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Dans un monde peuplé de créature surnaturelles en tout genre, Fox, descendante d'une famille de Chasseurs cherche à venger le meurtre de ses parents commis sous ses yeux. Elle fait équipe avec deux frères, les réputés Chasseurs Carl et Will Walher, qui ne tarderont pas à l'embarquer dans leur équipe pour retrouver le démon qui l'a rendue orpheline. Enchaînant les Chasses aux monstres à travers les Etats-Unis, ils ne vont pas tarder à se lier d'amitié et créer des liens indéfectibles. Fox parviendra-t-elle à retrouver l'auteur de la mort de ses parents et à mener à bien sa vengeance ? Embarquez à bord de la voiture des Chasseurs, pour les suivre dans leurs enquêtes parfois dangereuses, à vos risques et périls.
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Seitenzahl: 350
Veröffentlichungsjahr: 2024
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Auteure de plusieurs ouvrages, Paméla Chauvin est originaire de Toulouse, où elle vit dans une petite ville au milieu des champs avec ses trois enfants et son fiancé. Depuis l’âge de douze ans elle imagine des histoires d’univers peuplés de créatures magiques et fantastiques. Elle a commencé par la plateforme d’écriture Wattpad en se lançant dans l’écriture de fanfictions, où elle a su se constituer un certain de nombre de lecteurs.
Ce livre est une œuvre fictive.
Les noms, caractères, lieux, évènements ou incidents sont les produits de mon imagination, utilisés de manière fictive.
Toutes ressemblances avec des personnages réels vivantes ou mortes, ou des faits réels seraient une coïncidence. Cette histoire est tirée d’une de mes fanfictions Supernatural, retravaillée et modifiée de manière qu’elle respecte le code de la propriété intellectuelle et artistique.
A tous les fans de créatures
surnaturelles, comme moi.
Et à tous ceux qui y trouveront
une passion à l’avenir.
PROLOGUE
CHAPITRE PREMIER
CHAPITRE DEUX
CHAPITRE TROIS
CHAPITRE QUATRE
CHAPITRE CINQ
CHAPITRE SIX
CHAPITRE SEPT
CHAPITRE HUIT
CHAPITRE NEUF
CHAPITRE DIX
CHAPITRE ONZE
CHAPITRE DOUZE
CHAPITRE TREIZE
CHAPITRE QUATORZE
CHAPITRE QUINZE
CHAPITRE SEIZE
CHAPITRE DIX-SEPT
CHAPITRE DIX-HUIT
CHAPITRE DIX-NEUF
CHAPITRE VINGT
CHAPITRE VINGT-ET-UN
CHAPITRE VINGT-DEUX
CHAPITRE VINGT-TROIS
CHAPITRE VINGT-QUATRE
CHAPITRE VINGT-CINQ
CHAPITRE VINGT-SIX
CHAPITRE VINGT-SEPT
CHAPITRE VINGT-HUIT
CHAPITRE VINGT-NEUF
CHAPITRE TRENTE
CHAPITRE TRENTE-ET-UN
ÉPILOGUE
REMERCIEMENTS
EXTRAIT
Fox
— Papa ? appelé-je en entrant dans la maison familiale.
Je retrouve papa dans le salon. La maison est un vrai champ de ruine. Les meubles sont retournés alors que je connais maman et sa manie de la propreté. Dès que j’ai le malheur de poser quelque chose ailleurs que l’endroit où il doit être, elle se met dans un état pas possible. Je devine donc que la lutte a dû être acharnée.
Il y a du sang partout ! L'odeur me prend à la gorge. Je comprends alors qu'il ne reste que papa et moi de vivants dans cette maison. Ça ne fait aucun doute. Autrement, maman serait venue en aide à papa, je la connais.
Néanmoins, il n’est pas seul. Devant moi se tient un homme. Non, pas un homme. Un Démon. Habillé tout de noir des pieds à la tête, à l’exception d’une cravate rouge comme le sang. Rouge comme ses yeux. Il tient papa assis face à moi, un couteau sous la gorge.
— Papa ! chuchoté-je choquée et effrayée par la tournure que pourraient prendre les événements.
— Pars ! beugle-il d'un air suppliant.
Mais je n'arrive pas à lui obéir. Mes membres sont pétrifiés. Le voir dans cet état, lui qui est ordinairement fort et imbattable, me choque.
— Pitié… supplié-je au démon, dans l’espoir qu’il change d’avis et se ravise.
— Docker laisse ma fille en dehors de ça ! le menace papa.
Le Docker en question, ricane d'amusement. Il tire plaisir de cette situation. Un sourire s’étire sur son visage. Un sourire glaçant. Puis son visage prend alors un air indifférent, comme si plus aucune émotion ne pouvait l’atteindre.
— Et c'est ainsi que s'achève le règne du grand Chasseur Randy Blair…
Le démon tranche alors la gorge de papa d'une oreille à l'autre d’un geste sec, et laisse tomber le corps au sol dans un bruit sourd, le laissant se vider de son sang. Aucun son ne sort de ma gorge. Ma voix est figée, tandis que je regarde le sang de mon père se répandre sur la moquette d’un blanc immaculé où je jouais autrefois avec mes petits chevaux.
— Je t'avertis, petite chose… Recherche moi, et ce sera ton tour.
Sans demander mon reste, je quitte la maison en courant pour ne plus jamais y revenir. Je veux mettre le plus de distance entre ce monstre et moi. Je veux m’éloigner de cette vision qui me hantera probablement tout le restant de mes jours. Mais une chose est certaine, je n’ai pas dit mon dernier mot. Ma famille aura la vengeance qu’elle mérite.
