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Elle s'est promis de ne plus jamais tomber amoureuse, il ne pensait pas pourvoir aimer à nouveau. Tasha West, 29 ans, est une jeune femme comme les autres ou presque. Elle a deux passions dans la vie, la lecture mais surtout le football qui la fait vibrer depuis ses neuf ans. Un jour elle participe à une concours pour gagner une place en immersion totale avec l'équipe de France pendant la prochaine compétition internationale. Elle n'a pas penser une seule seconde que c'est elle qui le gagnerait. Un rêve qui devient réalité, mais tout ne se passera pas comme prévu. Un évènement inattendu, blond aux yeux bleus, va venir bouleverser sa vie tranquille.
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Seitenzahl: 301
Veröffentlichungsjahr: 2023
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Impossible – James Arthur
It’ll Be Okay – Shawn Mendes
Unconditionally – Katy Perry
Still Falling For You – Ellie Goulding
I Didin’t Know – Sofia Carson
Photograph – Ed Sheeran
All Of Me – John Legend
Chasing Cars – Snow Patrol
Be Alright – Dean Lewis
Demons – Imagine Dragon
Before You Go – Lewis Capaldi
Le football, c’est bien plus qu’un simple sport. Il est synonyme d’émotion, de passion et de dépassement de soi. C’est un terrain de jeu où se mêlent des milliers de rêves, d’ambitions et de destins.
Prologue
Chapitre
Chapitre
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EPILOGUE
J’ouvre les yeux avec difficulté à cause des vibrations incessantes de mon téléphone qui retentissent sur ma table de nuit.
Qui ose me réveiller de si bonne heure un dimanche matin ? Ce n’est pas possible j’espère que ce n’est pas encore un de ces fichus démarcheurs.
Quand je vois le nom sur mon écran, je sais que c’est important. Mon petit frère ne m’appelle jamais par hasard, c'est une certitude.
— Oui, allô ? dis-je, la voix ensommeillée.
— Mince, je te réveille ?
— Il est juste sept heures un dimanche matin, mais ce n'est pas grave. Qu'est-ce qui t'arrive ?
— Tu te souviens de ce concours auquel on a joué dans ta librairie préférée, il y a à peu près un mois ?
— Euh ...
Je vais souvent dans cette célèbre librairie pour me procurer des livres. La lecture est une de mes plus grandes passions, cela me permet de m’échapper loin de la réalité et de mon quotidien parisien pour un temps. Je ne pense plus à rien quand je lis et c’est quelque chose qui m’aide à me détendre. C'est vrai qu'un jour je suis passée devant une affiche pour un concours avec l'équipe nationale de football. Avec mon frère, pour nous amuser, nous avons chacun rempli un formulaire de participation. À gagner, l'un de mes plus grands rêves, une immersion totale avec les joueurs, le temps de la prochaine compétition Internationale au Brésil. Tout compris. Pour l'énorme fan de football que je suis, vivre h24 avec l'équipe qui me fait rêver depuis des années, ce n'est même pas imaginable.
— Tu ne vas jamais me croire Tasha...
— Bon accouche, j'aimerais bien me rendormir.
— C'est toi qui as été tirée au sort !
Il me faut quelques secondes pour décoder les mots qui viennent de sortir de la bouche de mon frère. Je mets quelques secondes à retrouver la parole, ma voix tremble.
— Pardon ?
— Tu as bien entendu. Tu as gagné le concours pour l'immersion pendant le mondial.
— Oh putain ! Enfin, désolé d’être aussi vulgaire, tu es sérieux ou tu me fais une blague ? Parce que tu sais à quel point c’est important pour moi !
Je m'assois sur mon lit, comprenant peu à peu ce qu’il se passe s’il dit vrai.
Le football est ma plus grande passion depuis que je suis gamine, c’est un sport qui est pour moi synonyme d’émotions fortes, la seule chose qui peut me faire passer du rire aux larmes en un temps record. Rien n’est comparable à la sensation d’une victoire de son équipe. J’ai déjà pleuré que cela soit de joie ou de tristesse pour le résultat d’un match. Ma passion pour ce sport est le moteur de ma vie, ce qui me remplit de bonheur. Cela m’a permis de rencontrer des personnes formidables et de créer des souvenirs inoubliables.
J’ai toujours été émerveillée par la ferveur qui se dégage d’un stade plein, chantant avec tout son cœur pour soutenir son équipe. Le football m’accompagnera encore pendant très longtemps.
