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Julian est en 2ème année dans une classe préparatoire prestigieuse à Paris, il a 21 ans et a vraiment envie d’intégrer une grande école. Eloigné de sa famille, il sous loue une chambre dans un quartier huppée de la capitale, chez Amanda. Son hôte, Amanda est une jeune mère célibataire, et pendant les vacances scolaire les enfants sont chez leur père, alors Amanda peut alors profiter du calme de l’appartement et Julian aussi qui doit réviser sans relâche. Julian ne prends jamais de pause, il est vraiment décidé à mettre cette semaine de vacances à son profit !.... mais Amanda aussi, car Julian est introverti mais très sexy, il à un charme fou mais n’en n’a pas conscience, ce qui excite d’avantage Amanda… qui commence à avoir plein d’idées qui lui traversent la tête, il faut dire que depuis sa séparation, elle n’a pas trop eut le temps de s’amuser ! Alors elle décide de lui proposer un vrai dîner pour prendre des forces... Jusqu’où ira Amanda pour divertir Julian et lui sortir sa tête de ses livres ? Julian va-t-il prendre une pause tant mérité et dîner avec Amanda ? Et s'il ne fallait qu'une étincelle pour que tout dérape ?
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Veröffentlichungsjahr: 2019
DÉRAPAGES
Mila Leduc
J'ai coupé mes cheveux il y a deux mois. Avant, ils m'arrivaient jusqu'à la moitié du dos, aujourd'hui c'est plutôt une sorte de carré plongeant. J'en ai toujours eu envie, mais je ne sais pas pourquoi, je n'ai jamais osé. Étrange, non ? Peut-être que l’héroïne de mon prochain livre sera une jeune femme aux cheveux courts, je ne sais pas. Je m'appelle Amanda, je suis écrivaine. Auteure. Je ne sais pas.
Je reste penchée sur la page blanche avec cette impression par moments d'être attelée à une tâche insurmontable pour moi. La conviction que je ne pourrais qu'échouer. Mais je me refuses à accepter cette fatalité de l'échec. Tout n'est pas perdu, promis. Sauf qu'écrire des articles, des petites piges pour des magazines, je n'en ai plus l'envie.
Cela fait l'affaire mais j'ai envie de retrouver la même flamme que lorsque j'ai écris mon premier et mon deuxième roman. Contre tout bon sens, j'avance dans la nuit. Mon trop grand désir de bien faire.
L'admiration passionnée que je porte à ces écrivains qui m'ont subjugué, qui m'ont donné envie d'écrire. Est ce que m'abstenir d'écrire serait une manière de leur rendre hommage ? Je ne pense pas. J'ai l'impression d'être comme coincée. J'attends de retrouver l'inspiration. J'écris sur mon ordinateur en buvant du thé, plusieurs heures par jour, presque toute la nuit. J'ai toujours été une grande rêveuse, je dois dire.
Je suis mère de deux enfants. Mon dieu. Moi, Amanda, qui avait dit tant de fois que je ne voulais pas avoir d'enfants. Tout a bien changé. Tout est passé trop vite. Aujourd'hui mère célibataire, âgée de trente six ans, j'ai presque l'impression d'en avoir cinquante. Alors qu'on me reproche mon insouciante, qu'on me dit que je me comporte encore comme une jeune femme. Oui et alors ? Les responsabilités de la vie me bousculent, m'étouffent. J'ai du mal à vivre en osmose avec mon temps.
J'essaie sans cesse de coucher sur le papier des émotions, de trouver des mots gonflés de substance. Parfois je retrouve le lendemain ce que j'ai écris, et je me dis que ce ne sont que des mots inertes. Alors je recommence, encore. Les mots restent eux-même enlisés dans la gangue où ils dorment, c'est comme si une main se refermait sur ma gorge.
Je sais que c'est juste un mauvais moment à passer. Dès que j'aurais trouvé ce que je cherche, mes doigts ne pourront plus s'arrêter de courir sur le papier. C'était déjà comme ça, les deux dernières fois. Il faut juste trouver le bon bout, maintenant je sais être plus patiente et à l'écoute de ce qui m'entourent. Un besoin me possède, je ne peux pas renoncer à l'écriture. J'ai envie de raconter mes bouleversements, toutes ces fois où je côtoie la folie
J'adore l'appartement dans lequel je vis, il est à mon image. Il est en plein centre de Paris, dans un quartier huppé, c'est vrai. Pourtant je ne suis pas très riche et je fais probablement tâche parmi tout mes voisins élégants.
C'est un endroit qui me calme et me rassure. J'ai passé du temps à tout refaire à l'intérieur, à en prendre soin. Les meubles sont très colorés sans que cela n'ait forcément de cohérence mais cela m'est égal.
Notre poisson trône dans son bocal sur le meuble en bois du couloir. Il s'appelle Duffy, a de longues et souples nageoires dans des nuances entre le rouge et le bleu-roi. Ce n'est pas un simple poisson rouge, la dame de l'animalerie m'a dit que c'est un poisson combattant qui aime vivre seul dans un volume d'eau peu important car il ne sait pas très bien nager. Le comble. Pauvre bête, fichue.
Nous sommes en octobre, c'est l'automne, ma saison préférée. Je me perds souvent dans mes pensées sur mon rocking-chair, face à la fenêtre, mon livre ou mon ordinateur posé sur mes genoux. Au final, en deux heures je ne lis pas plus qu'une seule page. On dirait une vraie mamie. Les feuilles mortes tombent en silence par la fenêtre, c'est hypnotisant.
Et oui, même dans la belle capitale française, les feuilles arrivent à tomber au dessus des voitures pressées. C'est fou, depuis toute petite, j'adore ces nuances d'orangé qui flottent sur un fond de ciel bleu.