Fox
— Hé attendez ! s'exclame une voix dans mon dos, tandis que je vole une voiture dans le parking de l'hôpital.
Je regarde à travers le rétroviseur en riant à gorge déployée, tandis que le propriétaire du véhicule court après moi en protestant. Je n’en reviens pas que mon plan pour m’évader ait fonctionné aussi bien !
— Adieu bande de nazes ! m’exclamé-je joyeusement, en adressant un doigt d’honneur au bâtiment.
Je quitte Seattle vers dix-huit heures, sans problème. Mais je sais qu'il faudra abandonner la voiture tôt ou tard. Le propriétaire risque de la déclarer volée. Je roule donc jusqu'à Portland où je loue un garde-meuble — depuis des années maintenant — dans lequel j'y ai laissé ma moto. Une superbe Harley Davidson Sportster 833, blanche et noire, modèle deux-mille-quinze. Un vrai bijou !
Au bout, d’approximativement deux heures et demie de route et deux-cent-soixante-dix-huit bornes, je me gare devant le garde-meuble. J'abandonne la voiture à quelques pâtés de maisons pour qu’on ne remonte pas à moi aussi facilement, et cours vers mon garde-meuble qui porte le numéro quarante-six. Je l'ouvre à l'aide du jeu de clefs que j'ai réussi à récupérer, et sors ma moto, et les six-cents dollars que j'ai réussi à me mettre de côté en cas d'imprévus, avant la mort de ma famille.
Je sais qu’il y a des Chasseurs en ville. Ils s’y sont installés il y a six ans, après avoir pris leur retraite. C’étaient des amis à papa. Je vais donc leur rendre une petite visite rapide, pour savoir ce qu’ils savent sur Docker. Ça fait des moi que je n’attends que ça, et que je me répète le prénom du démon pour ne pas l’oublier.
Lorsque j’arrive chez eux, dix minutes plus tard, la nuit est déjà tombée. C’est plus simple pour passer inaperçu… Je me gare devant leur maison, et coupe le moteur de « Bijou », petit surnom que j’ai affectueusement donné à mon véhicule. Vous trouvez ça bizarre ?
Un homme sort de chez lui avec un fusil à la main, et une mine sévère. Il a l’air prêt à tirer en cas d’attaque.
— Ne tire pas, je ne suis pas armée ! m’exclamé-je en levant les mains.
L’homme fronce les sourcils et plisse les yeux pour mieux voir.
— Fox ? C’est toi ?
Je lève les yeux au ciel, tandis qu’il baisse son arme.
— Qui d’autre ? souris-je en m’approchant en souriant.
— Je te croyais toujours enfermé en HP !
— Je m’en suis évadée il y a quelques heures.
— Tu as été suivie ?
Je lève les yeux au ciel, agacée. Ce n’est pas la première fois qu’il me prend pour une bleue.
— Tu devrais savoir que je suis plus prudente que ça, Jackson. Je te rappelle que c’est mon père qui m’a formé. Pas un amateur…
Jackson est un ancien collègue à mon père dans sa jeunesse. Ils en ont eu fait des enquêtes, ces deux-là, avant que papa ne rencontre James Walher. Jackson a alors pris ses distances, n’étant pas franchement ami avec ce dernier qui ne pensait qu’à venger sa femme.
Jackson O’Flaherty est un Irlandais, qui rêvait dans sa jeunesse de visiter les États-Unis. Il s’était organisé un road-trip sur la mythique route soixante-six, et avait croisé la route de sa femme, Dana, qui était Chasseur. Il a épousé cette « déesse » — comme il adore le répéter — et a embrassé la vie de Chasseur. Il ne cesse de répéter à qui veut l’entendre, que c’était son destin de rencontrer Dana et devenir Chasseur. Personne n’a jamais osé remettre sa parole en doute.
Jackson est le genre d’homme qu’on peut qualifier d’Irlandais atypique. Grand aux cheveux et à la barbe rousse, imposante musculature qu’il doit à son métier occasionnel de Chasseur et de garagiste. Personne ne veut avoir affaire à lui, quand une bagarre se déclenche. Vous pouvez me croire ! J’ai même vu une fois, un type s’éclater lui-même une bouteille de bière sur son propre crâne, juste pour ne pas avoir affaire à Jackson. C’est pour vous dire !
— Dans ce cas, entre !
Je soupir de soulagement. Jackson n’est pas seulement un Chasseur hors pair et un mécanicien. Il est aussi au courant de tout, sur tous les Chasseurs et sur les démons qui ont croisé sa route. C’est souvent qu’il croise l’un d’eux pour réparer son véhicule. Je le suis donc à l’intérieur de la maison sans broncher, espérant avoir les réponses que je cherche.
— Dana n’est pas ici ? demandé-je en regardant la maison que je n’avais pas vue depuis des années.
Parfois, papa m’emmenait ici, quand j’arrivais à me cacher en douce dans le coffre de sa voiture lorsqu’il partait à la Chasse. Dana m’accueillait donc avec une assiette pleine de cookies aux chocolats et noix de pécan. Un délice !
C’était souvent que j’arrivais à me cacher dans la voiture de papa. C’est donc souvent que je rencontrais des Chasseurs. Mais je restais seulement chez deux d’entre eux.
— Elle est sur une affaire dans le Michigan. Je devais rester ici pour un client.
— Une chance pour moi, on dirait…
— Une bière ?
— Je veux bien. J’ai l’impression que ça fait des siècles que je n’en ai pas bu ! m’exclamé-je en le suivant à la cuisine.