— Bien sûr que c’est vrai ! Les résultats sont affichés sur le site de la librairie. Alors heureuse d'avoir été réveillée, tu ne m’en veux pas trop ?
— Merci ! Je ne t’en veux jamais quand c’est pour une occasion pareille. Je te laisse, on se parle plus tard !
Je raccroche mon téléphone et me rallonge dans mon lit au chaud sous ma couette.
Les larmes coulent toutes seules et je me demande si je n’ai pas rêvé de la conversation qui vient d’avoir lieu. Je me pince et grimace de douleur non, tout cela est réel. Je n’arrive pas à croire que je vais enfin les rencontrer, ces hommes qui sans le savoir m’ont sauvé la vie il y a quelques années auparavant. Au moment où j’étais au fond du trou, au bord du gouffre.
Mon rêve va devenir réalité. Moi, Tasha, jeune parisienne de 29 ans, je vais vivre une expérience hors du commun. Tant de personnes donneraient tout pour être à ma place. Assister à leurs entraînements, aux matchs, partager leur quotidien à tous. C'est incroyable. Grâce à la nouvelle que vient de m’apprendre mon frère, tout est possible. Si ce jour-là j’avais su ce qui m’attendait, le bouleversement total qu’allait subir ma vie, je n’aurai jamais participé à ce foutu concours...
Nous sommes en mai, dans deux jours, je rejoins le centre d’entraînement afin de démarrer mon immersion au sein de l’équipe. Je mentirais si je disais que je n’étais pas stressée, mais aussi impatiente.
Est-ce que j’y crois ? Non toujours pas, je n’arrive pas à réaliser. C’est encore irréel pour moi tout ça, je suis euphorique depuis l’annonce et j’ai du mal à redescendre. J’alterne entre pleurs de joie et gros moment de doute. Parce que ce qui s’apprête à m’arriver, ce n’est pas rien, j’en ai bien conscience. J’ai l’impression de ne pas avoir encore bien intégré tout ce qui va se passer durant le mois et demi qui approche.
J’ai été contactée par la directrice du concours qui m’a tout expliqué de A à Z.
Les joueurs décolleront début juin pour le Brésil, la compétition débute quelques jours plus tard. Je serai de la partie pendant la semaine de préparation en France afin de m'intégrer au mieux avant le grand départ vers l’inconnu. Je vais pouvoir assister à toutes les séances d’entraînement, participer aussi si je le souhaite à des séances de sport, mais aussi à des préparations vidéo. Vivre vraiment au plus près tout ce qu’il se passe au sein d’une équipe qui se prépare à une telle compétition. J'ai déjà terminé ma valise, mais sans grande conviction. J'ai dû la vider et réorganiser le contenu au moins dix fois tant je suis indécise sur ce que je dois emmener. Il fait quand même chaud au Brésil, une chaleur bien plus étouffante qu’ici.
Ce dont je suis certaine, c’est que je ne peux pas me cacher derrière mes pulls et sweats préférés. J'arrive une journée après l'équipe qui aura déjà intégré le centre après leurs derniers matchs dans leur championnat respectif.
Certains joueurs, je les connais bien, cela fait des années qu’ils font partie de cette équipe. Comme tous les ans, il y a aussi de petit nouveau que je ne connais pas encore. Avec tout le staff et le personnel autour d’eux, cela fait du monde à rencontrer d’un seul coup pour la timide que je suis.
J’ai dû annoncer à mon patron que je souhaitais prendre cinq semaines de congés sans solde, je n’ai pas le choix et rien n’était prévu. Il accepte sans soucis, on s’entend très bien et quand je lui ai donnée la raison, il a très bien compris. J’ai un poste de commerciale au sein d’une entreprise de marketing, rien de bien palpitant me direz-vous, mais c’est ce qui s’est imposé à moi après la fin de mes études. J’ai toujours aimé le monde du commerce, le contact avec la clientèle, je n’ai pas plus réfléchi au moment de mon orientation après l’obtention de mon baccalauréat. Nous sommes la veille du grand départ, je ne dors pas bien depuis l’annonce tant mon excitation est omniprésente. Je passe l’après-midi avec ma maman comme on le fait souvent, on discute de ce qui m’attend au Brésil et elle ne peut s’empêcher de se faire un minimum de soucis pour moi.
— Tu feras attention à toi, c’est quand même la première fois que tu vas voyager aussi loin de la France.
— Ne t’inquiète pas pour moi maman, je ne serai jamais seule, il ne va rien m’arriver.
