Des menottes dans la bruyère - Dale Mayer - E-Book

Des menottes dans la bruyère E-Book

Mayer Dale

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Beschreibung

Parker n’avait aucune intention de retourner en Irak…

Mais quand son frère est tué sur le terrain, il entreprend le voyage pour ramener sa dépouille dans sa dernière demeure.

Quand l’un des chiens de guerre K9 disparaît à l’aéroport militaire en transit et que personne ne parvient à le retrouver, Parker accepte de mener l’enquête durant les quelques jours qu’il passe sur place.

Sandy effectue le même voyage que Parker – tous deux ont perdu leur frère dans le même accident. Les deux frères étaient meilleurs amis, mais c’est la première fois qu’elle rencontre Parker. Immédiatement, elle comprend qu’il se passe quelque chose d’étrange dans ce monde. Quand ils retrouvent un chien K9 dans un repaire de rebelles, elle est entraînée dans une aventure bien plus dangereuse que la compassion et le chagrin initiaux.

Si la première enquête n’a rien donné, c’est pour une bonne raison… Alors que Parker remue les cages et réveille un groupe de voleurs, les corps commencent à pleuvoir, les uns après les autres.
 

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Veröffentlichungsjahr: 2022

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Sommaire

Première de Couverture

Page de Titre

Résumé du livre

Chapitre 1

Chapitre 2

Chapitre 3

Chapitre 4

Chapitre 5

Chapitre 6

Chapitre 7

Chapitre 8

Chapitre 9

Chapitre 10

Chapitre 11

Chapitre 12

Chapitre 13

Chapitre 14

Chapitre 15

Chapitre 16

Chapitre 17

Chapitre 18

Chapitre 19

Chapitre 20

Chapitre 21

Chapitre 22

Chapitre 23

Chapitre 24

Chapitre 25

Chapitre 26

Chapitre 27

Chapitre 28

Chapitre 29

Chapitre 30

Chapitre 31

Chapitre 32

Chapitre 33

Épilogue

Pic à glace dans le lierre

Note de l’auteure

À propos de l’auteure

Tous droits réservés

Résumé du livre

Un nouveau polar « cozy mystery », par Dale Mayer, auteure de best-sellers au classement du USA Today. Suivez les aventures de Doreen Montgomery, jardinière et détective en herbe, et de ses adorables assistants (un chat, un chien et un perroquet) dans leurs enquêtes criminelles dans la jolie ville de Kelowna au Canada.

Du luxe à la misère… Tout est sous contrôle… jusqu’à ce que tout bascule. Et Doreen se retrouve coincée au milieu !

Les quatre cartons de dossiers que Doreen a hérités du journaliste Bridgeman Solomon l’ont déjà aidée à résoudre un crime et elle espère qu’ils continueront à l’éclairer alors qu’elle fourre son nez dans de nouvelles affaires. Mais quand elle découvre des menottes en satin rose dans la bruyère de son voisin, le très distant Richard de Genaro, elle a du mal à croire que ces documents puissent l’aider à ce sujet.

Ce n’est pas ce qui retient Doreen d’y jeter un œil, et en un rien de temps, elle remonte une nouvelle piste entre prostitution, détournement de fonds et, bien sûr, meurtre. Mais dès l’instant où les dossiers suggèrent un lien avec la spécialité de Doreen, une affaire classée, son ami et partenaire de crime, le brigadier Mack Moreau, s’assure de la garder à l’œil.

Accompagnée de ses fidèles animaux, Doreen décide d’en savoir plus sur le lien entre le banquier respectable, décédé dans un accident suivi d’un délit de fuite, et la prostituée à qui appartenaient les menottes en satin rose. Alors que Doreen assemble les pièces du puzzle, la fin de sa dernière enquête va la surprendre.

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Chapitre 1

Vendredi, fin d’après-midi…

— Tout ce qu’il faut que vous fassiez maintenant, commença Mack, c’est rester loin des ennuis.

Doreen haussa les épaules.

— Comment pourrais-je en avoir ? J’ai jardiné toute la journée, et je vais m’attaquer au grand buisson d’hortensias. Je ne peux pas m’attirer d’ennuis avec ça.

Il la fixa.

— Hortensias ?

— Ces grosses plantes fleuries, expliqua-t-elle en haussant de nouveau les épaules. Je promets que je passerai la journée de demain à travailler dans mon jardin.

Il la dévisagea, dubitatif, remarquant également que ses trois animaux étaient assis pas loin et observaient leur échange comme un match de tennis. Ils ne paraissaient pas dérangés par la discussion. Ils savaient qu’il s’agissait là d’une conversation habituelle entre Mack et Doreen.

Elle rit.

— Bien sûr, je ne peux garantir ce que je pourrais trouver.

— Vous n’allez rien dénicher, lança-t-il avec un avertissement dans la voix.

— Et pourquoi pas ? Il y avait un flingue dans les gardénias. Je mettrai peut-être la main sur… (Elle s’arrêta et réfléchit un moment.) Et si je dégotais des menottes dans les hortensias ? supposa-t-elle, triomphante.