Il en attrape deux dans le frigo, et les décapsule sur le bord de la table en marbre, et m’en tend une. Je prends une gorgée avec envie, et laisse l’alcool couler au fond de ma gorge. Je lève les yeux au ciel en me disant que c’est la meilleure chose que j’ai goûté depuis que j’ai été enfermé en hôpital psychiatrique.
— Alors… Je suppose que tu n’es pas ici pour rien ! s’exclame Jackson en s’adossant à l’évier de la cuisine.
— Tu as raison, je suis ici pour avoir des infos sur un démon dénommé Docker.
— Tu parles du démon qui a tué ton père ?
Il fronce les sourcils et croise les bras. Je n’aime pas ce regard. Il semble dire « pitié, ne réponds pas ce à quoi je pense ».
— Précisément.
— Toi, tu as une idée en tête. Et si c’est ce que je pense, ça ne me plaît pas.
— Je sais que tu n’es pas franchement emballé par l’idée de la vengeance, mais imagine que c’est ta famille qui se fait zigouiller.
— Ne mêles pas ma famille à cette histoire ! grogne l’homme en me foudroyant du regard.
— Imagine que c’est ta famille qui se fait zigouiller ! insisté-je en fronçant les sourcils. Tu n’aurais pas envie de retrouver le fils de pute qui est responsable de leur mort ?
Je sais que je ne devrais pas mêler sa famille dans l’histoire. Cependant, non seulement je n’ai pas meilleur argument pour le convaincre, mais il se trouve aussi que c’est l’argument qui pourrait me donner raison.
— D’accord… soupire-t-il après une hésitation. Mais je ne vais pas pouvoir t’être très utile. Je ne l’ai jamais rencontré personnellement. Et en dehors de toi, je ne connais que deux autres Chasseurs qui ont eu affaire à lui.
— Parfait ! Dis-moi qui ils sont, et j’irais les voir pour avoir des infos.
Je suis soulagée. Même si ce n’est pas grand-chose, c’est quand même une chance à saisir. J’ai l’impression que mes recherches ne vont pas durer bien longtemps.
— Ils s’appellent Carl et Will Walher. Ce sont les fils de James Walher, le meilleur ami de ton père.
Je fronce les sourcils. Si un jour j’avais su que j’allais croiser leur route, je ne l’aurais jamais crue. Les frères Walher jouissent d’une sacrée réputation dans le milieu. Quel Chasseur ne connaît pas leur nom ? Après tout, nous ne comptons pas le nombre de fois où ils foutus le bordel sur cette planète. Papa se plaignait déjà d’eux à cette époque.
— Où je peux les trouver ?
— J’ai entendu dire qu’ils sont à Arlington, dans le comté de Gilliam. Mais ne tarde pas trop. Mes infos remontent à il y a deux jours. Ils enquêtaient sur un cas de disparitions, apparemment.
— Parfait ! soupiré-je. Je te remercie. Je me mets en route illico. Je n’ai pas une minute à perdre !
J’avale le contenu de ma bière d’une traite en grimaçant, et lui tends la bouteille vide. Ma tête tourne légèrement quand l’alcool se répand dans mon organisme, mais je m’en moque. Chaque minute compte.
Je quitte la maison rapidement en demandant à Jackson de passer le bonjour à sa femme de ma part, démarre ma moto et me mets en route pour retrouver Sammy et Scooby-Doo1.
La ville d'Arlington se situe dans le comté de Gilliam. Population, cinq-cent-quatre-vingt-six habitants. Il va donc falloir que je me montre prudente. Mais une chose est certaine, je suis impatiente d’enfin rencontrer ces deux frères qui ont une triste histoire, d’après ce que les gens racontent.
Carl
Will et moi sommes en train de traquer une créature dans la forêt d’Arlington. Une piste nous a conduits en plein cœur de cette forêt, où nous traquons ce que nous pensons être un Wendigo. Nous en avons déjà tué auparavant. Ce n'est qu'une routine. Il faut juste lui foutre le feu au cul, et le tour est joué ! Nous savons que ces créatures se terrent dans des endroits sombres et abandonnées, parfois humides, pour hiberner tranquillement après s’être rassemblé quelques victimes encore en vie, provisoirement.
— Tu crois que les victimes sont encore en vie ? m’interroge Will en gardant le pistolet à fusée de détresse en main, à l’affut du moindre mouvement.
— Qu'est-ce que j'en sais ? marmonné-je en regardant partout autour de nous. Il y a forcément un mort ou deux, mais normalement les dernières victimes devraient être en vie.
J'entends un bruit devant moi, et braque mon arme dans sa direction. Je sens qu'on se rapproche. On s'est éloigné des sentiers depuis une bonne heure déjà, et on s’est enfoncé dans le cœur de la forêt où même les Rangers n’osent pas s’aventurer. Ce ne sont que des foutus trouillards, mais ça tourne à notre avantage. Nous n’avons pas besoin de nous inquiéter du fait qu’on pourrait être vus. Et ce ne sont pas les victimes qui nous dénonceraient.
On arrive devant une ancienne grotte abandonnée, qui mène à une vieille galerie souterraine. Il y a des toiles d'araignée partout, et l’odeur du renfermé et de chair pourrie nous prend à la gorge. Prudemment on entre et on suit un chemin en priant pour que ce soit le bon.
Au bout d'une demi-heure de recherche dans le noir, on trouve les victimes suspendues par des chaînes. Il y a cinq victimes inconscientes tout près d'un tas d'os et de crânes sanguinolents.