Je sais qu’elle réagit comme ça parce qu’elle a peur, ce qui est normal enfin, j’ai eu une mère très protectrice qui m’a un peu trop couvé petite. Mais à ce moment-là, je ne souhaite pas qu’elle me rajoute du stress supplémentaire. Je ne ferme pas l’œil la nuit, j’ai bien trop de choses dans la tête et mon cerveau ne se met pas en pause. Est-ce que je vais bien m’intégrer ? Est-ce qu’ils ne vont pas être déçus d’avoir quelqu’un dans les pattes dans un instant pareil ?
Il est neuf heures, c’est le moment pour moi de prendre ma voiture et de partir pour cette folle aventure.
Deux heures de route plus tard, après m’être perdue plusieurs fois, j’arrive enfin sur le parking du domaine vers 11h30, j’ai mis un peu plus de temps que prévu. Je coupe le moteur et j’essaye de remettre de l’ordre dans mes idées afin de faire redescendre la pression.
Aller Tasha, respire, tout va bien se passer. Ce sont des êtres humains comme toi, finalement, à quelques
exceptions près. Enfin non, ce sont quand même des gens que tu admires du plus profond de ton cœur depuis pas mal de temps.
Je grogne en me regardant dans la glace de mon rétroviseur qu’est-ce que je peux dire comme bêtises sous l’effet du stress.
Je sors de la voiture et rejoins l'entrée du domaine où m'attend M. Jonathan Trent. Il sera en quelque sorte mon parrain ici. Celui qui veillera à ce que tout se passe bien pour moi durant ce mois et demi, si j’ai le moindre soucis ou questions c’est vers lui que je dois me tourner. Il fait partie des intendants de l'équipe. Son sourire bienveillant me rassure tout de suite et m’aide à me détendre. Je lui adresse un sourire, sûrement, un brin trop crispé.
— Mademoiselle WEST, vous voilà enfin, vous avez fait bonne route ? Bienvenue au domaine de Marche-rêve !
— Bonjour, oui, je me suis un peu perdue, mais rien de bien important. Merci encore à vous de m’accueillir ici.
— C’est un immense plaisir pour nous, me répond l’homme avec une voix enjouée. Je vais vous montrer votre chambre afin que vous puissiez déposer vos affaires. Par la suite, je vous présenterai à tout le monde dans la grande salle de réception.
— D’accord, pas de soucis, je vous suis.
Le bâtiment est fabuleux, des installations à la pointe de la technologie, des pierres apparentes, une hauteur sous plafond impressionnante. C’est immense, comment vais-je réussir à me repérer làdedans ? Je n’aurai jamais assez de temps pour mémoriser chaque passage, chaque pièce tant il y en a. Je reste sans voix face à une telle découverte. Je me sens très petite, pas à ma place dans ce monde encore inconnu. Je ne peux empêcher mes yeux de se poser partout, cet endroit est dingue. On se croirait plongé dans un univers de princesse, tout ici est raffiné.
— Vous avez la chambre numéro 7. Allez-y, je vous prie. En pénétrant dans la pièce, je suis tout de suite assaillie par les odeurs de frais et de linge propre. Une ambiance rassurante et apaisante se dégage de cette chambre, elle est petite, mais bien aménagée, lit king size, murs clairs, écran plat et salle de bain avec douche.
Elle possède aussi une grande baie vitrée avec vue sur la forêt du domaine. C’est époustouflant. Tout ce dont j’ai besoin, rien de plus ni moins.
— C’est parfait, je ne vais manquer de rien.
— Je vous laisse vous installer et je vous retrouve d'ici 20 min au bout du couloir. Je vous conduirai ensuite à la salle de réception. Bienvenue dans la famille Mademoiselle West !
— Merci encore, à tout à l'heure.
Je referme la porte derrière lui. Je me laisse tomber à la renverse sur le lit et j’expire un grand coup afin de remettre de l’ordre dans mes idées. Le stress est à son comble et j’ai du mal à faire ralentir les battements de mon cœur.
Le moment fatidique n’a jamais été aussi proche, comment cela va-t-il se passer pour moi ?
J’y suis, plus le temps de reculer maintenant. Je défais quelques affaires de mes valises que je range dans le placard, pas besoin de tout sortir, je ne reste qu’une semaine ici avant le grand départ. Je ne peux m’empêcher de contempler la vue par la fenêtre, c’est apaisant toute cette verdure. Je n’ai pas l’habitude, moi qui habite à Paris tout le long de l’année.
