Erhalten Sie Zugang zu diesem und mehr als 300000 Büchern ab EUR 5,99 monatlich.
Vladock, accompagné de son fidèle robot Alfred et de son équipe de hors-la-loi, commence à entrevoir la véritable histoire de la Terre : histoire bien différente de celle professée dans les écoles du Ram Fractal. Son unique espoir, les archives stellianes. Alors que l'étau se réduit sur eux, arriveront-ils jusqu'à l'Empereur ? Par viendront-ils à éclaircir les ombres du passé ?
Sie lesen das E-Book in den Legimi-Apps auf:
Seitenzahl: 492
Veröffentlichungsjahr: 2023
Das E-Book (TTS) können Sie hören im Abo „Legimi Premium” in Legimi-Apps auf:
Stéphane RIBERA
DIWARH´YA
2. LES OMBRES DU PASSé
Roman
Du même auteur
Diwarh’ya, l’âge noir du passé, Tome 1
Cet ouvrage a été imprimé en France par Copymédia
Et composé par Les Éditions La Grande Vague
3 Allée des Coteaux, 64340 Boucau
Site : http://editions-lagrandevague.fr/
ISBN numérique : 978-2-38460-091-5
Dépôt légal : Mars 2023
Les Éditions La Grande Vague
AVANT-PROPOS
Si vous lisez ces lignes, c’est sans nul doute que vous avez aimé les précédentes aventures de Vladimir et de ses « potos » de la Galaxie. Je vous rassure tout de suite, vous allez aimer la suite. C’est aussi que mes éditeurs, Natali et Yves Roumiguières, les créateurs des éditions « La Grande Vague », ont gagné leur pari : à savoir proposer à ses lecteurs des romans ni trop gros, ni trop petits ; des livres qui ne vous déboîtent pas une épaule ou ne vous filent pas un lumbago quand vous les attrapez sur une étagère de bibliothèque. Au début, ce format n’était pas évident pour moi ; ce deuxième opus était originellement intégré au premier livre et formait le premier bloc de la saga Diwarh’ya, un monstre de plus de 650 pages.
Malgré tout, les deux livres constituent toujours ce bloc et c’est pour cette raison que les chapitres se suivent entre les deux volumes. Le premier, l’Âge noir de la Terre, vous a permis de découvrir un monde aussi riche que bigarré avec des personnages hauts en couleur. Le deuxième, les ombres du passé, va vous plonger dans une intrigue qui devrait faire naître en vous une multitude de questions.
Tout comme dans la première partie, pour une meilleure immersion dans le monde de Diwarh’ya, outre le who’s who et le lexique, présents en fin d’ouvrage, vous pouvez consulter et télécharger des cartes sur le site qui reprend l’univers du roman, à l’adresse ci-dessous.
Diwarhya.com\Le monde\Atlas galactique
Diwarhya.com\Le monde\La Terre et la Lune
Trop denses et détaillés, elles sont définitivement inadaptées au format du livre alors une fois encore, n’hésitez pas à visiter le site.
Bonne lecture !
Stéphane RIBERA
Pour Brigitte,
qui est partie danser avec les étoiles.
26La Vipère dorée
Au bout de trois tentatives, Vladimir parvint à renouer le contact avec son ami.
Destrex regarda Vladimir et déclara :
Ce dernier interrompit la communication et se rapprocha discrètement de Boubaka qui, caché derrière un large bureau renversé lors du tumulte de l’évacuation, scrutait les mouvements dans la salle du casino.
Il remit en marche son communicateur.
Les deux intéressés, après avoir reçu l’information de Mad Sex, se postèrent de part et d’autre de la grande porte du hall. Ils rangèrent leurs fusils dans leurs holsters dorsaux et, sortant des armes de plus petit calibre, s’élancèrent brusquement dans le couloir de l’entrée en criant comme deux barbares en furie.
Les robots, même s’ils étaient dotés de réflexes hors du commun furent surpris par l’entrée des deux combattants.
Destrex bondissait comme une balle de caoutchouc, katana magnétique dans la main droite et lançant à intervalles réguliers des shaken explosives de la main gauche. Les robots qu’il touchait explosaient à chaque impact victorieux. Destrex virevoltait en exécutant des sauts périlleux successifs et à chaque fois, il découpait un bras par ci, une jambe par là et de temps à autre, une tête de robot.
Vladimir, lui, avait dégainé deux pistolets antimatière. Il progressait d’une manière moins impressionnante que Destrex, mais malgré tout avec dextérité et précision. Chaque tir qu’il effectuait atteignait quasi immanquablement sa cible et lorsque le rayon d’antimatière touchait quelque chose, robot ou mobilier, une forte décharge d’énergie explosait en provoquant de lourds dégâts.
Après avoir parcouru le hall, ils pénétrèrent dans la salle du casino et obliquèrent sur la gauche pour rallier la position de leurs deux collègues, continuant à éliminer des robots dont les réactions semblaient curieusement toujours avoir un temps de retard sur les deux hommes.