— Et si vous n’en débusquiez pas ? Et si vous arrêtiez simplement de déterrer des trucs ?

Et là-dessus, il opéra un demi-tour et s’en alla, furieux.

D’une attitude rebelle, elle le regarda sortir par la porte d’entrée, ses animaux – ces traîtres – trottant derrière lui, tous désireux de câlins et de caresses d’au revoir. Elle se traîna derrière lui, ses yeux tombant sur la brouette qui contenait le reste d’un peu de terre qu’elle avait empruntée. Elle devait encore la rendre à son voisin.

Elle en saisit les poignées et la poussa jusqu’à la maison voisine, son trio animalier dans son sillage. Là, elle frappa à la porte. Lorsqu’il l’ouvrit et la considéra avec suspicion, elle lui annonça :

— Je vous ramène seulement ça. Je vous promets de vous en obtenir plus afin de remplacer ce que j’ai pris.

Il secoua la tête.

— Ne vous embêtez pas. Ce n’est que du surplus de toute façon. C’était dehors parce que j’étais censé le benner dans le jardin de devant, mais je n’en ai pas eu le temps.

Il observa ses animaux. Mugs, Thaddeus et Goliath étaient suffisamment intelligents pour ne pas réclamer un câlin ou une tape sur la tête à Richard et restèrent proches de Doreen.

— Mettez ça là, dit Richard en désignant un point au coin du garage.

Elle opina du chef et répondit :

— Eh bien, merci pour la terre.

Elle leva les poignées de la brouette et déchargea ce qu’il en restait dans le tas qu’il avait montré. Simultanément, elle contempla les hortensias et lança :

— Ce parterre se porte vraiment très bien. Et cette bruyère est magnifique. L’hortensia est joli également.

— Oui, il est sympa. C’est la variété à fleurs bleues.

Comme elle étudiait le buisson, elle pensa à voix haute :

— Je suis surprise que ce buisson soit si petit cependant.

Il haussa les épaules.

— Il a toujours été comme ça. J’ignore pourquoi. Probablement pas assez de place pour grandir contre la maison.

Elle s’interrogea.

— Je peux jeter un coup d’œil ?

Il la fixa avec suspicion.

— Que pourriez-vous bien chercher ?

Son regard décela alors quelque chose de brillant dans la lumière du soleil. Pas dans les hortensias, mais plutôt dans la bruyère en fleurs, devant le plus gros buisson.

— Qui sait ? Quelque chose pourrait obstruer ses racines…

Au moins, cela lui donnait une excuse pour aller dans le parterre.

Elle s’accroupit au bord des hortensias, là où la bruyère était enchevêtrée dans un truc métallique.

Presque immédiatement, elle identifia l’objet. Elle retint une exclamation puis s’esclaffa. Avec une grande précaution, elle écarta les feuilles et le paillis qui s’était entassé au fil des ans. Mugs, Thaddeus et Goliath s’avancèrent tous pour l’aider.

— C’est bon, les gars, je m’en charge.

Et pour sûr, elle venait de trouver une paire de menottes, l’une des boucles étant refermée sur la plante.

Elle s’assit et hurla de rire. Il n’y en avait pas dans les hortensias, mais dans la bruyère !

Qui aurait pu deviner ça ?

Le plus drôle était qu’elles étaient en satin rose, tordues et usées… Elle ricana.

Elle avait hâte de l’annoncer à Mack…

Chapitre 2

Vendredi, fin d’après-midi…

À l’aide d’un bâton à proximité, Doreen atteignit et libéra précautionneusement l’objet en métal. Il était profondément pris sous la bruyère, à moitié enterré et entortillé dans la végétation. Heureusement, les menottes étaient ouvertes et non verrouillées. Elle finit par les libérer et les tendit pour les montrer à son voisin. Elle ricana de nouveau et, tentant de retrouver un visage impassible, lui demanda :

— Vous avez perdu ça ?

Richard inspecta les menottes, partiellement recouvertes de ce qui semblait avoir été autrefois du satin doux rose, bien qu’elles soient désormais souillées avec de la terre et tachées avec le temps. Embarrassé, il fixa Doreen, la mâchoire tombante.

— Elles ne sont pas à moi, couina-t-il, le visage tout rouge.

— Eh bien, sans doute que non, admit Doreen. Elles sont roses. Peut-être à votre femme ?

Il était si furieux qu’il donnait l’impression de vouloir taper du pied. Au lieu de ça, il tourna les talons et rugit :

— Retirez cette saleté de mon jardin ! (Puis, une fois qu’il atteignit le seuil de sa porte, il se retourna et lâcha :) Vous les y avez probablement plantées !

Elle le regarda, stupéfaite.

— Eh bien, ce ne sont pas les miennes ! Et il est évident qu’elles étaient là depuis longtemps, bien avant mon arrivée. Qui aurait cru que vous étiez un pervers dans la sphère privée ?