Est-ce que je suis prête ? On n’est jamais paré pour vivre des choses pareilles. Je ne sais pas comment j’arrive encore à rester debout tellement mes jambes tremblent. J’appréhende surtout de le croiser lui, celui que je suis depuis tant de temps aussi bien en club qu’en sélection. Je ne veux pas passer pour une groupie de service loin de là. J’ai aussi hâte d’assister à un match dans un grand stade, chose que je n’ai encore pas eu l’occasion de faire dans ma vie, par manque de moyen quand j’étais plus jeune et à cause du travail de mes parents qui avaient des horaires compliqués. Je vais donc profiter à fond de chaque instant de cette aventure, j’en suis certaine.
J’ai à peine le temps de reprendre mes esprits qu’il faut déjà que je rejoigne mon parrain qui m’attend au bout du couloir.
— Alors, prête à rencontrer tout le monde ?
— J’ai le droit de dire non ? dis-je la voix tremblante trahissant mon stress.
— Ne vous inquiétez pas, tout va bien se passer. Nous sommes tous sympathiques, me rassure-t-il comme il peut.
Je le suis jusque devant une grande porte en chêne. Le moment est arrivé, je respire un grand coup et tente de reprendre le contrôle de mon corps. J’entends des éclats de rire provenir de la pièce. La bonne ambiance à l’air au rendez-vous en tout cas ! Même si cela n’aide en aucun cas à apaiser la tension qui fait rage en moi à cet instant précis. Nous rentrons dans l’immense salle et tous les regards se tournent vers moi. Un silence pesant s’installe. Moi qui voulais passer inaperçue, c’est raté.
Je rejoins monsieur Trent qui s’est placé près de l’entraîneur, Georges et son staff. Il réclame l’attention de tout le monde avant de se mettre à parler.
— Messieurs, je vous présente Tasha West, la gagnante du concours. Elle va rester un mois et demi avec nous durant la compétition, je compte sur vous pour bien l’accueillir et faire en sorte qu’elle se sente bien avec nous. Je me chargerai personnellement de tirer les oreilles de celui qui s’en prendra à Tasha de quelque façon que ce soit.
Tous ces regards posés sur moi, c’est assez intimidant et déstabilisant à la fois. Léo Smith, le capitaine, se lève et parle à son tour.
— Je te souhaite la bienvenue parmi nous Tasha ! J’espère que tu es heureuse d’être ici, mais surtout que tu apprécieras de partager ces instants avec nous.
Tous les joueurs se mettent à applaudir et à siffler dans tous les sens. Je suis intimidé par tous ces visages que je découvre maintenant en vrai. La différence aujourd’hui c’est qu’ils sont juste à côté de moi, plus derrière mon écran et je ne réalise toujours pas.
Je dois être rouge de la tête aux pieds, chose qu’il m’est impossible de contrôler à ce moment-là. Je n’aurais pas pu rêver meilleur accueil. Ils sont tous adorables et très bienveillants.
— Maintenant, c’est l’heure de la bouffe ! s’écrie une voix brisant le calme qui s’était installé.
Évidemment, il n’y en avait qu’un pour sortir cela en tapant des mains. Le boute-en-train, blagueur de l’équipe, Soen Myers.
Le voilà enfin, en chair et en os. Je suis happée par ses deux yeux bleus qui me fixent, je suis déconnectée de la réalité et de ce qu’il se passe autour de moi pendant quelques secondes. Mon cœur fait une embardée et je suis parcourue de tant d’émotions à la fois qu’il m’est impossible de réagir. Je dois secouer la tête et rompre ce contact pour revenir à l’instant présent.
Son visage d’ange m’observe en riant avec son compagnon, Zack Torren. Je ne sais pas si lui aussi a ressenti ce truc, cette connexion entre nous.
Je me fais peut-être des films, mais je n’ai jamais ressenti une chose pareille.
Tous se lèvent et prennent la direction du réfectoire. Léo me fait signe de le suivre, cela tombe bien, je meurs de faim. Le self-service est immense, il y a tellement de nourriture que je ne sais pas où donner de la tête. Je m’assois à table avec Léo et sur les autres chaises, Aaron Nells, l’attaquant vétéran de l’équipe, ainsi que deux nouveaux joueurs que je ne connais pas sont déjà installés. Ils me posent des questions afin d’apprendre à me connaître ce qui me met tout de suite dans le bain.