— Willy, chuchoté-je pour essayer d'être discret. Va donc regarder s'ils sont encore en vie pendant que je monte la garde.
Mon frère accepte d’un hochement de tête, tandis que je regarde partout en priant intérieurement pour que la créature ne se pointe pas. Seulement, je ne vois pas que le danger est déjà dans la même pièce que nous, tapis dans l'ombre. Le Wendigo se jette sur moi, et m’envoie voler à travers la cave. Je m’écrase lourdement contre une paroi en pierre, étourdi. Il se jette ensuite sur Will qui essaye de lui tirer dessus, mais sans succès.
— Will ! Va-t’en ! crié-je en me relevant tant bien que mal.
Mais il continue à essayer de détacher les victimes. Quelle tête de mule celui-là, aussi !
Puis, il y a une détonation derrière moi et la créature prend alors feu sous nos yeux. Je me retourne, surpris, et découvre une silhouette haute et fine se détacher de la lumière, à contre-jour. Cette silhouette vient de soulever, ce qui ressemble à un fusil, pour le poser sur son épaule droite. Elle prend appuis sa jambe gauche, et pose sa main libre sur sa hanche gauche.
— Les Walher, je présume ? demande une voix féminine et sûre d'elle. Je croyais que vous étiez doués pour tuer des monstres…
Elle s'avance vers les prisonniers, et les détache en tirant à bout portant, sur les chaînes qui les suspendent. Je suis à la fois impressionné et intrigué sur cette femme qui vient de nous venir en aide.
— Et à qui avons-nous affaire ? demandé-je en prenant une voix séductrice.
— Je m'appelle Fox Blair, se présente-t-elle en me regardant en souriant.
— Comme Randy Blair ? s'exclame Will surprit.
— Lui-même, sourit-elle, l'air satisfaite qu'on connaisse son père. Le meilleur ami de James Walher.
À la lumière du jour, au-dehors de la mine, je constate que Fox n’est pas mal du tout ! Grande avec des courbes gracieuses, elle a des cheveux roux et bouclés qui lui tombent sur les reins. D’ici, je peux admirer sans peine de magnifiques yeux bleu azur. Elle porte un jean noir et des santiags marron, un débardeur moulant noir, et un blouson en cuir marron de la même teinte que ses chaussures. Son visage est fin. Sa bouche est légèrement pulpeuse d'une teinte plus foncée que sa peau.
Elle se tourne vers Will et moi, qui la regardons bêtement, et plisse les yeux.
— Laissez- moi deviner… Toi, tu es Carl, dit-elle en me montrant du doigt.
— Bravo ! ris-je amusé et admiratif à la fois. Un bon point pour la petite dame…
— Tu es trop sûr de toi, c'est ce qui t'a trahi. Ta notoriété te précède… Will est plus réservé et adore rire de toi quand tu te ridiculises, ajoute-t-elle en regardant mon frère qui se moque de moi en riant. Si je suis ici, c'est parce que j'ai entendu dire que vous connaissiez Docker.
— Qui t'a dit une chose pareille ? lui demandé-je avec prudence.
Elle lève les yeux au ciel, d’un air agacé.
— Je ne révèle jamais mes sources. Quoi ? Vous allez me dire que vous ne le connaissez pas, peut-être ?
— En supposant que ce soit vrai, que nous le connaissons bien, que lui veux-tu ? lui demande Will sceptique.
— Ça ne regarde que moi ! s'exclame Fox les sourcils froncés. Alors vous le connaissez ? Vous savez où je peux le trouver ?
— Tout dépend… souris-je en la détaillant de haut en bas.
— Tout dépend de quoi ?
Elle s’impatiente et croise les bras en fronçant les sourcils.
— De ce que tu lui veux.
Je lui adresse un sourire malicieux, mais je suis piqué par la curiosité. Qu’est-ce qu’une femme comme elle, peut bien vouloir à un démon comme lui ? Passer un contrat ? Non, je ne pense pas que ce soit ça. C’est de la colère que je lis dans son regard quand elle prononce le nom de ce démon.
Fox soupire et fronce les sourcils. Son regard se fait glacial.
— Ce n’est pas compliqué. Je veux simplement sa mort.
1Personnage fictif créé par Iwao Takamoto dans la série télévisée d'animation Scooby-Doo, en 1987.
Fox
Je regarde les garçons s’arrêter au milieu de la forêt et croise les bras en soupirant. Ils ne sont pas trop mal quand on les regarde de plus près. Carl fait approximativement dans les uns mètre quatre-vingt-cinq. Il porte un jean bleu et une blouse en cuir par-dessus un t-shirt noir. Un pendentif pend au bout d’un cordon noir. Ses cheveux sont noirs et coiffés en brosse sans doute tenue avec du gel. Ses yeux sont verts et ses lèvres sont légèrement gonflées et rosées.
Quant à son frère, il est plus grand de presque dix centimètres, et ses épaules sont carrées. Ses cheveux sont plus longs et ses yeux sont noisette. Il porte aussi des jeans et un t-shirt sous une chemise à carreaux ouverte. Il a l’air plus sérieux contrairement à Carl.
— Pourquoi veux-tu le tuer ? me demande Will intrigué.
Je lève les yeux vers lui, en rougissant légèrement, priant intérieurement qu’ils n’aient pas remarqué l’inspection pas du tout discrète que je viens de réaliser sur eux.
— Il y a un an, il a tué ma mère, et a égorgé mon père devant mes yeux, avoué-je sombrement. Je ne sais toujours pas pourquoi il a m'a épargné. Mais ce n'était absolument pas la chose à faire.
