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Vertes, les feuilles se mordorent sitôt que brâme le cerf. Elles valsent au vent, s'ancrent dans le sol, fécondent son ventre pour jaillir dans la sève visqueuse des bourgeons printaniers. Eternelle ritournelle où la vie et la mort se procréent mutuellement. Blanches, les feuilles s'encrent de poésie pour enfanter des mots qui enchantent la banalité des choses. En chacun de nous dort un rêveur. Réveillé, il émoustille notre langue. Elle se colore, s'envole au vent, s'enfonce dans les coeurs d'où giclent mille émois. Trop peu composent avec lui, laissant aux vers l'art de nous décomposer.
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Seitenzahl: 57
Veröffentlichungsjahr: 2021
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A Sophie
Amarres
Feuillaisons
Feuilles
Double vie
Ombres et lumières
Soir d’été
Le chant de la terre
Triste comme la pluie
Eaux troubles
Septembre noir
Eaux vives
Tonnerre de Brest
Pans de loques
Noël au Léon
Lisières
Orées vespérales
Orées infernales
Orées Aurorales
Lumineuse sylviculture
Sans les géants vient le néant
Danse de Saint-Guy
Silence glacial
Douche écossaise
Eaux mortes
-Eaux fortes
Les quatre éléments
Pierre de touche
Ages de pierre
Labourage des pâturages
Tout n’est pas bon dans le cochon
Bestialité
Salades de saison
Amis
Effeuillement
Entre chien et loup
Raminagrobis
Chat-huant
Foi d’oie
Basse-cour
Accord de basse-cour
Correspondances
Cliquetis de chaîne alimentaire
De mal en pis
Vallées vosgiennes
Vols d’oiseaux
Le rouge-gorge
Ecole buissonnière
Pique-nique
Qui se sent morveux
Noir destin
Proie et prédateur
Amours
Effeuillage
Printemps
Mars
Au fil d’avril
Chaleurs estivales
Tableau champêtre
O tempora, o mores
Le baiser à mort de Casanova
Effusions
Mon amour
L’amour fou
La nuit des temps
Cupidon
Promenade dominicale
Près des yeux, près du cœur
L’union fait la faible
L’un fait la noce, l’autre n’y est pas
Belle hétaïre
Démon et merveilles
Mon dieu
Le viol originel
Mater nostra qui non es in caelis
Déclaration de naissance
Mâle heureux
Magnificat
A mort
Défeuillaison
Evanescence
Qui vivra verra
Au terme de la vie
Métamorphose
Vieux envieux
Agonie
Jour des morts
Mezza voce
Mort ou vif
Armistice 1918
Héros, héros, petit patachon
11 novembre 2020
Noël
Amertumes
Feuillages
Feuille-âge
L’éveil des sens
Patience et longueur de temps
A vue de nez
On-dit
Non-dit
Cancans
Double-jeu
Triple je
Proscrit en crise
Café-théâtre
Côte du Rhône
Côte d’Azur
Cures de campagne
Qui rit aux champs est rat
Défaut de concentration...
Virus de bêtes sauvages
Ruées vers l’or
Couleurs
Charité bien ordonnée
Désespérantes errances
Le mot passe, le vers dure
Rimes en vers. Vers sans rimes
Câlin, le soleil printanier
Taquine les têtes chauves,
Lutine les branches maîtresses,
Turlupine les troncs engourdis.
L'arbre ne reste pas de marbre.
Courent les frissons,
Débourrent les bourgeons,
Les toisons verdoient,
A foison ondoient.
L'ombelle s'ouvre,
Couvre petits et grands,
Croque le clair,
Crotte l'obscur.
Depuis la nuit des temps
Le toit des bois
Glisse le jour
Dans le ventre des arbres.
Lumineuse façon
De vivre sur un grand pied.
De garde en été, volantes en automne,
De vigne pour les culs-bénits,
Farcies par les goulus,
A l'envers pour les culs nus,
Elles mordorent les brumes
D'octobre,
Boutonnent les giboulées
De mars,
Moutonnent au fil
D’avril,
Mitonnent la douceur
De juillet
Décorent la nuit
De Noël.