— Alors Tasha, ça fait quoi de te trouver ici ?
— Un peu bizarre, je dois bien l’avouer, me retrouver assise à table avec vous, c’est dingue. Je me pince encore pour savoir si je ne rêve pas.
— Tu n’as pas à t’en faire, nous sommes comme n’importe qui finalement, de simples personnes, même si certains d’entre nous sont plus atteints que d’autres.
La tablée se met à rire de bon cœur, la bonne ambiance règne et mes premières angoisses disparaissent peu à peu. Ils sont comme je m’en doutais un peu, des hommes sans prises de tête et drôles. A l’autre bout de la pièce, les gars se tordent de rire à la suite d’une blague de Zack. Soen en crache son verre d’eau.
Cela brise les craintes que j’avais sur le fait qu’ils seraient peut-être hautains ou inaccessibles, bien différents de ce que l’on peut croire. Je respire tout de suite un peu mieux et j’arrive à me détendre.
Léo me rappelle qu’ils ont un entraînement à quinze heures et que je suis bien entendu invitée à les suivre.
Je remonte dans ma chambre pour profiter un petit peu du calme avant l'entraînement de tout à l'heure. Je m’allonge sur mon lit, je repense aux évènements qui viennent de se dérouler juste avant. Je suis heureuse que la première rencontre se soit aussi bien passée, c’était ce qui me faisait le plus peur.
Je ne peux m’empêcher de penser à ce que j’ai ressenti, perdue dans le bleu des yeux de Soen. Je suis fan de lui depuis presque dix ans, me retrouver face à lui m’a chamboulée, peut-être pas pour les bonnes raisons. J’ai plus été hypnotisé par la personne que par le footballeur en lui-même.
Ma meilleure amie, Grace, que je connais depuis que j’ai neuf ans et qui sait tout de ma vie, m'a envoyé un nombre incalculable de messages.
« Tasha dis-moi comment il est en vrai Sacha Torn ! »
Ma sœur de cœur est une grande fan de Sacha Torn, l’un des indétrônables défenseurs actuellement. Elle aurait adoré vivre cette expérience, autant que moi j’en suis certaine. Je lui réponds avant de somnoler.
Un coup résonne à ma porte me faisant sursauter. Je vais ouvrir la tête encore dans la brume.
— Pardon, je ne pensais pas que tu dormais. On m'a demandé de passer te chercher pour te conduire au terrain d'entraînement comme tu ne connais pas bien les lieux. Ma chambre n’est pas loin de la tienne et vu que je suis un ancien, c’est à moi qu’on a confié cette mission.
Il y a pire que de se faire réveiller de sa sieste par Soen Myers en personne, c’est même le meilleur réveil de ma vie, mais j’ai du mal à émerger de mon sommeil. Il attend une réponse de ma part qui tarde à venir.
— C'est gentil, tu me donnes deux minutes que j'attrape mon manteau et j'arrive.
Je mets une veste chaude, même si on est en mai, le temps est couvert. Je ne suis pas à l’abri, avec la chance que j’ai, de me prendre une averse, être malade n’est pas une option envisageable.
— C'est parti, allons-y, je te suis, cher guide.
L’emplacement du stade est à quelques minutes à pied du bâtiment principal. Tous les garçons sont déjà là. Je remercie Soen d’un signe de tête. Je me suis assise dans la tribune, je n’ose pas encore m'installer aux bords du terrain. Je vais assister à mon premier entraînement et je suis sur un petit nuage, je commence à prendre conscience de la chance que j’ai de me trouver ici. J’observe attentivement les exercices de marquage, de défense et les différentes courses de chacun des joueurs présents sur la zone. C’est très intéressant de comprendre comment ils se préparent physiquement. Je reste là jusqu’à la fin de la séance, deux heureux plus tard.
Je me dirige vers le bâtiment principal du domaine seule, les garçons ne vont pas tarder à rentrer aussi pour se doucher. J’arrive la première dans le réfectoire pour le dîner. Après m’être servi, je m’installe à table avant d’être rejoint par les premiers joueurs qui redescendent. J’écoute avec attentions les conversations autour de moi sans oser, pour le moment, participer.
— Tout va bien Tasha ? Comment as-tu trouvé cette première séance d’entraînement ?
— Oui, merci Aaron c’est gentil. J’ai apprécié de pouvoir voire les coulisses entre guillemets. On ne se rend pas compte de toute cette partie-là quand on est fan de football.
