Déterminants des conflits et nouvelles formes de prévention -  - E-Book

Déterminants des conflits et nouvelles formes de prévention E-Book

0,0
139,99 €

-100%
Sammeln Sie Punkte in unserem Gutscheinprogramm und kaufen Sie E-Books und Hörbücher mit bis zu 100% Rabatt.

Mehr erfahren.
Beschreibung

Faisant suite au volume I « Médiation et Facilitation dans l’espace francophone » et au volume II « Démocratie et élections dans l’espace francophone », parus dans la série « Prévention des crises et promotion de la paix », le présent ouvrage est consacré aux déterminants des conflits et à de nouvelles formes de prévention.

En effet, les instruments de règlement des différends prévus par les chapitres VI et VII de la Charte des Nations Unies, parmi lesquels la médiation, devenue pour ainsi dire concomitante aux conflits, les sanctions, sans oublier la prévention précoce n’apportent que des résultats assez partiels. Et l’on sait que même un accord de paix n’empêche pas la reprise des hostilités dans la moitié des cas et dans les 3 à 5 ans qui suivent.
C’est que les causes profondes de ces conflits n’ont pas été abordées.

Il est devenu impératif de se pencher sur les déterminants des conflits, pris individuellement puis réenchevêtrés en chaînes explicatives de la conflictualité. Ce travail qui s’appuie sur un grand nombre d’études de cas propose une étude de systématisation des déterminants comme tentative de contribution à la doctrine de l’origine des conflits. Il s’agit de passer de la maîtrise passagère des « étincelles » au traitement en profondeur des « barils de poudre ».

Une deuxième partie traite des nouveaux outils, des nouvelles démarches et chantiers, des nouveaux acteurs de la prévention précoce à même de guider notre monde vers moins de conflictualité et davantage de légitimité démocratique, vers une véritable éthique de solidarité. Pour mieux réguler notre « monde sans loi », en toute connaissance de cause.
Une sélection de quelque 60 auteurs, de nationalités et de provenances diverses (Europe, Caucase, Afrique et Amérique du Nord), tous des autorités dans leur domaine de prédilection, donne à ce volume l’aspect d’une somme aujourd’hui sans équivalent dans la littérature scientifique consacrée aux conflits inter et surtout infra-étatiques.

Das E-Book können Sie in Legimi-Apps oder einer beliebigen App lesen, die das folgende Format unterstützen:

EPUB

Seitenzahl: 2151

Veröffentlichungsjahr: 2013

Bewertungen
0,0
0
0
0
0
0
Mehr Informationen
Mehr Informationen
Legimi prüft nicht, ob Rezensionen von Nutzern stammen, die den betreffenden Titel tatsächlich gekauft oder gelesen/gehört haben. Wir entfernen aber gefälschte Rezensionen.



Pour toute information sur nos fonds et nos nouveautés dans votre domaine de spécialisation, consultez nos sites web via www.larciergroup.com.

© Groupe Larcier s.a., 2013

Éditions Bruylant

Rue des Minimes, 39 • B-1000 Bruxelles

Tous droits réservés pour tous pays.

Il est interdit, sauf accord préalable et écrit de l’éditeur, de reproduire (notamment par photocopie) partiellement ou totalement le présent ouvrage, de le stocker dans une banque de données ou de le communiquer au public, sous quelque forme et de quelque manière que ce soit.

EAN : 978-2-8027-4383-5

Cette version numérique de l’ouvrage a été réalisée par Nord Compo pour le Groupe De Boeck. Nous vous remercions de respecter la propriété littéraire et artistique. Le « photoco-pillage » menace l’avenir du livre.