Il lui claqua la porte au visage.

Elle éclata de rire avant de rassembler suffisamment de sérieux pour partir. Appelant ses bestioles, elle poussa la brouette d’une main et tint les menottes dans l’autre, toujours passées autour du bâton avec lequel elle les avait attrapées. Lorsqu’elle atteignit sa maison, elle parqua la brouette dans son garage et ramena les menottes à l’intérieur. Elle les déposa soigneusement sur une serviette en papier et les observa.

— Des menottes dans la bruyère, se dit-elle pour elle-même. Mack ne croira jamais ça.

Non pas qu’elle était prête à lui en parler. Ce n’était définitivement pas une affaire de police, mais bien une histoire de fesses. Et, bien sûr, cela faisait naître toutes sortes de questions intéressantes. Elle n’avait jamais vraiment été confrontée à des sex-toys, alors cela offrait un tout nouveau degré d’investigations. Et elle s’attendait également à de mauvaises surprises en lançant ce type de requêtes. Elle avait de bons antivirus, mais elle était vouée à atterrir sur des sites pornos. Pas vraiment ce qu’elle pouvait considérer comme sa lecture quotidienne. Mais bon, si c’était tout ce qu’elle avait à disposition pour effectuer ses recherches, alors peu importait.

Toutefois, elle était soulagée que son jour de travail non rémunéré dédié à épauler la police locale soit plus ou moins terminé, avec l’éventualité que tout ici, à sa maison, se soit tassé, et que Steve ait été attrapé puis, avec de la chance, mis en prison. Elle opta donc pour une tasse de thé chaud au bord de la crique. Cela la surprenait comme le son apaisant de l’eau l’aidait à retrouver ses esprits et lui donnait de la vigueur au lieu de l’épuiser. Là, tout de suite, elle ne souhaitait pas un trop-plein d’énergie, car elle voulait se mettre au lit de bonne heure ce soir. Et en prenant en compte ce par quoi elle était passée ces derniers jours, un bain chaud et un coucher tôt seraient parfaits.

Mais elle ne pouvait s’empêcher de penser aux menottes. Quel endroit étrange où les mettre ! Son voisin devait avoir dans les 70 ans. Il lui avait raconté qu’il avait une femme, Sicily, bien qu’elle ne l’ait jamais vue. Elle avait entendu cette étrange voix androgyne dans leur jardin, derrière la grande barrière en bois, de temps en temps. Dès lors, elle n’avait jamais été certaine de savoir si elle s’adressait à Richard ou à Sicily.

Et Doreen n’était même pas sûre que lui était un il ou que Sicily était une elle. Même s’il était un il, peut-être que Richard était homosexuel. Elle n’avait aucun problème avec ça. Mais si son partenaire se cachait, ça expliquerait pourquoi personne ne les avait jamais aperçus ensemble. Dans les deux cas, peut-être que les menottes leur appartenaient.

Elle afficha un sourire en coin à cette idée. Il y avait quelque chose de très sympa à imaginer son mystérieux voisin grincheux avec des menottes en satin rose.

Elle se détendit au bord de la crique, le soleil couchant illuminant le vert des arbres autour d’elle et de ses animaux. C’était véritablement un endroit unique qu’elle était très reconnaissante de disposer. Elle ne pouvait imaginer vivre dans ces maisons de ville avec des voisins si proches des deux côtés. Elle appréciait cette crique avec ses grands espaces ouverts, un chemin accessible et un endroit pour les animaux. Et c’était peut-être bien grâce à elle que Doreen avait fini par trouver des solutions à tant d’affaires non résolues. Elle venait naturellement ici pour se procurer de la joie. Elle savait que les médias la harcèleraient chaque fois qu’elle aiderait à dénouer une énigme, et cela signifierait généralement que son jardin de devant serait de nouveau inaccessible. La plupart du temps, les médias ne la suivaient pas jusque-là, mais elle ne pouvait garantir qu’il en serait toujours ainsi.

Elle ne voulait même pas réfléchir à combien de dossiers classés sa dernière enquête allait élucider. Elle espérait au moins que la confession d’Annette Helmsman sur son lit de mort allait contribuer à en clore plusieurs d’entre eux. Et maintenant que l’implication de Steve était confirmée, cela en résoudrait un supplémentaire, si ce n’était deux. Et potentiellement bien plus.

Une fois que les autorités auraient creusé cette histoire et vérifié les finances de Steve, qui savait combien d’autres femmes avaient été payées pour garder le silence ? Doreen se demanda si certaines d’entre elles étaient toujours en vie. Peut-être avaient-elles été enterrées sur sa propriété. Sans parler du corps qu’ils avaient trouvé totalement calciné et qu’ils avaient d’abord cru comme étant celui de Steve. Sur ce, elle retourna à la maison où elle appela Mack.

Ce fut d’une voix fatiguée qu’il lui répondit :

— S’il vous plaît, pas ce soir.

Elle grimaça.

