Haïkus de la mer - Alain Kervern - E-Book

Haïkus de la mer E-Book

Alain Kervern

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Beschreibung

Haïkus de la mer est un dialogue entre peinture et poésie, entre Marion Zylberman et Alain Kervern.

Habités par un silence toujours plus profond, poussés par la force d’un esprit ouvert à l’inconnaissable, ils interrogent l’un et l’autre les pulsions de l’univers, à l’heure où finit l’océan des hommes, où commence la nuit du monde. Saisir les variations du ciel, de l’air, de la mer, dans l’espace et le temps, poursuivre la mobilité des choses et des êtres par des esquisses sans cesse renouvelées, procéder par arrêts sur images pour capturer l’instant, la trace, le sillage, le vestige, la cicatrice, est leur voie commune…

Reste une succession de temps sans durée dont le déroulé peut être lu comme un récit ouvert aux énergies de la mer et du ciel.

EXTRAIT

averse
seul sous le fanal
il love des cordages

quatre heures du matin
les mains crispées
sur la drisse

à coups redoublés
l’océan sur la plage
marque son territoire

posé
sur le miroir de l’aube
un rocher

À PROPOS DES AUTEURS

Alain Kervern est né à Saïgon. Diplômé de l’École Nationale des Langues Orientales Vivantes, et de l’université de Paris VII, il revient définitivement à Brest en 1973, où il a enseigné le japonais à l’Université de Bretagne Occidentale. Il a traduit de nombreux ouvrages sur les traditions classique et moderne du haïku et organise des stages et des animations dans un esprit d’éducation populaire.

Après des années de voyages et de navigations à travers le monde, Marion Zylberman est aujourd’hui installée à Penmarc’h. Son œuvre traduit une communion intime avec les éléments qu’elle fixe sur ses carnets et dessins.

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Veröffentlichungsjahr: 2017

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« Combien de temps encore l’univers intérieur résistera-t-il à la force de sa propre vacuité ? »

Yasse Tabuchi

Le vif de l’instant

Ils devaient se rencontrer, elle, Marion Zylberman l’artiste-voyageuse embarquée pour les îles, les archipels, les caps de toutes les finis terrae, et lui, Alain Kervern l’écrivain-traducteur façonné par l’itinérance de Bashô sur La Sente étroite du bout du monde. Ils devaient se trouver, ici, dans les Hébrides ou ailleurs, parce qu’ils poursuivent les mêmes horizons mouillés, parce qu’ils préfèrent le dehors aux demeures, et parce qu’ « on n’occupe pas impunément une loge d’avant-scène dans le grand théâtre du mystère ».1

Vivre en Penn ar Bed entre Penmarc’h et Brest, sur ce promontoire occidental où s’exercent des luttes de forces naturelles violentes entre l’homme et les éléments, est pour tous deux une ascèse dirigée vers une connaissance poétique du monde.

Saisir les variations du ciel, de l’air, de la mer, dans l’espace et le temps, poursuivre la mobilité des choses et des êtres par des esquisses sans cesse renouvelées, procéder par arrêts sur images pour capturer l’instant, la trace, le sillage, le vestige, la cicatrice, est leur voie commune. C’est à travers la pluie, le vent, le nuage, la lumière, le grain, la houle, le halo, la marée, dans une observation quasi scientifique, dénuée de sentimentalisme, d’ego, de filtre métaphorique, qu’ils nous donnent la perception vivante et humaine d’une relation sensorielle et immédiate avec les lieux.

Marion Zylberman et Alain Kervern ne s’encombrent pas : carnets et crayon leur suffisent. Que contiennent ces petits carnets ? Des fragments, des matières, des empreintes de sensations et d’expériences pour dire la complexité du monde, pour y participer. Et quoi de plus complexe qu’une vague ? Quoi de plus complexe qu’une brise marine le long des côtes ?

Ces deux artistes ont en commun une radicale humilité qui leur permet de regarder le monde comme si celui-ci se manifestait pour la première fois. Cette attitude d’esprit libère en eux une concentration réceptive et bienveillante devant les milliers d’informations qui leur parviennent : météo, couleur du ciel, luminosité, direction et force du vent, viscosité des algues, signes sonores…

Et que dire de leur démarche encyclopédique ? Ils observent en direct, composent des séries, des listes, engrangent des données, cataloguent, effectuent des carottages dans l’univers perçu, relient les phénomènes entre eux et font corps avec l’ensemble.

Ils nous invitent, comme le faisait Thoreau, à « jouir du vif de l’instant ». « Je » en est-il absent ? Pas tout à fait, mais il est en mouvement, insaisissable. Reste une succession de temps sans durée dont le déroulé peut être lu comme un récit ouvert aux énergies de la mer et du ciel.

Anne-Marie Kervern-Quefféléant

1. Eugenio d’Ors, Du Baroque , trad. d’Agathe Rouart-Valéry, Gallimard, rééd. 2000.