Par contre, les deux chefs robots du Département V entrèrent en action dès l’entrée des deux rebelles. Le dénommé Eliminator, un cyborg de deux mètres trente, fixait les deux hommes de ses yeux rouges et se mit à tirer à l’aide d’un gros fusil mitrailleur blaster qu’il tenait d’une seule main et d’un pistolet électronique de gros calibre. Le deuxième cyborg, Exterminator, était encore plus grand et devait mesurer près de deux mètres quarante. Sur ses deux avant-bras étaient greffées des petites batteries énergétiques articulées qui alimentaient deux prothèses internes, des canons implantés dans les avant-bras.
Quant aux trois membres de la Guilde des marchands, leurs avant-bras gauches consistaient en deux grosses prothèses externes qui étaient des canons de soixante centimètres de long pour un diamètre de douze centimètres, ce qui en faisait des prothèses laser de calibre dix, calibre qu’on avait plus fréquemment l’habitude de trouver sur un véhicule de combat.
Les cinq ouvrirent le feu quasi instantanément lorsqu’ils remarquèrent l’entrée des deux rebelles, mais ne purent les toucher et cela grâce à un champ de force déviant que Destrex avait lancé. Les renégats parvinrent jusqu’aux deux autres, retranchés, et se jetèrent dans le bureau.
Destrex leur lança deux fusils imposants et ils se préparèrent tous à refaire une sortie. Mad Sex regarda le contenu du sac et eut l’air satisfait. Pour le moment, ils restaient plaqués au sol et subissaient un feu nourri provenant des assaillants.
Ils s’élancèrent lorsqu’ils notèrent une courte accalmie dans le déluge de feu qui s’abattait sur le bureau. Mad Sex jeta une première grenade fumigène qui masqua leur sortie et Vladimir usa de ses deux pistolets antimatière pour créer la confusion dans les rangs du Ram. Ils filèrent vers une cage d’escalier qui permettait de monter dans les niveaux supérieurs.
Vladimir, surpris par la vitesse de son camarade, l’interpella :
Ils venaient d’entrer dans la cage d’escalier latérale qui menait à la deuxième mezzanine. Ils grimpaient les marches quatre à quatre.
Une terrible déflagration retentit. L’onde de choc ébranla le bâtiment et pulvérisa la coupole du grand casino. À l’abri, sur un palier, ils ressentirent quand même fortement les effets du souffle de la détonation.
Ils faillirent même perdre l’équilibre, mais parvinrent sans encombre à l’étage. Ils sortirent sur la mezzanine et approchèrent de la balustrade d’où ils jouissaient d’une vue d’ensemble sur toute la salle dévastée. L’explosion avait généré une impulsion électromagnétique qui avait temporairement mis hors service les robots du Ram, et les quatre hommes en profitèrent pour ouvrir le feu sans sommation sur l’ensemble des robots encore debout. Deux des membres de la branche spéciale B de la Guilde des marchands ainsi que le cyborg portant le nom d’Eliminator avaient été littéralement pulvérisés sous la force de l’explosion.
Les quatre hommes essuyèrent alors plusieurs rafales provenant des deux derniers cyborgs encore sur pied. La puissance des tirs était telle que, malgré le mur invisible de protection qu’avait mis en place Destrex, les rafales traversèrent le plancher de la mezzanine et touchèrent Vladimir ainsi que Boubaka. Vladimir reçut un tir qui réussit à pénétrer son champ de force et perfora finalement sa flexi-armure. Il fut touché à la poitrine et tomba à la renverse, mais ne perdit pas conscience. Boubaka, lui, hurla lorsque son bras gauche fut arraché sous l’impact.
Ils durent rebrousser chemin et décidèrent de monter plus haut dans les étages, car des renforts composés de combattants de la mort venaient d’arriver dans la salle et commençaient à escalader les gravats. Ils allaient reprendre les escaliers lorsque Vladimir attrapa au hasard une des grenades du sac de Mad Sex et la lança vers le bas de la salle.
Ils s’engouffrèrent dans la cage d’escalier et à nouveau une énorme explosion secoua la structure du bâtiment. Le plafond au-dessus d’eux se lézarda et un gros bloc de béton se détacha soudainement. Destrex eut à peine le temps, grâce à une télékinésie majeure, de ralentir et détourner la trajectoire du bloc d’une tonne qui aurait pu les écrabouiller.
Ils accédèrent à la salle principale de surveillance du casino. Les opérateurs étaient partis précipitamment et avaient tout laissé en place. Sur les écrans de surveillance, plus rien n’était visible car les deux grenades successives avaient grillé les caméras.
Au même moment, Kevin, Valène, Natacha et les deux hommes qui avaient été libérés étaient rentrés sur le Sogot en compagnie d’Alfred. Ce dernier avait commencé à faire des préparatifs en vue d’un probable décollage en urgence. Tous à bord du vaisseau pensaient que les rebelles allaient bientôt débarquer, pourtant, au bout d’une demi-heure, il n’y avait toujours personne en vue et ils tentèrent d’entrer en contact avec eux, mais sans succès.