— Tant mieux alors, la prochaine fois n’hésite pas, tu peux t’asseoir au bord du terrain, tu verras quand même bien mieux. Normalement il n’y a aucun risque de se prendre une balle dans la figure.
— J’y penserai, merci.
Il me sourit et reprend ses conversations avec les autres joueurs présents à table avec nous. Il est l’heure pour moi de monter me coucher après cette première journée, riche en émotions.
Le lendemain matin, je me réveille avec la vue sur la forêt du domaine. C’est bien loin de celle que j’ai de mon appartement à Paris. Le soleil brille déjà, la journée s’annonce de la meilleure des façons. Après une bonne douche, je descends prendre mon petit déjeuner. Je croise certains joueurs qui me saluent d’un signe de tête que je leurs rends timidement. Je m’installe seule à une table et je savoure le silence qui règne dans la pièce.
Un entraînement a lieu à 10h, je pense que je vais m’asseoir aux abords du terrain cette fois-ci. Il ne faut pas que je commence à faire mon insociable. Je me mets en route quand je sens une présence derrière moi. Soen me rattrape en petites foulées et vient se placer à mes côtés.
— Salut, comment ça va depuis hier ?
— Salut, ça va super merci.
— J’étais déçu de voir que tu n’étais pas plus près du terrain, tu n’as pas dû apercevoir grand-chose c’est dommage.
— Pour tout te dire, je n’ai pas osé.
— Tu aurais dû, on ne mange personne tu sais, ça nous fait plaisir d’accueillir une nouvelle personne au sein du groupe.
— Je vais me mettre au bord du terrain aujourd’hui alors, c’est vrai que je verrai mieux.
— Très bonne décision, je ferai attention de ne pas faire de bêtise avec la balle. On se voit plus tard alors !
Il ponctue sa phrase par un clin d’œil avant de rejoindre les autres en courant. Je secoue la tête en rigolant, ce mec est un sacré phénomène.
Soen fait le pitre et fait rire ses coéquipiers qui ont bien du mal à se concentrer. Après une quinzaine de minutes,
Aaron vient s’asseoir à côté de moi. Mes yeux fixent le mouvement des garçons, enfin mon regard revient toujours à une certaine tête blonde.
— Ça va, tu ne t'ennuies pas ?
— Non au contraire, d’ailleurs vous n’avez pas l’air de vous ennuyer non plus avec les blagues de Soen.
Aaron sourit à ma remarque.
— Ah, ça tu peux le dire ! On ne s’embête jamais avec lui.
— Il est comme on le voit à l’écran, toujours en train de faire le pitre et de charrier les autres.
— C’est une façon pour lui d’extérioriser, je pense, parce que ce n’est pas la joie dans sa vie en ce moment. Ce n’est pas à moi de t’en parler c’est personnel, mais il traverse une phase compliquée
— Ah, je comprends ne t’inquiètes pas c’est normal de ne pas dévoiler ce genre de chose à une inconnue.
Il doit savoir qu'on parle de lui vu qu'à ce moment précis, il nous fait signe de la main de loin, geste que Aaron et moi lui rendons.
— Si quelqu'un mérite le bonheur, c'est bien lui, il est toujours là pour nous tous. Dès qu’un gars se sent mal, il fait tout pour lui redonner le sourire et lui remonter le moral au maximum.
— C’est vrai qu’il semble être une bonne personne.
On le regarde tous les deux en silence pendant quelques secondes.
— Aller, j'y retourne avant que le coach me voie, on se capte plus tard.
Il repart en direction du terrain en courant et rejoint les autres qui n’ont même pas remarqué son absence.
La matinée est déjà bien avancée et il est l'heure de rentrer pour tout le monde. Nous sommes tous sur le chemin menant au château. Les garçons sont exténués après cette reprise. Zack est toujours en train de faire le pitre avec Soen comme à leur habitude. Je les entends rire alors qu’ils sont loin derrière moi. Je laisse les garçons partir à la douche et je regagne ma chambre avant le repas. Je redescends quelques instant plus tard pour rejoindre le réfecroire.
Le choix est si varié sur le buffet que je ne sais pas quoi prendre. Mon estomac qui grogne ne m’aide pas. Les cuisiniers réalisent un travail de malade et j'ai du mal à me dire que pendant un mois et demi, je vais bien manger. Mes fesses ne remercieront d’ailleurs pas ce gros écart qui devrait très bientôt se voir.