Préface

J’ai toujours tenu à ce que l’expérience francophone en matière de médiation, trop peu connue et étudiée, et notre volonté de consolider durablement la démocratie à travers des élections libres, fiables et transparentes soient pleinement valorisées. J’avais demandé à Jean-Pierre Vettovaglia, ancien représentant personnel du président de la Confédération suisse pour la Francophonie, d’accepter la responsabilité de réaliser deux ouvrages collectifs sous forme d’analyses, de témoignages et de réflexion. Ce furent les volumes I et II, parus en 2010, d’une collection intitulée « Prévention des crises et promotion de la paix », à savoir :

– « Médiation et facilitation dans l’espace francophone : théorie et pratique » (vol. I),

– « Démocratie et élections dans l’espace francophone » (vol. II).

Ces deux volumes démontrèrent que si la médiation était devenue un mode quasi obligé de résolution des conflits, un préalable politiquement convenu concomitant au conflit, elle ne parvenait toutefois pas à imposer systématiquement le silence des armes. Son taux d’échec est important et il est tristement établi qu’un conflit, qui a pourtant fait l’objet d’un accord, a 50 % de « chances » de se rallumer dans les 3 à 5 ans. Les guerres se terminent mais toute paix ne dure pas. La plupart des accords de paix échouent d’ailleurs dans la phase de leur mise en œuvre. Les méthodes sur lesquelles reposent la médiation ne prennent en effet pas suffisamment en compte les préoccupations profondes et les difficultés socio-historiques des protagonistes. Les règlements proposés ne s’attaquent guère aux racines même des conflits. Paul Valéry l’avait déjà exprimé dans un de ses aphorismes saisissants : « Les effets sont si loin des causes que personne ne voit la liaison »…

Aller au fond des choses et traiter le mal par la racine. C’est précisément le sujet de ce troisième volume consacré aux « Déterminants des conflits et nouvelles formes de prévention » que Jean-Pierre Vettovaglia et son comité éditorial ont voulu, en les identifiant individuellement et en essayant d’en restituer les enchevêtrements, traiter en conclusion de cette remarquable trilogie.

Les auteurs offrent en même temps une vision différente de la prévention des crises et des conflits, en proposant un tour d’horizon des nouveaux acteurs, des nouveaux chantiers et des nouveaux outils mis en place par la communauté internationale et les organisations internationales.

L’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) cherche à renforcer toujours plus son action en faveur de la paix, de l’État de droit et de la démocratie au sein de l’espace francophone. De ce point de vue, ce troisième ouvrage de référence est aussi indispensable que les premiers volumes. Je voudrais rendre hommage et remercier personnellement Jean-Pierre Vettovaglia pour son engagement personnel sur cette thématique qui nous tient tant à cœur, ainsi que tous les contributeurs rassemblés une nouvelle fois pour la richesse de leurs analyses et réflexions.

Seule une pleine compréhension des déterminants contribuera en effet à éviter la récurrence des crises et des conflits et qu’il n’y ait plus « d’acte de gouvernement responsable qui ne soit le fruit d’une maïeutique intelligente sur l’époque, les hommes et les événements », comme le disait déjà en 1999 Alpha Oumar Konaré. C’est le sens et l’objectif de l’action politique que je mène au sein de la Francophonie et parce que notre génération a une importante mission à accomplir.

Abdou DIOUF

Secrétaire général de la Francophonie

Remerciements

Cet ouvrage est l’aboutissement de dix-huit mois de travail et le produit de quelque 60 auteurs dont on sait que c’est sur eux, leur compétence, leurs expériences, que repose le succès de cette publication. Ils ont participé à cette entreprise avec un dévouement et un plaisir qui les honorent.

Le président Abdou Diouf, secrétaire général de la Francophonie, nous est resté fidèle après avoir commandité les deux premiers volumes de cette série consacrée à la prévention des conflits et à la promotion de la paix. Il continue en effet à s’associer à notre aventure éditoriale. Outre le soutien financier de son organisation, il a bien voulu nous donner la préface de ce volume comme il l’avait fait pour les deux premiers. Il en va de même de Bernard Cerquiglini, le recteur de l’Agence universitaire de la Francophonie, qui nous a accompagné avec constance.

