qui n’existe pas encore.
Le quotidien me ramène parfois à la réalité mais c’est de courte durée, mon imagination est puissante, sexuelle et sans limite…
Il se passe ainsi quelques mois, je surfe sur mon plaisir mais la magie s’estompe, s’essouffle, je ne le trouve pas et je commence à désespérer.
Le regard des autres hommes ne me satisfait plus, je n’en vois qu’un que je ne vois pas, qui n’arrive pas. Mes rêves se font plus rares… je le perds…
Panique à bord, plaisir éteint. Que se passe-t-il ? C’était si bon…
Au bout de quelques temps je décide de me connecter au monde virtuel et de tenter l’expérience protégée de ce mode de rencontre à consommation rapide.
Peut-être que je ne le trouverai pas ici mais je tente quand même l’expérience.
Je mets tous les atouts de mon côté, photos suggestives, profil précis et sans détour :
« Je suis une femme au corps sensuel qui cherche le plaisir à l’état pur, ne me jugez pas, je sais ce que je veux, tout est clair et honnête.
Lisez bien mon profil et surtout mon âge.
Soyez un homme, un vrai et ne me faites pas perdre mon temps, en échange, je ne vous ferai pas perdre le vôtre.
Mon désir est à l’état sauvage, il faut l’apprivoiser, le dévoiler, le mettre à nu, comme le tatouage que j’ai en bas des reins.
Et si vous savez vous y prendre vous aurez le meilleur de tant d’années d’attente »
Et si je le trouvais ici.
Mon annonce est en ligne. Je commençais à visiter les profils dans ce supermarché moderne du plaisir. C’est incroyable tout ce que l’on peut y trouver, des carnassiers aux dents blanches aux timides sans photo. Je me promène.
Et mon imagination reprend de plus belle, mais personne ne correspond à mon rêve.
Mais finalement ça me plait de visiter les gens sans qu’ils le sachent, c’est une sensation particulière.
Chacun y va de ses annonces plus ou moins sérieuses, on peut tout se permettre ici. C’est un peu comme si on était protégé derrière une grande vitre et que l’on puisse voir sans être vu.
Je commence à recevoir des messages, des flashs de toute part, je trouve la méthode brutale et sans courtoisie.
Pour le moment je ne réponds à personne, je lis tout ce que les hommes sont capables d’écrire avec des fautes d’orthographe pour obtenir ne serait-ce qu’une visite. Certains se lancent dans des phrases toutes faites qu’ils doivent sûrement dupliquer à chaque profil qui leur plaît.
Je passe ainsi plusieurs soirées à étudier la gente masculine perdue dans ce hall de gare virtuelle, ce n’est pas très joli. On sent bien que l’homme est en mal d’identité, qu’il a perdu un peu de sa superbe.
La faute aux femmes sans doute qui ont changé les règles du jeu. On verra combien de temps ça me tiendra, pour le moment ça m’amuse beaucoup.
Il se passera ainsi plusieurs mois de découverte et d’entraînement car la complexité de ce genre de rapports est sans limite.
Mais je me surprends à m’amuser, je me prends pour celle que je ne suis pas, le meilleur rôle de ma vie et finalement je multiplie les relations virtuelles et protégées.
Que l’homme est prévisible dans son habit de séduction ! Mais ses maladresses sont charmantes.
Mes soirées sont remplies et je ne m’ennuie plus. Ça nourrit même mes plaisirs solitaires puisqu’ils varient en fonction de mes partenaires virtuels. C’est délicieux.
Un soir, un message différent et plein de douceur se faufile dans ma boite à rencontres.
« Bonsoir, je suis perdu ici entre deux mondes, je ne sais pas ce que je cherche mais j’ai été poussé à vous écrire, comme si je vous connaissais, ne m’en voulez pas.
Je ne sais pas trop quoi vous dire sauf que je vous trouve délicieuse et que nous habitons la même ville.
Damien. »
Je consulte le profil, pas de photos. Je regarde son annonce, pas d’annonce. Je décide de zapper, je ne veux pas perdre de temps et mettre de suite un visage sur ce que je lis. Je ne réponds pas mais ses mots restent en moi plusieurs jours, je regarde à chaque fois ma boite si il n’y pas un autre message de lui. Mais rien. Je me décide à lui écrire car il y a quelque chose qui me tourmente.
Il n’y a pas de fautes d’orthographes !! Le style me plaît et il s’appelle Damien. Une simple coïncidence.