Dans un coin de ma tête, je songe à la conversation que j'ai eu avec Aaron à propos de Soen. J'ai de la peine pour lui, ça a l'air d'être quelqu'un qui a beaucoup souffert.
Je suis sortie de mes rêves par un léger coup dans mon dos.
— Alors, tu pensais encore à moi, c'est ça ? Fais attention, tu n’es pas très discrète.
Zack finit sa phrase avec un clin d'œil.
— Zack ! Arrête ! Tu vas la traumatiser la pauvre ! Ne l'écoute pas Tasha, ce monsieur n’est pas très net.
Voilà comment Zack se retrouve à se chicaner avec Eden, alias l’attaquant chouchou du monde entier, dans la file d’attente au milieu du réfectoire. Je parcours la salle du regard ne sachant pas où m’installer. Je suis encore réservé malgré le superbe accueil qu'ils m'ont tous fait. Soen qui est assis à une table avec Sacha, Aaron et Zack s'aperçoit de ma présence, il me fait signe de la main de les rejoindre.
Il faudrait un jour que j'essaye de ne pas rougir. Malheureusement, je pense que quand il est question de lui, c’est compliqué pour moi de ne pas réagir.
Le repas se déroule dans la bonne humeur, on apprend tous à se connaître un peu mieux. Cela me touche de pouvoir partager des instants pareils avec eux.
Pendant que les conversations vont bon train, je suis absorbée par deux yeux bleus. Il faut que je me reprenne, ce n'est ni l’endroit ni le moment.
— Tasha, tu viens nous retrouver après le diner ce soir dans la salle de détente ? On se rejoint tous pour parler et jouer aux cartes. Ne pense pas qu’on va te laisser dans ton coin toute seule !
— Avec plaisir Sacha. C’est gentil, merci.
Le repas touche à sa fin et pendant que les garçons vont faire un footing dans le forêt du domaine cette après-midi, je remonte me reposer. Après le diner, je rejoins les garçons dans la pièce de détente, certains font une partie d’Uno dans un coin de la salle en chahutant. Sur le canapé, Soen et Zack sont sur leur ordinateur pendant que les autres discutent calmement, Zack m’interpelle.
— Vient t'asseoir avec nous Tasha, on joue à Football GS.
— Mais je connais, j'y joue aussi !
Un immense sourire étire mes lèvres.
— Sérieux ?
Soen me regarde surpris et étonné, comme si j'étais un zombie.
J’ai toujours aimé ce jeu où il faut diriger de A à Z une équipe de football sur pc. On doit mettre en place des tactiques, choisir les bons joueurs, mais aussi gérer tout ce qui est aspect financier et médiatique de notre club.
— Bien sûr, je suis une joueuse expérimentée de football GS.
— Mais c'est trop cool ! s’exclame Zack en donnant un coup de coude à son compère qui applaudit à deux mains. — Tu entraînes quel club ?
— Je suis la sélectionneuse de l'équipe nationale.
— Ah d’accord ça ne plaisante pas ! Il remue des sourcils et son expression de garçon sérieux me fait sourire.
— Non, je joue le Championnat du monde en ce moment et d'ailleurs, tu t'es blessé juste avant le début de la compétition. Tu aurais pu faire attention !
Il me regarde surpris et part dans un fou rire en se tenant le ventre. Son rire résonne comme une douce mélodie à mes oreilles.
— Bah, tu connais le métier tout ça, je ne fais pas exprès hein ! J'espère que tu m'aurais titularisé si je n'avais pas été touché au moins ?
— Ah ça je ne pense pas, tu connais, le métier tout ça !
Il place sa main sur sa poitrine et fait semblant d'être blessé dans le plus profond de son ego.
— Tu me brises le cœur, tu sais, je t'apprécie, mais là, je vais peut-être changer d'avis ! Je lui donne un coup de coude et on ricane ensemble.
C’est comme si on s’était toujours connu, et que notre rencontre remontait à plus loin que ce matin. La soirée suit son cours, dans les rires, l’ambiance me plaît au sein de ce groupe. Elle se prolonge jusqu'à tard dans la nuit. Je pars me coucher et je ferme les yeux, heureuse.
Les jours suivants passent vite, les garçons s'entraînent et analysent leurs premiers adversaires en vidéo.
Ils sont tous adorables avec moi. Même s'il y en a bien un qui ne m’adresse jamais la parole et me regarde souvent de travers. Je n’y prête pas plus attention que ça. Je suis le plus clair de mon temps avec Zack, Aaron, Léo et Soen.