Qu’ils soient remerciés de leur confiance et trouvent ici l’assurance de ma reconnaissance et de toute mon estime.

Nos principaux mécènes ont été cette fois la Fondation française de l’Ordre de Malte et la Société Total qui ont assuré une large part des frais de fonctionnement et de publication. La présence de leur logo sur la couverture signale l’importance de leur soutien financier. L’Ordre de Malte apporte en particulier une aide humanitaire lors des conflits armés et des catastrophes naturelles et la Société Total démontre son intérêt dans la recherche des causes des conflits. Des remerciements tout spéciaux leur sont adressés.

Ma profonde reconnaissance va aux ambassadeurs de Turquie (Paris), d’Azerbaïdjan (Paris) et d’Arménie (Vienne) qui ont bien voulu soutenir l’éditeur, aussi financièrement, dans la mise en place des dossiers qui concernent leurs relations réciproques. Le soutien de la Principauté de Monaco s’est étendu à ce troisième volume. Je les remercie de leur solidarité.

Parmi le comité éditorial, j’ai pu compter sur les conseils, critiques et suggestions (toujours amicales et constructives) de tous les membres du comité de pilotage. Les encouragements qu’ils m’ont prodigués m’ont permis d’oublier parfois ma « solitude du coureur de fond ».

Notre page de couverture est une œuvre originale de l’artiste français Marc J. Pasini, intitulée « Amalgames », à qui vont mes meilleurs sentiments de reconnaissance et de gratitude.

Je sais gré à Serge Michailof d’avoir bien voulu lire et commenter la contribution sur les enchevêtrements de déterminants. Mes fils, Alexandre et Afshin, m’ont aidé à maîtriser les divers aléas de l’informatique.

Un dernier mot sera destiné à mon épouse, Manigeh, afin de la remercier de tout cœur pour avoir supporté le temps volé, même les week-ends, à concevoir ce volume, à rechercher des auteurs idoines, à lire et éditer leurs contributions ainsi qu’à rédiger mes propres articles.

Introduction

Les Établissements Bruylant à Bruxelles ont publié à l’été 2010, à l’initiative du président Abdou Diouf, secrétaire général de la Francophonie, un ouvrage collectif intitulé Médiation et facilitation dans l’espace francophone : théorie et pratique édité par un comité de pilotage présidé par l’auteur de cette introduction. L’ensemble des contributions a permis de dégager toute une série de conclusions qui, elles-mêmes, ouvrent la porte à de nouveaux développements. Ce sera la thématique du dernier volume de notre trilogie. Après Démocratie et élections dans l’espace francophone (vol. II), voici le volume III : Déterminants des conflits et nouvelles formes de prévention.

L’ouvrage consacré à la médiation démontrait que celle-ci est donc devenue aujourd’hui un outil indispensable dans la prévention et la résolution des conflits internationaux, régionaux ou infra-étatiques. La plupart des conflits récents ont en effet été résolus par la médiation et non par une victoire militaire. Nul ne dispute en effet, et ce à travers toutes les cultures, la nécessité du recours aux voies pacifiques comme mode privilégié de résolution des conflits.

Reste cette constante : les échecs sont plus nombreux que les succès, surtout si l’on considère le résultats des interventions non plus sur le court terme mais sur le moyen et le plus long terme. La leçon est simple : signer un accord de paix ne veut pas dire que le conflit est éteint et que la paix sera durable. Les guerres se terminent mais toute paix ne dure pas. En Afrique, la plupart des accords de paix ont d’ailleurs échoué dans la phase de leur mise en œuvre. Il est ainsi avéré que dans 50 % des cas, les conflits se rallument dans les trois à cinq ans.

La prévention des conflits est donc l’une des principales obligations énoncées dans la Charte des Nations Unies et la responsabilité première en incombe aux gouvernements membres.