« Bonjour,
Merci pour votre gentil message mais vous savez ici sans photo vous n’avez aucune chance. »
Il se passe encore quelques jours mais rien, et ce message qui ne me quitte pas. Comme un étrange souvenir qui remonte le temps à contre-courant… 37 ans plus tôt.
Une semaine passe sans que je sois connectée, puis un soir j’y retourne sans grande conviction.
Un message de lui !! Je suis toute contente ! J’ouvre vite.
« Bonsoir,
Désolé de vous avoir importuné, je ne sais même pas comment mettre une photo, comme je vous ai dit je suis un peu perdu ici, ce n’est pas un monde que je connais, je me sentais seul alors je me suis inscrit. Ou plutôt un ami l’a fait pour moi.
Pour la photo il va falloir faire sans, car je suis plutôt pour les rencontres réelles. Celles de la vraie vie, vous comprenez, mais je suis tout de même content de voir vos photos et je comprends que ce soit important pour vous pour une première impression.
Moi je vais vous voir tous les jours… comme si votre visage m’était familier.
Damien. »
Je relis son message en boucle comme si c’était un rendez-vous, il date d’une semaine, je me précipite à mon clavier. Je ne sais pas trop quoi répondre tellement je suis contente !!
Et si c’était lui !
Je m’enlève ça de la tête, c’est impossible… Pas si vite, pas déjà ! Je voudrais lui écrire que je suis juste heureuse qu’il m’ait répondu simplement.
La magie des débuts opère déjà, comme tout ce qui commence et qui nous donne des ailes.
« Bonjour Damien,
Je m’appelle Émilie, je suis contente de vous lire, vous avez dû me faire quelque chose à distance car j’attendais tout de même votre message.
Alors je ne veux pas m’enflammer de suite sans une photo de vous, car comme vous dites la première impression est importante, surtout le visage et le regard…
Je vous dis à très vite, en espérant que votre ami vous rende visite bientôt et vous aide à mettre une photo.
Je suis très impatiente.
Émilie. »
Je suis dans mon lit, je ne trouve pas le sommeil, je repense à mon amant imaginaire, et si c’était lui. Je serre mon oreiller entre mes bras, je m’enroule autour, je me sens bien, si je pouvais encore rêver de lui pour le revoir.
Je me réveille en pleine forme et heureuse, pourtant rien n’a changé.
Je me connecte en vitesse avant de partir, la petite enveloppe clignote, il y a un message !! Je suis toute excitée, je vais peut-être découvrir sa photo !
J’ouvre son message, pas de photo !!
« Bonsoir Émilie,
Je suis heureux de vous lire, vous avez dû me faire quelque chose aussi car Je ne trouve pas le sommeil. Alors je vous envoie ces quelques mots tard dans la nuit. Mon ami est en déplacement une quinzaine de jours alors je voulais vous faire une proposition sans vous imposer déjà une vraie rencontre qui serait un peu prématurée.
Voilà je vous propose de me rendre dans un endroit public de votre choix, de cette façon vous pourriez me voir et m’observer à votre guise sans que je le sache.
Cela vous permettrait de le faire à votre aise et si je ne correspondais pas à vos attentes ce serait plus simple pour tous les deux.
Et si par contre je suis une bonne première impression, nous ferons la même chose pour moi. »
Mon cœur battait la chamade, quelle brillante idée ! Je pourrais prolonger cet état et profiter du spectacle.
Je lui écrirai ce soir.
Je décidais de partir travailler pour savourer ça toute la journée ; le moteur de mon imagination venait de redémarrer.
Ce jour-là à la clinique, je fus complètement nue sous ma blouse, les regards carnassiers des médecins étaient affolés. Moi j’étais brûlante, sexuelle et sûre de moi…
Ce fut une journée délicieuse, longue mais délicieuse.
Je me fais couler un bain comme un rituel oublié depuis quelques temps et je glisse dans l’eau avec mes bougies, mon verre de vin et ma tablette.
Le calme se répand en moi pour savourer ce que je vais écrire à Damien.
Un parc, c’est bien un parc pour un premier rendez-vous particulièrement original. Une crainte toutefois plane en moi et s’il ne correspondait pas à mon imagination et à mes attentes, je chassais ces pensées pour m’envelopper de douceur…
« Bonsoir Damien
Je rentre de ma journée et il se trouve que j’ai pensé à votre proposition, qui je dois l’avouer est une merveilleuse idée, j’ose espérer que je vous trouverai.
