Daphné, l'enfant courage - Charles Morsac - E-Book

Daphné, l'enfant courage E-Book

Charles Morsac

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Beschreibung

De sa prime enfance, cette enfant va grandir dans un environnement malsain, sans papa mais avec une maman qui ne saura pas gérer ses pulsions. Elle fuira dès l'adolescence ce pseudo foyer après avoir subi une agression qu'elle n'oubliera plus. Sa reconstruction sera difficile, parsemée de doute , d'espoir et de rencontre qui l'amèneront non sans beaucoup d'effort vers un avenir qu'elle veut croire meilleur. Mais ce qui l'attend au bout de son chemin pourrait bien tout remettre en cause.

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Seitenzahl: 77

Veröffentlichungsjahr: 2023

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Les personnages et l’histoire ne sont dus qu’à la seule imagination de l’auteur et ne se rapportent à aucun événement connu de lui. Toutes ressemblances avec des personnes ou des situations existantes ne seraient que pures coïncidences.

Daphné valentin, jolie petite fille est le fruit d’un amour passager entre sa maman Jeanne, native d’outre-mer et son papa métropolitain. De ce père, sa mère dit ne pas se rappeler. Elle aimerait pourtant en apprendre d’avantage sur son géniteur dont sa mère ne garde aucun souvenir. Pour elle c’est du passé et seul compte son présent. A chaque questionnement, elle n’obtiendra toujours que cette même réponse.

Elle va donc grandir dans ce foyer monoparental que sa mère aura par ailleurs toutes les peines du monde à assumer. En fait, tout doucement, elle finira par délaisser complètement son rôle de maman, n’apportant plus à la petite fille qu’une attention relative, n’hésitant pas à la laisser seule le soir pour rentrer très tard et souvent alcoolisée.

Elle a juste six ans quand, pour la première fois, elle la surprend accompagnée par un homme qu’elle ne connaît pas. Pas plus l’un que l’autre au demeurant ne semble remarquer sa présence. Ils s’isolent dans la chambre d’où émergent bientôt des sons dont elle ne comprend nullement la signification. Elle préfère regagner son propre univers, à la recherche d’un sommeil qui tardera à venir. Elle serre contre elle cette peluche qui la rassure sans pour autant parvenir à remplacer les bras de celle à qui elle doit la vie.

Elle banalisera finalement ces soirées qui se succéderont sans qu’aucune explication ne puisse venir apaiser ses angoisses. Elle ne le sait pas encore, mais sa situation n’ira pas en s’améliorant.

Les trois années qui suivront verront l’état de sa mère se dégrader. A l’abus d’alcool s’ajouteront très bientôt l’usage de produits beaucoup plus illicites. Jeanne s’enfoncera dans ses addictions, oubliant parfois même certaines nuits de rentrer, laissant Daphné seule dans cette grande maison dans laquelle le moindre bruit la terrorise. Dans ces moments là, la fillette se rassure en se souvenant des tracas que lui causait un environnement plus fréquenté sans être pour autant plus rassurant.

A ses instituteurs successifs qui s’étonnent de ne jamais rencontrer sa maman, l’enfant explique tout simplement que sa mère travaille énormément et rentre tard le soir, souvent après dixhuit ou dix neuf heures. Bizarrement, les explications données suffiront à rassurer ses éducateurs. A aucun instant son discours ne sera mis en doute malgré les nombreux signes de détresse que l’élève adresse à son entourage. La fatigue lui creuse le visage, les leçons ne sont plus apprises et que dire des devoirs qui prouvent le désintérêt total de l’enfant pour son travail. Elle fuit même maintenant ses camarades de classe. C’est son ultime manière à elle d’appeler au secours.

Si son comportement peut porter à questionnement, son allure physique ne laisse rien paraître du malheur qui la frappe. Elle semble bien nourrie, et son habillement ne laisse pas à désirer. Jamais des traces de violences physiques ne seront constatées. Ces éléments à eux seuls suffisent à rassurer ceux-là même qui devraient s’inquiéter et penser à sa sécurité.

Aussi a-t-elle très vite compris qu’elle ne pourrait jamais compter que sur elle-même, plus tard.

Treize ans déjà et sa vie de petite fille est globalement gâchée. Elle a passé plus de temps à pleurer qu’à s’amuser. Elle pense avoir tout vu, tout vécu, jusqu’à ce soir là. Sa mère rentre, titubante, accompagnée par un inconnu qui, à sa vue, se désintéresse de son hôtesse pour porter son attention sur elle.

Tout chez cet individu lui déplaît, son haleine d’abord qui prouve qu’il a bu au moins autant que sa mère, les bisous qu’il pose sur ses joues comme si ils se connaissaient depuis toujours et pour ajouter à son dégoût, il y a ses mains qui partent à sa découverte. Elle aurait souhaité l’intervention maternelle pour faire cesser son calvaire, mais celle-ci manifestement n’est pas en mesure de s’opposer à son compagnon du moment. Daphné est toute tremblante, démunie par cette agression qui n’en finit pas et qu’elle ne comprend pas.