Dans la salle de contrôle plongée dans la pénombre, Mad Sex et Destrex avaient déplacé du mobilier pour bloquer les deux accès principaux pendant que Vladimir, de son côté, s’était arrangé pour abaisser les volets de protection sur toutes les fenêtres. Destrex avait également plongé Boubaka dans un état léthargique en attendant une meilleure prise en charge. Ils s’apprêtaient tous les trois à tenir un siège, mais n’étaient pas dupes. En fonction des forces que jetterait le Ram dans la bataille, la durée de ce siège pouvait tomber à quelques heures, tout au plus.
Pendant la discussion, Kevin et Valène étaient restés derrière Alfred, mais leurs visages s’étaient décomposés au fur et à mesure de ce qu’ils avaient entendu.
Les yeux de la jeune fille se mirent à briller, se remplissant de larmes, tandis que Kevin restait silencieux.
Vladimir reprit au bout d’un instant :
À ces mots, une explosion se répercuta dans les enceintes du Sogot.
Il y eut un blanc.
Les secondes s’égrenèrent lentement et finalement, derrière la porte barricadée, une voix forte et claire de femme se fit entendre :
Destrex fit alors un petit signe discret à ses deux acolytes qui allèrent retirer une lourde armoire barrant l’entrée. Ils déverrouillèrent le loquet de la double porte et reculèrent dans le fond de la salle.
Une grande femme au doux visage et à la longue chevelure roux flamboyant pénétra dans la salle, flanquée de deux Mantaa en tenue de prêtres de l’Horizon inversé, une puissante caste de sages combattants.
Il y eut plusieurs échanges de regards successifs entre les trois hommes et la jeune femme.
Mais ils n’eurent pas le temps d’esquisser le moindre mouvement, car sous l’effet d’une force inconnue, ils s’écroulèrent tous les trois lourdement au sol.
La chasseuse de primes se tourna vers ses deux acolytes.
Elle activa, à son oreille, un émetteur la mettant en relation avec les forces de sécurité de Titan.
Les corps des quatre hommes s’élevèrent au-dessus du sol comme par magie et se déplacèrent dans le sillage des deux Mantaa.
La chasseuse de primes et son escorte quittèrent l’hôtel en passant devant une foule importante qui s’était massée depuis plusieurs heures autour du bâtiment, malgré les cordons de sécurité installés par les autorités de la planète. Ils se rendirent à l’astroport où était parqué le vaisseau de Vladimir.
Une fois arrivée devant l’astronef, la chasseuse de primes utilisa un petit dispositif pour augmenter le volume vocal et appela :
Contre l’avis de Kevin et de Valène, qui protestaient avec virulence, Alfred ouvrit la soute. Ils descendirent alors en compagnie de Natacha et trouvèrent les corps de Vladimir, Destrex, Mad Sex et Boubaka étendus sur les plaques de métal constituant le sol.
Valène et Natacha se précipitèrent sur Vladimir dont la plaie à la poitrine était encore un peu saignante, mais largement cautérisée, et Kevin, voyant cela, devint tout rouge et se précipita vers la guerrière en essayant de la frapper.
Elle esquiva son attaque avec une dextérité surprenante et, en une fraction de seconde, le ceintura en lui plaquant fermement son bras sur la gorge.
Elle desserra légèrement son étreinte tout en donnant des ordres pour que ses acolytes menottent et ligotent les prisonniers dans la partie avant du vaisseau. Toujours en tenant fermement Kevin par le cou, elle mit en joue Natacha, Valène, Alfred ainsi que les deux marchands qui avaient été sauvés des griffes des sbires de la Dafia.
Ils grimpèrent tous dans le cargo de Vladimir. Un des Mantaa avait pris les commandes du vaisseau et décolla, suivi de près par le vaisseau de la chasseuse de primes et de son équipage. Gabriella était assise avec les prisonniers face à Natacha, Valène et Kevin qui la fusillaient des yeux. Elle soutint leur regard d’un air amusé et, au bout de longues minutes, déclara :
Les quatre hommes, qui avaient été installés sur les banquettes à proximité, reprirent alors leurs esprits et Mad Sex fut le premier à bafouiller quelques mots confus.
La rouquine se leva et se planta devant les quatre hommes.
Natacha, Valène et Kevin étaient très surpris par ce début de déroutante discussion. Alfred, lui, était resté impassible, lorsque Gabriella lui avait demandé d’ouvrir l’accès au vaisseau, il avait reconnu cette voix à la gouaille particulière.
La jeune femme se déplaça et alla lentement s’assoir sur les genoux de Destrex en remuant langoureusement son postérieur.
Valène ouvrit de grands yeux, tourna la tête vers Natacha et Kevin qui semblaient tout aussi surpris qu’elle.
Ghafnie se releva, appuya sur l’écran de sa montre et les liens magnétiques des quatre hommes se rétractèrent.
Ils se tapèrent dans les mains et rigolèrent.
Ils se quittèrent non sans avoir, au préalable, échangé moult accolades et embrassades.