Qu'elles prêtent un bout d'oreille aux soupirs des vieux
Chênes,
Rient à belles dents à qui leur trouve
Du charme
Ou percent les lèvres houspillant
Le houx,
Les feuilles se mettent en mille
Pour nous laisser bouche bée.
Tremble la feuille qui a trop bu de sève,
La cirrhose ronge son foie. La peau jaunit,
Se couperose, roussit, mordore, brunit.
Beaux, laids, les tons tuent tout, la vie s'achève.
Se brise le pétiole où elle se branche.
Les limbes décollent, volent au paradis
Mais leur ciel est sur terre. « Revenez ! » leur dit
Le vent. Ils dégringolent en avalanche.
Peu à peu le sol les réduit en poussière
Qui donne vie à la glèbe nourricière.
Hier végétales, demain minérales,
Les feuilles disparaissent mais ne meurent pas.
De même les aïeux accompagnent nos pas,
Nous parlent longtemps après leur dernier râle.
Elle erre en peine sur la terre,
Constelle de pleurs le petit matin,
Repère un gîte, rampe, l’atteint.
Midi tue toute retardataire.
Dès que l’assaille l’astre solaire,
Elle porte la coiffe d’un sapin,
La robe d’un buis, les nippes d’un pin
Qui la dérobent à sa colère.
Tapie au sol, l’ombragée présume
Qu’être au dehors du bois lui en cuirait.
Aussi torride qu’ombrageux, le rai
Allume, enflamme, bout, consume.
Le monstre enfin s’attiédit, l’ombre
Se détache du couvert de l’arbre,
S’allonge jusqu’aux tombes de marbre
Où le soleil boit son sang et sombre.
Satanique mise en sépulture.
Un halo de lune et des éclats
D’étoiles osent mettre le holà
Au noir de jais des forces obscures.
Chouettes et rossignols l’encombrent
De chansons, mais une grive ébauche
Son chant du cygne. L’aube s’approche,
Sabre au clair. La nuit fuit, reste l’ombre.
Enfin le jour enfouit ses ardeurs,
L’ombre vespérale me tend les bras,
Ses pas exhibent le noir de ses bas,
Sa peau exsude d’exquises odeurs.
Midi transpire, minuit respire.
Air frais, chairs flasques se congratulent,
De sémillantes pensées ondulent
Sous la lune. La nuit les inspire.
Elles galopent dans la nature,
Chevauchent les étoiles filantes
A la recherche d’ensorcelantes
Diseuses de bonnes aventures.
Sous les astres s'embrasent mille idées,
Une coquine embrasse mon ventre
Et l’ardent démon de midi entre
Dans ma couche d’un air bien décidé.
Dès que les clés de nos chants
Cliquent fa, do, sol,
La craintive clef des champs
S'enfuit sous le sol.
Quand Beethoven compose
Sa Pastorale,
Ses grands airs indisposent
La vie rurale.
Tout se tait, même la pie
Bavarde. Pinsons
Et mésanges sont tapis
Au son du basson.
Si l'hymne à la nature
Gêne les bêtes,
Bridons cette culture
Qui les embête !
Arrêtons nos festivals
Au milieu des bois
Et écoutons les cigales
Jouer du hautbois !
Les nuages ont gros ventres
Et pissent à grosses gouttes.
L'oie est en joie, le coq rentre
Le cou, la pluie le dégoûte.
Soûle, la terre dégueule
Sa bile. Des rus sillonnent
Les champs hérissés d'éteules
Qu'ils sapent puis abandonnent.
Un tas de corbeaux amaigris
S'y englue, noir de colère
De voir que ce sale ciel gris
Ne lâche que de l'eau claire.
Les rapaces montent aux nues
Tentent de les éviscérer
En enfonçant dans leur peau nue
Bec crochu et griffe acérée.
Le vent éparpille les freux,
Les chasse à grands coups de balai
Dans des craillements si affreux
Que les corbeaux deviennent laids.
L'été, l'averse
Éclate soudain.
Tombent à verse
Ses gouttes-gourdins.
Les sols s'engorgent
Les haies s'y saoulent
Les creux dégorgent
Les laies s'y roulent.
Des rus limpides
Ondoient dans les champs.