— Et tu as attendu un an pour le chercher ? s'exclame Carl sceptique. Tu ne devais pas avoir trop envie de le retrouver !
Je n’aime pas son accusation. Elle me met en colère. Automatiquement, ma main se porte à mon arme qui se trouve à ma taille.
— Détrompe-toi Carl Walher ! Si je ne l'ai pas encore retrouvé, c'est parce que je me suis fait enfermer dans un hôpital à cause d'une de mes enquêtes !
— Comment ça ? m’interroge Will en fronçant les sourcils.
— Un polymorphe avait pris mon apparence pour kidnapper des gens et en tuer certains. Quand je l'ai tué à mon tour, la police m'est tombée dessus en croyant que j'avais tué une « jumelle ». Comme j'ai été poignardée dans l'affrontement, j'ai été admise à l'hôpital de Seattle, et ensuite j'ai fait un voyage dans l'aile psychiatrique parce que dans mon sommeil je disais chasser des monstres et des démons. — Je ris nerveusement. — Les médecins et les psychologues ne rigolent pas avec ça. Je me suis enfui hier soir pendant un changement de personnel. J'ai piqué des fringues qui n'étaient pas à moi, et j'ai volé une voiture.
— Attends une minute ! m’interromps Will surprit, en devenant livide. Tu veux dire que tu es venu jusqu'ici avec la voiture volée ?
— Je ne suis pas stupide non plus, soupiré-je agacée. Je suis allée jusqu'à un garde-meuble où j'avais garé ma moto et planqué de l'argent. Je suis venue jusqu'ici avec ma moto.
— Fais gaffe, tu pourrais te blesser avec ça !
Carl ricane à mon grand agacement. J’ai toujours été féministe. Par conséquent, je ne supporte pas qu’on sous-entende que je suis une femme et que je ne peux pas faire certaines choses, comme conduire une bécane.
— Quand tu auras fini de jouer les machos, tu me diras où se trouve Docker ! m'exclamé-je en le tuant du regard. Je te signale que ce que tu crois être une gamine, a sauvé ton joli petit cul il y a un quart d'heure de cela. Alors ton côté caïd, tu le mets en veilleuse.
Carl cesse aussitôt de sourire, surpris par manière de parler. Cependant il hausse les sourcils en me pointant du doigt, et se tourne vers son frère.
— Je l'aime bien !
— La belle affaire… marmonné-je en levant les yeux au ciel.
Il soupire et reprend tout à coup un air sérieux.
— Ce qu'il y a, c'est qu'on ne sait pas où se trouve Docker. On se retrouve face à lui de temps à autre, suivant les enquêtes où l'on intervient, mais ça s'arrête là. Alors si tu veux nous accompagner, tu es la bienvenue. Mais je ne te garantis pas que tu le trouves du premier coup ! Et en passant, il faudra que tu gares ta moto quelque part. C'est plus pratique et plus discret de ne prendre qu’un seul véhicule.
— Quoi ? m'écrié-je surprise. Et où je vais la garer, au juste ? Je ne sais pas si tu es au courant, mais il n'y a pas beaucoup d'endroits où garer cet engin !
Cette idée ne me plaît pas beaucoup, et je me demande s’il ne vaut pas mieux que je fasse cavalier seule, finalement.
— On va aller chez Rodger pour la garer. Elle sera en sécurité, répond Will en souriant compatissant. Il faudra juste que tu nous suives jusque là-bas.
— Ça va, pas de problèmes… Je vais la déplacer vers votre voiture comme ça je n'aurais pas à vous attendre…
Will
Carl regarde Fox partir sans dire un mot. J’ai remarqué qu’il ne l’avait pas lâché du regard. Pas une seule fois depuis que nous sommes sortis de l’ancienne mine. J’ai aussi vu son regard, quand elle nous a tourné le dos. Il lui matait le cul.
— Tu comptes m'aider !? lui demandé-je en le regardant de travers.
— Pas mal comme nana ! fait Carl en se levant. Elle est canon !
Je soupire en levant les yeux au ciel. Je ne suis pas surpris par sa réaction, j’ai l’habitude de le voir courir après les femmes qu’il trouve à son goût. Pour lui, qu’elles soient blondes, brunes ou rousses, qu’elles soient grandes ou petites, elles sont parfaites ! Cela dit, il a raison. Elle n’est pas mal du tout.
— Avec toi, tout ce qui est une femme avec du caractère te plaît. Encore une sur ta longue liste…
— Non, je ne rigole pas ! insiste Carl en regardant toujours l'endroit où Fox a disparue. Je la trouve vraiment superbe ! Et puis elle est douée…
Je me retiens de lui balancer à la figure qu’il a dit exactement la même chose pour sa dernière conquête.
Je me redresse en me frottant les mains après avoir terminé d’enterrer les cendres du Wendigo, et frotte mon jean dégueulasse à cause de la terre humide. Mon frère aurait au moins pu me filer un coup de main !
— Bon… On appelle les autorités, on les dépose au bord de la route, et on s'en va.
Lorsqu’on arrive à la voiture, elle est là. Elle nous attend. Couchée sur sa bécane, moteur en route, elle nous regarde quitter l’orée de la forêt à travers la visière ouverte. Mon frère la regarde en haussant un sourcil. Elle accapare toute son attention. Et si je ne fais pas preuve d’attention, je suis certain qu’elle risque d’accaparer la mienne. Tout comme une célèbre voleuse qui s’appelle Cora. Elle est connue chez les Chasseurs du surnaturel. Elle vole des objets occultes pour de gros clients, en empochant la prime qu’ils lui donnent en contrepartie.