Aussi vite que tout a commencé, le supplice prend fin. L’homme abandonne sa petite victime pour reporter son attention vers sa mère qui devient alors sa seule et unique scène de jeux dans laquelle s’expriment toutes ses envies. Elle reste là, pétrifiée, n’osant bouger, fermant les yeux tout en imaginant qu’elle venait d’échapper au pire. Se reprenant, elle regagne sa chambre, laissant à leurs ébats les deux adultes qui ne se préoccupent plus de sa présence et encore bien moins de son absence.

Pendant deux ans encore, elle devra supporter ces agissements, souvent cloîtrée dans sa chambre.

Mais ce soir là, à sa grande surprise, sa mère rentre de bonne heure, seule et apparemment sobre. Elle commence à espérer enfin une soirée au calme, entre mère et fille. Elle va pouvoir lui raconter sa journée et peut-être aura-t-elle droit en retour à un petit câlin qui viendra la consoler des tristes expériences précédentes, tant visuelles que physiques, qu’elle a dû subir.

L’ambiance va pourtant très vite se dégrader. La solitude de Jeanne ne dure que quelques minutes. L’homme qui la rejoint est un inconnu. Elle aurait bien aimé qu’il le restât. Mais l’insistance conjointe de sa mère qui ne semble pas comprendre le but du jeu et surtout de son compagnon du soir qui la tient fermement par le bras, la contraignent à obtempérer et malheureusement subir l’insupportable.

Cette séance qui aurait dû la briser va lui révéler une force intérieure qu’elle ignorait posséder. Plus jamais elle ne subira pareille épreuve. Plus jamais un homme ne la touchera sans son autorisation. Personne n’a jamais répondu à ses appels. Et cet homme qui vient de la contraindre à subir ses pulsions, qui lui a fait tant de mal, plus jamais, au grand jamais, il ne devra l’approcher. Dès demain, elle quittera ce domicile qui n’a plus rien du havre de paix qu’il aurait dû être et où plus rien ne la retient, bien au contraire. Elle oubliera cette mère qui n’a pas su la protéger de l’appétit malsain de ses compagnons d’un soir.

Le lendemain matin, après une nuit passée à ressasser cette épouvantable soirée, c’est sans se retourner qu’elle quitte ce lieu haï qui l’a vu grandir et souffrir pour s’en éloigner sans un regret, son maigre baluchon en main. Son seul but, fuir cet endroit, même si la destination qu’elle doit prendre lui est encore inconnue, mais en espérant bien laisser derrière elle son calvaire et trouver enfin un lieu de paix où elle pourra se reconstruire.

Mais il lui faut très vite revenir à la réalité. Elle est seule dans la rue, avec pour simple objectif porter plainte contre sa mère et son compagnon et se trouver un gîte. Elle le sait, son programme est chargé et rien ne dit que tout sera aussi aisé qu’elle l’imagine. Les pièges à éviter vont être nombreux. Sans toit, sans argent, sans autre but que la fuite, elle redevient la proie facile qu’elle s’est promis de ne plus être. Mais le pire pourrait bien être à venir si elle n’y prend garde.

C’est les larmes aux yeux qu’elle pénètre dans ce commissariat de police qui se trouve sur son chemin.

Pour la toute première fois, et à son grand étonnement, on va l’écouter. Son histoire va recevoir toute l’attention des fonctionnaires présents, son âge lui vaudra la compréhension et l’assistance des adultes.

Après confirmation des dires de la jeune fille par la médecine, sa plainte sera enregistrée. Mais elle n’en a pas fini avec eux. Compte tenu de sa jeunesse, ils tiendront à la remettre à disposition d’un service social qui lui trouvera une place d’hébergement dans un centre spécialisé.

Elle n’a rien oublié de son histoire. Elle en veut toujours énormément à sa mère. Elle voue aux gémonies ce père qui n’a jamais su être présent dans sa vie et dont l’absence a certainement précipité sa mère dans la débauche, l’entraînant elle-même dans une profonde déchéance qu’elle n’a pas choisie.

Mais aujourd’hui, sa vie prend un semblant de cours normal. Elle a profité de ce refuge pour parfaire son niveau scolaire plus que perturbé par les événements contraires subis. Elle a trouvé un travail d’archiviste dans une bibliothèque. Même si une certaine normalité rythme sa vie, Daphné reste marquée par son histoire et les relations avec son entourage restent pour le moins difficiles. Elle le sait, elle doit encore travailler, rien n’est gagné. Elle peut rester coupée du monde tant qu’elle le voudra, le monde continuera de tourner et ce monde, qu’elle le veuille ou non, elle en fait complètement partie et elle se doit de composer avec.

Aussi se fixe-t-elle un nouveau challenge, juste pour avancer. Ce samedi, un concert est organisé dans la salle des fêtes du village, elle va s’y rendre, la tête haute, elle devra regarder les gens en face, sans baisser les yeux. Elle n’est plus la victime qu’elle disait être, c’est aujourd’hui une villageoise comme les autres. Mais elle glissera tout de même dans son sac son aérosol de défense, juste au cas où. Cette précaution ne l’amuse pas, elle la rassure.