Kevin fit la moue. Il était tombé sous le charme de cette femme à poigne et il était tout pensif. Il soupira, puis en se retournant, il remarqua à travers l’armure de Vladimir la blessure qu’il avait au thorax. Sa figure se décomposa soudain.
Valène s’approcha, et à son tour elle fut surprise par la blessure qui n’était pas visible au premier abord. Elle mit ses deux mains sur sa bouche et s’exclama :
Une fois la flexi-armure ôtée, les deux adolescents virent alors la blessure en détail et malgré l’aspect sanguinolent et brûlé du stigmate, ils scrutèrent et remarquèrent un détail qui les surprit encore plus que la blessure elle-même.
Vladimir rigola de bon cœur.
Mad Sex enchaîna :
Les enfants et Natacha rigolèrent en voyant la tête outrée de Destrex.
Mad Sex s’installa confortablement dans un des sièges du carré de repos.
Kevin fut surpris.
Vladimir apporta une précision.
Vladimir rigola de bon cœur en s’éloignant pour aller se faire soigner au tout nouveau bloc médical qu’il avait fait installer, lors de la réfection du Sogot sur Cérès.
Il y rejoignit ainsi Boubaka qui s’y trouvait déjà.
Ce dernier avait été placé par un des adjoints de Ghafnie dans la super médicab de troisième génération pour y recevoir un traitement préventif préalable à son amputation. Ensuite, iln’aurait même pas besoin de recevoir une future greffe, car la médicab allait peu à peu reconstituer son bras à l’aide d’un système de bio reconstruction cellulaire. Anthrax se situait à sept mille cinq cents années-lumière de la Terre et le voyage en Warp allait durer un peu plus de neuf jours, temps largement suffisant pour que l’opération soit menée à terme. Dans quelques jours, Boubaka aurait retrouvé un bras tout neuf et disposerait même de quelques gadgets cybernétisés qu’Alfred allait lui implanter. Mais pour le moment, ce dernier avait repris les commandes du vaisseau et suivait le navire spatial de Ghafnie jusqu’aux limites administratives du système solaire, juste après la sphère de Oort. Sur les instructions de Destrex, il mit ensuite le cap vers la planète Anthrax.
Mad Sex et Destrex s’enquirent alors de l’état de santé des deux marchands qu’ils avaient sortis des geôles de la Dafia. Ils avaient eux aussi subi des sévices et des privations qui laisseraient des traces pendant quelque temps. L’un deux était le gérant d’un gigantesque centre commercial de la banlieue ouest de York sur Short Island, tandis que le deuxième dirigeait une chaîne de confection vestimentaire sur Tasseline, une colonie indépendante avagonos. Ils discutèrent longuement avec eux durant le trajet qui les emmenait vers Anthrax, recueillant des informations que leur ami Vladimir pourrait sûrement exploiter à l’avenir.
Les neuf jours qui suivirent se passèrent sans encombre, et finalement ils sortirent du boyau hyperdimensionnel et se retrouvèrent devant une grosse planète flottant dans l’océan cosmique, avec en toile de fond une nébuleuse majestueuse, flamboyant sous l’intense rayonnement de l’étoile η Carinae2.
*
Quelque part sur la face cachée de la Lune, parmi une des nombreuses bases du Ram Fractal disséminées sur la surface de l’astre invisible aux yeux des terriens, Yxio et Lyssia, sous leur forme stelliane, rentrèrent dans un gigantesque atelier où s’alignaient, pêle-mêle, des châssis de véhicules endommagés, des dizaines de modèles de robots en tous genres attendant des réparations et des structures aux formes variées dont les fonctions semblaient obscures. Une multitude de robots réparateurs s’affairaient à remettre en état tous ces objets.
Ils rejoignirent deux autres personnages qui se tenaient près d’un large établi industriel, d’où partaient des poutrelles métalliques etdes fagots de câblages. Sur ce plan de travail gisait une carcasse de cyborg humanoïde très endommagée, coupée en deux au niveau du bassin.
Une de ces deux personnes se tenant debout près de la table de travail leur ressemblait légèrement ; elle était métissée, mélangeant des traits terriens et des traits stellians. Pourtant, de larges parties de son visage présentaient des boursouflures et des cicatrices de sang séché. Ses yeux étaient d’un noir profond et accentuaient la rudesse de ce visage repoussant.
La deuxième personne n’était autre que l’être ténébreux qui avait échangé avec la reine vilmol. Après avoir été salué par ses deux sujets, il prit la parole avec une voix sourde et semi-métallique :
Ken-Yoa actionna la mise en route du lecteur vidéo et une image holographique en trois dimensions, d’une netteté impeccable, se matérialisa devant le groupe.
On pouvait aisément distinguer, derrière les vitres d’un établissement ressemblant à un restaurant, un groupe de personnes attablé autour d’un petit-déjeuner. L’entité sombre s’approcha de l’image et demanda de sa voix gutturale :
La voix de l’entité claqua en coupant net la déclaration de son subalterne :
Un filament d’une noirceur qui contrastait avec la lumière environnante jaillit soudainement de l’entité et vint se ficher dans la nuque de Ken-Yoa. Ce dernier eut un spasme de douleur et perdit tout contrôle de lui-même. Il actionna involontairement les commandes du lecteur vidéo qui effectua un zoom sur Kevin et Valène.
