D'une rencontre - Alexis Richert - E-Book

D'une rencontre E-Book

Alexis Richert

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Beschreibung

Elégant, cultivé, fin, il vivait seul, dans les souvenirs de ses anciennes passions et à la recherche d'un nouvel amour. Une rencontre allait sceller son destin en l'amenant à s'interroger sur ses plus profondes attentes.

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Seitenzahl: 64

Veröffentlichungsjahr: 2020

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Sommaire

Chapitre 1 : La promesse

Chapitre 2 : Une longue attente

Chapitre 3 : Les rêves perdus

Chapitre 1
La promesse

C’était très certainement ce moment qu'il préférait et qu'il chérissait plus que tout autre. Ce moment où l'espéré se mêlait enfin à la réalité, où la voix d'ange entendue et les petites phrases griffonnées par jeu de séduction, se posaient sur un visage. Il y avait cette légère gêne de la découverte, et le souhait de ne surtout pas brusquer l'instant. Ces premiers regards, ces premiers mots pleins de douceur, presque chuchotés pour garder l'intimité d'une relation naissante, entrainant le désir de gestes tendres, que la fragilité des certitudes interrompait dans leurs élans. Alors, le cœur palpitant, il faisait taire sa respiration pour essayer de saisir le même écho, deviner les souhaits derrière ses sourires et l'imperceptible rapprochement des corps. Il fallait pourtant lui avouer qu'elle lui plaisait en posant délicatement une main sur la sienne, presque un frôlement, en prenant le pari d'avoir séduit, et surprendre alors ce souffle court, ces légers frissons du premier contact dont l'intensité fait tourner la tête, et poursuivre ... poursuivre par le plaisir de goûter ses lèvres, non pour ses lèvres mais pour la promesse qu'elles font ainsi d'un encore et d'un demain qu'il est alors possible de s'autoriser à croire .... Pas plus, ce serait prendre trop, trop vite. Il ne fallait pas tout vouloir pour conserver avec gourmandise de futurs instants de découvertes. Il prenait le temps de respirer ces émotions, de profiter de la magie de ces heures uniques dans l'histoire qu'il débutait, et de déguster presque déjà amoureusement ces doux baisers faisant rêver. Il aimait d'abord la rencontre, se demandant souvent s’il souhaitait vivre une relation plus longue, du moins il savait que l’instant de la rencontre lui manquait déjà et qu’il la revivrait mille fois dans ses songes.

Cette soirée s'achevait sous les meilleurs hospices, le ciel argenté ayant baigné de sa chaleur printanière l'engouement de ce partage des désirs qui ne fut clos qu’après qu’il l’eut raccompagnée au pied de la petite maison qu’elle habitait, et dont l’ocre s’orangeait délicatement sous la lune. Il devinait déjà chacune des pièces, douces alcôves, aménagées avec le soin d'un intérieur confortable et protecteur, tant pour travailler que pour de langoureuses poses où le calme se mélangeait à la volupté de canapés enveloppant les corps dans un soyeux écrin propice aux rêveries et à l'amour. Il imaginait être bercé par le piano qui meublait le salon, ou par une de ses lectures qu’elle faisait volontiers dans les bibliothèques de la ville et dont il aurait ici la complète exclusivité. Il savait qu'il en profiterait pour la regarder avec cette presque indécence, éloquente, qui ne la laisserait pas sans envie. Ils avaient déjà échangé trop de gestes complices pour ne pas avoir compris cette attente. Ses pensées empruntes d'une douce mélancolie l'amenaient à rêver, alors que le goût tendre et sucré d'un dernier baiser ne semblait plus vouloir quitter ses lèvres. Il se mit à marcher, tant à contre-cœur qu'heureux d’être encore si plein de ce nouveau bonheur, vers son appartement dont déjà il sentait aujourd’hui, au-delà du froid de la solitude habituelle, la protection d'une retraite sûre qui permettrait d’échafauder de futures batailles bien plus ambitieuses. Il se jouait de la grisaille de ces rues vides puisque chaque pas marquait le chemin qui le ramènerait vers cet océan de plénitude, et que même la plus faible lueur lui rappelait le feu intérieur qui l’animait. Ce n'était pas une séparation, mais un au revoir auquel il s'évertuait à penser pour chasser la moindre ébauche d’un doute que pouvait laisser planer une si soudaine complicité des corps et des âmes. Et tout en marchant, il pensait aussi, se connaissant à force d'amours déjà laissés au passé et dont les souvenirs s'effaçaient plus vite encore depuis quelques heures, combien il lui faudrait à présent de courage pour lutter contre l'insidieux poison de l'attente, ce temps qui laisse volontairement planer les ombres d'un peut-être pouvant se mouvoir en jamais s’il lui prenait de ne pas croire, ne serait-ce que dans un instant de lassitude, aux rêves. Il lui faudrait faire taire cette peur qu'elle puisse également douter et jeter son regard vers d'autres cieux en ne voulant point souffrir d'une absence de leurs étreintes. Les nuits seraient à présent courtes, toutes animées par le désir et minées d'une indicible angoisse de pouvoir tout perdre. Il lui faudrait entretenir cette fragile flamme qu'un souffle pouvait tuer sans même en avoir l'intention, dans l'invention de mensonges supposés mais n'ayant pour autant pas le moindre commencement d'un indice permettant d'échafauder une tragédie.

Voilà donc en quelle agitation il se trouvait en pénétrant dans son confortable intérieur, jetant négligemment sa veste sur le dossier d'un fauteuil et, comme il lui était à présent impossible de dormir, se servant un verre de son whisky préféré, en sachant qu'il lui serait alors aisé de sombrer dans la langueur des parfums de ce breuvage, délassé doucement par les vapeurs de l'alcool, les saveurs de tourbe, de vanille, de noix laissant un voile légèrement huileux à chaque gorgée. C'était une autre forme de plaisir permettant de pénétrer plus encore en des réflexions profondes, en sondant le sens de la vie, quoique cette fois ce n'était pas l'absence de vie qui l'intéressait mais la nouvelle intensité qu'elle venait de prendre.

Comme à son habitude il se réveilla tôt, non par souhait ou nécessité, mais par cette obligation que lui faisait un cerveau suffisamment reposé pour recommencer à penser et vouloir passer en revue chacun des problèmes qu'il faudrait aborder soit ce jour, soit dans un avenir proche. Et ce matin, le souci qui dominait son esprit était de savoir si elle pensait autant à lui qu'il pensait à elle. Dans ce partage supposé de désirs, il lui semblait nécessaire qu'il y ait une égale force pour ne pas donner en vain des espoirs qui, comme ces châteaux de sable trop près du rivage, se retrouvent grandement endommagés dès la première vague un peu plus hostile et dont on regrette le temps passé en pure perte à les bâtir. L'aimait-il, donc déjà ? Ainsi allait se passer cette journée, à imaginer tous les moyens de revoir avant l'heure la douce amante d'une soirée, et arracher son âme à ces dilemmes pour travailler eut été comme demander à un artiste en pleine création de s’astreindre aux basses besognes matérielles du quotidien. Il y pourvoirait bien plus tard ; un plus tard fondé sur des espoirs de réussites et sur des sentiments agréables bien qu’incertains, qu’il voyait déjà fleurir, qui rendaient évidemment simple à rattraper - lorsqu’il serait rassuré - le labeur évité ce jour.

Comme il aurait aimé qu'elle lui écrive pour pouvoir lire combien elle le désirait, mais il savait ce souhait illusoire et pourtant il ne pouvait s'empêcher de guetter à chaque minute un mot, comme l'on espère un peu vainement le soleil salvateur dans une froide