— Je voulais seulement m’assurer que vous alliez bien, improvisa-t-elle. Je sais que cela a été une journée particulièrement dure.

— Vous croyez ? D’un autre côté, Steve est en prison et n’en dit pas des masses. Mais désormais, nous avons un assez bon accès à toute sa vie. Cela va prendre des semaines pour tout éplucher.

— Sauf si vous en obtenez davantage de sa part, rétorqua-t-elle. Vous pourriez jouer la carte de Penny dans ce but. Je suis quasi sûre qu’il a quelque chose à voir avec les morts de George et de l’infirmière.

— De quelle façon ?

— J’ai simplement l’impression que Penny et Steve ont été amis, si ce n’est plus, pendant des décennies. Et je crois que c’était là l’origine des querelles entre elle et George. Il était probablement toujours inquiet à cette idée.

— Un cheminement de pensée intéressant, concéda Mack. On peut s’en servir pour interroger chacun d’eux et voir ce que l’autre a à offrir.

— Évidemment, si c’est l’amour véritable, aucun n’ira balancer sur l’autre.

Mack ricana à moitié.

— L’amour véritable a tendance à rester sur le carreau par instinct de survie quand on parle de faire de la prison.

— De toute façon, les deux vont être incarcérés, releva Doreen. Mais on ne peut pas se permettre de douter sur l’éventualité que Penny ait travaillé seule et que Steve s’en sorte avec d’autres crimes. Ou sur leur implication à tous les deux, sans toutefois pouvoir en apporter la preuve formelle. En revanche, s’il est également accusé pour d’autres meurtres…

— Ça dépend. On n’a pas encore totalement enquêté dans la maison de Steve. On y retournera, probablement avec des chiens renifleurs. Alors, on verra ce qu’on y trouvera.

— Comme à qui appartenait le corps qui a été brûlé dans l’incendie de sa propriété ?

— Ça concerne la police, Doreen, soupira-t-il. On regardera ça.

— Bien, dit-elle.

— Vous semblez fatiguée également.

— Pour une bonne raison, riposta-t-elle.

— Si vous pouviez rester loin des ennuis pour une fois…

— Absolument ! ricana-t-elle. Ne serait-ce pas chouette ? (Puis elle sourit et ajouta :) Je vous vois demain, si le dîner tient toujours ?

— Oui. Pas d’inquiétude.

— Parfait. Dans ce cas, je vais raccrocher. Et je vais m’asseoir près de la crique, essayer de me relaxer, de me détendre. Il me faut une bonne nuit de sommeil.

— C’est de plusieurs dont vous avez besoin, et de rester loin des ennuis.

— Toutes les antiquités étant désormais parties, presque l’entièreté du cas de Penny résolue et maintenant que Steve est sous les verrous, je crois que ça devrait aller. Oh, sauf pour une chose !

— Une chose ? répéta la voix assombrie de Mack.

— J’ai trouvé un objet de façon étrangement fortuite.

Mack lâcha un profond soupir à l’autre bout du fil.

— Je n’aime pas comment ça sonne. Quoi ? Et où ?

— Eh bien, cela vous fera bien rire quand je vous le dirai. J’ai réellement trouvé des menottes. Pas dans les hortensias, mais dans un carré de bruyère.

— On reste dans les plantes, lança-t-il en riant. Et pourquoi auriez-vous trouvé des menottes ?

— J’ai ramené le reste de terre chez mon voisin. Et, pendant que j’y étais, j’ai vu quelque chose briller dans son grand carré de bruyère. Il y avait tellement de belles fleurs qu’il fallait que je les admire. Et alors, j’ai aperçu l’objet en métal. Quand j’ai écarté le buisson pour mieux le distinguer, j’ai compris ce qui se trouvait là. J’ai ensuite utilisé un bâton pour les sortir de la terre.

— Des menottes ? demanda-t-il, incrédule.

— Des menottes dans la bruyère du jardin de mon voisin, oui, confirma-t-elle en pouffant. Alors, vous devriez être content que ce ne soit pas chez moi !

— Je doute fortement que leur présence ait une signification, donc c’est super. Je suppose que votre voisin a adoré.

— Pas tellement. Dans ce cas précis, ce ne sont pas de vraies menottes non plus.

Elle savait que son humour aurait dû être un indice révélateur, mais Mack était de toute évidence fatigué tandis qu’il questionna suspicieusement :

— Que voulez-vous dire par « pas de vraies menottes » ?

— Elles sont enveloppées de satin rose, précisa-t-elle dans un gloussement.

Il ricana puis s’esclaffa.

— Eh bien, je suis ravi d’entendre ça.

— Et, bien sûr, elles sont plutôt sales comme si elles avaient été là depuis longtemps. Je les ai rapportées ici, mais je les mettrai dans la poubelle.

Elle n’avait pas prévu de les jeter, mais elle souhaitait savoir si Mack avait des raisons pour qu’elle les garde.

— Faites donc ça, acquiesça-t-il. Je suis presque certain que vous n’avez pas besoin de gérer ça en plus maintenant. Bref, je dois y aller. Ça a été une journée difficile.