L’entité demanda alors :
Les deux stellians hésitèrent.
À nouveau, l’entité noire sembla grossir et coupa la parole de son interlocutrice :
Les deux sujets-esclaves de l’entité ne pouvaient pas voir ce que cette dernière avait aperçu pendant un court laps de temps : une aura particulière qui entourait Valène, encore plus intrigante pour elle que celle qu’elle avait pu déceler quelques instants auparavant autour de Kevin.
L’entité lâcha Ken-Yoa en ramenant à elle son filament et se dématérialisa sans un mot. Lyssia et Yxio rattrapèrent leur collègue avant que ce dernier ne tombe au sol. Il était proche de perdre connaissance.
Il parla d’une voix faible et tremblante :
Les deux autres se regardèrent et ne surent quoi penser de cette déclaration. Cette peur dont parlait Ken-Yoa sembla les contaminer et cela les mit mal à l’aise. Ils restèrent ainsi pendant plusieurs minutes au beau milieu de l’entrepôt, parmi les carcasses, les robots et le bruit obsédant du fonctionnement de toutes ces machines.
*
Sur un des nombreux vaisseaux spatiaux de l’organisation des pirates de l’espace, Kurt Slamagor dirigeait un conseil d’administration composé de plusieurs de ses capitaines ainsi que d’une ribambelle de représentants des colonies pirates. Ils étaient au nombre de quinze, richement habillés et arborant des mines aussi patibulaires que rayonnantes. Lors d’une pause pendant cette réunion semestrielle, un serviteur-esclave pénétra dans la salle et s’approcha du maître de cérémonie.
Elle pénétra dans la grande salle de réunion aux lumières lugubres, salua les différents participants et s’avança vers son supérieur.
Il attrapa un verre et lui servit une rasade d’alcool fort. Elle se saisit du gobelet et huma les vapeurs du breuvage tout en sentant sur elle le poids du regard de Slamagor.
Le visage plutôt jovial de Kurt changea brusquement et il se cala au fond de son siège.
Elle vida sa coupe. L’eau de vie de mirabelle lui brûla le fond du gosier.
Slamagor ouvrit grand son œil droit. Il était visiblement surpris par cette annonce.
Il ricana amèrement. Des murmures de réprobation couraient parmi les participants.
Piquée au vif et quelque peu déstabilisée par la remarque désobligeante de son chef, elle se ressaisit, ravala sa fierté et planta son regard dans celui de son supérieur.
Elle prit une profonde inspiration, se leva, se plaça face à son supérieur et fit un pas en arrière.
Slamagor se leva, fit un pas Uriya et posa sa puissante main sur l’épaule de sa lieutenante.
Il fit un signe de la main en montrant la sortie.
Elle tourna les talons et se dirigea vers la sortie de la salle sous les regards curieux et les quolibets de certains des responsables. Elle entendit alors Slamagor qui lançait :
Humiliée une nouvelle fois, elle marqua un temps d’hésitation, serra les dents et se remit en marche.
27Anthrax City
FICHE SIGNALÉTIQUE D’ANTHRAX
Type
Diamètre
Pesanteur
Densité
Rotation
Inclinaison équatoriale
Albédo
Écarts de température
Atmosphère
Terraformation
Satellites naturels
Distance (km)
Distance (UA)
Révolution
Diamètre apparent Obevax
Planète tellurique
14202 km
1,06
5,11
24 h 22 m
2° 07’
0,44 (44 %)
-40 à 55 °C
N2, O2
Achevée
2
128 944 500
0,8619
292 j 10 h 45 m
40’30”
Habitations
Astroports types
Population
Races (humains)
Races (E.T.)
Niveau technologie
Importations
Exportations
Gouvernement
Niveau d’insécurité
Niveau de liberté
Indice de légalité
Statut
Tous types, toutes tailles
Usine du Ram désaffectée
SIM C, M et P
745 740 000 habitants
68 %
32 %
10
Nourriture, biens
Minerais, biens
République anthracéenne
13 %
6
13
Colonie indépendante
Fiche signalétique type de la guilde des baroudeurs : Anthrax.
1 - Retour au bercail.
Anthrax était une grosse planète tellurique. D’un diamètre de quatorze mille kilomètres, ce fut une des premières colonies du gouvernement terrien à être terraformée en 2810. Toutefois, son administration s’était peu à peu révélée extrêmement complexe et, du coup, le Ram avait délaissé cette planète au fil du temps. Les rebelles avaient vite compris qu’ils pourraient, de manière opportune, implanter des bases arrière sur ce gros caillou orbitant autour d’une belle étoile blanche répondant au nom d’Obevax.
Après avoir acquis son autonomie en 2890 avec l’implantation d’un gouvernement transitoire, associant les forces robots du Ram fractal et des humains expatriés, la planète avait finalement obtenu son indépendance en 2965 après plusieurs mois de troubles.