Bien sûr que le maintien de la paix et de la sécurité dans le monde requiert idéalement un environnement propice à l’émergence d’une culture de dialogue et de prévention rapide des conflits. Ce n’est pas le cas aujourd’hui où les États affichent souvent leur bonne volonté pour mieux dissimuler leur mauvaise foi, leurs partis pris ou leur impéritie. Passer d’une culture de réaction aux crises qui s’étendent à une vraie culture de prévention risque toutefois de rester longtemps un voeu pieux pour la communauté des États. L’espoir exprimé par le secrétaire général d’une médiation précoce est certes une aspiration légitime et politiquement très correcte mais elle se heurte à la réalité des conflits.

La médiation onusienne a d’ailleurs bien davantage été utilisée pour contenir un conflit déclaré et déjà bien en cours plutôt que pour une 10.000 victimes.

En conséquence, la bonne volonté apparente des États membres reste souvent incantatoire et la volonté politique d’adopter une approche véritablement systématique de la prévention précoce des conflits ne s’est ainsi pas encore matérialisée… Il est vrai que nous mesurons avec effarement les dérives qui accompagnent aujourd’hui un certain naufrage de l’esprit dans l’analyse que font les hommes politiques actuels des crises en cours.

Le sentiment qui domine dans la communauté internationale et plus encore dans l’opinion publique mondiale, alertée par les médias, est celui de l’urgence.

Nous ne retiendrons pas les théories de ceux qui veulent « donner sa chance à la guerre »1 ou qui voient dans les interventions extérieures un gel sans solution des conflits et considèrent que les guerres peuvent au contraire engendrer des solutions durables par la victoire de l’une des parties sur l’autre.2 Nous pensons par contre que la communauté internationale ne se donne pas la peine, ni le temps, ni les moyens de vouloir vraiment solutionner les conflits qu’elle s’attache souvent à essayer de résoudre. Dans ce monde « instable, imprévisible et contradictoire »3, elle-aussi manque de temps, de patience et de moyens pour aller au fond des choses, pour identifier les vrais déterminants des conflits et apporter des solutions durables.

Les différences idéologiques interviennent inévitablement dans la perception même des problèmes et de leur urgence. La question des mœurs et des modes de vie fait rejaillir sous une forme aggravée des clivages religieux et identitaires, des politiques de prosélytisme ou de fermeture. En plus intervient la dialectique des passions comme le mépris ou l’humiliation, la volonté de reconnaissance ou de revanche, de peur ou d’envie, de cruauté ou de compassion4.

La médiation devrait se garder de signer des accords trop hâtifs sous la pression de l’extérieur ou d’appliquer des solutions qui ne résolvent pas vraiment les causes profondes du conflit.

Les médiations déployées par les États et les organisations internationales intergouvernementales ont donc tendance à se concentrer davantage sur les solutions à apporter au conflit sur le court terme plutôt que sur la durabilité du processus de paix lui-même. S’il y a péché, c’est de croire que les accords obtenus dans la hâte présentent un quelconque caractère de pérennité. Il ne faut les considérer que pour ce qu’ils sont en réalité : des accords de cessez-le-feu perfectionnés, des arrangements politiques provisoires et souvent illusoires.

Concevoir la médiation comme un processus devant s’inscrire dans la durée devrait s’imposer dans toutes les situations de crises ou de conflits si l’on veut que les causes profondes qui les ont provoquées puissent être traitées.

De l’étude des schémas à appliquer à la médiation classique et du type des textes d’accords à proposer, il s’agit de passer à l’examen des vraies causes, des racines mêmes, des crises et des conflits interétatiques et surtout intra-étatiques. Seule la pleine compréhension des déterminants de ces conflits évitera leur récurrence. Même si Paul Valéry, qui se trompe en l’occurrence, estime « que la recherche des causes est le plus grand vice de l’histoire ».5