Et il raccrocha.

Elle l’imita, puis elle prit les menottes et les plaça dans un sac à zip avec la serviette en papier sur laquelle elle les avait placées, et les posa enfin sur l’étagère à proximité qui était déjà bien encombrée. Cela la fit froncer des sourcils, mais elle n’avait pas vraiment d’autre endroit où les conserver. Ce n’était pas comme si elle avait un meuble où elle pouvait ranger des pièces à conviction. Elle possédait bien une pile de paniers en plastique cependant. Elle se rendit au placard du couloir pour les en sortir et mit les menottes dans celui du haut. Puis elle le rangea. Elle appela les animaux pour aller au lit de bonne heure, et ils marchèrent tous jusqu’à l’étage.

Chapitre 3

Samedi, tôt dans la matinée…

Le matin suivant, Doreen ouvrit les yeux. La première pensée qui traversa son esprit, ce furent des spaghettis. Aujourd’hui, c’était le jour dédié, et elle avait hâte. Son estomac grognait déjà, et elle n’était même plus certaine d’avoir mangé la nuit dernière. Probablement quelques crackers avec du fromage. C’est ce qu’elle avait consommé la plupart du temps, et les jours se suivaient et se ressemblaient. Néanmoins, son estomac avait pris l’habitude de recevoir régulièrement de la nourriture cuisinée par Mack, mais la veille au soir, elle avait été trop fatiguée et épuisée pour prétendre à mieux. Les événements de la journée l’avaient rattrapée, l’emmenant au-delà de la conscience de ce qu’elle avait traversé et aussi de toutes les choses qu’elle avait encore à accomplir.

Elle était toujours au lit, planifiant sa journée et ressentant la présence de ses trois animaux. Goliath était blotti contre sa tête. Mugs était couché sur ses pieds. Elle crut avoir entendu le petit couinement du perchoir de Thaddeus, au-dessus de sa tête. Son corps essaya de la convaincre de ne pas en faire plus. Il l’avertit qu’elle le paierait si elle osait bouger.

Elle secoua la tête et dit :

— Tu as prévu une grosse journée de travail dans ton jardin aujourd’hui.

Elle se déplaça et gémit de douleur. Mais alors, elle se souvint de sa bagarre avec Steve et du jardinage effectué chez Millicent et dans son propre terrain la veille, et elle comprit qu’elle avait tous les droits d’être courbaturée. Lentement, elle fit son chemin hors du lit, puis jusqu’à la douche.

Cependant, l’aboiement de Mugs attira son attention. Elle sortit, s’enveloppa dans une serviette et demanda :

— Mugs ? Quel est le problème ?

Il l’ignora et continua à aboyer. C’est alors qu’elle entendit quelqu’un à la porte d’entrée. Tout en grommelant, elle enfila un peignoir et courut au rez-de-chaussée. Elle jeta un coup d’œil par la fenêtre du salon et vit Mack qui se tenait là, un air furieux sur le visage. Elle soupira, désactiva l’alarme et lui ouvrit.

— Qu’est-ce qui vous tracasse comme ça ? demanda-t-elle.

— Moi ? lui lança-t-il en la regardant avec surprise. Il est encore tôt, et vous avez déjà l’air en colère.

— Mon corps est courbaturé à cause d’hier, je viens juste de sortir du lit et de la douche.

— Bien. Je vais préparer le café pendant que vous finissez et vous habillez.

Elle roula des yeux à son intention puis retourna à l’étage tandis qu’il se dirigeait vers la cuisine. Elle devrait vraiment lui faire racheter du café pour renouveler son stock, mais le truc, c’était qu’elle lui devait probablement plusieurs repas. Alors, une livre de café n’était pas la mer à boire.

Habillée et les cheveux ramenés en arrière, mais tombant sur ses épaules, elle parcourut son chemin jusqu’au bas des escaliers.

Mack la considéra et lui indiqua :

— Vous êtes encore fatiguée. Et n’avez-vous pas perdu du poids ?

— Je ne sais pas, répondit-elle doucement. Mes pantalons sont un peu grands.

Il secoua la tête.

— Avez-vous mangé au moins une fois hier ?

— N’avons-nous pas partagé des sandwichs ensemble ?

Il opina du chef.

— Avez-vous dîné ?

Elle fronça les sourcils puis fit non de la tête.

— Je crois que j’ai pris quelques crackers et du fromage.

Il soupira et sortit la poêle à frire, puis ouvrit le frigo.

— Je n’ai pas de jambon, précisa-t-elle, mais j’ai du fromage.

Avec intérêt, elle l’observa mettre des toasts et ajouter du beurre dans la poêle avant de procéder au cassage d’une demi-douzaine d’œufs. Elle plissa le front.

— N’avez-vous pas mangé ?

— C’est pour vous, rétorqua-t-il d’une voix grave. Vous devez avaler quelque chose.