Le lieu de mon choix est le parc du centenaire au centre-ville, c’est un magnifique parc chargé d’histoire et d’arbres géants, centenaires pour la plupart. Il y a des bancs un peu partout, mais il y en a un qui se trouve sous un très vieux cèdre du Liban.
Je me réjouis de ce rendez-vous particulier qui n’en est pas vraiment un mais qui vaut tous les charmes d’une première rencontre…
Ah oui ce sera un dimanche !!
Émilie. »
Je fermais les yeux et imaginais cette rencontre, je mettrai ma robe noire à pois blancs et mes escarpins, puis je porterai un foulard et des lunettes pour ne pas qu’il me reconnaisse et que je puisse me balader non loin de lui pour être sûre de ma première impression.
Mon amant imaginaire venait de glisser dans mon bain, je sentais ses mains autour de moi, sur ma peau, sur mes hanches, sous mes reins…
Je repliais mes jambes pour prendre appui et soulever mon bassin, je sentis ma main glisser entre mes cuisses comme un appel à mon désir.
Il y avait longtemps que je n’avais plus fait cela mais mon mystérieux rendez-vous venait de réveiller mes sens…
« Bonjour Émilie,
Ce parc est une excellente idée, je le connais et je connais ce banc également.
Je vous propose de nous y retrouver un dimanche de votre choix, même si je ne vous verrai pas, le dimanche est un bon jour, il y a beaucoup de monde.
Je serai sur ce banc, j’aurai une écharpe rouge et un livre à la main.
Je suis très impatient également mais surtout de savoir si je serai à la hauteur de votre impression.
Damien.
Le dimanche suivant, je me prépare comme une adolescente, j’essaie au moins une douzaine de robes, sachant très bien celle que je mettrai mais on ne sait jamais. J’essaie autant de hauts et autant de chaussures. Rien ne va bien sûr !!
Le feu est en moi, je ne tiens plus comme dans mes rêves, je n’arrive pas à imaginer un visage que je pourrais mettre sur ses mots…
Et s’il ne me plaisait pas ce serait terrible !!
Mais enfin fais confiance à tes rêves, tu le reconnaitras !!
J’étais dans un état !!
Depuis le mercredi je ne dormais plus, je mourais d’envie de lui envoyer un message mais j’avais tenu bon.
L’attente est le meilleur aphrodisiaque dans ce cas-là, je me retrouve au début de la création de mon personnage où je me préparais tous les matins comme si j’allais le rencontrer au coin de chaque rue.
C’est délicieux ! Pourvu qu’il me plaise !
Finalement je suis prête enfin si on peut dire… Je suis surexcitée, il fait un temps splendide.
J’enfile ma robe à pois, mes escarpins noirs à talons fins, j’attrape un joli chapeau, des lunettes pour être sûre de le voir sans être vue et je me mets en route.
Je marche, ou plutôt je vole tellement je brûle à l’intérieur. Le parc est à quelques centaines de mètres de chez moi et j’y passe tous les jours habituellement sans y prêter attention. Mais aujourd’hui c’est un jour tellement particulier et si excitant.
Je me retrouve devant l’entrée du parc, protégée par un grand portail vert, mon cœur et mon corps battent au même rythme.
Je pénètre dans ce que je nommerais ce jour, mon sanctuaire d’amour et je me dirige doucement vers l’immense cèdre du Liban centenaire ; je passe une fois devant sans regarder mais je remarque tout de même que le banc est vide.
Je suis une heure en avance alors c’est normal… Je fais un tour dans le parc, j’essaie de me calmer et de profiter de la nature en ce beau dimanche de printemps.
C’est impossible.
Je suis obsédée par mon banc et Damien. Tout virevolte dans ma tête, tout s’affole. Depuis que j’ai créé mon personnage en moi j’ai l’impression de le connaitre.
Je croise un homme avec une écharpe rouge qui me sourit, je suis surprise et j’ai un sursaut, je me retourne pour le voir : il s’est retourné aussi et disparait dans la foule.
Je retourne vers mon banc, mais il y a un couple qui est assis, un couple amoureux enlacé. Je suis agacée par ce qui devrait me faire sourire, je reste là en face et j’attends. Je repense à cet homme que j’ai croisé, pourquoi m’a-t-il souri ?
Il s’est passé quelque chose en moi parce que j’ai sursauté, il y avait un je-ne-sais-quoi en lui de mon personnage, c’est évident.