Cora aussi est brusquement apparue dans nos vies. La différence avec Fox, c’est que ce n’était pas en tuant un monstre. Mais en nous volant un grimoire de Sorcière qui nous aurait permis de tuer la Sorcière à qui il appartenait. Nous avons réussi à la convaincre de nous aider, mais une fois la Sorcière tuée, elle s’est enfuie en douce avec le grimoire, et en nous volant l’argent qu’on avait gagné au poker.
Parce qu’il y a une chose à savoir quand on devient un Chasseur du surnaturel : nous ne sommes pas payés. Personne ne sait que nous existons. Nous travaillons en totale contradiction avec les lois de tout pays du monde entier. Après tout… quel pays permettrait la profanation de sépulture, le meurtre ou le vol ? C’est pour cela que nous opérons dans l’ombre. Seules les victimes que nous arrivons à sauver, savent la vérité. Mais nous savons qu’elles ne diraient rien. Parce que qui accepterait de croire que les démons et les monstres, existent ?
Nous montons dans la voiture en essayant de ne pas poser notre regard sur la jeune femme, et démarrons la voiture pour lui ouvrir la route. Fox nous suit de près, en s’impatientant parfois. Il lui arrive de nous dépasser, et s’arrêter sur le bas-côté de la route en nous attendant, avant de démarrer pour nous suivre à nouveau. Heureusement que nous ne bifurquons pas entre temps, elle ne saurait pas où nous sommes, et n’aurait plus qu’à nous rechercher à nouveau.
— Tu la sens cette fille ? demandé-je à mon frère pour briser le silence qui s’est installé dans le véhicule depuis notre départ d’Arlington.
Bien sûr, il arrivait parfois à mon frère de commenter pour lui-même, sur la moto de Fox qui lui passait devant.
— Je ne sais pas… marmonne-t-il en fronçant les sourcils, les yeux levés vers son rétroviseur intérieur. Elle va arrêter de me coller au cul avec sa bécane ?
Je ne peux m’empêcher de sourire.
— Et toi ? T’en penses quoi ?
Je regarde la moto s’éloigner devant nous, nous laissant une vue dégagée des fesses de la jeune femme, où il est écrit sur le pantalon : « Rattrape-moi, si tu peux ! ».
— Je ne sais pas, soupiré-je. Elle n’a pas l’air d’être un danger pour nous. Tout ce qu’elle veut c’est venger sa famille. On n’a qu’à lui donner ce qu’elle veut, et elle reprendra sans doute le cours normal de sa vie après ça…
Pourtant, quelque chose en moi ne veut pas qu’elle reprenne un jour le cours normal de sa vie. J’ai envie d’en apprendre plus sur elle, et peut-être bien essayer de me rapprocher. Qui sait ? Elle est peut-être bien une fille pour moi…
— Pas trop tôt non plus, j’espère… sourit mon frère en tournant les yeux vers moi. Ça fait un bail qu’un aussi joli petit cul n’avait pas fait de route dans cette voiture.
Je hausse un sourcil.
— Et sinon à part son cul, tu as remarqué un autre détail chez elle qui aurait pu attirer ton attention ? ironisé-je, non sans sourire.
— Si. Elle a de très beaux yeux bleus.
Sur ce point, je ne peux le contredire. Ses yeux sont vraiment magnifiques.
Nous nous rendons chez Rodger, à Denton dans le Montana. Il est comme un père pour nous, depuis la mort de notre propre père. Il a toujours été là pour nous, quitte à s’attirer des ennuis de temps en temps, et à nous dire les choses entre quatre yeux quand il le faut. C’est un Chasseur comme Carl et moi. Et tout ce que notre père ne nous a pas appris, lui nous les a enseignés. Il nous a sauvé la mise plus de fois que nous n’aimerions le reconnaître. Malgré ses cinquante ans, il est dans une pêche d’enfer. Je me demande comment il réagira, quand il fera la connaissance de Fox. Quoi que… Avec le caractère qu’à l’air d’avoir cette fille, il devrait l’apprécier.
Une fois arrivés chez Rodger, on gare la voiture devant la maison, et on attend que Fox éteigne sa moto pour sortir du véhicule. On la regarde, hypnotisés, quand elle se redresse et enlève son casque en soupirant de soulagement tout en secouant sa jolie crinière flamboyante.
— C'est quoi tout ce raffut ? s'exclame Rodger en colère, en sortant de sa baraque. Vous en avez mis du temps ! Ça vous arrive de répondre au téléphone ? J'ai cru que vous étiez morts !
Nous tournons la tête en même temps vers Rodger qui nous fusille du regard.
— Relax Rodger, soupire mon frère en souriant. Ce foutu Wendigo a explosé mon téléphone en m'envoyant voler contre un mur. Et puis au pire, tu aurais demandé à Azriel de nous retrouver…
Rodger grimace devant la logique de mon grand frère. Qui pourrait croire que je suis le plus jeune, avec la tête de plus que je fais par rapport à lui ?
— Et qui c'est cette petite ? grogne Rodger en montrant Fox du doigt.
— Je ne suis pas petite ! s'indigne-t-elle vexée. Je suis Fox Blair ! La fille de…
— La fille de Randy Blair, soupire Rodger en se grattant la tête. Comment va ce bon vieux Randy ?
— Il est mort, déclare Fox en regardant notre ami sans ciller. Il a été tué par un démon qui s'appelle Docker.
— Navré… C'était un chouette gars. Tout comme sa femme.