Une fois que les œufs furent presque préparés, il attrapa le fromage, le râpa sur le dessus puis s’attela à un délicat mélange des ingrédients. À la fin, il ajouta un soupçon de ciboulette de son jardin dans la poêle. Elle le regarda avec fascination et déclara :

— Vous obtenez ça à partir de rien !

— Ça ? rebondit-il en souriant. J’ai créé ça avec des œufs et du fromage. N’est-ce pas incroyable ? Des œufs brouillés à partir d’œufs et de fromage !

Elle le dévisagea fixement.

— Vous n’avez pas besoin d’être sarcastique.

— Non. En effet. (Il déposa les œufs brouillés dans une assiette, sortit le toast du grille-pain, le beurra et dressa le tout avant de le placer sur la table.) Mangez maintenant.

— Je ne peux pas avaler tout ça ! s’exclama-t-elle. Ça fait six œufs !

Il l’observa fermement et lui indiqua :

— Je finirai ce que vous laisserez, si Mugs et Goliath ne s’en chargent pas.

Elle s’assit, et il posa une tasse de café devant elle. Elle sourit et murmura à ses bestioles :

— Il est peut-être arrivé grincheux et en colère, mais je suis plutôt contente d’avoir quelque chose de différent à manger.

— Que voulez-vous dire par quelque chose de différent à manger ?

— Je commençais à en avoir un peu assez du fromage et des crackers.

Il fixa son assiette pendant un long moment.

— Avez-vous concocté d’autres plats pour votre petit-déjeuner ?

— Une omelette. M’avez-vous montré quoi réaliser d’autre ? demanda-t-elle, prenant sa première fourchetée d’œufs brouillés.

Elle s’arrêta, ferma les yeux et soupira de délice. Plusieurs minutes s’écoulèrent tandis qu’elle humait la moitié de son assiette. Mack secoua la tête.

— Je vous ai servi une simple omelette. Et vous en avez préparé vous-même. J’ai les photos dans mon téléphone, que vous m’avez envoyées comme preuves. Je ne vous ai pas montré comment y ajouter des ingrédients ou comment utiliser des œufs pour les transformer en simples œufs brouillés.

Elle opina du chef.

— Ça, c’était facile.

— C’est très facile. Vous m’avez regardé faire.

— Oui, mais le goût n’est pas si quelconque. C’est profond et riche, avec une saveur de fromage.

Elle dévora comme une femme affamée, car, à ce moment, c’était ce qu’elle était. Avant de s’en rendre compte, il ne restait plus qu’une petite portion d’œufs brouillés. Elle la mit sur son toast, leva ce dernier et en avala un premier morceau. Puis elle s’assit confortablement dans son siège en soupirant d’aise, mais considéra le second bout de toast et déclara :

— Je ne crois pas pouvoir le manger.

— Je suggère fermement que vous essayiez.

Mack marcha jusqu’au placard et en sortit le beurre de cacahuètes et la confiture.

Doreen les badigeonna et coupa la tartine en deux. Elle lui en donna la moitié et s’attaqua à la sienne. Il prit sa part et l’engloutit en trois bouchées. Elle l’observa disparaître tandis qu’elle grignotait la sienne.

— C’est le problème avec vous, dit-il. Vous mettez tellement d’efforts dans votre façon de manger que vous avez brûlé toutes les calories avant même qu’elles n’atteignent votre estomac.

Elle ignora sa remarque et savoura lentement comme bon lui semblait. Puis elle saisit son café et s’enquit :

— Alors, qu’est-ce qui vous agace ce matin ?

— Où sont-elles ?

Elle fronça les sourcils, confuse.

— Où sont quoi ?

— Les menottes en satin rose ! lâcha-t-il en grognant.

Elle le regarda et essaya difficilement de ne pas sourire, mais ne pouvait s’en empêcher. Ses lèvres s’étirèrent, et la première note d’un ricanement s’échappa. Et alors, elle éclata de rire. Mack la fixait. Mugs, qui avait été sagement assis aux pieds de Doreen, sauta sur ses pattes arrière et lui adressa un « Ouaf ! » Elle affichait un rictus, mais s’esclaffait encore de façon incontrôlable en s’abaissant pour le câliner. Ensuite, elle perçut un son encore plus étrange. Elle jeta un coup d’œil à Thaddeus perché sur le rebord de fenêtre qui imitait son rire. C’était le caquètement – presque un reniflement – le plus bizarre qu’elle avait jamais entendu.

Finalement, Mack se gaussa à son tour.

— Ouah ! Quelle pagaille on fait ce matin, clama Doreen, en gloussant toujours. (Elle observa Mack et l’interrogea :) Pourquoi vous intéressez-vous à ces menottes ? Vous souhaitiez que je les jette à la poubelle la nuit dernière.

— Je veux les voir, expliqua-t-il.

Tout en ricanant, mais ravie d’accéder à sa requête, elle sauta sur ses pieds et se dirigea jusqu’au placard de l’entrée. Elle en sortit la pile de paniers et ramena celui du dessus afin que Mack puisse découvrir le sac avec les menottes à l’intérieur.