Aaron, c'est comme un grand frère. À la différence de Soen, il est aussi brun que l’autre est blond. C’est un excellent confident, toujours à l'écoute.
Il a un recul sur la réalité et un mental impressionnant.
C’est le plus âgé du groupe, son parcours de vie lui a forgé un caractère à toute épreuve.
D'ici deux jours, nous décollerons pour le Brésil et les choses sérieuses vont enfin commencer.
Je vais pour me coucher quand je me rends compte que j'ai oublié mon chargeur dans la salle de détente.
Je redescends en tâchant de faire le moins de bruit possible. Je m’arrête net dans l’embrasure de la porte en découvrant une scène qui me brise le cœur en mille morceaux.
Soen est assis dans le canapé, éclairé uniquement par l'écran de son téléphone. Il ne m'a pas ni aperçu ni entendu, il pleure en silence. En me rapprochant, je remarque que c'est une photo de ses enfants qui est affichée entre ses mains.
Cet homme qui ne montre que force et impassibilité s'écroule au moment où personne ne le voit. Quand il peut enfin abandonner ce masque qu’il s’efforce de porter en présence des autres.
Je ne sais pas quoi faire, soit le laisser tranquille ou essayer de m’aventurer pour discuter avec lui.
Après tout, on ne se connaît pas, il n'a peut-être pas envie d’être vu dans un moment pareil, mon instinct me pousse à m'avancer vers lui malgré tout.
Je pose doucement ma main sur son épaule. Il me regarde surpris et je perçois dans ses yeux qu’il a honte que je puisse le découvrir de cette manière sans sa célèbre façade.
— Pardonne-moi, je ne voulais pas te faire peur ou te déranger, je venais récupérer mon chargeur quand je t’ai vu comme ça. Je ne pouvais pas remonter comme si de rien n’était.
— C'est moi qui m'excuse, je dois montrer une piètre image de moi-même ainsi.
Je lui fais un sourire compatissant et je prends place à ses côtés sur le canapé.
Un long silence s'installe alors entre nous.
— Tu préfères que je te laisse seul peut-être ? Je ne désire pas m’imposer dans un moment pareil.
— Non, reste, ne t’inquiète pas, au contraire.
— Tu souhaites me parler de ce qui te rend si mal ? Enfin, tu ne me dois rien, je ne veux pas que tu te sentes obligé de quoi que ce soit.
Il hésite une seconde en soupirant. Il se tourne vers moi et son regard croise le mien. Ce que j'y lis me prend aux tripes, une telle souffrance, ça ne devrait même pas exister. On se fixe quelques instants avant qu'il poursuive.
— Mes enfants me manquent terriblement, ma vie est compliquée en ce moment, je suis en procès avec mon ex-femme pour la garde.
— Je suis désolée. Ce n'est jamais simple de vivre ce genre de chose. Même si je ne peux pas me mettre à ta place.
— Cela fait déjà trois mois qu'elle m'empêche de les approcher, tu sais. Ils sont tout pour moi et je n’en peux plus. La justice prend du temps et elle fait son maximum pour me rendre la vie impossible. C'est le comble hein alors que c'est elle qui a détruit la mienne. Ce jour où elle a décidé que tout ce qu’on avait vécu et construit ensemble ne valait rien à ses yeux.
— Les émotions, c'est difficile à faire taire, vos petits se retrouvent au milieu. C'est écœurant de sa part de les mêler à toute cette histoire.
— J'ai tourné la page, je ne ressens plus rien pour elle à part du dégoût. Ce qu'elle a fait est impardonnable. Ça a détruit les sentiments que j'avais pour elle depuis des années. Qu'elle me fasse du mal, je m'en moque, mais ce sont mes enfants, la chair de ma chair. C'est la pire des souffrances.
— Pourquoi caches-tu tout ça derrière cette façade de garçon ultra-blagueur ? Les autres sont là pour toi, tu sais, personne ne te jugera.
— Tu imagines s'ils se rendaient compte que l’unique personne qui a toujours le sourire et rit tout le temps était à la limite de la dépression ? C'est impossible. Si leur pilier s'écroulait sur qui prendrait-il tous exemple ?
Sans réfléchir, je le serre dans mes bras. Il cale sa tête dans mon cou. Je le sens hoqueter de plus belle et la seule chose que je peux faire c'est lui caresser le dos, lui faire comprendre que je suis là, moi à cet instant précis où il n’a besoin que d’une épaule sur laquelle se reposer.