— Elle est morte aussi… marmonne Fox qui n'a pas l'air de vouloir s'étendre sur le sujet. Il ne reste que moi.
Rodger soupire et change de sujet — comme s’il avait senti la tension s’installer entre nous tous —, en jetant de temps en temps des coups d’œil vers Fox qui balaye les lieux du regard.
— Qu'est-ce que vous me voulez ?
— On voulait te confier la moto de Fox le temps qu'elle nous accompagne pour retrouver Docker, répond Carl en me devançant.
— Bien. Pas de soucis. Qu’elle la gare sur le côté de la maison. Fox tu peux venir me voir un instant ?
Elle nous regarde surprise en fronçant les sourcils.
— Vous deux, attendez donc à la voiture !
L’attitude de Rodger nous échappe. Je me demande s’il ne nous cache pas quelque chose. Qu’est-ce qu’il a à dire à cette fille, alors qu’il ne la connait même pas ?
Carl regarde Fox avec un vague sourire en coin, en matant son cul, tandis qu'elle s’éloigne avec sa moto à l’endroit que Rodger lui a indiqué. Celui-ci s’éloigne avec elle. Nous montons dans la voiture, et les regardons discuter entre eux, en nous demandant ce qu’ils peuvent bien se dire.
Fox
Je cale ma moto à l’aide du cale-pied, et regarde Rodger en accrochant mon casque sur le guidon.
— Qui a-t-il ?
— Donnes-moi les clefs de ta bécane d’abord.
Je soupire et lui tends mon trousseau qui me sera inutile lorsque j’accompagnerai Carl Et Will.
Il les range dans la poche de son jean et croise les bras en plissant les yeux. Je me demande à quoi il peut bien penser.
— Comment te sens-tu ? me questionne-t-il, d’un air sincèrement inquiet.
Je fronce les sourcils, sans comprendre. Je ne m’attendais pas à ce genre de question.
— Vous voulez vraiment savoir ?
— Je ne n’ai pas pour habitude de poser des questions pour rien…
Je plisse les yeux et il soupire.
— D’accord… Écoute Fox, je connaissais tes parents, et je t’ai déjà vu quand tu étais petite.
Je hausse les sourcils de surprise. Je n’en reviens pas que je ne me souvienne pas de son visage.
— Et je m’en fais pour toi.
Je baisse les yeux vers ma moto en soupirant.
— Que voulez-vous que je vous dise ? Je… Ils me manquent. Il ne se passe pas une minute sans que je pense à eux.
— Que s’est-il passé, Fox ?
Et voilà ! La question que je n’aime pas que l’on me pose.
— Je n’en sais trop rien honnêtement. Je veux dire… Papa m’a appelé au beau milieu de la nuit pour me dire qu’il avait trouvé quelque chose d’important qui aurait pu aider les Chasseurs, mais il n’a pas eu le temps de me révéler ce que c’était. Quand je suis arrivé, la maison était sens dessus-dessous, et il y avait du sang partout. Je ne savais pas où se trouvait maman. Il n’y avait que papa, qui était à la merci de Docker. Il l’a tué sous mes yeux.
— C’est donc la vengeance qui te motive.
Je lève les yeux vers lui.
— Ne seriez-vous pas motivé par la vengeance, si tous ceux qui comptaient à vos yeux étaient morts ?
— Je ferais probablement la même chose que toi. Je ne peux pas t’empêcher de faire ça, mais n’hésite pas à compter sur Carl et Will si tu as besoin d’aide. Je ne doute pas de tes capacités, mais ils Chassent depuis bien plus longtemps que toi.
Je soupire en hochant distraitement la tête. Je sais qu’il me dit ça parce qu’il doit s’inquiéter pour moi. Il me connaît depuis toute petite. Je ne peux m’empêcher d’éprouver un élan de compassion pour cet homme. S’il me connaissait, c’est que mon père avait assez confiance en lui pour me présenter.
— Je serai prudente. Merci Rodger, souris-je.
Je commence à m’éloigner, quand il m’arrête.
— Et si je peux me permettre… Si tu as besoin de quoi que ce soit ou ne serait-ce que de parler, n’hésite pas.
— Je vous remercie. C’est vraiment gentil. Et merci encore de garder ma moto. C’était un cadeau de papa pour me récompenser de ma première Chasse. J’y tiens beaucoup.
— Ne me remercie pas, sourit-il.
On dirait un oncle qui prend soin de sa nièce. Et dans un certain sens, ça me fait du bien.
— Allez, files ! Les garçons t’attendent.
Je hoche la tête, et m’éloigne de lui en marchant rapidement. Je monte dans la voiture de Carl, et regarde Rodger en souriant, tandis que la voiture s’éloigne de la casse.
Fox
— Depuis combien de temps fais-tu ce boulot ? me questionne Carl, tandis que je regarde le paysage défiler en pensant à la mort de papa et maman.
— Depuis deux ans… réponds-je distraitement, sans le regarder.
— C'est tout ? s'étonne Will en haussant les sourcils.
— Quand j'ai eu l'âge de protester, j'ai arrêté les cours par correspondance et je suis allée dans un lycée à Portland où j'ai fait des études littérature… Puis il y a deux ans, papa a fait une crise cardiaque au cours d'une enquête. Alors j'ai repris mes cours par correspondance. De là, j'ai passé en même temps mes diplômes de Droit, de Journalisme, et Psychologie…
— Attends ! m’interromps Will en retournant vers moi dans son fauteuil. Tu les as tous obtenus ?
Je hausse les épaules comme si ce n’était pas quelque chose d’exceptionnel, et tourne les yeux vers lui.