Il le souleva et demanda :

— Vous les avez mises sur une serviette en papier ?

Elle acquiesça.

— Ensuite, je l’ai glissée dans le sac, au cas où quelque chose tomberait.

Il hocha la tête et examina avec précaution les menottes, toujours à l’intérieur du sachet en plastique.

Elle remplit leurs tasses de café puis s’assit, remarquant l’air résigné sur son visage. Elle posa les yeux sur le sac dans sa main, mais il était difficile de le discerner de là où elle était. De plus, la luminosité était faible.

— Que voyez-vous ?

— Des initiales, MP, indiqua-t-il d’une voix lourde et grave.

— Des initiales ? Quoi ? (Elle sauta sur ses pieds et examina de plus près.) Donc on peut les rendre à quelqu’un. Vous croyez vraiment qu’une personne souhaiterait les récupérer ?

— On ne peut pas les renvoyer, à personne, contesta-t-il calmement. Car je suis quasi certain que ces menottes appartiennent à une femme, une prostituée connue en ville, mais qui a disparu il y a environ dix ans.

Doreen le fixa pendant un long moment.

— Mais elles n’ont pas pu être enterrées là pendant tout ce temps.

— Non, je présume que non. Le matériau aurait pourri.

— Alors…

— Alors, nous avons ici un problème avec une preuve non essentielle qui avait disparu du poste de police.

La mâchoire de Doreen en tomba.

— Provenant de votre placard de pièces à conviction ou peu importe ce que vous utilisez pour conserver tous ces trucs-là ?

Mack confirma d’un signe de tête.

— Concernant les affaires classées, on ne se débarrasse pas de tout. Certains commissariats le font quand ils manquent de place. Mais évidemment, si nous essayons encore de résoudre une enquête, nous ne jetons pas les divers indices dont nous disposons.

— Mais ça, c’est une preuve difficilement pertinente, non ?

— En effet, elle a été prélevée durant l’investigation, et il n’y avait aucune empreinte ou quoi que ce soit dessus. Et son sac à main avait été retrouvé dans une allée, près de là où elle bossait généralement. Tout a été photographié, et les copies numériques ont été gardées. Mais le sac et son contenu ont rejoint les pièces à conviction.

— Vous n’aviez toutefois personne à qui les remettre, alors que leur est-il arrivé ?

Il haussa les épaules.

— Ils sont restés parmi les preuves scientifiques pendant un long moment. Puis ils ont disparu. Nous avons supposé à l’époque qu’ils avaient été jetés et que personne ne l’avait indiqué par écrit. Le nettoyage était officiel, donc personne n’en a vraiment été agacé…

Elle le dévisagea, fascinée.

— Alors, vous pensez que ça, ça ne concerne pas sa disparition, qui est probablement un meurtre, mais plutôt quelqu’un qui se serait introduit dans l’entrepôt ou le placard des pièces à conviction ou peu importe comment vous l’appelez ?

— Exactement, confirma-t-il en opinant lentement du chef.

— OK, laissez-moi clarifier. Une femme est supposément assassinée, et vous collectez toutes sortes de preuves. Mais, après les avoir analysés, peu importe qu’ils soient dignes d’intérêt ou pas, vous n’avez personne à qui les rendre, car elle n’a pas de famille. Alors, vous les mettez tous de côté jusqu’à leur vol. Pendant… quoi… Combien d’années ?

— Sept, annonça-t-il lentement. Dans le cas présent.

— Donc des années après la disparition – mais j’appelle ça un meurtre –, quelqu’un jette la boîte… ce qui semble pointer du doigt un membre du département de police. Initialement en tout cas. Mais peut-être que la benne a été dévalisée, et je pense à des enfants qui l’auraient trouvée et bazardée ici, dans le jardin du voisin. Et comme ce n’était pas essentiel dans l’affaire, alors ces gosses n’avaient pas d’importance non plus. Plus de préjudice. Comme si une personne avait dérobé le sac à main en espérant mettre la main sur de l’argent, mais n’ayant rien trouvé, avait simplement balancé le reste.

Mack hocha la tête.

— Mais alors, où est le sac ? Ou, dans ce cas, le reste du contenu de la boîte ?

— Ça pourrait être n’importe où ! En particulier si le sac était de bonne qualité. Le restant ? Possiblement jeté dans les buissons devant lesquels ils sont passés à pied ou en voiture… Cette partie-là, nous ne la connaîtrons sûrement jamais. Et on atterrit dans le jardin de mon voisin, énonça-t-elle. Voyez ? On me joue une farce. Est-ce que quelqu’un ayant travaillé dans la police est lié à Richard ? Ou l’a peut-être détesté ? Ou, comme je l’ai dit au début, ça peut seulement avoir été des gosses curieux…

— Bien sûr que c’est possible. Et plus précisément, ça finit entre vos mains.

Elle gloussa.

— Y a-t-il un moyen de savoir ce qui manque d’autre ?