Avec une population totale de près de sept cent cinquante millions d’habitants dont les humains représentaient une proportion de soixante-huit pour cent, Anthrax était une colonie importante. Ses revenus provenaient principalement des cultures céréalières, de la pêche, de l’élevage, de l’exploitation de nombreuses mines de métaux et de certains bois précieux.
La planète présentait un vaste continent du nom d’Axe, qui se composait de quatre grandes péninsules se réunissant en un point central formant un grand « X ». Les bras du « X » formaient des péninsules qui étaient elles-mêmes entourées de quatre mers qui bordaient l’Océan des Antipodes, énorme masse liquide où il ne faisait pas toujours bon naviguer, compte tenu des énormes tempêtes qui s’y déclenchaient de manière difficilement prévisible.
La grande capitale de la planète, Anthrax City, était nichée au niveau de l’équateur dans une large vallée boisée, au milieu de laquelle s’écoulaient lentement les eaux scintillantes d’une rivière qui descendait depuis le nord en trois cascades successives. Au nord de l’agglomération, une ville haute, comparable à celle que Kevin et Valène avaient découverte à New Parisse, s’élevait dans les airs. Au sommet, Destrex possédait une maison spacieuse de près de trois cents mètres carrés. Elle avait été mise à sa disposition par l’ancienne présidente alors qu’il en était le garde du corps en chef, et cela peu de temps avant qu’éclatent les évènements connus sous le nom de « deuxième révolution d’Anthrax ».
Dans les faubourgs d’Anthrax City, Vladimir disposait quant à lui d’une modeste maison. En dessous de celle-ci, il y a un peu plus de sept ans, il avait construit un grand centre de recherche en biologie réplicative, vestige d’une époque où les révoltes étaient monnaie courante sur la planète. En plus de cela, il possédait une chaîne de magasins d’armes et d’équipements divers dont le siège se situait à Rodville, une ville de moyenne importance à une centaine de kilomètres d’Anthrax City.
Il devait être 16 h 00 ce 21 juillet 2980 et Obevax était encore haut dans le ciel. La température avoisinait les trente degrés et une légère brise rendait cette température extrêmement agréable à supporter. Après avoir posé le « Sogot II »sur l’astroport d’Abougal, le gros centre spatial de la capitale qui jouxtait la forêt tropicale du même nom, ils confièrent Boubaka N’jobbo aux services médicalisés de la présidence en le remerciant chaleureusement de son aide. Ils permirent aux deux marchands rescapés de rejoindre leurs délégations et leurs familles qu’ils avaient pris soin de prévenir puis commandèrent un taxi-bus antigrav qui décolla rapidement et fila vers la ville haute. La circulation était assez dense à cette heure de la journée, mais relativement fluide. En s’approchant de la ville haute, Kevin et Valène, une fois de plus, furent impressionnés par l’imposante structure citadine.
Le bus volant se posa devant un large portail noir en fer forgé qui s’ouvrit sur une commande vocale de Destrex. Ils s’engagèrent dans une allée de graviers et longèrent une bordée d’arbres taillés, semblables à des buis. Finalement, ils se retrouvèrent devant une vaste maison de plain-pied entourée d’essences d’arbres imposants.
Une fois à l’intérieur, et après avoir traversé le hall d’entrée, ils débouchèrent sur un spacieux salon de quatre-vingts mètres carrés, richement décoré, qui donnait sur une terrasse et une grande piscine dont l’eau scintillait sous les rayons de l’astre anthracéen.
Il se mit illico à se dévêtir en boitillant et en manquant de perdre l’équilibre sous les yeux surpris de ses amis. Une fois qu’il fut en slip, il courut et sauta dans l’eau de la piscine en faisant une bombe et en éclaboussant les pourtours du bassin.
Pour cette première journée sur une planète où ils n’étaient pas obligés de se retourner à chaque bruit suspect et où chaque personne rencontrée n’était pas forcément un espion à la solde du Ram Fractal, ils prirent le temps de s’installer, de se détendre et de se restaurer. Ils savourèrent enfin un repos bien mérité.
Le lendemain matin, Obevax apparut peu à peu à l’est et darda radieusement ses rayons sur toute la vallée d’Abougal et sur la gigantesque structure de la ville haute qui brillait de mille feux. La journée s’annonçait belle et Natacha emmena Valène, comme elle le lui avait promis la veille, faire la tournée des magasins. Kevin flemmarda longuement au lit ainsi que Mad Sex qui avait du sommeil en retard et qui, la veille, s’était endormi comme une masse dans un des hamacs du jardin. Il ronflait encore au petit matin et concurrençait les oiseaux-plumes qui étaient pourtant connus pour être relativement bruyants.
