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Début des années 2000. L’auteur se libère de près de vingt années d’impressions accumulées. Surgissent des poèmes et des textes, matière qui prend place dans une première section
La Sirène aux yeux d’ombre, puis dans
Légendes de l’au-delà des mots. Ce recueil est l’union de ces deux îles. Dans le respect des formes poétiques classiques ou via le vers libre et la prose poétique, c’est un dialogue et un échange intime avec la source de l’inspiration poétique et la Beauté dont il est un amoureux permanent. Ici, au cœur de leurs intensités silencieuses et parfois sensuelles, l’auteur a tenté de trouver l’éclat d’impression des soleils tendres partagés, dans une envie d’Ailleurs, un au-delà des mots.
À PROPOS DE L'AUTEUR
Stéphane Weiss est né à Nancy en 1967. Ingénieur de formation, c’est un passionné de peinture et de poésie, en résonance notamment avec les œuvres impressionnistes et la poésie de Verlaine, Rimbaud, Mallarmé et Char. Après un premier roman
Seules les traces,
Couleurs d’hypnose est son premier recueil de poésies publié.
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Seitenzahl: 62
Veröffentlichungsjahr: 2021
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Stéphane WEISS
Couleurs d’Hypnose
Poésie
Cet ouvrage a été composé et imprimé en France par Libre 2 Lire
www.libre2lire.fr – [email protected], Rue du Calvaire – 11600 ARAGON
Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction intégrale ou partielle réservés pour tous pays.
ISBN Papier : 978-2-38157-114-0ISBN Numérique : 978-2-38157-115-7
Dépôt légal : Février 2021
© Libre2Lire, 2021
PARTIE 1LA SIRÈNE AUX YEUX D’OMBRE
Les battements d’ailes sur la fleur
De tes yeux m’emportent vers
Le pays d’où l’on ne revient jamais.
Mais ton sourire est une hirondelle
Qui m’envole sur le ciel
De ton visage pour regagner
Le pays de ton cœur
Éclipse éparse au centre de ce soleil roux
Qu’une dentelle distille à ce carreau glacé :
Ajournement fauve des ires ou des courroux
Qu’évince incendié le cyan de cieux verglacés !
Ô belle brune dont les charmes allument
La braise aux tons froids ultimes et consument
En ces sombres cendres de rubis nocturne
Le cuivre et l’or du feu visage diurne.
Gèlera-t-il en givre de larme salée
L’embrun transi d’émotion perlant à ma joue ?
Sera-t-il en échos d’aquarelle exhalé
Le prélude empourpré que cet orchestre joue ?
Ô belle brune puisque tu ne dures
Que le temps court d’un tison de froidure
Ma plume tente là d’une encre alumne
De hisser ton hymne en sylve à la hune
Absente et cheire de ma hantise estivale,
Ma belle et si chère méridionale,
J’adresse à la nue un feu de mélancolie
Et celle-ci apaisante et charnue,
Du verbe voyageur de Vasco m’a lu
Ce qui, sans un souffle, aurait pu être tu,
Un murmure de douceur inattendue :
Ta présence, au sud ce matin entrevue,
Ton parfum d’océan ou de frêle ancolie :
Fragrance d’espoir que porta dans sa voile
Un vent chaud venu du proche Portugal.
Bienfait de passiflore :
Ce rêve où l’insomnie s’endort.
Je vois à ma paupière éclore
La chimère lampadophore,
La brune sur l’Amazone d’or,
L’altitude où le plaisir est métaphore :
En canot sur la canopée,
Vagabond de la nue, je rôde,
Entre deux eaux m’érode
Sur ce corps émeraude.
Épris de la sirène de chlorophylle
Je caresse solitaire chercheur d’île,
D’Elle, vers l’ultime havre où converger :
De l’aréole nourricière endormie
À l’œil de délices matures épanouis.
Je savoure l’ivresse de l’altitude !
Époque hantée d’oxydes de fer et d’atomes.
Ère de stress, d’obscène intoxe, de zircone.
J’oublie, moi, la brèche en la couche d’ozone
Et rêve de rimes qui sont aux vers chromosomes.
Noctambule évadé du pays de l’axiome,
Une brise évasive aspire mon cœur de môme :
J’arpente ivre un chemin dans les pas du Grand Meaulnes,
Épris d’une secrète et troublante amazone,
Sentinelle ambre aux yeux d’encre et carquois jaune,
Qui décoche à mon souffle coi, mon corps aphone,
D’une flèche, le trait adéquat, pur symptôme
De ce qu’elle me tient par le cœur en sa paume.
L’entente inlassable encore entre nous synchrone ?
Ci, je t’en conjure, ô toi, ma secrète icône.
L’âme imagine, se tient sur le seuil
D’un voyage au cœur même des couleurs :
Balade des sens, éloge de l’œil
Où j’aperçois du fleuve les lueurs,
Un hymne aux courbes, aux tons enjôleurs.