— Oui, c'était simple.
Il hausse les sourcils d’un air impressionné. Il ne devait pas s’attendre à ça venant de moi ?
— Qu'est-ce qui t'a amené chez ton père au moment du meurtre ? continue Carl en me regardant à travers le rétroviseur.
— Papa m'avait appelé une heure avant pour que je vienne en urgence, expliqué-je en regardant Carl. Il avait, disait-il, quelque chose d'important à me montrer. C'était selon lui, une découverte capitale pour aider des Chasseurs.
— Tu as une idée de ce que cela pouvait être ? poursuit Carl comme s’il s’agissait d’un interrogatoire.
— Si j'avais su ce que c'était, tu ne crois pas que je serais morte depuis le temps ?
Carl ne répond pas, et se contente de me lancer des coups d'œil de temps en temps. Will qui regarde son ordi portable, le referme en soupirant.
— On a une vague de meurtres dans un lycée de Portland justement…
Il me lance un regard en coin.
— Quel lycée ? m’inquiété-je en tournant les yeux vers lui.
— Le lycée Lincoln, pourquoi ?
— C'est là-bas que je faisais mes études, soupiré-je.
— Des jeunes qui commettent des meurtres, on ne le voit pas qu'à Portland… marmonne Carl les yeux rivés sur la route.
— Pas là où j'ai étudié. Il y a un système de sécurité perfectionné pour justement lutter contre ce genre de désagréments !
— Tu en es sûre ?
— J'en suis certaine Carl. La dernière fois qu’un jeune a essayé d’y entrer une arme en douce, les portiques de sécurités ont sonné comme dans un casino.
— Bon… alors en route pour Portland, soupire Carl en opérant un demi-tour.
Lorsqu’on se gare devant le Lycée de Portland, je n'ai qu'une envie : rester dans la voiture et m'enfoncer dans le siège.
— Tu veux rester ici ? me demande Will comme s’il avait lu dans mes pensées.
— Non, marmonné-je finalement. S'il y a des choses louches dans ce lycée, je veux y remédier.
Je descends du véhicule et les accompagne dans le bâtiment. Une fois à l’intérieur, nous passons les portiques de sécurités en montrant nos badges et allons dans le bureau du proviseur.
— Bonjour, je peux vous aider ? nous accueille la secrétaire en souriant poliment.
— Bonjour, Agent Emdry et Glen ! se présente Carl en montrant sa fausse plaque du FBI. On enquête sur les trois morts qu'il y a eu la semaine dernière.
— Oh ! Je vais appeler le Proviseur, ne bougez pas.
Elle disparaît dans un bureau en courant, et en sort quelques minutes plus tard avec un homme grand à l'air sévère.
— Messieurs ! s'exclame-t-il en serrant la main de Carl. Et mademoiselle…
— Bonjour, Agent Emdry et Glen, se présente une nouvelle fois Carl. Et voici notre Psychologue Madame Blair. Nous sommes ici pour enquêter sur les meurtres qu'il y a eu la semaine dernière.
— Vos collègues sont déjà venus nous interroger, marmonne l'homme désapprobateur en plissant les yeux.
— Ils suivaient deux enquêtes en même temps. Alors on nous a refilé le dossier et nous préférons tout reprendre depuis le début, explique Will très professionnellement. De plus, une de nos collègues psychologues est ici pour écouter les témoignages et apporter son soutien et une oreille attentive aux témoins.
Le proviseur reste silencieux quelques instants, puis hoche la tête. Je fais attention à ne pas exprimer mon soulagement.
— Parfait ! s'exclame le Proviseur, finalement satisfait. Mary appelle-moi Timoty Danson, Chloe Sander, Peter Finch, et Heather Jensen, s'il te plaît.
— Oui, Monsieur ! acquiesce la secrétaire d'une voix suraiguë en bondissant hors de son siège.
— Puis-je faire un tour dans l'établissement ? demandé-je d'une voix autoritaire.
— Naturellement, accepte l'homme en hochant la tête. Allez-y.
Je lance un regard entendu à Carl et quitte les bureaux en quête du lieu des meurtres. Je regarde un peu partout dans les couloirs, quand je heurte quelqu'un de pleins fouets. Je remarque des livres et des papiers s’éparpiller au sol, alors je m’empresse de m’agenouiller pour tout ramasser.
— Fox ? m’appelle une voix que je reconnais rapidement.
Je me fige et lève les yeux vers la femme qui a pris son mal en patience pour me donner un enseignement.
— Madame Finster ? m’exclamé-je surprise.
Je regarde la femme qui a l'air surprise et en colère. J'ai l'impression que ma couverture est fichue. Je regarde Madame Finster qui me dévisage sévèrement. Je crois que je suis mal.
— Jamais je n'aurais pensé que vous auriez le culot de revenir dans cet établissement ! me gronde-t-elle en fronçant les sourcils.
Je lui tends ses affaires et me lève rapidement, vite imitée par la femme en face de moi.
— Je n'avais pas plus envie de revenir ici, que vous de me voir ! lui réponds-je sèchement. Seulement je fais mon boulot, et il se trouve que mon boulot m'a conduit ici. Je suis la psychologue envoyée par le FBI, pour recueillir les témoignages des élèves et des enseignants sur les meurtres qui ont tous eu lieu dans ce couloir !
Son expression change du tout au tout, et devient plus grave. Elle frissonne.
— Oui… Il… Il se trouve que je suis un des témoins, Miss Blair. J'étais ici, quand tous les meurtres ont eu lieu.
Je soupire et regarde les élèves qui s’activent autour de nous.