Vladimir et Destrex, toujours très matinaux en toute circonstance, avaient pris leur petit-déjeuner ensemble et avaient reparlé d’un partenariat possible avec les deux marchands qu’ils avaient sauvés lors de l’opération sur Titan. Vladimir en avait d’ailleurs profité pour confier à Destrex son souhait : mettre en place un projet basé sur l’éventualité et l’opportunité de créer un système indépendant de protection des marchands. Devant la surprise et le peu d’emballement de Destrex, il n’avait pas trop insisté. Pourtant, lorsque son ami était parti pour suivre quelques-unes des affaires qu’il avait à régler, il prit le temps de poser à plat toutes les idées qui lui venaient sur la faisabilité de ce projet.
Les trois jours qui suivirent se passèrent sans encombre. Chacun vaqua à ses occupations, qu’elles soient professionnelles ou personnelles, mais le 23 juillet fut un jour particulier, car Valène, qui s’était confiée à Natacha lors de leur journée de magasinage, fêtait ses seize ans. Ils lui préparèrent une petite fête où elle fut couverte de cadeaux, mais cela n’empêcha pas certains souvenirs douloureux de remonter à la surface. Valène était constamment tiraillée entre la joie et la tristesse, entre l’envie de vivre et la mélancolie oppressante du passé qui faisait naître des idées malsaines. Et depuis qu’elle avait vécu cette expérience près du vaisseau abandonné, elle sentait son corps changer. Ce n’était pas simplement le fait de sortir de l’adolescence, mais plutôt cette sensation bizarre de ressentir et de voir des choses qu’elle seule pouvait appréhender.
Durant ces trois jours, Vladimir s’était également affairé à visiter plusieurs de ses magasins, profitant de l’occasion pour faire quelques cadeaux à quelques-uns de ses employés qu’il ne voyait qu’occasionnellement. Il avait aussi pris le temps de rassurer Natacha sur la perte de son entreprise de York en lui proposant de travailler sur Paradis où il avait, l’année passée, racheté un gros garage de mécanique spatiale. L’affaire était en train de végéter et avait bien besoin de quelqu’un comme Natacha pour la remettre à flot.
Le quatrième jour, par un après-midi pluvieux, après avoir dégusté une darne de Baratmon cendré, Vladimir emmena ses amis dans sa maison du quartier des belles collines sous laquelle se trouvait son laboratoire secret. En son absence, ce qui était le cas la majeure partie de l’année anthracéenne, la maison était occupée par Racquella Meyer, une amie qui, avec lui, avait participé à la révolution d’Anthrax.
Lorsque Vladimir sonna à l’interphone de sa maison, au niveau du portail plein, il posa la main sur la caméra et fit un clin d’œil aux autres.
Il y eut un blanc pendant un court moment.
Les autres se mirent à rire, ce qui finit de mettre en échec la vainetentative de Vladimir de jouer un tour à son amie. Il retira sa main de la caméra et cette fois la voix fut claire et joyeuse.
Le portail s’ouvrit et ils entrèrent dans une allée pavée. Au fond du chemin, une maison à pans de bois de style très ancien, voire moyenâgeux, dénotait singulièrement avec le style des autres demeures alentour. La pluie s’était arrêtée depuis quelques minutes et des senteurs de jasmin, de menthe et de rose montaient délicieusement dans l’air qui se réchauffait déjà.
La porte de la maison s’ouvrit et dans l’encadrement apparut une femme d’une trentaine d’années vêtue d’une simple et légère robe d’été blanche et d’une paire de sandalettes à lacets. Elle avait des cheveux blonds, mi-longs, en bataille, et un regard mêlé de joie et de tristesse. Elle descendit rapidement les quelques marches du perron et écarta les bras pour accueillir la petite troupe.
Vladimir la prit dans ses bras et ils restèrent ainsi quelques secondes. Elle salua ensuite Destrex qu’elle connaissait bien, puis les autres et les invita à entrer. À l’intérieur, les meubles semblaient, eux aussi, sortir d’une auberge médiévale. Certains, en bois rares, par leurs styles particuliers, provenaient même d’autres planètes que Vladimir avait visitées au cours de ses pérégrinations galactiques.
Ce dernier leur fit visiter les lieux. Destrex connaissait la maison ainsi que le laboratoire, mais Mad Sex, lui, n’y était jamais entré. Le sous-sol comprenait un laboratoire ultra perfectionné, plusieurs bureaux d’analyses dotés de scanners positroniques et de radiographes à neutrinos, une salle d’opération avec assistance robotisée, une chambre de conservation où étaient disposées six cuves cryogéniques dont deux contenaient des clones de Vladimir. Enfin, une pièce au milieu de laquelle trônait un dispositif curieux, constitué d’un cylindre surmonté d’une sphère transparente remplie d’un liquide fluorescent, au-dessus de laquelle partaient verticalement plusieurs lamelles de métal.
Kevin et Valène se postèrent de part et d’autre de la machine, absorbés par la lumière qu’elle émettait. Les deux adolescents scrutaient avec fascination la structure complexe de l’appareil.