S’enroulent la Seine, l’Epte, les villes.
Lovée dans la boucle d’un cingle : une île.
Ci, Port Marly, le lavoir de Camille,
Mantes de sa hauteur dans l’onde oscille.
J’en garde en mon cœur gravée l’estampille !
Un autre écho : une impression m’accueille
En douceur, en délices de couleurs :
Celles sur le lin de Claude à Vétheuil :
Les barques sur la Seine, les baigneurs,
Les bateaux leurs panaches de vapeur.
L’eau et la couleur dans une autre idylle
Où l’émotion les sentiments défilent.
Bougival, Vernon, Giverny scintillent,
Dans les reflets ont élu domicile.
J’en garde en mon cœur gravée l’estampille !
Et quand bien même au soir le jour en deuil
Le verbe aux teintes succède en chanteur,
Devant la lumière en déclin se recueille :
Hommage ami aux peintres précurseurs :
Artistes de Pourville, de Harfleur,
Vos pinceaux et vos palettes distillent
Des brumes bleues, des peupliers graciles
De Rouen à Jumièges et Saint Wandrille.
Loi des séries et créations subtiles.
J’en garde en mon cœur gravée l’estampille !
Et cette femme à l’ombrelle à Trouville
Le vent violent l’a rendu si fragile ;
À sa beauté s’est rendue ma pupille.
Que n’ai-je dit la splendeur d’autres îles ?
J’en garde en mon cœur gravée l’estampille !
Loin de l’agitation obscure des nuées
Les tendres voiles de chlorophylle
Dont certaines lancéolées
– Jusqu’ici immobiles –
Ont repris leur douce farandole de paroles :
Mélodie aérienne à nulle autre pareille
Au refrain fort de silences et bémols.
Nouvelle emprise et nouvelle auréole
De bonheur intense. Intime survol :
Reprise des bifurcations généreuses
J’adhère à la transparence heureuse.
Dissident je reprends libre le Voyage
Des sensations pures des mots des images.
Je m’éprends de la sirène aux yeux d’ombre.
Enfin j’appareille vers mon seul soleil
Le sang pulsant et le cœur battant à tout rompre
Me voici rêvant de l’autre côté du monde.
Secrète renaissance pour toi je succombe !
À la brise légère a succédé
Le vent humide du large :
Chargé d’embruns
D’arcanes et de sel.
J’avais mis à la mer
Seulement une frêle chaloupe
Et me tenais sage à la poupe.
Mais de l’avoir frôlé,
Le sel à ta peau me fit rêver
Rêver à de mystérieuses odyssées,
À ces lointaines contrées,
Au halo turquoise d’une Île délaissée.
J’ai (depuis peu) voyagé
À la proue d’un fabuleux vaisseau,
Cinglant sur les lames,
Brisant les flots noirs,
Dédaignant le récif.
Et j’ai ainsi dérobé les foudres
De la passion qu’on vit sourdre
De l’intimité de Cythère,
Livré au tumulte de l’océan :
Corsaire ou flibustier du pur sentiment :
Celui d’aimer follement !
Émergence revivifiée filtrant de la pénombre :
L’enivrant parfum de la Sirène aux yeux d’ombre !
Le cœur à l’ancre de nouveau pulse à tout rompre.
Nulle onomatopée nulle scorie ne pourra m’interrompre
Dans le doux débat d’encre auquel je me livre et tombe :
Sur le velours de sa peau déjà ma plume – autant que ma main – frôle
Un papillon bleu et mauve sur son épaule.
Mes lèvres amoureuses dans une douce hypnose déposent
Des embruns de baisers dans l’aine de sa rose.
Émergeant de l’ivresse vagabonde enfin je m’éveille
Au verso dans la lumière d’amour de son soleil.
Alors je l’enlace au sein des mots et succombe
Au sceau qu’elle a gravé au cœur de mes pensées profondes.
Depuis, j’ai quitté l’esseulement monochrome
Je tiens – trésor dans la mienne – sa paume !
Et me voici à l’abandon du pur syndrome :
Celui, fulgurant des étreintes polychromes !
Fluide contour, fleur dans l’air cristallin,
L’égérie légère d’un nu dessin,
D’un lavis ou encore d’un fusain,
Disperse alentour son flirt de jasmin.
C’est l’osmose des sens de nos destins
Encore hier disjoints, désormais conjoints.
Le regard posé sur elle est regain :
J’en ressens dans ma paume le besoin.
Belle de jour, de ton corps féminin,
Mon idole est la courbe de ta main :
Enluminure en velours ou satin,
Sur ma peau j’en savoure le refrain.
D’audace, j’embrasse – sage larcin –
Non pas l’aréole au buste d’airain
Qu’enlace en son sein un vers léonin,
Mais d’un baisemain la grâce à ta main.
Et dans l’aube du soir céruléen,