— Les objets n’étaient pas considérés comme pertinents dans cette affaire. La boîte entière a disparu.

— Mais vous avez une liste de ces articles quelque part, non ?

Mack haussa les épaules.

— On va vérifier ça.

— Et si elle était une prostituée et que ça, c’est lié à… vous savez ? Comme les menottes en satin rose, est-ce que les autres preuves étaient du même acabit ?

Il opina du chef.

— Oui, complètement. De ce que je me souviens.

— Dans ce cas, peut-être que quelqu’un était au courant que la boîte se trouvait là et désirait simplement s’amuser avec ? suggéra-t-elle précautionneusement, pas certaine de savoir le formuler.

— La plupart des gens ne volent pas de sex-toys dans les pièces à conviction de la police. Ni n’en essaient qui ont déjà été utilisés.

— Non. Mais de toute évidence, quelque chose s’est passé. D’autres trucs ont été dérobés ?

— Non. Et la boîte ne constituait pas un élément important dans cette disparition – oui, maintenant, on peut la considérer comme un meurtre après tout ce temps –, donc personne ne s’y est intéressé jusqu’à ce qu’elle se perde. Même alors, c’était pas un drame, ça a seulement irrité mon ami.

— Donc cette boîte a pu être ciblée, mais pourquoi ? Il est plus probable qu’elle ait été jetée et que personne ne voulait avoir d’ennuis, raison pour laquelle on n’en a pas parlé. Puis quelqu’un l’a vue dans la poubelle et l’a récupérée sans savoir ce qu’elle contenait… réfléchit-elle à voix haute.

— Et c’est pour ça qu’on a fini par être au courant, continua-t-il. Trois années ont passé après la première déclaration de la disparition de la personne, nous avons rouvert le dossier, et nous avons tenté de trouver n’importe quoi de nouveau qu’on aurait pu manquer. Il avait été décidé que le contenu de la boîte n’avait aucune valeur. Et elle a été mise de côté.

— Alors, si elle a été volée peu de temps après le compte rendu du département, je pense qu’elle intéressait quelqu’un. Mais… (Elle haussa les épaules.) C’est un vol d’objets sans valeur, et c’est fâcheux, mais ça ne signifie pas que c’est forcément criminel.

— Eh bien, c’est illégal parce que c’est un vol, contesta-t-il sèchement. En particulier quand c’est dérobé au service de police. Mais le dossier d’origine n’est clairement pas en haut de la liste de ceux qui attendent d’être résolus.

— C’est très intéressant, dit-elle. Il semblerait vraiment que les objets ont été simplement balancés. Comme si une personne les avait eus en main avant de les jeter par la fenêtre en passant par-là. Dès lors, en tenant compte de cette hypothèse, pendant toutes ces années – sept depuis la disparition de la boîte –, est-ce que le satin n’aurait pas dû être davantage détérioré ?

— À quel point les menottes étaient-elles proches de la maison ? Est-ce que la bruyère les protégeait ? Où sont les arroseurs automatiques ? Est-ce que les menottes étaient simplement sous les branches, protégées et au sec ? Y a-t-il une raison pour qu’elles ne semblent pas détériorées par la météo ou par le temps ? Je vais les emmener à la police scientifique et voir s’ils en tirent quoi que ce soit.

— Je vous en prie, acquiesça-t-elle.

— Bon, quand vous aurez fini votre café, vous me montrerez l’endroit où vous les avez trouvées.

Elle roula des yeux.

— Bien sûr ! Mon voisin va adorer.

Le bon point, c’était que Richard ne pointerait sûrement pas le bout de son nez. Il était probablement trop embarrassé. Doreen s’y rendit avec Mack et lui désigna l’emplacement exact. Il n’y avait aucun bout de satin dans la bruyère.

— Vous devriez faire quelques photos, suggéra-t-elle. Je n’y ai pas pensé lorsque je les ai tirées de là. Il y avait la chaîne entre les deux menottes, ou peu importe comment vous appelez cette partie qui les relie. Vous pouvez constater que j’ai légèrement creusé.

Mack hocha la tête, prit plusieurs clichés puis lui dit :

— Bien. J’emporte ça et les menottes jusqu’au poste, et je verrai ce que le chef voudra en faire.

— Ça me paraît bien.

Elle resta dehors pendant que Mack s’en allait en voiture, Mugs et Goliath assis à ses côtés. Les deux regardaient Mack tandis que Thaddeus montrait un grand intérêt pour la bruyère. Il tira sur une tige et la jeta sur le sol, puis recommença avec une autre et encore une autre.

— Oh non, arrête ça ! gronda-t-elle. On ne souille pas de jolies plantes comme ça. Surtout quand ce ne sont pas les nôtres.

Elle le posa doucement dans sa main et le plaça sur son épaule. Il couina, outragé, et essaya de retourner près de la bruyère, mais elle ne lui en laissa pas l’occasion. De retour à la maison, elle ferma la porte d’entrée et nettoya la cuisine. Elle s’occupait de petites bricoles.