Au bout d’un moment, alors que les autres (hormis Valène et Kevin toujours curieux et furetant partout) étaient remontés, et que Vladimir était occupé à inspecter un vieux modèle de prothèse de combat qu’il avait bidouillé il y a fort longtemps, Valène s’approcha et prit la parole :
Ils remontèrent alors et s’installèrent avec les autres autour d’une grande table de ferme où les discussions allèrent bon train. Ils prirent quelques rafraîchissements et Vladimir, tout en discutant, regardait discrètement Racquella de temps à autre. Plus il la regardait, plus il la trouvait belle et fragile. Et chaque fois que leurs regards se croisaient, elle souriait adorablement.
Le lendemain, Hubert les contacta pour les avertir de sa prochaine arrivée et, cette fois, il viendrait avec son petit vaisseau scientifique dans lequel il installerait son prototype complet d’extracteur de souvenirs. Ils pourraient donc l’utiliser pleinement.
Et en effet, un jour plus tard (le temps nécessaire au voyage avec le système Warp+), Hubert débarqua sur Anthrax. Il arriva en fin d’après-midi par une météo maussade, venteuse et humide. Lors du repas du soir, chez Destrex où ils étaient tous retournés, il annonça une nouvelle surprenante.
Mad Sex cracha le peu de bière qu’il avait dans le fond de la gorge et éclaboussa Kevin, qui était juste en face, et qui se mit à râler. Vladimir regardait ses deux compagnons avec un intérêt soudain.
Il secoua la tête de droite à gauche et se mit la main sur le crâne.
Destrex insulta ses deux amis qui se tapaient dans les mains.
Les jours suivants s’égrenèrent paisiblement et le huitième jour après leur arrivée sur la planète, la borne quantique que les rebelles de York leur avaient confiée vibra sourdement, s’éclaira par petites pulsations et sonna. Destrex décrocha, eut une rapide discussion et prévint les autres :
Ils se mirent à l’œuvre avec excitation. Valène et Kevin se sentaient utiles pour la première fois depuis leur arrivée du passé. Destrex et ses amis déplacèrent une grande partie du mobilier du salon pour faire de la place, cela permettait de rajouter des chaises et quelques fauteuils en vue d’accueillir les hauts dignitaires de la Rébellion (ainsi qu’un bon nombre de sympathisants de dernière minute qui n’étaient pas prévus au départ).
Hubert avait tenu à s’occuper de la nourriture avec Racquella et Valène. Ils avaient préparé une quantité impressionnante de petits fours, de canapés et de plats froids en alliant des recettes provenant des quatre coins de la Galaxie, afin de plaire aux différents représentants des civilisations qui seraient présents à la réunion.
La météo avait prévu une journée particulièrement chaude et ensoleillée pour la tenue de la réunion. Natacha, qui avait pris soin de vérifier le bon fonctionnement des moteurs de chaque climatisation de la maison, pesta lorsqu’elle s’aperçut que deuxd’entre eux devaient être changés ou réparés. En urgence, elle dut aller en acheter, et devant plusieurs ruptures de stock, elle écuma les casses de la ville pour enfin en dégoter deux d’occasion. Elle avait également, avec l’aide de Mad Sex, vérifié le bon fonctionnement des bornes génératrices de champ de protection disséminées autour de la maison de Destrex.
Vladimir commanda auprès d’un petit viticulteur de la région deux tonneaux de vin rouge et un tonneau de rosé. Les vignes poussant sur les coteaux de Vendrelle, non loin de Rodville, étaient issues d’un mélange de cépages provenant de la Terre, d’anciennes vignes de Sancerre et de Reuilly.
2 - L’assemblée des civilisations.
Finalement, le jour tant attendu arriva. Il régnait dans la maison de Destrex une animation qu’on n’avait pas vue depuis la célébration de la victoire contre le régime de l’ancienne présidente, il y a cinq ans. Destrex, Mad Sex et Vladimir retrouvèrent avec plaisir Roger, Alkreg, Rebell et Karen. Ces derniers firent connaissance avec Valène et Kevin. Les trois rescapés des cryptes sympathisèrent quasi-immédiatement et échangèrent des anecdotes sur leurs passés respectifs.
Il y avait là des représentants de plusieurs races extraterrestres, des Valyrians, des Avagonos, des Drecks, des Mantaa, des Astraliens, des Nessors, des Fédrans, des Fardiants et des Sgurtons. Valène, Kevin et Roger n’avaient encore jamais vu d’aussi près une telle concentration de races extraterrestres et ils déambulaient avec curiosité au sein des différents groupes, se demandant si la maison de Destrex n’était pas en fait un simple zoo galactique. Les discussions allaient bon train et, pendant un moment, les deux adolescents et Roger coupèrent leurs traducteurs : un brouhaha incompréhensible les submergea. Des voix claires, cliquetantes, haut perchées, sifflantes, rauques, désarticulées, gutturales et profondes s’entrechoquaient et ressemblaient à l’accordage des instruments de musique avant un concert.
Les différentes personnes se mirent bientôt en place, s’installèrent dans les multiples sièges, fauteuils et canapés mis à disposition. Certains, très peu, préférèrent se tenir debout. Il y avait là au moins cent cinquante personnes qui mangeaient, buvaient et conversaient en attendant patiemment le début du Conseil. Puis, le chef de la Rébellion demanda le silence.
